Un autre soir où, comme de coutume, Adrien et Ted se baladaient dans les rues, ils vagabondaient en buvant des bières qu'Adrien avait achetées dans un petit commerce de quartier.

Le joli blond suivit l'autre gars lorsqu'il l'entraîna dans une ruelle où ils trouvèrent Alya seule dans un coin sombre. Donc, il était présent pour empêcher un Teddy un peu saoul de lui faire quelque chose de déplaisant.

Comme chaque fois qu'ils passaient du temps ensemble, rassurant la population par sa présence en début de soirée, lorsque la transformation disparaissait, Adrien s'occupait plutôt d'empêcher Ted de faire du vandalisme en lui proposant d'autres activités moins dérangeantes pour les parisiens.

Se balader dans les rues était une autre façon de garder l'œil ouvert sur les dangers de la ville, juste un peu moins efficace que lorsqu'il courrait sur les toits.

«Et bien, et bien. Qu'est-ce qu'une douce et sage jeune fille comme toi fait ici, cette nuit, poupée? Tu cherches les ennuis, n'est-ce pas?» fit le grand homme quand il arriva près des poubelles où se cachaient Alya.

«Non, je travaille. Ladybug et ChatNoir se rencontrent sur ce toit à l'occasion. J'essaie d'avoir des images pour mon blog.» se défendit-elle beaucoup trop naïvement.

Adrien leva les yeux au ciel. Alya prenait vraiment tout ça trop à cœur. Et elle n'avait pas du tout conscience à quel point, révéler ce genre d'information à quelqu'un comme Teddy pouvait se révéler dangereux pour elle ou même pour les héros.

«Comme je l'ai dit: tu cherches les ennuies.» se moqua le terminal en se rapprochant d'elle.

«Agh! Ted, t'es saoul!» remarqua Alya en le repoussant à la première odeur d'alcool qu'elle captura. «Et toi Adrien qu'est-ce que tu fais avec lui?» accusa-t-elle.

«Je fais juste passer du temps en bonne compagnie. Tu sais, ce n'est pas tout le monde qui trouve son plaisir en espionnant une fille frigide et élusive. Si tu décides de rester ici à attendre pour les surprendre elle et ChatNoir en train de s'embrasser sur ce toit, j'enverrai une équipe de secours décongeler ton cul en février.» se moqua-t-il.

Il n'y avait que peu de chance pour que son couple finisse par bien aller. Elle lui avait clairement dit qu'il devait choisir entre elle ou ses phantasmes la dernière fois où ils s'en étaient parlé et elle voulait toujours être avec l'autre. Et il n'y avait absolument aucune chance pour qu'ils retournent sur ce toit en particulier maintenant qu'il savait qu'Alya planquait dans cette ruelle.

Et il pouvait se montrer aussi déplaisant qu'il le voulait avec Alya. Il savait qu'elle n'irait pas se plaindre à son père.

C'était une autre chose qu'il avait réalisé durant ses longues réflexions des dernières semaines. La plupart des gens qu'il rencontrait dans sa quête de liberté, détestaient son père et n'iraient jamais lui rapporter ses actes. Et oui, ils avaient pris quelques bières.

Alya était choquée. Elle avait même déjà pensé qu'Adrien en pinçait pour Ladybug et là, il en parlait avec méprit lui semblait-il. Mais, déjà, Adrien se désintéressait d'elle. «Hey, tu sais quoi Ted? Parlant de plaisir, tu as déjà escaladé le mur du jardin d'un musée privée la nuit?... Non?... Tu veux que je te montre mes talents de grimpeur? Je suis plutôt bon, je dirais.»


Mais est-ce qu'Alya lui aurait dit merci d'avoir éloigné Ted? Non!

Tout ce qu'Adrien avait gagné pour son trouble et ses efforts fut une Marinette sérieusement énervée qui lui donna le fond de sa pensée le lendemain matin.

Il avait manqué le début d'un cours à cause d'un akuma et avait rencontré la jeune femme dans un couloir de l'école lorsqu'il y arriva finalement. C'était une dizaine de jours après la soirée jeux vidéo qu'il avait passé avec elle et il avait passé plusieurs minutes dans sa douche depuis, uniquement pour se remémorer ses formes si féminines dans le pyjama qu'elle portait ce soir-là.

En fait, il avait déjà un peu mal à la tête à cause de l'alcool de la nuit précédente et avait aussi reçu quelques bons coups de la part de cet akumatisé. Et surtout, il n'avait aucune envie de se prendre la tête avec toutes les chamailleries de la classe et en particulier avec cette harpie d'Alya qui parlait toujours trop fort et de façon méprisante depuis qu'elle et Nino s'étaient disputés.

Si Chloé ne retenait plus son mauvais caractère comme elle le faisait avant pour lui faire plaisir, Alya avait choisi la même ligne d'approche en se décourageant de Nino et ne faisait plus aucun effort pour préserver un semblant d'ambiance cordiale.

Donc, une Marinette en mission de vengeance pour son amie n'était pas la plus douce et plaisante personne à rencontrer à ce moment précis. Une Marinette coincée contre un mur sous lui et rendue muette par sa langue chassant la siennes aurait été beaucoup plus intéressante.

Il plaça ses paumes de chaque côté de sa tête l'emprisonnant dans l'espace entre ses bras et elle déblatérait toujours à propos de la bonne chose à faire alors qu'il ne pensait qu'aux endroits de son corps où il aurait voulu déposer ses lèvres.

«Pourquoi t'associes-tu avec ce genre de mauvaises personnes?» questionna-t-elle.

«Mais, pendant que je suis avec lui, il ne blesse personne.» 'Bien, en-dehors de moi.' Pensa-t-il en se rappelant la première nuit quand il avait demandé à Teddy de le violer et celle une semaine plus tôt où ils s'étaient amusés à se frapper mutuellement au ventre. Les dernières ecchymoses étaient en passe de disparaître. Il faudrait qu'il trouve autre chose maintenant. Suivre le sommet d'un mur de jardin en marchant sur les mains n'avait pas été satisfaisant la veille.

Il ne regrettait pas vraiment ses gestes. Les petites choses insignifiantes de la vie l'effrayaient moins depuis qu'il avait commencé à jouer les casse-cou. Cela l'aidait à voir la vie avec moins de sensibilité. Mais il était vraiment soulagé que l'alcool ait effacé la mémoire de Ted sur la première sortie au bar. Ça aurait créé tout un malaise!

«Il aurait fait de choses déplaisantes à Alya, si je n'avais pas été là.» conclu-t-il plus simplement.

«Peut-être, mais tu le laisses pensée que ce qu'il fait est correct. Ce n'est pas une bonne personne avec qui passer du temps. Il pourrait même t'amener quelque part où tu serais en danger.» expliqua-t-elle sur un ton plus inquiet.

«Hum, douce Marinette.» soupira-t-il devant son innocence. «Tu peux être une vilaine personne toi aussi. Je sais que tu as un côté cruel et sans pitié. Par exemple, penses-tu vraiment que de crier contre Chloé et Lila soit la meilleure façon de leur monter un exemple de bon comportement? Quand tu sers les points et les dents, que ferais-tu ensuite si personne ne t'arrêtait?»

Ce n'était pas si surprenant si Adrien se concentrait sur sa vie en dehors des cours et utilisait ses énergies pour profiter de ses temps libres.

En-dehors du fait qu'ils n'étaient plus un groupe d'ami, Alya et Nino se faisaient toujours la tête, Lila et Chloé faisaient la fête et Marinette était souvent de mauvaise humeur même si elle tentait certains gestes à l'occasion pour rapprocher de quelques personnes.

«Non, tu as raison, je ne devrais pas agir de la sorte. Mais toi, tu étais le genre de personne qui pouvait montrer les bons choix avant. Tu as toujours été un modèle de gentille patience et de la bonne façon morale d'agir. Pourquoi agis-tu différemment maintenant? On dirait que… tu t'en fous.» répondit-elle.

«Mais, tu m'apprécies encore malgré le changement, n'est-ce-pas? On pourrait même penser que tu m'aimes vraiment si on se fit à certaines rumeurs et à ce que laisse deviner tes gestes. Est-ce que c'est vrai? Est-ce que tu es toujours amoureuse de moi, chérie?» dit-il d'une voix suave et dangereuse. «Ou peut-être que tu préfères uniquement le pantin poli au comportement sans reproche plutôt que celui que je suis vraiment? Parce que j'ai un côté ombrageux aussi, bien sûr. Comme tout le monde. Dis-moi Marinette, serais-tu prêtes à accepter mon côté sombre pour avoir mon côté lumineux? Ou peut-être que ce sont les garçons ténébreux et sauvages qui t'attirent?»

Il releva son menton d'une main et aligna leurs lèvres tout près les unes des autres.

Marinette avala visiblement sa salive et dit bravement: «Vas-y. Fais ce que tu peux de pire.»

Un sourire très félin s'épanouit lentement sur son visage lorsqu'il répondit: «Là tu parles mon langage! Tu viens juste de te tailler une petite place de plus dans mon cœur! Donc, le pire de ma part, hein?» réfléchit-il voulant relever le défi. «Que dirais-tu si je…»

Adrien redevint très sérieux et sûr de lui-même en baissant sa main jusqu'à la cuisse de Marinette pour attraper et tirer l'ourlet de sa jupe en jean vers le haut très lentement. «Je pourrais te prendre ici-même. Les cours vont bientôt se terminer. Dans quelques minutes, ce couloir sera rempli d'élèves. Et si lorsqu'ils arrivaient ici ce qu'ils trouvaient c'était moi en train de prendre ta virginité contre ce mur?»

La fille devint écarlate des pieds à la tête avec un très évident scintillement dans le regard.

Il cacha son visage dans son cou et donna un tout petit coup de langue derrière son oreille. Elle n'avait même pas nié être vierge. 'Au secours, je suis en train de sombrer!' pensa-t-il avant de décider qu'il avait envie de mourir heureux et de ne pas être secouru des charmes de Marinette.

«Si tu faisais ça, …je me vengerais. Je te ferais de mauvaises choses.» menaça-t-elle de sa voix la moins tremblante possible.

«Vraiment? Comme quoi?» Adrien était véritablement intéressé. Qu'est-ce que la brave et fonceuse Marinette avait vraiment dans le ventre?

Il fit courir sa langue sur la peau de sa nuque qui se trouvait juste sous ses lèvres et elle roula des yeux de plaisir.

«Et bien» improvisa-t-elle. « Je pourrais te kidnapper et te faire tout ce dont j'ai envie. T'attacher… Et profiter de toi tant que ça me plairait!»

Adrien adorait les images qu'elle proposait, il en était déjà excité. Si Marinette l'attachait à un lit pour se masturber uniquement vêtue d'une nuisette transparente, il lui offrirait certainement une belle érection pour qu'elle s'amuse avec son sexe comme bon lui semblait.

«Encore, dis-m'en plus.» réclama-t-il alors qu'il commençait à déposer de brefs baisers sur sa clavicule.

La fille qui sentait monter la nervosité, utilisa sa créativité pour qu'il continue ses baisers. «Oui, je- J'aimerais attacher tes poignets ensemble et… au-dessus de ta tête. Ensuite, je remonterais ton t-shirt sur tes bras et je m'occuperais de ta poitrine. Et, et-et… peut-être que je te torturerais aussi. Je, euh, te stimulerais sans te laisser venir et…»

«Continue de parler, s'il-te-plaît.» lui réclama-t-il la serrant dans ses bras. «Je suis certain que tu peux penser à des choses pires que ça.» Il se mit carrément à lécher son cou et réfléchit à l'idée d'y laisser une marque. Est-ce qu'il réussirait à la faire enrager suffisamment s'il le faisait? «Qu'est-ce que tu gardes dans tes rêves les plus osés?»

«Je, je te chevaucherais sans aucun doute et euh- Je glisserais sur toi pour que ton membre si délicieux coulisse entre mes seins, lentement et longtemps. Et je te ferais crier et- hum, et bien…» hésita-t-elle.

«Quoi? À quoi penses-tu?» réclama-t-il totalement conquis par la délicatesse de sa peau. S'il ne se contenait pas, il allait véritablement finir par la prendre sur place sans attendre.

«Morsure. Je te mordrais cruellement.» répondit-elle honnêtement.

«Fais-le!» supplia le joli garçon en relevant la tête pour lui montrer à quel point il était sérieux en la regardant droit dans les yeux. Les pupilles du jeune homme étaient dilatées et elle était presque certaine qu'il se retenait de baver.

«Mais t'es cinglé ou quoi?» nia-t-elle avec une petite moue de dégoût.

«Non, j'en ai juste vraiment très envie. S'il-te-plaît.» réclama-t-il.

Ce redressant, il combla l'écart entre eux collant son bassin sur elle, et elle put deviner une certaine pression contre son ventre. Il attrapa sa tête avec sa main gauche et guida délicatement son visage dans le creux de son cou. Elle avait juste la bonne taille pour s'adapter à son corps.

Tremblante, elle humecta ses lèvres et ouvrit la bouche pour la refermer sur le muscle facile à trouver entre son cou et son épaule, juste à la base et un peu vers l'arrière. Précisément cet endroit fragile du corps humain.

Elle passa doucement ses dents à cet endroit et comme il l'engouffrait dans la chaleur de ses bras, elle appliqua plus de pression.

Elle travailla par étape. Appuyant puis s'arrêtant de bouger, et pressait encore plus.

«Oui, plus fort.» lui demanda le jeune homme. «Ne t'inquiète pas j'ai un foulard pour tout cacher. N'arrête pas de me faire mal, c'est tellement bon!» soupira-t-il.

Adrien respirait fort et lourdement. Juste avant que Marinette ne perce la peau, elle arrêta d'approfondir et joua plutôt avec l'endroit endommagé. Adrien suait et caressait son dos avec ses grandes mains depuis ses cuisses jusqu'à sa tête sans négliger son postérieur où il passait régulièrement.

À un de ses passages, sa main droite serra l'une de ses fesses avant de la relâcher avec une caresse plus précise.

C'est à ce moment qu'ils entendirent les cours se terminer et les élèves s'agiter dans les classes. Ils se séparèrent à contrecœur et elle essuya la grande quantité de salive restée sur son cou avec sa main. Mais, il dû en essuyer encore avec son col de chemise tant il y en avait.

Après cela, il prit une écharpe colorée dans son sac d'école et l'enfila. Il était déjà bien excité et voulait trouver un endroit calme pour se finir mais ne pouvait pas partir sans d'abord lui souffler: «Merci. J'ai vraiment aimé.» Il ajouta un rapide baiser sur sa joue pour compléter ses remerciements et partie parmi les élèves.


La nuit du lendemain, Adrien avait une fois de plus utiliser ChatNoir pour s'évader du mausolée qu'était sa chambre pour perdre du temps avec Ted mais, pour une fois, Luka était là lui aussi.

Adrien avait toujours apprécié Luka depuis leur première rencontre. Il pouvait aisément se rendre compte que Luka avait un sourire sympathique et des épaules bien développées. Si Adrien avait recherché une relation amoureuse avec un homme, c'est vers Luka qu'aurait été sa préférence et il avait certainement envie d'écraser sa bouche sur la sienne peu importe s'il se définissait ou non comme hétéro.

Assez rapidement, Nino et Jackie arrivèrent au même banc de parc qu'eux et ils décidèrent de faire une partie de basket-ball plutôt que de passer la soirée à boire puisque trois d'entre eux n'avait pas l'âge légale de le faire. Même si Adrien avait une fausse carte d'identité pour cacher son nom de famille trop connu, il avait de toute façon envie de faire autre chose que de rester assis, une bière à la main. Donc, il offrit de payer pour un ballon dans un des magasins à proximité.

Si Jackie en pinçait toujours pour Nino qui, pour elle, était une magnifique prise qu'elle avait volée à Alya et qu'elle encourageait son copain en début de partie, elle changea tout de même assez rapidement de préférence et encouragea plutôt Adrien en le voyant jouer.

Lui n'en faisait pas de cas et ne la regardait même pas. Déjà qu'il n'aimait pas les filles qui minaudaient pour attirer son attention, si en plus ces filles faisaient du mal à son bro, elles n'avaient absolument aucune chance.

Au départ, Adrien jouait amicalement et sans pression, mais il continuait à monter le niveau encore et encore jusqu'à ce qu'il capte quelques regards agressifs de la part des autres garçons qui retiraient leurs hoodies. Il arrêta alors immédiatement et décida de jouer plus mollo. Ce n'était qu'une soirée entre potes.

Bien sûr, ils ne pouvaient pas compétitionner avec lui. Tous les quatre étaient plutôt actifs et musclés mais, Luka et Nino passaient plus d'heures à s'occuper de musique et Ted ne pensait qu'à la fête. Adrien était celui qui était du genre à passer beaucoup trop de temps à s'entraîner physiquement pour son propre bien.

Bien souvent, les soirs où il n'arrivait pas à dormir ou les matins où il avait du mal à se réveiller, il faisait une séance d'entraînement supplémentaire sur les machines installées sur sa mezzanine.

Alors qu'ils prenaient une pause avec des boissons énergies que Jackie était allée leur chercher avec l'argent d'Adrien, ils se mirent à parler des filles. Des vedettes comme de leurs camarades de classe. Lesquelles étaient des oui, lesquelles étaient des non et lesquelles étaient passables.

C'était simple et directe et finalement tous les quatre pouvaient comprendre le jeu. Jackie était suffisamment certaine de son potentiel féminin pour les laisser parler sans crainte. Se contentant de s'accrocher au bras de Nino et de les écouter parler.

Ted prononça le nom qu'il n'aurait pas dû.

«Marinette est définitivement un oui. Puisque je ne vais nulle part avec Alya, je vais peut-être me tourner vers sa meilleure amie. L'un d'entre vous connaît ses goûts?» (Et oui, ce type avait un côté stupide, son instinct de survie ne s'était toujours pas développé même après avoir survécu à trois attaques akuma et il avait un reste de bière entre les mains.)

«Tu fais juste pas t'approcher de Marinette. Elle est intouchable pour toi.» se rebiffa immédiatement Luka fermement. «La regarde même pas.»

«Calme-toi, mec. Il ne le fera pas. Il a encore juste assez de capacité de survie pour comprendre comment rester vivant!» ricana Nino.

«Tu veux dire quoi, là? Est-ce qu'elle a le sida ou quelque chose?» se moqua le mulâtre.

Les points de Luka se fermèrent et il se remit sur ses pieds mais Adrien répondit plus vite.: «Pas du tout, c'est la plus pure des filles parce que pour l'instant, personne n'est encore assez bien pour elle. Mais tu vois, il y a simplement trop de personnes qui te coinceraient pour te battre sans pitié si Marinette se sentait simplement offensée par ta faute. Nous deux pour commencer.»

«Trois» corrigea Nino.

«Même si Alya n'est pas là pour te demander de le faire?» s'enquit Adrien.

«Oh, hé bien, oui, je pense. Je serais là pour Mari même si ça veut dire me battre pour elle.» acquiesça-t-il.

«Et bien, les filles de sa bande seraient juste derrière toi elles aussi.» ajouta Luka. «Elles ont peut-être l'air fragile comme ça, mais, si elles décident de te rendre la vie difficile, elles en sont capables.»

«Oui, et Kim et Ivan aussi bien sûr. Ivan à cause de Mylène et Kim à cause de sa dette envers Mari.» suivit Nino. «Sans parler de son père. C'est un ours. Y'a pas plus sympathique mais il peut certainement frapper aussi fort que le vrai animal, s'il t'attrape, tu te relève pas. Et Nathaniel et Marc feraient ce qu'ils peuvent pour sûr et je connais quelques gars dans d'autres classes qui le feraient aussi juste parce qu'ils ont un œil sur elle.»

Ted et Jackie écoutaient sans intervenir les trois autres citer avec le plus grand sérieux la liste de toutes les personnes gentilles, inoffensives et un peu nunuches qui selon eux prendraient une toute autre personnalité et n'hésiteraient pas à commettre des actes de violence contre une personne qui s'en prendrait à leur camarade de classe. Ils se demandaient dans quel pays de cinglés est-ce qu'ils étaient arrivés.

«ChatNoir!» fit Adrien ajoutant sa contribution à la liste en avalant la dernière gorgée de sa bouteille.

«Tu penses que ce mec a quelque chose pour cette fille?» demanda Ted «Je pensais qu'il était avec la mignonne en rouge?»

Luka et Nino ne répondirent pas. Pouvaient-ils être possible qu'il y ait quelque chose entre Marinette et le héros? Comment? Depuis quand? Pourquoi n'avaient-il rien vu? Où Adrien voulait-il en venir? Ça pouvait devenir risqué d'affirmer que l'un des protecteurs de la ville aimait quelqu'un en particulier, risqué pour cette personne.

«Non, je dis: Ne fait pas pleurer une fille devant lui. Le gars est un chevalier avec un très grand sens du devoir. Il est très protecteur avec les filles en général. Tu ne seras plus capable de te relever lorsqu'il en aura fini avec toi. Bon! Que diriez-vous d'un pari à 100 euros pour les cinq prochains points?»

Comme Nino et Luka déclinèrent avec incrédulité, Ted répondit: «Met ça à 200 et je suis.» Il était toujours après l'argent facile.

«Man to man alors?» le défia Adrien avec un sourire crapule. Il avait envie d'être cruel lui aussi.

«C'est parti.»

Ted sua sa vie face à Adrien mais malgré ses efforts, le score restait de quatre à zéro pour la vedette. Le plus vieux avait enlevé son t-shirt et faisait face au panier depuis l'autre côté du terrain de jeu.

Le blond laissa Ted l'approcher très près et s'écarta à la dernière seconde. Emporté par son élan, Ted s'effondra contre la clôture grillagée et s'étala au sol.

Adrien marqua aisément le panier après avoir récupéré le ballon. «Bang. Tu me dois 200 maintenant.»

Ted se releva péniblement en s'aidant de la clôture. Son visage et son torse étaient couverts de griffures dues aux aspérités du fil de métal et aux cailloux sur le sol.

«Quitte ou double?» proposa Adrien connaissant la situation financière du loser. «Allez. Un point, le gagnant prend tout. Essaie de me prendre la balle, si t'es cap'!» provoqua-t-il, le ballon en équilibre sur une main tendue derrière lui et l'autre faisant signe à la brute de s'approcher.

Le basané fonça tête première avec toute sa rage.

Adrien sauta aisément par-dessus lui, prenant même appuie sur son dos pour effectuer un spectaculaire panier de l'autre côté du terrain.

Il revint lentement près de Ted, toujours au sol, décidant tout à coup qu'il en avait assez de ce type. «J'ai peut-être oublié de te dire, Ted, mais j'ai aussi un panier de basket dans ma chambre. Et je m'y suis entraîné de nombreuses, nombreuses heures. T'as qu'à garder le ballon.» fit-il en le slamant au sol près de son visage pour l'effrayer. «J'en ai plusieurs autres.»

Quittant le terrain de basket, Adrien songea à révéler au déchet étendu au sol dont s'occupait maintenant sa sœur que ce qui plaisait à Marinette dans la vie c'était lui-même. Qu'elle était l'une de ses fans et qu'elle avait probablement toujours un crush sur lui malgré tout.

Il aurait aimé pouvoir leur révéler à tous qu'il portait même sa marque qu'elle venait de lui offrir. Il en était très fière et l'adorait.

Une phrase irrationnelle tournait dans sa tête: "Elle est à moi!"

Pas à Luka, pas à Ted ni à aucun des gars des autres classes qui louchaient sur ses formes.

Échauffé par cette dispute, Adrien s'aperçut qu'il voulait autre chose pour remplacer la compagnie de Teddy dans sa vie quelque chose lui permettant de franchir de nouvelles limites.

Passant au-dessus de la boulangerie pour rentrer chez lui en tenue de ChatNoir, la phrase repassa dans sa tête. Elle n'était pas vraiment à lui. Il n'avait jamais rien fait avec elle. Aucune promesse échangée non plus. Que des rencontres au hasard et sans lendemain.

Lui, il ne possédait rien de bien.

000

Marinette se réveilla en sentant quelque chose ou même plutôt quelqu'un dans son dos. Tendue, elle se retourna pour trouver ChatNoir, qui ressemblait exactement à ce qu'il était: un chat pris la main dans le sac.

Figé de peur lorsqu'il avait senti qu'elle s'était réveillée, il avait toujours une main sur sa cuisse qu'il avait dénudée et l'autre sur son propre entre-jambe pour se caresser par dessus l'uniforme. Elle lui tourna de nouveau le dos et lui ordonna d'un ton lasse: «Retire ta transformation.»

«Quoi?» s'effraya-t-il.

«Si tu continue comme ça, ça va prendre des heures. Retire ta transformation et fais ce que tu as à faire. Tu m'empêches de dormir! Je travaille tôt demain.» fit-elle avec lassitude dans la voix. Elle envoya une boîte de mouchoir près de lui, passant un message très clair sur ce qu'elle lui permettait de faire et ajouta: «Et ne salit pas partout dans mon lit!»

Avec tous les deux une boule dans la gorge, Adrien se transforma et envoya Plagg sur le balcon juste au dessus. Il ne perdit pas de temps à sortir son sexe pour se masturber tout près de sa peau.

Il déposa bien quelques baisers sur l'épaule de Marinette et garda aussi sa main sous sa cuisse nue et malgré la position qui n'était pas idéale, son parfum, sa présence, sa silhouette furent bientôt suffisants pour le faire jouir même s'il ne se permit pas de frotter son sexe contre la chute de ses reins comme il s'imaginait le faire.

Il cacha cependant son visage dans le creux de son cou au moment où le plaisir l'emportait. Il y aurait pleurer tellement c'était bon de simplement être là avec elle.

Dans un instinct primaire, il aurait voulu être capable de résoudre ses ennuis en pleurant.

000

Seule dans la nuit après que ChatNoir soit partie sans faire d'histoire, des larmes coulèrent doucement sur la joue de Marinette. Elle ne savait plus pourquoi elle pleurait. Elle était simplement bouleversée et aussi, maintenant, elle ne pouvait plus nier que ChatNoir avait un vrai problème qui ne partirait pas de lui-même.

Ted était un problème pour Alya, Jackie était un problème pour Nino, Adrien avait complètement changé d'attitude passant de la lumière à l'obscurité et ChatNoir ne pensait plus qu'au sexe. Son partenaire avait complètement perdu son équilibre. Parfois, il lui faisait la tête et l'ignorait et parfois il était exalté comme un chien fou.

C'était beaucoup de problèmes qui nécessitaient qu'elle s'en occupe, même pour elle qui avait de l'expérience pour trouver des solutions aux pires dilemmes.

Mais, jusque là, elle avait eu peur. Lila semait toujours ses histoires invraisemblables dans l'école et l'entourage de Marinette. Les gens lui mangeaient dans la main et écoutaient ses histoires avec crédulité.

Marinette regardait ces demi-vérités blesser ses amis. Elle voyait les yeux de Rose se remplir de nuage gris chaque fois que Lila parlait de ses liens avec le Prince Ali, elle voyait Nathaniel et Marc suivre les mauvais conseils de Lila pour le contenu de leur bandes dessinées et les noms des personnes où ils pouvaient la proposer pour l'édition. Elle voyait aussi la frustration dans leurs regards lorsqu'ils étaient refusés.

Elle minait même la confiance de Chloé en Ladybug un commentaire après l'autre.

Lila lui avait promit de travailler pour que Marinette n'ait plus aucun ami seulement, elle n'était pas en train de couper les ponts entre Marinette et les autres, Lila détruisait lentement ses amis et la joie en eux qui les liaient les uns aux autres.

Sans compter que Lila ne manquait jamais de lancer des pointes et de petites insinuations qui blessaient petit à petit l'ego de Marinette comme le supplice de la goutte d'eau qui gruge un rocher.

Cesser de se préoccuper de Lila et lui tourner le dos pour se concentrer sur les problèmes des autres plutôt que les siens était effrayant pour Marinette mais, ne pas le faire pouvait se révéler plus désastreux encore.

Mais, même si Marinette voulait souvent renier son côté Ladybug comme quoi, ce n'était pas vraiment elle, ce soir-là, une petite voix venue de son côté courageux lui rappela une chose importante: Même si ChatNoir était blessé, il ferait l'impossible pour la rattraper si elle avait besoin de lui.

Elle décida donc de se jeter dans le vide avec confiance.