Le lendemain matin, c'était de nouveau un lundi. Et celui-ci commençait mal puisque Marinette n'avait pas pu éviter Lila qui l'avait coincée dans le corridor devant la classe.
«Toi et moi, on a un problème Marinette.» commença la cupide jeune femme.
«Je vois pas comment Lila. À mes yeux, tu n'existes même plus.» lui répondit la jeune femme qui essaya de nouveau de la contourner. Mais, sans succès.
«J'ai un problème parce que tu as tellement retourné le cerveau d'Adrien qu'il me repousse maintenant. Alors, qu'on sait toutes les deux que tu n'es pas assez bien pour lui.» reprit Lila en la repoussant là où elle se trouvait en appuyant sur son épaule.
«Il te repousse depuis le début de l'année Lila. Et je ne lui ai même pas parlé depuis des semaines!» protesta Marinette.
«Peut-être mais, tu l'as bien perturbé. Tu imagines? Le pauvre croyait que tu étais Ladybug! Non mais, il y a celles qui sont médiocres et pathétiques et il y a celles qui méritent qu'on les expédie par fusée sur orbite avec le reste des nuisances publiques!»
«Je peux y aller maintenant?» demanda sarcastiquement Marinette. «C'est pas que je m'ennuie à t'écouter mais, j'ai déjà hâte à la prochaine fois où je pourrai regarder une mouche voler. En comparaison, ce sera grandiose!»
«Je n'ai pas terminé! Qu'Adrien me repousse, c'est un problème. Et ça va devenir le tiens si tu ne lis pas ce texte que j'ai préparé pour toi pendant que je te filme.» l'arrêta Lila.
Souffrant tout de même du manque de sommeil après le combat contre Festin et la mise au point avec ChatNoir de la nuit précédente, Marinette se laissa emporter par une hilarité incontrôlable qui attira sur elles l'attention de tous les élèves qui passaient dans ce corridor.
«Franchement, Lila...de tous tes plans... c'est probablement le moins... le moins crédible que tu ais jamais eu!» lui retourna Marinette parmi ses éclats de rires.
Pendant que Lila ne pouvait plus s'en prendre à elle, Marinette en profita pour la dépasser rapidement et entrer dans la classe. Son rire se calma rapidement comme beaucoup d'éclat créé par le manque de sommeil.
Avec un sourire, elle eu par contre une idée un peu en dehors de ses idées habituelles et toujours à cause de la fatigue, plutôt que d'écouter sa timidité, Marinette la mis en route.
«Chloé, j'aurais besoin d'un coup de main.» lança-t-elle haut et fort depuis l'avant de la classe. Naturellement, comme personne ne pensait un jour entendre cette phrase, elle attira l'attention de tous.
«Et en quoi tes problèmes sans importance me concernent-ils?» demanda dédaigneusement la blonde héritière.
«Parce que ce n'est pas pour moi et que, je suis certaine que tu es la spécialiste du domaine. Lila a attaqué Adrien et lui a fait de cruelles cicatrices. Il aurait besoin d'une pommade efficace. Tu pourrais demander aux conseillés qui travaillent au salon de beauté où tu vas? Je suis certaine qu'ils ont les meilleurs produits.» expliqua-t-elle.
En embrassant Adrien la veille, ses mains s'étaient naturellement retrouvées dans son cou et elle avait été figée de stupeur par ce qu'elle avait sentit sous ses doigts. D'autres blessures? Adrien ne semblait même pas avoir remarqué son geste par contre. Heureusement, elle l'avait touché délicatement.
«Tu es ridicule, Marinette!» se défendit Lila avec un sourire. «Pourquoi est-ce que j'aurais fait une chose pareille? Adrien et moi, nous nous aimons.»
«Je ne sais pas, il m'a juste fait passer le message. Il est enfermé et il ne peut pas se procurer cette crème par lui-même. Tu viens bien de me dire qu'il t'avait repoussé, non? Est-ce qu'il a rompu avec toi et ça t'a mis en colère? Tu n'as qu'à nous raconter.» répondit Marinette froidement et sans émotion.
«Et comment Lila aurait-elle pu atteindre Adrien?» fronça Chloé en colère.
«Tu n'as pas entendu les rumeurs qu'elle fait courir? Il paraît qu'elle lui rend visite régulièrement.» l'informa Marinette.
«Je n'écoute jamais les rumeurs de bas étage. Uniquement ce qui est ou non sur les réseaux sociaux!» protesta Chloé. «Et ce que j'ai vu de mes yeux, c'est qu'Adrien n'est pas intéressé par cette fille vulgaire.»
Toute la classe se tourna vers Lila qui était maintenant larmoyante «Adrien est à moi! C'est à moi de m'occuper de lui et à personne d'autre. Et si je l'ai blessé, c'est que je n'ai pas eu le choix! Il fallait que je le corrige pour m'avoir repoussé! Vous avez tous vu comment il était devenu avant de quitter l'école. Il n'est plus le même. Il devient complètement fou.»
«Moi, j'ai vu Adrien il n'y a pas longtemps.» intervint Nino. «Il ne t'a jamais mentionné. Par contre, on a parlé de ce qui lui arrivait. C'est pour lui que je suis inquiet pas pour les autres. Sa frustration, il la retourne contre lui-même.»
«Et moi aussi je suis inquiète!» ajouta Lila dans la même ligne. «Il préfère rester seul plutôt que d'être avec moi. C'est une attitude complètement auto-destructrice. Il faut que vous m'aidiez à le convaincre d'accepter que je me rapproche de lui.» leur demanda-t-elle.
Toute la classe était choquée d'entendre le confidence de Nino et de voir le visage que Lila leur dévoilait. Elle devenait complètement incohérente. Mais, l'obsession de la menteuse était trop grande et ses échecs répétés avec Adrien l'angoissaient. Elle n'arrivait plus à contenir sa convoitise et à réagir logiquement. Elle passait des larmes à la détermination à une vitesse qui manquait de crédibilité.
«Adrien est une personne Lila, pas un objet.» lui rappela tristement Marinette qui s'inquiétait pour la capacité de Lila à fonctionner en société. «S'il a envie de briser la cage de bienséance dans laquelle il s'enfermait lui-même pour plaire à son père, il restera notre ami tout de même et l'un des nôtres.»
«Tu ne l'auras jamais, Marinette. Il ne sera jamais à toi comme tu le souhaites tant!» fit venimeusement la brunette. «Son père m'a offert un contrat en tant que mannequin pour sa compagnie et je serai la seule à qui Adrien parlera pendant très longtemps. Il finira par m'aimer qu'il ne veuille ou non.»
«Pas après ce que je viens de poster sur internet.» la contredit très calmement Alya. «Quand le public saura que tu as essayé de défigurer le mannequin le plus convoité de Paris...»
«Vous êtes tous si méchants!» pleurnicha Lila en s'enfuyant de la classe en larme. Seule Rose et Mylène envisagèrent de la suivre mais les autres les en dissuadèrent rapidement.
«Tu ne devrais pas te fier juste à ma parole, Alya. Même si je suis certaine de ce que j'avance, je n'ai aucune preuve en main que tu pourras fournir pour appuyer tes dires.» s'inquiéta discrètement ensuite Marinette.
«Ne t'en fais pas» banalisa la journaliste. «J'ai juste rapporté des rumeurs en spécifiant qu'il s'agissait de rumeurs. Si la maison Gabriel veut les démentir, ils vont devoir laisser Adrien apparaître en public et au pire des cas, on pourra voir de loin s'il va bien.»
Marinette sourit pour remercier Alya de sa bonne idée.
Les conversations reprirent pendant une minute jusqu'à ce que la professeure entre dans la classe pour débuter le cours.
À la pause suivante, Chloé informait déjà Marinette (en lui envoyant Sabrina) que le nécessaire serait livré chez les Agrestes avant le déjeuner.
L'histoire postée par Alya fit boule de neige et enflamma les conversations de la ville entière durant la journée.
Naturellement, ce que Gabriel Agreste redoutait et qui lui avait été épargné jusque là fut aussi dévoilé au grand jour: on rapporta qu'Adrien avait été retiré de l'école et qu'il faisait maintenant des corvées autour du manoir à l'aube tous les matins.
Puis, à la sortie des classes, les élèves eurent l'autorisation d'utiliser leurs portables et les élèves du lycée commentèrent en long et en large combien le comportement d'Adrien avait changé depuis le début de l'année scolaire.
On parla de dépression, de maltraitance, d'abus. Son horaire chargé et l'obsession de la performance qu'on devinait à son père furent pointés du doigts. On s'inquiéta de savoir si Adrien était soumis à une diète trop sévère ou s'il était poussé à l'épuisement.
En fin de journée, les trottoirs devant le manoir étaient envahis par les fans en colère, les curieux de toutes les origines et les ligues de protestations pour la protection des mineurs.
Les autorités officielles furent obligés d'ouvrir une enquête sous la pression de la population et deux policiers, accompagnés de deux agents des services sociaux se présentèrent à la grille du manoir.
Sur le trottoir près des immeubles de luxe en face de la résidence Agreste, plusieurs des élèves de la classe d'Adrien et surtout, Alya, Nino et Marinette étaient présents.
Depuis sa fenêtre, Gabriel vit les officiels fendre la foule pour atteindre la grille. Il était ravi du spectacle et souriait doucement.
Sur sa poitrine, la broche du Papillon pulsait d'énergie. «J'ai du travail, Nathalie, gardez Adrien occupé loin de moi.» l'avertit-il.
«Monsieur,» l'interrompit-elle un peu en panique en reposant le combiné la reliant à l'intercom de l'entrée. «Que voulez-vous que je fasse avec les agents de police? Ils tiennent à vous rencontrer.»
«Faites-les patienter au salon. Les troubles devraient être suffisants pour les faire partir. Ainsi, nous ferons d'une pierre deux coups. Et peut-être même trois, si nous réussissons cette fois.»
«Oh, et vous allez akumatiser qui cette fois, hein?» se révolta l'assistante. «Une des fans d'Adrien qui entrera de force au manoir pour vous demander des comptes parce qu'elle sera convaincue que vous maltraitez son idole? Et que croyez-vous qu'elle fera lorsqu'elle sera incapable de vous trouver? À qui croyez-vous qu'elle s'en prendra? Et moi, je n'aurai plus qu'à prier pour que Ladybug et ChatNoir nous sauvent!» s'emporta Nathalie avec un grand geste exaspéré des bras.
«Vous avez raison.» soupira Gabriel déçu de perdre cette opportunité en or.
«Vous devez cesser de mettre cette maison en danger.» lui demanda sérieusement Nathalie qui semblait faible et épuisée et tout faire pour le cacher du mieux possible.
Désobéissant à ses ordres, Adrien avait quitté la chambre d'amis où il venait de faire le ménage puisqu'il avait remarqué la foule devant la maison. Il voulait s'assurer qu'il ne s'agissait pas d'un akumatisé et s'avança jusqu'au hall pour regarder par la porte principale.
Lorsqu'il comprit d'après les cris des manifestants que les policiers étaient là pour s'assurer qu'il allait bien, il demanda à son garde-du-corps de laisser entrer aussi ses amis à qui il jeta un regard appuyé.
Lorsque Nino, Alya et Marinette encadrèrent Adrien dans le hall d'entrée et s'apprêtèrent à se joindre à la discussion au salon, Gabriel sortit le dernier de son bureau voulant paraître occupé et ennuyé par des rumeurs fausses et dérangeantes.
«Qu'est-ce que ces adolescents font dans ma maison?» protesta-t-il froidement.
Tous quatre tinrent bon, les garçons tenant les filles par la main.
«Il faudra bien donner une explication à ses gens.» argumenta Adrien en désignant la foule. «Et il n'y a personne en qui j'ai plus confiance qu'Alya pour le faire. Nino reste avec moi parce qu'il sait encore mieux que moi, ce dont j'ai besoin. Et je ne passe pas à travers cette rencontre sans Marinette. Je veux avoir son soutien.»
Gabriel baissa un regard calculateur sur leurs mains jointes. «Ainsi donc, Mlle Tsurugi avait raison, tous deux vous êtes bel et bien en couple.»
Adrien et Marinette se regardèrent silencieusement. Ils n'eurent besoin d'aucun mot pour savoir qu'ils étaient d'accord.
«Nous sommes amis.» affirmèrent-ils d'une même voix avec confiance et retournant simultanément un regard ferme vers Monsieur Agreste. Aucune hésitation dans leur voix, aucune blessure ou regret. Ils étaient tous les deux en couple avec quelqu'un d'autre et voulaient rester fidèle à cet engagement qu'ils avaient pris.
Par la porte ouverte de la salle à dîner, les policiers et les agents de contrôle avaient déjà certaines choses à noter.
Les quatre amis se joignirent aux visiteurs qui avaient tous pris position autour d'un même canapé. Les policiers restés debout encadrant les agents.
Alya s'installa sur la place la plus à droite sur le divan leur faisant face, suivie de Nino. Marinette s'installa ensuite sans lâcher la main d'Adrien.
Gabriel s'installa à son tour et se sentit forcé de s'asseoir également dans le large fauteuil qui restait, le plus large de tous, plutôt que de rester debout et en position de force. Nathalie se positionna derrière lui étant son assistante.
«Adrien» ouvrit l'un des agents. «Tu as maintenant dix-sept ans, si je ne me trompe pas. Aussi, je vais m'adresser directement à toi pour commencer. Subis-tu de la maltraitance d'une quelconque façon? Physique, psychologique? Y a-t-il des éléments de ta vie qui te blessent ou qui t'empêche de t'épanouir?»
«Ma vie n'est pas parfaite, je dois l'admettre mais, ce n'était rien d'assez dramatique pour que vous vous déplaciez. Si j'avais eu vraiment besoin d'aide, j'aurais su me débrouiller pour en trouver. Je n'ai jamais subit de violence physique. De la violence verbale, oui.»
Adrien soupira et poursuivit.
«Ma vie a beaucoup changé dernièrement. Ce que j'ai subit autrefois, et les peurs que j'ai maintenant sont deux choses différentes. J'aimerais mieux qu'on se concentre sur le présent si vous n'y voyez pas d'inconvénient. Le reste, c'est le passé ou ce n'est qu'un détail.» réclama-t-il calmement en pressant la main de Marinette dans la sienne.
«Nous t'écoutons. La parole est à toi.» l'encouragea l'homme d'une voix ouverte et gentille.
«J'ai peur de prendre trop de retard pour commencer ma vie d'adulte parce que je n'ai pas accès aux apprentissages qui, je sais, me seront nécessaires plus tard. J'ai été retiré de l'école et je n'étudie plus les matières mises en examen pour le BAC. Mais, il y a pire. Je ne sais pas conduire, payer des factures, faire des achats dans un super-marché. Il y a des tas de choses d'une vie normale que j'ignore.»
«Tu n'aurais pas eu besoin d'apprendre toutes ces choses si tu avais suivit les plans que j'avais pour toi Adrien. Tu aurais encore un véritable avenir devant toi où toutes ces basses corvées t'auraient été épargnées!» reprocha son père.
L'intervenant s'adressa à Monsieur Agreste. «Je suis désolé, Monsieur, je vous demanderais d'attendre encore avant d'intervenir. Je pense qu'Adrien n'a pas terminé ce qu'il veut nous dire.»
Adrien sourit pour le remercier et rebondit sur le sujet. «Justement, ce plan, c'est l'autre problème. Je ne suis pas parfait. Et j'ai souvent l'impression que mon père voudrais que je le sois et que j'atteigne ses objectifs irréalistes à la perfection. Je suis encore capable de dire si ce que je fais me plaît ou non, mais, j'ai été contrôlé pendant si longtemps que j'ignore ce que je veux faire plus tard. Je n'ai pas pu expérimenter. Je sais juste que je n'ai pas envie de rester mannequin et que la perspective de devenir un patron d'entreprise me donne la chair de poule.»
«Ah, tu te moques de nous Adrien!» s'exclama Alya. «Je t'ai entendu discuter d'informatique avec Max. N'importe qui pouvant apprendre un truc ou deux à un prodige des technologies devrait choisir ce domaine! Ce n'est pas ton père qui t'a obligé à apprendre tout ça n'est-ce pas?»
«Euh, non.» fit Adrien un peu surpris. «Je n'y avais jamais songé mais ça ne fait qu'appuyer mon point. J'ai été trop couvé. Je voudrais juste être une personne normale et avoir une vie normale. Aller à l'école, discuter avec mes amis et avec des gens de qui je pourrais vraiment apprendre la vie. Prendre le temps de visiter Paris autrement qu'à travers mes shooting photo. Et découvrir qui je suis et ce que je veux faire de ma vie.»
«Que pensez-vous de cela Monsieur.» fit l'agent en se tournant vers Agreste senior. «Cette demande vous surprend-elle?»
«Adrien est l'héritier de la famille Agreste. À ce titre, il a des devoirs et des responsabilités qui lui incombent. Il est nanti et célèbre. Il est trop risqué pour lui de se promener à l'extérieur de cette résidence sans garde-du-corps. Vous avez vous-même vu cette foule à l'extérieur. L'une de ces amies est même venue jusque dans cette maison pour l'agresser.»
«Lila n'est pas une de mes amies. Elle était ici en tant que votre invitée.» rappela Adrien.
«Et en quoi, ces personnes qui t'encadrent sont-elles différentes de Mlle Rossi, je te prie? Ils sont aussi arrivistes qu'elle l'est, on le même âge, avec en plus des tendances à la désobéissance et à la délinquance.» les insulta Monsieur Agreste.
Les trois amis ne disaient rien. Ils restaient calmes et contenaient leur colère. Ils étaient présents pour soutenir Adrien et savaient qu'il y avait une bonne raison à leur présence.
«C'est faux.» dit simplement Adrien pour informer l'agent. «Mes amis ne m'ont jamais rien demandé. Au contraire, ils s'occupent de moi lorsque je n'en suis pas capable. Ils ne m'ont jamais fait de mal et ne m'ont jamais agressé.»
«Et cette morsure que Mlle Dupain-Cheng t'a faite?» contra Monsieur Agreste. «Quelle comparaison y a-t-il entre celle-ci et les égratignures faites par Mlle Rossi?»
Marinette se tendit mais Adrien serra sa main très fort pour la rassurer.
Il répondit très calmement: «N'essayez pas, je ne vous direz pas qui m'a faite cette morsure. Et je vous répète que j'ai demandé à la personne qui me l'a faite de la faire. C'est comme si vous vouliez accuser un tatoueur de m'avoir tatoué! Par contre, dans le cas de Lila, il ne s'agit pas uniquement des marques qu'elle m'a faites. Elle est entrée dans ma chambre, à l'heure de ma sieste, s'est exhibée devant moi, a insulté ma copine et Marinette, s'est imposée à moi, et lorsque je l'ai repoussé, elle m'a blessé et aurait été prête à faire bien pire.» raconta-t-il d'une voix grave, sérieuse et presque catastrophée.
«Comment avez-vous traité l'affaire Monsieur Agreste?» demanda la femme plus jeune qui accompagnait l'agent.
«Nous nous sommes assuré qu'Adrien n'avait pas besoin de soins médicaux.» l'informa Gabriel pour la rassurer.
«Avez-vous pris des mesures pour que cela ne se reproduise pas?» poursuivit-elle en notant sa réponse lorsqu'elle vit qu'il n'ajoutait rien.
«Cette endroit est sécurisé. Tant qu'Adrien reste dans les limites de la résidence, il est protégé.» lui répondit-il encore.
«Pardonnez-moi d'intervenir.» reprit l'agent «J'ai un peu consulté les médias sociaux avant de venir. Cette demoiselle est une nouvelle employée de la compagnie?» M. Agreste approuva et il reprit: «Et dans le meilleur des cas, vous voudriez qu'Adrien continu d'être mannequin pour votre ligne Monsieur. Ou si j'ai bien compris, qu'il occupe un poste de cadre dans l'entreprise que vous avez fondée?»
Monsieur Agreste approuva encore et l'agent poursuivit. «Dans ce cas, sachant qu'il est possible que ces deux jeunes gens soient de nouveaux confrontés l'un à l'autre, avez-vous planifié d'attribuer un garde-du-corps à Adrien en permanence à l'intérieur même des locaux de l'entreprise? Ne pensez-vous pas qu'il serait plus simple de n'engager que des gens en qui vous pouvez avoir confiance pour respecter l'intégrité physique des employés qui comptent sur vous pour assurer leur sécurité?»
«Et de même» reprit-il sans laisser Monsieur Agreste répondre. «Ne pensez-vous pas qu'il serait une bonne chose de permettre à Adrien de choisir un métier qui lui convient plutôt que lui fournir une compensation émotive comme un psychologue par exemple qui serait l'équivalent d'un garde-du-corps mais cette fois-ci contre la dépression qui le blessera lorsqu'il ne sera plus capable de remplir vos exigences? Vous souhaitez certainement être fier de lui, n'est-ce pas?»
«C'est ce que je voulais en effet.» fit Gabriel de mauvaise humeur.
«Que ressentiriez-vous en entendant des gens se moquer de votre fils adulte, leur jeune patron, parce qu'ils auraient découvert qu'il ne sait pas payer ses factures par lui-même pour la simple raison qu'on l'a toujours fait pour lui? Je pense que c'est tout cela qu'Adrien cherche à éviter. Je pense qu'il compte sur vous pour éviter que cela se produise. Pensez-vous qu'il s'agit d'une demande raisonnable de sa part?»
«Les apprentissages d'Adrien ne sont plus mon problème.» dit Gabriel Agreste.
«Dans ce cas, cela signifie-il qu'il peut retourner à l'école et mener sa vie comme il l'entend?» suggéra l'autre homme.
Adrien serra très fort la main de Marinette pendant une seconde, mais alors, il s'en rendit compte et y dessina plutôt des cercles nerveux comme pour se faire pardonner.
«J'imagine que tant qu'il ne nuit pas à la réputation de la compagnie, c'est acceptable.» soupira Gabriel Agreste.
«Aucune inquiétude de ce côté!» assura Adrien fou de joie et incrédule de réaliser que finalement, il aurait ce qu'il voulait.
«Bien, je crois que nous avons bien avancé aujourd'hui.» reprit l'agent des services sociaux. «Monsieur Agreste, Adrien, le dossier restera ouvert jusqu'à la majorité d'Adrien mais ma recommandation suite à cette rencontre sera un simple suivit. Nos services offrent des consultations psychologiques familiales et de l'assistance sociale. Je vous recommande fortement de prendre contacte avec eux pour continuer cette conversation. Nous leur transmettrons votre dossier et ce qui a été discuté aujourd'hui. Je vous remercie tous pour votre présence. Je suis certain que cette famille vous en sera un jour reconnaissante.»
Monsieur Agreste se relevait déjà pour partir et les agents étaient toujours dans la pièce lorsqu'Adrien demanda: «Je peux ravoir mon téléphone? Et accès internet?»
«Uniquement si tu peux te les offrir toi-même.» lui répondit froidement son père sans se retourner.
