Une semaine plus tard, Adrien revint à l'appartement pour trouver Marinette assise silencieusement à la table. Sa veste et sa bourse près d'elle, elle serrait un mug vide entre ses mains et une valise reposait à ses pieds.
«Mari?» s'inquiéta-t-il sentant son sang se glacer dans ses veines. Elle ne le quittait pas n'est-ce pas?
Elle leva finalement le visage vers lui et le regarda avec les pupilles brillantes et en mordillant l'ongle de son pouce. Mais, autrement, elle ne répondit pas.
Il se jeta à genoux près d'elle l'inquiétude serrant sa poitrine. «Marinette? Dis-moi ce qui se passe, je t'en prie!» réclama-t-il avec urgence.
«Je suis désolée, Adrien. Je ne pourrai pas tenir ma promesse.» avoua-t-elle avec malaise.
«Pour-quoi?» hoqueta-t-il les larmes emplissant ses yeux.
«Il m'est arrivé une vraie opportunité formidable. Je n'ai pas pu dire non. Tu comprends c'est pour ma carrière, c'est très important que j'y aille.» bafouilla-t-elle désarmée par ses larmes. Il prenait tout cela encore plus mal qu'elle l'avait cru et elle sentait ses propres larmes monter à ses yeux.
«Pourquoi je ne peux pas te suivre?» se désola-t-il. «Qu'est-ce que j'ai fait de mal?»
«Mais, rien du tout, Chaton. C'est seulement que c'est réservée aux filles! En théorie tu pourrais venir en prenant ta propre chambre d'hôtel mais, je ne suis qu'une invitée, je ne voulais pas t'imposer!»
«Un hôtel? Je ne comprends pas.» s'étonna Adrien, les larmes coulant toujours sur ses joues. Pour quelle genre de vie le quittait-elle?
Elle prit une grande respiration et expliqua :«Des filles de deuxième année ont organisé un voyage pour aller voir des défiés et visiter des ateliers de haute-couture en fin de semaine à Genève. L'une d'entre elles s'est désistée et la place était libre. Et bon, j'étais tout de même la seule à pouvoir m'offrir le billet d'avion et les deux journées d'absence sans prendre de retard... Mais, ça implique que je ne serai pas là pour ton ancienne anniversaire et que tu devras attendre encore avant que je te donne ton cadeau!»
«C'est tout! Mais, ce n'est pas si grave Marinette! Pourquoi tu pleures? Tu m'as fait une peur bleue!» se surprit Adrien. Il s'appliqua à essuyer doucement les larmes de Marinette sur ses joues avec son pouce.
«Pourquoi toi tu pleures?» lui reprocha-t-elle en écartant sa main. «C'est toi qui m'a fait pleurer!»
«On est peut-être trop émotifs.» admit-il avec une dernière larme, celle-ci de soulagement.
«On est encore un jeune couple lorsqu'on y pense.» convint-elle.
«On est juste fou amoureux l'un de l'autre.» rougit-il.
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La semence d'Adrien tomba sur le sol entre ses genoux, le bâillon dans sa bouche étouffant ses gémissements et ses lamentations.
Lorsqu'il redescendit sur terre, il s'aperçut que ce qui le pénétrait s'était immobilisé durant son orgasme. Une main couverte d'un gant de travail épais empoigna son sexe et le branla violemment pour lui faire reprendre du tonus.
À qui était cette main? Où était-il? Et quel était cet objet phallique et... organique qui emplissait son derrière sans mollir? Adrien n'avait aucune réponse.
Adrien était toujours l'esclave sexuel de Marinette, sa vie actuelle continuait à lui convenir parce qu'il avait travailler très fort pour la rendre fonctionnelle. Dans la plupart des aspects de leur vie, il lui appartenait. Et évidemment, il lui était interdit d'avoir des relations sexuels avec une autre personne. Il n'en avait jamais eu véritablement envie de toutes façons.
Trois semaines par mois, c'était son rôle de la faire jouir au moins une fois par jour, avec la langue et les doigts ou avec son sexe. C'était le travail d'Adrien de la garder satisfaite, et ce, même s'il était déjà endormit. Il se devait d'être toujours disponible pour elle charnellement ou dans leur vie de tous les jours.
Si elle n'arrivait pas à dormir parce que l'envie la gardait éveillée, elle le réveillait pour qu'il lui fasse une gâterie jusqu'à ce qu'elle s'endorme satisfaite de sa jouissance.
Par contre, un soir par semaine, normalement, le jeudi soir, elle le faisait jouir encore et encore, de toutes les façons qu'elle pouvait imaginer, jusqu'à ce qu'il demande pitié.
Il se disait souvent que s'il n'avait pas été un tordu avant d'être avec elle, il le serait devenu simplement pour le plaisir qu'elle lui donnait. Elle faisait de sa vie un enfer selon elle et lui en demandait encore, la suppliant à genoux pour avoir toujours plus du paradis qu'elle créait dans sa vie.
Elle-même n'était que peu excitée par tout cela. Ce à quoi elle était accro était la beauté de son corps, ses expressions torturées de désir, ses pleurs, ses cris de jouissance. Ça, elle n'en avait jamais assez.
Il savait qu'elle avait souvent pris des images de son visage pendant qu'il perdait le contrôle de son propre corps. Il se demandait d'ailleurs secrètement s'il était filmé présentement.
Seulement, il avait honte. Honte d'aimer ce qu'il vivait alors que Marinette n'était pas là. Même s'il n'avait pas eu le choix.
L'un des phantasme d'Adrien était d'être kidnappé. Toute son enfance, son père avait surprotégé Adrien afin qu'il ne soit pas enlevé contre rançon ou par des pervers pédophiles voulant profiter de son corps d'enfant mannequin.
Adrien avait l'esprit de contradiction, probablement un trait qui le liait à Plagg.
Marinette était au courant de ce phantasme bien sûr. Elle s'était suffisamment amuser à le torturer pour le faire avouer chacun des honteux secrets de son inconscient. La torture par le sexe, beaucoup plus efficace qu'une thérapie, juste plus épuisante.
Il s'était avéré qu'Adrien avait beaucoup de phantasmes inconscients, certains très simples qu'ils n'avaient pas manqué de réaliser. Et d'autres qu'elle n'avait pas encore trouvé comment mettre en scène.
Mais, elle n'était pas là. Il était seul avec cet inconnu.
Sa fiancée était en déplacement à l'extérieur de Paris pour trois jours et ne reviendrait que le lendemain soir. Elle manquait ainsi son ancienne anniversaire qu'il ne fêtait plus et la soirée de couple hebdomadaire.
C'était pour cela que lorsqu'il s'était réveillé ce jeudi soir en question, un bandeau sur les yeux, des chaussettes roulées dans la bouche et un autre lien les maintenant en place, il n'avait eu que moyennement peur malgré qu'il ait découvert que ses poignets étaient liés ensembles par une grosse corde passée sur un t-shirt qui les protégeait. Le fait que l'immeuble soit sécurisée lui créait aussi des doutes. Adrien devait lui-même activé l'ouverture de la porte de façade chaque fois que ses amis venaient le visiter normalement ou utiliser sa clé spéciale pour entrer.
De plus, il sentait toujours le miraculous du dragon à son cou et c'était le plus important.
Puisqu'il assurait la protection de la miracle box en l'absence de Marinette, il avait sortit Longg de son univers pour le seconder. Mais si on ne lui avait pas pris son bijou, la ou les personnes qui avaient décidé de s'introduire chez lui pour le kidnapper ne devait pas savoir qu'il était en sa possession.
Par contre, si Longg avait choisit d'assurer la sécurité de la boite par lui-même plutôt que de les suivre, Adrien n'avait aucun moyen de se transformer pour se défendre.
Un objet lourd, dure et froid c'était planté dans son dos et on avait tiré sur la corde accrochée à ses poignets. Il s'était obligeamment levé du lit qu'il partageait normalement avec elle et en semi-érection, il avait suivit les ordres jusqu'à se retrouver lié à un poteau de soutien dans un entrepôt à vingt minutes de chez lui.
Ils étaient près de la seine selon l'odeur. Une pièce très vaste et rarement balayée à en croire les cailloux sous ses genoux.
La main brusque bataillant avec son organe sensible sans le ménager s'arrêta lorsqu'il redevint dure et l'empoigna cruellement par les cheveux.
On le fit mettre debout et sa poitrine alla cogner contre le pilier. La main gantée releva son sexe contre son ventre et le couvrit de son t-shirt pour le protéger du béton glacé.
Il sentit ensuite qu'on resserrait plusieurs liens autour de lui, aux épaules et aux hanches. On avait même pensé à remonter ses poignets en hauteur et une corde les maintenaient au dessus de sa tête.
Pourquoi aurait-il été effrayé par son assaillant alors qu'il était si prévenant?
Tout simplement parce que peu importe avec quoi il le pénétrait de nouveau dans cette nouvelle position, son derrière s'était refermé et il n'était clairement pas près pour se le prendre! Voilà pourquoi!
Il eu vraiment mal. Il cria dans le bâillon, le remplissant de salive. Mais, après la surprise initiale, ce gros truc entre ses fesses devint divinement bon, aussi bon que précédemment et il se mit à panteler. Il réalisa qu'il jouirait encore vraiment rapidement, il n'arrivait pas à se retenir.
Adrien n'avait été pris par un homme qu'une seule fois quelques années plus tôt et celui-ci était complètement saoul. Au cours de leur vie de couple, Marinette l'avait cependant pénétré plus d'une fois avec des strap-on mais un détail dans cette situation excitait vraiment Adrien.
La personne qui le prenait (et qui le prenait vraiment bien, frappant juste au bon endroit) ne portait aucun harnais. Donc, il avait vraiment le sexe d'un homme en lui et cette fois, c'était volontaire.
Cet homme avait eu l'envie et la volonté suffisante pour que tout cela devienne réalité et il bandait pour son corps.
Sentant qu'il allait jouir de nouveau, il poussa un cri de plaisir étouffé et l'homme mordit l'arrière de son cou, le précipitant dans un monde tout blanc.
Du ruban adhésif recouvrit le bandeau et la chevelure d'Adrien mais ses autres liens tombèrent au sol, y comprit ce qui retenait ses mains. Une grosse main appuya sur sa nuque en même temps qu'un bout de métal froid chatouillait ses côtes, jusqu'à ce qu'il se retrouve à quatre pattes au sol.
Des odeurs sauvages provenant du corps qui s'imposait à lui lui apprirent que ce mâle n'en avait pas terminé avec lui. En effet, un gros sexe masculin mais, lavé de frais lui balaya les lèvres. Encore une bonne raison pour qu'il ne s'effraie pas.
Adrien captura le gland entre ses lèvres. Savourant la sensation de sa première queue contre sa langue. Il la découvrit lentement, s'appliquant à donner du plaisir. Intérieurement, il blasphéma. Il adorait tellement tout de cette nouvelle sensation! Et sans même le vouloir, un gémissement désespéré le quitta.
Avec un peu de honte pour son plaisir si manifeste dans une situation si incongrue, il redoubla d'ardeur sur le membre. Il était hors de question qu'il n'en profite pas, peu importe les circonstances! Il doutait de pouvoir s'opposer à ce qui lui arrivait de toute façon. La résistance ne lui vaudrait que d'être brutalisé davantage et il ne se sentait pas en danger.
Il prit le sexe le plus profondément possible et son nez rejoint la peau du ventre. Il recula la tête et se mit à genoux pour avoir plus de stabilité.
Les mains sur les hanches de l'inconnu, il suça copieusement le gros sexe bien érigé faisant son possible pour contenir la salive que son excitation lui apportait.
Il tenta sur lui les trucs que Marinette lui faisait mais bien vite, le plaisir monta des couilles de ce type qui sortit son sexe et en aspergea la poitrine d'Adrien qui était déçu de perdre son nouveau jouet aussi vite.
Rien. Aucun râle ou gémissement, pas une respiration plus haute que l'autre n'avait accompagné le déversement.
Les mains invisibles rattachèrent ensuite plus légèrement ses poignets devant lui et ils furent ensuite abaissés dans un message silencieux vers son propre sexe qui pointait vers le plafond.
Adrien n'attendit pas qu'on le lui répète. Il se ne priva pas de se soulager. Marinette le restreignait et le lui accordait le droit de se toucher lui-même que de façon occasionnelle et selon lui, insuffisante.
Il se masturba avec plaisir et sans intention de faire durer la chose. Il voulait une envolée vers les étoiles haute et rapide. Il laissa même sortir un léger gloussement en sentant son sperme se répandre sur ses mains et sur ses genoux. Quelle satisfaction!
Il entendit ensuite la pression de l'eau s'approchant de son corps et on le doucha. La pression n'était pas trop forte mais l'eau était définitivement froide et le fit protester même s'il coopéra et s'exposa au jet.
Le sol autour de lui fut nettoyé de la même façon et cela terminé, le sexe fut de retour contre ses lèvres.
Cette fois, il était encore mou et Adrien se fit un devoir de lui redonner toute sa vigueur.
Il grogna de plaisir en le sentant trembler entre sa langue et son palais mais, grogna de nouveau, de frustration cette fois, lorsqu'on le lui retira après que l'objet lui eu rapidement baisé l'entré de la gorge pour quelques passages.
Il était déjà de nouveau excité à ce moment-là et plus détendu. Il était même encore sur le chemin de sa prochaine éjaculation.
Cependant, une botte pressa son fessier et il se retrouva à basculer vers l'avant, se retenant grâce à ses réflexes. Le gros sexe qu'il venait de couvrir de salive le reprit par derrière sans ménagement.
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À des centaines de kilomètres de là, Marinette inscrivit un commentaire encourageant à Luka et jeta un dernier coup d'oeil sur les images qui lui parvenaient en direct de l'entrepôt qu'elle avait trouvé pour que Luka y conduise Adrien.
Elle retourna ensuite son téléphone pour cacher l'écran et ajouta un peu plus de Bailey's dans le verre de cette fille avec qui elle partageaient la chambre.
Elle n'avait pas besoin de voir l'intégralité des images immédiatement. Son homme était heureux et c'est ce qui comptait, elle regarderait plus en détail plus tard.
Elle recommença à réconforter sa camarade de classe qui se lamentait parce que son homme l'avait laissé tombée sous prétexte qu'elle n'était pas suffisamment excitante.
Elle-même se sentait toujours un peu coupable d'avoir mentit à Adrien sur la date d'arrivée du "cadeau" qu'elle lui avait promis mais elle espérait que tout était suffisamment à son goût pour qu'il lui pardonne.
Luka était tout un numéro. Ça c'était un vrai ami.
Quand elle avait choisit d'avoir un relation sérieuse avec Adrien, Luka avait comprit et pilé sur ses sentiments pour leur permettre d'être ensembles sans qu'elle ait de remords. Il s'était même éloigné pour leur laisser toute la place.
Aujourd'hui, même s'ils ne s'étaient plus revu depuis quelques longtemps, il avait accepté de faire le déplacement jusqu'à Paris et de suivre son plan complètement fou.
Mais, elle savait aussi qu'il n'y avait que peu de chance pour que Luka refuse de faire ce faux enlèvement. Elle se souvenait trop bien du jour où Adrien et elle avait rencontré Luka et d'avoir prié pour que les deux garçons ne décident pas de partir ensemble en la laissant derrière. Il y avait tant de désir entre les deux.
Bien sûr, maintenant elle n'avait plus cette crainte. Même si Adrien remontait lentement la pente et même si un jour, il regagnait la faculté de vivre sans elle, elle savait que les garçons ne l'oublieraient pas.
Ne serait-ce que pour son côté créatif qui leur permettait ce soir-là de passer une superbe soirée. Parce que même de l'autre côté de la frontière, c'était elle qui orchestrait les festivités.
Et Adrien était maintenant rassuré sur le fait que personne ne pouvait l'aimer autant qu'elle elle l'aimait, elle-même en était certaine. Elle l'aimait pour toujours tout autant qu'il l'aimait pour toujours.
Peut-être que pour l'an prochain, au prochain anniversaire d'Adrien, elle inviterait carrément Luka à passer la nuit avec eux?
Adrien sentit les premiers froids s'installer sur la ville avec des sentiments mitigés. Durant son enfance, les fêtes de Noël avaient été l'occasion de toutes une séries de tradition que sa mère avaient inventées juste pour lui et qu'elle ramenait d'année en année.
C'était aussi l'occasion où son père faisait l'effort d'être plus présent pour sa femme et son fils. Mais, Adrien avait eu la confirmation qu'il le faisait surtout pour faire plaisir à sa femme lorsque celle-ci était disparue et qu'il avait cessé de fêter Noël.
Adrien avait apprit la même année, (principalement avec les explications de Nino) que toutes les familles ne n'offraient pas de cartes bricolées à la main aux gens dans les refuges. C'était l'une des activités qu'Adrien faisait avec sa mère et qui était disparues avec elle.
Il avait aussi comprit très vite que pas plus que les autres années, son père ne prendrait le temps de faire une guirlande de maïs soufflé ni de s'installer au piano avec lui pour jouer des chants de Noël pendant des heures.
Cette première période des fêtes sans sa mère avait été très dur pour Adrien. Au moins, ses amis avaient-ils tous été présents pour fêter la nuit de Noël avec lui cette année-là.
Les années qui avaient suivit avaient été aussi assez difficiles. Il avait dû se contenter de la célébration organisée en classe par la professeure (ce qui n'était pas si mal tout de même de son point de vu optimiste.) et d'aller observer ses amis en cachette durant le congé.
L'année précédente avait été la pire.
L'année de sa terminale, Adrien était en froid avec son père et pour une obscure raison qu'Adrien soupçonnait maintenant être lié à un sombre dessin qu'il avait réussi à éviter, son père avait semblé tout faire pour qu'il se sente détruit de l'intérieur.
Adrien avait passé chaque nuit du congé dans la chambre de Marinette. Si en tant que Ladybug, elle ne lui avait pas donné la permission d'aller visiter son alter-ego s'il sentait le besoin d'avoir de la compagnie, il n'avait aucun doute qu'il aurait certainement flanché et sachant maintenant que son père était celui qui profitait de la détresse émotives des gens, il n'y avait aucun doute non plus qu'il aurait été forcé de faire quelques ravages sur la ville.
Paris et le monde devaient probablement leur salut au fait qu'il n'avait jamais hésité à se transformer pour aller demander de l'aide dans une situation difficile et qu'il savait qu'il serait toujours accepté par Marinette peu importe l'heure ou son état de stress.
Cette année encore, s'annonçait différente des autres.
D'abord, il était adulte et vivait avec la femme de sa vie. Il était libéré de la cruauté de son père. Et il menait aussi une vie totalement différente.
Pour beaucoup de gens, il était Félix, le garçon cool qui travaillait bénévolement à la soupe populaire. Une tuque par-dessus ses cheveux longs, les vêtements jeunes et confortables (et tous ses t-shirts avec des blagues stupides) que Marinette lui avait confectionnés. Il était pratiquement méconnaissable aux yeux du public. Et si quelqu'un le regardait bizarrement, il y avait deux choses qui l'empêchait d'identifier "Félix" comme étant l'ancien mannequin dont le visage avait parsemé la ville.
D'abord, il y avait l'autre "Adrien" qui se tenait, la tête bien haute, à la barre de la compagnie. Il était de toutes les soirées mondaines et jamais accompagnés deux fois de la même femme. Mais personne ne s'aventurait à le traiter de coureur.
Connaissant son cousin, Adrien savait que ces femmes étaient à son bras pour la galerie et que s'il y avait une personne plus spéciale qu'une autre dans sa vie, personne n'avait dû en entendre parler.
L'autre raison était qu'il avait tout de même légèrement changé de look depuis sa dernière séance photo à l'été. Ses cheveux avaient poussés, il y avait même ajouté des mèches de couleurs et il avait aussi pris du muscle puisqu'il s'entrainait. Et sur ses photos, il était maquillé également.
Donc, si par hasard, une personne parmi tous ceux qu'il croisait dans la rue le reconnaissait, cette personne ne faisait qu'hausser les épaules et se dire qu'il s'agissait d'une simple ressemblance.
Donc, d'un côté, Adrien espérait passer de joyeuses fêtes avec la famille de son amoureuse (Tom et Sabine avaient déjà hâte de passer le réveillon avec lui) et de l'autre, il savait que le Noël ne serait pas joyeux pour tous.
La fin des classes laissa Marinette épuisée. Elle avait tout donné dans ses cours pour être parfaite.
Au moins, malgré la fatigue que cela lui avait coûté, avait-elle réussi à terminer la première session en tête de sa classe et à faire tourner des têtes de futurs employeurs.
Donc, même si on la savait toujours liée à la famille Agreste (Elle avait raconté à ses camarades qu'elle avait quitté Adrien pour Félix lorsqu'ils avaient échangés leurs identités.) les mauvaises langues avaient commencé à se taire puisse qu'avant même d'avoir du succès, elle faisait déjà ses preuves par elle-même.
Elle passa sa première journée du congé à dormir pendant qu'Adrien aidait à la boulangerie. Le soir, elle avait voulu passer du temps en couple avec lui mais, il avait promis d'aller aider à la soupe populaire où il s'impliquait depuis que Félix avait pris sa place en tête d'affiche.
Ils en étaient déçus tous les deux parce que cela faisait quelques semaines qu'ils n'avaient pas eu de temps ensemble. Elle avait tellement travailler que sans négliger Adrien, elle n'avait pas eu énormément de temps pour lui. Allant même jusqu'à ne pas savoir quoi lui répondre lorsqu'il lui avait demandé ce qu'elle prévoyait après sa session. Elle avait trop de préoccupations pour se rendre à la dernière journée de cours pour être capable de penser à celles qui suivraient.
Elle alla donc passer la soirée avec ses parents, un peu trop démotivée pour faire quoi que se soit de constructif.
Le lendemain, Adrien retourna à la boulangerie pendant que Marinette s'attaquait à la fabrication de la longue liste des cadeaux qu'elle voulait faire. Ce soir-là, Adrien devait retourner au refuge pour sans abris et proposa à Marinette de l'y accompagner. Mais, elle déclina pour continuer à faire des cadeaux et particulièrement ceux d'Adrien qu'elle pouvait ainsi faire sans qu'il ne la voit.
Adrien entra à la boulangerie le lendemain la mine basse.
Réalisant la situation, les époux Dupain-Cheng lui proposèrent de rester dîner ce soir-là avec Marinette mais, ils ne pouvaient pas parce qu'ils avaient promis d'assister au gala de Noël organiser par Félix au nom de la compagnie Agreste. Marinette s'occupait justement de sa robe ce jour-là.
Sabine et Tom se regardèrent avec inquiétude.
Pour l'occasion de cette grande fête, la première organisée par la compagnie, Félix avait invité une très longue liste de noms célèbres dans Paris. Les employés étaient également présents puisque Félix jouait le rôle d'Adrien et que c'est ce qu'Adrien aurait fait.
Il y avait donc la foule dans le grand auditorium qui avait été choisit pour la fête puisque la plupart des gens avaient répondus présent à l'invitation.
La dernière, mais non la moindre, des invités de Félix, était sa propre mère qui avait fait le déplacement pour l'occasion. Amélie restait à Paris pour tout le congé des fêtes et était très heureuse de tenir compagnie à son neveu pour la soirée.
Amélie, Adrien et Marinette passaient donc pour la mère, le fils et la petite-amie du fils qui rencontrait sa belle-mère et ils en avaient beaucoup à se dire tous les trois. Du moins, en début de soirée.
Puisque Marinette fit plus que saluer les personnalités qui s'approchaient d'elle. Elle ouvrait aussi la discussion avec eux pour mieux les connaître et se faire connaître. Même si elle n'avait aucun besoin de forcer le rapprochement. Les vedettes et les designers junior venaient continuellement la kidnapper du bras d'Adrien qui lui glissait souvent à l'oreille quelques "quoi dire, quoi faire" pour chacune de ces personnes qu'il connaissait déjà.
D'ailleurs pratiquement toutes ses anciennes relations mondaines le regardait avec stupéfaction. Bien sûr, ils le reconnaissaient mais personne ne le savait. La plupart ignorait aussi l'existence de Félix et croyait voir double en l'apercevant juste après avoir saluer Adrien (Félix) à l'autre bout de la salle.
La soirée se déroula cependant sans incident majeur si on excluait le moment où Chloé était venu discuter avec Adrien pendant que Marinette rencontrait le roi des créateurs de chaussures (l'homme caché derrière tous les plus grands noms.) et qu'on l'avait tout à coup prise pour la copine de Félix, le moment où le premier rôle masculin dans la pièce de théâtre de l'année avait fait une terrible crise de jalousie pour le première rôle féminin (parce qu'elle s'était apparemment fait prendre en train d'embrasser passionnément une autre femme dans les salles de bain.) Et le moment où Chloé, très saoule en fin de soirée, avait foncé dans la table des breuvages et avait reçu une grande fontaine de champagne sur la tête et sur son corsage.
Au travers de cela, Adrien et Marinette avait accepté d'aller dîner avec Amélie et Félix avant le départ de celle-ci durant leur dernière soirée de libre et les amoureux n'avaient même pas eu l'occasion de danser une seule danse ensemble.
La seule danse qu'il y avait eu était celle où Adrien, qui avait fait tapisserie, avait invité Amélie par galanterie.
Tous deux passèrent la journée du lendemain en pyjama devant la télé ou du moins, la partie de la journée qu'ils n'avaient pas passé à dormir.
En soirée, débutaient toute la série des fêtes où ils étaient invités, chez Alya et Nino avec des amis, le soir de Noël avec la famille de Marinette et ensuite la fête organisée par le refuge où ils distribuaient des cadeaux aux enfants pauvres.
Puis, il y eu encore des journées passées à la boulangerie et des soirées pour sortir les sans-abris les plus malchanceux des rues qui deviendraient bientôt trop glaciales pour dormir dehors et les ramener vers les centres de soutiens.
Après la Saint-Sylvestre, il ne restait que la soirée avec Amélie et Félix et une autre nuit avant que Marinette ne reprenne les cours.
Ce dernier soir, elle offrit un nouveau cadeau à Adrien. Il en avait déjà reçu plusieurs à la fête chez ses parents mais elle tenait à lui offrir quelque chose en privé et surtout que celui-là était plutôt intime.
Adrien défit les rubans et souleva les tissus qui emmaillotaient deux combinaisons de latex noir pour elle et lui laissant peu de place à l'imagination.
Adrien baissa le regard, il était très heureux qu'elle ait consacré du temps pour lui faire ce cadeaux mais, elle n'avait pas bien compris ce qu'il désirait le plus recevoir pour Noël.
Il y eu bien du sexe entre eux mais le cœur n'y était pas et les activités sexuelles prirent fin beaucoup plus rapidement que prévu.
Déçue, Marinette s'allongea sur l'oreiller contre lui sans pouvoir dormir. Elle ne savait pas ce qu'elle avait fait de mal et se repassait toutes les tendances et les bizarreries qu'elle connaissait d'Adrien pour essayer de comprendre.
«Marinette?» demanda-t-il finalement par lui-même. «Qu'est-ce que ça fait? À quoi ça ressemble?»
«Quoi donc?» poussa-t-elle pour briser son hésitation.
«De se sentir vraiment aimé, complètement et inconditionnellement?» souffla-t-il.
«Tu n'as pas l'impression que je t'aime?» s'attrista-t-elle.
«Je ne sais pas. C'est pour ça que je pose la question. Je ne sais pas à quoi ce sentiment ressemble.» avoua-t-il dans la pénombre de la nuit. «Je veux dire, oui, je me sens aimé.»
Adrien repensa à la première fois où il avait rencontré officiellement Tom et Sabine en tant que petit-ami de Marinette lorsqu'ils avaient décidé d'être en couple sans les masques. Ils l'avaient accueillit comme s'il était la réponse à leurs prières et il avait compris depuis peu que c'était partiellement le cas. Mais aussi leur maison était un tel havre de paix malgré la situation à Paris et tous les akumas qui s'étaient attaqués à la boulangerie par le passé! Adrien en avait été bouleversé et en entrant dans la chambre de Marinette pour y attendre avec elle que le repas soit près, il avait éclaté en sanglot, bouleversé par tant de chaleur humaine.
«Toi et tes parents, la façon dont ils m'accueillent, j'ai toujours l'impression qu'ils m'adorent et oui, je sens que tu m'aimes mais, j'ai toujours ce sentiment, juste au milieu de ma poitrine que toi et moi, on ne ressent pas la même chose. Comme si tu avais quelque chose que je n'ai pas.»
«Je suis désolée que tu n'ais plus tes parents dans ta vie, Chaton.» assura-t-elle immédiatement avec la plus pure sincérité. Celle que seule Marinette pouvait ressentir. Avec ce non-dit comme si elle regrettait de ne pas avoir réussi à changer la situation.
Il glissa son bras sous elle et la ramena sur lui pour qu'elle soit directement couchée sur son corps. Le menton appuyé sur ses paumes plaquées sur ses pectoraux, elle pouvait le regarder au fond des yeux malgré la pénombre.
«Ce n'est pas ce dont je parle. Il y a en toi une telle confiance en tous ceux qui t'entourent! Tu- Tu sautes dans le vide sans aucune peur, métaphoriquement parlant, parce que tu es certaine qu'il y aura toujours quelqu'un pour te rattraper. Que si ce n'est pas une personne, ce sera une autre. Tu es toujours adulée en tant que Ladybug, tu es l'amie que tout le monde veut en tant que Marinette, tu seras bientôt la dessinatrice la plus convoitée du milieu...»
Il s'arrêta pour ne plus continuer. Une partie de lui n'arrivait toujours pas à dénoncer la douleur qu'il ressentait. Il était difficile pour lui de confier ses peines ou d'imposer le fardeau de ses problèmes à une autre personne.
«Dis-moi ce que tu ressens. Je veux savoir.» assura-t-elle avec amour.
Il ne fit que soupirer.
«Et si Ladybug te l'ordonne?» tenta-t-elle.
«Je ne ressens pas cette confiance.» avoua-t-il. «Je ne sais même plus si j'ai peur de tomber ou non. Parfois, j'ai peur que personne ne me rattrape et parfois je ne dis que ce n'est pas grave. J'ai- j'ai l'impression qu'il n'y a que toi sur qui je peux compter si j'ai vraiment des problèmes. Et parfois, oui, c'est vrai, j'avoue que je ne sais pas si tu me rattraperas. En tant que Ladybug, tu l'as toujours fait durant les combats et en tant que Marinette tu m'as toujours accepté comme personne avant toi ne l'as fait. Mais, j'ai toujours su qu'il y avait une possibilité pour que dans les plans de Ladybug, il soit écrit qu'elle me sacrifie pour sauver la ville et qu'elle me ramène seulement ensuite ou même peut-être pas du tout. Et en tant que Marinette, je ne ne peux pas m'empêcher de me souvenir combien j'avais mal lorsque je pensais que tu me détestais.»
Ils étaient ensuite rester longtemps silencieux, leurs réflexions uniquement coupées par de brèves conversations.
«Tu sais que s'il m'arrive quelque chose, je compte sur toi pour t'occuper de mes parents, n'est-ce pas? Si je puis dire, ça fait partie du rôle de petit-ami que je t'ai choisit pour tenir. Tu comprends pourquoi ils te traitent comme leur fils? C'est parce que tu l'es déjà, qu'on soit mariés ou non.» fit-elle.
«D'accord. Non, je n'avais pas vu les choses comme ça, mais, oui, je suis content que tu me le dises. Ça me rassure d'une certaine façon.» répondit-il avec un temps de retard après y avoir réfléchit.
Et encore plus tard, Adrien expliqua. «J'aime bien les tenues que tu nous as fait. Tu es bandante et délicieuse et appétissante dans la tienne et tu réveilles chez moi, toutes sortes d'instinct de mâle. Mais, je les aurais tout de même échangé contre la chance de pouvoir passer tout le temps que tu as mis à les créer avec toi. Je n'ai pas besoin d'avoir la surprise, au pire. Tu sais à quel point j'adore te regarder travailler.»
«C'est d'accord, je ferai plus attention. J'y penserai pour la prochaine fois.» promit-elle.
Et encore beaucoup plus tard, d'une voix vraiment très rêveuse au point où Marinette se demanda si Adrien lui parlait où s'il pensait à voix haute, il lui raconta toutes les traditions de Noël qu'il partageait avec sa mère durant son enfance. Les nuits blanches passées à faire des puzzles, les décorations faites à la main, de nouvelles qui venaient s'ajouter aux anciennes chaque années mais uniquement dans sa chambre à lui parce que son père n'en voulait pas dans le hall d'entrée, son bureau ou la salle à dîner.
Il lui parla des biscuits qu'elle faisait et du chocolat chaud qu'il n'avait droit de prendre qu'à cette période. Des cadeaux qu'il avait fait lui-même pour sa mère mais qu'il ne pouvait jamais attendre jusqu'à la fête pour lui offrir et finalement, le soir de la fête, il n'avait plus rien pour elle.
Marinette l'écouta et l'encouragea pendant des heures et cette conversation ressemblait encore plus à Noël pour eux que toutes les fêtes auxquelles ils avaient assisté cette année-là. Pendant quelques heures, l'esprit de la mère d'Adrien avait été présent près de lui et Marinette se promis de faire revivre toutes ces traditions pour chacun de leur futurs Noëls.
Et par dessus tout, elle se promis que tout au long de l'année, elle aimerait davantage Adrien et qu'il se sentirait aimé pour que l'année suivante, il sache exactement ce que voulait dire se sentir aimé inconditionnellement.
