Les conséquences de tous ses événements firent ainsi leurs effets pendant quelques semaines.

Craignant que Ladybug lui demande de rompre, ChatNoir, sans l'éviter, fuyait toutes discutions sérieuses ou rapprochements intimes. Il avait surtout besoin de ne plus entendre parler de son rival pour quelques temps.

Il avait de moins en moins d'appétit et son sommeil devenait difficile. Il était accablé de fatigue durant la journée, peinait à se lever le matin et était trop nerveux pour dormir d'un sommeil reposant la nuit.

Adrien cultivait ses pensées sombres en classe et souriait de plus en plus faussement. Il répondait aux autres et participait un peu aux conversations mais, il semblait toujours avoir envie de rester seul. Il s'isolait à la bibliothèque pour faire des devoirs ou pour lire plutôt que de profiter de chaque instant pour être avec Nino ou dans la classe.

En arrivant le matin, il ne saluait jamais ses amis par lui-même, c'était toujours aux autres d'aller vers lui maintenant, s'ils voulaient lui parler. Et bien souvent, plusieurs d'entre eux avaient la vague impression qu'ils le dérangeaient.

Quand Chloé et Lila faisaient des tentatives pour s'imposer à lui, il ne faisait que les ignorer ou les repousser calmement et avec le moins de réactions possibles mais toujours efficacement.

Bien sûr, il ne se joignait jamais à aucune activité en dehors des cours mais, cela n'avait pas changé. À cause de son père, Adrien était un peu plus isolé des autres que la plupart des élèves. Même Nathaniel qui était aussi un solitaire et un timide, se joignait au moins aux activités de groupe contrairement à Adrien.

Cette distance avait toujours existée entre Adrien et les autres élèves. Seulement, depuis qu'il ne faisait plus d'effort pour la combattre et depuis qu'il ne travaillait plus aussi fortement à leur faire oublier qu'elle existait, ce décalage était plus qu'évident pour tous.

Ce qui inquiétait surtout Nino et Marinette était que c'était Adrien qui avait insisté auprès de son père pour joindre une école publique. Si Adrien avait un problème, si à cause de ce problème il choisissait de se distancer de ses amis et si son père le remarquait, Adrien pourrait bien se voir retiré de l'école et se retrouver seul, chez lui, isolé de tous et sans aide extérieur pour essayer d'aller mieux.

Bien sûr, tous ces comportement ne s'étaient pas installés en un jour et restaient encore très discrets. L'attitude d'Adrien s'était dégradée avec les jours qui passaient. Si lentement que plusieurs ne s'en étaient pas rendu compte.

Marinette voyait bien la différence, même si Adrien prétendait qu'elle ne pouvait pas le comprendre. Elle le voyait chaque jour se refermer davantage et perdre son sourire dès que son chauffeur le perdait des yeux. Elle le voyait rester toujours aussi attentif pour ne pas déplaire aux professeurs. Mais il semblait plus... somnolant.

Mais pire que cela c'était lorsque les professeurs se détournaient de lui et que ses épaules retombaient dans une posture de défaite. Mais le pire du pire était lorsqu'il quittait l'établissement et installait son faux sourire de vedette sur ses joues pour rejoindre son chauffeur comme si tout allait merveilleusement. Ce faux sourire était encore plus sombre que ses mines tristes.

Si au début, Nino, Alya et même Marinette avaient tenté chacun à leur façon de le faire parler, cela s'était révélé de plus en plus difficile de percer le mur qu'il bâtissait autour de lui.

Ils avaient même tenté d'être créatifs, en lui envoyant Max pour discuter de trucs geeks qu'eux-seuls comprenaient, en lui offrant des cadeaux et en l'invitant le plus possible pour jouer en ligne en soirée.

Le fait que Lila cherche constamment à éloigner l'attention des autres pour la rediriger vers sa petite personne n'aidait pas non plus. Marinette détestait particulièrement l'entendre raconter aux autres qu'elle veillait sur Adrien en dehors des cours et qu'ils ne devaient pas s'inquiéter pour lui.

Marinette savait bien que la menteuse ne racontait tout cela que pour la rendre jalouse et que tout était faux. Elle faisait suffisamment confiance à Adrien pour être sur ses gardes près d'elle. Mais elle regrettait qu'à cause de cette méchanceté, Adrien se retrouve isolé et que chaque fois qu'elle demandait de l'aide aux autres pour Adrien, elle n'arrivait pas à en obtenir.

Parce qu'Adrien lui-même continuait de prétendre que tout allait bien et continuait simplement de s'éloigner d'eux un peu à la fois.

Et d'une certaine façon, il avait raison. Il n'était plus lui-même pour ceux qui le connaissait très bien mais, il restait un adolescent aussi normal qu'il le pouvait dans sa situation. Il était toujours poli, obéissant et souriant comme son père le voulait.

Seulement, son sourire était plus amer que sincère, les yeux ne brillaient plus et il passait de longues heures à fixer un point dans le vide sans penser à un sujet en particulier.

Il avait simplement l'impression que ses amis ne l'avaient jamais compris et maintenant, lui-même ne se comprenait plus. La douleur en lui n'était plus qu'un engourdissement qui lui pesait et le rendait somnolent.

De son côté, Alya évitait les tentatives de Teddy pour l'atteindre. Elle restait avec ses amies autant que possible dans les couloirs ou sur l'heure des repas.

Elle évitait aussi la présence de Jackie qui chassait toujours son sourire dès qu'elle se présentait avec une énergie et une exubérance égales à celles du jour de son arrivée.

Jackie parlait fort et avec une voix qui portait, tout comme Chloé. Mais dans une ville où les cris signifiaient trop souvent une alerte akuma, les "O.M.G.!" lancer pour un rien de la part de Jackie n'étaient pas des plus reposants.

Alya fuyait parfois les réunions entre amies lorsque Jackie les débusquait sur le Trocadero ou ailleurs en ville et qu'elle s'imposait dans leur groupe. Alya partie, Jackie monopolisait alors la conversation et Marinette avait la nette impression qu'elle adorait avoir réussi à déloger Alya.

Lorsque Marinette essayait de suivre sa meilleure amie, Jackie se mettait alors sur son cas pour la retenir.

Jackie n'était pas une mauvaise personne. Elle était amicale, amusante, attentionnée. Et elle était très belle et savait se mettre en valeur en plus d'être de bonne compagnie. Non, Jackie n'avait rien à envier à personne. Seulement, comme Marinette l'avait remarqué, elle était incapable d'avoir une idée originale.

Tout ce que Jackie aimait porter, ses avis sur n'importe quel sujet, même ses préférences ou ce qu'elle jugeait cool, tout avait été copié ou emprunté à Alya. Jackie se faisait un point d'honneur de faire tout ce que faisait Alya, juste un peu mieux qu'elle.

Mais, Alya était insurpassable concernant le journalisme et la rédaction de blogue. C'était un combat perdu d'avance pour Jackie et elle ne s'était pas aventuré de ce côté. Heureusement, parce que cela aurait créé un malaise pour tout le monde.

Et, encore plus triste pour Marinette, il arrivait maintenant de plus en plus souvent qu'Alya préfère passer son temps libre avec Lila à discuter et potiner plutôt que de s'amuser avec la bande de fille.

Alya lâchait aussi toujours la main de Nino quand Jackie était autour et remettait certaines rencontres avec lui pour plus de prudence. Elle ne voulait pas que la nouvelle les voit ensembles et amoureux. Et sans le vouloir, par la force des choses, elle s'éloignait lentement de Nino.

Mais, d'un autre côté, la nouvelle étudiante était de plus en plus chaleureuse envers lui. Elle lui faisait toujours des compliments et c'était flatteur pour lui en comparaison de l'attitude de meilleure amie qu'avait Alya envers lui. Alya avait aussi pour habitude de lui parler en le taquinant ou en le rabrouant et comparer à Jackie qui le regardait comme s'il était un demi-dieux, la compagnie de la nouvelle était plus qu'attirante pour lui.

Il n'avait jamais connu une telle chose. Sortit de l'ombre d'Adrien et avec cette superbe jeune femme qui lui faisait des avances à peine déguisées, il ne pouvait être un allié efficace pour aider Marinette à régler toutes les tuiles qui s'abattaient sur eux.

D'autant plus que le comportement de Lila ne s'améliorait pas. Si elle ne portait aucune attaque directe contre Marinette ou Adrien, elle tissait lentement une toile de mensonges dans la classe. Elle manipulait Jackie comme un pion pour qu'elle appuie ses dires ou encore, elle réunissait tous les élèves autour d'une nouvelle alléchante qui lui attirait l'admiration de tout le groupe.

Sans parler de tous les accidents malchanceux qui, comme par hasard, arrivaient tous en même temps dans la vie de Marinette.

Avec ses histoires à dormir debout, Lila avait complètement changé la dynamique de la classe. Eux qui étaient auparavant si unis et forts étaient maintenant fragiles. Lila les manipulait pour qu'ils se reposent entièrement sur elle. Mais, les laissait toujours tomber à la dernière minute et créait ainsi de fortes déceptions.

Parmi ceux qui n'avaient pas reçu son lavage de cerveau, on comptait Chloé et Sabrina qui suivait toujours celle-ci, Adrien qui s'isolait, Nino et Jackie qui plaisantaient de leur côté et Marinette qui en avait le tournis.

Le cerveau de la jeune femme tournait à plein régime pour analyser toute la nouvelle situation. Elle parlait durant des heures avec Tikki pour inventer avec elle une stratégie qui diminuerait l'influence de l'italienne sur les autres élèves. Et au milieu de tous cela, elle ne faisait que négliger ou repousser ChatNoir.

Marinette était triste que les choses entre Adrien et elle n'ait pas avancé après ce qu'elle aimait appeler leur "rendez-vous." Ils s'étaient plutôt éloignés l'un de l'autre puisqu'elle bafouillait toujours autant en sa présence et que lui ne faisait presque plus d'efforts pour la relancer.

C'était aussi à elle d'aller le voir tout autant que ce l'était pour les autres et ce n'était toujours pas facile pour elle.

Et donc, des quatre amis si inséparables, chacun d'eux abandonna peu à peu les autres pour résoudre ses propres problèmes de son côté.

Un soir perdu au milieu de toutes ces nuits sombres, Adrien avait reçu un message texte.

Il dépassait tout juste minuit mais, il était au lit et regardait son plafond depuis le début de la soirée.

Le seul bruit de la pièce venait des bêtises de Plagg qui parlait avec son fromage ou s'amusait à empiler le plus de jeux vidéo possible sans les faire tomber.

Adrien réfléchissait intensément à sa relation avec Ladybug, à la place qu'il occupait dans leur duo. Est-ce qu'ils étaient toujours un duo si Ladybug venait d'abord et qu'il suivait juste devant tous les autres héros occasionnels?

Parce que pour parler franchement, ils étaient loin d'être égaux en importance dans cette équipe.

Maître Fu accordait visiblement toute sa confiance à sa Lady mais, le traitait vraiment comme s'il n'était bon qu'à ramasser la poussière derrière elle.

Pour se consoler, Adrien se forçait à se voir comme étant le garde-du-corps de sa partenaire. Elle était en haut, le poids du monde reposait sur ses épaules et lui, était juste sous elle, la soutenant elle, pour qu'elle ne s'effondre pas.

C'était dans l'idée de cette dynamique qu'il puisait habituellement le calme nécessaire pour passer à travers ses nuits. Durant la journée, il ne faisait plus qu'attendre que la nuit tombe pour retrouver son refuge sécurisant et enveloppant de noirceur dans sa chambre.

Mais ce soir-là, son humeur était encore plus sombre que d'ordinaire. Parce que c'était un des soirs où il doutait que Ladybug l'aime un jour véritablement.

La vibration de son téléphone vint briser sa routine sombre.

Étonné, il constata que Marinette lui demandait simplement s'il dormait déjà.

Adrien : 00h02 : Pas encore. Je peux t'appeler?

Marinette : 00h02 : Oui

Elle avait décrochée immédiatement sans y penser mais, ouvrit ensuite démesurément les yeux et déplaça l'écran avec urgence vers le matelas.

Adrien rougit. L'image de son tout petit débardeur qui en révélait beaucoup sur la rondeur de ses seins lui avait brûlé la rétine. Mais, extérieurement, du moins sur son visage, il réussit à reprendre le contrôle avant qu'elle ne retourne l'écran.

Lorsqu'elle reprit son téléphone, elle avait enfilé un gros pull rose.

«Désolé.» s'excusa Adrien «J'aurais dû te demandé avant d'utiliser la caméra. Je n'y ai pas réfléchit. Il m'arrive plus souvent de mettre la vidéo que de ne pas la mettre. Sauf avec Nathalie.» rougit-il.

«Non, non, c'est ma autre. Je t'entends!» paniqua-t-elle. «Non, je- je peux pas... Moi, aussi, je met toujours la vidéo. Je n'y ai pas dépéris-, je n'y ai pas réfléchit non plus. Je comprends, ne t'en fait pas.»

«N'empêche, je m'excuse de t'avoir vu en pyjama.» reprit-il. «Ça semble t'avoir dérangée. Je suis désolé.»

«Non, je- c'est moi qui suis désolée d'être aussi timide.» rougit-elle furieusement. «Je te dérange chez toi parce que je veux te parler et je bafouille horriblement. Ce n'est pas comme si tu ne m'avais jamais vu en pyjama. Héhéhé.» rappela-t-elle avec un rire forcé.

Il ne put s'empêcher de la taquiner malgré la politesse ancrée en lui. «Ça ne veut pas dire que tu n'as pas droit à ta pudeur, juste parce que je t'ai déjà vu. Mais, est-ce que ça veut dire que si par le plus grand des hasards, j'avais le droit d'aller passer la nuit avec vous chez l'un d'entre nous, je ne devrais pas y aller pour te respecter? Ou bien, ça signifie que j'aurais le droit d'y aller mais sans te regarder?»

«Adrien. Ne te prive surtout pas pour moi!» se scandalisa-t-elle. «Si un jour tu réussis à échapper à ton père, même pour une nuit. Ne t'empêche pas de venir nous rejoindre pour moi, peu importe que je ne contrôle pas ma timidité. Ce n'est pas ta faute, c'est la mienne.»

Adrien fut très touché qu'elle ait remarqué les interdits de son père. «Le jour où il me laisseras un peu de liberté, on sera probablement trop vieux pour faire des nuits ensembles.» lui confia-t-il.

Elle parue un instant scandalisée par sa confidence avant de sourire gentiment. «J'organiserai une nuit avec tout le groupe pour fêter l'événement même s'ils se sentent trop vieux pour ça.»

«Merci, Marinette. Je ne sais pas ce que je ferais sans ton amitié.» la complimenta-t-il tendrement.

Elle baissa un regard de malaise et il ressentit un aiguillon dans son cœur. Encore une fois, elle lui rappelait qu'il n'était pas assez bien pour être son ami. C'était une blessure parce qu'encore une fois, il était repoussé par quelqu'un qu'il appréciait.

Pour dissiper le malaise qui grandissait, il s'installa sur ses oreillers, de côté et l'écran devant son visage. «Au fait, pourquoi tu m'appelais?» demanda-t-il pour briser le silence.

«Je me demandais... si tu accepterais de me dire... ce qui t'arrive. J'ai l'impression que quelque chose ne va pas chez toi. Tu as changé. Est-ce qu'il t'est arrivé quelque chose? Tu pourrais me raconter? Je- Je suis- Je suis très inquiète.» lui avoua-t-elle avec son regard si expressif.

«Il ne m'est rien arrivé de particulier, aucun événement. J'ai juste réalisé quelque chose. J'étais aveugle avant à toute cette situation et c'est simplement devenu une évidence, alors- Je ne vois plus ma vie avec des lunettes roses comme avant tout simplement. Je ne vois donc pas la nécessité de prétendre que tout est parfait juste pour préserver l'image que mon père veut donner de sa vie. Je n'ai pas envie de mentir et de prétendre que ma vie est un paradis. Surtout pas à toi ou Nino.» déballa-t-il en s'emportant peu à peu.

«Non, non. Je suis tout à fait d'accord avec toi.» l'assura Marinette. «Ce n'est pas en prétendant qu'un problème n'existe pas qu'il va disparaître.»

«Ça marche pour certaines personnes et dans certains cas.» pouffa-t-il en se disant que lorsqu'il était ChatNoir, il pouvait rire du danger. «Mais, pas pour moi et pas pour mon problème. Je ne suis pas suffisamment prétentieux pour agir de la sorte!»

«Prétentieux?» se surprit Marinette. «Adrien, tu es probablement la personne la moins prétentieuse que je connaisse. Sérieusement. Sans avoir leur timidité, tu rivalise d'humilité avec Marc et Juleka! Et en plus, tu aides les autres à travailler pour s'améliorer sur ce point. Comme Chloé et Lila.»

«Oui, mais je me suis un peu découragé de le faire. Je les ai abandonné en cour de route.» s'assombrit-il.

«Hé! Personne n'avait autant fait pour elles avant toi. La majorité des gens n'ont même pas essayé! Tu n'as pas à t'en vouloir. Tu es vraiment fort émotivement de les avoir supporté aussi longtemps mais, c'est bien que tu te sois respecté aussi si tu n'arrivais plus à être patient avec elles. Elles doivent aussi s'assumer elles-mêmes. Et surtout ne prend pas leurs actions comme si elles étaient de ta fautes. Tu t'es dépassé au-delà de tout ce que tu pouvais faire pour elles. Si il y a quoi que ce soit, le fait que tu les as abandonnée, ne peut que leur avoir donné la secousse dont elles avaient besoin.»

«Merci Marinette. D'être là pour moi à ton tour.» fit-il chaleureusement.

«Oh, mais, tu ne te débarrasseras pas de moi comme ça.» fit-elle en rassemblant difficilement son courage pour être capable de plaisanter. «Ce n'est pas pour te parler des problèmes de Chloé et Lila que je t'appelle. C'est pour m'attaquer à tes problèmes.»

«Toujours aussi batailleuse même au milieu de la nuit, hein?» la taquina-t-il avant de perdre son sourire. «Mon problème, vois-tu» fit-il avec une douleur à l'estomac «C'est que j'ai réalisé que personne ne m'aimait.»

«Mais, moi je t'aime!» fit-elle spontanément avant de plaquer ses doigts sur sa bouche. «Enfin, je- enfin, je- je-» bafouilla-t-elle.

«Ne sois pas désolée, Marinette.» la coupa-t-il en se redressant pour être très sérieux. «L'amour, ça ne se commande pas. Je sais que tu me donnes déjà tout l'amour que tu peux me donner. Sur ce coup, c'est toi qui repousse les limites de tes capacités. Je le sais, je le vois bien. Tu fais tout ce que tu peux pour que je me sente aimé. Même ce coup de téléphone en est la preuve. Je vois chacun de tes efforts. Mais, tu n'as pas à combattre les sentiments négatifs que je t'inspire. Il y a quelque chose chez moi qui te dérange, et tu as parfaitement le droit de n'aimer qu'une partie de moi plutôt que tout ce que je suis.»

De puissants souvenirs de la nuit qu'il avait passé à se demander s'il devait dire oui à la déclaration d'amour qu'elle avait fait à son alter ego revinrent à son esprit. Il se rappelait parfaitement pourquoi il lui avait dit non.

C'était en partie à cause de Ladybug et donc, il ne lui avait pas complètement mentit lorsqu'il lui avait donné cette excuse mais, il savait que s'il commençait à être en couple avec Marinette, il ne voudrait plus la laisser et que le jour où il lui avouerait qu'il était aussi Adrien, elle ne serait plus heureuse dans leur couple.

Probablement qu'elle n'aurait pas été heureuse avec lui de toute façon. Peu importe ce qui faisait qu'elle n'aimait pas Adrien, elle aurait probablement découvert cette même raison chez ChatNoir. Il ne pouvait pas littéralement se séparer en deux.

«Mais, Adrien.» fit-elle très attristée. «Beaucoup de gens t'aiment. Tous à leur manière. Tu as des légions de fans, même s'ils t'aiment à cause du lavage de cerveau de ton père. Tu as tous nos amis, tu as Nino, tu as ton père et Nathalie et ton chauffeur.» lista-elle.

«Oui» soupira-t-il avec culpabilité «J'ai tellement tendance à négliger tout ce que Nino m'apporte. Je le prend tellement pour acquis. Il m'a apporté les fondations de ce qui me manquait. Mais, en l'occurrence-, en fait, c'est égoïste de ma part, mais je voulais parler d'une autre sorte d'amour. D'un amour moins platonique. J'aimerais être en amour, pas juste aimer quelqu'un. Je voudrais partager quelque chose avec une autre personne.»

Marinette était contente qu'il ne regarde plus l'écran. Elle n'aurait jamais pu se retenir de pleurer. Elle aurait voulu être capable de lui faire comprendre qu'elle l'aimait véritablement et qu'elle voulait être avec lui. Pourquoi en était-elle si fermement incapable?

«Contrairement à tous les espoirs de mon père» reprit-il «mon but dans la vie n'est pas d'être... une figure imposante de la scène française, un homme puissant et accompli, directeur de compagnie et patriarche d'un illustre nom. Le plus important pour moi, la manière donc je pense que je pourrai dire si j'ai réussi ma vie ou non, je pense que c'est d'être heureux en amour.»

«Tu cherches le grand amour romantique des contes de fée?» chuchota doucement Marinette.

«Si on veut.» soupira-t-il. «Mais dans une version un peu plus moderne. En gros, je crois au grand amour mais je sais que toutes les bonnes choses ont une fin. Normalement, j'essaie de profiter des bonnes choses pendant qu'elles durent, autant que ma vie actuelle me le permet. Tu vois, j'ai aussi la peur de l'engagement. À cause du départ de ma mère et de l'acharnement qu'à mon père à me retenir prisonnier de toutes les façons possibles. Je veux être heureux avec une conjointe et si un jour, on ne s'apporte plus que du malheur, je veux qu'on soit capable de se laisser partir.

Je sais qu'un des obstacles majeurs, c'est que présentement, je suis trop fragile. Si j'entre dans une vraie relation de couple maintenant, je serai dépendant affectif. C'est l'un des reproches que j'ai contre mon père. Il ne me laisse jamais poser de bases solides à mon identité. Je suis constamment bousculé par mes obligations et ses exigences. Il cherche toujours à m'empêcher d'être moi-même pour s'assurer que je devienne ce qu'il veut que je sois. »

«Mais, il ne pourra pas te contrôler toute ta vie!» s'opposa Marinette.

«Il va essayer le plus longtemps possible! Ça, j'en suis certain. Mais réalises-tu que tes parents à toi, t'ont permis de te construire depuis ta naissance? Ils ont si bien fait leur travail de parent que tu sais déjà que tu veux être dessinatrice plus tard. Moi, j'ai des années de retard! Je ne sais même pas si en vrai je déteste dessiner ou si c'est uniquement parce que mon père m'en a dégouté.»

Un long silence s'installa entre les deux.

«Je ne sais pas Adrien. Je ne sais pas quoi te dire ni comment t'aider.» fit-elle très sérieusement.

«Tous les problèmes ne se règlent pas en quelques instants ni au milieu de la nuit.» sourit-il en la regardant droit dans les yeux avec affection et reconnaissance. «Commençons déjà par profiter de la nuit et nous reposer pour être moins misérable demain.» proposa-t-il.

«Oui. Ça va aller pour toi?» demanda-t-elle avec simplicité.

Mais, il répondit beaucoup plus profondément. «Sincèrement, Marinette, tant que je t'aurai dans ma vie, je vais pouvoir tenir. Mais, sans toi, je ne sais pas. Je suis désolé de t'imposer ça, mais, je suis incapable de faire mieux...»

«Je serai là Adrien! C'est promis. Je ne t'abandonnerai pas.» lui assura-t-elle d'une voix brisée, sentant quelques larmes vites chassées couler sur ses joues.

«Bonne nuit, Marinette.» lui souhaita-t-il perdant également quelques larmes.

«Bonne nuit, Adrien. Reste positif.» lui souhaita-t-elle à son tour.

«Oui. Merci.» dit-il avant de raccrocher.

«Tikki?» appela Marinette dans la noirceur de la nuit. «Est-ce que tu penses que j'aime Adrien? De ton point de vue à toi.»

«Oui, Marinette.» répondit sérieusement et clairement Tikki mais sans bouger de son nid. Elle mettait simplement toute sa conviction dans sa voix mais elle ne voulait pas cacher une vérité si importante à Marinette en la regardant dans les yeux. «Je pense que tu l'aimes véritablement, mais que quelque chose dans ta vie t'empêche de le lui dire ou d'être avec lui.»

«Comme quoi?» se surprit la demoiselle.

«Je vais te dire ce que je pense mais je ne veux pas que tu t'angoisses ensuite. Ça ne sert à rien de t'inquiéter davantage pour quelque chose que tu ne peux pas changer, tu es d'accord de ne pas le faire, si je te le dis?»

«Oui, Tikki, je te le promet.» fit la douce voix de la porteuse dans la chambre sombre.

«Bien. Plus d'une de mes porteuses ont refusé d'avoir des amoureux parce qu'elles avaient peur que ces garçons soit ciblés par des menaces. Je pense qu'inconsciemment, tu as peur qu'Adrien soit en danger en sortant avec Ladybug. Même si personne ne le saurait s'il sortait officiellement avec Marinette. N'empêche qu'au fond, il sortirait aussi avec la protectrice de Paris.»

Ayant finalement mis des mots sur une douleur qui sommeillait en elle, Marinette remercia Tikki avant de laisser ses émotions l'emporter vers un sommeil sans aucun rêves agréables.


Ce fut deux jours plus tard qu'un autre événement vint frapper les super-héros déjà perdu dans la tourmente.

Ils auraient pu s'en sortir sans dommages, ils avaient réussi à identifier tellement de problématiques et en se rapprochant tout juste un peu comme la nature le fait si bien normalement, ils auraient pu lentement revenir à ce qu'ils étaient auparavant malgré les cicatrices que les événements du début d'année auraient laissé en eux.

Mais Lila n'avait pas dit son dernier mot.

La rumeur qu'elle avait démarrée dans l'école c'était cette fois répandu hors de ces murs. On parlait simplement d'une relation abusive dans laquelle serait coincé Adrien. On disait que la raison pour laquelle il avait perdu ses couleurs était qu'une fille l'obligeait à sortir avec elle sinon elle s'en prendrait à lui. On parlait même d'abus physiques et sexuels.

Ceux qui parlaient sans savoir avait remarqué qu'il se dégageait maintenant beaucoup plus efficacement lorsqu'une fille l'enlaçait et on y voyait la preuve qu'il subissait des abus effroyables loin de tous secours possibles pouvant répondre à ses appels à l'aide.

Des noms avaient été chuchotés mais, malgré tout le désir de Lila et tous ses efforts pour que le seul nom qui reste soit celui de Marinette, ce fut vers Kagami que les soupçons les plus forts se concentrèrent.

La jeune japonaise était nouvelle dans la vie d'Adrien et malgré qu'elle ne soit pas une élève, elle visitait souvent l'école pour les cours d'escrime. Cours auxquels elle assistait en compagnie d'Adrien.

Tout concordait et un mouvement largement constitué des fans féminines et dans une certaines tranches d'âge s'éleva avec rage sur les médias sociaux.

Bientôt, une foule se dirigea vers l'École Françoise-Dupont pour savoir le fin mot de l'histoire.

Comble de malchance, il y avait un cours d'escrime ce soir-là. Mais Marinette qui se trouvait par hasard sur son balcon remarqua la première cette manifestation et ce regroupement de gens.

«Tikki? Tu crois qu'il s'agit d'un akuma?» s'alarma-t-elle.

«Tu es représentante de classe, Marinette. Est-ce qu'il y avait un événement organisé à ton école?» pointa la kwami.

«Non, on ne m'a informé d'aucun rassemblement spécial.» lui répondit Marinette fouillant sa mémoire vers le dernier conseil qui remontait à trois semaines.

«Si tu veux mon avis, akuma ou non, ce rassemblement inhabituel de gens mérite que Ladybug s'y attarde.» suggéra la kwami qui était d'avis, comme Marinette qu'il valait toujours mieux rester vigilant.

Lorsqu'elle arriva sur les galeries supérieures de l'école, la foule avait déjà interrompu le cours et s'en prenait à Kagami et Adrien de manière bien différentes.

Pour Kagami, on l'accusait. Et la jeune escrimeuse ignorait comment se défendre devant des accusations venant de tant de direction à la fois. Surtout que ses protestations n'étaient même pas écoutées.

De son côté, Adrien était entouré de jeune fille encore plus nombreuses et délicatement plus jeunes que lui. Subtilement, il essayait de leur échapper mais, chaque fois qu'il faisait un pas de côté, il se retrouvait cerné d'encore plus près.

Il voyait bien que Kagami serait bientôt en difficulté mais, lorsqu'il essaya de se rapprocher d'elle, les jeunes femmes s'accrochèrent à son uniforme de pratique. Assez rapidement, il perdit son casque.

Plusieurs des jeunes femmes ayant toujours voulu se déclarer à Adrien sans jamais avoir réussi à se rapprocher de lui virent alors leur chance.

Mais, elles n'étaient pas seules. Chacune d'entre elles avait une foule de rivales qui l'entouraient.

Voyant la situation potentiellement explosive, Ladybug retira Adrien et Kagami du drame en les ramenant sur la hauteur.

Mais, les murmures se retournèrent contre elle et après avoir caché Adrien et Kagami dans la bibliothèque, elle se retrouva tout à coup coincée dans une classe. C'était son tour d'être accusée de faire du chantage et des attouchements à leur idole.

De son côté, Kagami n'avait pas envie de subir l'affront de devoir se cacher d'une "bande de collégiennes en mal d'amour" selon ses termes.

Adrien aussi savait qu'il ne devait pas rester sur place. La foule devenait de plus en plus compacte devant la porte où il avait vu Ladybug être acculée.

«Je vais aller voir si la voix est libre pour qu'on puisse sortir.» expliqua-t-il à Kagami. «Lorsque nous serons à l'abri, Ladybug n'aura plus à détourner leur attention de nous.»

Heureusement, il réussi à échapper aux regards de sa partenaire d'entrainement sans devoir sortir dans le corridor et puis ainsi devenir ChatNoir et sortir par une fenêtre.

Pendant ce temps, Kagami qui n'attendait pour personne, était sortie elle aussi dans le corridor, ignorant le geste chevaleresque d'Adrien qui était partie en éclaireur. Elle évita assez facilement la foule de jeunes filles. Les plus timides n'osant pas faire autre chose que de la laisser partir par l'autre escalier.

De son côté, ChatNoir avait réussi à entrer dans la classe où Ladybug calmait lentement toute une foule. Les plus près d'elle commençaient à accepter qu'elle n'était là que pour faire son devoir et pas pour leur voler Adrien.

Intérieurement, elle soupirait. Elle aurait préféré affronté un seul akuma contrôleur de foule plutôt que chaque individu un par un et sans meneur.

Elle fut soulagé de voir ChatNoir venir à sa rescousse. Malgré sa prétention, sa vanité et son manque de charisme, son partenaire savait distraire les foules. Et accessoirement faire perdre leur temps aux jeunes filles.

Elle pu donc ainsi s'échapper par la fenêtre d'où il était arrivé sous prétexte retrouver les autorités pour coordonner leur intervention.

En vrai, elle retourna dans la bibliothèque et y chercha Adrien et Kagami, secrètement terrorisée à l'idée de les retrouver dans une situation intime. Ne les trouvant par dans la pièce, elle sortie à l'extérieur et aperçu Kagami qui sortait par la porte avant.

La foule se retourna alors subitement contre elle mais, elle fit face aux jeunes filles qu'elle n'avait pas encore commencé à convaincre parce qu'elles étaient trop loin d'elle lorsqu'elle leur avait parlé.

Prenant une décision rapide, elle se précipita dans la bibliothèque et fit disparaître la transformation cachée derrière un rayonnage. Elle était ainsi une fille parmi toutes les autres qui étaient entrées chercher Ladybug et pu donc se diriger librement vers les portes de sorties autant que le flots de personnes se dirigeants en sens contraire le lui permettait.

Elle avait l'intention de ressortir de l'établissement et de se mêler aux policiers et aux personnels pour les aider à évacuer l'endroit en les aidant de son propre uniforme.

Mais, les rumeurs de Lila n'étaient pas restées complètement ignorées et le mot passa subitement parmi les jeunes femmes que c'était en fait elle, Marinette, qui avait molesté Adrien.

Effrayée et démunie, Marinette tenta de fuir mais fut trop vite cernée et les esprits, maintenant à vifs et perdus, semblaient sur le point d'en venir aux menaces physiques.

Marinette n'eut que le temps de se protéger de ses bras et de ramener son corps en boule avant de recevoir les premiers coups.

Rapidement, elle se retrouva coincée par un corps qui la recouvrit et la protégea. Elle reconnu la texture de l'uniforme de ChatNoir tout juste avant que les coups ne s'arrêtent.

Incertains, ils relevèrent leurs regards pour vérifier que l'autre n'était pas blessé et que l'attaque était bien finie. Le statut de super-héros de ChatNoir les avait fait hésiter.

Émus et rassurés, ils tombèrent dans les bras l'un de l'autre pour une accolade que ChatNoir ne prolongea pas.

Il sortit plutôt son bâton pour la sortir de là.

Il la déposa sur son balcon avec encore plus d'inquiétude en observant sa chevelure décoiffée. «Vous n'auriez pas voulu, par le plus grand des hasards, jouer les héroïnes ma valeureuse et précieuse amie?»

Marinette rougit du compliment et de la lueur d'admiration dans les prunelles du chat. Il prit son rougissement pour aveu culpabilité.

«Il va falloir revoir le concept d'auto-préservation ensemble, j'en ai peur.» plaisanta-t-il.

«Dit l'homme qui vient d'utiliser son corps comme bouclier humain.» le taquina-t-elle.

«Touché!» la complimenta le héros d'un clin d'œil avant de sauter du balcon pour retourner vers l'esclandre.


Bien sûr, cet événement ne pouvait pas passer sous les radars de Monsieur Agreste. Durant tout le trajet sur la banquette arrière de la voiture qui le ramenait chez lui, Adrien était nerveux. Il suait et tremblait. Il n'arrivait à se concentrer sur aucun argument valable pour sa défense.

Cependant, lorsqu'il arriva chez lui, il eut plutôt droit à l'indifférence habituelle. Seul le regard froid de Nathalie l'expédiant dans sa chambre l'accueillit comme bien souvent.

Mais, incrédule comme il l'était, il tourna le regard vers le hall une fois arrivé en haut des escaliers. Il s'arrêta avec la peur de comprendre la scène qui se déroulait devant lui.

Nathalie et le garde-du-corps n'avaient échangé aucune parole mais Nathalie avait placer sa main sur le bras du chauffeur pour le réconforter et celui-ci avait laisser tomber ses épaules avec défaitisme et détourné le regard avec honte.

«Attendez.» dit-il en redescendant à toute vitesse. «Que faites-vous?»

«Cela ne vous concerne par Adrien. Retournez à votre chambre.» fit doucement l'assistante.

Le garde du corps prit le corridor qui menait à ses appartements et Adrien refusa de laisser les choses se produire.

«Nathalie. Il n'a rien fait de mal, il n'était même pas là! Il n'est pas responsable des rumeurs.» s'insurgea-t-il.

«Vous ne pouvez rien faire pour changer les choses Adrien. Le mieux maintenant c'est que vous lui montriez votre respect en le laissant partir dans faire de scène.» conseilla la dame.

«Non. Ce ne sont pas des manières d'agir!» protesta Adrien. Sans attendre d'autorisation, il passa la porte du bureau de son père et protesta. «Vous ne pouvez pas le renvoyer, ce n'était en rien de sa faute!»

«Oh, et de qui était-ce la faute? Peut-être celle de cette école qui n'a pas empêché ces jeune fille d'entrer. Peut-être n'es-tu plus en sécurité dans cet endroit?» répondit son père encore plus haineusement qu'à la normale, si c'était possible.

«Non plus. Ils ont bien agit. Ils ont appelés les policiers. Et au final, il n'y a pas vraiment eu de problème.»

«De qui est-ce la faute dans ce cas? Qui est responsable? Qui doit être remplacé pour que ce tels événements ne se reproduisent plus?» poursuivit son père sans tenir compte que ses protestations.

Il avait arrêter de travailler mais ne regardait toujours pas Adrien en face.

«C'est ma faute.» avoua Adrien.

«Et quel a été ton erreur? Où as-tu échoué?» demanda encore Gabriel sans pitié.

«Je ne savais pas- Je n'ai pas été-» hésita Adrien avant que son père ne le coupe.

«Ne bafouille pas Adrien. Tu dois savoir ce que tu dis avant de parler!» lui reprocha son père.

«Je n'ai pas été assez fort!» statua Adrien avec détermination. «Je ne me suis pas fait respecter et je n'ai pas su réagir avant que les problèmes ne commencent.»

«Bien. Nous allons donc remédier à la situation.» décida Monsieur Agreste en s'écartant de son écran de travail. «Nathalie.» appela-t-il.

Et sans attendre qu'elle soit véritablement entrée il commença. : «Adrien devra rencontrer un formateur en communication. Et pour que de tels événements ne se reproduisent plus, nous allons lui adjoindre une partenaire de travail pour les séances photos. Et je veux que les apparences laissent croire qu'ils ont un rapprochement.»

«Non! pourquoi? Ce n'est en rien nécessaire.» protesta Adrien.

«Les événements d'aujourd'hui montrent clairement que cela est nécessaire pourtant.» le contredit son père.

«Vous interprétez toujours les événements de la façon qui vous arrange le plus!» accusa Adrien. «Si je vais à droite, vous dites que je n'étais pas suffisamment à droite et si je vais de l'avant, vous m'accuser de reculer dans le mauvais sens!»

«C'est peut-être ta perception Adrien mais, il n'en est rien, tu fais simplement des erreurs.» le corrigea son père.

«Mais, peut-être que je n'ai pas envie qu'on dise que je sors avec une mannequin. Peut-être que je voudrais sortir avec une personne qui m'intéresse vraiment ou peut-être que moi, ce dont j'ai envie, c'est de rester célibataire. C'est ma vie amoureuse, je devrais pouvoir en décider comme je le veux.»

«Tu as tord Adrien. En tant qu'image de la marque Gabriel, tu te dois de suivre une ligne de conduite exemplaire.» répéta Gabriel comme si c'était la première fois.

«Et pourquoi dois-je être l'image de la marque? Paris ne manque pas de mannequin!» s'obstina-t-il.

«Parce que c'est toi qui est le mieux placer pour accomplir ce travail et qu'il est nécessaire que tu travailles pour l'entreprise familiale. Comme tu ne possèdes aucune autre formation d'un niveau suffisant pour les standards de l'entreprise, ce poste est le tiens.» tua-t-il les espoirs d'Adrien.

«Maintenant, je t'accorde qu'une collègue de travail ne serait peut-être pas la meilleure candidate pour une idylle publicitaire et qu'après le fiasco d'aujourd'hui, nous devrons bien la choisir et prendre le temps nécessaire avant de la présenter au public. Mais, nous garderons l'œil ouvert pour te trouver la compagne officielle idéale dans les meilleurs délais. Tu peux disposer.» conclu-t-il sans aucun appel.