Adrien mit ces événements derrière lui et regarda vers l'avant.

Une nouvelle dynamique s'installa dans la famille Agreste. C'était la guerre du silence entre le père et le fils. Adrien ne s'adressait déjà plus à son père, Gabriel sembla simplement l'ignorer.

Mais après quelques semaines à se remettre du choc grâce aux attentions permanentes de Marinette, Adrien oublia bientôt de se questionner sur la nouvelle ambiance de sa résidence. Il fut plutôt accaparé par les attaques akumas qui en plus de quadrupler, était devenues plus qu'étranges du jour au lendemain. Après six semaines d'un calme inquiétant, des rumeurs avaient commencées à leur parvenir avant qu'ils constatent d'eux-mêmes les troubles.

Les akumatisés n'en avait plus après leurs miraculous, ils n'agissaient plus avec éclat et les habits injuriant la mode avaient disparus. Clairement, le Papillon avait changé de but, sinon de méthode.

Ou encore, comme le suspectaient les héros, de propriétaire. Le changement avait été trop complet. La période de latence entre la dernière attaque de l'ancien style et la première du nouveau trop significative.

La signature de l'artiste derrière la création des vilains n'était plus la même.

Le nouvel objectif des super-criminels n'était plus de créer le chaos pour faire sortir les héros de leurs cachettes. Ils œuvraient maintenant au cambriolage de banques, de musées, de résidences de standing et de boutique de luxe.

ChatNoir réussissait souvent à débusquer ses adversaires en patrouillant dans la ville la nuit. Ladybug aussi patrouillait mais elle était beaucoup moins efficace que lui.

Mystérieusement, ces nouveaux venus semblaient avoir le truc pour reconnaître l'emplacement des richesses les plus intéressantes et des connaissances suffisantes pour désactiver des systèmes de sécurité.

Si la broche du Papillon était tombée entre les mains d'un nouveau porteur qui s'en servait pour accumuler une immense fortune, cette personne inconnue n'était pas n'importe quel citoyen avant de l'avoir en main. Les héros n'auraient pas été étonnés d'apprendre qu'il s'agissait d'un voleur d'expérience.

Adrien avait rapidement fait le lien entre ces cambriolages et le vol qui avait été perpétré dans la chambre de son père. Il s'était écoulé deux semaines entre la dernière attaque régulière de l'ancien Papillon et le matin où son père avait accusé ChatNoir de l'avoir cambriolé. Ce qui était tout à fait un délai acceptable et normale entre deux attaques.

Son père avait-il été la première victime du nouveau Papillon longtemps avant qu'on attribut finalement ces vols magiques au nouveau criminel ou bien avait-il été lui-même le Papillon, le terroriste et grand ennemi, qui s'était fait volé sa broche par un remplaçant?

Si son père était le Papillon et qu'il s'était fait dérobé les broches du Papillons et du Paon cette nuit-là, la période d'un mois sans attaque était tout-à-fait explicable.

Mais, un doute demeurait. Cette explication était logique mais pas sans faille. On avait pu dérobé tout autre chose ce jour-là de tout aussi précieux pour Gabriel.

Adrien avait peur de conclure à la deuxième option. Certains mots qu'avait dit son père ce matin-là dans la chambre, son attitude en général et également le calendrier des attaques pointaient tous vers une affreuse vérité.

Ce nouveau Papillon était plutôt actif. Il avait d'abord commis des vols qui n'avaient pas été signalés ou remarqués avant de devenir plus gourmand et plus audacieux. Pendant deux mois après qu'on ait découvert son existence, il avait renouvelé ces exploits une nuit sur deux quand ce n'était pas à chaque nuit. On avait même connue certaines nuits avec deux cambriolages.

Chaque fois, des objets de luxe ou hors de prix avaient été dérobés. D'abord de plus petites choses ou des objets qui étaient remisés. Puis, les nouveaux akumatisés, motivés par l'appât du gain, dérobaient des pièces ayant une valeur culturelle ou d'une taille imposante.

Évidemment, comme chaque fois où des objets de valeurs disparaissaient, il y avait d'abord une vérification qui devait être faite mais, dans le cas de statues de bronze occupant le centre d'une énorme fontaine, il était plus difficile de croire que ce soit les propriétaires qui les ait dissimulées sans que personne ne s'en aperçoive.

Les policiers, pressés par les assureurs (ceux qui ont le bras vraiment plus long que les politiciens) étaient sur les dents pour trouver le coupable.

Les techniciens des forces de l'ordre cherchaient activement la trace de tous les objets volés sur le marché noir de part le monde mais ne trouvaient rien.

Après plusieurs semaines de recherches, réunis en cellule de crise avec les autorités, les héros coordonnaient leurs idées avec les enquêteurs. Ladybug discutait d'égale à égale avec les dirigeants de l'enquête tandis que ChatNoir était resté en retrait. Cela n'avait surprit personne. Pour eux tous, il y avait longtemps que ChatNoir avait été confirmé dans son rôle de side-kick de Ladybug.

Pourtant Adrien était très observateur. Et isolé des autres, il regardait toutes les preuves avec une vue d'ensemble.

C'est alors que pour une rare fois depuis longtemps, la voix de ChatNoir se fit entendre en public.: «Si cette personne garde tout pour elle, il va lui falloir un énorme entrepôt pour tout stocker. Et si c'était un citoyen de classe moyenne avant, il ou elle a dû louer ou acheter plus d'espace.»

Toutes les personnes de l'endroit se regardèrent.

C'était la piste la plus logique dont ils disposaient. Les objets disparus comptant des voitures, des jet-ski, des sculptures de maître, impossible de tout dissimuler sans avoir recours à une magie qui le faisait spécifiquement.

Il ne fallu qu'un jour aux brigades de polices pour établir une liste de suspects avec les noms des nouveaux acheteurs ou locataires de résidences de grande taille et de vastes entrepôts.

Pendant une semaine, les policiers inspectèrent les entrepôts de stockage qui avaient récemment changé de propriétaire.

N'ayant obtenu aucun résultat aux adresses pour lesquelles ils avaient obtenus des mandats, ils confièrent aux héros une liste de résidences de luxe acquises dans les dates correspondantes pendant qu'ils poursuivaient leurs recherches dans les entrepôts qui n'avaient pas changés de main.

Les héros se promenèrent de fenêtre en fenêtre à la recherche des pièces uniques qui avaient été dérobées.

Et en trois nuits, ils fournirent aux forces de l'ordre l'adresse la plus suspecte de la liste. Tous ensembles, ils entrèrent en force dans le nouvel hôtel privé d'une petite famille composée du père, de la mère et de leurs jumeaux en bas âge.

Le garage intérieur situé au sous-sol renfermait des véhicules volés et sous les cris de colère de l'homme qui résista à l'arrestation prétendant qu'ils avaient acquis ces biens légalement avec la fortune que sa femme avait gagné au loto, il fut emporté par les agents soulagés d'avoir mis la main sur le fameux Papillon qui leur pourrissait la vie depuis tant d'années.

Cependant, ChatNoir s'approcha de la dame de la maison qui était elle aussi sous arrêt. Il tournait sans un mot autour de la frêle femme aux cheveux blonds et bouclés. Elle avait dans le début de la quarantaine et lui donnait l'impression de fréquenter assidûment les salons de beautés. Même si ses ongles étaient naturels et sans manucure. Ladybug fut intriguée par son comportement mais le laissa travailler.

Le héros, toujours muet, effrayant et aux yeux froids comme ceux d'un tigre, inspira profondément l'odeur de la femme du suspect. Il alla même jusqu'à sortir la langue et goûter l'air autour d'elle. Ylang-ylang, bergamote et noix de coco sur les mains. Et ce petit quelque chose en plus qui se trouvait naturellement sur chaque personne.

La dame le regardait avec un grand malaise. Il se comportait plus comme un animal sauvage que comme un agent des forces de l'ordre. Il planta son regard fixe dans le siens paniqué et avec un petit cri d'animal blessé, elle capitula et rendit les broches du Papillon et du Paon.

Elle se laissa ensuite emporter loin de lui par les policiers presque avec soulagement.

Il fallu moins de six heures pour accuser formellement cette femme d'être derrière les récents vols du Papillon.


Ces événements mis de côtés par les héros qui avaient fait leur travail en retrouvant les broches et en faisant cesser ces attaques sur la ville, ils étaient temps pour eux de se concentrer sur leur autre vie.

Les examens pour le diplôme de la terminale de Marinette et Adrien ayant eu lieu juste avant la recherche intense de la criminelle, le père de celui-ci les invita civilement en début de juillet à un dîner où il avait également convié les parents de celle-ci. Les deux jeunes gens se fréquentant sérieusement, les présentations étaient d'usage.

La situation entre Adrien et son père était toujours aussi tendue, hormis le fait qu'il se désintéressait de son fils et ne le torturait plus en séance de perfectionnement diverses, il ne cédait tout de même sur rien et l'avenir d'Adrien n'avait toujours pas été fixée malgré l'approche du début de ses études universitaires.

La communication étant toujours absente entre le père et le fils, c'est la belle-fille qui fit les civilités lors du repas. Gabriel et Marinette discutaient des meilleures écoles de mode, des professeurs et des maisons parisiennes de couture, présentant les forces de chacun à ses parents.

Il avait obéit à ses demandes en ne provoquant plus de crise d'angoisse chez Adrien de même qu'il n'avait rien fait pour nuire à leur relation et elle lui parlait maintenant comme si l'entente était cordiale entre eux, évitant simplement les sujets fâcheux.

Adrien était d'une nature calme et effacée bien souvent de toute façon. Son attitude ce jour-là n'étonnait plus. Mais, il ramena bientôt avec naturelle la conversation sur cette voleuse que les héros venaient d'arrêter lorsqu'ils discutèrent d'autres actualités touchant le vol de certaines boutiques mode haute-gamme.

«N'avez-vous pas également été cambriolé père?» demanda-t-il avec assurance comme s'il venait juste de s'en souvenir plutôt que de le questionner. «Il semble que les boutiques Gabriel soit dans les goûts de cette femme. Cette maison aussi. Pourtant, je n'ai pas eu connaissance que vous ayez signalé de vol.»

Agreste senior comprit alors que son fils savait. Juste au ton de sa voix et à son regard. Il ne devina pas qu'Adrien était ChatNoir, bien sûr. Mais, il su sans aucun doute qu'Adrien savait qu'on lui avait dérobé une marchandise qu'il n'était pas sensé détenir. Fort probablement avait-il compris qu'il avait été le Papillon. Et il était plus que possible qu'il soit au courant que son propre père l'ait offert en tant que sacrifice au héros.

Elle aussi était au courant de ce dernier fait sans doute possible d'où son attitude le lendemain du cambriolage. Mais, Gabriel ne pensait pas qu'elle sache autre chose. Elle paressait se demander pourquoi Adrien ramenait le sujet de ce cambriolage dans la conversation tout comme ses parents.

Le jeune homme n'avait fait aucune menace, n'avait demandé aucune compensation pour son silence. Gabriel savait que ce qu'il voulait, c'était cette fille. C'était pour cela que lui-même avait cherché à s'attaquer à elle lorsqu'il avait voulu akumatiser son fils. Il était évident que ce qui était important pour Adrien était simplement Marinette.

Mais, s'il ne voulait que cela pour son silence, il était facile de le laisser l'avoir. Ce n'était qu'un très petit prix à payer dans la situation où avait dégringolé les choses en un an et demi.

Et, il devait bien admettre que cette jeune femme était une perle rare de premier choix.

Après leur confrontation, elle avait accepté de lui dévoiler le contenu de son book de présentation et il avait dû admettre qu'elle avait un talent des plus prometteurs et qu'il était très intéressé à ajouter ce talent au sien pour l'aspect créatif de la compagnie.

C'était exactement ce dont il avait besoin pour renouveler son inspiration. Peut-être pas nécessairement en lui donnant tout le crédit mais s'il la prenait sous son aile maintenant que personne ne la connaissait encore, il pourrait passé pour le mentor qui lui avait tout apprit.

En dehors de quelques détails comme le vol du grimoire des années plus tôt, la morsure sur Adrien et sa tendance à manipuler son fils plus efficacement que lui, si Gabriel avait lui-même choisit une fiancée pour son fils, cette jeune créatrice dynamique aurait été l'un de ses choix les plus alléchants parmi certaines grandes et puissantes familles.

Adrien et elle semblaient aussi s'entendre avec une grande complicité et s'il se fiait aux menaces qu'elle lui avait faites, elle semblait tenir à le protéger. Il pensait aussi pouvoir se fier aux époux Dupain-Cheng pour exiger d'elle plusieurs petits-enfants qui seraient autant d'héritiers potentiels pour lui-même.

C'était comme si Adrien avait lui-même choisit le piège où il voulait être enfermé. L'informatique comme métier de façade qui le laissait libre d'être mannequin et cette fille qu'il avait choisit serait la parfaite relève pour la compagnie. Et Adrien pourrait même engendrer des héritiers s'il réussissait finalement à se rendre utile pour une fois.

Il n'y avait plus qu'à lui choisir une cage où il pourrait rester tranquille.

Après le repas, lorsqu'Adrien raccompagna leurs invités, son père l'attendait dans le hall du manoir.

«Je te conseille de faire tout ce qu'il faudra pour garder cette fille et pour t'assurer qu'elle fasse ce que j'attends d'elle. C'est ta dernière chance. Sinon, je te remet entre les mains expertes de Lila. Elle réussira peut-être à faire quelque chose d'intéressant de toi. Elle a ce talent pour se glisser parmi les cercles les plus influents. Autrefois, il lui manquait juste un peu de maturité. Aujourd'hui, elle se porte on ne peut mieux et serait certainement capable d'obtenir le meilleur prix en vendant un accessoire tel que toi au client le plus offrant.»

Adrien afficha sa nonchalance habituelle et commenta avec une attitude très calme: «Vous avez quelque chose de changé père. Comme si une aura mystérieuse avait cessé de planer autour de vous.»

«Tu devrais éviter de parler en utilisant de telles élucubrations si peu concrètes, Adrien. Entre ton attitude d'imbécile heureux et ces commentaires sans fondement, les gens pourraient te prendre pour un fou.»

Le lendemain, par l'intermédiaire de Nathalie, il fit savoir à Adrien qu'il voulait lui offrir la résidence de son choix pourvu qu'elle soit sécurisée dans le but officiel de les protéger tous les deux, lui et Marinette. De plus, Nathalie planifia l'inscription universitaire d'Adrien avec lui ce jour-là. Son père acceptait de payer pour les études de son choix.


Un mois plus tard

Le matin des dix-huit ans de Marinette tombait en milieu de semaine par une belle journée d'été. Adrien passa la chercher en voiture. Ils utilisèrent les services du chauffeur pour transporter quatre boites et deux valises contenant les possessions de Marinette vers un nouvel appartement.

Elle ne l'avait pas encore visité (voulant se garder la surprise et voulant aussi prouver à Adrien qu'elle lui faisait confiance) et rien n'était encore signé. Mais, en apprenant que l'endroit qu'il avait choisit était déjà disponible, elle lui avait demandé d'organiser les lieux pour qu'ils puissent y dormir le soir même s'ils prenaient l'appartement et donc, il avait fait comme elle lui avait demandé.

L'endroit, d'une grande superficie de plancher pour Paris, avait des plafonds bas et n'était ni ultra moderne ni vieillot, mais récemment rénové avec une grande cuisine contenant beaucoup de placards.

Toute la surface était en air ouverte à l'exception de la grande chambre sur la gauche de la porte d'entrée et de la salle de bain, située juste après.

Un petit balcon donnant sur un mur aveugle apportait un éclairage naturel à la chambre et autrement, l'immense salon était éclairé par d'immenses fenêtres offrant une magnifique vue sur un parc et ensuite sur les toits de la ville derrière celui-ci.

La première chose que vit Marinette en entrant était un énorme paquet cadeaux à l'endroit où aurait dû se trouver la table de la cuisine.

Elle était déjà excitée d'enfin emménager avec Adrien mais son humeur était au mieux. C'était le jour de son anniversaire et le passer à ses côtés était merveilleux.

Il n'était pas du tout de la même humeur qu'elle mais elle n'en tenait pas du tout compte. Elle savait qu'il en sortirait en un claquement de doigts le moment venu comme toujours.

«Comme tu peux le voir, cet endroit n'est pas encore terminé.» lui expliqua Adrien en frottant sa nuque derrière elle avec malaise.

Elle sourit, discrètement amusée sachant qu'il détestait les grands murs blancs. Et dans cet endroit, à l'exception des vastes comptoirs de cuisine et de celui de l'énorme îlot, qui étaient noirs, tout le reste était entièrement blanc.

«Mais le conseil des copropriétaires nous laisse l'entière liberté pour l'aménager comme on veut. Et pour les électroménagers, nous avons aussi le choix puisque le vendeur ne les avait pas encore achetés. Il a simplement baissé le prix en conséquence. Cet endroit est une toile vierge où tu peux laisser aller ta créativité d'artiste pour en faire un foyer bien à nous.» conclut-il.

«Adrien, c'est quoi la grosse boite au milieu de la cuisine?» demanda-t-elle joueuse et les yeux pétillants n'y tenant plus.

«Oh! C'est un petit quelque chose pour ton anniversaire. Le gros cadeau pour notre emménagement est dans le coin du salon derrière l'angle sur la gauche.» fit-il timidement.

Il voyait bien qu'elle aimait mais comme il avait tout choisit lui-même, il espérait avoir su rendre tout parfait.

Marinette déposa le sac qu'elle transportait sur le comptoir de travail et contourna le coin de la salle de bain. Sur le dernier mur de l'appartement, deux fenêtres faites sur la hauteur apportaient l'éclairage plutôt qu'un autre énorme panneau de verre comme les deux sur le mur faisant face à la porte d'entrée et celui sur la droite.

Une grande armoire décorée d'une grosse boucle rose séparait les deux fenêtres. Une fois qu'elle eut ouvertes les doubles portes, Marinette resta si longtemps muette devant les multiples rangements pour la couture et l'artisanat qu'Adrien finit par aller la sortir de sa transe avant qu'elle ne manque d'air.

Elle sauta finalement à son cou en l'embrassant avant d'aller déballer le cadeau dans l'autre section avec le même enthousiasme. Il s'agissait d'un grand contenant de plastique rigide contenant des gallons remplis de faux diamants pour la décoration.

Il y en avait tant qu'elle aurait pu y prendre un bain. Ce qui était peut-être l'intention d'Adrien au final. Ses yeux se mirent à briller d'envie. Elle n'avait jamais pu résister à la fascination qu'exerçait sur elle les facettes des diamants et faux diamants. Mais, elle ne savait même pas comment il avait pu le découvrir et cela la touchait.

«Bon» la ramena-t-il un peu plus sur terre avec toujours le même malaise. Le sourire de Marinette ne voulait plus la quitter. «Si l'appartement te convient, l'ancien propriétaire nous attends pour la dernière signature. J'ai amené un matelas de camping et comme ça, on peut dormir ici dès aujourd'hui comme tu le voulais. L'autre avantage, c'est qu'on pourra l'utiliser pour dormir au salon pendant qu'on termine la chambre.» indiqua-t-il.

«C'est trop génial Adrien! Cet endroit est superbe! Je l'adore vraiment!» s'exclama-t-elle en se laissant emporter par l'enthousiasme.

Quand Adrien lui avait expliqué que son père lui offrait un appartement pour compenser pour tous les mauvais traitements qu'il lui avait infligés, Marinette n'avait pas été certaine de l'idée. À ses yeux, ce n'était pas une façon très saine de régler un conflit. Mais, elle devait reconnaître que si Adrien s'éloignait de son père, ça ne pouvait qu'être bénéfique pour lui.

Elle avait, sans plus hésiter, accepté d'aller vivre avec lui. Elle savait à quel point il en avait besoin.

«Je sais que tu voulais une maison mais ici, on est juste à coté de ton école...» s'expliqua encore Adrien avec gêne.

Elle s'avança pour aller déposer une petit baiser sur ses lèvres. «Il est parfait. Tu as très bien choisit» lui assura-t-elle encore en le serrant contre son cœur. «Ne t'en fait pas. Tu peux m'annoncer les mauvaises nouvelles à présent.» Elle savait bien qu'il y en avait, elle n'aurait même pas eu besoin de le mentionner, c'était trop évident.

«Il faut que je t'avoue, que je m'envole demain matin pour Londres et que je vais devoir passer la nuit là-bas. Je transporterai mes objets personnels le lendemain de mon retour. Et on pourra fêter ton anniversaire samedi si tu veux. J'ai déjà contacté la plupart de nos amis. Presque tout le monde sera disponible d'après ce qu'ils m'ont dit. Tu m'en veux de ne pas rester avec toi cette semaine?» demanda-t-il avec détresse. «Il y aura tout l'emménagement et ton anniversaire...»

«Mais non voyons!» fit-elle soulagée que ce soit la pire nouvelle. «Je sais que tu ne peux pas toujours échapper aux obligations que t'impose ton père tant que ton contrat ne sera pas terminé. Et ne n'inquiète pas. Il n'y a aucune urgence. Si quelque chose est trop compliqué pour moi avec l'installation, je t'attendrai tout simplement.»

«C'est seulement jusqu'à la rentrée scolaire. Ensuite, je ne partirai plus en voyage pour lui.» promit Adrien. Il arrondissait les angles et se pliait toujours à ces demandes raisonnables même s'il n'en avait aucune envie parce qu'il savait bien que son père avait tout de même compris le messages. Il ne lui mettait même plus la pression pour renouveler son contrat avec la compagnie.

En contrepartie, il tenait tout de même son rôle d'héritier dans un minimum d'obligations qui ne bousculaient pas sa vie et gardait sous silence ce qu'il savait. De toute façon, il n'aurait confié à personne ce secret. Il était beaucoup trop dangereux.

Marinette fut bien contente d'apprendre qu'il ne s'absenterait plus que quelques fois, mais surtout pour lui. Elle voyait clairement qu'il était difficile pour son Chaton d'être loin d'elle. D'une caresse sur son épaule elle le réconforta.

«Tu vas me manquer.» lui assura-t-elle. «Mais, je suis capable d'endurer en attendant. Je peux inviter les copains ici pour ma fête de samedi?» demanda-t-elle toute joyeuse.

«Je ne l'envisageais pas autrement!» sourit-il. «À présent, tu es chez toi, ici. Il n'y a qu'un dernier petit détail dont je voulais discuter avec toi. J'ai disons, une immense faveur à te demander.» fit-il avec de nouveau beaucoup de gêne.

Il humecta rapidement ses lèvres et sortie une carte de crédit de son porte-feuille. «Je voulais te laisser cette carte pendant que je serai à Londres. Tu pourras t'en servir pour l'aménagement de l'appartement et t'offrir tout ce qui te plaira. J'ai mis la limite plutôt haute pour que tu puisses acheter les meubles.»

Marinette regarda ses souliers avec malaise. «Adrien, tu m'as déjà tellement offert. Ce n'est pas nécessaire. Je te dois déjà...»

«Non» la coupa-t-il avec de la panique parce qu'elle ne comprenait pas ce qu'il voulait lui dire. «Tu ne me dois rien. Je voudrais que tu comprennes à quel point je t'aime! Tu es toute ma vie. Plus tu seras heureuse et plus je le serai aussi. C'est pour cela que tu ne me devras jamais rien! Mais, cette carte, c'est autre chose, ce n'est pas un cadeau, c'est... Je voudrais que tu t'occupes des finances de notre couple. Je sais bien que c'est moi qui gagnerai le plus au départ mais...»

«Ne t'inquiète pas, Chaton. J'ai compris c'est d'accord.» le rassura-t-elle tendrement et les yeux d'Adrien perdirent leur aspect humide alors que sa lèvre inférieure revenait dans le bon sens. «Je peux jouer l'adulte responsable de notre couple si tu le souhaites. Je sais à quel point tu n'as pas profité de ton enfance et qu'il te reste encore un long chemin pour te reconstruire. Je vais continuer de t'aider à le faire, soit sans crainte.»

Adrien était complètement épuisé de prétendre continuellement être une personne normale et un héritier de la jet-set. Il en avait assez de prétendre être quelqu'un qu'il n'était pas. Il était épuisé de faire attention à chacun de ses gestes ou de ses tics. Il détestait avoir des responsabilités. Les paiements des taxes d'habitation et la gestion d'un budget étaient des notions complètement étrangères à ce jeune homme qui avait été tellement couvé durant toute sa vie.

Elle non plus n'avait pas l'habitude de s'occuper de ces choses parce qu'elle avait toujours vécu chez ses parents, mais pour Adrien c'était encore pire. Et un peu au-dessus de ses forces. Qu'elle accepte de prendre en main la gestion du foyer était un énorme poids qui disparaissait de ses préoccupations.

Il soupira de soulagement et la regarda enfin avec un sourire radieux.: «Tu sais, le chauffeur s'occupera de tes bagages pendant qu'on signera pour l'achat. Qu'est-ce que tu veux faire ensuite? Tu veux qu'on ailles chercher le reste de tes affaires? J'ai toute la journée pour être avec toi.»

Elle ramassa sa bourse d'une main et attrapa celle d'Adrien de l'autre. «Tout ce qu'il me reste à transporter de chez mes parents, c'est mon matériel de travail. Allons plutôt choisir un grand lit ensemble. Il faudrait qu'il soit en bois mais avec la tête en métal travaillé. Tu vois, pour y accrocher des trucs.» fit-elle avec un coup d'œil plein de sous-entendu.

Il respira lentement pour pouvoir contenir l'érection qui menaçait déjà d'apparaître entre ses jambes juste à l'idée qu'elle l'attache pour de bon.


Désolée de l'erreur!