Deux jours après sa visite chez Marinette pour la soirée jeux vidéo, avait finalement lieu le casting où Monsieur Agreste voulait choisir la jeune femme qui serait la nouvelle représentante de la compagnie aux côtés d'Adrien.

Bien qu'officiellement ce casting ait été présenté comme n'importe quel autre, la présence d'Adrien et le fait que la moitié des tests consistent à prendre la pose avec lui vendit bien vite le véritable but de cette recherche. Du moins, les gens pensaient-ils connaitre la vraie raison. Adrien avait peur de penser que son père recherchait la parfaite compagne pour lui malgré tout.

Juleka avait décidé de se présenter à ce casting, le plus gros depuis longtemps. Elle hésitait toujours à sauter le pas vers la vie de mannequin. Mais, ce casting d'envergure l'avait incitée à se lancer.

Lorsqu'elle avait pris sa décision, Rose en avait informé le reste de la bande qui s'était rendu au studio avec Juleka pour la soutenir. Mais en arrivant sur place, on leur répondit d'abord que seul les postulantes pouvaient entrer. Elles souhaitèrent la meilleure des chances à Juleka et se préparèrent à l'attendre à l'extérieur.

Il y avait une foule inhabituelle et effervescente qui circulait de tous côtés et rapidement, les filles entendirent la rumeur prétendant que le but premier du casting serait pour découvrir une perle rare pouvant devenir la partenaire d'Adrien.

Aussitôt, Alya attrapa Marinette par la main. «Tu n'y va pas!»

«Mais-» protesta vainement Marinette.

«Tu ne t'es pas inscrite, tu n'as pas de tenue spécialement choisie pour un shooting et... Tu vas faire confiance à Adrien pour réussir à s'en sortir seul.» instruisit Alya.

«Mais-» protesta encore Marinette encore plus plaintivement.

«Tu vois tous ces gardes de sécurité?» lui désigna-t-elle la dizaine d'agent impressionnants.

«Je sais bien mais-» se plaignit presque Marinette.

«Et Adrien est un professionnel et les gens de chez Agreste ne choisiront pas n'importe qui pour travailler avec lui. Ils vont prendre une personne formidable qui désir vraiment devenir mannequin tout comme Juleka. Et plus tard, tu seras la styliste personnelle d'Adrien et cette fille deviendras ton amie.»

«Bon d'accord.» accepta Marinette. «Je vais vous faire confiance.»

«Et puis, si ça se trouve, ils vont choisir Juleka.» s'enthousiasma Rose. «Avec la tenue que tu lui as créé, elle est imbattable.»

«Elle est la meilleure.» le seconda gentiment Mylène.

C'est alors qu'elles virent Lila les dépasser sans les saluer pour aller se présenter à l'accueil et être dirigée vers les portes du casting.

Les filles plaquèrent Marinette au sol et s'installèrent sur elle avant qu'elle ne puisse courir pour forcer le barrage de sécurité.

«Vous êtes pas cools les filles.» se plaignit-elle.

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À l'intérieur, Adrien était exténué et nerveux et savait qu'il n'y avait que la moitié des candidates qui avaient pris la pose avec lui jusqu'à présent.

Pour chacune d'elles, le photographe décidait immédiatement ensuite si la candidate restait ou repartait.

L'autre épreuve pour les filles étaient une entrevue de sélection. Là encore, on demandait à certaine candidates de repartir. Si bien que la foule dans le grand studio diminuait mais que l'anxiété d'Adrien augmentait. Et si l'une de ces candidates refusée était akumatisée?

Il s'efforçait tout de même de prendre la pose et sourire même si toutes ces filles n'étaient pas professionnelles et n'agissaient pas toutes en professionnelles. Au moins, les plus entreprenantes étaient-elles vite repérées et écartées de la sélection.

Adrien vit finalement une lueur s'allumer dans sa nuit lorsque Juleka se présenta à ses côtés. Aussitôt, il se positionna pour avantager leurs tailles qui étaient pratiquement identiques.

Le photographe fit une petite moue au départ mais en les voyant côte à côte, il fut ravi. Il prit plusieurs clichés et toute l'équipe adora le résultat. Juleka fut immédiatement gardée parmi les candidates et Adrien la félicita chaleureusement.

Si Juleka devenait la co-star des entreprises Agreste, ce serait un énorme soulagement pour lui pour des tas de raisons.

Juleka aussi avait l'air très satisfaite. Elle souriait beaucoup plus que d'habitude.

Par contre, elle fut loin d'être la candidate favoris des sélections de l'entrevue. Adrien avait remarqué du coin de l'œil et avec un grincement de dents que c'était Nathalie qui l'avait interviewé elle-même.

Vers la fin du casting, alors que seulement le quart des personnes qui s'étaient présentées avait été retenue, Adrien soupira intérieurement en voyant Lila quitter triomphalement la table de rencontre de Nathalie pour s'avancer vers lui avec détermination.

Heureusement, elle n'en profita pas, pour une fois, pour s'imposer physiquement à lui. Mais Adrien n'était pas dupe. Il savait que sa prudence et sa retenue venait de vigilance des gens chargés de surveiller spécifiquement ce genre de chose.

Le photographe ne fut que moyennement impressionné. Il ne trouvait pas qu'il faisait une bonne équipe mais, Lila démontrait tout de même qu'elle savait prendre la pose.

Lorsque toutes les candidates eurent été entendues, les équipes photos et d'entrevue se réunirent et on discuta de chacune des candidates une à une.

On demanda à certaines d'entre elles de reprendre la pose avec Adrien et ils reçurent plus d'instructions pour les poses à cette étapes. Adrien était heureux de remarqué que Juleka était toujours de la partie mais peu impressionné par la présence de Lila parmi les candidates restantes.

Lorsqu'il s'approcha de la table des juges alors que les délibérations étaient au point mort, il ne restait plus que cinq candidates dont ses deux camarades de classe.

Le photographe préférait Juleka mais Nathalie s'y opposait. L'assistante préférait Lila mais le photographe n'était pas convaincu.

«Refaites l'entrevue de celle-ci.» conseilla fermement Adrien en pointant l'image de sa candidate favorite.

«Pourquoi?» s'étonna l'assistante de son père.

«Parce qu'elle sera meilleure à mes côtés.» précisa Adrien. «On recherche le meilleur travail d'équipe non?»

Il se tourna ensuite vers les candidates pour demander directement : «Jul', les filles sont bien venues avec toi?»

La noiraude acquiesça et au grand déplaisir de Lila, Adrien partie vers les grandes portes pour faire signe à la bande de filles qui attendait toujours depuis tout ce temps d'entrer dans le studio.

Il se plaça ensuite à l'endroit sous les éclairages qu'on avait indiqué à son amie et ils purent refaire une entrevue et séance de poses qui convainquit davantage toute l'équipe sauf Monsieur Agreste que Nathalie avait contacté via sa tablette.

Il fit refaire le même exercice avec Lila. Mais pendant cette entrevue, l'une des candidates refusée à l'avant-dernier tour tomba sur le casting avec les pouvoirs d'un akuma qui créa la panique dans le studio.

Les héros, rapidement alertés, entraînèrent l'akuma un peu plus loin et la vainquirent assez rapidement. En plus de pouvoir faire des dégâts, elle n'avait que le pouvoir de repousser les gens à distance d'elle et cela aurait pu nuire pour récupérer son akuma mais Ladybug n'était plus à cela près pour les récupérer. Elle avait été capable de détruire l'objet à distance.

Par contre, lorsqu'Adrien retourna finalement au studio avec les personnes ayant le mot final sur le sujet, on avait conclu à peu de conclusion. Donc, Lila fut choisie pour faire équipe avec Adrien pour une brève période d'essais et on décida de garder Juleka comme mannequin dans la maison Agreste mais sans faire équipe avec lui.

Le point finale de cette journée fut qu'Adrien fut réprimandé pour être intervenue dans le processus décisionnel et qu'on lui imposa davantage d'heure en communication.

C'était un type de rencontre qu'il détestait. Le spécialiste le cuisinait jusqu'à ce qu'il réponde automatiquement la bonne chose à ses questions. Le mal de tête le gagnait normalement au bout d'une demi-heure, une heure seulement et il devait faire le reste de la séance dans ces conditions sans broncher.


Finalement, Adrien n'avait pas choisis de côté parmi les divers clans de la classe, il semblait vouloir rester simplement à distance de tout le monde.

Depuis qu'il avait pris la décision de développer l'aspect moins sage de lui-même, il avait pour habitude de faire le maximum de travaux possibles durant la journée quitte à négliger ses amis et de sortir chaque soir après le dîner, dès que les obligations de sa journée étaient terminées.

Il ne voulait plus rester dans sa chambre à s'inventer des scénarios catastrophes sur la toile unie de ses grands murs vides.

Nino était maintenant très occupé à suivre Jackie dans les soirées qu'organisait Chloé chez elle avec sa nouvelle bande d'amis ou à sortir en couple avec elle, et comme ChatNoir ne pouvait pas se rendre tous les soirs chez Marinette, Adrien dû se résoudre à retourner traîner avec sa mauvaise fréquentation afin de ne pas se retrouver seul.

Après la première nuit au bar, il avait calmer le jeu et s'était assuré que l'autre ne lui avait rien transmis. Lui et Teddy devinrent des camarades en quelque sorte. Des genres de compagnons de beuverie même s'ils ne buvaient pas tant que ça. Ils traînaient surtout dans les rues les plus désertes de Paris et si des idées de vandalisme venaient à l'esprit de Ted, Adrien se chargeait souvent de le distraire en inventant un défi téméraire quelconque.

Bien souvent, Adrien sortait d'abord de chez lui et faisait une balade sur les toits en utilisant ses pouvoirs de Chat avant de rejoindre Ted lorsque celui-ci finissait sa soirée de travail.

Il profitait de sa balade de début de soirée pour regarder les gens vivre, aider certaines personnes s'il le pouvait, discuter parfois avec les habitants de la ville et finalement, il se cachait dans une ruelle pour retirer sa transformation qui laissait la place à Adrien portant un chapeau, des lentilles de contact colorées et des vêtements usés et très larges déformant sa silhouette et camouflant son statu social. Personne n'aurait deviné que sa dégaine de délinquant juvénile cachait un gosse de riche.

Le soir même du casting, ChatNoir sursauta au détour d'un toit lorsque Ladybug le surprit. Puisqu'il n'était pas revenu la visiter chez elle la veille, elle avait décidé d'aller à sa rencontre.

Elle éclata de rire d'avoir réussit à le surprendre si complètement avec sa blague et lui tendit sa main avec un grand sourire pour l'aider à se relever.

«Je suis désolée» s'excusa-t-elle les yeux brillants mais elle ne s'excusait pas de l'avoir surpris et fait tomber. «La dernière fois qu'on a parlé, je ne t'ai pas écouté et j'aurais dû être là pour toi. Tu avais besoin de moi et j'ai été égoïste. Je vois bien que quelque chose en toi à changer. J'ai lu les messages que tu m'as envoyé la semaine dernière.»

«Et tu n'es pas venu me rejoindre au match de pétanque?» blagua-t-il «Tu as manqué quelque chose! C'était hilarant.»

«Disons que les blagues vulgaires sur les boules ne m'ont pas impressionné suffisamment pour que j'ai envie de subir les conséquences d'un travail de science non complété.»

«Les sciences aussi peuvent être hilarantes.» souligna-t-il.

«Tu prends tellement tout comme une bonne blague! J'espère que tu prends au moins tes problèmes au sérieux et que tu ne me feras pas perdre mon temps. Je t'écoute.»

«Y'a rien de spécial.» sourit-il un peu tristement. «Je suis un adolescent ordinaire qui vit des problèmes ordinaires. J'ai des problèmes avec mon père. Je ne sais pas ce que je veux faire de ma vie plus tard. Les filles se battent pour moi. Je ne peux pas sortir dans la rue sans être poursuivit par des fans hystériques. Et je ne sais pas si je dois choisir entre une lamborgini rouge ou une yamaha vintage pour mon dix-septième anniversaire.»

«C'est grave à ce point?» demanda-t-elle lisant entre les lignes. S'il fuyait la conversation en faisant tant de blagues, c'était qu'il avait peur d'aborder le sujet.

«Au point où je ne sais même plus par où commencer!» soupira-t-il.

Elle s'installa sur un petit muret qui séparait deux toits juste de la bonne hauteur pour s'asseoir et lui indiqua l'espace près d'elle pour qu'il la rejoigne. Mais, il préféra plutôt s'installer au sol et appuyer sa tête sur ses genoux.

Machinalement, elle posa une main réconfortante sur son épaule et il serra ses jambes entre ses bras contre sa poitrine en cherchant du réconfort dans le geste.

«Il se passe quelque chose en moi et je ne sais pas ce que c'est.» commença-t-il avec inquiétude. «J'ai souvent envie de pleurer, parfois d'exploser ou de rester sur place immobile parce que bouger demander trop d'effort. Mais surtout ne t'inquiète pas, ça ne m'affecte que lorsque je n'ai pas le masque. Être ChatNoir me ramène en équilibre et je m'assure de pouvoir combattre.»

«Je te fais confiance sur le sujet.» le rassura-t-elle. «Mais sinon, est-ce qu'il y a quelque chose que je peux faire pour t'aider à gérer la pression? Je ne sais pas, est-ce qu'il y a une partie de ton stress qui vient de ta vie de ChatNoir et donc tu voudrais parler? Et sinon, on peut peut-être trouver quelque chose pour t'aider. Comme faire la course l'un contre l'autre ou discuter plus souvent. Tu ne me réponds même plus lorsque je te souhaite bonne nuit.»

«Est-ce que tu as commencé à avoir des rendez-vous avec ton crush?» demanda-t-il sans la regarder.

«Non» soupira-t-elle «C'est le chaos dans la classe et parmi mes amis. J'ai même eu des mots avec son pote et il y a une fille qui a décidé de me mener la vie dure. Les trucs standards mais, pas facile de trouver un moment pour lui parler seule à seul au milieu de tous ça. À moins de lui demander par texto, il faudra que j'attende encore.» lui raconta-t-elle.

Déçu qu'elle veuille toujours être avec ce garçon qui ne la remarquait même pas plutôt qu'avec lui qui était (littéralement) à ses pieds, il ne lui répondit pas. Il eut beau essayer très fort, les mots de réconfort et de compassion qu'il lui aurait dit en temps normal pour la rassurer sur ses problèmes ne voulaient pas sortir de sa gorge.

«Je peux t'embrasser?» demanda-t-il plutôt venant de nulle part.

«Chat!» perdit-elle patience. Il ne pensait vraiment à rien d'autre que ça!

«Je suis sérieux là.» répondit-il avec un petit regard de côté. «L'une des questions que je me pose, c'est de savoir si je suis bien hétéro. Je commence à me poser des questions. Parce que, tu vois, j'ai jamais rien fait avec une autre fille parce que je suis resté fidèle pour toi. Mais comme on est pas allé très loin ensemble... Enfin, tu m'as laissé t'embrasser mais, je sais plus... je ne me souviens plus de ce que ça faisait, j'ai l'impression que ça fait un millénaire.»

La dernière fois, remontait effectivement au milieu de l'été, réalisa-t-elle. Pour elle aussi, beaucoup d'eau avait coulé sous les ponts depuis ce jour-là. Ils avaient encore eu d'intenses baisers et elle l'avait encore laissé déplacer ses mains sur elle avant d'en avoir assez et de le repousser. C'était peut-être leur quatrième expérience du genre en un an de fréquentation.

Il déposa un petit baiser sur sa cuisse et un second juste après un peu plus près de l'intérieur et plus haut sur la cuisse avant de reprendre: «Et je commence à voir les avantages qu'il y aurait à être avec un homme. Parce que je me demande ce que je recherche dans le sexe. Si ce que j'aime, c'est être brutalisé, peut-être que je suis mieux avec un homme et je ne pense pas me tromper en disant que ce ne serait pas vraiment ton style de toute façon.»

«Non, c'est vrai.» soupira-t-elle. «Il va falloir que tu choisisses entre moi ou ce désir. Même dans les combats je n'aime pas la violence. Pour moi, frapper quelqu'un c'est perdre le contrôle de soi-même et j'essaie de garder le contrôle en permanence.»

«Oui. J'avais remarqué.» sourit ChatNoir du bout des lèvres, un brin moqueur.

Elle lui envoya une claque plus symbolique qu'autre chose derrière la tête, ébouriffant ses mèches blondes encore davantage.

«Hé! Attention à la coiffure! T'aurais pas perdu le contrôle là?» la taquina-t-il après s'être faussement plaint.

«Non, celle-la était totalement méritée.» s'amusa-t-elle.

«Tout autant que si tu l'avais demandée!» ajouta-t-elle sur un ton moqueur.

«Et justement, pour le reste de tes demandes...» Elle se dégagea de son emprise et se releva gracieusement.

ChatNoir la regarda avec un regard gourmand. Chacun des gestes qu'elle faisait était naturellement ravissant depuis qu'il la connaissait. À l'exception de quelques chutes inélégantes, elle était toujours parfaitement gracieuse.

Mais si, comme en cet instant, elle marchait lentement pour s'éloigner de lui, présentant une épaule, une hanche d'un geste langoureux, plus rien d'autre n'existait sur terre.

Elle n'avait jamais fait un tel show, du moins pas volontairement et pas expressément pour lui. Son pouls battait si fort à ses oreilles qu'il se demandait si son cœur était toujours en place dans sa poitrine. Qu'allait-elle lui infliger? Il était déjà à genoux d'admiration et son sexe se réveillait de désir pour elle avant qu'elle ne franchisse quelques mètres et qu'elle s'arrête trop loin de lui.

«Si on veut s'assurer que tu as bien de l'attirance pour les femmes, je pense qu'on peut trouver un test plutôt facilement.» dit-elle avec sa voix si suave en se retournant vers lui. «Parce que, tu vois... je suis moi-même une femme.» dit-elle en glissant les mains sur son propre corps. Elle avait commencé les paumes sur ses épaules opposées, bras croisés, et les avaient décroisés lentement pendant que ses mains finissaient de dévoiler les courbes en se positionnant sur ses cuisses.

«Tu ne me trouves pas séduisante, Chaton?» demanda-t-elle avec une voix innocente.

ChatNoir avala fortement un surplus de salive et presque en réponse à cet action, son membre se dressa d'un coup. Ou il l'aurait fait si son uniforme ne l'avait pas retenu si complètement.

Uniforme qui n'était définitivement pas fait pour supporter une érection. Il n'y avait définitivement pas assez de place pour qu'un sexe masculin gonflé y survive.

Mais, oubliant la douleur pour se concentrer sur la vision devant lui, l'adolescent ne remarqua même pas qu'il s'était relever pour s'avancer vers elle.

Avait-il bien vu ce qu'il croyait avoir vu? Même à deux pas de distance, il avait peine à y croire. Là, devant ses yeux, c'était si subtile mais,... Dans l'uniforme autrement parfaitement lisse et ressemblant à la carapace des coccinelles, deux minuscules protubérances. Les mamelons de sa Lady manifestaient son excitation.

ChatNoir ne le savait pas mais, ses pupilles étaient complètement dilatées. Et son odorat captait, non pas une, mais une myriade de fragrances émanant d'elle et se mélangeant pour former un complexe schéma la définissant. C'était sucré, florale, organique, intime.

Tellement elle.

Elle leva le bras pour le taquiner en jouant sous son menton comme n'importe qui le ferait sous le menton d'un chat et il ne pu se retenir d'attraper sa main dans les siennes pour y enfouir le visage. Il ne voulait jamais que cette main quitte son corps. Il aurait voulu s'y lover entièrement pour le restant de ses jours.

Il commença à embrasser la paume passionnément et aventura ses baisers vers le poignet.

Au pli du coude, elle ne l'avait toujours pas arrêté et il releva le regard pour la regarder. Il ne su comment déchiffrer son expression mais il adora. Il pouvait y lire du calme, du doute, un peu de fragilité mais également de la tendresse.

Il laissa ses pouces caresser et masser son bras jusqu'à l'épaule où sa bouche reprit son avancée. Lorsque sa langue la surprit d'un minuscule petit coup sous la mâchoire près de l'oreille et juste au dessus du col de son uniforme, il pu sentir un frisson la parcourir et lui-même frissonna en réponse.

«Encore?» murmura-t-il en embrassant tout près de son oreille.

Elle hocha la tête et il tomba à genoux devant elle, déposant un baiser exactement au centre de son torse, sans même la toucher ou l'envahir. Le baiser suivant dériva sur la gauche et le suivant encore jusqu'à ce qu'il atteigne sa hanche.

Ses mains joignirent alors ses efforts pour lui plaire et il les plaça sur ses côtes pour décrire des cercles de ses pouces pendant que sa bouche descendait sur l'os jusqu'au pli de la cuisse et que les baisers se poursuivaient vers l'intérieur de celle-ci.

Il s'arrêta juste avant d'envahir son intimité et s'agenouilla devant elle, attendant ses ordres et son bon plaisir.

Juste devant son regard se trouvait le centre de sa féminité. Le trésor qu'elle gardait entre ses cuisses lui était interdit mais le fascinait. Il s'imaginait y glisser la langue et le goûter. Il pouvait dire que c'était le siège d'une alléchante odeur. Ni agréable, ni désagréable mais si invitante. À ce moment-là, il ne désirait plus qu'en découvrir le goût et la texture.

«Chat?» appela-t-elle pour le sortir de sa rêverie. Il inclina la tête et trouva son regard.

«Pose ton visage sur mon pied.» ordonna-t-elle sans violence.

Il obéit et frotta son visage contre le dessus de son pied. Il utilisa alors plus précisément sa joue pour imiter un chat qui marque son maître.

«Tu vas relever ton derrière et replacer tes jambes mieux que ça.» ordonna encore l'héroïne enhardie par son action et sa soumission. «Imagine que quelqu'un ait envie de toi, crois-tu qu'il aurait envie de te prendre si tu ne t'exposes pas mieux?»

Des frissons d'excitation secouaient le héros pendant qu'il suivait les ordres avec empressement et émerveillement.

«Tu aimes l'idée que quelqu'un admire ton intimité, Chaton?» remarqua-t-elle. «Qui voudrais-tu avoir derrière toi? À qui voudrais-tu t'offrir?»

«Toi. Je ne veux que toi.» soupira douloureusement ChatNoir. Il voulait désespérément la seule personne qu'il ne pouvait pas avoir.

«Et que penses-tu de l'idée d'avoir à suivre des ordres sans discuter? Ou bien d'être humilié? Ou attaché? Et celle de porter un costume, alors? Il n'y a pas que les coups et la brutalité. Tu devrais y penser. Suivre ses envies ne signifie pas oublier de réfléchir.»

Sa vie était misérable, songea-t-il. Si près du sol, il devait se retenir pour ne pas s'effondrer en larme.

Parfois, il aurait préféré que son père le brutalise plutôt que de le traiter comme il le faisait. Il n'en pouvait plus de cette hypocrisie qui régnait au manoir. Des abus physiques clairs et réels auraient été préférables à cet étau émotionnel d'abus psychologiques beaucoup plus abstrait.

Il n'était pas traiter en héritier ou en fils aimé. Lui, il était plutôt l'animal entraîné possédé par la famille. Comme ceux que les dresseurs offraient pour les tournages à la télévision et au cinéma.

Sauf qu'il était à peu près certain que ces animaux recevaient plus d'amour que lui. Plutôt que cette laisse psychologique de laquelle il ne pouvait s'échapper, il aurait préféré en avoir une véritable au cou pour pouvoir la ronger.

«Si tu essaies de jouer les matous errant dans les ruelles et réclamant à toutes les portes, n'oublie pas une chose, c'est que dans ce cas tu n'échapperas jamais au fait que tu m'appartiens.» lui dit encore Ladybug.

Et il aurait tellement aimé que ce soit vrai. Il aurait tellement voulu lui appartenir plutôt que d'appartenir à son père. Il était comme un animal maltraité qui pleurait pour que la voisine vienne le sauver.

Et elle n'était pas la seule qu'il voulait, elle avait bien raison. Il voulait aussi que Marinette prenne soin de lui.

Si seulement il pouvait être un véritable chat et avoir la possibilité de se rouler en boule pour dormir sur les genoux de Marinette pour le reste de ses jours!

Elle serait la maîtresse idéale. Il était certain qu'elle flattait très bien et elle lui offrirait aussi souvent de bonnes gâteries à se mettre sous la dent.

Évidemment, à son tour, il serait un gentil chat pour sa maîtresse. Il lui tiendrait chaud la nuit, ronronnerait pour la calmer lorsqu'elle serait trop nerveuse. Il la réveillerait le matin pour qu'elle soit à l'heure à l'école. Cette dernière idée le fit rire intérieurement parce que Marinette n'était vraiment pas du matin.

Mais, juste à ce moment, Ladybug détruisit encore un autre de ses jolis rêves de quelques mots dits d'un ton sans considération pour les battements de son cœur.: «Mais, il va falloir un jour que tu regardes la réalité en face, Chaton. Et que tu arrêtes de confondre tes désirs pour des possibilités. Être un adulte responsable, c'est aussi s'assumer entièrement seul.»