Le soir même, Kagami passa à la prochaine phase de son plan. Elle appela Marinette pour lui apprendre qu'elle avait discuter avec Adrien et qu'il était ravi qu'elles soient maintenant amies. Elle lui demanda aussi si elle pouvait encore passer du temps avec elle le lendemain et l'invita chez elle cette fois.

Marinette accepta et se présenta à la grille d'un petit hôtel particulier le lendemain en après-midi.

Kagami l'accueilli elle-même et la guida à sa chambre après lui avoir présenté sa mère qui travaillait à son bureau dans une grande bibliothèque.

Le hall d'entrée et le parloir contenaient de très belles pièces d'art, tableaux et vases, mais le reste de la résidence en semblait dépourvue.

La chambre de Kagami était immense, située au plus haut niveau et sans aucun grain de poussière. Tout y était minutieusement rangé et ordonné à sa place à l'exception de trois miroirs sur pied qui semblaient avoir été transporté sur place pour une raison spécifique.

Tout près de ceux-ci, un portant sur roulette soutenait des tenues emballées dans des housses à vêtement.

«Je dois t'avouer que je t'ai fait venir ici pour une raison spécifique, Marinette. Comme tu as du talent dans le domaine de la mode, je voulais te demander conseil sur ce point. Accepterais-tu de m'aider à composer divers tenues?» demanda gentiment Kagami.

«Évidemment, ce sera avec un grand plaisir!» s'enthousiasma Marinette en allant regarder du côté des tenues neuves.

«Mère a fait livrer les créations de la ligne Gabriel qui est en boutique présentement et on peut aussi utiliser le contenu de ma garde-robe.» lui indiqua l'héritière en ouvrant les deux portes d'une armoire monumentale.

Marinette ouvrit des yeux ébahis. Elle avait plus souvent vu Kagami avec des uniformes d'écolière ou portant des tenues traditionnelles. Elle ignorait qu'elle possédait autant de magnifiques ensembles.

«Franchement, Kagami, je ne sais pas pourquoi tu as besoin de moi, tout cela est magnifique et parfaitement assortit. Tu peux enfiler n'importe laquelle de ces tenues pour un rendez-vous avec Adrien dans un lieu public où vous serez vus par les reporters. Et déclarés couple de l'année et passer la plus belle soirée de votre vie.»

«Là n'est pas le problème, Marinette.» soupira profondément l'autre jeune femme. «Lorsque j'ai demandé à Adrien de sortir avec moi pour son anniversaire, il n'a pas été très enthousiaste. Mon style personnel a été mentionné parmi les raisons pour lesquelles il ne voulait pas entamer une liaison avec moi.»

«Adrien à dit ça? Il a été jusqu'à critiquer ton look personnel?» s'étonna Marinette.

«Pas exactement.» admit Kagami. «Il n'a pas parlé de mes tenues. À vrai dire, il m'a souvent complimenté sur le sujet. Il parlait, en fait, de ma personne en général. Tu vois ces films où les jeunes filles se réinvente un tout nouveau look pour séduire un garçon, je crois que c'est ce qu'il me faut.»

«Kagami, je crois personnellement que les couples doivent se former d'abord pour ce qu'i l'intérieur plutôt que sur l'apparence.» fit lentement Marinette.

«Donc, tu accepterais de m'aider à "relooker mes compétences" si je puis dire?» demanda Kagami.

«Comme... de t'apprendre à cuisiner?» suggéra la franco-chinoise qui essayait de comprendre.

«Exactement! Quoi que je pense qu'il y a des talents qui me seront plus utilises pour séduire Adrien que la cuisine.» sourit Kagami qui sentait qu'elle touchait au but.

«Ah bon? Quelle talents?» demanda innocemment Marinette.

«Reste-là, je reviens!» s'exclama Kagami.

Elle revint cinq minutes plus tard avec une attirail de cuir composé d'un corset noir et de lanières rouges. Elle portait aussi un masque rouge, des bas transparents noirs, des talons et tenait un fouet avec de multiples lanière de cuir à la main.

«Euh, où as-tu pris ce genre d'idée?» s'effraya Marinette.

Elle savait bien pour lui avoir fait une morsure qu'Adrien n'était pas le garçon simple et innocent que tout le monde imaginait en le voyant. Elle espérait encore que ce n'était qu'une passade chez lui.

Mais avait-il confié à Kagami certains de ses phantasmes secrets? Lui avait-il demandé de faire des gestes osés et expérimentaux avec lui? Avaient-ils déjà fait certaines choses? Marinette sentait déjà la jalousie lui brûler la gorge.

«C'est lui qui m'en a parlé. Il a dit qu'il préférait avoir une relation de type dominatrice-soumis et que la relation traditionnelle que je lui proposait n'était pas suffisante pour lui.» raconta l'escrimeuse. «Mais il voudrait tout de même être avec moi. C'est la méthode qui fait obstacle pas qui nous sommes.» précisa-t-elle.

«Euh, d'accord, et quelle aide attend-tu de moi? Je ne suis pas spécialiste des costumes BDSM.» fit Marinette incertaine.

«Je n'ai pas d'autre amie, Marinette. Il n'y a qu'à toi que je peux demander ce service.» avoua l'autre avec malaise.

«Quel service?» s'effraya l'amie en question.

Kagami retira une boite d'expédition de commandes internets du fond de la garde-robe et la tendit à Marinette. «J'ai besoin de quelqu'un sur qui me pratiquer.»

Une demi-heure plus tard, Marinette portait un harnais qui ne laissait pas vraiment de place à l'imagination et une balle de plastique ronde entre les lèvres. Ses poignets étaient liés dans son dos et pendant qu'elle était agenouillée au sol, Kagami la dominait de toute sa hauteur en tournant autour d'elle.

Le fouet à multiple cordes avait déjà caressé son dos et son postérieur. Heureusement, elle avait insisté pour garder sa culotte même si elle avait perdu la discussion au sujet de son soutien-gorge et la pièce de vêtement du même coup.

Elle se trouvait donc, dans une maison inconnue avec celle qu'elle devait bien nommée sa rivale, la poitrine dénudée, les mains immobiles et elle n'éprouvait pas exactement d'excitation pour la situation.

Les paroles humiliantes et crues de l'autre jeune femme ne l'impressionnaient pas exactement et ne l'excitaient pas du tout. L'attention de Marinette s'était déjà détourné de la situation pour se demander si ce qui la dérangeait le plus était la soumission, les femmes en générale ou uniquement Kagami.

«Liche le plancher!» lui ordonna tout à coup la dominatrice qui devait s'être rendu compte qu'elle n'avait pas le résultat attendu.

Marinette la regarda avec incrédulité. Finalement trop ennuyée, Marinette tordit ses poignets et se libéra des lanières de cuir qui la retenaient. Ce n'était pas très compliqué, le cuir était extensible.

«Bon, maintenant, c'est assez!» s'emporta-t-elle en se relevant d'un mouvement fluide tout en arrachant le bâillon. «Au sol. Tout de suite. Tu t'étend de tout ton long sur le plancher et tu m'écoutes.» ordonna-t-elle en lui prenant le fouet des mains.

Incertaine et malgré elle, Kagami obéis.

«Maintenant, tu relèves ton joli derrière et tu me montres ce que j'ai envie de voir.» Kagami obéis et Marinette passa derrière elle pour glisser son pied nu entre les genoux et écarter ses jambes.

Elles restèrent longuement dans cette position dans bouger. Kagami ne pouvait pas voir ce que faisait Marinette, juste qu'elle était derrière elle. Elle finit par tourner le visage mais, Marinette eu un rictus mauvais.

«Je ne t'ai pas dit de bouger. Ni de me regarder. Ni de perdre ta position.» fit-elle triomphalement. «Compte pour moi.» ordonna-t-elle encore suavement. Elle donna un premier coup avec le fouet. Délicatement pour s'assurer de ne pas blesser Kagami.

«Un» compta l'autre sans aucun plaisir d'avoir perdu sa supériorité.

Marinette donna un second coup un peu plus bas sur les cuisses mais toujours aussi délicatement.

«Deux» reprit sa "soumise" la voix un peu plus difficile.

Avec un autre sourire cruel, Marinette retourna le fouet dans sa main pour tenir les lanières et envoya le manque de plastique frapper avec un peu plus de force exactement à l'entrée du sexe de sa rivale qui portait une minuscule culotte.

Kagami grogna et lui jeta un regard de reproches.

Marinette plaça se mains sur ses hanches et fronça le visage parce que Kagami s'était encore retournée.

L'autre fit un bruit de frustration et replaça son visage contre le sol.

«Je n'ai rien entendu.» fit Marinette. «Souhaites-tu que je recommence?» demanda-t-elle très sure d'elle-même.

«Trois» grogna Kagami.

«Bien» la félicita l'autre. «Maintenant, récite dans l'ordre les positions de base d'escrime.» ordonna-t-elle encore.

Kagami s'exécuta avec facilité. «Bonne fille» félicita encore Marinette avec une douce caresse d'appréciation sur la chevelure de Kagami. «Maintenant, compte de 20 jusqu'à zéro en japonais.»

Kagami fit ce qu'on lui demandait et pendant tout le temps où elle le faisait, Marinette lui offrait une nouvelle caresse sur sa chevelure pour chaque mot.

Lorsque Kagami n'eut plus de nombres, elle s'éveilla d'une semi-transe où l'avait placé les gestes de Marinette. Avec surprise, elle se demanda comment elle avait pu perdre si facilement le contrôle d'elle-même.

Mais avant qu'elle n'ait sa réponse, le dessus du pied de Marinette était collé contre l'intérieur de son sexe et Kagami gémit. Elle sentit l'intérieur d'elle-même se contracter et un étourdissement la gagner.

Marinette sourit encore et utilisa ses orteils pour trouver les points sensibles de l'autre. Malgré sa position précaire, elle réussit à rester en équilibre et à s'occuper de Kagami jusqu'à ce qu'elle sente l'humidité traverser le sous-vêtement.

Lorsque le souffle de Kagami se bloqua dans sa gorge, Marinette devina que le plaisir de Kagami augmentait. Sans l'aider à atteindre l'orgasme, elle arrêta sa caresse, déposa le fouet sur une table et prit ses vêtements qui s'y trouvaient.

Sans retirer le harnais pour gagner du temps, elle enfila son pantalon et sa chemise.

«Tu pars juste comme ça?» fit l'autre dépitée.

«Je crois que j'ai fait la preuve que de nous deux, c'est moi qui doit occuper la position de dominatrice. Et je dois te remercier pour ça. Je ne pensais pas avoir cette capacité en moi.» fit sincèrement Marinette avec beaucoup plus d'assurance.

Sans prendre le temps d'enfiler ses souliers, elle sortie de la chambre en saluant : «À la prochaine 'Gami.»


À quelques reprises durant les semaines suivantes, ChatNoir surprit le regard de Ladybug traîner du côté de Luka ou du côté du bateau où il habitait. Il se demandait ce qu'elle lui voulait. Et une certaine lueur rouge sur les joues de l'héroïne lui donnait des indices vers une possibilité qu'il n'aimait pas.

Que serait-il sans elle? Si elle l'abandonnait? Si elle le laissait derrière pour vivre heureuse avec un autre? Quelqu'un comme Luka qui n'avait pas de problème de comportement, à qui la mère avait permis de grandir et de devenir ce qu'il voulait?

Luka était bien plus fort que lui. Il était même capable de porter le serpent alors que lui-même avait lamentablement échoué à le faire. Leur ami avait même prouvé ce jour-là qu'il était capable de maîtriser ses émotions avec efficacité alors qu'Adrien en avait pratiquement perdu tout contrôle.

Il avait retrouvé une nouvelle vie plus stable mais il savait qu'il n'allait toujours pas bien. Que lui arriverait-il la prochaine fois que son père ferait une crise?

Peut-être que Ladybug connaissait Luka dans sa vie secrète et qu'elle était amoureuse de lui depuis toutes ces années? Peut-être que Luka était son mystérieux rival? Mais, là où son raisonnement faisait défaut, c'était que Luka aimait Marinette, il était bien au courant de cela depuis son akumatisation en Silence.

Et donc, sauf si secrètement, Luka jouait sur deux tableaux à la fois, comment Ladybug pouvait-elle s'être rapprochée de Luka si de son côté, il voulait être avec Marinette?

Peut-être aussi tout simplement que la raison pour laquelle Ladybug n'avait jamais pu se déclarer à son crush était qu'elle le savait amoureux de Marinette?

Peut-être Luka était-il sur le point de délaisser Marinette pour Ladybug faisant ainsi de la peine à la première?

Mais ChatNoir n'avait pas l'ombre de la plus petite preuve concernant une ou l'autre de ses théories. Sa Lady était si mystérieuse. Et même si il aurait aimé à une certaine époque qu'elle partage les secrets des miraculous avec lui, aujourd'hui, il avait accepté de ne pas savoir.

Par contre, ce qui le dérangeait était qu'il y avait tout un pan de sa vie personnelle qu'elle ne partageait pas avec lui. Où allait-elle lorsqu'elle disparaissait? Était-elle en sécurité? Heureuse? Comment pouvait-il savoir qu'elle reviendrait à chaque fois?

Toute cette absence de réponse le dérangeait parce qu'il y avait en lui la peur latente de perdre sa Lady comme il avait perdue sa mère.

Depuis qu'il connaissait sa partenaire, il essayait de la comprendre et de la connaître. Mais, chaque fois qu'il pensait avoir découvert un indice sur elle, de nouveaux mystères faisaient surface.

Il avait l'impression qu'elle ne serait jamais totalement à lui peu importe les promesses qu'elle lui ferait. C'était à la fois déstabilisant par la nature de la chose mais également rassurant parce qu'il sentait que c'était de cette façon que cela devait être.

Ladybug ou qui qu'elle soit sous le masque avait autant besoin de liberté que lui-même.

Toutes les théories d'Adrien au sujet de Luka n'étaient encore que des suppositions quand arriva un grand coup qui frappa Adrien au cœur.

Durant sa période libre après le déjeuner, celle où il mêlait sieste et étude, un flash info était apparu sur son écran. Un problème à la station de télévision.


Revenant chez lui après le combat, Adrien était si détruit qu'il n'eut même pas la force de se rendre à son lit. Il resta sous sa fenêtre et laissa sa transformation se terminer en ignorant les plaintes de Plagg qui réclamait du camembert.

Il se sentait vide.

Il n'était plus retourné chez Marinette depuis de nombreux jours. Après qu'elle lui eu permit de dormir dans son lit avec elle un soir, il avait décidé de respecter son souhait et de ne plus aller la visiter. Elle avait été assez généreuse pour le soutenir dans ses moments difficiles mais, il ne pouvait pas abuser de sa gentillesse.

Mais, aujourd'hui, il s'était sentit...trahi? Trahi par la vie peut-être.

Comme si une vérité qu'il prenait pour acquise s'était révélée fausse. Comme si on venait de lui apprendre qu'il avait le cancer. Comme si du jour au lendemain, il venait d'être condamné à ne plus jamais revoir les étoiles, sans aucune raison et sans qu'il n'ait pu leur dire adieu.

«Et qu'est-ce qui t'arrive encore?» demanda Plagg exaspéré par les sautes d'humeur de son porteur, revenant vers lui avec sa ration de fromage en main, probablement la troisième.

«Je ne sais pas.» avoua Adrien.

«Et à cause de ça tu as décidé de rester vautré sur ton plancher?» demanda Plagg avec mépris.

Adrien lui fit des yeux noirs et se releva pour aller s'allonger sur son lit. Plagg avait raison, une bonne sieste ne lui ferait pas de tord, il avait l'impression d'avoir mal partout.

Comme si la fatigue coulait dans ses veines et le paralysait de lourdeur.

Il avait beau essayer de dormir par contre, il s'en sentait incapable. Le sommeil aurait engourdit la douleur et la peine mais, cette consolation semblait lui échapper.

«Vas-y Adrien, parles-moi.» réclama Plagg qui du même coup lui reprochait de ne pas lui faire confiance.

«Aujourd'hui, j'ai eu la preuve que Marinette n'est pas Ladybug et ça me fait mal.» déclara-t-il d'une voix faite de souffrance. «Je n'en sais pas plus. Je n'avais jamais pensé qu'elles pouvaient être la même personne alors, je ne comprend pas pourquoi je suis aussi abattu.»

«Tu es certain que tu ne l'as jamais, souhaité?» retourna Plagg. «Les rêves ne sont pas toujours logiques. Les maisons faites en camembert ne résisteraient pas très longtemps surtout une fois que je les aurais trouvées mais, c'est un bien joli rêve tout de même de penser qu'il y en a qui existent quelque part et qui attendent que je les découvre.»

Adrien resta silencieux un long moment. «Tu as raison.» dit-il tristement. «Je crois que d'une certaine façon, j'étais convaincu qu'elles étaient la même personnes. Marinette. Elle serait si parfaite comme porteuse de la coccinelle. Elle a une imagination et une créativité folle.» s'emballa-t-il.

«Mais, bien plus que ça» reprit-il en s'asseyant pour faire face à Plagg. «Elles sont toutes les deux mignonnes et avec ce parfait mélange de force et de fragilité. Elles ont un fort tempérament et elles le mettent au service des autres. Mais, elles sont aussi maladroites et pleines de compassion.»

«Tout ce que tu dis prouve plutôt qu'elles sont une seule personne même si, rien dans tout ça ne représente le plus petit début d'une preuve.» se moqua Plagg.

«JE SAIS QU'ELLES NE SONT PAS LA MÊME PERSONNE! J'en ai même eu la preuve formelle aujourd'hui.» se lamenta l'adolescent. «Et ça signifie aussi que quand tout sera finit, que les masques ne seront plus une obligation, à ce moment-là... je ne pourrai jamais être avec les deux. Ce sera soit l'une, soit l'autre.»

«Il n'y aura jamais de fin heureuse...» constata-t-il faiblement.

«Et j'ai peur Plagg.» soupira-t-il. «J'ai peur de moi-même. Et si tous les sentiments que je pensais avoir pour Marinette n'étaient en fait uniquement que mes pensées ridicules qui essayaient d'atteindre Ladybug d'une autre manière? Est-ce que j'aime vraiment Ladybug? Est-ce que j'aime vraiment Marinette? Est-ce que je suis capable d'aimer finalement? Je ne m'aime peut-être même pas moi-même. Pourquoi est-ce que je ressens ce besoin de détruire ma propre vie alors que chaque fois, ça me fait encore plus mal?»

«Tu te poses vraiment trop de questions Adrien! Si tu n'aimes pas le camembert, tu devrais essayer d'autres sortes de fromages. Même si, personnellement, je n'arrive pas à concevoir qu'on aime pas le camembert.» expliqua rêveusement le kwami en caressant sa joue avec le précieux fromage. «Mais, tu vois» reprit-il en sortant de son nuage amoureux pour devenir très sérieux et plein de compassion. «L'important, c'est que tu ais du fromage à aimer. Tu peux préférer le fromage à tartiner, c'est ton choix. Mais, on ne peut pas vivre sans fromage.»

Adrien s'était promis de considérer ce que disait son kwami. Et même si le message était obscure et semblait être sans intérêt pour lui, le petit être était plusieurs fois millénaire et devait savoir une chose ou deux sur la vie.

'On ne peut pas vivre sans amour.' ça Adrien l'avait compris. Mais alors, comment pouvait-il continuer à avoir une vie s'il n'arrivait pas à trouver l'amour?

Ils étaient silencieux depuis environ cinq minutes, Adrien observant son plafond et laissant la fatigue le gagner et Plagg consultant son nouvel exemplaire de son magasine préférée, lorsque le kwami disparu précipitamment.

Lentement, Adrien réalisa qu'il y avait eu du bruit à la porte de sa chambre. Il se réveilla subitement et rampa vers le pied du lit avec curiosité pour savoir ce qui avait fait ce bruit. Si quelqu'un était entré, la personne se serait annoncée et il avait toute confiance en Plagg pour ne pas être repéré, cela semblait être une capacité magique chez lui.

Celle qu'il découvrit fut bien loin des personnes qu'il pensait trouver.

«Lila?» se fâcha-t-il en découvrant la jeune femme qui retirait sa robe devant sa porte. Le vêtement était toujours devant son visage et elle n'avait pas remarqué qu'Adrien l'avait aperçue.

Elle termina précipitamment de retirer le vêtement et s'avança vers lui, ondulant des hanches dans ses sous-vêtement et se recoiffant d'une main légère. «Bonjour Adrien, j'ai pensé que tu pourrais vouloir de la compagnie. Tu es si seul ici.» roucoula-t-elle.

«Sors d'ici.» lui ordonna-t-il en se redressant.

Plus vite qu'il ne l'aurait voulu, elle fut sur lui pour le clouer au matelas.

«Arrête Lila, stop. Je ne veux pas!» protesta-t-il en se dégageant. Puis, il se rendit compte qu'il parlait comme une victime.

Bien droit et sérieux, il alla ouvrir la porte de sa chambre. «Tu n'es pas la bienvenue ici. Sort!»

Elle s'avança langoureusement vers lui. «Mais, Adrien puisque ça n'a pas marché entre Ladybug et toi, c'est notre chance d'enfin être ensemble puisqu'elle ne nous en empêchera plus! Je te pardonne de t'être intéressé à cette médiocre Marinette. Elle est si fourbe de t'avoir fait croire qu'elle était cette garce de coccinelle. Mais, maintenant au moins, tu es délivré de toutes ces vilaines filles.»

Adrien était resté si surpris par tout ce qu'elle avait découvert qu'il réagit trop tard, et qu'elle avait déjà les bras autour de son cou avant qu'il ne la repousse.

Lorsqu'il essaya de la dégager, ses ongles étaient fermement plantés dans sa nuque et dans le haut de son dos. Il poussa tout de même et malgré la douleur cuisante, il fut soulagé d'être libre. Il respirait mal lorsque Lila était près de lui. Rien que son odeur naturel lui donnait la nausée.

Lila se retrouva au sol et il s'empressa de ramasser sa robe pour la lui jeter.

«Ce n'est pas parce que ni Ladybug, ni Marinette ne veulent être avec moi que je vais nécessairement me rabattre sur toi. Je préfère être célibataire qu'être avec toi Lila. Tu me dégoûtes. Et je te déteste.» cracha-t-il.

Lila allait argumenter en affichant son air sournois de renarde mais Adrien, la coupa. «Et oublie le concept amour-haine. Je n'ai aucun désir physique pour toi non plus. Tu comprends: » souffla-t-il méchamment en se rapprochant et en s'inclinant à sa hauteur. «Je ne banderais jamais pour toi

Elle le repoussa pour se mettre debout mais, plutôt que de sortir civilement avec ce qui lui restait de fierté, elle agrippa fermement deux grosses poignées de sa tignasse sur son front et tira.

Adrien grogna de douleur et tenta de dégager ses mains mais, ne fit qu'accentuer la pression cuisante sur son cuir chevelu.

Changeant de tactique, il lui donna un coup moyen dans le ventre pour la surprendre et la pousser à lâcher sa prise.

Mais elle poussa une cri de rage et tenta d'atteindre ses yeux avec ses ongles. Il écarta le visage juste à temps mais elle réussit à le griffer profondément juste à côté de l'œil.

«Que signifie tout ce tapage?» tonna la voix courroucée de Gabriel qui se présenta en personne dans l'entrée de la chambre suivit de Nathalie et du Gorille.

«Votre invitée est entrée dans ma chambre sans permission!» l'accusa Adrien en grimaçant de douleur.

«Adrien, tu m'as dérangé en plein travail. Est-ce que tu te rends compte à quel point ton comportement est déplacé?» poursuivit Gabriel.

«Adrien? Elle vous a blessé?» s'inquiéta Nathalie en s'approchant de lui avec inquiétude.

Au fond d'elle-même, elle espérait toujours que la mésentente se calme entre le père et le fils. Surtout si Émilie Agreste revenait. Et elle espérait qu'un jour, Adrien puisse reprendre sa carrière de mannequin.

Si cette fille encombrante l'avait défiguré, elle ne le lui pardonnerait pas.

«Je n'ai pas eu le choix! Il m'a forcé à retirer ma robe et voulait me faire des choses. Moi, je voulais juste lui tenir compagnie en tant qu'amie.» se plaignit Lila au bord des larmes, pourtant aucune ne coulait sur ses joues.

«Arrête ton cinéma Lila. Tout le monde ici est au courant que tu ne m'intéresses pas. Et ce n'est pas parce que je suis un mec et toi une fille que ça veut automatiquement dire que c'est ma faute. Tu es entrée dans ma chambre, sans demander et si cette preuve n'est pas suffisante, je te rappelle que tu as déjà été akumatisée deux fois parce que tu ne pouvais pas m'avoir.»

«Il suffit Adrien. Mlle Rossi m'a demandé la permission de venir te demander conseil en tant que mannequin d'expérience. Elle va devenir la nouvelle image de la compagnie à ta place. Je suis certain que tout le reste n'est qu'un malentendu. Est-ce qu'il a besoin de points de suture?» demanda-t-il à Nathalie.

Durant l'échange, l'assistante était allé chercher un linge humide de la salle de bain et avait nettoyé la nuque d'Adrien. «Peut-être des soins de la part d'un spécialiste pour les stars afin qu'il ne garde pas de démarcations mais, il n'a pas besoin d'aller à l'hôpital.»

«Bien. dans ce cas, l'incident est clos. Et que cela ne se reproduise plus. Adrien, je te rappelle de rester courtois avec nos invités.» Gabriel Agreste se retournait déjà pour sortir de la pièce.

Adrien releva la tête. «Un instant. Il reste un problème. Si je n'ai pas le droit de sortir de ma chambre pour aller dans le manoir, Lila n'a pas le droit d'entrée dans ma chambre comme bon lui semble et c'est la même chose pour tout le monde. J'ai le droit que mon intégrité physique soit respectée.»

«Tu es sous mon toit jeune homme, je décide des règlements qu'on y respecte. Tu acceptes mes règlements où tu perdras tes privilèges.» lui retourna hargneusement son père.

«Peu importe vos règlements internes. Moi, je vous parle des droits de l'homme des Nations Unies. Et cela ne devrait pas s'arrêter à la grille du manoir. Nos relations fonctionnaient plutôt bien jusqu'à maintenant, avant qu'elle se pointe. J'avais l'impression que nous avions trouvé un terrain d'entente. Mais, je ne me laisserai pas maltraiter.»

«Il parlait avec quelqu'un, j'ai entendu deux voix juste avant d'entrer.» le dénonça Lila.

«Tu as un second téléphone?» accusa Gabriel «Fouillez sa chambre!» ordonna-t-il à Nathalie et au garde-du-corps. «Mais, conduisez-le d'abord dans la chambre près de la cuisine. Tu n'aurais pas dû désobéir Adrien. Je t'avais ordonné de ne plus contacter tes amis de l'école.»

«Je ne l'ai pas fait!» protesta Adrien en se plantant au sol. «Je parlais par talkie-walkie avec l'un des marmitons du Grand Paris. Vous ne me l'avez pas interdit. C'est lui qui m'a expliqué comment cuisiner mes repas.»

Gabriel soupira longuement. «Même avec cette nouvelle vie, tu continues de me décevoir Adrien. Jamais je n'aurais cru que ta mère et moi aurions engendré un fils avec une intelligence aussi médiocre. Laissons-le seul ici. Il ne mérite pas qu'on perde notre temps sur son cas.»

Peu importe ce qu'avait dit son père, l'humeur d'Adrien était déjà très basse. Ses critiques ne lui avaient fait ni chaud ni froid.

Il avait déjà l'impression d'être au fond d'un trou avant que ces problèmes ne commencent.

Se laissant tomber de nouveau au sol, Adrien ne retourna pas sur le lit lorsque Plagg tenta une nouvelle fois de le ridiculiser pour qu'il le fasse. Il profitait la fraîcheur du sol contre son corps en feu. Il avait l'impression que s'il ne le faisait pas, il exploserait.

Il avait ensuite réalisé que même s'il s'évadait, il n'y avait que bien peu de choses qui l'attendait à l'extérieur. D'accord, il savait se faire des amis, et probablement que ceux qu'il s'était déjà fait lui viendraient en aide s'il le leur demandait mais, était-ce suffisant? Il ne voulait pas non plus être un fardeau pour eux.

Et ils commençaient à lui manquer.

Il ne savait toujours pas qui il était véritablement et ce qu'il voulait devenir plus tard malgré son désir de chercher à le découvrir. Il ne faisait plus que survivre en attendant le prochain mauvais coup du sort et sa fin prochaine.


Mais la journée n'était pas encore terminée, Ladybug et ChatNoir affrontèrent un autre akumatisé en soirée, un de ceux qui pouvaient contrôler les objets pour qu'ils lui obéissent.

Il se prenait pour le Mickey Mouse apprenti sorcier de fantasia et plutôt que de nettoyer lui-même les galeries marchandes comme c'était son travail, il avait animé des accessoires pour faire le ménage à sa place. Seulement, lorsqu'il avait vu les héros, il avait envoyé tous les seaux et des balais contre eux.

Pendant le combat, Ladybug remarqua que ChatNoir s'en prenait volontairement à toutes l'opposition qu'il pouvait trouver plutôt que d'esquiver. En l'observant encore plus, elle remarqua qu'il semblait prendre plaisir à se battre. Il recevait les coups et les distribuait avec une constance aveugle.

Elle avait finalement dû le sortir de sa transe en utilisant une trompette pour le faire participer au plan.

«Ça va là? Tu es avec moi?» s'assura-t-elle lorsqu'elle eu finalement son attention.

«Oui» soupira-t-il. «J'avais juste un surplus d'énergie à dépenser.» Il paraissait toujours en colère ou frustré mais d'attaque pour suivre ses instructions.

«Ok. J'ai juste besoin que tu détruises un peu le sol sous ses pieds pour qu'il perde l'équilibre.» lui demanda-t-elle.

«Ça marche.» approuva-t-il.

Les héros repartirent à la poursuite du vilain qui tentait encore de coordonner toutes les vadrouilles en sautant à gauche et à droite en suivant le rythme de la musique magique qui sortait de nulle part.

En se coordonnant avec lui, ChatNoir envoya son cataclysme en ligne droite pour détruire l'endroit où le Nettoyeur allait se poser. Le geste fonctionna mais une canalisation du plancher se rompit également et fendit l'espace en passant au travers du sol, surprenant le héros.

ChatNoir prit le coup de la tuyauterie sur tout le corps et fut balayé vers une grande vitrine qu'il traversa avant d'être arrêté dans son élan par une colonne en miroir. Il retomba inerte au sol parmi de petits appareils de cuisines qu'il avait renversés.

«CHAT!» hurla Ladybug. Elle ne voyait pas s'il était blessé ou non. Il était trop loin. Elle savait juste que l'akumatisé remuait à ses pieds et elle lui arracha ses écouteurs en forme d'oreilles de mickey.

Ils diffusaient toujours de la musique jusqu'à ce que Ladybug les précipites au sol et stoppe toute l'attaque avant que les brosses à plancher puissent se jeter sur elle.

Elle envoya immédiatement la boite de savon qui lui avait servit à distraire l'attention vers le plafond pour réparer les dégâts. Elle purifia ensuite l'akuma et alors seulement elle se dirigea vers son partenaire.

Il était toujours au sol et se relevait lentement, inspectant ses côtes et la base de ses épaules. «Tu vas bien?» lui demanda-t-elle avec empressement.

«Ça va, merci.» repoussa-t-il ses mains avec agacement. «C'est pas comme si tu en avais quoi que ce soit à faire de toute façon.» répondit-il les dents serrées.

Il se releva pour sortir de la boutique d'ustensiles de cuisine et elle le retint en se levant à son tour. «J'ai d'abord utiliser le miraculous lucky charm avant de venir te voir pour te guérir le plus vite possible.» se défendit-elle.

«Mais, est-ce que tu t'es demandé si j'avais envie d'être guérit?» lui fit-il remarqué.

«Mais, qu'est-ce qui te prend maintenant?» se fâcha-t-elle à son tour. «Je pensais que c'était juste tes hormones qui te travaillaient et t'excitaient mais, ces combats, ça va trop loin. Tu es aussi agressif en dehors de l'uniforme? S'il t'arrive quelque chose et que tu n'es plus capable...» lui reprocha-t-elle.

À ses mots, ChatNoir s'était carrément enfui. C'était ça ou lui hurler dessus en retour de ses critiques. Pourquoi, après tout ce temps, n'avait-elle toujours pas confiance en lui.


Promis, les trucs de couple arrivent!