Marinette et Adrien n'avaient pas mis longtemps à deviner que Lila était responsable des rumeurs. Mais si Adrien décida de complètement ignorer l'incident et même de l'oublier, pour Marinette c'était un gros échelon de plus dans l'escalade de problèmes que la menteuse leur causait.

Après cet événement, Marinette était tellement préoccupée par sa vie sociale, se focalisant un peu trop sur les problèmes causés par Lila et ses mensonges qu'elle ne remarquait plus vraiment la nouvelle attitude plus sombre et faussement joyeuse de ChatNoir.

En fait, elle avait remarqué mais n'y avait pas réellement prêter attention parce qu'elle ne voyait pas vraiment ce qu'elle pouvait y faire. Et elle n'avait pas vraiment pris le temps de s'y attarder autrement que pour s'en plaindre auprès de sa kwami.

Elle avait bien remarqué qu'il plaisantait avec un peu plus d'amertume. Leur dernière soirée en couple remontait à trois semaines et ChatNoir ne lui en avait pas réclamé davantage, ce qui était étrange.

De plus, lors de ce rendez-vous en question, il n'allait pas très bien. Et c'était sans parler de certains commentaires très défaitistes qu'il avait passés.

C'était à peine s'il avait regardé son corps ou son visage alors que d'ordinaire il ne se privait pas de la déshabiller ouvertement du regard lorsqu'ils étaient seuls et il cherchait constamment à se noyer dans ses yeux.

Il s'était même mis à éviter son regard durant les combats alors que d'ordinaire c'était l'inverse, il faisait toutes les acrobaties imaginables, les blagues de toutes sortes et flirtait sans ménagement pour attirer son attention.

Mais durant la quatrième attaque akuma depuis le fameux "rendez-vous" de Marinette et Adrien, l'attitude de ChatNoir changea complètement de ce qu'elle avait été durant les dernières semaines pour devenir l'inverse. Plus animé et faussement festif, il avait l'air de n'accorder aucune importance au potentiel de danger de l'akumatisé.

C'était durant la nuit et ils se bâtaient contre un vilain qui venait de fuir parce que ChatNoir ne pensait qu'à attirer l'attention de Ladybug et à rester trop près d'elle. Il l'empêchait même de se battre tant il restait près d'elle et bloquait son angle de vu.

C'était comme s'il avait oublié comment bouger ou comment faire équipe avec elle.

Et il parlait et parlait et parlait encore de tout et de rien, d'un tas de sujets qui n'avaient aucune utilité pour leurs préoccupations de ce moment-là.

Elle avait beau lui ordonner de ce décaler, le menacer de ne plus l'embrasser s'il ne s'écartait pas ou suggérer qu'elle pouvait lui faire toutes sortes de choses plus déplaisantes les unes que les autres. Tous ses rappels au fait que leur pacte stipulait qu'il devait lui obéir et qu'il était en train de le briser ne lui faisait pas plus d'effet. C'était comme s'il ne se rendait pas compte qu'elle avait de sérieux problèmes sur les bras.

Au moins, contrait-il les projectiles de leur adversaire avec une rare efficacité malgré sa distraction apparente.

Mais, comme Ladybug n'avait même pas pu remarquer la direction vers laquelle l'ennemi était partie en les laissant derrière à cause de son partenaire qui se tenait dans l'espace immédiat de son visage, elle le poussa pour le faire basculer sur le dos en appuyant de toute sa force sur sa poitrine.

Elle cacha rapidement sa bouche avec ses mains, scandalisée. Que venait-elle de faire? Elle y était allé beaucoup trop fort. Il s'était complètement étalé sur la surface du toit.

Mais, ChatNoir se redressa lentement, simplement incrédule, restant assis sur le toit, se sentant étrange et maintenant tout à fait calme.

«Je suis tellement désolée, Chato-» commença-t-elle.

«Arrête.» l'interrompit ChatNoir en levant la paume mais pas son regard. Il se leva lentement et revint vers elle.

«Occupons-nous de lui en vitesse mais après, on en parle.» fit-il affreusement sérieux et la lèvres inférieure pincée entre ses dents.

Ladybug ne fit qu'hocher la tête et ils retrouvèrent et vainquirent le vilain en toute efficacité.

Atteignant en même temps un toit aveugle après s'être séparés pour revenir sans contrainte de temps, il lui demanda sans même la saluer, comme si la fin de la bataille n'avait pas eu lieu: «Fais-le encore.»

«Quoi? Mais- Chaton, je ne voulais pas…» se défendit-elle avec émotion.

«Non. Juste, s'il-te-plaît. Frappe mon bras le plus fort que tu peux.» demanda-t-il calmement. Il n'arrivait pas à croire tout ce que cette sensation avait réveillé chez lui quand elle l'avait poussé. Il s'était sentit tellement vivant!

Durant toute la première partie du combat, toutes ses rebuffades l'avaient rendu plus heureux que durant les dernières semaines. Et plus elle le réprimandait, plus il adorait. C'était un genre d'attention qu'il voulait d'elle. Avec sa moue boudeuse si adorable. C'était presque mieux que lorsqu'elle s'inquiétait pour lui. Et lorsqu'elle s'était carrément fâchée contre lui, il avait sentit l'adrénaline couler dans ses veines à haute vitesse.

Aussi dynamisé que pendant une bataille. Mais, il avait besoin de plus, ce n'avait été qu'une étincelle, qu'un battement de cœur.

«Mais, est-ce que ça ne te fera pas mal? Qu'est-ce qui se passe? Essaie-tu volontairement de créer une dispute avec moi?» s'inquiéta-t-elle.

«Puisque je suis celui qui demande…» poussa-t-il encore avec un regard appuyé.

«Aaorg, ok.» grogna-t-elle. Elle lui lança alors un coup de point au biceps. Pas trop fort mais juste assez pour qu'il le ressente au travers de l'uniforme.

«C'est étrange, c'est agréable. Fais quelque chose d'autre s'il-te-plaît.» fit ChatNoir pensivement.

«Chat!…» soupira l'héroïne, agacée.

«Non, s'il-te-plaît. Aide-moi à comprendre ce qui m'arrive.» lui demanda-t-il en agrippant son poignet.

Avec une expression plus résolue, elle repoussa sa main d'une claque et l'entoura de ses bras dans une prise de lutte étrange. Elle le serrait de plus en plus dans son étreinte autour de sa cage thoracique coinçant ses bras contre ses flancs.

Comme il soupira de bien-être et qu'il relâchait complètement ses muscles dans son étreinte en laissant tomber sa tête, elle sentie quelque chose contre son ventre. Ses yeux s'agrandirent de surprise et elle le lâcha. Mais il referma ses bras autour d'elle pour coller son bas-ventre sur elle.

Elle le poussa encore loin d'elle et il s'effondra sur le toit avec un gémissement. Et elle partie en vitesse du toit en criant: «Tes délires de pervers, sont trop bizarres pour moi!»

Elle ne savait pas du tout ce qui arrivait à son partenaire mais elle n'avait pas du tout envie de rester pour le découvrir.

Encore une fois, ChatNoir se sentit rejeté par Ladybug.

Plus tard, cette nuit-là, alors qu'il prenait une douche, Adrien remarqua que son érection revenait alors qu'il pensait à elle et ce qui s'était passé.

En adolescent normal avec des besoins normaux, Adrien s'était déjà masturbé plus d'une fois. Physiquement, il avait un corps pratiquement adulte avec des muscles et une bonne taille et il avait aussi des pensées adultes. Il ne serait pas le premier à fantasmer sur sa petite-amie.

Mais, se laissant emporter par ses délires, il fut surprit par les chemins tordus que prenaient ses désirs secrets. Des images de fessées et de bondage lui venait. Ou des choses auxquelles il n'aurait jamais cru réfléchir sérieusement avant. Et si elle avait raison et qu'il était un pervers au fond? Non, ce n'était sûrement qu'une passade! Ce genre de truc ne l'avait jamais attiré auparavant. Il devait certainement être trop en manque.

Il se masturba encore quelques fois pour évacuer son stress.


Quelques jours plus tard, Nino demanda à Alya de le rencontrer seul à seule dans une classe sur l'heure du déjeuner pour discuter avec elle en privée.

«Alors, tu vois,…» commença-t-il nerveusement ne sachant pas du tout comment elle allait réagir ni comment il voulait qu'elle réagisse. «Je voulais te demander conseil à propos de quelque chose. Jackie m'a demandé d'aller à un rendez-vous avec elle. Et je n'ai pas su quoi lui répondre.»

«Et bien» répondit Alya en hésitant «Cela dépends de ce que tu as envie de faire. Jackie est une très belle fille après tout. Est-ce que toi aussi tu t'intéresses à elle comme elle s'intéresse à toi?»

Nino éprouva encore plus de malaise en lui répondant: «Et bien, c'est seulement que j'ai aussi des sentiments pour quelqu'un d'autre mais elle ne me voit pas vraiment comme j'aimerais.»

Il détestait qu'elle ne soit pas jalouse et ne proteste même pas. Il en avait assez qu'elle le prenne pour acquis et qu'elle garde une distance amicale entre eux. Ce n'était pas aussi simple que le fait qu'il aurait aimé lui faire l'amour et qu'elle ne semblait pas prête. C'était beaucoup plus complexe que ça.

Nino avait l'impression que s'il la demandait en mariage, elle répondrait oui avec nonchalance ou bien elle pourrait encore répondre que ça ne faisait pas partie de son plan de vie qu'il demande alors qu'ils étaient encore en première. Qu'elle attendait plutôt de lui qu'il la surprenne en faisant sa demande à une date "X". Comme si tout était déjà planifié pour eux et qu'il n'avait qu'à suivre le plan qu'elle avait dessiné.

Il avait simplement l'impression qu'il n'avait aucun impact sur elle. Qu'il ne l'impressionnait pas et que lui ou un autre, ce serait du pareil au même pour elle.

«Nino, tout ce que je souhaite c'est ton bonheur. Suis ton cœur. Jackie est un peu immature mais je pense que tu la connais suffisamment maintenant pour savoir dans quoi tu t'engages.» soupira Alya avec sincérité.

Elle ne pouvait pas l'enfermer dans une relation de couple s'il avait envie d'autre chose que ce qu'elle pouvait lui offrir ou ce qu'il attendait d'elle. Personnellement, elle ne considérait pas Jackie comme une fille intéressante avec qui passer du temps mais, elle n'était pas non plus un garçon. Peut-être Nino voulait-il quelqu'un avec plus de seins et moins de cervelle?

«Ok, donc…. Je vais aller avec elle. Et, euh. Je voulais juste que tu le saches.» La voix de Nino était presque colérique. La réponse d'Alya ne lui avait pas du tout plus. Il se sentait relégué au rang d'ami plus que jamais.

«Oui, j'en suis bien avertie maintenant.» Alya était fâchée aussi. Elle aurait voulu que Nino la choisisse et mise sur le long terme avec elle. Mais apparemment, et malgré toutes les mises en garde sur les tendances bizarres que Jackie avait de toujours prendre ce qu'Alya voulait, Nino avait fait son choix.

Ils sortirent de la classe vide et partirent chacun de leur côté.


De son côté, Adrien avait réalisé qu'il n'avait plus aucune envie de mériter le titre de "garçon sage."

Faire semblant pour que son père ne lui fasse pas de reproche, ça passait. Il l'avait fait toute sa vie. Rester chez lui tous les soirs à partir de 19h et toujours faire en permanence ce qu'on attendait de lui comme s'il était un robot, ça ne passait plus.

Adrien avait les mains croisées sous sa tête et fixait son plafond avec un millier de "et si?" en tête. Qu'est-ce qu'il voulait au fond? On lui avait si peu posé cette question dans sa vie qu'il n'avait pas eu suffisamment d'occasion pour le découvrir par lui-même.

Il allait avoir 17 ans quelques semaines plus tard. Il était en première et n'avait même pas la plus petite idée de ce qu'il voulait faire de sa vie, ce qu'il voulait étudier ou encore de quel genre de personne il voulait devenir.

Il était perdu et ne savait même plus qui il était en ce moment précis.

«Plagg!» avait-il appelé plus tard dans la nuit depuis le fond de son lit pour la petite créature qui vagabondait dans sa chambre. «Est-ce que je suis sensé être pur ou une bonne âme pour être un porteur? Imagine que je fais des choses un peu vilaines mais que personne ne le sait ou n'en souffre?» le questionna-t-il.

«Écoute, garçon» lui avait répondu avec exaspération le petit dieu de poche millénaire qui avait hâte que son compagnon grandisse un peu. «Tu ne me perdras pas si tu ne respectes pas le couvre-feu imposé par ton père. Non plus si tu te donnes à toi-même des encouragements bien mérités dans la salle de bain. En fait, tu n'es maintenant plus un enfant et tu es le porteur de la destruction. Aussi longtemps que Ladybug ne t'en veut pas au point d'altérer votre travail d'équipe, et bien, parfois faire pour le mieux, c'est agir d'une façon moins positive.»

«Comme quoi?» questionna Adrien qui explorait une toute nouvelle façon de voir son rôle.

«Tu peux tendre un piège rusé au Papillon mais, ne le tue pas. Tu peux mentir sans que je sois en colère mais ne ment pas à Ladybug parce qu'elle n'aime pas ça. Et aussi longtemps que tu peux toujours te battre tu peux t'imposer à toi-même les épreuves que tu veux. Est-ce que c'est assez clair?»

«C'est simplement que, je suis amoureux de deux filles et que ça ne fonctionne avec aucune des deux. Je voudrais prendre du recule sur ma vie amoureuse. Sur ma vie en général et penser à autre chose pour une fois.»

«Alors?» attendit le kwami en flottant.

«Plagg-... Transforme-moi.» Et Adrien sortit pour causer toute une série de mauvais coups totalement gratuits.

La première chose qu'il fit fut d'aller se venger sur la splendide et très conséquente garde-robe de Chloé de l'autre côté de la rue.

Depuis qu'il avait commencé à la repousser, elle avait redoublé de prétention à son égard. Se frottant sur lui sans une once de pudeur et exhibant des décolletés de plus en plus vulgaires.

Entré incognito, il attrapa la plus grande quantité de la garde-robe qu'il pu soutenir et la transporta vers une récolte de dons pour les familles pauvres. S'il y avait quoi que ce soit, elle serait obligée de passer commande à son père et aux autres couturiers de la ville.

La petite idée délinquante ferait donc aussi tourner l'économie et lorsque Chloé aurait sa toute nouvelle garde-robe, il pourrait toujours la voler de nouveau.

Il avait même eu cette drôle de fantaisie en croisant des prostituées au coin d'une rue. Il avait tiré les pires décolletés de la pile de vêtements et les leurs avaient proposés. Elles les avaient acceptés en créant en lui un sentiments de justice d'avoir réussit ce coup du sort.

Ensuite, il fit tout le bruit qu'il voulait au cœur de la nuit. Il effraya à mort quelques cambrioleurs qu'il trouva sur sa route plutôt que d'être la voix raisonnable qui parlait de tempérance et de la loi. C'était bien plus drôle.

Passant devant une pizzeria, il tomba en arrêt. Il n'avait pas pu en manger depuis l'enfance et encore il s'agissait alors d'une version diététique et végétarienne. Les pizzas de cet endroit étaient fantastiques et leurs fromages dégoulinaient par-dessus des centimètres d'épaisseur de charcuterie.

Utilisant son identité de héros, il demanda une pointe de pizza à crédit mais on lui en fit cadeau avec le plus grand plaisir. Ce n'était qu'une question de bonne entente entre les parisiens. Trouvant le repas délicieux, il promit de devenir un client fidèle.

Repus et se sentant vraiment libre pour la première fois depuis longtemps, il s'allongea nonchalamment sur un toit et passa un moment à écouter les prostituées se tenant maintenant aux coins d'une rue avec les facultés un peu affaiblies et plaisantant sans tabou sur leur quotidien ou leur métier avant de reprendre le chemin vers chez lui.

Cependant, alors qu'il était en route, il aperçut tout à coup de la lumière provenant de la chambre de Marinette, intriguée qu'elle soit toujours debout à une heure aussi avancée, il glissa un œil à travers la fenêtre de sa trappe. Son regard tomba sur le corps endormi de son amie. Elle reposait dans un tout petit pyjama et avait repoussé les draps. Il resta un moment à l'espionner parce que, franchement, la vision était attirante.

Son sexe était de toute façon devenu beaucoup trop dur par lui-même pour qu'il se remette à courir sur les toits dans cette état. Avec obsession, il contempla son ventre de la blancheur de la crème qui était dévoilé entre le short et le débardeur minuscules qu'elle portait.


Le samedi matin, un peu fatigué de sa nuit, il dormit jusqu'au dernier moment avant son cours d'escrime plutôt que de se lever à l'aube. Il se sentait tout de même plus réveillé que bien d'autre journée où il aurait profité d'une plus longue nuit de sommeil. Il se sentait frénétique et survolté.

Même Kagami le complimenta sur son énergie et le challenge qu'il lui avait opposé en venant le rejoindre dans les vestiaires après l'entraînement.

Une fois déjà, elle lui avait suggéré de changer de cible et il y avait songé allant jusqu'à faire une sortie avec elle, Marinette et Luka, puisqu'après quelques mois en couple, Ladybug continuait de lui répéter qu'elle préférait garder ses sentiments pour son béguin. Mais, après réflexion, il avait réalisé que Kagami n'avait pas ce qu'il fallait pour qu'il en tombe amoureux. Il recherchait un peu de tendresse dans un couple. De l'humour, de la complicité, un équilibre complexe et harmonieux de deux êtres faits l'un pour l'autre.

Ce jour-là, non seulement Kagami lui suggéra encore d'abandonner sa poursuite de l'autre fille qu'elle devinait voué à l'échec, mais elle lui proposa carrément de lui tenir compagnie le jour de son anniversaire.

Il lui fit encore la même réponse que précédemment, qu'il préférait garder uniquement une relation d'amitié avec elle.

Par contre, plus tard dans l'après-midi, il réfléchit à l'idée d'être avec Kagami. Elle n'avait pas changée mais peut-être que lui au fond, n'était plus le même. Son idée de sortir le jour de son anniversaire n'était pas mauvaise. Il aurait au moins l'occasion de sortir de sa prison et de pouvoir faire quelque chose pour fêter.

Et puis, si comme il commençait à le soupçonner, il avait un côté masochiste, il y avait toutes les chances pour que Kagami ait ce qu'il fallait pour satisfaire son nouveau penchant. L'image de la dominatrice convenait certainement à Kagami, bien sûr. Mais, y avait-il aussi l'équilibre? Et Kagami accepterait-elle se se contenter d'une relation basée sur le sexe?

De toute façon, si Ladybug n'avait pas encore rompu leur relation, elle allait certainement lui demander bientôt de lui rendre sa liberté et il se retrouverait seul. Et une amie avec un petit plus pourrait combler un vide.

Seulement, il ne savait même pas s'il éprouvait véritablement du plaisir sexuel dans la souffrance et ce serait trop étrange de demandé à Kagami de l'aider à le découvrir. Il ne se sentait pas suffisamment familier d'elle pour lui demandé une telle chose. De plus, comment pourrait-il encore la regarder en face s'il lui proposait d'abord du sexe hard avant de changer d'idée et lui annoncer qu'il préférait rester seulement ami et partenaire d'escrime avec elle?

Revenant à sa chambre vide en milieu de soirée après avoir assisté à un défilé de la ligne Gabriel pour femme, Adrien soupira en se jetant sur son lit.

Il prit ensuite la peine de retirer ses baskets mais pas de se pencher pour le faire et travailla inutilement avec ses pieds.

Soupirant, il repensa aux deux longues et ennuyeuses heures qu'il venait de perdre.

S'il voulait bien jouer les mannequins pour son père, c'était aussi parce qu'il était payé pour le faire. Par contre, lorsqu'il se présentait à un événement social, il ne touchait rien du tout. C'était simplement l'une des exigences de son père qui l'y envoyait.

Comme lorsqu'il devait accompagner Kagami à l'un de ces événements. Il n'arrivait pas du tout à savoir s'il aimait ou non sa compagnie. Au début, il se sentait valorisé d'aider la jeune héritière à s'émanciper avec le peu d'expérience dont il disposait.

Mais, avec le temps, il avait comprit qu'il ne réussirait jamais à changer Kagami pour qu'elle soit moins froide et plus ouverte aux gens.

Elle était ce qu'elle était et ne voyait pas où était le problème avec le fait de ne jamais se laisser surprendre par la vie.

Adrien se demanda encore ce qu'elle penserait s'il lui demandait d'être dans une relation sado-maso avec lui.

Est-ce qu'elle serait horrifiée? Perdrait-elle toute l'estime qu'elle avait pour lui? Aurait-elle des mots durs ou simplement refuserait-elle d'envisager une nouvelle expériences?

Ou peut-être qu'en fait, elle accepterait. Peut-être qu'elle irait immédiatement sortir de son placard la boite à chaussure sur la tablette du haut où elle cachait ce petit corsage de cuir assortie au sting et à l'un de ces fouets à multiple lanières courtes qu'il avait vu dans les films. Peut-être qu'elle aimait déjà ce genre de chose.

Adrien se demandait ce qu'on ressentait sur sa peau quand en était frappé par l'un de ces objets. Une douleur vive, une pression remplacée par la douleur après un instant comme avec une brûlure ou une caresse trop simple qui donnait simplement envie de crier pour en demander plus.

Avec toutes ces réflexions, la main d'Adrien avait migré vers le sud mais pour respecter Plagg, Adrien gagna sa salle de bain et après s'être entièrement dévêtu parce que de toutes façons, il avait trop chaud, il s'installa sur le carrelage chauffé de sa douche.

Avec satisfaction et facilité, en attrapa son membre et se branla, se demandant quelle genre d'image lui plairait le plus. Fidèle à ses nouvelles résolutions moins chastes, il ajouta un deuxième personnage à la version cuir de Kagami que son esprit avait formée.

Sans détailler le visage de ce personnage, il s'imagina Kagami embrasser cet homme grand et musclé qui massa un sein pointant hors du corsage de cuir alors qu'Adrien, entravé au sol, ne pouvait réagir ou tourner la tête pour profiter pleinement du spectacle.

L'homme prit le fouet des mains de la dominatrice et puisque c'était un rêve, Adrien se retrouva tout à coup le dos au sol et son sexe exposé à l'air libre.

Ses cuisses furent flagellées et la peau tirait et rougissait. Son sexe pulsait dans sa main comme dans son phantasme. Adrien ouvrit un filet d'eau et humidifia sa main avant de carrément se placer sous le faible jet et de se masturber furieusement.

Il imagina Kagami renversée par cette homme, sur les genoux et les coudes, en travers du torse d'Adrien. Il la prenait et lui tirait de délicieux gémissements pendant qu'Adrien ne pouvait que regarder sa petite poitrine s'agiter sous son nez sans pouvoir même la toucher.

Il imagina ensuite les lèvres de la demoiselle former un cœur de sa bouche, elle cria une plainte et lorsque cet homme lui fit atteindre l'orgasme, elle referma les dents sur la peau à la base du membre d'Adrien, enfonçant ses dents douloureusement, lui arrachant presque une partie de la peau. Suffisamment fort pour qu'il garde une marque pendant des années.

Pour imiter la souffrance de sa vision, Adrien enfonça ses ongles à la base de son membre et lorsqu'il relâcha, son sperme remonta le conduit intérieur pour en sortir. Alors, qu'il se vidait lentement, Adrien s'imagina des lèvres se refermer sur son sexe et accueillir le tout.

Il adorait l'idée de recevoir une fellation. Kagami? Ladybug? Homme? Femme? Une version masculine de Kagami peut-être?

Voilà qui convenait mieux avec l'image qu'Adrien se faisait de sa partenaire d'escrime. Kagami avec un sexe masculin entre les jambes, lui demandant conseil pour son image masculine en terme de rasage ou de musculation, l'étourdissant d'une claque retentissante sur le postérieur ou une épaule.

Oui, cette image convenait bien à la personnalité de son amie mais était-ce ce que désirait Adrien? Ce n'était pas inintéressant, Kagami n'était pas inintéressante. Mais, ...simplement incomplète? Ou était-ce lui qui était vraiment capricieux voir, même pervers comme Ladybug le pensait?

Utilisant une serviette pour se sécher et les équipements de nettoyage gardés sous son évier, il fit disparaître toutes traces de son petit plaisir auto-administré.

De nouveau habillé et plus calme, il appela Nino pour lui demander comment avait été son rendez-vous de la veille avec Jackie. C'était tout un événement pour son ami. Parce que oui, même s'il discutait moins avec lui, Adrien considérait toujours Nino comme son meilleur ami. Il voulait simplement passer plus de temps caché en lui-même loin de l'image que tous se faisait de lui.

«Oh, c'était bien. Restau, ciné et on est allé traîner dans un parc sur le chemin du retour. La routine.» commenta vaguement Nino.

«Pfft! Tu me prends pour qui Nino?» avait rigolé Adrien. «C'est pas parce que je passe mes soirées de fin de semaine enfermé dans ma chambre que je ne sais pas que "traîner dans un parc" signifie que vous avez trouvé un coin tranquille pour vous embrasser. Voir plus.»

«Non! Bon j'avoue, on s'est embrassé. C'est tout de même pour ça que j'ai arrêté d'attendre Alya. Jackie a envie de m'embrasser. Mais, non. Pas de "plus." C'était notre premier rendez-vous tout de même! Tiens, tiens, tiens...»

«Quoi?» questionna Adrien pour le changement de ton de Nino.

«Son frère m'invite à aller prendre une bière avec Luka et lui. Tu crois qu'il va me sortir "Touche pas à ma sœur" ou un truc du genre?»

«C'est le style? Ce n'est pas l'impression qu'il m'a fait. On ne les voit jamais ensembles. Il n'est pas très protecteur.» répondit Adrien, dubitatif. «Il se cherche peut-être des potes. La plupart des élèves se méfient de lui depuis la scène qu'il a fait avec Alya. Il n'y a que Luka qui lui ait donné une chance, et encore.»

«Peut-être» fit Nino peu convaincu. «J'espère que Luka ne me lâchera pas sur ce coup.»

«T'es pas obligé d'accepter.» se moqua Adrien.

«Ça aurait l'air bizarre si je le snobais tu penses pas?» s'inquiéta le mulâtre.

«Elle embrasse bien Jackie?» relança Adrien en guise de critère décisionnel.

«Ouais, plutôt.» sourit Nino. Ce n'était pas tant les baisers mais l'adoration pour lui qu'elle y mettait qui l'attirait.

«T'as ta réponse.» conclu Adrien.

Ils se saluèrent et après quelques instants dans le silence de sa chambre à se demander ce qu'il faisait du reste de la soirée, Adrien rappela Nino. «Dis vieux, tu veux plus de soutien face à Teddy?»

«Sûr! Tu vas te cacher dans le linge qui sort de la prison vers le service de blanchisserie ou tu comptes m'envoyer ton gorille?» plaisanta l'autre.

«Je vais sortir en douce.» fournit Adrien.

«Sans dec'? Tu peux faire ça?» se surprit l'autre.

«Oui, mais pas souvent. Ça laisse une trace dans le système de sécurité et il faut que je me déguise pour me promener en ville.» expliqua Adrien.

Aller prendre une bière avec des amis valait bien la comparaison à retourner faire des bêtises seul en ville.

«J'attends de voir ça!» plaisanta Nino en coupant l'appel.

Finalement, Nino et Luka ne restèrent que le temps de prendre une bière dans un parc. Lorsque Teddy parla d'aller poursuivre dans un bar, Nino qui n'avait pas l'âge recula. Luka avait l'âge mais n'avait pas envie de boire davantage. Adrien qui avait pris la peine de se coiffer, de se maquiller et de sortir en douce n'avait aucune envie de rentrer immédiatement et décida de suivre Teddy un peu plus. Sa fausse carte allait finalement servir.

L'endroit qu'avait choisis Teddy était une minuscule taverne. Et comme il n'était que 22h, trop tard pour le service du repas et trop tôt pour la fin de soirée, l'endroit était plutôt calme. Ils avaient même la table de billard dans la pièce de l'étage juste pour eux.

Mais après le premier gros bock de bière vidé, Adrien se trouvait un peu mou sur ses jambes et Plagg lui rappela leur "encore capable de combattre" accord et il s'en tint à la bière sans alcool pour le reste de la soirée sans le dire à Teddy. De toutes façons, c'était Adrien qui payait pour les deux. Il se promit, par contre, de s'entraîner pour être capable de boire mieux et plus.

Plus tard dans la soirée, il se sentait mieux grâce à sa résistance de héros et avait commencé à évacuer les effets de l'alcool mais l'autre garçon était à moitié partie et avait envie de parler. Dans un coin sombre à l'écart du tapage qui se faisait autour du bar en chêne, Adrien s'amusa à tirer des confidences à l'autre.

Teddy parlait d'Alya et comment il avait toujours voulu mettre la main dessus. Il avait essayé de jouer la carte de l'ami pour la mettre en confiance mais elle lui avait toujours dit non. Il lui dit aussi avec beaucoup de détails, ce qu'il lui ferait s'il en avait l'occasion, mentionnant combien il serait brutal avec cette fille qui s'était toujours défilée.

«As-tu déjà violé une fille?» demanda Adrien suspicieux en interrompant la lampée qu'il allait prendre.

Dans l'état avancé d'alcool où il était, le garçon à la peau sombre ne cachait plus beaucoup de secrets et Adrien préférait savoir de quoi était capable ce type qui tournait autour de son amie. Il devait aussi s'avouer que cette conversation à caractère sexuel l'excitait et qu'il n'en éprouvait aucune honte. C'était autre chose qu'une conversation de cour d'école pour changer.

«J'ai fait plein de trucs!» répondit Teddy très vague mais sérieux. «Tu sais, vivre dans un hôtel avec des quantités de touristes qui arrivent de partout dans le monde... J'ai rencontré beaucoup de gens qui étaient là-bas pour se foutre des barrières et de la morale et qui étaient partants pour expérimenter tout ce qui leur passait par la tête. J'ai même pris quelques gars par derrière. Je suis pas très regardant comme mec.»

«Vraiment? Et moi qui te prenais pour un dutch bag!» se moqua Adrien.

«Ben, avec un bon paiement à la clé... Et tu sais entre le petit derrière tout doux et imberbe d'un gars et celui tout plissé d'une vieille fille éternellement célibataire comme on en voit des légions dans ce genre d'endroit…» soupira le type dédaigneusement.

Se foutre des barrières était un concept intéressant pour Adrien. Franchement, Adrien n'avait jamais discuté avec ce genre de mec…


Adrien n'était pas certain de ce qu'il faisait lorsqu'il avait entraîné un Teddy vraiment très ivre dans une ruelle à la fin de la nuit. Lorsqu'il avait poussé l'autre mec à le défoncer après lui avoir enfilé un condom et agité un gros billet sous les yeux, il voulait juste tout oublié.

Teddy aurait pu se révéler encore plus dangereux pour Adrien, mais cette première fois dans de mauvaises conditions, fut plus douloureuse qu'Adrien ne s'y était attendu. Il serra les points sur une rampe d'escalier et s'y cramponna. Et alors que la douleur physique de la blessure atteignait un niveau émotif en lui, Adrien refoula ce qu'il vivait physiquement dans une zone d'ombre et les pensées enfouies prirent toute la place.

Il se disait à lui-même qu'il avait mérité cette bonne correction. Qu'il n'était qu'un incapable et que tout était de sa faute. Il ne savait pas ce qu'il avait fait de mal, mais il se sentait coupable d'un tas de choses.

Ce dont il était certain était d'avoir échoué, ce sentiment était bien clair pour lui. Mais, lorsqu'il le réalisa, il se demanda directement à lui-même ce qu'il avait échoué et la réponse lui vint comme une évidence. Ladybug ne l'aimait pas, son père ne l'aimait pas. Il avait échoué à inspirer à tous le respect que méritait un être humain. Il était traité comme une machine par la plupart des gens.

Un objet, un outils, avec une fonction bien déterminée et sans aucun rêve. Lui-même était si loin de ce qu'il considérait comme une personne, qu'il avait même perdu la peur de mourir.

Pour dégradante qu'ait été cette expérience derrière la taverne, elle avait aidé Adrien à réaliser clairement la vision qu'il avait de lui-même mais également la manière dont son père le traitait et les répercutions que cela avait sur sa vie. Il devait le reconnaître, son père lui avait retourné le cerveau pendant des années et sans qu'il ne s'en rende compte. Et il était beaucoup plus affecté qu'il ne le pensait.

Seulement, il n'était pas certain de pouvoir y faire quoi que ce soit ou si même il avait envie de se battre pour y changer quelque chose.


N.A. Comme je l'ai dit, je suis une personne plutôt sensible. Je me doute que plusieurs seront choqués par cette dernière scène, c'est un peu le but. Parce qu'il n'y a aucune tentative de suicide dans cette histoire ou d'automutilation mais, je voulais qu'il fasse un geste fort en contrepartie. Un wake-up call pour qu'il réalise qu'il ne va pas bien.