Le lendemain soir, Nathalie apprit à Gabriel Agreste que Marinette avait retiré son nom pour la place d'apprentie à Los Angeles.
«Convoquez-la demain après les cours. Si elle ne veut pas mordre à la carotte, elle goûtera au bâton.» fut la sinistre réponse du dessinateur.
Il retourna à la contemplation du tableau de son épouse dont il avait à peine détourner le regard pour répondre à son assistante.
Avec un soupir silencieux, Nathalie quitta la pièce. Cet homme avait capturé son cœur mais pour lui, penser à une autre femme que la sienne était un blasphème.
Il ne la voyait pas autrement qu'un outils et Nathalie savait de première main combien Gabriel Agreste accordait peu de valeur aux autres personnes. Il renvoyait ses employés sans aucun scrupule à la moindre erreur. Elle-même valait à peine plus à ses yeux et pourtant, elle gardait son entreprise active à la sueur de son front. L'ingénieux créateur ne faisait plus que dessiner de nouveaux modèles, s'emporter contre tout le monde et terroriser la ville en espérant se débarrasser des héros qui la protégeaient.
C'était comme avec son fils. Depuis qu'il avait renoncé à en faire l'héritier de sa fortune et de ses idéaux, il voyait autre chose en Adrien.
Il avait décidé qu'il serait le parfait akuma. Meilleur combattant que ChatNoir, plus ingénieux que Ladybug et aussi obéissant qu'un ordinateur.
Et après tant de préparation et avec son impatience habituelle, il avait essayé d'akumatiser Adrien en l'enfermant seul dans sa chambre pendant des jours sans contact avec l'extérieur durant les fêtes de fin d'année. C'était son grand moment final.
Seulement, cela n'avait pas fonctionné. L'humeur d'Adrien était au mieux à la fin des vacances scolaires et celle de Gabriel avait fait un plongeon. Il perdait graduellement son équilibre mental depuis.
Toutes ses autres tentatives d'akuamatisation qui avait suivit avait également échoué. Et Gabriel avait décidé de frapper plus fort.
Première étape: sortir Marinette Dupain-Cheng de la vie d'Adrien par tous les moyens possibles.
Deuxième étape: s'en prendre à Nino Lahiffe.
Troisième étape: Une fois les deux premières étapes réussies, contraindre physiquement Adrien jusqu'à la torture s'il le fallait.
Nathalie avait déjà localisé Lila Rossi pour la troisième étape.
Mais Nathalie se demandait où tout cela s'arrêterait. Elle comprenait l'amour. Elle était amoureuse pour la première fois et saisissait pourquoi Gabriel acceptait d'aller jusqu'à la folie pour ses sentiments pour son épouse endormie.
Mais tout de même...
Elle n'était pas un robot, Adrien n'était un objet et les citoyens de Paris ne se laisseraient certainement pas faire encore longtemps. Elle était surprise que l'armée et les services secrets ne s'en soit pas mêler dès l'attaque de Coeur-de-pierre.
Si Ladybug et ChatNoir échouaient, ceux qui remplaceraient ces adolescents seraient certainement plus implacables et sans pitié.
Le lendemain matin, ChatNoir courrait sur les toits de la capital dans les premières lueurs du jour naissant.
C'était le dimanche et il avait passé la soirée chez Nino avec des amis avant de raccompagner Marinette chez elle pour y rester une bonne partie de la nuit. Aussi certainement que la soirée du vendredi soir avait été émotionnellement négative et chargée, le samedi soir avait été plaisant et festif. Comme la joie d'avoir survécu à une tempête pouvait se fêter.
En plus de l'avoir ainsi gardée confortablement installées sur ses genoux toute la soirée, il avait pu la couvrir de compliments et se régaler de son odeur et le reste de la nuit avait été encore mieux.
De simples qu'avaient été leurs divertissement de la nuit précédente, cette nuit-là le plaisir les avait entraînés toujours plus loin. Adrien s'était endormit nu dans le lit de Marinette après qu'elle l'air fait jouir dans sa main pensant qu'elle enfonçait leur strap-on préféré en lui. Il était encore délicieusement endolori.
Son alarme l'avait réveillé à cinq heures du matin comme chaque fois qu'il ne dormait pas au manoir pour qu'il retourne à sa chambre sans être vu.
Mais, bien avant de rejoindre sa chambre, de grands bruits brisants la quiétude du petit matin et de la presque aube arrivèrent aux oreilles du héros. Plutôt que de se diriger vers sa propre fenêtre, il contourna l'immeuble et intrigué, il se dirigea vers celle de son père.
En peignoir éponge et sandalette, celui-ci offrait une étrange image au super-héros. Décoiffé et fou de rage, le riche dessinateur lançait tout ce qu'il trouvait dans sa chambre minimaliste et qu'il pouvait soulever. Avec rage, il détruisait l'endroit et fracassait tout ce qu'il possédait.
«Monsieur Agreste?» l'appela le héros inquiet depuis la fenêtre ouverte.
Loin de lui répondre, l'homme se jeta sur lui à pleine vitesse. Ils ne durent qu'aux réflexes du chat de ne pas basculer dans le vide. Lorsqu'il avait reçu le poids du corps de l'homme, il avait attrapé l'encadrement pour se stabiliser.
Mais, son père ne lui facilitait pas la tâche. Il se débattait et le frappait sans merci.
«Arrêtez vous allez nous faire basculer!» souligna l'adolescent en même temps qu'il réussissait à avoir une opportunité de repousser le plus vieux sans le blesser. Il ne comprenait pas ce qui avait pu se passer pour mettre son père dans une telle colère.
Grâce à Nathalie, il pouvait aisément deviné que son père revenait de ses exercices matinaux à la piscine, mais pour le reste, il ne comprenait rien.
«VOUS! C'est vous qui me l'avez pris! J'en ai besoin. Rendez-le moi!» accusa Gabriel, méconnaissable aux yeux de son fils.
«Je ne vous ai rien pris.» l'informa le héros qui aperçu alors un coffre dissimulé derrière un tableau dont la porte était restée ouverte. L'intérieur était complètement vide.
«Que faites-vous là alors?» gronda-t-il en réponse.
«Je passais simplement devant chez vous et j'ai entendu du bruit. Je viens parfois en aide aux gens de la ville lorsque j'en ai l'occasion. J'ai aidé sur quelques cambriolages déjà. C'est ce qui vous est arrivé? Avez-vous surpris un intrus?» chercha à amadouer le héros.
Il portait déjà attention à la pièce avec ses sens aiguisés. S'il y avait des preuves du passage d'un voleur, la fureur de son père les avaient probablement détruites mais, il planait dans l'air un parfum très particulier, du ylang-ylang et de la bergamote et autre chose encore. ...Noix de coco peut-être, cette dernière odeur était plus forte près de lui.
«VOUS MENTEZ! Je sais comment vous êtes! Sale assoiffé de pouvoir. Égoïste! Vous ne comprenez rien! J'en ai besoin!» furent de nouveau lancées les accusations.
Avec hésitation, le jeune homme répondit: «Même s'il est vrai que mon miraculous me garde en vie d'une certaine manière, je ne considère pas qu'il m'appartiens. Ses pouvoirs font partie du grand tout de la nature et mon devoir est de les mettre au service de l'humanité.»
«Servez-vous en alors! ET RAMENEZ-LA MOI! Je ne peux pas vivre sans elle. Je sais que vous en avez la capacité.» ordonna désespérément son père qui tendit la main vers un portrait de sa mère, seule chose de la pièce qui avait échappé à sa fureur.
Adrien réalisa alors combien son père et lui étaient semblables. Il le comprenait totalement. Sans Ladybug, sans Marinette, lui non plus ne trouverait aucune raison de continuer à respirer.
Repoussant la peine de la perte de sa mère loin de ce qu'il vivait en cet instant, c'est en gardant en tête que son père n'avait jamais cessez de souffrir la perte de sa femme depuis toutes ces années qu'il lui répondit: «Malheureusement, avec la magie, il y a souvent un prix à payer. Pour redonner sa vie à votre conjointe, il faudrait sacrifier une autre vie en retour. C'est comme cela que l'univers fonctionne. Pour que votre femme revive, il faudrait sacrifier votre fils ou votre assistante si dévouée qui est toujours près de vous. Je suis désolé.» expliqua-t-il doucement.
«Oui! Allez-y. Faites-le!» poussa le millionnaire en s'avançant près du héros qui resta incrédule et qui mit quelques secondes à saisir. «Prenez ce gâchis qui prétend être un homme et rendez-là moi.» cria l'homme avec de grands gestes.
Blessé, Adrien songea profondément et véritablement à accéder à la requête de son père. Malgré tous ces efforts, il se débattait encore pour avoir une vie qui lui appartenait réellement. Il ne réussirait probablement jamais à avoir la vie d'un homme normal. Au fond de lui, battait le cœur d'un chat. Que représentait son sacrifice face au retour de sa mère?
Quant à Nathalie, ce n'était même pas la peine de l'envisager. Adrien se doutait qu'elle était amoureuse de son patron et il était possible qu'elle accepte de se sacrifier pour le retour de la femme de l'homme qu'elle aimait. Mais, l'idée révulsait Adrien. Nathalie avait déjà fait tant de sacrifices pour cet homme qui avait abusé de ses sentiments comme il avait abusé de l'amour que son fils lui avait porté en vain. Il n'était pas question qu'elle perde tout ce qui lui restait pour ce tirant.
D'un autre côté, il y avait lui-même mais, il y avait aussi Marinette. Adrien s'était juré de faire tout en son pouvoir pour ne pas la faire pleurer. Sacrifier sa propre vie allait certainement à l'encontre de ce serment.
Et elle n'était pas la seule personne qui pleurerait son départ. Si son père s'était enterré à la mort de sa mère, Adrien avait chercher à s'épanouir et à rencontrer des gens. Et maintenant, il avait aussi une mission. En tant que ChatNoir, son travail était de veiller sur la population et de protéger les habitants de la ville.
«Je ne peux pas.» conclu-t-il pour son père après avoir réfléchit. «Pas parce que je ne veux pas vous aider mais parce que le sacrifice serait trop grand. Je sais que ma décision peut vous sembler cruelle mais que ressentirait votre épouse en revenant et en trouvant son fils disparu?»
«Mon fils est une déception sans nom!» fit Gabriel avec un froid incroyable.
«Uniquement pour vous.» énonça lentement ChatNoir perdu dans une sensation d'engourdissement sans vouloir rencontrer le regard qu'il pensait aussi froid que la voix qui venait de parler.
Un silence de mort plana sur la scène. Tous deux niaient si fortement la réalité des événements dans lesquels ils baignaient. ChatNoir avait l'impression d'être tombé sur une autre planète.
Le héros bougea doucement pour quitter la chambre et s'arrêta pour demander simplement: «Comment êtes-vous au courant de ce que mes pouvoirs peuvent faire?»
«Ne m'insultez pas! Je suis un homme de pouvoir et il n'y a pas de plus grand pouvoir que le savoir.» dit le dessinateur de sa façon habituelle mais, juste un peu moins forte.
De retour dans la pièce qui était son repère personnel, Adrien s'assura de remplir la chambre de musique entêtante, un vrai ver d'oreille qui l'empêcherait de réfléchir. Il mit la mélodie en boucle de même que dans la salle de bain et s'enfuit sous la douche pour se débarrasser de la saleté qui le souillait.
Il fit ensuite une séance d'exercices et d'étirements pour chasser la douleur dans ses muscles puis se replongea encore sous la douche.
Lorsque Marinette sortie de la sienne à l'appartement de ses parents pour aller s'habiller avec précipitation pour l'école, elle trouva son copain assis sans bouger sur son lit défait.
«Adrien?» demanda-t-elle en fronçant les sourcils.
Il releva un visage en larme et supplia: «Frappe-moi. Je suis quelqu'un de tellement abjecte! J'ai fais quelque chose de méprisable.»
Emballée dans sa serviette, Marinette remonta sur la mezzanine et prit le visage de son amoureux entre ses mains. «Dis-moi ce qui est arrivé.» réclama-t-elle avec une grande inquiétude.
«J'ai vu mon père. Il- il -il m'a demandé quelque chose. Et j'ai dit... non.» bafouilla-t-il manquant de souffle.
«Adrien. Je suis certaine que quoi que ton père t'es demandé, si tu as dis non, tu as bien fait. C'est un abuseur. Ne le laisse pas entrer dans la tête.» supplia-t-elle aussi.
«Frappe-moi. Je t'en prie, ma déesse. Punis-moi. J'en ai tellement besoin!» se brisa-t-il.
«D'accord.» accepta-t-elle.
Puisqu'elle comprenait qu'elle devait oublier l'école, elle enfila une longue chemise qu'elle boutonna sur l'avant et lui demanda de se mettre nu sur le sol. Il était si paralysé par la peine qu'il se recroquevilla au sol pour pleurer.
«Adrien.» appela-t-elle avant de commencer. Je veux que tu penses aussi à ton mot de sécurité. Si c'est trop difficile, si tu en as eu suffisamment, je veux que tu me demandes d'arrêter. C'est un ordre. Tu comprends.»
Il hocha la tête et elle couvrit son corps de coups avec ce qu'il préférait. C'était une laisse de cuir souple recouverte de coton qu'elle avait tressée pour lui. Elle frappait bien mais était trop douce pour laisser des marques ou blesser.
Elle le couvrit de la tête aux pieds de rougeurs qui disparaissaient rapidement. Seule sa peine et son bouleversement empourpraient encore sa peau lorsqu'il se retourna sur le dos et releva la tête. Elle arrêta aussitôt pour attendre son prochain geste.
Il se retourna encore et rampa au sol, blessant son membre en semi-érection auquel il ne portait aucune attention et trouva son sexe enfouit entre ses jambes et dissimulé aux regards par les pans de la chemise.
Il suça la peau et trouva le clitoris pour le téter. Mais au bout d'un moment, alors que le plaisir de Marinette inondait maintenant son menton, il l'attira au sol sur ses cuisses et captura son mamelon pour le sucer de la même manière que s'il avait voulu s'en nourrir.
Marinette se demanda ce qui avait pu perturber son Chaton à se point mais se contenta de le flatter comme un gros chat imberbe qui la prendrait pour sa mère sans le questionner.
Marinette prit l'appel de Nathalie peu après le repas du midi. Adrien s'était endormi, épuisé par les émotions et assise tout contre lui, elle faisait les travaux qu'Alya lui avait indiqué depuis l'école.
Elle essaya bien de parler de façon mesurée mais sa voix éveilla doucement Adrien. Elle promit de se présenter en fin d'après-midi et conclu l'appelle pour se tourner doucement vers Adrien.
Avec tendresse, elle l'enlaça et trouva son regard. «Tu veux m'en raconter un peu plus?»
«En arrivant au manoir, j'ai vu qu'il était dans sa chambre et qu'il était furieux. Il m'a demandé...» Après avoir commencé son récit calmement, le visage d'Adrien se referma comme si une lumière s'y était éteinte.
Marinette avança ses mains pour les poser sur celles de son amoureux mais alors, la panique gagna le regard d'Adrien. «Il- Il savait pour le vœu. C'est le Papillon, c'est certain. Il sait, c'est forcément lui.» bafouilla-t-il.
«Pas nécessairement.» fit posément Marinette. «On en parle dans le grimoire et si on a aucune preuve qu'il soit le Papillon, on est certain qu'il a le grimoire ou qu'il l'a déjà eu en main.»
Adrien baissa le regard, la panique laissant place à la détresse. Il prit un long moment pour respirer avant de lui apprendre d'une voix éteinte.: «Il m'a demandé d'utiliser mes pouvoirs pour faire revenir ma mère. Quand je lui ai parlé du prix à payer...» la voix d'Adrien baissait de plus en plus au point où Marinette s'avança contre lui pour l'entendre. «Il a dit que je ferais un très bon sacrifice parce que j'étais une déception sans nom et un gâchis.»
Elle referma alors ses bras autour de lui et le serra très fort. Ce qui l'effraya le plus était qu'Adrien ne réagissait pas à son étreinte.
«J'ai dit non.» poursuivit-il de la même voix simple avec si peu d'émotion. «Pour toi.»
«Merci.» lui répondit-elle automatiquement, bouleversée.
«Mais, tu aurais dû dire non pour toi aussi.» reprit-elle ensuite après quelques larmes.
«Ma vie pour celle de ma mère? Je ne pouvais pas refuser. Je l'ai fait pour toi. Parce que ce n'est pas à mon père de disposer de ma vie. Elle t'appartiens.» lui expliqua-t-il.
Adrien se tenait complètement amorphe sur son lit, appuyé dans un coin et les yeux perdus vers quelque chose qui n'existait pas. Même son ton et sa façon de parler avait changé. Marinette pouvait dire qu'il partait loin dans ses pensées et voyait toute la détresse dans laquelle il se noyait.
Elle plaça une main sur son bras et le secoua en l'appelant mais il ne réagit même plus. Elle le secoua davantage mais, il ne rencontra même pas son regard. Elle le gifla carrément mais ne tira qu'un petit gémissement de sa part et pas plus de signe de conscience. Donc, elle l'embrassa mais il la repoussa avec dégoût.
Il ne voulait pas de sa douceur. Il s'essuya les lèvres du dos de la main et retomba lentement vers l'intérieur de lui-même.
Elle était soulagé qu'il ait au moins réagit un peu.
«C'est ta faute.» fit-il d'une voix sourde. «Si ce n'avais pas été de toi, j'aurais pu faire mon devoir de héros et sauver ma mère. Tu es ma faiblesse.» ajouta-t-il d'une voix méchante comme elle lui avait rarement entendu.
«J'aurais préféré pouvoir me sacrifier. Au moins, j'aurais servit à quelque chose! J'aurais pu faire quelque chose d'utile de ma vie!» le ton de la voix d'Adrien montait et il empoigna Marinette aux épaules en serrant.
«Est-ce que tu ne comprends pas que je ne suis qu'un bon à rien. Mon père à raison depuis le début. Je suis certain que si tu avais eu un meilleur partenaire, tu te serais déjà débarrassé de Papillon. Mais, toi, bien sûr! Il a fallu que tu t'en mêles! Pourquoi essais-tu toujours de me raccrocher à la vie alors que je déteste autant? Tu aurais dû me laissé crever la première fois où j'ai failli mourir. Je ne suis qu'un faible qui a besoin de jouer pour se tenir debout, je ne te sers à rien d'intéressant. Soyons réaliste, je suis un fardeau-»
Marinette l'interrompit en plaquant fermement sa paume sur sa bouche parce qu'elle en avait assez de l'entendre dire des horreurs sur lui-même. Elle savait qu'elle devait lui sortir tout cela de la tête avant qu'il ne finisse par y croire. Elle savait aussi que toutes ses idées venaient de son père. C'était de sa faute.
Pendant des années de maltraitance, Adrien avait vaillamment combattu en se protégeant avec une force et une énergie incroyable. Il n'était pas question qu'elle laisse Monsieur Agreste gagné dans un moment de faiblesse d'Adrien.
Elle le frappa. Fort. Du plus fort qu'elle pu avec sa simple force contre son amoureux qui s'entraînait autant parce qu'il était angoissé autant.
Il ne riposta pas du tout. Ne l'empêcha pas de le frapper. Il se protégea tout juste un peu. Elle l'empoigna par les cheveux et le tira vers le plancher de sa chambre où elle le jeta sur le tapis. Puis, elle le frappa encore. Pas très fort. Elle savait comment mesurer sa force. Mais, c'était tout de même de vrais coups.
Lorsqu'elle arrêta, elle trouva son regard. Il était brillant de volonté et de force. «Encore» réclama-t-il. Elle vit qu'il ne souffrait pas, il bougeait légèrement et facilement mais, en lui, la blessure était toujours vive et très profonde.
Il haletait de nervosité fébrile.
Elle attrapa une corde et le ligota bien vite avant qu'il ne l'en empêche. Les gestes d'Adrien étaient encore lents à cause de sa détresse et cela l'incita à poursuivre.
«Non. S'il-te-plaît. Pas maintenant. Je t'en supplie. Ne fait pas ça. Je ne veux pas jouer. Pi-Piano.» l'appela-t-il en détresse, des larmes commençant à s'accumuler sous ses yeux.
«Tu crois que je joue? Tu penses que c'est une récompense? Non. C'est une punition.» lui apprit-elle le regard sombre. «Tu as été vraiment affreux. Tu as fais quelque chose d'horrible en essayant de mourir ou même en y pensant. C'est mon devoir, je me dois de te corriger.»
Il lâcha un grand cri et se débattit mais, elle ne fit que resserrer son emprise avec plus de cordes et il se mit à pleurer pour de bon en gémissant et en se débattant.
Elle sortit de la chambre, ses parents montaient déjà l'escalier pensant qu'il y avait une attaque.
«Tout va bien, ne vous en faites pas.» les rassura-t-elle. Ils entendaient encore des cris venant de sa chambre et ils la regardèrent les sourcils froncer.
«Adrien à apprit ce matin que sa mère était morte.» soupira-t-elle. «Il vient de tout me raconter et un barrage à céder. Je suis désolée pour les clients...» fit-elle avec malaise.
«Ne t'inquiète pas chérie.» la rassura sa mère.
«Nous allons nous occuper d'eux.» ajouta son père. «Ils comprendront.»
«Tu as besoin que je vous apporte quelque chose avec Adrien?» s'inquiéta sa mère à qui les sanglots désespérés brisaient le cœur.
«Non, je sais exactement ce dont il a besoin. Pour l'instant, il a juste besoin de rester seul pour passer sa colère.» lui expliqua Marinette.
Les parents hochèrent la tête, peinés pour le jeune homme qu'ils appréciaient autant que s'il était leur fils.
Marinette remonta ensuite à sa chambre, au milieu de ses pleurs Adrien ne l'entendit même pas. Il se battait.
Il combattait ses peurs et ses phobies d'être laissé seul, enfermé et ligoté. L'adrénaline coulait à flot dans ses veines alors qu'il essayait de défaire les cordes mais dans sa panique, il ne faisait que les resserrer.
Il se battait aussi contre ses idées noires. Toutes celles que son père avaient patiemment enfoncées dans son inconscient. Toutes les blessures qui s'étaient ancrées en lui depuis son enfance. Tous les rejets que son père lui avait infligés.
Adrien avait été rejeté encore et encore toute sa vie. Par son père, par Chloé et son égoïsme, par le monde extérieur, par Ladybug. Tant de gens l'avaient détesté, tant de gens lui avait dit qu'il était insuffisant. C'était la même chose avec les fans. Ils prétendaient l'aimer mais pas suffisamment pour le considérer comme un humain. Et quand l'intérêt passait, il était oublié.
Il laissait finalement tout partir. Toutes ces blessures et toutes celles dont il ne se rappelait même plus mais qu'il portait toujours en lui.
Il sentit des mains qui s'occupaient de lui avant de réaliser où il était. Les mains caressait sa chevelure et le calmait. Il remarqua ensuite qu'il avait cessé de pleurer.
S'était-il endormit? Il n'aurait su le dire parce qu'il avait perdu contact avec la réalité.
«Tu es restée avec moi?» demanda-t-il avec une certaine surprise. Il avait la très forte impression que l'heure du déjeuner était passée.
«Je suis sortie une minute au début prévenir mes parents. Mais, pour tout le reste, j'étais là. Toujours. Même si tu ne me voyais pas.»
Elle était aussi bouleversée que lui, même si en surface elle restait forte pour lui. Lui paressait calme mais elle se doutait qu'il bouillait encore à l'intérieur. Elle décida de l'entraîner sur le balcon. Les choses paraissent moins effrayantes en pleine lumière.
Une heure passa pour eux à se serrer dans les bras l'un de l'autre. Marinette sentait le besoin de le câliner et de le réconforter. Adrien ne refusait jamais une bonne occasion de se rapprocher d'elle.
L'heure de son rendez-vous avec Monsieur Agreste approchant, elle le conduisit ensuite dans le salon familiale pour le laisser faire une vraie sieste. Ce salon était parfait pour ce genre d'activité et Adrien semblait épuisé émotivement.
Dès qu'il se fut endormit, elle descendit trouver sa mère. C'était le moment creux à la boulangerie. Il y avait encore des clients mais, son père ne cuisinait plus à cette heure et pouvait s'occuper de la caisse.
Sa mère accepta aussitôt d'aller s'asseoir au salon pour qu'Adrien ne soit pas seul s'il se réveillait.
Marinette se passa de l'eau sur le visage et passa une tenue dans laquelle elle ressentait plus d'assurance. Elle avait l'impression qu'elle partait au combat.
Elle s'engagea par les rues en direction du manoir avec un peu de retard. Cela n'avait aucune importance pour elle. Peu importe ce que Gabriel Agreste avait à lui dire ou ce qu'il pouvait lui faire dans l'avenir, après ce qu'il venait de faire, elle n'avait plus aucune estime pour lui.
«Je ne sais pas quoi faire de vous.» ouvrit-il la conversation directement dans le hall d'entrée lorsqu'elle passa les grandes portes de la résidence. «Je suis devant un dilemme. Vous n'avez manifestement pas d'ambition puisque vous ne m'avez jamais demandé aucune faveur. Pourtant, si vous restez aussi proche d'Adrien une fois entrée à l'Université, votre nom sera associé au miens.» fit-il avec un amusement méchant.
«Je ne dirais pas que je n'ai pas d'ambition. Je n'aime simplement pas la facilité. Je veux réussir à diriger ma propre ligne et je souhaite le faire par moi-même. De plus, jusqu'à présent, je n'ai pas vu comment vous auriez pu m'être utile.» le corrigea-t-elle.
«En vous recommandant auprès d'une école bien sûr. Ne faite pas l'erreur grossière de sous-estimer pas mon influence. Et j'ai été étonné que vous ne demandiez pas mon expertise sur vos créations.» souligna-t-il.
'Comme s'il n'avait toujours pas compris que ce qu'il pensait de mon travail m'importait peu!' se dit-elle. 'Cet homme est le pire aveugle qui soit. Il a perdu le contact avec la réalité.'
«Parce que la satisfaction de mes clients est une justification suffisante pour moi. Et je n'ai pas usé de ma connexion avec vous, pas plus que d'une autre de mes connexions du milieu, parce que je veux être reconnue pour mon talent uniquement.» le contredit-elle la tête haute.
Derrière leur conversation traitant d'un sujet professionnel, planait l'histoire qu'il avait vécu avec son fils quelques heures plus tôt.
Un lourds silence s'abattit sur le hall d'entrée du manoir Agreste où tous deux se mirent à jouer à un jeu. Le jeu des masques.
Il paraissait être un homme puissant, riche, à qui le succès souriait depuis des années et qui le conservait d'une main ferme.
Pour un regard extérieur, elle n'était même pas encore une étudiante du domaine, juste une adolescente qui s'intéressait à la mode.
Elle était celle qui gagnait les concours, il était celui qui les lançait.
En réalité, elle était une dominatrice adulée, une héroïne victorieuse qui avait eu le dessus sur tous les akumas qu'il lui avait envoyé l'un après l'autre et même en meute. Elle portait le poids et la responsabilité de la lutte contre le terrorisme à Paris sur ses épaules depuis qu'elle était encore loin d'être adulte.
En aucun cas, ce pathétique et lâche abuseur qui prétendait servir de père à son petit-ami ne pouvait l'intimider même en se tenant lâchement au sommet d'un escalier.
Elle voyait clair dans tous ses bluffs et n'en avait besoin d'aucun de son côté pour vaincre.
D'un autre côté, il était un homme qui avait perdu son miraculous le matin même et avec lui tous les espoirs d'accomplir son but ultime.
«On m'a rapporté deux fois en deux jours des menaces plus ou moins directes contre la vie de votre fils. Alors, c'est à moi de vous dire ce qui va arriver.» lui dit-elle implacable, mettant fin au jeu de l'hypocrisie.
Avant même qu'Adrien lui rapporte la conversation entre ChatNoir et Monsieur Agreste, elle était déjà inquiète à cause de ce qu'Adrien lui avait dit la nuit précédente au sujet de la façon dont Gabriel le regardait. Elle était déjà décidée à agir mais, avec cette menace claire et directe, prononcé le lendemain, il n'était plus temps d'attendre en restant vigilant. Il était temps de prendre des mesures.
«Adrien a maintenant dix-huit et son dossier n'est plus celui d'un abus sur mineur. S'il porte plainte sur vous pour mauvais traitement, c'est la police qui viendra directement cogner à votre porte pour vous arrêter. Mais, vous avez une dernière option.»
Nathalie se montra par la porte du bureau, elle vint se placer près de la jeune femme pour signifier qu'elle l'appuyait.
«Vous allez simplement accepter qu'Adrien et moi, nous sommes ensembles. Je vais réussir sans votre aide et vous ne me mettrez pas de bâton dans les roues. Vous aurez ainsi une jolie histoire pour mousser vos ventes déclinantes. Et vous allez laisser Adrien en paix! Il ne vous appartiens pas! Tenez-vous le pour dit!»
Sur ce, Marinette sortit sous l'œil embarrassé de Gabriel qui lui-même subissait la colère contenue dans celui de son assistante.
Il savait bien que s'il dépassait les bornes elle le quitterait. Il savait bien que sans elle et sa gestion efficace, il perdrait la compagnie. Même s'il essayait souvent de l'ignorer. Il savait aussi que pour elle, menacer la vie d'Adrien était une limite qu'il ne pouvait pas franchir.
