Une semaine plus tard, un mardi, Adrien n'arrivait pas à se réveiller. Il avait très peu dormi durant la nuit du dimanche au lundi puisqu'il avait assisté à un événement où son père lui avait demandé de se rendre mais, il avait pu se coucher tôt la veille pour reprendre du sommeil.

Malgré cela, ses paupières étaient toujours lourdes et son cerveau dans le brouillard. Bien plus que la fatigue physique, il ressentait une fatigue émotionnelle. Par dessus tout, il avait seulement envie de passer la journée au lit.

Un instant, il resta assis sur son matelas, les genoux relevés et formant un triangle. Il y appuya les coudes et y déposa le menton pour reposer sa tête pour attendre que les étourdissements cessent.

Après la douche, il descendit faire disparaître le mix ultra santé et haute teneur en protéines préparé par le chef-cuisinier. Avant de partir mollement pour l'école.

Il y adressa des sourires à ceux qu'il croisait sans leur parler. Dans la classe, Nino couvait toujours Jackie d'attention mais, celle-ci se mit à parler avec Chloé de maquillage et l'adolescent leva les yeux au plafond avant de rejoindre son meilleur ami qui l'accueilli à leur table d'un geste compréhensif sur l'épaule.

«Elles sont vraiment devenue amies alors?» valida Adrien qui s'en étonnait encore. Mais, la snob avait acceptée de renoncer à lui sans faire trop d'esclandre. Elle avait donc certainement trouvé un dérivatif.

«Elles ont certainement trouvés des passions communes.» lui expliqua le mulâtre. «Tous les trucs de filles, maquillage, coiffure, fringue et bon, les drames habituels de salon de beauté. Mais des tonnes d'autres trucs aussi. Ladybug, XY, des acteurs de cinéma qu'elles décrivent de concert... Il n'y a que toi et moi qui sommes des sujets tabous entre elles.»

«Tu es un sujet tabou pour ta petite-amie même quand tu es présent?» s'amusa Adrien.

Nino haussa les épaules. «Ma présence ne dérange pas Chloé mais, elle ne supporte pas la façon dont Jackie parle de moi. Elle lui a interdit de le faire. Le reste du temps, elles arrivent à s'entendre. Quand Lila ne crée pas la discorde pour attirer toute l'attention sur elle-même.»

Adrien secoua tête amusé. «Je n'en revient toujours pas que tu supportes de te joindre à une bande de jet-set pour faire le party aussi régulièrement!»

Nino regarda autour de lui pour s'assurer que personne ne s'intéressait à leur conversation et se pencha vers son voisin de banc pour lui confier: «La plupart pensent que je suis un grand DJ à la mode et que je me produit devant des foules dans des bars louches.»

«Et comment as-tu réussis à ce qu'aucun d'eux ne découvre l'exagération?» sourit Adrien.

«Il a suffit que je mixe pour une ou deux soirées privées. Ils n'ont pas été chercher plus loin.» s'amusa Nino. «Et toi? Ça va?» surprit-il ensuite Adrien.

«Je-» interrompit celui-ci, il ne savait plus quoi répondre. «Je suis un peu fatigué, en fait.» Il détourna le visage et respira lentement. Tout à coup, il ne sentait pas bien.

«Comme s'il y avait quoi que ce soit de nouveau!» ironisa Nino. «Tu travailles trop mec. C'est pas bon de faire ça! Y'a des lois pour protéger les travailleurs mineurs, tu sais.»

«Comme si mon père allait laisser une loi dicter sa conduite!» murmura Adrien alors que Marinette entrait à son tour presque en laissant tomber son sac.

Elle se rattrapa en se donnant une contenance et retira l'un des élastiques de ses cheveux pour le refaire, elle était décoiffée.

«Je crois que l'habitude de préparer les collections saisonnières six mois d'avance lui a causé une déformation professionnelle.» raconta Adrien pour changer de sujet et oublier les sensations qu'il avait ressentit. «Il serait capable d'exiger de ses employés qu'ils se débrouillent pour créer une gentille petite chute de neige sur tout Paris pour un stun publicitaire en juillet. Et je ne parle pas de la contrariété qu'il éprouve dans les embouteillages! Il y a une raison au fait qu'il ne sorte jamais de chez lui.» plaisanta-t-il à voix basse.

Marinette l'entendit rigoler et fut bien heureuse de voir qu'il n'était pas de mauvaise humeur pour une fois.

Il perdit cependant son sourire, tout comme elle, lorsque la professeure entra dans la classe et que Lila se précipita vers celle-ci.

«Madame, je ne vais pas bien. Mon poignet est extrêmement douloureux. Puis-je aller chercher de la glace?»

«Bien sûr, Lila. Mais, ne vous attardez pas.» conseilla l'enseignante.

«J'ai l'impression que quelqu'un se prépare un alibi.» marmonna Marinette entre ses dents. Seuls Adrien, Alya et Nino l'entendirent.

«Il y a effectivement un contrôle de littérature en troisième heure. Quelle coïncidence.» s'amusa Alya.

«Et toi, ça ne te dérange pas qu'elle mente aussi effrontément?» demanda calmement la franco-chinoise.

«Ce n'est pas si grave Marinette. Au pire, ce n'est qu'à elle que cela fait du mal! Ce sont ses notes qui en souffriront.»

«Mais tout de même, ce n'est pas juste. Les autres élèves ont tous travaillé pour préparer ce contrôle et n'auront pas de passe-droit.»

«Malheureusement.» murmura Adrien qui avait complètement oublié ce contrôle.

Cependant, lorsqu'il regarda son planning pour savoir s'il avait oublié autre chose, il constata qu'il pouvait tirer avantage du mensonge de Lila contre elle-même.

Alors que la professeure interrogeait Alix de l'autre côté de la classe, il glissa un mot sur le bureau de Marinette.

"Tu veux venir au shooting cette après-midi? Lila va annuler sa présence."

Lorsqu'ils se croisèrent dans le corridor à la pose de l'après-midi (Adrien avait passé chaque seconde disponible avant le test pour étudier la littérature) elle lui demanda plus d'explication sur son plan.

Lila s'était effectivement plainte de la douleur à son poignet pour se faire excuser de rédaction en cours.

«C'est un shooting un peu spécial. Il nécessite d'être en bonne condition physique et ne peut se faire avec un poignet douloureux. J'ai déjà prévenu Nathalie ce matin pour la prévenir et faire remplacer Lila.»

«Mais, tu sais bien que Lila a mentit et qu'elle ne raterait pas un shooting.» fronça Marinette.

«Si elle veut mentir, elle doit en assumer les conséquences. Elle a souhaité prendre une journée maladie, c'est son problème.» sourit-il.

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Marinette comprit l'idée d'Adrien dès qu'ils passèrent l'entrée de la tente du cirque. Au centre de la piste se trouvait trois séries de longs rubans pendant du plafond. Il n'y aurait eu aucune chance que Lila puisse les utiliser avec un poignet douloureux.

«Tu vas faire des acrobaties?» s'étonna-t-elle, émerveillée.

«Ils vont me donner un cours de base et je ne vais faire que des mouvements simples. Je ne crois pas qu'il y ait de vrais acrobaties. Les figures les moins élaborés permettront un meilleur regard sur les vêtements à mon avis.»

Marinette s'installa dans les gradins avec sa tablette à dessin sans l'angoisse de gêner qu'elle ressentait souvent.

Lila avait été remplacée par deux autres mannequins blondes encore plus grandes qu'Adrien.

Depuis son poste d'observation, Marinette était fascinée par Adrien. Il avait l'air si naturellement confortable lorsque ses pieds ne touchaient plus le sol. Il donnait aussi l'impression à Marinette qu'il s'amusait vraiment pour une fois de pouvoir recevoir une leçon de tissus aérien.

Elle en délaissait les tenues inspirées par le cirque qu'elle avait commencées à tracer pour se concentrer sur lui. Il y avait si longtemps qu'elle ne l'avait plus vu si bien, comme si en cet instant, il avait oublié tous ses soucis.

Entre deux poses, l'une des mannequins glissa à Adrien : «Je ne savais pas que tu avais maintenant une petite-amie.» s'étonna-t-elle. «J'ai entendu toutes sorte de rumeurs qui disaient tout et n'importe quoi au sujet de ta vie amoureuse.»

«Marinette et moi ne sommes pas en couple.» précisa-t-il avec un regard attendrit.

«Vous devriez peut-être.» pouffa la fille. «Il est clair qu'elle a un énorme béguin pour toi et on dirait aussi qu'elle ne te laisse pas indifférente. Ton regard n'arrête pas de retourner vers elle.»

«Elle et moi... c'est compliqué.» protesta faiblement Adrien.

«Comme toutes les meilleures histoires, pas vrai?»

L'idée d'être avec Marinette en toute simplicité plaisait vraiment à Adrien. Arrêter de se battre pour une relation secrète avec Ladybug qui battait de l'aile.

Il savait que Marinette accepterait tous les aspects cachés de lui-même. Et son père voulait qu'il trouve une petite-amie officielle. Cette vie n'était pas si mal. Elle pourrait lancer sa ligne de vêtements, il la présenterait.

Bien sûr, ils ne pourraient pas souvent faire des sorties agréables mais il la verrait au moins à l'école. Et si elle tenait tellement à devenir dessinatrice, devoir évoluer dans les soirées mondaines était probablement quelque chose qu'elle avait déjà accepté pour son avenir.

Marinette n'était peut-être pas son premier amour mais elle était certainement une vie qui pourrait être très douce et agréable.

Dès qu'on lui eut retiré les derniers morceaux de la collection, avant que son garde-du-corps ne puisse le traîner vers sa prochaine obligation, il attrapa la main de Marinette et l'attira dans le fond de la tente, vers les airs réservés aux artistes du cirque.

Ils trouvèrent une ouverture menant vers un espace entre deux tentes séparées par seulement une largeur d'épaule. Adrien l'y entraîna pour la garder tout près de lui.

«Adrien?» s'étonna-t-elle timidement.

«Toi et moi, on a jamais parlé de ce que tu voulais dans la vie, Mari.» attaqua-t-il avec sérieux.

«Bien, je- tu sais que je suis passionnée de mode.» bafouilla-t-elle.

«Mais, est-ce que tu désires te consacrer exclusivement à tes études dans le domaine puis à ta carrière ou penses-tu garder de la place pour... d'autres... engagements.» questionna-t-il. Mais, il n'avait jamais aimé parler d'engagement. Il savait trop qu'il ne pouvait rien promettre à une fille. Il n'était pas assez libre sans son masque.

«Je... veux aussi avoir une famille.» murmura-t-elle doucement. «J'ai trop bien vu comment ton père t'a rendu triste en se plongeant dans le travail pour ne pas apprendre de ses erreurs. J'ai eu des parents merveilleux et je veux être une bonne mère aussi. Je suis fermement convaincue qu'il est possible de travailler avec de l'agitation autour de moi. Je le fais déjà. Je suis certaine que plus tard, je serai capable de dessiner dans la même pièce où jouerons mes enfants. Enfin, je veux dire mes potentiels enfants, pas que j'ai déjà décidé-»

L'explication de Marinette avait ému Adrien mais il n'avait pu répondre parce que des bruits de dispute leur parvinrent de l'endroit où ils étaient arrivées. Un homme et une femme se disputaient et c'était véritablement une chicane de couple.

«Tu es à moi!» grogna l'homme avant d'écraser sa bouche sur celle de la femme.

Complètement surpris, Adrien et Marinette avaient une étroite vue sur la scène par l'ouverture mais ils étaient plutôt bien cachés. Avant même qu'ils songent à détourner le regard, les mains de l'homme avait déjà dénudé la poitrine de la femme en faisant tomber sa robe au sol.

Marinette entendit le souffle d'Adrien se bloquer derrière elle. Elle regarda à droite et à gauche pour trouver une issue mais fut rebutée par les parois humides et sales des toiles de tentes. Et l'autre pavillon derrière eux n'avait pas d'issue à proximité.

Le souffle d'Adrien qui se bloqua encore et la poussa à ramener son regard sur le couple. La dame avait déjà dénudé le sexe de l'homme et exposait le sien à son tour. Incapable de réagir, Marinette observa alors que cette femme du cirque, probablement contorsionniste, qui relevait sa jambe bien droit vers le plafond et accueillait l'homme en elle sans effort.

Celui-ci se glissa d'un coup dans son sexe et commença à se mouvoir en tirant sur les épaules de la femme pour la positionnée encore plus près de lui dans un angle que Marinette aurait été incapable de prendre sans ses pouvoirs.

Lorsqu'Adrien glissa ses mains sur Marinette, un énorme frisson s'empara de chaque parties de son être et elle dû retenir un soupir lorsque les hanches d'Adrien rejoignirent le bas de son dos pour y coller son sexe tendu. Ses jambes faiblirent et son dos s'appuya davantage contre son torse.

Adrien bougea très doucement le bassin contre elle et cacha des soupirs de plaisir dans son cou. Ses mains s'aventurèrent sur sa poitrine pour les couvrir de ses grandes mains. Avec audace, Marinette positionna ses paumes sur les cuisses d'Adrien et répondit à son approche en le caressant doucement jusqu'à ce que ses mains atteignent le sexe qui pointait vers elle.

Elle le comprenait de trouver la situation excitante, elle-même savait qu'elle mouillait de plaisir. Et elle était avec Adrien en plus! Pour une fois, c'était réelle, ce n'était pas l'une de ses milles fantaisies.

Elle allait couvrir son sexe de sa main pour en prendre possession lorsqu'un autre homme débarqua dans la pièce où le couple baisait. Le nouvel arrivant, apparemment très jaloux, commença par coller un coup à l'homme qui les dégagea l'un de l'autre avant d'attraper la femme par les épaules et de s'emporter contre elle.

Marinette sentit les bras d'Adrien se raidir de nervosité autour d'elle et son sexe se calmer dans son dos. Il la plaça à l'abri derrière lui pour la protéger.

C'est alors que le premier homme s'en prit au second pour défendre la femme mais, après le premier coup, il était clair que le jaloux était plus fort physiquement que l'amant de la femme. Il avait probablement les idées plus claires également parce qu'au lieu de répliquer contre l'autre homme, il se tourna vers la femme pour la forcer à choisir. «Tu peux rester avec moi ou partir avec lui.»

Marinette comprit le dilemme. Si elle choisissait son amant, comment son partenaire officiel réagirait-il? Est-ce qu'il le brutaliserait?

«Si tu pars avec lui, assurez-vous que je ne vous revois jamais dans une autre troupe. Ta carrière sera finie Lisa.» menaça l'autre.

L'amant voulu se battre mais le plus gros répliqua et les deux hommes se tabassaient toujours lorsque Marinette remarqua l'arrivée d'un Papillon noir près de la femme.

Adrien poussa Marinette à courir entre les tentes mais avant d'avoir pu quitter l'endroit pour se mettre à l'abri, les adolescents et les deux hommes furent soufflé avec la toile du pavillon de l'akumatisée et des autres pavillons qui l'entouraient.

Adrien souleva celle du pavillon mitoyen, en recouvrit Marinette et la vit ramper dessous juste avant que l'akumatisée, qui avait déjà réglé leur compte aux deux hommes ne se retourne vers lui.

«Ah euh, bonne après-midi mademoiselle. Je m'appelle Adrien. Avez-vous besoin de mon assistance?» demanda-t-il poliment comme il l'aurait fait en étant ChatNoir mais avec beaucoup moins d'assurance puisque la charmante contorsionniste s'était changée en créature écailleuse et à la très large dentition pointue.

Une réflexion très hors de propos fit se demander à Adrien si le Papillon était adepte des dinosaures ou plutôt des reportages sur les grands prédateurs. Il y avait décidément trop d'akumas à longues dents pour son goût.

Ça changeait un peu de ceux qui étaient mal fagoté par contre. Celle-ci, malgré la posture inhumaine portait toujours une magnifique combinaison moulante et scintillante et également couverte de petites boucles de tissus rouges.

Elle porta lentement la main (ou la serre plutôt) à celle placée sur son épaule sans une parole et Adrien déglutit difficilement. Mais, tout à coup, une voiture VUS s'avança précisément entre les deux tentes et poussa une billetterie contre la vilaine.

Marinette qui était au volant, fit signe à Adrien d'utiliser la porte arrière pour la rejoindre. Elle recula ensuite et après avoir choisit la bonne manœuvre avec le levier de vitesse, les amena en sécurité derrière une caravane.

Relevant le regard sur les alentours, Adrien avait finalement remarqué que toutes les tentes étaient maintenant au sol et qu'heureusement, l'akuma ne les poursuivait plus. Elle changeait chaque personne se dégageant des tentes en statue en la décorant simplement d'une boucle rouge.

Marinette avait pris la fuite de la voiture, laissant la portière ouverte sans même qu'Adrien s'en aperçoive. Il se servit de la cachette opportune pour se changer en ChatNoir. Au moins avait-il eut le temps de récupérer Plagg avant d'aller parler à Marinette.

Il se percha sur le dessus d'une fourgonnette au moment où Ladybug quittait le manège installé par les forains pour aller s'attaquer à la vilaine.

Cependant, celle-ci était très forte et elle mit très vite Ladybug au sol. ChatNoir n'hésita pas une seconde. Il se jeta sur l'akumatisée et la plaqua au sol alors même qu'il se sentait tout à coup incapable de bouger et que Ladybug criait son nom.

Triste et enragée, Ladybug garda ses distances pour lancer sèchement son yoyo encore et encore attrapant chacune des boucles avec le filin et ne laissant aucune chance à la femme de s'approcher de son partenaire.

Lorsqu'elle fut complètement désarmée, l'héroïne lança son yoyo pour obtenir un lucky charme. Elle se servit ensuite des pinces coupantes ainsi obtenue pour récupérer le pendentif qu'elle portait toujours autour du cou. Elle le brisa ensuite en deux et récupéra le papillon noir qui en sortit.

Son lucky charme lancé, tout le cirque redevint à la normale et Ladybug s'approcha de son partenaire qui s'asseyait lentement au sol.

«Tu vas bien, Chaton?» s'inquiéta-t-elle en fronçant les sourcils. Il était plus vif d'ordinaire et là il semblait abattu.

ChatNoir commença par soupirer longuement. Avant de demandé «Tu crois qu'on pourrait en parler ce soir?» Il était calme. Trop calme. Et distrait. Ladybug, inquiète, accepta avant d'annoncer qu'elle devait partir s'il allait bien.

Elle lui présenta son point mais il ne fit que se relever en ignorant son geste. «À ce soir, Ladybug.»

Adrien retrouva finalement Marinette et dans la voiture qui les ramenait vers leur quartier, ils plaisantaient et commentaient le combat avec exubérance puis, enchaînèrent avec la séance photo comme tel. Tout pour ne pas reparler du sujet plus glissant de ce qui était arrivé entre eux avant les troubles.

Ils se saluèrent nerveusement et maladroitement devant la boulangerie et Adrien fut ramené chez lui où des problèmes bien plus compliqués eurent lieu.

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En soirée, bien après la tombée de la nuit, Adrien reposait sur son matelas en fixant le plafond au dessus de lui. Il n'avait plus adressé la parole à qui que ce soit depuis plusieurs heures. Depuis que la discussion avait eu lieu peu avant son dîner toujours aussi solitaire. Même Plagg n'avait rien trouvé à dire pour remonter le moral d'Adrien.

Son père avait mit ses menaces à exécution. Il avait renvoyé le grand garde-du-corps, le bon gros gorille si silencieusement gentil et un nouvel employé serait présent dès le lendemain pour prendre sa place.

Adrien se sentait écrasé d'injustice. Il avait eu une autre confrontation avec son père mais sans aucun résultat positif. L'argument restait le même : Le garde-du-corps avait échoué à protéger Adrien.

Pourtant Adrien doutait qu'il existe une personne capable de faire mieux que son gorille.

La nuit était complètement tombée et la chambre était restée complètement sombre lorsque Ladybug lui envoya un message texte pour lui annoncer qu'elle était disponible.

Un instant, Adrien songea à lui donner son adresse pour qu'elle vienne directement le retrouver chez lui. Mais, il décida d'être sage et en soupirant, demanda à Plagg de le transformer.

Par simple paresse et aussi parce que c'était un endroit confortable, ChatNoir avait proposer à Ladybug de le retrouver sur le toit de l'Hôtel du Maire, juste en face. Qui pouvait dire si cette solution ne s'avérerait pas plus pratique de cette façon. Ils seraient tout à côté de chez lui au cas où...

D'un bond, il arriva sur place pour l'attendre et son regard tomba sur la piscine qui lui donna un vague sentiment de répulsion. Il détourna rapidement le regard sans chercher plus.

Il attendait depuis tout juste une minute sur l'un des transats lorsque la porte du toit s'ouvrit avec fracas. Le héros eu tout juste le temps de trouver une cachette précaire derrière un énorme pot de fleur.

Adrien écarquilla des yeux énormes lorsqu'il reconnu Chloé avec la vedette XY. Celle-là, Nino ne lui en avait pas parler!

On les voyant s'embrasser avec voracité, Adrien su immédiatement pourquoi Chloé n'avait pas fait plus de mauvais plans pour essayer de le reconquérir. Elle était toujours aussi désagréable avec tous ceux qu'elle croisait mais Adrien n'était plus sa cible (actuelle) parce qu'elle l'avait remplacé par celui-là.

Encore une fois, avant même qu'Adrien réagisse, le couple qu'il observait commença à se dénuder.

Au cirque, il n'avait pas cherché à partir parce que l'ensemble de la situation l'excitait. Il trouvait autant l'homme que la femme désirable et Marinette était cachée avec lui dans une situation tout à fait illicite. L'homme avait un joli torse en triangle avait des muscles magnifiques et la femme ...qu'ajouter de mieux que contorsionniste?

À cette vision s'ajoutait la présence de Marinette entre ses bras et l'adrénaline qu'il ressentait un instant plus tôt en essayant de l'inviter à sortir avec lui.

Ici, sur ce toit, il était carrément fasciné mais d'une toute autre manière. Il y avait quelque chose de pervers à regarder le corps nu de Chloé. Comme s'il avait observé sa propre sœur sous la douche ou, comme dans le cas précis, en tête-à-tête avec un autre homme.

Cette fois, c'est Chloé qui avait pris les devants et avait, sans hésiter, tiré sur le pantalon de la vedette. Le taille-basse tomba au premier essaie, exposant le sous-vêtement rouge à cœur blanc d'XY et Chloé tira dessus aussi.

Par une curiosité morbide, le regard d'Adrien se focussa sur l'entre-jambe de l'autre garçon. Il garda pour lui un fou-rire en se faisant la réflexion qu'il avait bien besoin de ses pouvoirs de héros pour apercevoir ce minuscule sexe. Même en érection, le gus ne remplissait pas tant ses sous-vêtements. Chloé ne s'amuserait pas énormément avec ce micro-pénis.

Mais Adrien oublia ce petit détail pour regarder avec intérêt lorsqu'il retira la robe étroite et les sous-vêtement de luxe de Chloé.

Il commença ensuite par l'installer confortablement sur un transat avant de caresser son sexe qu'elle avait dévoilé pour lui.

Adrien aurait voulu partir à cet instant qu'il n'aurait pas vraiment pu sans qu'XY ne le voit. Et ensuite, la vedette délaissa le sexe de Chloé et ses chuintements pour aller ouvrir la porte lorsqu'on y frappa.

Étonné, Adrien vit un autre homme arriver. XY lui tendit alors une liasse de billet et l'homme, un bel homme au cheveux foncés et court, retira ses vêtements jusqu'à être complètement nu.

Voilà qui était plus dans les goût d'Adrien en terme de sexe masculin. Le corps était joli à regarder et la main qui coulissait sur son sexe en approchant du transat de Chloé attirait le regard sur un membre beaucoup plus conséquent.

XY reprit la préparation de Chloé pendant que l'homme se durcissait aussi près d'eux. Adrien porta la main à son propre sexe pour se donner du plaisir par dessus sa combinaison bien serrée.

Chloé donna alors le signal et le prostitué enfila un condom avant de s'approcher d'elle. Toujours assise et très détendu sur le transat, Chloé accueilli l'homme entre ses jambes et soupira de plaisir lorsqu'il entra en elle.

Adrien les regarda en se délectant de l'opportunité mais, lorsque l'autre adolescent présenta son micro-sex à la bouche de Chloé qu'elle prit avec une petite grimace de dégoût, il su qu'il pouvait s'esquiver dans une relative sécurité.

Il rejoint un toit anonyme un peu plus loin avant de sortir son téléphone mais, Ladybug le rattrapa avant.

«Heureuse que tu ne m'ais pas fait attendre encore plus longtemps.» se moqua-t-elle.

«Je me suis esquivé à la première chance que j'ai eu.» assura-t-il et elle changea de sujet, ne lui faisant aucun reproche.

«Alors, pourquoi tu n'étais pas dans ton assiette aujourd'hui?» questionna-t-elle plus simplement que ce que tous deux savaient de l'importance du problème.

«Je songe à arrêter d'être ChatNoir.» lui avoua-t-il en bataillant pour garder pour lui les larmes qui voulaient couler sur ses joues en prononçant ces mots. Il y avait songé calmement toute l'après-midi mais maintenant qu'il en parlait avec elle, c'était différent.

«Chaton... Je veux pas... Pourquoi? Tu es fâché contre moi? Qu'est-ce que j'ai fait?» dit-elle avec malaise. «Je vais me rattraper-»

«Ce n'est pas à cause de toi. C'est l'ensemble de la situation évidemment.» expliqua-t-il.

«Mais, tu aimes être ChatNoir! Tu as toujours aimé ça! Beaucoup plus que moi!» protesta-t-elle.

«Oui, ChatNoir est une part essentielle de ma vie. Sans cet exutoire... Mais... j'en ai un peu assez de me battre. Je suis bien souvent réprimandé pour mes disparitions et aujourd'hui, après qu'on se soit quitté... j'ai perdu un ami à cause de tout cela.» fit-il difficilement.

Les bras de Ladybug le serrèrent avec réconfort. «Je suis désolée. Tu es certain que tu ne peux pas arranger les choses avec lui?»

«Ça ne dépend pas de moi. Et ça ne dépend pas de lui.» sourit tristement Adrien. «Nous ne sommes pas en froid, il a juste été sortie de ma vie. Mais si je songe à arrêter, c'est d'abord et avant tout parce que je réalise que je ne suis peut-être pas la bonne personne pour tenir le rôle de ton partenaire. Toi, tu as déjà remis en doute tes compétences et la réponse est, sans conteste, que tu es la meilleure et probablement la seule personne pour protéger la ville. Moi, d'un autre côté...»

«Tu es mon partenaire, une part de moi.» affirma l'héroïne en l'enlaçant. «Sans toi, il n'y aurait pas eu de Ladybug et sans toi, je ne serais plus vivante aujourd'hui et la ville aurait perdue.»

«Oui, mais un autre aurait pu prendre ma place et être meilleur que moi.» affirma-t-il. «Je ne te sers à rien.» reprit-il. «Regarde simplement aujourd'hui. Tu as vaincu l'akuma sans mon aide. Si tu avais un meilleur partenaire, peut-être que tu aurais déjà vaincu le Papillon et libéré Paris.»

«Hé! À ce compte-là, je suis autant en tord que toi, je te ferais remarquer!» protesta-t-elle. «Si tu penses que tu dois laisser la place à un autre parce que tu n'as pas encore gagné, le principe s'applique aussi à moi.»

«Non! Toi tu fais toujours tout ce qu'il faut. Tu sauves la situation au mieux de tes compétences et tu as toujours l'idée magique qui n'échoue jamais. Mais, moi je te tire vers le bas, je te retarde, je te distrait-»

Incapable d'énumérer davantage la liste de ses échecs, ChatNoir s'installa au sol contre un mur comme il l'avait fait le matin avec les coudes placés sur ses genoux remontés.

Ladybug le regarda se défaire complètement sous ses yeux. Elle ne savait plus quoi dire pour le faire remonter d'un abîme aussi profond. «Je t'aime.» avoua-t-elle simplement.

Il eu un bref rire sans joie et un sourire désabusé. «Moi aussi, c'est pour ça que je veux arrêter de travailler avec toi. Parce que je veux que tu sois en sécurité. Mais, si tu veux toujours de moi sans ma meilleur partie, rien n'empêche que tu viennes me rendre visite. Si tu sais qui je suis, on pourrait même se voir plus souvent, en fait. Comme nous ne sommes pas un couple en tant que héros au yeux du public, tu pourrais même commencer à sortir avec mon identité secrète et tout le monde en serait super content.»

«Ça ferait vraiment sensation.» songea-t-il alors tout haut. Il pouvait facilement imaginer les gens devenir fou en apprenant que l'héroïne de Paris sortait avec le célèbre mannequin blond. «On ne parlerait plus que de vous deux dans tous les journaux. Deux personnes si chères aux yeux du public qui commencent à sortir ensemble, ne peuvent qu'enthousiasmer les foules. Mon père sauterait sur l'occasion de faire encore plus d'argent toutes dents sorties.»

«Arrête tout de suite de me donner des indices sur ton identité secrète!» ordonna Ladybug.

«Pourquoi? Si je te rend ma bague ce soir, même si tu ne veux pas être avec moi, qu'est-ce que ça change que tu saches qui je suis?» demanda-t-il honnêtement.

Elle alla s'installer sur le toit tout près de lui, à sa hauteur.

«D'abord, tu n'as pas été choisis au hasard. Tu as été choisis parce que tu es le meilleur et probablement que tu es aussi mon âme sœur. Tu veux vraiment me faire croire que tous tes talents personnels, ceux que je n'ai pas, ne vienne pas de ta vie civile? Tu n'as aucune prédisposition pour le combat au bâton? Tu ne sais pas attirer et garder l'attention des gens?...» le confronta-t-elle avec émotions.

«Et bien oui, en fait...» dû-t-il admettre. «Mais, toutes les blagues que je ne peux pas m'empêcher de prononcer et qui te dérangent?...»

«Moi, je les vois plutôt qu'on une arme à large diffusion. D'accord, elles me dérangent un peu mais, elles dérangent encore plus les plans des adversaires. Et puis, d'abord tu sais très bien que tu es ChatNoir. Tu viens de parler de ton identité civile comme d'une autre personne. C'est un signe que tu as besoin d'être ChatNoir dans ta vie.»

Adrien ne voulait pas s'aventurer sur ce terrain. Retirer sa bague serait comme d'arracher une partie de lui-même. Séparer ChatNoir et Adrien serait le séparer lui-même en deux carrément.

«J'ai utilisé mes pouvoirs à des fins personnelles.» dit-il plutôt pour la provoquer.

«Si tu fais référence aux occasions où tu parcours la ville pour rassurer et protéger les gens, je suis déjà au courant et je ne te fais pas de reproche.» le bloqua-t-elle.

«Je suis toujours convaincu qu'un autre serait meilleur pour t'aider.» reprit-il plus calmement.

Elle souleva sa main droite pour la mettre en évidence entre eux. Au centre, il y avait la bague du chat noir, le miraculous de Plagg.

«Ton premier devoir» commença-t-elle lentement «C'est de veiller sur Plagg. De t'assurer qu'il ne tombe pas entre de mauvaise main. Tout comme mon premier devoir, c'est celui de veilleur sur Tikki et de ce point de vue, ton job est encore plus important que le miens. Perdre le miraculous de la création serait embêtant. Mais, si celui qui peut provoquer l'extinction des dinosaures tombe dans les mains de quelqu'un de mal intentionné... tu vois d'ici la cata? Tout le monde aux abris, s'il en reste!»

Il sourit tendrement en voyant sa grimace de panique et elle reprit : «Et puis, tu es accro à l'adrénaline autant que moi, non? On est devenus aussi casse-cou l'un que l'autre, pas vrai?»

«Oui» admit-il. «J'adore tout autant que toi être un héros sous un aspect purement égoïste mais, d'un autre côté, si je rentre dans le moule et que je fais enfin ce qu'on me demande de faire, j'éviterai les ennuies. Si je m'investis vraiment dans mon autre vie, mes amis seront là. Je pourrai leur parler autant que possible et je pourrai me rapprocher de cette autre fille qui m'intéresse pour voir ce que l'avenir me réserve avec elle.»

«J'ai aussi pensé la même chose lorsque j'ai choisit de porter le miraculous.» soupira-t-elle. «On dirait que tu as finit par réaliser toutes les implications de tes choix. Bravo, il ne t'a fallu que deux ans de retard.» se moqua-t-elle. «Mais, j'ai aussi pensé que Ladybug était un frein à ma vie. Que le temps que je passais avec le masque, avec toi ou même en socialisant avec les gens, était du temps perdu pour le reste de ma vie. Que ça ne faisait que me causer des ennuis et qu'il y avait certainement une autre personne plus apte pour le job.

C'était avant de réaliser que chacun composait avec la vie qui lui était offerte et que pour chacune de nos deux vies, il fallait composé avec ses bonnes et moins bonnes parts. D'accord, nos vies sont complètement différentes de celles des gens qui nous entourent mais, toutes les vies sont différentes. Et elles pourraient être bien pire, non? On aurait pu encore plus mal tomber, non? D'accord, le fait d'avoir une vie de héros affecte notre vie régulière, mais, la vie de héros n'est pas la plus mauvaise qui soit, tu ne trouves pas?»

Adrien n'était pas prêt à dire qu'il n'échangerait pas sa vie familiale avec celle d'un garçonnet souffrant de malnutrition au tiers-monde. Il hésitait à se faire une opinion. Mais, sa vie avait aussi des bons côtés lorsqu'il en mettait tous les aspects ensembles.

«Et je ne parlais pas de l'aspect égoïste de la vie extrême reprit Ladybug alors qu'il réfléchissait. «Je parlais du fait qu'il faut être accro à l'adrénaline pour bien tenir notre rôle. Peux-tu me nommer qui que ce soit, vedette ou anciens akumatisés qui aurait une chance de réussir à tenir ton rôle? Il faut que cette personne soit courageuse, cinglée, talentueuse. Et même si je déteste absolument l'idée jusqu'à en faire parfois des cauchemars, qui se jetterait dans le vide pour risquer sa vie pour sauver la mienne?»

'Personne' se dit automatiquement ChatNoir avant d'y songer encore.

«Je déteste l'idée que tu sois sacrifiable comme durant le combat d'aujourd'hui. J'ai toujours l'impression qu'une lance me perce les côtes à chaque fois.» avoua-t-elle en perdant le souffle. «Mais, tu aimes te battre en me protégeant. Me donner la liberté donc j'ai besoin pour utiliser mon lucky charm le plus rapidement possible, c'est ta façon naturelle de travailler et même si je déteste, je ne veux pas te demander de changer. Parce que je sais que si tu voulais changer, tu l'aurais déjà fait et que moi, je t'aime comme tu es et que je veux que tu sois toi-même.» conclu-t-elle en le regardant les yeux plein d'eau.

Cette fois, ce fut lui qui la réconforta dans ses bras. Sans l'envahir par contre. Juste un geste amical.

«Je suis moins convaincu que je l'étais en arrivant. Je vais rester à tes côtés pour l'instant. Et je vais sérieusement penser à tout cela.» lui promit-il.

Elle eut un rire sans joie. «Je ne pensais vraiment pas en me levant ce matin découvrir que tu n'as pas, en fait, un ego démesuré.» s'amusa-t-elle.

Épuisés tous deux émotivement, ils se séparèrent pour la nuit. Mais, encore une fois, le lendemain matin, Adrien eut toutes les misères à se lever pour affronter la journée. Comme le jour suivant, et le suivant, et le suivant...