Dès le mois de janvier, toute l'ancienne classe s'était mise d'accord pour se retrouver tous ensembles au début de l'été. L'année précédente, ils s'étaient tous vu à un moment ou un autre mais par petit groupe. Et évidemment, la majorité habitait toujours Paris ou du moins la France.

La dernière fois où l'ancienne classe de Mme Bustier s'était vraiment retrouvée, c'était presque deux ans plus tôt, le jour de la nouvelle date d'anniversaire d'Adrien.

Il y eut bien quelques protestations sur l'absence de Lila, qui, une fois de plus, avait essayé de se rapprocher du groupe en renouant avec les membres aux cœurs les plus sensibles.

Ils croyaient Adrien lorsqu'il disait que Lila l'avait agressé mais, Ivan, Mylène et Rose considéraient qu'en dehors de cette erreur, Lila était plutôt gentille et qu'Adrien devrait au moins lui laisser une nouvelle chance de réintégrer le groupe.

Il fallu beaucoup de persuasion de la part de Marinette et Alya pour qu'ils acceptent tous de laisser Lila en dehors de cette réunion.

Ils avaient choisit la première semaine de juillet pour se rencontrer mais Rose et Juleka avait insisté pour choisir le lieux et les recevoir.

Marinette et Adrien haussèrent les sourcils en arrivant à la mystérieuse adresse que les filles leur avaient fournie pour le lieu de la réunion. Ils faisaient face à un immeuble discret au fond d'une ruelle et seulement au second regard, on remarquait qu'il s'agissait d'un restaurant et non d'une résidence.

Rose et Juleka, qui étaient un couple de longue date, habitaient avec Anarka sur le Liberté. Il y avait plus de place qu'il n'en fallait dans la chambre qu'avait partagé Juleka avec son frère pour accommoder la fille de la famille et sa petite-amie. Juleka était mannequin professionnelle, mais elles étaient encore aux études. D'autre part, le Liberté aurait été, somme toute, un bon endroit pour faire la fête.

L'insistance qu'avaient eu les filles durant la planification de l'événement pour choisir elles-mêmes le lieu ne faisait qu'ajouter au mystère.

Elles ne les laissèrent pas se questionner trop longtemps. Dès que tout le monde fut arrivé, Rose et Juleka interrompirent les conversations pour annoncer leur grande nouvelle.

Avec plus de confiance en elle-même qu'elle n'en avait avant de devenir mannequin, Juleka leur annonça le changement dans sa vie. «J'ai décidé de laisser tomber mes études. Je vais garder quelques contrats de mannequin mais surtout, j'ai décidé d'ouvrir un café ici-même.»

Des encouragements enthousiastes félicitèrent Juleka pour son choix qui la rendait manifestement heureuse. Et ils convenaient tous que l'endroit était magnifique et bien situé malgré son aspect extérieur trop discret.

«Et elle veut que ce soit notre endroit à tous également!» s'enthousiasma Rose qui parlait encore souvent pour sa petite-amie. «Moi, je n'occuperai également d'une partie de l'animation. Il y aura même une petite scène et une piste de danse!»

«Je vais l'appeler: le Café minuit.» tenu à annoncer Juleka elle-même.

«Parce qu'il fermera tous les soirs à minuit et qu'à partir de cette heure, l'endroit sera tout à nous et rien qu'à nous. Ce sera un club privé pour les membres uniquement. Et chacun aura une clé pour y venir à sa guise. Ce sera un endroit pour nous tous, entre amis et dans le plus grand respect de ce que chacun de nous est au fond de lui.» s'enthousiasma Rose.

«On va t'aider!» assura Marinette avec conviction. «Je vais vous montrer des recettes de mon père ou il pourrait aussi devenir votre fournisseur officiel.»

«Je pourrais vous faire une fresque pour la décoration de l'endroit. Avec des lunes et des étoiles peut-être?» suggéra tendrement Nathaniel. «Marinette, tu pourras aussi aider?»

Celle-ci ne pu qu'hocher la tête quand Alya prit la parole: «Et vous comptez avoir une petite carte repas aussi? Je pourrais également vous fournir quelques recettes de ma mère.»

Chacun y allait de ses suggestions. Ils voulaient tous s'impliquer dans le projet qui semblait remplit de potentiel. Mais surtout, ils adoraient l'idée qu'un projet les réunissent de nouveau.

«On peut venir donner du temps comme aller faire les achats ou venir nettoyer.» proposa Mylène en souriant pour elle-même et son gros nounours.

«Je peux également aider.» intervient timidement Adrien qui continuait de détester parler en public. «Je pourrais enregistrer des morceaux libres de droit au piano et ça ferait une musique de fond. Je peux aussi te préparer un système pour la comptabilité et je peux aussi venir donner du temps pour servir les clients. Je peux même aider à la cuisine maintenant.» conclu-t-il avec les joues roses de fierté.

«Et je m'occupe de te trouver des tables et des chaises.» leur annonça pensivement Alix du haut d'un des balcons intérieurs.

«Hé! Moi aussi, je peux faire ça!» intervint Kim à côté d'elle. Ils avaient commencé à explorer les étages ouvertes.

«Et euh, bien, si vous voulez aussi de mon aide.» intervint timidement Ondine «Je n'y connais pas mal en saveur de café et en choix équitable.»

«Évidemment Ondine! Tu es l'une des nôtres!» l'assura Rose en se jetant à son cou.

Chloé s'éclaircit la gorge pour attirer l'attention. «J'en suis aussi.» décida-t-elle. «Mais, juste en fournissant mon argent. Ne vous inquiétez pas. Je n'intervindrai pas dans vos décisions.»

«C'est super gentil.» lui retourna Juleka en plantant son regard surpris de reconnaissance dans celui de l'héritière.

«Tu es également l'une des nôtres Chloé. Et c'est vraiment gentil de ta part.» lui retourna Marinette qui savait qu'Adrien voulait qu'elle le fasse pour lui.

«Je le fait surtout parce que ça semble une bonne affaire mais, côté gentillesse, oui, vous aurez aussi mon soutien avec la ville pour les permis.» rougit la blonde.

Elle faisait toujours partie de la bande pour être proche d'Adrien mais, il faut aussi dire qu'elle n'avait pas d'autres amis qu'eux tous et elle tenait beaucoup à eux même si elle ne les fréquentait pas souvent.

Tout comme pour Adrien, la bande était sa famille. Sa propre famille était dispersée d'un côté et de l'autre de l'océan Atlantique, mais, cela lui convenait. Elle savait par contre qu'elle pouvait compter sur cette famille si elle avait besoin de soutien.

Durant la soirée, Adrien remarqua une tension inhabituelle chez Nino. Pourtant, son meilleur ami était une personne qui s'épanouissait normalement dans l'ambiance festive et les party.

Vigilant et observateur et surtout au diapason des humeurs des personnes très proches de lui, Adrien remarqua bientôt un lien entre l'amincissement des lèvres de son ami et les propos d'Alya. Lorsque celle-ci parlait de ses cours de journalisme politique et particulièrement de l'élève qui la mentorait, l'expression de Nino s'assombrissait.

Adrien avait suffisamment entendu Alya parler de ce Filippe avant ce soir-là pour savoir de qui il s'agissait. Si Alya en parlait aussi souvent lorsqu'elle était seule avec Nino, il comprenait que celui-ci soit irrité.

Adrien aligna alors devant lui une noisette venant d'un bol sur la table chaque fois que ce type revenait dans la conversation.

Marinette remarqua son jeu et elle semblait elle aussi inquiète.

«Ça y est, j'en suis à 15.» annonça tout à coup Adrien plus fort qu'Alya avant que Nino n'explose, interrompant efficacement son amie.

«Adrien?» rigola celle-ci plus amusée par ses bizarreries que les trois autres qui en avaient simplement un peu marre.

«Tu as mentionné, nommé ou citer ton mentor plus de 15 fois.» expliqua-t-il en pointant son décompte. «Tu n'as pas envie de parler d'autre chose?»

Comme le reste de l'assemblée, Marinette et Nino le regardait en sachant très bien qu'il ne fallait pas se fier à son calme apparent. Adrien semblait doux, timide et mouton à l'extérieur, mais pour défendre quelqu'un qu'il aimait ou une personne en difficulté, c'était une force de la nature au même titre que son ancien alter ego.

Et de son point de vue, Nino passait avant Alya dans cette histoire.

«Mais, je ne parle pas de Filippe! Je parle de politique!» se défendit Alya, toujours amusée et ne remarquant pas le danger.

«Tu nous rapporte son opinion. C'est tout comme!» argumenta Adrien. «Nous sommes entre nous, réunis tous ensembles pour la première fois depuis presque deux ans. Nous avons même décidé de nous voir plus souvent à l'avenir. Parle-nous plutôt de toi.»

«Je n'ai rien de nouveau à dire sur moi-même hormis le fait que j'adooore faire des cours de politique avec Filippe.» le nargua Alya.

«Oui, ça on l'a compris Alya. Mais, ensuite?» rigola Marinette.

«Quoi ensuite? Nino et moi, on ne pimente pas notre vie sexuelle chaque semaine de truc sado-maso comme vous!» s'exclama Alya.

Cela jeta un froid sur la fête. Déjà que tous les autres restaient muets en écoutant la presque-dispute. La plupart d'entre eux savaient déjà que Marinette et Adrien étaient très tactiles comme couple et qu'ils avaient peu de pudeur à étaler leur petites habitudes d'amoureux en public. Mais, il n'y avait qu'Alya et Nino qui savaient pour le niveau plus élevé de leur secret.

«Là, tu vas trop loin, Babe.» avertie tranquillement Nino.

«Pourquoi? On est entre nous non? C'est ce dont nous ont parlé Juleka et Rose tout à l'heure. Un espace ouvert aux nouvelles idées où on peut échanger tous nos secrets et être nous-mêmes, y compris les secrets de nos couples. Par exemple, je peux dire que tu radottes si je veux. Et que tu es aussi ennuyeux que tous tes vieux vinyles rayés. Mais, tu en as le droit. On ne te juge pas.»

«Rien ne te force à m'écouter jouer si tu n'aimes pas, tu sais.» constata Nino avec calme.

«Encore heureux!» pouffa Alya.

«Pourquoi tu restes avec moi alors, si tu n'en as plus envie?» demanda tristement Nino. Tu sembles vouloir autre chose.»

«Je suis avec toi pour... le confort et la sécurité mais effectivement, ce n'est peut-être pas le plus important dans ma vie actuelle.» répondit-elle songeuse.

«Ok.» soupira Marinette pour les arrêter. «Si vous continuez, vous allez casser l'ambiance de cette fête pour de bon.»

«Oh, ça, je crois que c'est chose faite.» intervint Chloé. «On est déjà ailleurs, là.»

«Oui, et on va revenir!» dit Marinette avec détermination. «Alors, on retourne à la fête pour l'instant et demain, Nino et Alya vont se parler et trouver un compromis comme les super ado qu'ils sont presque encore plutôt que de s'entêter comme de vieux sages.»

Mylène, Juleka, Rose et Kim se forcèrent à rigoler pour détendre l'atmosphère et Adrien décida de disputer une partie de jeu de hockey sur table avec Nino en utilisant les grignotines qu'il avait placées devant lui.

La fête redevint stupidement juvénile, à des années-lumière des idées politiques d'Alya.


Mais, une semaine plus tard, le couple Alyno n'existait plus.

Nino vint d'abord s'installer chez Marinette et Adrien le temps de trouver autre chose.

Il vécu les étranges situations de se réveiller le matin en entendant son meilleur pote préparer le petit-déjeuner pour sa copine en ne portant qu'un bas de pyjama avec une taille élastique douteuse.

Et même si les amoureux s'abstinrent de toutes bizarreries sexuelles pendant qu'ils recevaient sa visite, ils étaient carrément si domestique l'un avec l'autre que Nino sentait ses plombages fondre sur ses gencives.

Il adorait ses potes. Il n'avait rien à dire contre le fait qu'Adrien le traite en invité VIP mais, il avait vraiment hâte de se trouver autre chose.

Finalement, Alya trouva une chambre dans le même immeuble que Filippe et laissa l'appartement à Nino qui décida de trouver un coloc et de profiter de sa liberté de célibataire.


Au congé de l'automne suivant, Marinette et Adrien louèrent une voiture et quittèrent Paris. Ils avaient une destination précise pour un événement en milieu de semaine à seize heures de route de la capitale mais entre-temps, ils transformèrent ce voyage en six jours de détours au gré de leur fantaisie.

Ils découvraient les localités, les boutiques et les paysages. Ils ne comptaient plus les arrêts qui s'étiraient chaque fois que Marinette était inspirée par tout ce qui l'entourait et qu'elle voulait créer.

Adrien n'était jamais contre. Même après quelques années en couple avec elle, il restait fascinée par son amoureuse. Même après toutes ces heures passées activement à la découverte de tout ce qui faisait qu'elle était elle-même, il était toujours un véritable fan.

Leur amour était simple. Elle était amoureuse de lui et il l'adorait.

Il était tout ce qu'elle voulait et il la vénérait tellement qu'il devenait ce qu'elle désirait juste pour lui faire plaisir.

Si elle voulait dormir un peu plus longtemps le matin, il s'activait et s'occupait des bagages et rapportait le petit-déjeuner au lit. Si elle voulait un amant sauvage, il était tout à coup sexuellement affamé.

Il était devenu tout comme ces femmes qui ne vivent que par et pour leurs mecs. Changeant d'humeur au gré de la vie de l'autre. Et il en adorait chaque seconde.

Que se soit une bonne ou une mauvaise chose, il adorait sa vie avec elle plus que n'importe quelle autre vie qu'il avait eu ou aurait pu avoir.

Un portable, une connexion et une sauvegarde lui suffisait pour travailler n'importe où. Il avait maintenant la formation nécessaire pour avoir été embauché dans le domaine et gagnait le double du salaire normal des emplois étudiants simplement en se connectant à sa messagerie une fois toutes les heures et occasionnellement ajuster le système informatique à distance si on lui signalait un problème.

Mais pendant deux semaines, il n'avait aucun soucis à se faire. Aucune obligation. Aucune autre préoccupation que le bien-être, les désirs et les fantaisies de sa douce.

Elle non plus n'avait aucun soucis. Pour une fois, il n'y avait plus rien à son horaire. Elle n'avait pas à être Marinette, étudiante excellente ni Ladybug protectrice de Paris avec son masque ou avec sa charge de gardienne.

Son seul soucis était de profiter pleinement de ce voyage pour décrocher, tout oublier. Elle laissait Adrien la conduire parmi les routes en lacet jusqu'au prochain point touristique dont ils avaient entendu parler, les orteils se chauffant au soleil sur le tableau de bord de la voiture.

Parfois, elle se disait qu'Adrien avait la meilleure des vies. Libre de son temps toute la journée, il aimait ses études et faire la sieste lorsqu'il lui en prenait l'envie. Elle devait bien admettre par contre qu'il était très discipliné.

Elle n'avait absolument jamais aucun reproche à lui faire sur l'état de leur logement et il avait toujours quelque chose à lui proposer rapidement pour les repas. De plus, il s'entraînait par plaisir et s'assurait de profiter aussi de l'extérieur.

Malgré le stress et la pression de la réussite imposés par sa ligne d'étude, Marinette savait qu'elle était la fille la plus chanceuse de sa classe simplement grâce à lui. Il la soulageait même de l'inquiétude qu'elle se faisait pour leurs amis en se rendant disponible de son mieux pour toute la bande. Dès que Rose ou Kim postait un appel à l'aide sur la conversation du groupe, il abandonnait tout et allait donner un coup de main.

Dans la plus adorable des boutiques souvenirs sur la côte, elle trouva une marmelade aux fruits de la passion et en acheta en cachette. Elle avait en tête de l'étaler sur son ventre sur le lit de l'auberge qu'ils trouveraient pour la nuit et de la lui offrir de cette façon. Elle savait qu'il raffolait suffisamment de cette saveur pour l'apprécier sans accompagnement.

Mais, il ne fut pas le seul à être surpris. Lui aussi avait acheté quelque chose à la boutique. Un livre de poème d'amour. C'était souvent uniquement une ligne de texte accompagnant un dessin, mais pendant la sieste qu'elle avait fait en après-midi. Il avait marqué ses pages préférées. Toutes celles avec lesquels il était d'accord et le lui avait ensuite offert.

«Il m'arrive souvent de ne pas trouver les mots pour te dire combien je t'aime. Je ne pense pas y arriver même avec ce livre parce que je pense que c'est impossible d'y parvenir. Je ne veux jamais arrêter d'essayer.» dit-il en le lui offrant.

Lorsqu'elle lui montra de son propre cadeau pour lui, il la regarda avec son regard de canaille et lui proposa : «Commence à lire à haute voix pendant que je déguste.»

Marinette lisait les mots bouleversants imprimés sur les pages. Plusieurs faisaient rougir ses joues d'émotions et les larmes lui montaient aux yeux. Plusieurs lui tordaient le ventre et les caresses de la langue d'Adrien dans la même région formait un mélange difficile à ne pas souhaiter pour le reste de ses jours.

Le ventre de Marinette ayant perdu toute sa saveur ajoutée, Adrien continua de savourer la saveur de sa peau sous sa langue pendant qu'elle récitait un poème plus long.

«Tu es ma subsistance,

Ma vie est affamée sans toi.» rigola-t-elle amenant des ondulations sous la langue d'Adrien.

Mais son rire cessa lorsqu'il glissa les pouces sous la bordure de son sous-vêtement et elle leva docilement les hanches pour lui permettre de le lui retirer.

«Tu es ma seule étoile

Mon cœur est plongé dans les ténèbres sans toi.» lut-elle encore alors que la langue d'Adrien trouvait des endroits délicieux à visiter.

Combien de fois lui avait-il donné du plaisir depuis qu'ils étaient ensembles? Le décompte lui donnait autant le vertige que tout ce qu'Adrien pouvait encore lui faire.

«Continu.» lui ordonna-t-il.

«Tu es ma source et ma destination.

Ma vie n'a d'autre sens que toi.»

Adrien était retourné aux douces caresses qu'il adorait encore plus lui offrir qu'elle ne se plaisait à les recevoir.

«Tu es ma raison et ma folie.

Ma logique n'existerait pas sans toi.»

Un mouvement bien placé et effectué avec toute son expertise d'amant investit la fit vibrer des pieds à la tête.

«Tu es mon énergie,

Mon mouvement, mon carburant et mon moteur.»

Marinette abaissa le livre pour agripper les draps lorsque la langue d'Adrien trouva l'intérieur de son sexe pour s'y enfouir.

Il la fit vibrer délicieusement et mouiller directement sur ses lèvres nerveuses.

Adrien rampa sur elle, déposant précautionneusement son poids sur son corps délicat.

«Tu es ma lune, mon soleil, mes jours et mes nuits. Tu es ma vie.» improvisa-t-il pour conclure le poème.

Il scella ensuite leurs lèvres dans un baiser passionné et entra doucement en elle pour lui faire l'amour tendrement et avec adoration.


Au beau milieu de ce voyage fait de calme, de lenteur et d'amour simple, ils arrivèrent à cet événement qui les avait sortie de la ville.

En totale contraste avec la douceur des campagnes françaises, ils trouvèrent le festival de musique rock, métal et techno-punk qui ameutait les jeunes et les nostalgiques vers ce coin de pays.

La soirée n'était que bruit, danse et folie. Dans les tenues plus audacieuses et moins confortables que Marinette avait emportées pour l'occasion, ils laissèrent la voiture au village et parcoururent à pied les quatre kilomètres qui les séparait de la scène en regardant le soleil disparaître à l'horizon.

Le regard d'Adrien dévorait le corps magnifique de Marinette de son ventre nu à sa chevelure en bataille comme après la baise, jusqu'à ses chevilles délicates et ornées de perles et de glow stick.

Marinette n'était pas en reste. Toute à sa danse de mouvement indomptés, elle savourait la présence protectrice d'Adrien à ses côtés et tout contre elle. Il la séduisait avec son contact qui disait à tous qu'elle n'était qu'à lui et pour aucun autre.

La prestation de Luka fut encore plus magique que toutes les autres. Leur ami jouait avec son cœur et ses tripes. Et jouait avec les émotions des autres par la même occasion.

Marinette et Adrien s'étaient abondamment embrassés en se laissant emportés par chaque note que Luka jouait comme si chacune étaient juste pour eux.

Pour sérieux que tous deux soient. Pour dangereuses et incroyables et extraordinaires qu'aient été leurs vies jusque là, cette nuit-là, ils n'étaient qu'un garçon et une fille, plus des adolescents mais pas encore de vrais adultes. Ils voulaient juste oublier tout ce qui n'appartenait pas à cette soirée.

Au milieu des gens déchaînés qui offraient un triomphe pour la prestation scénique de Luka, Marinette s'accrochait au cou d'Adrien par ses bras et à sa taille par ses jambes. Plissant le regard, Adrien glissa ses mains sous son postérieur semblant vouloir la soutenir alors qu'elle n'en avait nul besoin.

Son intention était plutôt de placer leurs bassins au plus près possible l'un de l'autre. Avec délice et un soupir profond qui se perdit dans l'hystérie ambiante, Marinette laissa Adrien se mouvoir contre son sexe et le réveillé.

L'énergie parcourant chaque veines de leurs corps, ils défirent la position sans avoir atteint le point culminant de la tentative. Sans se séparer pour autant, ils contournèrent la foule vers l'arrière uniquement pour mieux revenir vers l'arrière de la scène.

Sur celle-ci, le groupe suivant avait pris possession des esprits de la foule. Les amoureux trouvèrent Luka avec son groupe près de la vieille mais énorme caravane qui leur servait à faire de la tournée.

Tout près de lui, une jeune femme rigolait avec une autre mais, tous les deux ne doutèrent pas que Luka et elle étaient accrochés à ce moment-là.

Toujours joueur, Adrien chatouilla Marinette et ce fut son rire, que Luka reconnu immédiatement, qui l'alerta de leur présence.

Il tourna la tête vers eux avec un visage ravi et couru les serrer dans ses bras. Le blondinet et la noir-de-jais le serrèrent tout aussi fort en lui rendant une très longue étreinte. Ils ne s'étaient plus revue depuis l'hiver précédent lorsque Luka avait quitté Paris pour reprendre la tournée.

Attrapant ensuite leurs mains jointes qu'il resserra parce qu'il ne voulait surtout pas les séparer, il les guida vers le band pour les présenter en finissant par la jeune femme à la chevelure arc-en-ciel. Luka était effectivement avec elle.

À leur grande surprise, au lieu de les inviter à se joindre au band pour poursuivre la fête, Luka ramassa deux bières et salua sa petite-amie et promettant d'aller la rejoindre plus tard. Il entraîna ensuite Marinette et Adrien dans les champs récoltés qui s'étiraient dans l'horizon de la nuit derrière la scène.

Gardant une bouteille pour lui, il leur offrit la seconde. Il savait qu'ils ne buvaient toujours pas beaucoup mais voulait qu'ils s'amusent au moins un peu.

«Tu ne voulais pas rester avec les autres?» questionna Marinette en prenant une première gorgée avant de repasser la bouteille à Adrien.

«Non, vous et moi on a trop de temps à rattraper.» fit Luka avec un regard brûlant de désir.

«Pas même ta Esmée?» poussa-t-elle encore en levant un sourcil.

«Esmée et moi, nous sommes en relation stable, pas seulement pour ce soir. Et vous êtes ici avec moi, et vous avez la priorité.» l'assura-t-il en s'approchant d'elle. «Je vous remercie d'être venu me voir. Ça me fait chaud au cœur.» fit-il avec émotion.

Il se pencha ensuite pour embrasser passionnément Marinette sur les lèvres. Elle plaça ses bras autour de son cou quand sa langue entra entre ses lèvres et que les grandes mains calleuses de Luka trouvèrent sa taille nue pour l'électrisée.

Il ne relâcha l'étreinte que pour en commencer une nouvelle identique avec Adrien.

Le baiser entre les deux hommes devenait plus lent et plus sensuel et Luka se détacha de lui uniquement pour les inviter à le suivre plus loin dans le champs.

La nuit était sombre malgré les quelques étoiles qui perçaient au travers des nuages. Luka gardait sa main sur le dos d'Adrien et l'incitait à avancer plus vite, même si celui-ci ralentissait l'allure pour s'assurer que Marinette ne tombe pas.

Autour d'eux, des rires apprenaient à Adrien qu'ils n'étaient pas seuls dans ce champs. Il devinait que les buissons et les repris de terrain abritaient déjà des folies.

Le rockeur n'y tenant plus se rapprocha d'Adrien pour l'embrasser encore et cette fois, sa main s'aventura vers la fermeture du jean du blond pour la défaire.

«Luka?» questionna Adrien lorsque le baiser s'arrêta.

«J'ai choisit d'avoir une relation stable avec Esmée parce que je voulais m'assurer de ne rien vous transmettre. Elle et moi avons pour accord que je ne couche pas avec d'autres filles et elle ne couche pas avec d'autres garçons. Mais, je n'ai jamais dit que je ne coucherais pas avec un autre homme. J'ai encore l'adrénaline du show dans les veines et j'ai envie de baiser quelqu'un et ce soir, ce sera toi Adrien que je vais utiliser pour me soulager.»

Quelques couples (ou groupes) avaient eu la même idée qu'eux et se rapprochaient. Ils étaient encore trop près de la scène. Marinette les poussa à aller encore plus loin.

«Tu as parlé de nous à Esmée?» s'inquiéta Adrien.

«Non, elle et moi nous étions ensemble pour le plaisir avant tout. Mais, il ne reste qu'un seul autre arrêt pour cette tournée et maintenant on doit décidé si on veut rester ensemble ensuite. Elle m'a invité chez ses parents quand le band se séparera jusqu'à Noël. On a des contrats à Paris en décembre et elle décidera si elle reste avec le groupe ou non pendant qu'on sera chez elle. Je vais lui parler de vous avant qu'elle ne décide. Mais, c'est à elle de décider si elle m'accepte comme ça ou non. Moi, je garde mon droit à vous baiser avant de la choisir.»

Moins de cinq minutes plus tard, Luka n'en pouvait plus. Sans se soucier que quelqu'un puisse le voir ou non, il fit mettre Adrien à genoux et sortit son sexe pour l'enfoncer entre les lèvres d'Adrien.

Il baisait brutalement sa bouche et son visage. Les couilles battaient sur son menton alors que les coups désordonnés frottaient encore et encore sur sa langue. Certains s'enfonçaient dans sa gorge et d'autres dans ses joues mais, tous n'avaient pour l'unique but que de mener Luka au plaisir.

Le baiseur maintenant la tête d'Adrien en place en le tenant avec ses deux mains sur les côtés, Marinette profita qu'il était occupé pour passer ses bras autour de son cou et l'embrasser. Leurs langues entrèrent dans un combat ressemblant à une danse lascive et lourde.

Adrien ne bougeait pas. Il les laissait faire et se laissait faire sans protester. Ce n'était plus un fantasme de jalousie. Hors du temps et de leur quotidien, ils étaient tous deux à la disposition de Luka. Marinette en tant qu'amie spéciale, Adrien en tant qu'exutoire, outils ou plus simplement serviette de papier.

Il se concentrait simplement pour remplir au mieux sa fonction et ajuster sa respiration pour ne pas manquer d'air.

Luka jouit assez rapidement sur la langue d'Adrien et ressortie de lui uniquement pour se tourner vers Marinette et la serrer contre lui. Ses mains se baladaient sur son corps sans retenu et se permettaient toutes les curiosités qui lui venaient instinctivement.

Il ne la dénuda pas par contre. Ses paumes ne s'introduisirent même pas sous ses vêtements, il respecterait son choix de ne pas avoir de relation entre eux.

Luka revint plutôt vers Adrien pour l'obliger à se pencher sur l'avant et pour assouvir ses besoins sur lui. Docilement, il se retrouva appuyé sur les genoux et les coudes, les fesses nues pendant que Luka s'agenouillait lui aussi dans la terre agricole.

Il chuchota quelque chose à l'oreille de Marinette qu'Adrien n'entendit pas mais elle rigola avant de se pencher aussi et de glisser la main sous le ventre d'Adrien pour atteindre son sexe et le masturber.

«Tu aimes bien être forcé, Adrien, n'est-ce pas?» insinua Luka en positionnant son sexe qu'il avait couvert d'un condom à l'entrée arrière d'Adrien.

«Oui, tu peux y aller.» accepta celui-ci.

Luka rigola : «Je me doutais bien que tu aimais jouer les sex toys!» Il entra ensuite fermement par sa rondelle malgré la résistance qu'il y avait, maintenant l'autre par les hanches pour s'aider. Adrien serra les dents et pencha la tête pour ne pas crier et ne pas se débattre. Son corps rejetait le membre malgré le désir qu'il ressentait pour lui.

La main de Marinette s'était immobilisée sur lui mais lorsqu'elle plaça l'autre sur son dos pour se stabiliser elle-même, il sentit la pression à l'intérieur de lui commencer à moins le déranger malgré les mouvements que Luka avait difficilement débutés.

Soudainement, les muscles d'Adrien cédèrent et acceptèrent le sexe de Luka en lui. Plutôt que de le combattre et de se serrer, le cul d'Adrien l'accepta et même travailla avec lui. C'était maintenant délicieux pour les deux.

Marinette repris ses caresses sur Adrien et l'interaction s'étira.

Lorsque Luka accéléra entre les parois d'Adrien qui lui offraient du plaisir en se resserrant convulsivement sur lui, Marinette accéléra également le mouvement pour amener Adrien à jouir en même temps que l'autre homme.

Adrien logea ensuite autant de son corps qu'il le pu entre les bras de Marinette. Luka referma ses vêtements et s'installa aussi au sol pour récupérer son souffle.

«Vous n'aviez pas envie de faire plus ensembles tous les deux? Marinette, tu n'as pas reçu beaucoup d'attention.» questionna Adrien.

Sa petite-amie haussa les épaules et expliqua: «Je n'ai pas vraiment envie de faire une pénétration ou autre avec Luka. Ce n'est pas un de mes phantasmes ni même un de mes désirs. J'aime beaucoup t'embrasser par contre, n'en doute pas.» poursuivit-elle ensuite pour l'intéressé. «Mais pour moi, notre relation est et reste amicale.»

Luka se mit à rigoler : «Pour moi aussi notre relation est amicale. Ça ne m'empêche pas d'aimer baiser avec toi. Ou avec vous deux.»