Le lendemain, Adrien reprit son horaire standard de fils héritier de la famille Agreste tel que le souhaitait son père. Nathalie s'occupait de lui prodiguer les matières obligatoires à domicile. Il assista à son cours de piano et son cours d'escrime de façon normale. Il put même reprendre la conversation avec Marinette, Nino et Alya.

Il reprenait doucement une vie stable. De toute façon, il avait toujours su que sa chance d'aller à l'école ne durerait qu'un temps. Et d'un autre côté, il ne regrettait pas d'être aller à la Tour Montparnasse avec ses amis, c'était une bonne dernière journée avec eux.

Par contre, après toute une journée à suivre des ordres et parce que justement il voulait établir de nouvelles habitudes, il sortit un peu sur les toits pour prendre un peu d'air frais et rendit ensuite visite à Marinette. Il refusait de rester véritablement confiné au manoir et de lentement devenir fou.

Cette fois, il n'avait rien de préparer, il se présenta juste chez elle comme un chaton perdu. Ce qui avait été une blague entre eux à son arrivée devint vite beaucoup plus sérieux alors qu'il entrait davantage dans la plaisanterie.

Quand Marinette l'avait traité de chat errant qui venait réclamer une nouvelle fois une gourmandise parce qu'elle l'avait nourrit une première fois, il était tombé à quatre pattes, et s'était frotté contre sa cuisse et miaulant.

Elle avait levé les yeux au ciel et était aller chercher mes mini-cookies à la pâte d'amande qui n'avait pas été vendus à la cliente qui les avait commandés parce qu'ils n'étaient pas parfaits.

Elle lui tendit l'assiette et il la déposa au sol près de l'endroit où il était assis. Elle s'installa de l'autre côté avec surprise. Il sauta sur ses genoux et inclina la tête pour attraper l'un des morceaux entre ses dents.

«Et on peut savoir à quoi tu joues?» fronça-t-elle.

«Désolé princesse.» s'excusa-t-il en attrapant le cookie avec ses doigts. «Je dois te paraître très mal élevé mais, j'avais juste envie de jouer un peu à être un chat. Je peux arrêter si ça te dérange. C'est juste que la journée a été très longue et que ça me détend d'être quelqu'un d'autre.»

«Alors, continu si ça peut te faire du bien.» lui proposa-t-elle avec tendresse. «Tant que tu es un gentil chat.» joua-t-elle aussi en grattouillant sous son menton.

Son sourire devint démesuré, ses yeux remplis d'une reconnaissance infinie et il replongea vers l'assiette. Après en avoir écarté quelques-uns du bout des doigts pour les laisser à sa belle amie, il avala tout le reste.

Marinette passa une entrevue en direct de Jagged Stone à l'émission de Nadja Chamack sur son ordinateur. Elle se laissa aller à le flatter aussi distraitement pour le recoiffer.

ChatNoir était absolument ravi. C'était aussi bien que dans les rêves qu'il faisait parfois. Il avait bien fait de vérifier ce qu'il ressentirait en réalisant cette fantaisie. La présence de Marinette et être dans une situation intime qui n'appartenait seulement qu'à eux était un vrai baume pour son cœur. Sans qu'il n'y réfléchisse, il se mit à ronronner doucement.

La main ne Marinette ne ralentit même pas. Elle tourna la tête pour le contempler en sentant son cœur se gonfler, mais ChatNoir ne le remarqua même pas.

C'était le genre de bien-être qu'on veut faire durer en permanence et il n'avait que ce souhait irréaliste en tête de vouloir devenir véritablement un chat, son chat et d'habiter avec elle.

De son côté, elle bouillonnait plutôt intérieurement très loin du calme et de l'apaisement qu'il ressentait. Parce qu'elle avait remarqué qu'il avait installé ses hanches comme elle le lui avait demandé en tant que Ladybug, en présentant la partie de lui-même qu'il voulait offrir aux caresses d'un éventuel intéressé.

Elle ne savait pas d'où lui était venues ces idées de comportements pour un rôle de dominatrice. Peut-être de quelques clichés populaires mais, elle avait seulement voulu lui faire goûter à l'expérience et il semblait l'avoir apprécié.

Cependant, même si elle ne pouvait voir toute l'image de son postérieur bien présenté de cette façon, elle n'en était pas moins sur les nerfs pendant qu'il dégustait innocemment ses cookies.

Elle savait parfaitement bien à quoi ressemblait son magnifique derrière bien moulé dans cette combinaison de cuir. Et en l'apercevant se balancer pendant qu'il jouait, elle pouvait sentir les muscles de son vagin qui se contractaient d'eux-mêmes.

D'un côté, elle essayait de se concentrer sur l'entrevue, de l'autre elle ne devait absolument pas devenir humide. Elle était certaine qu'il pourrait le deviner avec son flaire. Il était si proche d'elle.

Si seulement l'idée totalement incongrue de mordiller la rondeur de ses fesses pouvait disparaître de sa tête.

Sa gâterie terminée, ChatNoir s'avança ensuite pour envahir tout l'espace de ses cuisses avec sa tête et ses épaules, répandant ses mèches folles qu'elle se remit machinalement à caresser en regardant l'entrevue pour se calmer et aussi pour lui faire plaisir.

Le garçon, presque trop grand pour l'espace disponible sur le plancher de sa chambre, tendit les bras et les jambes pour les étirer à la manière d'un vrai chat.

Il se réinstalla ensuite plus confortablement et elle reprit ses patouilles avec plus de précision. Son ronronnement repris. Cette fois, il était plus fort et aussi sonore pas seulement une vibration et elle ne put retenir des perles de rire qui menaçaient depuis quelques minutes de s'échapper de ses lèvres. Lui aussi souriait. Il ronronnait uniquement pour la faire rire et le bruit était tout à fait volontaire.

Il se retourna pour la regarder du coin de l'œil et sans un mot augmenta encore le volume de ses ronronnements. Elle-même éclata véritablement d'un petit rire mignon et secouée comme elle l'était, elle ne fut pas de taille pour se défendre lorsqu'il la lécha depuis un endroit sous sa mâchoire et jusqu'à sa joue.

Elle se retrouva au sol, riant à gorge déployée pendant qu'il glissait encore et encore sa langue sur son visage.

Il était au-dessus d'elle et elle se tordait, se défendant bien misérablement contre le chatouillement qu'il lui offrait.

Il la regarda depuis toute la hauteur de ses bras tendus et lui assura d'une voix enrouée: «Tu es si appétissante. Je pourrais te dévorer immédiatement.»

Elle croisa son regard aux pupilles dilatées et se sentit frémir des pieds à la tête.

«Mais, tu ne le feras pas.» devina-t-elle. En voyant se muscles bloqués pour s'empêcher de bouger.

«Non.» lui assura-t-il.

«Pourquoi.» demanda-t-elle encore.

«Parce que contrairement à ce dont tu m'as accusé tout à l'heure. Je ne suis pas un matou de ruelle qui poursuit toutes les femelles en chaleur du quartier. Je suis un chat domestiqué.»

«Mais, tu joues bien avec moi?» pointa-t-elle.

«Je suis un chasseur et j'aime jouer avec mes proies.» expliqua-t-il. «Alors, si tu avais un bol de lait à m'offrir, tu courrais moins de risques de faire les frais de mon appétit.»

Adrien s'amusa à laper consciencieusement le lait dans un bol posé sur le sol. Il avait l'impression qu'il se serait sentit mal à l'aise de faire ce genre de jeux seul chez lui. Mais, il avait une totale confiance en Marinette. Et il se sentait mieux lorsqu'elle était là.

N'avait-elle pas reprit ses caresses sans un mot de mépris ou de désapprobation? Elle l'acceptait même avec de si bizarres comportements.

Adrien repartit de chez la jeune femme bouleversé par son grand cœur et soulagé d'une bonne quantité de son stress qui était disparu par magie grâce à elle.


Durant la semaine qui suivit, Ted abandonna finalement le lycée pour de bon sans avoir terminé ses études.

Jackie, déçue de ne jamais avoir récupéré Nino malgré ses tentatives plus ou moins innocentes (merci à Ladybug!) demanda à changer de classe puisq'Alya la repoussait plus que jamais. Elle et Nino étaient indétachables l'un de l'autre en classe lui rappelant sans arrêt son échec à s'immiscer entre eux.

Durant le mois qui suivrait, elle essaya d'imiter quelques personnes puis reporta son choix sur une jeune comédienne qui devint son idole et elle changea d'école pour s'en rapprocher.

Finalement, un soir après avoir finit sa soirée de travail à la supérette, Teddy avait débusqué Alya dans sa cachette au fond d'une ruelle et cette fois, Adrien n'était ni à ses côtés pour le distraire, ni en uniforme de ChatNoir faisant une balade sur les toits.

Par chance, Nino avait choisit ce soir-là pour aller parler à Alya. C'était bien beau d'avoir recommencé là où ils en étaient avant de se disputer. Et les câlins, les baisers et le batifolage, c'était simplement géniale mais, Nino voulait plus. Il voulait également faire des sorties avec Alya. Et parler d'avenir.

Mais, Alya se défilait toujours. Ce soir-là, il la savait en planque pour essayer de trouver Ladybug et ChatNoir. Elle devenait désespérée à leur sujet.

Depuis, qu'elle avait décidé d'abandonner sa quête pour découvrir l'identité secrète de Ladybug, Alya s'était donné pour mission de prouver que les héros formaient bel et bien un couple.

Cependant, elle n'en avait jamais trouvé aucune preuve. Elle le sentait uniquement lorsqu'elle était en présence des deux. Ils cachaient assurément quelque au public les concernant.

Nino se disait qu'elle aurait au moins le temps d'écouter ses arguments s'il allait la rejoindre durant sa planque.

Lorsqu'il tomba sur Teddy qui s'en prenait à Alya sans ménagement, Nino la défendit avec rage, lui épargnant ainsi les séquelles plus permanentes qu'elle aurait pu garder de cette rencontre.

Elle avait été tout de même pas mal secouée et avait dû se rendre à l'hôpital pour des points de suture sur l'omoplate mais, majoritairement, elle s'en sortait bien et était immensément reconnaissante à Nino de l'avoir défendu.

Si reconnaissante en fait que dans la salle d'attente de l'hôpital, elle lui promit de ne plus faire de planque sans être sérieusement accompagnée.

Nino réunit tous leurs amis le lendemain pour leurs demander des idées pour se débarrasser de Ted qui devenait un vrai gros problème. Un plan fut formé mais avant qu'ils puissent le réaliser, Ted fut arrêté par la police, son patron à la supérette avait porté plainte contre lui parce qu'il avait volé dans la caisse.

Alya était allé parler directement à l'agent Roger qu'elle connaissait tout de même un peu à cause des akumatisés. Les super-vilains dépassaient peut-être la compréhension du pauvre agent de police mais il était un bon flic de quartier et il plaça une alerte sur sa messagerie afin d'être tenu au courant du moment où Ted sortirait de prison et pouvoir avertir Alya immédiatement.

Il l'assura qu'il ne la laisserait pas tomber.

Durant la première semaine qui suivit son retour chez lui, Adrien s'adapta à sa nouvelle vie. Il faisait tout ce qu'on lui demandait sans se poser de questions. Il allait aux séances photos, aux cours particuliers, travaillait avec Nathalie. Il visitait Marinette tous les deux ou trois soirs et parfois il sortait simplement pour s'aérer l'esprit.

Avec Ladybug, ils combattirent deux akumas : Miraculeur et la Marionnettiste qui avait fait un retour.

(N. A. Je considère que Poupéflekta et Oni-chan n'ont pas eu lieu parce qu'Adrien ne pouvait pas être à la séance photo chez Marinette et qu'il ne faisait déjà plus confiance à Lila et que Kagami n'aurait plus été susceptible d'être akumatisée si une mannequin ou une fan embrassait Adrien sur la joue puisqu'elle a déjà un plan d'action que vous allez découvrir dans les prochains chapitres à ce moment-ci de l'histoire. Par contre, il est très possible que Manon et Sabrina ait été akumatisées parce qu'elles se sentaient délaissées. De la même façon, ChatBlanc n'aura pas lieu parce que les événements ne seront pas mis en place pour qu'il apparaisse.)

Il se montrait charmeur et blagueur durant les combats de même qu'elle était égale à elle-même et le gardait à distance. D'autant plus qu'après leur baiser au sommet de la Tour Montparnasse qui avait été photographié, elle voulait s'assurer que la population et aussi Papillon pensent qu'ils n'étaient toujours pas ensembles et que ce baiser n'était qu'un incident de parcours sans conséquence.

Par contre, dès qu'elle lui soufflait qu'elle s'inquiétait pour lui ou lui disait qu'elle voulait le voir, il répondait simplement qu'il n'avait pas le temps et s'enfuyait.

Mais elle voyait bien que quelque chose n'allait pas. Peut-être que ce qui l'avait perturbé et rendu triste pesait moins sur sa vie mais il était toujours stressé et fragile. Elle le voyait dans son regard et camouflé sous ses blagues.

Il donnait le change et prétendait aller bien mais son sourire n'était plus le même. Elle avait toujours l'impression qu'il s'attendait à une catastrophe sans l'avouer. Mais, elle avait beau discuter avec lui de leurs aventures récentes lorsqu'il passait la saluer chez elle, elle ne trouvait pas dans ses histoires un moment où il aurait pu penser qu'il allait mourir ou un incident qui aurait pu le traumatiser. Pas plus que ce qu'ils avaient toujours connu.

Et un soir de pleine lune, alors que ChatNoir visitait Marinette, elle ne savait pas pourquoi mais, il était particulièrement fébrile et nerveux. Il sursautait à rien et mangea la première pâtisserie qu'elle lui offrit comme s'il n'en avait pas eu depuis des mois.

Avec plaisir, elle lui en rapporta plusieurs autres et au milieu de l'une d'entre elles, il devint anormalement calme et amorphe. Il n'y avait tout à coup plus aucune blague et plus aucune lumière en lui.

«Elle va me quitter.» avoua-t-il au milieu de son silence, se laissant engloutir par toute la peine qu'il retenait depuis trop longtemps. «Avec Ladybug c'est au-delà de tout espoir, j'en ai peur.»

Affreusement curieuse de l'entendre finalement s'exprimer et avec un froid glaciale remontant sa colonne, elle l'écouta sans l'interrompre.

«Avant d'être avec elle, je n'avais déjà plus de vie, pendant c'était si peu, après c'est un vrai cauchemar.» se brisa-t-il.

Elle le serrait déjà dans ses bras avant même qu'une autre pensée le traverse. Il s'effondra complètement contre elle.

«Ne parle pas comme ça. Il n'y a jamais de fin à l'espoir! Jamais! Et je ne pense pas que Ladybug te quitte et je ne pense pas que même si elle le fait, tu dois arrêter de croire à une fin heureuse pour toi.»

Il s'accrocha désespérément à elle et elle caressa sa chevelure. Elle ne savait même plus ce qu'elle voulait, réalisa-t-elle. Adrien ou ChatNoir?

Et il y avait Luka aussi qui avait des sentiments pour elle et qui avait une place dans la vie de Marinette.

Elle était en couple avec ChatNoir, aimait toujours Adrien, son petit ami lui rendait visite mais elle lui mentait sur son identité et ses rencontres avec Adrien étaient si aléatoires.

Juste la veille, il s'était présenté à une répétition des Kitty Section avec Kagami et elle avait profité de sa présence pour demander son aide avec le miraculous du serpent.

Mais, même s'il aimait Kagami plutôt qu'elle-même, elle éprouvait encore de l'attirance pour Adrien.

De même qu'elle éprouvait de plus en plus d'amour pour ChatNoir et que sa peine actuelle lui brisait le cœur.

Mais que pouvait-elle faire? Elle ne pouvait pas l'assurer qu'il était son unique et grand amour ou qu'elle ne le quitterait jamais.

Elle avait parfois l'impression que même si elle choisissait entre Adrien et ChatNoir, sa relation avec l'un ou l'autre ne fonctionnerait pas.

Les masques restaient une barrière infranchissable entre eux et ChatNoir n'était pas amoureux de Marinette de toutes façons. Même si elle lui révélait son identité, cela n'améliorerait pas les choses. Elle ne pouvait qu'être l'amie dont il avait besoin et s'occuper de le réconforter.

Lentement, ils discutèrent en chuchotant.

Il ne fallu pas beaucoup d'encouragement de la part de Marinette pour que ChatNoir lui raconte l'histoire du pacte. Mais, lorsqu'elle lui demanda pourquoi il était si certain que Ladybug allait bientôt rompre avec lui, il ne fit qu'hausser les épaules et répéter vaguement qu'elle en aimait un autre.

«C'était si évident durant le combat d'hier contre Désespérata. Je ne suis pas son préféré et de loin. Elle me trouve pathétique et faible. Même comme partenaire, je ne suis plus assez bien pour elle. N'importe qui pourrait être meilleur que moi. Et elle pourra trouvé facilement mieux comme amoureux. Je suis certain que dans sa tête, je suis déjà de l'histoire ancienne. Et je sais bien que mes sentiments pour elle ont toujours été un fardeau qu'elle ne voulait pas porter.» lui confia-t-il.

Elle se demanda si elle avait été si familière avec Vipérion pour que ChatNoir en vienne à cette conclusion. Elle ne pensait pas qu'il ait pu la voir avec Adrien. Certainement, elle avait été plutôt familière et proche d'Adrien mais..., elle réalisa alors qu'elle avait aussi rabroué son petit ami devant Vipérion et s'en voulu.

Lui, se rappela comment elle avait laissé Adrien se rapprocher d'elle comme jamais elle n'avait laissé ChatNoir se rapprocher durant un combat. C'était même à Adrien qu'elle avait déjà fait une fellation alors qu'elle ne lui permettait même pas de l'embrasser si elle ne l'embrassait pas d'abord!

Elle accordait plus de faveur à l'alter ego de son copain plutôt qu'à son copain lui-même.

En y réfléchissant, ce n'aurait pas été si mal qu'elle le traite de cette manière, il adorait lorsqu'elle était sure d'elle-même et hautaine avec lui mais pas si cela voulait dire qu'elle pensait à le quitter.

Durant toute cette confession, Marinette gardait sa tête sur ses genoux pour pouvoir caresser ses doux cheveux fous.

Elle était soulagé de pouvoir enfin faire quelque chose pour lui. Même si ce n'était que de lui permettre de soulager ce qu'il gardait en lui. Il était toujours présent pour elle lorsqu'elle n'avait plus d'autre solution que de se tourner vers lui. Elle se dit qu'elle pouvait peut-être se reposer plus sur lui et démontrer un peu plus de confiance en son partenaire.

ChatNoir ne semblait pas seulement triste à l'idée qu'elle le quitte, selon elle, il semblait aussi avoir l'impression de perdre un aspect important de lui-même s'il n'était plus le petit-ami de Ladybug.

Si elle lui accordait plus de confiance, qu'elle se confiait également à lui, il se sentirait moins inutile. Mais, il ne la laissait même plus lui parler en particulier lorsqu'ils combattaient les akumas.

Mais, par-dessus tout, elle sentait qu'il était malheureux et qu'il n'était pas bien dans sa peau.

«Si tu pouvais changer les choses, qu'est-ce que tu voudrais? Que Ladybug oublie l'autre garçon pour n'aimer que toi?»

Il s'assit au sol remontant ses genoux devant sa poitrine y plia les bras. «Non.» soupira-t-il. «Je ne veux pas qu'elle soit malheureuse. Je ne veux pas qu'elle souffre d'une peine d'amour. Je ne lui souhaite pas ça. »

«Mais, à la place c'est toi qui souffre.» pointa-t-elle.

«Oui et c'est mieux comme ça. Ma souffrance n'a que peu d'importance. Je suis une coquille vide de toute manière. Peu importe les coups que je prends maintenant, je ne ressens presque plus rien. Quand j'ai mal, ce sont juste d'anciennes blessures qui continuent de me faire souffrir.» répondit-il presque absent.

«Dis-moi comment je peux t'aider.» réclama Marinette en reprenant son visage contre son cou pour qu'il ne voit pas ses larmes. Elle était terriblement inquiète pour lui. Elle ne se doutait pas qu'il avait mal au point de ne plus rien ressentir.

Avec affolement et presque avec une douleur au ventre, elle réalisa qu'il camouflait bien plus sous la surface que ce qu'elle avait cru. Il devait garder beaucoup d'émotion négatives enfouies depuis si longtemps que c'était une habitude chez lui, peut-être même qu'il ne connaissait pas autre chose. Jusque là, elle ne s'était jamais inquiété de cette état de chose dans leur relation parce qu'elle-même n'était qu'une toute petite partie de sa vie.

Mais, s'il refoulait automatiquement toute pensée négative sous une couche d'humour, ça ne venait pas uniquement de sa vie de super-héros. Si toute sa vie n'était qu'une façade et qu'il prétendait qu'il n'y avait plus rien à l'intérieur, il était plus que temps qu'elle se fasse du soucis pour lui. Seulement, elle ne savait pas comment l'aider.

Il s'agrippa encore à elle et raconta: «Personne ne peut m'aider. Avant, le problème aurait pu être résolu si tout le monde avait changé d'attitude en même temps et que les gens s'étaient mis à me traiter comme un être humain. Mais, là c'est encore pire parce que j'ai changé de vie et que j'habite maintenant au fond d'une grotte. Je n'ai plus accès à aucun soutien. Il n'y a que mon père, sa secrétaire et le nouvel homme à tous faire. Il ne se mêlerait jamais des affaires de mon père même s'il voit un jour comment je suis traité. La secrétaire suis tout ce que dit mon père et lui, il a décidé que je devais travailler pour lui toute la journée en plus du soir. Il a fait peur à mes amis. Toi et Ladybug, vous êtes tout ce qu'il me reste. Et si elle me quitte...»

«Elle ne te quittera pas ChatNoir.» fit-elle avec beaucoup d'assurance au point de le trouver ridicule de penser qu'elle pourrait le quitter. «Tu m'as dit toi-même qu'elle t'avait promis de ne pas le faire. Tu devrais la voir et lui parler.»

«Et si elle en profite pour me dire qu'elle veut quelqu'un d'autre? Même moi, je me trouve pathétique dernièrement. Qu'est-ce qu'elle doit penser de moi? Déjà qu'elle ne m'aimait pas trop quand j'étais à mon maximum...» soupira-t-il sombrement.

«Elle ne sait peut-être pas tout ce que tu m'as raconté ce soir, mais je suis certaine qu'elle a sentit que tu avais des problèmes. Penses-tu vraiment qu'elle t'abandonnerait alors que tu ne vas pas bien?»

ChatNoir resta silencieux, essayant d'imaginer. Elle voudrait certainement prendre soin de lui mais, elle n'abandonnerait pas non plus son crush pour être avec lui peu importe comment il se sentait.

Son silence en dit long à Marinette sur ce qu'il pensait d'elle. Il la pensait froide et sans cœur et malgré tout, il avait voulu être avec elle. Il devait être tellement désespéré! Ou peut-être aussi qu'il l'aimait vraiment mais peut-être que les deux options étaient vraies simultanément aussi. Mais, dès lors qu'il était désespéré, ce n'était pas bon signe.

Elle avait essayer de se rapprocher de lui en devenant sa petite-amie comme il le lui a avait réclamé mais cela n'avait fait que le blesser davantage. Marinette ne voyait que deux solutions. Soit, elle s'engageait complètement avec lui, soit elle brisait leur couple de façon net et redevenait son amie. Une véritable amie qui serait là 100% pour lui. C'était maintenant à elle de faire un choix.

Elle respira un grand coup et passa au problème suivant. «Pour ce qui est de la façon dont les gens te perçoivent, normalement, la solution c'est de se respecter soi-même pour que les gens nous respectent, je crois.» dis pensivement Marinette.

«Ça ne fonctionne pas!» protesta-t-il avant de se radoucir. «Dans mon cas, ça ne fonctionne pas parce que la personne qui a le plus de pouvoir sur moi en abuse. J'aurai beau toujours relever la tête, ignorer la souffrance et les problèmes, je n'arrive jamais à me libérer de son emprise. Peut-être lorsque j'aurai dix-huit ans. Mais, ce n'est pas certain. Je pense qu'il commence à se douter que j'ai envie de le quitter et qu'il prépare quelque chose pour me garder à sa botte.»

«Et si tu avais le choix, tu voudrais quoi? Dans les moments où tu t'échappes, enfin, j'imagine que tu en as si tu peux devenir ChatNoir, dans ces moments qu'est-ce que tu veux? Tu peux commencer à t'échapper un moment, une journée à la fois.»

«Il y a si longtemps que je suis un animal en cage, je ne sais même plus ce qu'est le goût de la liberté. Sauf quand je suis ChatNoir. Oui, un animal. J'ai autant besoin de liberté qu'un animal. Tu vois, je ne me verrais pas travailler derrière un bureau ou dans un travail où je dois planifier dix actions d'avance. J'ai besoin de plus de liberté.» songea-t-il.

'Si je ne suis pas libre physiquement, peut-être que je peux trouver un moyen d'être plus libre dans ma tête. Jouer à être quelqu'un d'autre, c'est pas mal.' se dit-il.

«Tu es quelqu'un de spontané. C'est dans ta nature et tu ne dois pas aller contre celle-là encore moins que dans les autres aspects de toi ou tu seras malheureux. C'est trop important pour toi.» approuva-t-elle en souriant. Elle connaissait assez bien son Chaton pour savoir que c'était une évidence incontestable le concernant.

Elle le voyait bien dans une carrière active où il pouvait bouger et faire une variété de choses différentes. Et sans un patron toujours sur son dos! Il avait besoin d'être dirigé et non contenu. Leurs plus grandes réussites au combat venaient des moments où elle cessait de le restreindre.

ChatNoir resta longtemps à contempler Marinette dans sa chambre ce soir-là. Jusqu'à ce qu'elle tombe de fatigue et même un peu plus.

Dans la noirceur de la chambre après que Marinette ait éteint, il resta à veiller sur son sommeil malgré qu'il ait laissé sous-entendre qu'il partirait tout de suite lorsqu'elle dormirait.

Il ne pouvait pas sortir avec elle, réalisa-t-il.

De toute façon, si elle avait toujours démontré de l'attirance pour lui, elle s'était aussi souvent défendue farouchement de vouloir être en couple avec lui. Elle ne voulait qu'une relation admiratrice et vedette avec Adrien. De toute façon, la situation semblait se mettre en place dans ce sens. Il ne pouvait pratiquement plus la voir en tant qu'Adrien ou si peu.

Et comment pourrait-il penser à perdre son amitié qui lui était si précieuse en tant que ChatNoir? Il ne pouvait pas y renoncer. Il avait l'impression qu'elle venait de lui sauver la vie simplement par sa présence.

Et il ne pourrait décemment pas songer à être avec elle avec une de ses personnalités et son ami avec l'autre. Ou même la mettre en danger en restant proche d'elle. Sa simple présence dans sa chambre faisait d'elle une cible. Il devait cesser de venir la voir dès qu'il en serait capable.


Avec le lundi matin qui revint, les obligations de son job de mannequin recommencèrent à s'enchaîner pour Adrien. Essayages après séances photo après défilés semi-privé, du matin au soir, les journées s'étiraient. Il ne fit que travailler, dormir et participer discrètement à la conversation du groupe.

Le jeudi en fin de journée, Adrien sortie de son nuage lorsqu'on lui demanda d'embrasser la mannequin avec qui il travaillait en équipe.

Depuis quatre jours qu'il flottait dans une bulle de routine et d'ennui totale, il suivait mécaniquement les instructions durant la journée et lorsqu'on l'abandonnait à sa chambre, il suivait encore les instructions et s'assurait d'avoir une apparence reposée le lendemain.

Mais lorsque la photographe lui demanda d'appuyer ses lèvres sur celles de sa partenaire de pose et de rester dans cette position pendant qu'elle trouvait l'angle idéal, Adrien sentit le besoin de se rebeller et de se défendre.

Pendant que la jeune femme obéissait naturellement en tendant les lèvres, lui recula.

La surprise s'inscrivit dans le regard de la femme.

«Je suis désolé.» dit-il en s'excusant. «Je ne peux pas.»

L'équipe photo paraissait ennuyée que le mannequin de service face une crise de vedette. La mannequin face à lui paraissait insultée.

«Ce n'est pas à cause de vous.» se défendit-il avant de se tourner avec embarra vers la photographe. «Je ne fais pas de photos avec baiser. On peut peut-être en faire un faux?» proposa-t-il.

«Non, ça ne fonctionne pas dans le concept.» argumenta le coordonnateur. «On nous demande quelque chose de plus sulfureux avec une note sexy. Il nous faut du désir et de la passion.»

«Mais, je- ça ne fait pas partie de ce que je fais.» s'opposa-t-il encore faiblement.

«Les trois tenues sont ajustées pour lui. On a travaillé toute la semaine sur ces modèles.» précisa la chef styliste.

Le coordonnateur appela Nathalie et tout le monde resta en place durant ce temps.

«Est-ce que c'est juste parce que tu ne l'as jamais fait?» demanda gentiment la jeune femme avec qui il était enlacé. «Je peux te montrer si ce n'est que ça le problème.»

«Non, c'est juste que je ne veux pas travailler de cette façon. Je ne l'ai jamais fait et ça me convenait très bien jusque là.» développa-t-il.

«Tu vas te fermer beaucoup de portes si tu imposes des limites à ce que tu acceptes de faire.» souligna-t-elle presque avec pitié. «Il n'y a pas beaucoup de contrats pour ceux qui imposent des restrictions.»

«Et ceux qui sont homosexuels, ils font quoi?» demanda-t-il pour se renseigner.

«Ils font les baisers!» lui assura-t-elle avec un sourire. «Ça fait partie du travail.»

«Oui, mais, je n'ai pas choisit de faire ce travail...» dit faiblement Adrien.

«Mademoiselle Sancoeur me confirme qu'il n'y a pas de spécifications à votre dossier sur un empêchement à faire les baisers.» l'avertie le coordonnateur en rangeant son téléphone. «Nous allons procéder comme prévu.»

«Mais, je ne veux pas! Je suis désolé mais, je ne peux pas.» répéta fermement Adrien.

Tous les employés présents baissèrent les bras et donnèrent des signes de découragement.

«Écoutez, jeune homme.» reprit patiemment le coordonnateur avec le tic de frotter son pouce sur sa mâchoire pour dissiper son malaise. «Il y a peut-être eu une erreur à votre contrat mais, si vous ne faites pas ce baiser, c'est une semaine de travail qui est perdue et on ne respectera pas les délais. On va juste terminer cette prise et pour les prochains contrats vous lirez tous les petits caractères d'accord? Mettez-vous en position on y retourne.» enchaîna-t-il sans attendre la protestation qu'Adrien allait faire.

La mannequin qui avait plus d'expérience que lui le guida et appuya elle-même ses lèvres sur celles d'Adrien.

Rester dans cette position n'avait rien de naturel mais, Adrien se doutait qu'il devait se détendre.

«Allez, Adrien» encouragea la photographe. «Plus vite vous prenez une expression passionnée et plus vite on passera à la suite.»

Adrien avala de travers et composa avec ce qu'il devait faire.


Bien sûr, ça ne manqua pas. À son retour au manoir après la séance photo, impossible de passer par dessus l'événement.

Il eut au moins la chance que ce soit d'abord Nathalie qui lui en parle au dîner.

Mais comme il n'avait pas pu la convaincre que changer son dossier personnel, elle relaya le problème à son père.

«Qu'est ce que c'est encore que cette histoire?» fit Gabriel d'entrée de jeux avec une voix lasse.

«Je ne veux pas faire de séances photo où je dois embrasser.» lui dit simplement Adrien. C'était clair pourtant.

«Je pensais qu'on avait réglé la question.» soupira Gabriel «Tu avais accepté de mettre un terme à ta romance grotesque.»

«Ça n'a rien à voir avec mon statu amoureux!» s'offusqua l'adolescent. «Que je sois en couple ou non, ma réponse est la même. Je ne veux pas faire ces choses. J'ai le droit d'être respecté dans l'intégrité de mon corps. Si je le fais même si je n'en ai pas envie, ça reviendrait au même que de la prostitution. Vous-mêmes, n'accepteriez pas de servir de cible pour un tournoi de paintball même s'il y a un bon salaire qui y est rattaché. Je ne vois pas pourquoi j'en serais réduit à me rabaisser pour de l'argent.»

«Je conçois que se retrouver dans la proximité d'une autre personne pendant un temps prolongé peut être désagréable. Malheureusement, l'industrie est ainsi faite et la population aime ce genre d'image.» développa patiemment Monsieur Agreste.

«Père, si je joue les mannequins, c'est surtout pour vous faire plaisir. Mais, faire ce genre de chose, c'est beaucoup me demander.» se radoucie Adrien maintenant qu'un vrai dialogue débutait.

«Nous n'avons pas vraiment le choix, Adrien. C'est ce travail qui nous fournit le toit au dessus de nos têtes.» lui répondit son père comme s'il était un tout jeune enfant.

«Oh, je vous en prie! Cette endroit est la demeure ancestrale de la famille. Ne me sortez pas le refrain sur l'hypothèque à rembourser. Avouez plutôt que les ventes ont chuté parce que les gens sentent qu'il manque quelque chose à vos créations!» confronta-t-il son père.

«Je pense qu'une fin de semaine dans ta chambre sans sortir te fera du bien Adrien. Tu n'as plus les idées claires.» répondit Gabriel avec une voix neutre mais pleine de sous-entendus.