Adrien voyait clairement que cette punition n'était simplement qu'une autre façon pour son père de le contrôler. Parce que bien sûr, s'il était confiné à sa chambre, il n'avait pas été dispensé de la journée du vendredi en séance photo.
C'était plutôt les cours particuliers de ce soir-là, du samedi et du dimanche qui avaient été annulés. Pour le reste, tout était semblable dans ce qu'avait décrété son père. Le congé de cours particuliers était presque le bienvenu et Adrien ne s'inquiéta pas trop de cette punition. Il était déjà pratiquement punit en permanence.
Du moins, il pensait qu'il aurait une fin de semaine agréable jusqu'à ce que son père lui attribue la petite chambre qu'on avait aménagée pour loger les cuisiniers lorsque certains résidaient au manoir.
Au rez-de-chaussée et derrière la cuisine, la pièce était toute petite et avec une seule minuscule fenêtre qui donnait sur un mur de brique.
Son nouveau garde-du-corps (pas plus pipelette que le gorille) l'avait réveillé le samedi matin pour l'y conduire. Après le déjeuner, Adrien sentait qu'on l'avait suffisamment oublié pour qu'il pense à s'esquiver en douce.
Il devait avouer que son père avait bien joué son coup. Cette chambre chatouillait véritablement sa claustrophobie. Il avait dû remarquer que sa première version de la conséquence ne l'affectait pas suffisamment.
Par contre, il dû jouer de ruse pour sortir. La fenêtre donnant sur la rue, elle était équipée de barreau (juste comme il le détestait cordialement) et une caméra surveillait la sortie extérieure de la cuisine toute proche.
Il demanda donc la permission d'aller prendre une douche dans sa propre salle de bain. Son père étant intransigeant sur la propreté corporel, son garde-du-corps le dirigea donc à travers les couloirs jusqu'à cette pièce.
Se transformant et passant par la fenêtre de sa salle de bain qui n'avait pas de caméra, il pu aller incliner juste assez l'angle au dessus de la sortie de la cuisine pour être tranquille.
Il ressortit tout propre et avec un bouquin pour tromper son ennui.
Il n'avait plus qu'à se faire oublier de nouveau et à décider de ce qu'il allait faire.
Comme il patientait, sa main s'aventura par hasard sous la taille de son pantalon. Rien de mieux que d'avoir un jouet à porter de main en permanence! Mais, si la frustration était au rendez-vous, le désir n'y était pas.
Il voulait quelque chose de nouveau et de plus créatif pour s'exciter. Toutes les images qu'il avait en tête lui paraissaient déjà usées.
Sortant le téléphone que son père avait oublié de lui confisquer, il essaya de voir de quels plaisirs ses amis profitaient pendant qu'il avait cessé d'exister pour eux.
Marinette était à la piscine avec Mylène. Nino et Alya gardaient son frère et ses sœurs ensembles et plusieurs des autres étaient à une répétition des Kitty Section. Rose avait postée un selfie du groupe.
Le sourire insouciant de Luka aida Adrien à se détendre et à oublier où il était. Roulant sur la fantaisie, il reprit son sexe dans sa main et se caressa lentement sur toute la longueur.
Il n'avait aucune honte à laisser son imagination explorer le côté homosexuel qui sommeillait toujours en lui. Il essayait d'imaginer s'il aimerait aussi la tendresse avec un homme.
L'avantage d'être avec un autre homme était évidemment qu'il était plus facile de se visualiser contraint par eux que par une femme.
Certaines femmes aussi étaient fortes naturellement comme Ladybug et Kagami. Et Nino prenait aussi un aspect plus fort et musclé dernièrement. Mais, voulait-il également autre chose avec les personnes en général qui l'impressionnaient physiquement ou par leur force?
N'attendait-il que d'être dompté de force par les autres pour être vraiment heureux?
Marinette par exemple pourrait facilement le dompter par la douceur. Il s'imaginait rouler sur le dos et exposer la partie la plus fragile de son anatomie en totale confiance pour la jeune femme qui pourrait calmer sa violence intérieure d'un seul regard. ...ou d'un coup de poignet.
Assurément, si elle acceptait de prendre soin de lui, il continuerait de ronronner pour elle.
Adrien s'éveilla alors que des coups frappaient à la porte de la pièce. Nathalie l'appelait pour le dîner et le soleil s'avançait vers l'horizon. Sursautant, il se souvint de l'endroit où il était et remarqua immédiatement que les draps avaient fait les frais de ses rêves fiévreux.
Après le repas, Adrien revint à la petite chambre en serrant les dents. Sitôt la porte refermée, il installa la chaise droite qui se trouvait dans la pièce sous la poignée de la porte et s'élança vers le ciel parisien en brisant le verrou des barreaux avec sa force magique.
Au plus haut sommet de la Tour Eiffel, il respira profondément jusqu'à ce que son humeur soit calmée. Alors seulement, il fut capable de retourner les pieds sur terre.
Le discourt moralisateur de son père durant le repas l'avait vraiment mis de travers. Comment avait-il osé lui imposer tout cela et prétendre qu'il avait de la chance? Comment avait-il osé décider de son avenir avec autant de détails sans même prendre son avis?
"Tu fais partie de l'élite de ce pays et tu dois t'en montrer digne. Je sais que tu as ça en toi. Dans tes veines coule le sang de deux prestigieuses familles. Tu es né pour être un leader. Tu dois en être reconnaissant et à ton tour te consacrer à la grandeur de ton nom. C'est ton devoir et ta raison d'être."
Son père était complètement fou. S'il y avait quoi que ce soit, c'était cette folie qu'il avait reçu en héritage.
Comme s'il était taillé pour charmer les clientes et s'assurer la fidélité de la clientèle envers la maison Gabriel! Comme si sa plus grande ambition dans la vie était d'être invité dans les demeures des plus prestigieuses familles d'Europe pour côtoyer la royauté et les plus grandes et plus vieilles fortunes!
Lui, ce qu'il avait toujours souhaité, c'était une simple vie normale. Il se promettait que le jour où il pourrait sans inconvénient aller se procurer un pot de confiture à la supérette, il pourrait dire qu'il aurait accomplit un véritable exploit digne d'être fêté.
Tout ce discours de son père et ses intentions, c'était juste un autre argument pour l'obliger à laisser les mannequins s'enrouler autour de lui, oui! Adrien se sentait déjà suffisamment souillé par les paroles de son père.
Avant, il regrettait de ne pas avoir le droit de l'appeler Papa, maintenant, il voyait les avantages à ce qu'il soit son père plutôt qu'un papa. La distance entre lui et... Gabriel, était la bienvenue.
Après avoir longuement contemplé la ville pour se calmer, Adrien partie vers la chambre de Marinette. Il n'était pas question pour lui de passer la nuit dans cette maison affreuse.
Il avait réussi à tolérer cette chambre en y dormant dans la journée et il ferait aussi bien de faire la même chose le lendemain.
Donc, soirée en compagnie de Marinette au programme et longue balade dans la ville jusqu'au matin ensuite. Il réussirait peut-être à trouver quelques criminels à effrayer comme la première fois, ça avait été marrant.
Mais, à la boulangerie, pas de Marinette sur place.
Il se détransforma et consulta la toujours-très-utile conversation de son groupe d'amis, il découvrit que les filles avaient organisé une nuit entre elles chez Rose.
Donc, il ne pourrait pas aller voir Marinette de toute la nuit à moins de prendre le risque de se glisser dans cette chambre et tenter de ne réveiller qu'elle. Le défi lui plaisait bien.
Il réalisa qu'il pouvait tout de même profiter de sa chambre même si elle n'y était pas. Il pouvait emprunté son oreiller pour respirer son parfum sur la chaise de toile du balcon et mettre son téléphone en charge pour avoir de la batterie pour passer la journée du lendemain avec beaucoup d'heures sur son écran.
Mais, tout cela serait pour plus tard, pour l'instant, Nino avait la soirée libre et Adrien avait bien envie de l'entraîner sur le chemin de la douce délinquance.
Trois heures plus tard, ils marchaient sur les rues pavées d'un très coquet petit quartier avec des granités en main.
«On devrait peut-être rentrer, il est presque minuit.» pointa Nino.
«Tu as un couvre-feu?» s'étonna Adrien.
«Pas vraiment. Mes parents me font confiance pour être raisonnable. Et c'est vrai qu'il n'y a pas d'école demain mais, et s'il y avait des criminels en embuscade dans les ruelles?» s'inquiétait le mulâtre.
«Tu t'inquiète trop Nino.» sourit son ami. «En pratique les agressions dû au hasard représentent moins de 1% des crimes. Les agresseurs ne peuvent pas savoir sur quoi ils vont tomber en braquant les passants la nuit. Et en pratique, la ville n'est pas si dangereuse. J'imagine qu'avec les akumas, les autres criminels restent plus sages. Non. Les vrais crimes se passent derrière les portes de ces jolies demeures en apparence si agréables.» fit Adrien désabusé en indiquant toutes les petites fenêtres qui les entouraient portant toutes des boites à fleur.
Les garçons se dirigèrent néanmoins lentement vers l'appartement des Lahiffe.
«Ça ne s'arrange pas avec ton père n'est-ce pas?» demanda Nino.
«Il est affreux!» déplora Adrien. «Il faut vraiment que je trouve... un dérivatif. Si je ne peux pas le changer et que je dois attendre encore plusieurs mois avant d'être libre, il faut que je me trouve quelque chose pour canaliser mes idées noires.» s'expliqua-t-il.
«Tu as essayé quoi?» s'amusa Nino.
«La seule chose que je révélerai c'est ce qu'on est en train de faire. M'évader par une porte dérobée pour profiter de la ville.» révéla Adrien.
«Mais, tu as fait plus...» chercha son ami.
«Et je ne te dirai pas ce que c'est! T'es encore trop innocent pour entendre mes histoires!» se moqua Adrien. «Et de toutes façons, je n'ai pas envie de refaire ces trucs débiles.»
«Mais tu cherches la manière douce ou la manière forte?» fronça Nino. «Tu sais, tu pourrais avoir une copine, comme Marinette par exemple. Vous vous entendez bien et même si tu peux pas la voir beaucoup au moins, tu pourrais lui parler plus souvent. Parler tu vois.» insinua le garçon brun.
«Oui, je vois.» s'amusa Adrien. «Et oui, j'ai essayé et c'est pas si mal. Quand Marinette est vraiment remontée, on arrive tous les deux à avoir des conversations plutôt intéressantes. Mais, je suis plutôt pour la manière forte en réalité.» avoua-t-il.
«J'y connais pas grand chose. Mais, tu ne ferais pas quelque chose de... définitif ou qui te blesserait, n'est-ce pas?» s'inquiéta Nino.
Adrien passa son bras autour des épaules de son irremplaçable ami. «Je me suis fixé une règle.» lui apprit-il. «Rien qui m'empêche de revenir à la normalité en un instant sans laisser de trace. Pas de drogue, pas trop d'alcool, interdit de jouer les funambules à plus de six pieds au dessus du vide et pas d'auto-mutilation. Ou presque pas.»
«Tant mieux.» soupira Nino. «Tu as regardé sur google?» reprit-il après un moment «Il y a peut-être des idées intéressantes.»
Adrien ricana et sortie son téléphone de sa poche. «Torture.» écrit-il pour s'amuser en le disant à haute voix.
Tout en marchant il défila des résultats mais ce n'était que des définitions. Puis, un article lui sauta aux yeux et il éclata de rire.
«Écoute ça.» demanda-t-il à son ami. «N'allez pas chez Linda, c'est la pire. Avec elle, l'épilation à la cire, c'est de la torture!»
Tous deux éclatèrent de rire mais, il était tard, ils étaient entre amis et il repérèrent une pharmacie encore ouverte.
Ils se retrouvèrent donc chez Nino en essayant de ne pas pouffer trop fort de rire en réchauffant un bol de cire à épiler dans le micro-onde de la famille.
De retour dans la chambre de l'adolescent, Adrien retira son pantalon pour rester en boxer.
Il lui restait beaucoup moins de pilosité sur le corps qu'à beaucoup d'autres adolescents de son âge. En dehors, de ses cheveux, et de ses sourcils (parfaitement dessinés également) les poils de ses jambes et même de son entre-jambe avaient tendance à se raréfier sous les efforts délicats des techniciennes corporels. Mais, il y avait quelques temps que l'occasion de se présenter dans un salon ne s'était plus présenté pour lui.
Adrien avait l'habitude d'un faible courant électrique éliminant la racine de ses poils mais, à la première bande de cire qui tenta de faire suivre la peau en arrachant sauvagement l'intégralité des poils, il dû se retenir de crier pour ne pas réveiller Noël.
Le petit frère de Nino mettrait certainement un stop à toute activité autre que s'occuper de lui s'il était tiré du sommeil.
Adrien prépara une deuxième bande et mordit dans l'édredon de Nino pour faire bonne mesure.
Celui-ci éclata vraiment de rire cette fois mais tout bas. «Si tu voyais ta tête mec! Chaque fois que tu tire, ...tu tires une de ses tronches! C'est hilarant.»
«Tant mieux si je peux te procurer un spectacle divertissant! Tu aimes voir souffrir ton pote alors?» s'amusa Adrien.
«Meh! Va prétendre que t'adore pas! Je sais pas ce qui te plaît dans ce truc mais tu peux pas nier que ç t'a fait de l'effet.» pointa Nino vers son entre-jambe.
Adrien avait en effet un début d'érection. Une vague de plaisir diffuse le parcourait faiblement après chaque vague de douleur.
Adrien haussa seulement les épaules. Il l'avait déjà sentit sans en tenir compte, ce n'était pas une réaction complète mais, sans pantalon, c'était bien sûr plus difficile à cacher.
«T'as besoin que je te laisse seul?» se moqua Nino.
«Nan. Si t'es pas mal à l'aise à voir mon état, je le suis pas à ce que tu sois au courant.» écarta Adrien.
«Et t'as pas peur que ça te fasse mal si tu t'en occupes pas avant longtemps?» grimaça Nino.
«J'ai l'air de quelqu'un qui a peur de la douleur?» ironisa Adrien avec incrédulité.
«Mec, tu commences vraiment à me faire peur!» soupira son ami.
«Si je commence seulement alors c'est bon!» plaisanta Adrien «Mais tu vas pas me lâcher maintenant j'espère. J'ai besoin de toi pour faire l'arrière.» sourit Adrien démesurément.
«Sérieux mec, je vais finir par perdre ma réputation d'hétéro si tu continues à m'entraîner dans tes histoires!» déplora l'autre.
«Ne t'inquiète pas. Si jamais tes parents nous découvrent ou que n'importe qui d'autre apprend cette histoire, je suis prêt à jurer que tu es saoul.» lui promit Adrien toujours avec cet énorme sourire.
«À oui, je suis certain que ça va améliorer mon sort!» ironisa le mulâtre en prenant la spatule d'une main et une bande le l'autre, bien décidé à faire payer à Adrien ses idées imbéciles.
La journée du dimanche se révéla aussi désagréable que la veille. De plus, Adrien s'était réveillé en milieu d'avant-midi avec des démangeaisons sur les jambes et avait hâtivement demandé à Nathalie la permission de retourner se doucher.
Malheureusement, il l'avait fait via messagerie puisqu'il était coincé et elle l'avait obligé à laisser son téléphone dans sa propre chambre ensuite.
Adrien eut ensuite droit à deux jours chargés à pleine capacité de pratique et de travail sur ses cours particuliers ainsi que quelques notions de matières générales sur lesquelles Nathalie lui demanda de compléter quelques travaux en plus du reste.
Ce n'était que du travail sur ordinateur, dans des cahiers et derrière un piano, mais, Adrien était heureux d'avoir décidé de profiter de sa réclusion pour se reposer.
Le mercredi matin, Adrien se réveilla à l'heure mais se sentit incapable de se lever. Il se rappela alors qu'il devait faire des séances photo pour le catalogue interne de la ligne pendant trois jours.
Ce n'était pas si mal comme travail en temps normal comparé aux autres séances. Il n'y avait pas de pression, pas de course folle. C'était par contre, de loin, son travail le plus ennuyeux et le plus réducteur.
La plupart des vêtements étaient photographiés sur des mannequins de bois pour figurer dans ce catalogue. Mais certaines pièces devaient être photographiées en mouvement ou dans des angles que les mannequins de bois ne pouvaient pas prendre.
On faisait donc appel à des mannequins vivants et sans qu'Adrien ne comprenne pourquoi (peut-être parce qu'il était le mannequin le moins bien payé) c'était à lui de faire toutes ces séances années après années. Et il y avait beaucoup de pièces de ce type chez Gabriel, toute la ligne haute-couture! On lui faisait même porter des tenues pour femme parfois.
Mais, ce qui minait surtout Adrien ce matin-là était la perspective d'être touché et manipulé comme l'un des mannequins de bois par tous les employés affectés à ce travail. Soit, la couturière, la modiste, les assistants-photographes, même les techniciens lumières.
Ces photos devaient être parfaites pour figurer dans les catalogues et on y mettait le temps qu'il fallait.
Il pouvait au moins prendre l'expression qu'il voulait sur les photos mais il devait rester immobile durant des heures de temps et garder une posture parfaite et élégante peu importe son étrangeté.
En temps normal, penser à Marinette, son odeur ou son rire, suffisait pour l'aider à s'extirper du lit. Mais la penser de ne pas la voir pendant quelques temps et tous les souvenirs des dernières semaines le déprimaient.
Il captura machinalement son sexe qui entra rapidement en érection matinal, mais, l'humeur n'y était pas. Il avait l'habitude de se masturber tous les matins dans sa douche en s'imaginant faire l'amour à Ladybug et cela le motivait pour commencer sa journée mais dans l'état de mauvaise humeur dans lequel il était, son image n'était pas assez claire.
Pourtant, il savait qu'il devait se masturber au cas où une assistante couturière serait trop jolie à regarder. Laissant ses pensées dériver, il s'imagina d'autres pensées plus fortes, plus vulgaires, moins morales.
Il s'imagina prendre Marinette dans un corridor de l'école durant les cours comme il l'en avait menacé, il s'imagina avec toutes les filles de sa classe en même temps dans une soirée sulfureuse. Les sensations douloureuses que le passage de Ted dans son corps lui avaient laissé pendant quelques jours revinrent à sa mémoire. Il se sentait souillé par lui, par ce qu'il avait fait. Toute sa vie, il ne pourrait oublié que cela lui était arrivé, comme une marque invisible mais permanente.
Puis, il se rappela ce qu'ils avaient fait la semaine suivante, cet échange de coups et tout son corps vibra lorsqu'il se rappela les sensations qu'il ressentait en étant ChatNoir, en prenant des coups ou en en distribuant.
Il était tout près de jouir sous le jet d'eau chaude. Tout à coup, il ne garda que l'eau glacée qui tomba sur ses épaules. Saisit un instant, les frissons qui lui parcoururent l'échine furent d'abord douloureuses mais, en moins d'une minute, la jouissance remportait le dessus.
Perdu et bouleversé, Adrien se prépara pour une longue journée à être traité comme un objet. Mais son esprit tournait et tournait. Il avait clairement des tendances masochistes. L'idée d'être soumis comme un esclave sexuelle à Ladybug n'était pas nouvelle, il l'avait combattu depuis qu'il avait fait son éveil sexuel et qu'il avait des pensées moins chastes.
Alors, pourquoi n'aimait-il pas être traité comme un objet? Bon d'accord, il pouvait être soumis sans aimé tous les phantasmes des soumis. Mais, c'était plus que ça.
Il avait été soumis à la volonté de son père toute sa vie et avait toujours souhaité en être libéré. Est-ce qu'il ne devrait pas plutôt détester l'idée de devenir un adulte sexuellement soumis? Ce serait même logique qu'il préfère devenir un dominant, juste pour renverser la vapeur.
Mais, assez tôt dans ses réflexion, il s'imagina Ladybug. De ses longues jambes couvertes de spandex rouge, glissant sur ses hanches et son imagination remonta jusqu'à son visage portant une moue boudeuse et capricieuse. Une cravache entre les mains, elle lui disait: «Je m'ennuie, j'ai envie de jouer.»
Et cette révélation fut marquée d'un nouveau début d'érection alors qu'il s'installait dans la voiture de son chauffeur.
Il eut bien du mal à la faire redescendre et à la contenir au calme en sortant de la voiture avec toute la splendeur qu'on attendait de l'héritier Agreste. Mais en entrant dans les locaux de la compagnie où il ferait les séances photo, simplement l'odeur et les murs blancs sans vie lui coupèrent toutes envies de réfléchir à quoi que ce soit d'érotique.
Il ramena consciemment son travail en bruit de fond dans son cerveau et s'imagina être son avatar de gros chat dans son jeu vidéo.
Il se foutait tellement de ce qui lui arriverait, il avait perdu tellement de as fierté que lorsqu'une des habilleuses frotta son membre par accident, il ne protesta pas.
Bien sûr, elle avait aimé l'idée de la possibilité d'une aventure avec LE Adrien Agreste. Aussi répéta-t-elle son manège plus d'une fois.
Lui, ne disait rien, ce n'était même pas excitant. Peut-être s'était-il emporté trop vite au sujet des photos avec baiser. S'il ne s'agissait que de se laisser toucher peu importe où, ça restait une partie du corps comme une autre.
Cette fille était payée pour replacer son col et lui enfiler ses pantalons. Elle le touchait déjà beaucoup trop à son goût de toute façon.
Elle avait probablement remarqué le manque totale d'intérêt d'Adrien envers elle et perdu de vue son idée d'avoir une aventure avec lui, mais, l'attrait de l'interdit qu'il y avait à s'amuser à le toucher sans qu'il ne proteste la rendit audacieuse et amusée.
«Mademoiselle Joséphine!» interpella la responsable du look. «Nous n'aurons plus besoin de vos services pour aujourd'hui. Je vais faire moi-même votre travail. Vous pouvez quitter pour la journée.» l'arrêta la dame lorsqu'elle fut certaine de son manège.
«Et vous, jeune homme. N'avez-vous aucune honte? Ce n'est pas parce que toutes les femmes sont à vos pieds que vous pouvez avoir des relations ou des flirts sur notre lieux de travail à tous!»
«Ce n'était rien de tout ça» lui assura Adrien de la voix monocorde qui correspondait au visage apathique qu'il avait gardé toute la journée. «Je n'ai tiré aucun plaisir à ce qu'elle m'a fait. S'il y a quoi que ce soit, je ne suis senti inconfortable.»
«Pourquoi ne pas avoir protesté alors, ou lui avoir dit discrètement d'arrêter?» fit-elle en replaçant le revers de la veste.
«Parce que peu importe où je suis touché par une personne, durant ces séances d'habillage, je mes sens inconfortable. Je déteste qu'on me prenne pour un mannequin de bois. Mais, je n'ai pas mon mot à dire.» lui apprit-il.
La dame retira ses mains de la couture de ses épaules comme si elle s'était brûlée et avec découragement l'envoya sur le plateau.
Après avoir pensé à son jeu toute la journée, en arrivant au manoir, Adrien ne pensait plus qu'à s'installer sur sa console pour le reste de sa soirée après un bon- un repas passable.
Mais, encore une fois, son père s'assura de nuire à ses plans.
Entrée dans le bureau de travail du rez-de-chaussée, Adrien fronça les sourcils de colère à cause de la présence de Lila dans la pièce.
«Laissez-moi deviner.» dit-il platement en introduction «Une autre personne qui vous a demandé un rendez-vous avec moi après que je lui ai dit non? Elle n'a pas véritablement les connexions qu'elle prétend avoir, vous savez.»
«Je trouve très présomptueux de ta part de supposer que Mlle Rossi ici présente souhaite former un couple avec toi après que tu l'aie insulté en repoussant ses avances.»
«Oui, si on appelle avances prétendre être quelqu'un d'autre et espérer que l'autre personne soit suffisamment crédule pour accepter sa méchanceté!» fit Adrien ironiquement du bout des lèvres.
«ADRIEN! QUAND CESSERAS-TU DE ME DÉCEVOIR?» tempêta Gabriel Agreste comme Adrien ne l'avait plus vu faire depuis des années. «Si ta mère te voyait, elle aurait tellement honte de toi!» soupira M. Agreste avec exaspération.
«QuOI?» s'étrangla Adrien. Mais son père ne se donna pas la peine de répondre.
«Lorsque j'ai parlé avec l'équipe de shooting l'autre jour, la styliste responsable m'a signalé qu'elle avait remarqué que tu avais une marque d'une morsure sur le cou.» lui apprit plutôt son père.
Un froid remonta sur la colonne d'Adrien et il porta la main à sa nuque comme toujours lorsque le chatouillement atteint l'arrière de sa tête.
Pour lui, cette morsure était si vieille, il avait mentalement perdu plusieurs semaines en étant Aspik, mais bien sûr, son corps était resté le même et la morsure était toujours fraîche. Bien que moins visible. Il avait juste oublié de la couvrir convenablement la semaine précédente.
«Nous avons de la chance que Mlle Rossi, ici présente, ait accepté de me dévoiler toute l'histoire. Sans elle je n'aurais jamais pu apprendre que tu as subit de l'intimidation durant tes dernières semaines à cette école. Aucun de tes soi-disant amis ne m'aurait prévenu, et je n'aurais jamais rien su puisque tu ne m'en as jamais parlé et que tu as tout dissimulé. Maintenant, grâce à elle, nous pouvons entamer des poursuites judiciaires.»
«Si j'ai subit de l'intimidation à cette école, elle venait de Lila elle-même et peut-être aussi de Chloé. C'est pour cela que je les ai éloigné de moi depuis plusieurs semaines. Que vous preniez le temps d'écouter ses mensonges, c'est encore la laisser gagner.» fit Adrien en fronçant les sourcils et croisant les bras sur sa poitrine.
«Oh! mon pauvre Adrien!» pleurnicha Lila. «Marinette t'a vraiment retourné la tête!»
«Qu'est-ce que Marinette a à voir avec quoi que ce soit dans cette histoire?» questionna sincèrement Adrien. Lui aussi mentait de mieux en mieux surtout pour protéger Marinette. «On parlait d'une histoire d'intimidation que tu as fabriquée. Pas de jeux vidéos en ligne ni du couple d'Alya et Nino. Ce qui sont nos principaux sujets de conversations à Marinette et moi.»
«Tu dis que tout est fabriqué, Adrien, pourtant tu portes une marque de morsure qui est la preuve que tu as été blessé.» pointa stoïquement Gabriel Agreste qui se tenait encore plus droit.
«Cette morsure, c'est moi qui l'ai demandé, à la personne qui me l'a faite. Je l'avoue, je suis en âge d'explorer ma sexualité, j'ai dix-sept ans et tous les psychologues de l'air moderne (qui ne sont pas des savants fous) vous diront que c'est normal d'être curieux sur le sujet.»
«Reste que c'est Mlle Dupain-Cheng qui t'a fait cette marque et peu importe le prétexte qu'elle t'a suggéré, elle t'a tout de même blessé. Les poursuites judiciaires sont donc d'actualité.» s'entêta Monsieur Agreste.
Adrien regarda attentivement Lila avant de répondre. Elle avait très bien pu les voir dans le couloir, ils n'avaient pas été très discrets. Mais, elle pouvait aussi être jalouse. Marinette était la seule personne avec qui il discutait encore avant son départ de l'école et il avait délibérément ignoré Lila. Et dans ce bureau, Lila n'était pas certaine de sa victoire. Elle serait passé à l'étape suivante si c'était le cas.
'Non, je suis certain qu'elle bluff.' se dit Adrien.
«Je ne divulguerai pas le nom de la personne qui m'a mordu en présence de Mlle Rossi.» statua Adrien. «Et si elle ne quitte pas cette maison sur le champs, je m'assurerai que les shootings des prochains jours soient compromis!» menaça Adrien.
Gabriel Agreste poussa un soupir presque théâtrale. «Mademoiselle. Merci de l'aide précieuse que vous nous avez apportée.» fit le paternel en se tournant vers elle. «Je ne vous retiendrai pas plus longtemps. Il se fait tard, mon chauffeur va vous raccompagner. Ce que vous avez fait pour notre famille est fort apprécié.»
«C'est naturel!» lui répondit-elle avec un sourire innocent. «Qu'est-ce que je ne ferais pas pour mon précieux Adrien!»
«C'est tout à votre honneur de veiller sur quelqu'un qui vous insulte et vous traite de la sorte. Vous êtes quelqu'un de bien, mademoiselle. Bonne soirée.»
«C'est trop d'honneur, vraiment, Monsieur. Bonne soirée, également.»
Adrien serra les dents durant l'échange d'une hypocrisie extrême qui se déroulait devant lui.
La pièce resta silencieuse un instant et Adrien voulu reprendre ensuite: «Père, depuis quelques années, vous me traitez-»
«Il suffit!» claqua Gabriel aussi froid qu'une lame d'acier.
«Si tu penses que j'ai été dur avec toi depuis ton enfance. Tu n'as encore rien vu.» menaça-t-il son fils. «Plutôt que de te plaindre tu devrais être reconnaissant de tout ce que tu as. Je ne parle pas de jouets électroniques ou de divertissement, Adrien. Peut-être trouves-tu que j'ai été trop dur avec toi en te demandant d'être mannequin pendant autant d'heures alors que tu étais aussi jeune. Peut-être aurais-tu préféré être traité comme les adolescents de ton âge?»
«Oui, Père. C'est ce que je voudrais aussi encore aujourd'hui!» affirma Adrien. Y avait-il vraiment une porte de sortie?
«Bien.» statua Monsieur Agreste. «Nous allons donc changer ton mode de vie. J'en ai assez de me battre avec toi pour que tu coopères vers notre avenir commun. J'abandonne. Tu es consigné à ta chambre. Pas d'internet. Pas de jeux vidéo. Tu dois te consacrer uniquement à tes études pour ton futur métier afin de rattraper ton retard dans le domaine. Pas de piano, plus de chinois, plus d'escrime. Tes activités physiques se résumeront dorénavant à entretenir le jardin du manoir. Tu seras payé, bien sûr. Mais, tu ne toucheras pas à ton salaire. Je le ferai directement suivre au cuisinier afin qu'il t'achète ta part des livraisons que tu devras cuisiner toi-même.»
«Mais, vous avez dit... sans internet. Comment je vais apprendre à cuisiner?» s'inquiéta Adrien qui se répétait déjà qu'il était aussi ChatNoir pour éviter de se casser en miette.
«Comme dans la vraie vie. Par essaie-erreur. La majeure partie de ton salaire ira également aux mannequins qui seront payés pour te remplacer dans les shootings photos de cette semaine. Il y aura certainement un écart de salaire à combler. Maintenant, si tu refuses l'une de tes tâches ou si tu entres en contact avec ces gens de mauvaises influences, tu perdras également les privilèges qu'il te reste. C'est à dire ta chambre avec vu et tout ce qui s'y trouve. Tu as eu beaucoup de chance de naître dans une famille qui pouvait t'offrir un espace suffisant pour contrer ta claustrophobie.»
«Vous vous décidez à présenter votre visage de tortionnaire, maintenant?» retourna Adrien hargneusement.
«Non. La plupart des jeunes parisiens n'ont jamais eu la même chance que toi et puisque tu ne veux plus être traité comme un Agreste, tu seras traité comme n'importe qui. Tu dois apprendre à vivre comme le reste des masses afin de te préparer à ton avenir. Et ne te fais pas d'illusion, cette fois, c'est permanent.»
Adrien remonta à sa chambre. Elle avait déjà été débarrassée de tous les objets qui étaient maintenant défendus par son père. L'ordinateur était toujours là, mais en regardant bien, il s'aperçut qu'il n'y avait plus de connexion internet.
Pensant rapidement, il sortit son téléphone pour prévenir ses amis sur leur messagerie que s'il les ignorait, c'était par obligation.
Il fronça les sourcils. Son père avait oublié qu'avec ce téléphone, il avait accès internet et à sa messagerie. Lorsque trois coups frappèrent à sa porte, il retira en vitesse la carte mémoire et la cacha dans son dos, quand Nathalie décida d'entrer sans attendre son autorisation.
«Votre père m'envoie chercher-» Elle avisa le téléphone défait sur le bureau. Adrien ouvrit sa main et Plagg qui avait tout suivit récupéra la petite puce électronique.
Discrètement, il s'envola hors de vue de l'assistante pour la dissimuler dans l'une des prises d'escalade fixée au mur.
Nathalie réclama la carte à Adrien, évidemment.
«Je l'ai avalé.» lui répondit le grand blond.
Retenant un soupir, elle la chercha un peu elle-même puis, envoya un message texte.
Gabriel Agreste, suivit de son nouveau garde-du-corps entrèrent dans la pièce. «J'exige que tu nous remette cette carte Adrien.»
«Ce sont des données privées. Même les gens des masses populaires ont droit à la confidentialité des données. C'est écrit dans la loi. Et il y a autre chose auquel j'ai le droit selon la loi. À commencer par ne pas me sentir menacer dans mon intégrité morale.»
«Je vais supporter ton insubordination pour ce soir et la mettre sous le coup du changement, Adrien, mais n'oublie pas que tu ne dois t'attendre à aucun passe droit de ma part.» l'avertie son père encore plus froidement que d'habitude.
Nathalie récupéra le téléphone sur le bureau, mais, avec rapidité, Adrien récupéra le boîtier.
Son père et lui s'affrontèrent encore du regard avant que celui-ci ne tourne le dos et ne sorte.
N.A. J'ai fait des recherches et j'ai découvert que les téléphones intelligents actuels ne fonctionnent plus comme ça. Pratiquement tout est enregistré directement sur le téléphone et donc, pour détruire ses données, Adrien aurait dû submerger son téléphone dans les toilettes avant de le jeter par la fenêtre mais, bon, j'aime mieux la version que j'ai gardée plutôt qu'une plus réaliste. Désolée pour ceux qui préfère quelque chose de plus réaliste.
