De mauvaise humeur comme ils l'étaient, Nino et Alya ne s'adressèrent pas la parole de toute la fin de semaine.

En revenant en classe le lundi matin, Nino essaya d'inviter quelques amis à aller passer du temps dans un endroit agréable comme ils en avaient l'habitude. Mais Alya, Marinette, Nathaniel, Max, Juleka et Rose avaient déjà tous décliné ses propositions tant pour le repas du midi qu'après la journée. Ils ne voulaient plus être amis avec lui en dehors des cours dorénavant.

Pour Alya, il comprenait qu'elle lui en veuille. Il avait eu sa première sortie avec Jackie et le changement devait tout de même être un peu difficile pour la journaliste, même si elle lui avait dit elle-même qu'elle préférait rester son amie plutôt que de s'engager dans une relation sérieuse. Après tout, Chloé serait elle aussi perdue sans sa Sabrina. Alya devait se sentir démunie sans son homme-objet.

Lorsque Nino questionna directement Marinette, le mardi, sur la nouvelle attitude des autres, il le fit alors qu'ils entraient en classe pour une période libre consacrée aux travaux à remettre.

Alya était absente. Elle n'avait pas réussi à dormir la nuit précédente à cause des troubles que Teddy avait causés pour essayer de l'atteindre et avait décidé d'oublier la première période de la journée.

«Tu as fait ton choix, Nino!» statua Marinette sans vouloir attirer l'attention mais involontairement, c'est ce qui se passa au milieu de la classe. «Tu as laissé Alya pour Jackie. Nous choisissons simplement le côté d'Alya. Tu sais bien qu'elles ne se tiennent pas ensemble si possible.»

Intérieurement, Marinette n'aimait pas trop. Elle savait que bientôt, la classe pourrait être confrontée à un autre choix. Si Lila mettait ses menaces à exécution, c'était elle qui pouvait se retrouver bientôt à la place qu'occupait alors Nino, isolé des autres.

Tout de même, elle voulait rester fidèle à ses principes. Elle n'aimait pas le choix de Nino. Et si Alya préférait croire Lila, bien encore là, si cela arrivait, Marinette ne pourrait pas en vouloir à Alya. Elle en voudrait fortement à Lila mais pas à Alya.

«C'est immature et stupide!» La voix de Nino montait et captait l'attention de tous, même celle d'Adrien qui retira ses écouteurs et son capuchon pour les regarder en sortant de sa torpeur existentielle. «On était même pas un vrai couple!»

«Non, ce n'est pas stupide. C'est un simple en fait.» commenta simplement Marinette avec une froide logique. «Est-ce que tout doit toujours porter une étiquette claire et précise pour que vous les garçons vous compreniez? Alya pensait déjà que vous étiez un couple même si vous n'avez jamais mis les choses aux clairs. C'est toi l'imbécile qui lui a posé un ultimatum. Tu l'as laissé tomber. Tu as choisi le côté de Jackie. Pourquoi ne passes-tu pas du temps avec ta nouvelle amie? Tu sais celle qui joue à être Alya. Au lieu de t'étonner de notre décision?»

Elle se rassit alors à sa place sentant qu'elle venait de mettre un dernier coup de hache dans l'ancienne harmonie qui avait jadis réuni toute la classe et surtout l'amitié qui les liait tous les quatre.

Adrien se rapprocha d'elle pour lui glisser à l'oreille d'un ton séducteur: «Tu peux être tellement froide et cruelle parfois, Marinette. J'aime ça!»

Mais comme Marinette clignait des yeux de surprise se demandant si elle avait bien compris Adrien et que lui-même reprenait sa place habituelle aux côtés de Nino, Chloé, qui s'était déjà rapprochée un peu de Lila, décida d'inviter Nino à son hôtel avec Jackie.

Si Nino et Alya ne se tenaient plus ensembles, cela voulait dire qu'Adrien n'avait plus du tout à se coltiner la présence de Marinette autour de lui dorénavant. Chloé avait tout avantage à s'assurer que cette rupture entre leurs amis soit définitive.

Mais contrairement à ce que Chloé espérait, cet éclat avait été une fois de trop où Adrien avait pu admirer son nouveau côté favori de Marinette et il n'avait plus besoin de l'excuse de leurs meilleurs amis respectifs pour se rapprocher directement de Marinette. Il avait plus d'un atout à sa disposition.


Marinette avait grandit dans un foyer aimant, chaleureux et animé au milieu de personnes qui l'adoraient et la couvraient d'affection et d'attention.

Bien sûr, étant des gens biens, Sabine et Tom avaient enseigné à leur fille de bonnes valeurs tel que la compassion, la générosité et la satisfaction du travail bien fait.

Mais étant l'enfant unique de parents également enfants uniques, Marinette avait eu pour elle non seulement deux parents travaillant à la maison et tout de même disponibles pour elle, une famille éloignée mais qui la chouchoutait à distance puisqu'elle était la seule enfant de la famille. Mais, aussi tout un tas d'adulte sans enfant qui étaient amis avec ses parents.

Et pour son père, qui avait longtemps attendu sa naissance, elle était et resterait une parfaite petite princesse.

Quoi d'étonnant à ce que la première année où Marinette avait atterrie dans la même classe que Chloé Bourgeois, la princesse plus ou moins officielle de Paris, l'ambiance soit devenue rapidement électrique.

Les paroles "Non! C'est moi la princesse!" avaient probablement été les plus souvent prononcées durant les jeux dans la classe de maternelle de madame Sylvia.

Malgré cela, le départ récent de sa mère de la vie de Cloé avait poussé celle-ci à former une carapace pour se protéger de la tristesse et de la peur de perdre un être aimé. Mais, à l'effet inverse de ce dont elle aurait eu besoin, elle se retrouva complètement seule à jouer avec uniquement sa poupée puisque Marinette avait su s'entourer d'une légion d'amis.

C'est donc sans surprise qu'au début de l'année suivante, lorsque Sabrina qui souffrait également de l'absence de sa mère, s'était attachée à Chloé, celle-ci avait décidé de prendre sa revanche.

Rendant chaque coups en pire, Chloé écrasait Marinette dès qu'elle le pouvait. La rabaissant sur leurs différences et utilisant sans honte l'argent de son père pour s'acheter des amis.

Les tentatives de paix de Marinette étaient balayées et changées en humiliations. Et la peine de Chloé face à l'absence de sa mère, le peu de temps que son père lui consacrait, la fragilité de la plupart de ses amitiés n'avaient fait que décupler la jalousie de Chloé envers chaque succès de sa rivale.

Et durant les huit années suivantes, Chloé avait apprit à Marinette comment se montrer cruelle par son exemple.

Marinette avait grandit en étant une victime qui pardonnait mais qui n'ignorait rien de ce qu'était l'intimidation.

Et un jour de pluie, en rencontrant deux magnifiques yeux verts, elle avait également compris que certaines personnes pouvaient faire le choix de ne pas blesser les autres.


Pendant une soirée où tout était calme à la boulangerie Dupain-Cheng, tous les habitants poursuivait leur routine habituelle. Dès la fin du dîner, Madame avait rangé la cuisine pendant que Monsieur était allé préparer les pâtes pour les ventes du lendemain.

Leur fille de son côté, était remontée à sa chambre pour disposer de son temps comme elle le faisait toujours. Étant une sage jeune femme, elle s'entêtait à terminer ses devoirs de classe avant de se mettre à un travail plus personnel.

Mais, son esprit roulait vers d'autres préoccupations et les devoirs n'avançaient pas.

«Allez Marinette. Tu peux le faire. Ce devoir de géométrie devrait être du gâteau pour toi.» l'encouragea la petite kwami qui flottait près d'elle de gauche à droite.

«Bien sûr Tikki. Ce n'est pas exactement que ces questions soient très difficiles.» sourit doucement l'adolescente. «Je pense encore à ce qu'Adrien m'a dit hier.»

«De quel façon y penses-tu?» demanda Tikki.

«Il m'a dit qu'il m'aimait mais pour quelque chose que je n'aime pas en moi. C'est comme s'il m'avait dit qu'il m'appréciait pour la mauvaise odeur de mes pieds.» expliqua l'étudiante.

Tikki rigola doucement. Il n'y avait que Marinette pour créer de telles images. «Il t'a aussi déjà dit qu'il te trouvait hilarante.» pointa-t-elle. «Adrien voit beaucoup de qualités en toi.»

«Je ne suis pas aussi sure que toi de l'idée.» minimisa Marinette. «Il a dit qu'il me trouvait cruelle. ChatNoir aussi me l'a déjà dit. Mais, je n'en ai pas tenue compte avant parce qu'il le dit toujours pour plaisanter.»

«Parfois les gens utilisent certains mots mais, le reste de leur personne passe un autre message.» pointa Tikki en descendant pour faire face à Marinette.

«Comme lorsqu'Adrien dit qu'il va bien mais que ses yeux sont si tristes?» déplora Marinette en soupirant. «Tu penses donc que ChatNoir me trouve vraiment cruelle?»

«Je pense qu'il essaie de souligner ce comportement chez toi.» approuva Tikki avec un petit sourire.

«Et toi, tu me trouves cruelle?» s'inquiéta l'adolescente.

«Bien, je n'ai pas l'impression que tu sois la meilleure des petites-amies pour ChatNoir.» hésita la créature millénaire. «Je sais que vous avez votre pacte et qu'il vous convient mais, tu as tout de même promis d'être sa copine.»

«Qu'est-ce que je devrais faire selon toi, Tikki?» demanda timidement Marinette.

«Peut-être écouter de qu'il essaie de te dire et le prendre un peu au sérieux. ChatNoir a prouvé plus d'une fois qu'il était sensible, intelligent et qu'il avait un grand cœur. Tu ne perds rien à lui demander pourquoi il ne va pas bien.» lui suggéra Tikki.

«Tu as raison Tikki, je vais le lui demander plus directement.» sourit Marinette.

«Marinette, il y a autre chose.» fit Tikki qui s'inquiétait déjà de l'idée. Sa porteuse se retourna sur son siège pour lui faire face. «Normalement, je te laisse apprendre et cheminer par toi-même mais je pense que je devais t'aider un peu avec Adrien. Juste relier quelques points. Suis-moi bien d'accord?»

Marinette hocha la tête et écouta son amie en appuyant ses coudes sur ses genoux.

«Tu n'es pas tombée amoureuse d'Adrien parce qu'il t'a dit qu'il t'aimait, n'est-ce pas?» ouvrit-elle.

«Non, c'était parce que j'ai découvert combien il pouvait être merveilleux quand il m'a offert son parapluie. Je n'avais jamais vu quelqu'un comme lui.» s'émerveilla Marinette avec tendresse pour le souvenir.

«Adrien a fait un geste désintéressé pour t'aider parce que tu ne pouvais plus avancer. Et l'autre jour à la rentrée, lorsque vous avez parler de dénoncer ou non Lila, il t'a expliqué quelque chose d'important pour lui.» reprit Tikki.

«Oui, il a souligné que les méchants ne s'amélioraient pas lorsqu'on était davantage blessant avec eux. Qu'ils avaient besoin qu'on soit d'abord à l'écoute de leurs sentiments pour pourvoir devenir gentil. Ce que j'ai tout à fait compris.» souligna-t-elle.

«Il t'a dit qu'il trouvait plus important d'écouter ce que le cœur des gens disait plutôt que leurs paroles et leur façade. Et une dernière chose. L'autre jour au téléphone il t'a dit qu'il ne pouvait plus être celui qui s'occupait d'être à l'écoute de Chloé et de Lila, selon ce que tu m'as dit. Peut-être que ce serait un beau geste de ta part de le remplacer et de l'aider avec son fardeau.» conseilla la kwami.

Marinette resta silencieuse en songeant aux implications de ce que venait de dire son amie.

«Il pourrait même en tomber amoureux de toi en te voyant faire un geste désintéressé.» conclu cette dernière.

Avant que Marinette ne réponde, son père l'appela de la cuisine. Les parents se retiraient dans leur chambre pour la nuit.


Si au fil du temps, Adrien avait développé de l'admiration pour la douceur et le grand cœur de Marinette et avait ainsi commencé à l'apprécier véritablement pour toute sa personne. Avant de changer, il la voyait même comme son refuge contre sa peine.

Lorsque Ladybug lui avait apprit qu'elle avait eu un premier rendez-vous avec l'homme de ses rêves puis qu'elle n'avait pas l'intention d'oublier ses sentiments pour lui, il avait totalement oublié Marinette et qu'elle pouvait lui venir en aide. Il avait mis ses sentiments pour elle de côté pour se concentrer uniquement sur sa peine d'avoir perdu Ladybug et pour trouver des idées tordues et irréalisables pour reconquérir sa Lady et la garder près de lui

Pendant qu'il broyait du noir et se concentrait sur ce qu'il n'aimait pas de sa vie, il savait qu'il ne faisait que se blesser en ne contemplant que des pensées négatives mais ne pouvait se retenir de le faire. Il alternait donc entre des périodes défaitistes et des passes exaltées où il était plein d'espoir.

Mais, en quelques mots et une revendication, en tenant tête à Nino pour défendre Alya, Marinette avait ouvert une lumière dans la nuit d'Adrien.

Littéralement, parce que c'est en tant que ChatNoir qu'il décida d'aller la visiter durant la nuit en se dirigeant vers la lumière de sa chambre qui l'attirait tant.

Si obéir à son père ne le rendait pas heureux, s'il ne pouvait plus compter sur Ladybug, si Kagami n'avait pas ce qu'il lui fallait, si traîner avec Teddy ou faire des mauvais coups n'était pas non plus la solution, il pouvait toujours se tourner vers Marinette. Elle était toujours disponible et accueillante pour ChatNoir.

Marinette avait toujours été très secrète pour lui. Mais de tout son groupe d'amis, elle était certainement la personne qu'il trouvait la plus complexe et intéressante. Simplement en planifiant la visite qu'il voulait lui faire, il pouvait s'en rendre compte.

Quand devait-il y aller? Sous quel prétexte?

Il ne voulait pas arriver les mains vides chez elle. Mais, il ne pouvait pas non plus arriver en lui proposant de partager un dessert de fin de soirée avec elle. Elle vivait directement dans une boulangerie appartenant à son père. Il aurait l'air de lui quémander de la nourriture ou de préférer un concurrent.

Il ne pouvait pas simplement apporter des fleurs et se la jouer Roméo clamant son amour pour Juliette sur son balcon. Il était encore en couple avec Ladybug était Marinette était la seule à être au courant du sérieux de ses sentiments, même s'il voyait la fin de cette histoire venir. Et forcer les choses à aller trop vite manquait de sincérité. Sans parler du fait qu'il l'avait déjà rejeté une fois.

Il savait qu'elle aimait le dessin et la mode, ce qui lui fournissait éventuellement un sujet de conversation mais, le talent de la jeune femme pour les jeux vidéo était encore une meilleure approche.

Donc, lorsqu'il frappa à la trappe du balcon avec le dernier jeux apprécié des gamers en mains et qu'il lâcha nonchalamment: «Tu serais disponible pour une partie?» une porte s'ouvrit pour lui sur un joli sourire et un regard brillant de défis.

Pendant qu'il la regardait se réjouir de la capacité des boss à tomber sous ses avancées imparables, il la contemplait du coin de l'œil et la comparait à la jeune femme qu'il fréquentait en tant qu'Adrien. Elle était complètement différente lorsqu'il ne portait pas son masque.

Que ce soit en classe, sur leur discussion groupée avec Alya et Nino ou lorsqu'il la rencontrait sur le plateau d'une séance photo, elle cherchait toujours à se cacher de lui. Elle était plus mystérieuse et c'était quelque chose qu'il trouvait adorable chez elle. Chaque fois, qu'elle le fuyait, il avait toujours envie de la suivre avec plus d'acharnement.

Marinette aussi observait ChatNoir du coin de l'œil. Ce n'était pas difficile pour elle de battre le jeux vidéo et regarder son partenaire en même temps.

Elle se doutait qu'il avait en tête de tester quelques-uns de ses trucs de pervers sur elle. C'était inévitable. Ladybug venait de lui refuser ce qu'il demandait, alors, sans aucune subtilité, il s'était rabattu sur cette bonne poire de Marinette qui ne savait pas dire non.

Mais, s'il décidait vraiment de s'avancer dans cette direction, s'il faisait juste suggérer un jeu étrange et tordu ou inhabituel, il allait trouver à qui parler. Elle ne lui laisserait aucune chance.

Mais, elle lui avait tout de même ouvert sa porte. Déjà parce qu'il avait toujours affirmé s'intéresser à Ladybug et pas du tout à Marinette. Ensuite, parce qu'elle savait qu'elle était en sécurité avec lui. Même s'il était tout à coup devenu un pervers, ça restait ChatNoir et c'était un garçon-peluche.

De plus, elle était très curieuse. Elle se posait un millions de questions à son sujet. Est-ce qu'il pourrait vraiment tromper sa petite-amie? Selon leur accord, elle en avait le droit mais pas lui. Qu'est-ce qui lui arrivait au juste? Et pourquoi, depuis quelques temps, avait-il la mine sombre bien souvent alors que parfois, il l'inondait de messages remplis de blagues et de jeux de mots?

Pendant qu'elle le gardait discrètement à l'œil, lui ne s'embarrassait pas d'une telle politesse et la dévisageait carrément.

Contrairement aux autres filles comme Chloé, Lila ou Kagami, Marinette savait éveiller son désir. Ladybug aussi éveillait le même désir de conquête chez lui. Même si elle le faisait d'une tout autre façon.

Ladybug le séduisait en le gardant à distance et en ne succombant jamais à son charme. Elle gardait toujours la tête froide. Marinette le séduisait parce qu'elle était un délicat lotus fragile sur lequel il lui était interdit de poser la main. Marinette restait hors d'atteinte pour lui et encore plus assurément pour Adrien. Il avait le droit de l'admirer de loin mais pas de l'approcher ou de la posséder.

Mais pour ce qui était de ChatNoir, elle le gardait à la même distance que Ladybug. À exactement un bras de distance. Assez près pour qu'il la regarde jusqu'au fond des yeux et respire son odeur alléchante mais trop loin pour être capable de la capturer dans ses bras.

Mais, ça ne voulait pas dire qu'il n'aimait pas. La chasse n'était pas drôle si elle était perdue et sans espoir. C'était mieux si les choses étaient difficiles. "À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire."

Mais, apparemment Marinette ne s'embarrassait pas des mêmes impératifs. Elle aimait les réussites faciles s'il devait en croire son attitude face à ce jeu.

Juste comme Marinette remportait une autre victoire et qu'elle la célébrait en dansant, le héros attrapa sa main et déposa un léger baiser sur le bout de ses ongles avec un compliment: «Que de talents dans ces adorables phalanges! Je m'incline devant la reine incontestée des combats sur jeux vidéo.» ronronna-t-il.

Avec un ricanement, elle reprit vivement sa main et le repoussa légèrement. «Reste dans ton coin pour admirer!» s'amusa-t-elle.

Il ricana avec elle mais, quelque chose s'enflammait dans sa poitrine. Elle pouvait être tellement séduisante!

«Au fait, je me demandais si tu pouvais me rendre un service? Je voulais aider un ami et j'aurais besoin de tes talents de créatrice.» changea-t-il complètement de sujet.

«Pour toi, ce sera toujours oui, Chat. De quoi aurais-tu besoin?» accepta-t-elle tout de suite. S'il était uniquement là pour qu'elle lui fabrique un morceau de vêtement, elle s'était peut-être affolée pour rien au fond. Tant que ce n'était pas justement un truc de pervers qu'il voulait lui commander.

«En fait, je ne sais pas trop, justement. C'est pour tes merveilleuses idées que je fais appelle à toi. Je tiens aussi à ce que tu ne puisses pas reconnaître l'objet directement, pour ta sécurité. Donc je vais le faire fabriquer ailleurs, sans t'offenser. Mais personne n'a autant de goût et d'idées pour la mode que toi. Ou autant de talent pour faire des cadeaux. Il faudrait un accessoire de mode qu'une fille de ton âge aimera porter. Quelque chose de blanc peut-être, pour aller dans ses couleurs. Et elle a une personnalité débordante, je dirais. Elle est extravertie. Mais surtout, il faut que cet accessoire dise: "Je te trouve séduisante" Tu vois l'idée?»

Elle voyait surtout qu'il était probablement tout disposé à lui demander pardon pour son attitude lors de leur dernière rencontre. C'était bizarre pour elle de créer pour lui quelque chose qu'il lui offrirait ensuite. Aussi, fit-elle semblant que ce n'était pas pour elle-même et travailla avec ce qu'il lui avait indiqué.

Elle attrapa son carnet de croquis et dessina quelques courbes formant un motif très féminin mais sans être délicat. Elle le souleva pour le lui montrer et il hocha la tête, mais ce n'était qu'un motif.

Elle lui tendit la feuille et reposa son carnet avant de suggérer: «J'aurais une idée intéressante en tête. Si c'est vraiment un symbole pour charmer une fille et lui faire de l'effet, ma suggestion serait le platine. C'est dans des tons pâles mais, c'est un peu plus onéreux. Par contre, si ce que ton "ami" veut c'est l'impressionner...»

«Non, je pense que ce serait parfait comme idée!» s'illumina-t-il. «Je la vois très bien s'exciter pour ce genre de cadeau. Et pour le prix, ce n'est pas un problème parce que c'est moi qui vais payer.» songea-t-il, se visualisant Alya s'émerveiller pour le bijoux et comparant mentalement sa teinte de peau à la couleur du métal.

«Tu es généreux à ce point?» questionna-t-elle. Elle savait bien qu'il avait déjà sous-entendu qu'il voulait lui offrir des cadeaux de prix mais, elle avait toujours refusé qu'il dépense de l'argent pour elle. Ils en étaient venu à un compromis lorsqu'il avait décidé de plutôt économiser pour l'aider à réaliser ses rêves plus tard.

«Je suis riche à ce point.» précisa-t-il. «Et j'ai une grande dette envers mon ami.»

«Alors, choisit quelques choses de plus large si c'est dans tes moyens, surtout si la fille n'est pas une timide. Mais, je te ferais remarqué que ce genre d'objet n'est pas dans le style de Ladybug. Elle a une silhouette plus délicate, le blanc ne va pas avec sa combinaison et surtout, j'ai dans l'idée qu'elle ne se risquerait pas à porter des bijoux dans lesquels les akumas peuvent se cacher.» se moqua-t-elle.

«Quand je dis que c'est pour rendre service à un ami, ce n'est pas une façon détournée de parler de moi. C'est vraiment pour venir en aide à un ami. Son couple est en difficulté.» sourit-il de sa méprise.

'Et mon couple à moi est sur le point de mourir. Trop tard pour être sauvé.' se dit-il à lui-même.

Il évitait toujours l'inévitable en ne retrouvant Ladybug que pour les alertes akuma et pas beaucoup plus mais, un jour, il n'aurait plus le choix d'écouter les mots qu'elle lui dirait et qui détruirait le reste des espoirs en la vie de ce chat.

ChatNoir partie peu après et le câlin qu'ils échangèrent pour se souhaiter bonne nuit servit de bouffée d'air frais pour Adrien et ramena un peu d'équilibre dans sa vie.

Elle le sentit aussi et cela l'inquiéta encore davantage que si ce n'était qu'une phase hormonale qu'il vivait. Il s'accrochait juste un peu trop à elle. 'Comme si sa vie en dépendait...' prenait tout son sens et la rendit encore plus soucieuse.

Malgré l'impression qu'elle avait eu durant la soirée, la mauvaise passe de son copain n'était pas terminée apparemment.

Il se détacha bien vite d'elle avant que trop d'émotions ne remontent à la surface.