Après les évènements au jardin chinois et le reste de ses obligations, on ramena ensuite Adrien en vitesse chez lui juste avant la livraison de son assiette sur la table à dîner contenant une bouillie brune et verte.
Le plateau de fromage débarrassé de sous ses doigts qui avaient réussi à saisir un morceau pour Plagg au dernier instant, il fut demandé au bureau de son père par Nathalie.
«Adrien je suis très déçu de ta part.» ouvrit son père sans une autre salutation. C'en devenait presque une habitude chez lui remarqua Adrien en soupirant. Ces mots finiraient par se graver dans le tympan du fils.
«J'ai pourtant fait tout ce que vous m'avez demandé, Père.» chercha Adrien sans savoir où il avait manqué à ses obligations. Il avait cependant en permanence l'impression que quoi qu'il fasse, ce n'était jamais suffisant pour son père. Même lorsque les objectifs étaient parfaitement atteints et les ordres parfaitement suivis, le patriarche de la très importante famille Agreste (qui ne comptait franchement que deux membres) en demandait toujours plus.
Nathalie s'avança alors et lui montra une tablette qui affichait une photo de lui portant les vêtements de la séance photo mais qui avaient été prises juste dans le petit moment entre l'instant où l'akumatisée les avait déchirés et avant que Ladybug ne les répare.
La mention accompagnant la photo se moquait de la ligne Gabriel en insinuant que la prochaine collection était inspirée par les sans-abris.
«Mais, je n'y suis pour rien, Père. Je ne suis pas responsable de ce texte et cette akumatisée s'est attaquée directement à moi. Alors, qu'en fait, je n'en étais même pas responsable. C'est bien dommage mais, avec la présence du Papillon à Paris, les vies de tous sont affectées.» se défendit l'adolescent.
«Et que faisais-tu à l'extérieur du lieu de tournage? Lorsqu'il y a une attaque akuma tu dois courir vers ton garde-du-corps et non t'en éloigner!» reprocha Monsieur Agreste.
«Je sais bien, Père.» répondit Adrien plus soumis. «Mais, les fidèles de cette super-vilaine détruisaient les lieux et-»
«Ce n'était pas ton problème. C'est le travail de Ladybug, si je ne m'abuse, de réparer ce genre de désagréments. Chacun doit tenir son rôle et je ne paye pas un garde-du-corps pour qu'il perde son temps pendant que tu es en danger. Dorénavant, j'exigerai de lui beaucoup plus de contrôle sur toi durant les alertes et s'il ne remplit pas bien sa tâche, nous trouverons quelqu'un de plus efficace. Me suis-je bien fait comprendre?»
«Tout à fait, Père.» obtempéra Adrien. L'avenir professionnelle de son chauffeur, la seule personne qui essayait de l'aider un peu, était entre ses mains mais cette exigence allait à l'encontre de son rôle de héros.
Il se retrouvait devant un dilemme qui créait une situation sans issue pour lui. À moins de la résoudre en retrouvant et en arrêtant finalement le Papillon par miracle, il courrait le risque de blesser la seule personne qui avait un tant soit peu le pouvoir et le désir de le protéger.
Adrien remonta à sa chambre et fila sous la douche. Il trouvait toujours plus facile de mettre de l'ordre dans ses idées lorsqu'il était fraîchement propre. Il pu ensuite terminer son résumé de lecture mais, dans le silence désertique de la soirée, l'humeur morose ambiante le démotiva.
Seul le discours que Plagg tenait à son fromage brisait le silence de la pièce. Tous les bruits quotidiens de la ville étaient étouffés par les fenêtres étanches du manoir et pour tenter de déjouer l'atmosphère morose, Adrien ouvrit l'une d'entre elles.
Malgré cela, l'absence de ses amis sur les sites de discutions le démoralisait davantage. Il tenta bien d'appeler Nino mais, celui-ci lui répondit qu'il devait encore terminer le long devoir de science du lendemain.
Adrien l'ayant déjà complété la semaine précédente, il s'attaqua plutôt à son cahier d'exercice d'auto-formation d'anglais pour tromper son ennuie.
De même qu'il essaya sans conviction ce nouveau jeu vidéo que Max lui avait conseillé.
Il décida finalement de se mettre au lit plus tôt que d'habitude par simple manque d'intérêt.
Malgré l'ennuie du manque d'événements de la soirée et l'énergie dépensée durant la journée, le sommeil le fuyait. Il détestait son horaire de travail. Il détestait en avoir un tout-court.
Quel intérêt y avait-il à se presser de faire tous ses travaux, et assister à autant de cours durant la journée, si c'était pour le tabletter et le laisser tourner en rond le soir trop fatigué pour dormir?
Il était alors trop épuisé mentalement pour entreprendre quelque chose avec les idées claires mais il pourrait au moins faire ses travaux particuliers à ce moment-là et ainsi il aurait pu voir ses amis durant la journée.
Bien sûr, il ne se plaindrait pas de manquer de travail. Ce serait simplement se faire étrangler par plus obligations. Et puis, dans le meilleur des cas, son père lui répondrait qu'il avait déjà acheté tout ce dont il pouvait avoir besoin et que cela se trouvait déjà dans sa chambre. Parce que l'essentiel est matériel bien sûr!
C'était le problème avec son père. Adrien avait si longtemps espéré qu'il s'intéresse à lui et qu'il lui reconnaisse des qualités.
Pendant toute son enfance, c'était à peine si son père s'occupait de lui pour autre chose que pour le réprimander. Adrien avait entendu dire que bien souvent, les enfants qui grandissaient de cette manière faisaient alors des bêtises pour attirer l'attention. Mais Adrien préférait de loin l'attention de sa mère et il détestait la décevoir ou la rendre triste.
Et il semblait toujours que d'une manière ou d'une autre, lorsqu'il faisait quelque chose qui déplaisait à son père, non seulement il était réprimandé, mais son père faisait des reproches à sa mère. Aussi avait-il très tôt résolu d'être très sage et de faire ce qu'on lui demandait.
Cependant, sa mère lui avait fait une promesse. Elle lui avait dit que si elle ne pouvait pas s'occuper de lui, il y aurait toujours quelqu'un d'autre pour le faire.
La promesse datait de sa petite enfance bien sûr. Et à l'époque, sa mère avait probablement fait référence à la possibilité d'embaucher une nounou plutôt qu'à un véritable parent de substitution mais, d'une certaine façon, comme tous les enfants, lorsque sa mère était disparue, qu'elle n'était plus revenue et qu'Adrien s'était résolu à penser qu'elle était peut-être décédée, il avait pris pour acquis que son père s'occuperait de lui à la place de sa mère. Pas de la même façon bien sûr, son père ne serait pas moins occupé mais, Adrien s'était bercé de l'illusion que son père lui manifesterait un peu d'empathie.
Au début, il y avait cru. Il y avait eu ce foulard qu'il lui avait offert pour son anniversaire plutôt que le traditionnel stylo. Les occasions où il l'avait laissé le serrer dans ses bras sans le repousser et ce côté surprotecteur que son père avait développé. Même s'il nuisait à Adrien plus qu'autre chose, au moins était-ce touchant.
Adrien s'en était contenté. Il s'était dit que c'était la façon de son père de lui montrer qu'il l'aimait. Mais c'était si peu, une goutte d'eau, une mince couche de vernis, une illusion fantomatique parmi la dure réalité de rudesse qui l'engloutissait.
Un parent qui aime son enfant ne l'enferme pas durant des heures dans sa chambre. Il ne passe pas volontairement des jours à éviter de le croiser dans les corridors de la résidence où ils sont tous deux enfermés.
Un parent qui se soucis du bien-être de son enfant fait passer la santé de celui-ci avant les affaires et la réputation de la famille. Il ne le traite pas encore moins bien qu'un employé ou un objet. Il n'abuse pas de ses droits parentaux pour son propre profit.
Il n'abuse pas de l'image de son enfant en la vendant au plus offrant pour faire les poches d'adolescentes et d'adolescents semblables à son fils ou pour piger dans les revenus de d'autres parents qui ne veulent que le meilleur pour leurs propres enfants.
Rien n'était sincère dans tout cela. Il n'était pas le seul beau visage de la ville. Et il était encore plus loin d'être le seul garçon intéressant. La raison pour laquelle il recevait des déclarations d'amour spontanées était uniquement un effet secondaire des manigances de son père. Adrien se sentait sale de devoir participer à cet exploitation immorale.
Il devait se rendre à l'évidence. Il ne devait plus se cacher derrière un mensonge. En réalité, ce n'était pas que son père l'aimait à sa manière qui était le plus important. Que Gabriel Agreste ait des sentiments pour son fils ou non, il les gardait si profondément enfuit en lui-même qu'Adrien ne pouvait pas faire comme s'ils existaient ou qu'ils trouveraient un jour la surface.
La vérité, c'est qu'Adrien ne pouvait plus compter sur l'amour potentiel de son père.
Un pincement revint dans la poitrine d'Adrien. Il devait l'admettre au moins un peu. Il était envieux.
Envieux de tous ses amis qui avait à la fois une famille et la liberté. Envieux de tous les parisiens que son rôle de héros protégeait parce que malgré les akumatisations, bien souvent, ils avaient le choix de leurs actions et la possibilité d'améliorer leur sort.
Si rien n'allait dans la vie de l'un d'eux, ils avaient le droit de changer d'emploi, de déménager, de divorcer. Adrien ne pouvait pas quitter la maison de son père si facilement.
Il n'avait même pas l'autorisation de sortir d'entre ses murs pour se balader au moment où il en avait besoin pour se calmer.
Et bien plus que tout, Adrien était envieux de Marinette.
Elle avait une famille parfaite, du talent et de la motivation, des rêves d'avenir et des gens sur qui elle pouvait compter. Il était à peu près certain qu'elle devait avoir une bonne dizaine de personnes qu'elle aurait pu appeler au milieu de la nuit si elle avait vraiment besoin d'aide.
Adrien était pratiquement certain qu'il n'y avait que Ladybug qui aurait pu venir le sauver de jour comme de nuit, s'il avait besoin d'aide. Et encore, il aurait été difficile pour lui de se justifier auprès d'elle sur des tas de choses.
Oui, il était jaloux de Marinette. Il aurait aimé avoir ce qu'elle avait. Il aurait voulu partager sa vie.
Mais d'un autre côté, il y avait une voix raisonnable en lui qui lui disait de ne pas s'approcher d'elle davantage.
Adrien transportait son propre brouillard de problèmes partout où il allait et n'aurait pas voulu nuire à Marinette avec eux.
Et c'était encore plus réel pour l'inverse. Il était hors de question de faire entrer Marinette dans sa vie désagréable.
En la gardant à distance, il la protégeait. Il les protégeait tous.
Aussi bien Nino qui avait été akumatisé à la première rencontre avec son père que le reste du groupe qui ignorait heureusement tout de ses problèmes. Sans parler de Ladybug.
On aurait pu croire qu'en tant qu'héroïne, elle serait plus forte et plus résistante. Mais, elle n'était, malgré tout, pas invulnérable. Et si elle subissait quoi que ce soit par sa faute, il n'arrêterait plus de se le reprocher.
Non, il valait mieux qu'il garde tous ceux qu'il appréciait loin de sa vie et sa vie loin d'eux autant que possible. C'était pour le mieux. Même s'il devait pour cela rester et subir.
Il réalisa alors que s'il craignait des blessures pour une autre personne qui s'approcherait de sa vie, il ne devait pas aller aussi bien qu'il le pensait.
Pouvait-il dire qu'il était heureux? Sans mentir?
Se levait-il le matin avec mille projets et la motivation nécessaire pour les faire?
En fin de soirée, regardait-il ses journées avec un sentiment de fierté pour ce qu'il avait accompli?
Son cœur lui semblait tout à coup très vide.
Il se sentait seul, sale, inutile, incapable et usé.
Du fond de son lit, repassant les événements de la fin de semaine, il se demanda si Ladybug était déjà en couple avec son béguin à l'heure actuelle. Il n'osait pas l'appeler ou lui écrire malgré leurs habitudes. Son téléphone resta inerte toute la soirée.
Il repensa aussi à l'alerte du jour. Il se reprochait de ne pas avoir pu se rendre utile.
Déjà, il lui était arrivé récemment de ne pas se montrer à la hauteur dans les combats auprès de sa partenaire. Elle était toujours là pour lui, elle l'avait toujours sauvé sans faillir. Lui-même ne pouvait pas en dire autant.
Il était aussi arrivé qu'il échoue à lui fournir toute l'aide dont elle aurait eu besoin. Elle avait dû faire appel à de nouveaux alliés temporaires parce que parfois, il ne lui suffisait pas.
Et en plus, aujourd'hui, il l'avait laissé faire tout le travail, devenant même la victime principale. La demoiselle en détresse qui avait eu besoin d'être secourue, ce jour-là, c'est ce qu'il avait été.
Il repensa à la façon dont l'akumatisée l'avait serré se demandant s'il aurait pu se libérer.
Mal à l'aise dans ses vêtements, il se sentait fébrile et cela lui rendait la tâche difficile pour trouver le sommeil.
Il fut ensuite réveillé au milieu de la nuit en sentant un corps chaud et agréable allongé tout contre lui.
Il reconnu Ladybug avant même d'ouvrir les yeux. Elle avait sur le visage un air intimidé mais une lueur affamée dans le regard.
La lampe de chevet qu'il avait oubliée d'éteindre en s'endormant sur le livre qu'il lisait, éclairait toujours l'espace de son lit et il n'eut aucun mal à distinguer chacune des tâches de rousseur de sa Lady qui attendait patiemment qu'il se réveille en caressant ses mèches blondes.
«Ladybug? Est-ce qu'il y a encore un problème?» demanda-t-il dans le calme du demi-sommeil.
«Non, ne t'inquiète pas. C'est une visite de courtoisie.» le rassura-t-elle.
Il laissa tombé sa tête sur son oreiller se demandant pour la trentième fois en moins d'une minute s'il y avait un piège. Il pouvait très bien sentir son corps sous ses doigts. Elle lui semblait bien réelle et être elle-même du mieux qu'il pouvait en juger.
«Est-ce que c'est un rêve?» demanda-t-il.
Et elle lui répondit en rigolant doucement: « Oui, je réalise un de mes rêves, un phantasme pour dire la vérité. Est-ce que je te dérange? Je peux partir si tu le souhaites?»
«Non, bien sûr. Je suis content que tu sois ici. Je voulais justement m'excuser de ne pas t'avoir aidé davantage aujourd'hui.»
«Je ne dirais pas ça. Tu m'as été très utile au contraire.» s'amusa-t-elle. «Tu as été brave et courageux et tu as parfaitement tenu ton rôle.» le taquina-t-elle.
«Mon rôle? Quel rôle?» fit-il avec un manque totale d'éloquence.
Elle se pencha sur son oreille pour chuchoter: «Celui d'appât.»
Il se frappa le front, voilà ce à quoi il en était réduit!
«D'accord, tant mieux si j'ai pu être utile au moins autant qu'un lombric. Si on changeait de sujet. Si tu m'en disais plus sur la raison de ta présence ici, s'il-te-plaît.» fit-il amicalement en passant ses bras autour de sa taille.
«Je peux te montrer? C'est un phantasme après tout.» fit-elle coquettement.
Elle releva le t-shirt blanc qu'il portait pour découvrir sa poitrine et se mis à l'embrasser doucement.
Elle releva le regard pour savoir s'il était toujours d'accord, et il remonta les bras pour lui laisser le champs libre.
Avec un sourire elle glissa ses doigts pour suivre ses muscles et l'embrassa de plus en plus bas. Bientôt, la fébrilité qu'il ressentait ce soir-là se manifesta de façon significative dans son pantalon large. Il essaya de se contenir le plus possible mais en se gonflant, son membre appuyait juste entre ses seins et l'idée aggravait encore le problème.
Elle sourit, semblant satisfaite de l'effet qu'elle lui faisait. Elle recula légèrement et passa délicatement sa paume sur son membre. «Je peux?» réclama-t-elle alors que ses muscles se tendaient dans tout son corps.
«Je voudrais juste avoir la preuve que c'est bien toi, par contre...» hésita-t-il avec une expression de malaise. «J'arrive pas à me débarrasser de la trouille que tu sois Lila déguisée. Pas que je pense qu'elle soit capable d'imiter ta souplesse gracieuse. Les akumas m'ont rendu parano, je crois.» avoua-t-il.
Elle sourit encore en caressant la peau de ses abdos de nouveau et lui répondit: «Tout à l'heure, je t'ai révélé que ma maladresse était mon super-pouvoir personnel sans le masque. Personne ne le sait.»
Ce n'était pas vrai, il le savait déjà en tant que ChatNoir. Mais, ça restait tout de même un secret et c'était une preuve de plus que c'était vraiment elle, sa maladroite partenaire et que la personne qu'il avait vu dans la journée était également elle-même.
«Tu n'es pas contrôlée ou envoûtée n'est-ce-pas?» s'inquiéta-t-il. Il avait vu des tas de choses vraiment invraisemblables durant les combats. Et ceci en était aussi une.
Elle remonta sur lui pour se replacer contre son côté mais glissa la main sous la taille de son vêtement. Elle le prit en main et glissa doucement sa paume de haut en bas pour le découvrir.
«Non, c'est vraiment moi. Tu es le seul garçon de toute la ville qui aura eu la célèbre héroïne de Paris dans son lit. Je t'assure que je n'ai jamais fait cela avant.» lui confia-t-elle.
«Je n'en doute pas! Ne t'inquiète pas.» répondit-il sans hésiter. «Mais, alors pourquoi es-tu ici?» souffla-t-il, fermant les yeux sous le plaisir.
«Parce que j'avais envie de te toucher depuis... ses lustres.» soupira-t-elle. «Et que je n'en pouvais plus de me retenir. Et peut-être que demain, je ne pourrai plus le faire alors, je voulais le faire au moins une fois. C'est juste une fois tu vois. Pas... Ne t'attends pas à ce que je revienne.»
Elle se releva, se déplaça entre ses jambes et exposa son sexe dressé en descendant la taille du pantalon sous son bassin. Il se releva sur les coudes pour la regarder s'installer.
Elle le reprit en main et se pencha vers l'avant pour glisser sa langue sur le gland. Une goutte de liquide s'échappa ensuite pendant qu'il frissonnait d'extase et elle la répandit avec son index.
«Tu l'as déjà fait?» demanda-t-elle.
«Non, j'ai jamais rien fait.» admit-il entre ses dents. Il ne voulait pas qu'elle croit qu'il était un homme à femme. Par contre, il n'aimait pas non plus qu'elle le voit comme un grand désespéré.
«Bien.» se réjouit-elle cependant avec un sourire gourmand. «Je vais pouvoir avaler.»
Il étouffa un blasphème entre ses dents et se laissa retomber sur les oreillers. Elle rigola de sa réaction tant pour le geste mais certainement aussi parce qu'elle avait dû sentir son sexe pulser entre ses mains.
Elle jouait carrément avec lui, finit-il par comprendre. Elle observait ses réactions et dès que son souffle s'accélérait parce que la pression montait, elle ralentissait et inventait une nouvelle caresse de la main ou de la langue.
«m-m-m-m-» bafouilla-t-il en claquant des dents sous la pression qui redescendait en l'étourdissant alors qu'il avait été proche de jouir une nouvelle fois et que la frustration augmentait elle aussi.
En même temps, il ne pouvait pas l'appeler sa Lady comme le faisait son alter ego. Au mieux, elle penserait qu'il copiait son partenaire de combat et il perdrait toute son estime. Au pire, elle comprendrait qui il était véritablement et il la perdrait pour toujours.
Elle était plutôt colérique et rancunière. Il aimait beaucoup son caractère vif et combatif mais pas sa rancune.
«S'il-te-plaît.» la supplia-t-il d'abréger ses souffrances.
«Je te l'ai dit. Ce n'est que ce soir. Tu devrais en profiter.» sourit-elle moqueusement. «Après ça, je vais redevenir une fille sage.» Son sourire canaille démentait ses paroles. Elle n'avait rien d'une jeune femme obéissante en cet instant. Elle jouait avec lui, presque jusqu'à le torturer. Si elle savait à quel point son abdomen était douloureux, elle aurait plus de compassion pour lui. Ou bien, peut-être s'en serait-elle moqué?
Il lui répondit en cherchant un peu son souffle. «Vous apprendrez, belle dame, que je possède la capacité de combler une partenaire plus d'une fois en un court laps de temps. Si tu me laisses en profiter, tu auras encore tout de même ton nouveau jouet à ta disposition.» ronronna-t-il incapable de parler franchement ou crûment.
«Hummmm, j'aime vraiment l'idée que tu sois mon jouet. J'aime bien l'idée d'avoir un jouet.» réalisa-elle très sérieusement.
«Alors, pourquoi t'arrêter à une fois?» demanda-t-il.
«Parce que demain, je vais rassembler mon courage pour demander à un garçon de sortir avec moi. Je ne pourrai plus jouer les vilaines filles tout en étant la douce petite-amie qu'il veut que je sois.»
«Si tu demandes à un garçon la permission de jouer avec lui, je suis d'avis qu'il sera incapable de dire non.» encouragea-t-il.
Elle rigola encore en contredisant: «J'imagine! Mais, je ne veux pas d'un feu de paille avec lui, je veux une relation durable.»
Elle prit ensuite un ton cruel pour souffler à son oreille. «Silence maintenant c'est le moment où tu dois fermer les yeux et te concentrer sur ce que tu ressent.» ordonna-t-elle en se penchant pour le prendre en bouche.
Elle passa quelques secondes à s'ajuster pendant que ses muscles se contractaient encore de plaisir. Puis, elle se mit à le sucer en montant et descendant la tête et il se transforma en statu, incapable de même respirer ou refermer la bouche.
Alors que son orgasme venait, les muscles d'Adrien se mirent à vibrer et il serra les draps en relâchant la pression entre les lèvres de la fille qu'il adorait plus qu'une déesse.
Il dû admettre ensuite, qu'elle l'avait bien épuisé. C'était l'orgasme le plus violent qu'il ait connu jusque là.
Elle essuya ses lèvres avec l'arrière de sa main gantée et lui sourit, satisfaite de son œuvre.
«Je peux t'embrasser?» réclama-t-il, devinant qu'elle allait s'enfuir.
«Ça ne te dégoûte pas?» se surprit-elle.
Il fit non de la tête frénétiquement et lorsqu'elle se pencha pour déposer un chaste baiser sur ses lèvres, il en prit le contrôle pour l'embrasser passionnément. Même le goût un peu aigre ne le dérangeait pas, il la voulait désespérément. Il avait passé les bras autour du corps de la femme qu'il aimait et tout ce qui comptait était de la garder contre lui.
Bien trop vite elle se dégagea et s'enfuit par la fenêtre sans un regard en arrière.
Resté dans le vide de sa chambre, Adrien comprit qu'il s'agissait pour Ladybug d'un adieu et qu'il était déjà terminé.
Repensant à tous les mauvais coups du sort qu'il avait vécu en quelques heures, quelque chose se déchira en lui. Et alors qu'il fermait la lampe de chevet, il n'avait plus qu'une seule pensée en tête: La vie, ça craint.
Qu'y avait-il de si bien dans sa vie en fait? Si sa relation avec Ladybug n'était en fait que bien plus fragile qu'il ne le pensait au départ, que pouvait-il prendre pour acquis?
Bah, plein de choses. Tout ce que son père voulait, déjà. Mais rien de ce que lui voulait vraiment conserver. Il avait essayé si fort de devenir une personne normale mais peut-être était-il trop outsider pour réussir un jour?
N.A. Bon en vrai, je suis une personne plutôt sensible. J'aime plus les trucs kinky et edgy sexuellement parlant que la vrai cruauté qui me blesse. Je regarde même les nouveaux épisodes de la série au travers de mes doigts plaqués sur mon visage tellement je suis triste pour Adrien et Marinette. Je dois donc utiliser plus d'imagination pour les éléments cruels de ce texte. Heureusement, la série ne manque pas de matériel pour m'inspirer et je ne manque vraiment pas d'imagination.
Donc, est-ce qu'Adrien va souffrir dans cette histoire? Oui. D'un bout à l'autre et de toutes les manières possibles pour votre plus grand plaisir. Mais vous ne vous retrouverez pas roulé en boule au fond de votre lit en hurlant "pourquoi" et en pleurant.
J'ai voulu m'épargner d'aussi difficiles passages à moi-même et à vous également.
