Elle se rendit directement sur place et, cachée parmi l'architecture près du sol, se transforma mais n'engagea pas la conversation avec Tikki qui mangea lentement un macaron, fière de voir sa porteuse garder son calme.
Elle donna simplement un câlin sur sa joue pour l'encourager lorsqu'elle fut prête. Marinette rigola et retourna le geste affectif à sa grande amie, heureuse de l'avoir retrouvée.
Elle était la première sur le toit et effectivement, elle en profita pour faire les cent pas en attendant son partenaire.
Il prit son temps pour revenir, tellement, qu'elle cru qu'il avait changé d'avis. Ce qu'elle ne savait pas, c'était qu'il avait couru jusqu'à sa chambre pour apercevoir Marinette.
Mais, en voyant sa chambre plongée dans le noir, il s'était rendu compte de l'heure avancée de la nuit et avait rebroussé chemin.
«Bon, alors» ouvrit Ladybug. «Avant toute chose, je veux revenir sur ce qui s'est passé aujourd'hui. J'ai vu Maître Fu aujourd'hui et il avait parlé de cacher les miraculous. Je pensais par contre avoir réussi à le dissuader de le faire. Mais, il s'en voulait tellement d'avoir provoquer ce sentimonstre et tout ce que cette créature a fait lorsqu'il en a perdu le contrôle. C'est pour ça qu'il a agit de cette manière.»
ChatNoir ne répondit pas. Il ne fit que soupirer, il comprenait et acceptait même s'il était toujours déçu. Il voyait bien qu'elle n'avait rien à voir dans cette histoire. Seulement, elle ne lui faisait toujours pas confiance.
«Ni lui ni moi, n'avons jamais pensé que ton travail laissait à désirer d'une quelconque manière. Tu es excellent. Plagg ne te l'a jamais dit?» lui assura-t-elle.
«Il- il m'a bien dit qu'il était attaché à moi et qu'il ne voulait pas d'un autre porteur. Mais, nous n'avons jamais discuter de mon travail. J'ai toujours l'impression qu'il reste avec moi parce que je le gâte trop et qu'il adore.» expliqua-t-il timidement et elle sourit en réponse.
«Bien, ce que je voulais te dire d'autre aussi...» poursuivit-elle lentement. «Tu vois, je sais que tu as rendu visite à Marinette lorsque ça n'allait pas. Et je suis vraiment heureuse que tu ais trouvé quelqu'un en qui tu avais confiance pour te confier. Mais, il y a une chose importante que tu dois savoir.» dit nerveusement l'héroïne en humectant sa lèvre.
'Elle va me mentir' songea ChatNoir. Mais, il attendit tout de même.
«Écoute jusqu'au bout s'il-te-plaît avant de réagir trop vite. Marinette m'a confié un de tes secrets parce qu'elle pensait que je pouvais t'aider sur un certain point. Elle m'a informé que tu craignais que ton père te garde enfermé si tu essayais de le quitter après ta majorité.»
ChatNoir passa des soupçons à l'incompréhension. Pourquoi Ladybug lui parlait-elle de cela?
«Il y a des tensions entre mon père et moi, c'est vrai. Et c'est vrai aussi que les choses ont changé entre nous. Et je n'ai plus peur qu'il veuille à tout prix me garder avec lui dans l'entreprise mais je, j'ai de plus en plus peur de ce qu'il pourrait faire. Je ne sais plus du tout ce qu'il compte faire de moi. Je pense qu'il ne le sait même pas lui-même. Il a honte de moi. Il me menace souvent de m'enfermer dans une petite pièce avec des barreaux à la fenêtre et de jeter la clé.» avoua-t-il sans pouvoir s'en empêcher.
«Chat!» fit-elle avec consternation. «Tu parles de façon symbolique rassure-moi?»
«Même pas!» déplora-t-il.
«C'est affreux!» constata-t-elle.
«Je sais, je sais, je devrais aller voir une association de défense ou me rebeller comme Plagg me le conseille mais, je n'ai pas encore trouvé d'idée qui m'inspire confiance. Et après tout, c'est ma vie. On se fait à tout avec le temps.» s'énerva-t-il un instant.
«Bien justement, c'est un peu de ça que je veux te parler.» reprit-elle plus calmement. «On ne sait pas encore comment les choses se passeront dans l'avenir à cause du Papillon et tout le reste. Mais, j'ai envoyé Tikki parler à ton kwami un soir et il est d'accord avec mon idée. Si jamais nous capturons le Papillon avant que tu sois prêt à quitter ta maison, Plagg restera avec toi jusqu'au jour où tu voudras quitter ta famille afin que tu puisses t'échapper quand tu seras prêt. Et en même temps, il sera aussi là pour te soutenir.»
Avec émotion, il la remercia: «C'est vraiment gentil de sa part et une bonne idée de la tienne.»
«Tu n'en voudras pas à Marinette, n'est-ce pas? Elle m'a raconté ton secret pour t'aider.» s'inquiéta-t-elle.
«Il y a peu de personnes en qui j'ai confiance en ce monde. Toi et Marinette, vous en faites parties. Mais ceux à qui je sais que je peux me fier, ont ma confiance entière. Je vous confirais ma vie avec... avec gratitude en fait. Mais, après? Et si le scénario se déroule autrement? Et qu'est-ce qui se passera après que je me sois échappé?» questionna le héros les sourcils froncés.
«Maître Fu est âgé.» soupira Ladybug. «Tu l'as constaté tout à l'heure. Et il est en charge de la miracle box depuis qu'il est encore plus jeune que nous. Il a passé sa vie caché et en renonçant à ses rêves pour la protéger. Il a une amoureuse avec qui il n'a jamais pu être encore et ce depuis des décennies. Lorsque nous attraperons le Papillon, je deviendrai la gardienne à sa place et à ce moment, ce que je voudrais, serait de trouver une façon pour que tu restes ChatNoir pour protéger la ville pendant que je surveillerai les miraculous de chez moi.»
«Mais, tu me révéleras ton identité à ce moment-là n'est-ce pas? Parce que tu me fais confiance. N'est-ce pas? Et on pourra être ensembles?» s'inquiéta-t-il.
«Je dois faire un choix, Chaton. On ne peut pas avoir les deux. Soit je deviens la gardienne et on reste en couple et j'interviens le moins possible et je garde mon identité secrète pour toi comme pour tout le monde, soit je quitte ma famille, mes amis, toi, Paris, mes rêves d'avenir. Je deviens un fantôme comme Maître Fu l'a été après t'avoir révélé qui je suis. Si je ne te révèle pas mon secret, on aura ce qu'on a présentement. Ou ce qu'on pourrait avoir si nous n'étions pas si en froid.»
«Non, tu peux faire mieux!» se fâcha ChatNoir. «Tu pourrais me faire confiance à ton tour! Je ne te cache rien, je fais toujours ce que tu me demandes mais je veux qu'on soit vraiment ensemble un jour.»
«J'ai confiance en toi! Je te confie ma vie, chaque fois que je part au combat. Je saute dans le vide avec comme unique garantie que tu vas me rattraper si je ne suis pas capable d'atterrir!» retourna-t-elle, se laissant emporter tout comme lui.
«Je ne te parle pas de travail et de combat, je te parle de toi et moi en tant que personnes. Je veux qu'on vive ensemble, dans la même maison, qu'on partage tout, tous nos secrets et qu'on se tienne compagnie pour regarder défiler les années.» plaida ChatNoir.
«Est-ce que tu ne comprends pas que Ladybug va disparaître à la fin?» se fâcha l'héroïne en tapant du pied. «Ce n'est qu'un masque, une illusion, une fonction. Pas une personne.» dit-elle en indiquant son visage et son masque. «Ce n'est qu'un rôle comme au cinéma. Après le Papillon, il n'y aura plus que la gardienne. Et la gardienne sera seule, recluse, isolée. Pas de mari, pas d'enfant, pas de rêve de carrière et de popularité! Sans même un ami. Même sans toi, même si tu restes ChatNoir et le protecteur de Paris. Parce que plus on sera proche, plus je serai en danger.» se plaignit-elle avec douleur.
Elle tomba au sol avec des larmes d'impuissance dans les yeux. «Normalement, je devrais renoncer complètement à toi et me séparer de ma vie complètement. Disparaître. Mais, j'ai choisis ce compromis même si je n'ai aucune garantie qu'il fonctionnera.»
Pour la première fois, elle exprimait toute la peur qu'elle avait à l'idée de renoncer à sa vie pour être la gardienne. Elle ne voulait pas vivre comme Maître Fu avait vécu. Elle voulait une vraie vie. La sienne. Celle qu'elle avait choisie. Simplement, elle avait décidé qu'elle voulait la bâtir avec ChatNoir plutôt qu'avec Adrien. Mais, elle ne voulait tout de même pas devenir la gardienne.
C'était injuste et cruelle qu'elle soit privée de sa vie parce qu'elle avait accepté de protéger la ville du Papillon. Tout son être se battait contre l'idée.
«Alors renonce à ce projet si tu ne veux pas devenir la gardienne.» lui conseilla ChatNoir. Il voyait bien qu'elle détestait, elle paraissait en détresse et retenait ses genoux contre sa poitrine.
Il n'osait pas encore s'avancer vers elle, il avait peur d'abdiquer s'il le faisait et de ne plus être capable de se défendre.
«Je ne peux pas.» lui répéta-t-elle en soupirant. «Maître Fu a besoin d'un successeur. C'est mon devoir de devenir la gardienne.»
«Et nous?» questionna sombrement ChatNoir.
«On se verra aussi souvent que possible tant que je pourrai garder l'anonymat et rester cachée en pleine lumière. On volera chaque minute qu'on pourra trouver pour être ensemble. Mais, si quelque chose se passe, je peux moi aussi un jour, être celle qui s'enfuit sur un vélo en pleine nuit.» expliqua Ladybug avec tristesse et espoir.
«Je veux rompre.» supplia-il d'une voix brisé. «Ça me fait du mal d'être avec toi. Je trouverai une façon de te rendre mon miraculous à toi ou au gardien. Mais, cette fois de la bonne façon.»
Il n'avait pas fait attention à ce qu'il avait dit, il ne pensait plus qu'à essayer de retrouver Marinette et la serrer contre lui aussi longtemps qu'il en aurait besoin, des années s'il le fallait.
Il se retourna pour partir en marchant lentement, il s'éloigna sur le toit. Il entendit la corde de son yoyo mais, pensa seulement qu'elle partait aussi. Il ne prit donc pas garde lorsqu'il se retrouva ficelé et au sol.
Avec surprise, il découvrit le regard furieux de sa partenaire qui se pencha au dessus de lui en le tenant bien serré.
«Et moi je veux rester avec toi. Plus que jamais!» s'exclama-t-elle. De plus en plus, elle renonçait maintenant à Adrien. Elle s'était liée d'amitié avec Kagami quand la japonaise était venue la voir et lentement, elle commençait à remarquer qu'elle et Adrien étaient beaucoup mieux assortis qu'elle-même pouvait l'être avec lui.
Surtout, qu'elle ne pouvait même pas entrer à la résidence Agreste, son père la détestait, contrairement à Kagami. Si celle-ci faisait une sortie officielle, Adrien était son accompagnateur désigné.
Et il y avait aussi Luka mais Marinette ne le voyait pas de cette manière. Elle y avait longuement réfléchit. Elle n'était pas amoureuse de lui. Elle le voyait de la même façon qu'elle voyait Alya avec en plus le côté pratique du fait qu'il était un garçon.
D'accord, il correspondait à Marinette et elle ferait un beau couple avec lui si elle n'était pas Ladybug. Mais elle était bel et bien la coccinelle et ensuite elle serait la gardienne et ce n'était pas aux côtés de Luka qu'elle voulait mener cette vie. C'était aux côtés de ChatNoir peu importe les difficultés que cela impliquait, elle considérait qu'elles en valaient la peine.
« Je veux qu'on ait une vraie relation sérieuse. Ça fait des semaines que j'essaie de te parler pour arranger les choses entre nous et que tu ne m'écoutes pas! Tu m'accuses de manquer de confiance en toi et tu n'as pas suffisamment confiance en moi pour me confier ce qui ne va pas dans ta vie et ce que tu ressent? C'est comme ça que les couples fonctionnent. On n'abandonne pas à la première difficulté, on la résout et on passe par dessus même si c'est douloureux. Et justement, parce que c'est comme ça que les couples deviennent plus fort, en passant aux travers des difficultés.»
Elle savait qu'elle était injuste avec lui parce que dans la réalité, il s'était bel et bien tourné vers elle mais, ce n'était pas une preuve de sa sincérité, juste de ses sentiments. Et donc tout n'était pas encore parfait dans la façon dont elle le traitait mais, elle voulait continuer de s'améliorer.
«Oh!» fit-il avec gêne. «Je ne savais pas.» avoua-t-il.
«Quoi?» demanda-t-elle sans comprendre.
«Je n'étais pas au courant, enfin oui, je le savais, cette histoire sur les couples. Je l'ai déjà entendu dire. Mais, je n'y avais juste pas pensé. Tu as raison, j'ai paniqué trop vite. Je n'ai-, mes parents ne se parlaient pas devant moi. Je les ai rarement vu interagir ensemble. Mon père travaillait en permanence. Ma mère était soit avec moi, soit avec lui. Mais, il disait que je le dérangeait dans son travail alors je jouais de mon côté. Je ne sais pas comment être en couple, je sais juste comment être un ami et comment être un bon ou un mauvais parent.»
«Chat, je ne sais pas comment t'aider à résoudre tous tes problèmes mais je vais essayer de faire de mon mieux. Tu es mon copain et je veux vraiment que ça marche entre nous.» supplia-t-elle.
«Si je suis avec toi, cette fois, j'aurai besoin de savoir que tu ne vas pas me quitter. Ça me fait vraiment trop mal de penser que je te perd.» l'avertit-il. «Et l'autre garçon? Il devient quoi dans cette histoire? Je pensais que vous étiez ensembles maintenant ou que vous étiez sur le point de l'être. Tu ne t'ai pas infligé la douleur de devoir l'oublier par pitié pour moi, j'espère? S'il-te-plaît, ma Lady, dis-moi que tu ne me reprocheras jamais de t'avoir obligé à renoncer!» s'inquiéta-t-il.
«Non! Disons juste qu'il n'était pas écrit dans les étoiles que nous soyons ensemble. Ça n'a juste pas marché. J'ai renoncé à lui avouer mes sentiments. J'essaie de rebâtir une relation d'amitié avec lui, en fait, parce qu'elle s'est brisée depuis qu'il a quitté l'école. Même que maintenant, c'est lui qui vient me voir quand il en a l'occasion et dorénavant c'est moi qui établirai une limite entre nous. De l'amitié et rien d'autre.»
Même si elle avait succombé au désir d'embrasser Adrien le matin, elle avait compris ensuite qu'elle ne voulait pas d'une relation si distante avec lui. Ils ne faisaient qu'être éloignés l'un de l'autre par la vie et par eux-mêmes depuis si longtemps.
C'était comme si leur seul vrai moment de couple avait été lors de son coup de foudre sous le parapluie et qu'ensuite, ils avaient commencé doucement à se quitter. Elle avait réalisé qu'en fait, qu'elle n'avait simplement jamais eu aucune chance.
C'était surtout elle qui avait changé. Elle avait mûrie et apprit à discerner les rêves de la réalité.
D'une petite voix beaucoup plus fragile et incertaine elle avoua: «Et puis, tu es à moi.»
Il releva la tête d'étonnement, et la fixa la bouche ouverte. Il y avait tellement d'amour dans sa voix.
Avant qu'il puisse répondre, elle se reprit pour expliquer très vite: «J'ai envie d'une vraie relation avec toi, Chaton. J'ai passé le pacte avec toi parce que je n'étais pas prête et que toi tu l'étais. C'était une manière égoïste de te faire patienter. Mais, maintenant, je suis prête à être en couple avec toi et je suis prête à t'accepter comme tu es. Du moins, je ferai mon possible. Je sais que tu peux être bizarre côté sexe et ça me fait encore peur mais, on trouvera bien un compromis.»
«Tu penses que je suis si étrange?» se surprit ChatNoir.
«Bien, je t'informe tout de suite qu'il est hors de question qu'on face des trucs vulgaires dans une voiture volée!» statua-t-elle.
«Même pas contre la portière?» la taquina-t-il en ajoutant un clin d'œil et elle lui retourna un regard courroucé.
Il su alors que les choses entre eux avaient une chance d'aller mieux et il sourit avec insouciance comme avant. Pour la première fois depuis très longtemps.
«Si tu me détachais? J'adore que tu me tiennes dans ton fil mais, si tu veux que je garde la tête froide, il va falloir ralentir le jeu.» flirta-t-il.
«Ok, revenons à quelque chose de plus important et à un sujet moins glissant.» accepta-t-elle comme si quelque chose l'avait brûler. Elle relâcha la tension du fil et il se dégagea mais en restant ensuite assis au sol pendant qu'elle s'installait en face de lui mais en laissant un espace pour discuter confortablement.
«C'est ma faute n'est-ce pas? Si tu as commencé à être triste. Ton air sinistre, ce n'est pas à cause de ton autre vie, c'est ma faute surtout n'est-ce pas? C'est quand je t'ai dit que j'avais passé la soirée avec l'autre garçon au concert?» demanda-t-elle.
«Ce n'est pas ta faute, c'est la mienne. Je n'arrive pas à vivre sans toi, je suis trop dépendant. Ma vie personnelle est si vide! Je la pensais satisfaisante avant, je me contentais de peu. Mais quand tout à basculé, je n'étais pas assez fort pour résister. Je n'avais pas économisé suffisamment de bons souvenirs. Quand ma source de bonheur s'est tarie, je n'avais plus rien à quoi m'accrocher.» lui expliqua-t-il restant le plus vague possible.
Elle le trouvait difficile à comprendre parce qu'elle ne le connaissait pas assez bien. Encore un problème dû aux masques!
«Et de plus, toi, tu as toute une vie pour toi, tu n'as presque rien que tu peux réserver pour moi, pas de temps, pas de disponibilité pour penser à moi. Et moi, je m'accroche a toi comme une bouée pour ne pas me noyer. Et ça, ce n'est pas bien parce que je suis comme un parasite pour tout le monde. Pas étonnant que mon père me force à devenir autonome du jour au lendemain même si je ne suis pas prêt!» poursuivit-il.
«Tu crois que je n'ai pas autant besoin de toi que toi de moi?» se surprit-elle. «Tu es essentiel! Déjà parce que je ne pourrais pas être Ladubug sans toi, je ne pourrais pas me battre sans toi, et être Ladubug et me battre est malheureusement essentiel présentement pour que Paris, et nous aussi en tant qu'habitant réussissions à survivre. Mais ce n'est pas juste ça. Je veux plus.
Nous avons commencé comme partenaires, puis, en étant des amis, pour ensuite avoir cette relation bizarre. Mais, même si je te vois comme mon meilleur ami, reste que tu es l'une des personnes les plus importantes de ma vie. Et je veux te faire encore plus de place. Et je veux que tu sois dans ma vie pour le reste de mes jours. Même si je ne sais pas si on pourra toujours rester en couple. Mais, je veux essayer.»
En entendant ces mots, ChatNoir craqua. Il se jeta sur sa taille pour la serrer et enfouir son visage sur son ventre. «Toujours? Tu peux me promettre d'essayer?»
«Oui, je te promet de faire tout en mon pouvoir pour essayer de rester avec toi.» lui dit-t-elle simplement.
Il sentit des larmes se créer derrière ses yeux et tenta de les retenir. Il ne voulait pas se remettre à pleurer alors qu'il n'était même pas dans sa chambre.
Cependant, elle le remarqua et lui souffla: «Tu peux te laisser aller, Chaton. C'est moi qui est avec toi. Tu n'as rien à craindre de montrer une simple réaction tout à fait humaine et compréhensible. Ni mon jugement, ni mon rejet. J'ai compris que tu as beaucoup souffert. Si tu as besoin de laisser sortir à pression, je ne te jugerai jamais. Jamais plus. Peu importe ce dont tu as besoin pour tenir. Tu y as droit. Tu as droit d'avoir tes propres sentiments et tu as le droit d'être celui qui se cache au fond de toi depuis trop longtemps sans pouvoir sortir.»
Il tourna un visage incrédule de remerciement vers elle: «Et de toute façon, ce n'est pas comme si je n'éclatais jamais en sanglot sous le poids de ce job.» ajouta-elle.
Il reprit facilement le contrôle de ses larmes mais, resta longtemps à se serrer contre elle, il en avait vraiment besoin. Elle jouait doucement dans ses cheveux attendant patiemment qu'il se calme.
«Je suis désolé, Chaton. Pour la façon dont j'ai réagit la première fois que tu as essayé de m'en parler. Tu avais besoin de moi et je ne l'ai pas compris. Une fois de plus, je n'ai pas été suffisamment disponible pour toi. Mais, je le suis maintenant. Parle moi encore de toi, je veux que tu me dises ce que tu as besoin que je fasse pour toi. Ça doit marcher dans les deux sens.» fit-elle en les désignant tour à tour.
Il prit une longue respiration avant de la laisser le quitter en emportant la boule qu'il avait à l'estomac.
«Bien déjà. J'aime… souffrir. J'imagine que c'est cette question qui t'inquiète le plus. Ce n'est pas encore très clair dans ma tête. Je sais juste que certaines douleurs physiques me donne des érections et y repenser ensuite me calme pour un temps. Quand je souffre, je me sens plus vivant. Mais je n'apprécie pas tous les jeux non plus. Mais, c'est difficile d'explorer sans une personne de confiance. Alors, je ne me connais pas encore très bien moi-même. Je sais que j'ai des tendances de soumis, des tendances homosexuelles et autre chose encore.»
«Tu as des tendances de chat...» fit Ladybug. «J'en ai parlé avec ma kwami aujourd'hui.»
«Tu penses que mon miraculous me donne envie d'être un chat?» demanda-t-il songeusement. «Cela expliquerait certains de mes comportements.» réfléchit-il à voix haute en se rappelant combien il avait aimer jouer au chat avec Marinette. Un vrai animal et pas juste un humain avec un symbole de chat. La seule idée réveillait quelque chose en lui.
«C'est pire que ça.» ricana-t-elle. «Tikki m'a dit que nous avions ces instincts en nous avant d'avoir nos miraculous! Tu es peut-être naturellement sensible aux chatouilles derrière les oreilles et sous le menton!»
Il laissa un silence planer entre eux.
«Pour tout le reste de ma vie.» soupira-t-il. «Quand, j'y pense, je me sens simplement écrasé sous quelque chose de si énorme que je n'arrive même pas à le décrire. Je n'ai même pas commencé à essayer de mettre des mots sur tout le reste de mes problèmes. Je sais juste qu'une fragile couche de surface s'est rompue en moi et qu'en-dessous il n'y avait rien. Et maintenant, il y a un grand vide là où je pensais trouver mon cœur et…»
Les sanglots de ChatNoir s'étouffèrent dans sa gorge et Ladybug l'attrapa dans ses bras. Il se calma rapidement par contre pour la regarder. «Je sais aussi que je ne veux plus être celui que j'étais avant. Je ne veux plus être l'être pathétique que je me blessais en essayant d'être, je ne veux plus être lui. Je ne veux pas suivre le chemin que mon père a tracé pour moi. L'idée me rend malade. Physiquement malade. J'en fais parfois des cauchemars.»
Des larmes s'échappèrent sur ses joues. Le poids des mensonges de sa double personnalité lui faisait mal. Mais, s'il n'avait jamais pu être ChatNoir, ç'aurait été encore pire.
«Mais je ne veux pas non plus devenir carrément l'inverse.» reprit-il pendant qu'elle caressait doucement les mèches derrière sa tête. «Mon père. Il essai toujours de me manipuler comme un outil de travail précieux. Il m'est interdit de me faire du mal. Parce que mon corps ne m'appartiens pas. Mais, je, j'ai fait… J'ai demandé à des personnes de me blesser.» avoua-t-il. «Mais, après réflexion, c'était une idée stupide parce que c'était encore le laisser avoir de l'influence sur moi. Je voudrais être capable de le faire sortir de ma tête et oublier qu'il existe. Je veux être à l'écoute de mes besoins naturels et de mes pulsions. Et être heureux peu importe comment.»
Elle cligna des yeux pour chasser des larmes de culpabilité et il reprit: «La première fois, s'était pas si mal sur le moment. La douleur physique était tel que je l'avais voulu mais je n'étais pas avec quelqu'un de bien. Et j'ai regretté ensuite et ça m'a laissé avec des regrets amers. Et la deuxième fois, je l'ai fait en ayant confiance en la personne, c'est même quelqu'un que j'admire beaucoup. Et s'était vraiment plus agréable. Carrément autre chose.»
Bouleversée, elle avoua: «ChatNoir, j'ai peur pour toi. J'ai peur qu'il t'arrive quelque chose si tu vas voir une autre personne pour ce genre de besoin. Mai- mais, je ne suis pas vraiment attiré par la souffrance. Je veux explorer tes besoins avec toi et que tu le fasses juste avec moi. Mais, j'aurais besoin que tu me guides pas à pas... Et je ne pourrai pas tout faire.»
Il sentit une bouffée de chaleur remonter de sa poitrine en entendant sa proposition. Elle était vraiment prête à l'accompagner et à le suivre sur ce chemin. Pas nécessairement à monter sur le manège mais prête à marcher autour comme un parent vigilant qui le regarderait depuis le sol, l'accompagnant toujours néanmoins.
«Qu'est-ce que tu attends de moi? Comment je peux t'aider? De quoi as-tu besoin au fond?» lui réclama-t-elle
«J'ai besoin d'un exutoire, de vivre des sensations fortes plus souvent en dehors des combats. Il y a un tel contraste entre ma vie de héros en haute-voltige et le trou sans fond d'ennuis et de mauvais jours de mon autre vie! Je ne peux pas me saouler ou me droguer. Je ne peux pas me battre. Tout ça afin d'être toujours prêt s'il y a une attaque. Et à cause des exigence de mon père, je ne peux même pas faire plus de sport. Mon corps est un temple qui se doit de rester parfait! Et presque androgyne. Tu vois l'idée? Je ne peux pas fumer ou me venger sur la nourriture donc le sexe, c'est parfait. Et les jeux de rôle qui vont avec le sexe aussi, j'adore! J'ai peut-être porté un masque un peu trop longtemps.» conclut-il en plaisantant.
«Moi aussi, j'ai parfois du mal à trouver une façon de me détendre.» avoua-t-elle. «Tu me vois comme une dominatrice, j'imagine.» soupira-t-elle. «Je ne peux pas combler tes tendances homosexuelles mais, on pourrait déjà essayer de combler tes tendances de soumis. J'imagine que je peux t'attacher. Je suis très douée pour faire des nœuds. Ça ressemble plus à un travail pour moi que du sexe mais, si ça peut te faire plaisir...»
«Oui, j'ai bien aimé quand tu m'as ligoté plus tôt, ce n'était pas déplaisant. On pourrait essayer.» réfléchit ChatNoir.
«Tu fais déjà beaucoup de chose que j'aime.» avoua-t-il ensuite au risque de la mettre encore plus plus mal à l'aise. «Ta façon d'être durant les combats. C'est juste ce que j'aime. Quand tu me repousses ça m'excite en fait. Ton attitude est juste sur la bonne note. Je t'admire parce que tu es fière, têtue et magnifique. Donc, tu vois, tu en fais déjà beaucoup pour me rendre heureux.»
«Tu dis toujours que tu me trouves cruelle!» lui rappela-t-elle.
«Et je ne trouve pas ça déplaisant.» sourit-il. «Que tu me traites de matou de fond de ruelle et que tu m'affirmes que j'ai de la chance que tu t'intéresses à moi, ça ne me gêne pas. J'aimerais bien mériter le titre de matou et je pense aussi que j'ai de la chance d'avoir un peu de ton attention. C'est presque répondre à un de mes besoins quand tu parades devant moi sans que je puisse t'avoir. Je n'aime juste pas lorsque tu me dis un "non" ferme et définitif. C'est ça qui me blesse.»
Il joua encore nerveusement avec ses mains. «Je suppose que tu n'es pas prête à avoir des relations sexuelles n'est-ce pas?» lui demanda-t-il avec embarras, sa main partant tirer nerveusement sur les mèches de sa nuque.
«Je n'ai pas refusé d'en avoir avec toi uniquement pour me réserver pour lui.» avoua-t-elle en détournant le regard et en rougissant. «C'est aussi beaucoup parce que je ne suis pas prête. Aucune méthode de contraception n'est 100% efficace. Je ne sais pas non plus si un jour, je trouverai l'opportunité d'avoir des enfants. Avec la responsabilité d'être Ladybug et tout... c'est encore plus crucial.»
Il encaissa la peur de tout cela lui aussi mais, reprit pour passer par dessus le malaise: «Si tu acceptes de m'aider, j'aimerais que tu joue avec moi, alors. On ne serait même pas obligés d'avoir un contact et encore moins d'avoir des relations complètes. Juste de me toucher en t'écoutant parler me ferais déjà tellement de bien. Et que tu me soumettes!» soupira-t-il de plaisir à la simple idée en tombant au sol pour regarder les étoiles. «Je veux être ton esclave et lécher tes pieds comme si tu étais une déesse vengeresse et moi une vermine misérable.»
Elle sourit de l'image en admirant ses muscles ciselés et les larges épaules. Le ChatNoir extrême qu'elle aimait remontait à la surface. Mais, elle réussit facilement à se contenir pour lui répondre froidement: «Je vais voir ce que je suis capable d'accepter de faire. C'est peut-être un peu excessif pour moi. Mais si tu as envie de continuer de flirter pour me séduire (comme si tu avais une chance), je me sens de taille à continuer à jouer les indifférentes. Mais attention, si je joue ce rôle, je le joue en permanence. En public et dans l'intimité.»
«Je sais à quel point tu peux être cruelle mon adorée. Tu peux me croire lorsque je te dis que j'ai toujours trouvé attirant et irrésistiblement excitant chez toi de savoir que tu ne serais jamais à moi. Sois cruelle et inatteignable pour moi et tu auras devant toi, un matou bien heureux.» ronronna-t-il.
«Et encore, imagine lorsque tu auras mérité d'être récompensé d'un peu d'affection!» sourit-elle, séductrice.
Il sourit aussi, ravi et déjà plus en paix sachant qu'une partie de lui allait enfin accéder à ce dont il avait besoin.
«Seulement, j'ai besoin de savoir que tu ne me quitteras pas...» avertit-il très sérieusement en baissant tristement le regard. «Ça me fait vraiment peur. Tu peux me faire tout ce que tu veux mais, ne me quitte pas. Et même, même si un jour, tu veux être avec un autre, je peux l'accepter. Mais, je préférerais devenir ton animal de compagnie que de te perdre ou être loin de toi.»
Elle releva son visage en plaçant ses paumes sur ses joues délicatement. «Je travaillerai à te prouver que je veux rester avec toi aussi longtemps qu'il le faudra pour que tu sois rassuré.» lui promit-elle. «Et ensuite, on travaillera sur ta confiance en toi pour que tu sois capable de me quitter si tu en as besoin pour t'épanouir.»
C'était juste la réponse dont il avait besoin sans savoir qu'il en avait besoin. Pas qu'elle lui demande sa confiance ou qu'elle lui fournisse une preuve fragile pour le rassurer à court terme. Juste qu'elle soit déterminée à l'aider à rebâtir sa confiance envers les autres.
Elle continua de jouer dans ses mèches blondes pendant quelques minutes de silence et sa respiration devenait plus lente. Il était complètement épuisé émotivement et la serra contre lui comme si elle était un oreiller.
Elle tira doucement sur une de ses oreilles. «Hé, ne t'endors pas sur moi! Pas question que je dorme sur ce toit froid!»
«Alors, je ferais mieux de rentrer chez moi tout de suite dans ce cas. Je commence à travailler dans deux ou trois heures.» expliqua-t-il uniquement à moitié réveillé.
«J'ai aussi bien aimé que tu tires mon oreille pour info, c'était pas mal.» flirta-t-il en partant du toit.
Damné Chat! Il fallait toujours qu'il la mette dans tous ses états. Pensa-t-elle en rougissant furieusement. Comment allait-elle réussir à gagner quelques heures de sommeil efficaces et nécessaires?
