Toutes les personnes présentes sur le lieu de la rencontre partirent peu à peu jusqu'à ce qu'il ne reste plus que Gabriel, Nathalie, Lila et un service de sécurité réduit pour garder les lieux.

La tension étant retombée après la rencontre, Adrien fut laissé plus libre de ses mouvements. Comme on ne lui avait rien offert à manger depuis qu'il avait quitté l'hôtel à Paris, il se glissa dans les cuisines. Il ne savait pas s'il en avait le droit mais, il était maintenant affamé.

Après avoir attrapé des amuse-gueules dans le réfrigérateur, il s'apprêtait à retourner à sa chambre avant qu'on découvre son absence mais il entendit une conversation entre son père et Lila par l'ouverture d'une porte donnant sur un second salon près de l'escalier.

«On peut savoir ce qu'il vous a pris de négliger un détail aussi important que ce tatouage?» reprocha son père.

«Rien dans les informations que vous m'aviez fournit ne mentionnait cette histoire!» se défendit la jeune femme. «Je n'ai été mise au courant que ce matin lorsque la maquilleuse m'en a parlé. Et, désolée, mais, il n'y avait pas de chirurgien dans les environs qui aurait accepté de l'effacer!»

«Il fallait le faire vous-même puis, mettre un pansement!» fit Gabriel avec mépris.

«Vous l'avez entendu vous-même, elle voulait quelqu'un de parfait. Ce plan n'aurait pas plus marché que chacun des plans fouareux que vous avez mis sur pied pour Ladybug et ChatNoir. Vous savez, les adolescents que vous n'avez jamais réussi à battre!»

«Je ne vous permet pas jeune impertinente!» se fâcha Gabriel. «Sans moi, vous seriez dans la rue avec le reste des actrices hollywoodiennes qui ont été renvoyé de leur bouleau de serveuse!»

«Peut-être que je n'ai pas réussi à être prise pour jouer dans un film mais, je vous rappelle que j'ai réussi à convaincre un prince arabe de marier sa fille à Adrien!»

«Dois-je vous rappeler que ce n'est pas encore fait.» argumenta Gabriel avec une menace.

«Ils-» allait répondre Lila lorsqu'ils furent coupés par Nathalie. Apparemment, elle était également dans la pièce. «Le secrétaire du prince me fait savoir que la princesse accepte Adrien en tant qu'époux.» annonça-t-elle.

«Vous avez de la chance, mademoiselle Rossi.» persifla Gabriel sur un ton dangereux. «Et pensez bien à remerciez Adrien pour avoir parfaitement rattrapé votre bévue.»

Plus tard, après qu'Adrien ait réussi à avaler les biscottes et la préparation d'œuf qu'il avait déniché à la cuisine, la nuit tomba et les gardes changèrent de position.

L'un d'entre eux entra dans la chambre d'Adrien pour y prendre son poste pour la surveillance de nuit.

Cependant, cette fois, on décida qu'il devrait dormir en étant menotté. Une longue chaîne d'une douzaine de pied reliait la menotte de son poignet à celui du garde.

Il lui serait donc impossible de s'évader sans transporter le garde avec lui ou d'arriver à crocheter la serrure avec un petit objet.

Pendant qu'il se changeait pour la nuit et que le garde déplaçait son fauteuil sous les fenêtres, Lila resta dans la pièce tout ce temps sans accepter de la quitter.

Un sourire mauvais ornait son visage et elle tenait quelque chose caché dans son dos sans aucune subtilité.

Elle s'avança ensuite avec un sourire cruel pour lui montrer qu'elle avait trouvé son collier et sa laisse dans sa valise. Elle le nargua d'abord.

«Rend-moi ça immédiatement.» ordonna Adrien avec une menace non déguisée.

Lila sourit davantage et s'approcha pour le lui mettre au cou.

«Quel joli minet tu fais.» roucoula-t-elle. Ses doigts se dirigèrent sous sa mâchoire et elle gratta sous son menton en disant: «Tu veux bien te rouler sur le dos pour moi? J'ai envie de t'offrir une petite grattouille sur le bas-ventre avant mon départ.»

Il la regarda avec un visage excédé. «Si tu t'en vas, j'en suis ravi. Et j'espère simplement ne plus te revoir.» lui retourna-t-il. Il pouvait simplement se passer du genre de personne qu'était Lila dans sa vie.

Mais, elle souris encore avec malice. «Oh, ne crois pas ça. Je suis une amie personnelle de la princesse. Il est vrai, bien sûr, qu'elle n'accepterait pas de partager les faveurs de son époux mais, il n'y aura personne là-bas pour prendre soins de tes instincts animal et de ton besoin d'avoir une maîtresse pour te chouchouter. Il n'y aura que moi et lorsque je t'aurai véritablement possédé pour la première, tu vas ensuite te languir de ma présence et prier chaque soir pour ma prochaine visite au palais.»

«Tu te trompes de type de chat Lila. Je ne suis pas un animal domestique. Je suis une bête féroce qui n'obéit que une seule dompteuse.» avoua-t-il sans aucun masque. «Je peux sentir ta peur et l'odeur me dégoûte. Sors de ma chambre, tu me répugnes.»

Lila sortie avec le peu de dignité qui lui restait. Pour la première fois, elle avait eu véritablement peur d'Adrien.

Nathalie entra peu après pour l'informer du fait qu'on attendait de lui qu'il reste à dans cet endroit jusqu'à ce que le père de la princesse le réclame. Ce qui pouvait prendre quelques semaines.

Il serait seul avec deux gardes, un à l'intérieur et l'autre à l'extérieur et même si ces hommes ne parlaient seulement que leur propre dialecte arabe et un peu d'anglais, c'était à eux qu'Adrien devait s'adresser s'il avait besoin de quelque chose.

«Est-ce que je pourrais, au moins, avoir un portable pour terminer ma formation?» réclama-t-il.

«Le problème est que vous n'avez pas la permission de communiquer avec vos amis.» explique Nathalie avec malaise.

«Ne vous en faite pas. J'ai compris ce qu'on attend de moi et je préfère une rupture nette avec mon passé.» l'assura-t-il.

«Dans ce cas, je vais voir ce que je peux faire pour vous faire livrer un portable ici. Mais, vous devez réaliser que vous ne pourrez jamais travailler dans votre domaine. Tout au plus, ce diplôme passera pour un atout de plus dans votre pedigree.» le prévint-elle.

Nathalie salua ensuite Adrien dans ce qui ressemblait à un adieu. Mais il la retint et lui demanda pourquoi son père avait-il besoin de le vendre. Que cherchait-il en retour?

«Ce qu'il a toujours cherché! Il veut encore réveiller votre mère. Cette fois, c'est à coup de lance-roquette qu'il compte s'attaquer à ceux qui ont ce qu'il veut.» avoua-t-elle.

«Il veut attaquer Paris au lance-roquette pour faire sortir Ladybug et ChatNoir de leur retraite?» se surprit-il.

«Non.» répondit Nathalie en secouant la tête. «Plus maintenant. Vous lui avez dit que ce dont il avait besoin se cachait dans ce temple au Tibet qui a été restauré. Adieu Adrien.» souffla-t-elle en sortant avec un air épuisé.

Adrien se focalisa sur sa nouvelle mission. Il devait prévenir Marinette de cette attaque pour qu'elle prévienne le temple.

Mais, il n'y avait pratiquement rien qui pouvait lui servir dans cette chambre. Son bagage avait été défait, fouillé et ses effets personnels réunis pêle-mêle au sol. Sous l'œil indifférent de son gardien, Adrien remis le tout proprement en place. Tout ce qui lui restait. Au moins, la statuette n'avait pas été découverte.

Il était encore tôt, c'était tout juste l'heure du dîner, mais le garde installé dans son fauteuil sous les fenêtres semblait paré pour la nuit avec un épais journal et un breuvage en bouteille à ses pieds.

Adrien ne pouvait rien faire tant que cet homme ne dormait pas.

Il se demanda comment il pourrait agir ensuite. Il ne pouvait sortir par les fenêtres ainsi attaché. Il pouvait toujours passer la fenêtre mais pour faire quoi ensuite?

Les armoires ne contenaient que des couvertures et des oreillers en surplus. Son téléphone avait disparu de son sac et à l'exception des quelques morceaux de vêtements neufs et ceux qu'il avait apportés, il n'y avait rien d'autre dans la pièce.

Il n'avait même pas de quoi faire une vraie corde pour sauter par la fenêtre. Pas qu'il en ait besoin. La porte de sa chambre n'était pas verrouillée non plus.

Il ne lui restait plus qu'à patienter pour essayer de prendre les clés des menottes à son garde. S'il les avait.

Endormi ou éveillé, Adrien s'ennuyait particulièrement. Il se demandait ce que faisaient ses amis, quel genre de personne composerait son futur entourage et pour finir, son esprit se demanda ce que faisait Marinette en cet instant.

Il avait tenté d'éviter d'y réfléchir le plus possible depuis qu'il avait quitté l'appartement. C'était en s'éloignant d'elle qu'il la gardait à l'abri. C'était en oubliant qu'il l'avait connu qu'il aurait maintenant moins mal.

Mais, son absence à elle-seule blessait Adrien. Il avait l'impression d'être seul au monde. De ne plus avoir de raison de vivre parce qu'il ne vivait plus pour elle.

Jouer avec sa laisse ne faisait que lui rappeler qu'elle n'en tiendrait plus jamais l'autre extrémité.


Marinette tournait en rond depuis presque 48 heures.

Quand Nino était venu chez elle pour constater la disparition d'Adrien, ils étaient tous deux restés perplexes en constatant ce qu'Adrien avait pris et ce qu'il n'avait pas pris.

Il n'avait emporté que des pantalons et ses trois t-shirt de jeux de mots préférés et avait acheté en ligne des caleçons et maillot de corps blancs et génériques à ramasser en magasin. Ce qui collait avec la théorie de l'enrôlement. Mais, il n'avait pas touché à la miracle box.

Plagg ne l'avait pas du tout vu, pas même pour un adieu ou un au revoir.

Il avait aussi pris sa laisse de soumis et le peu d'argent liquide que le couple gardait sur place mais avait transféré tous l'argent qui était encore à son nom dans son compte à elle. De même pour tous les accès administrateur de la fondation et ses parts dans la compagnie Agreste. Il avait même laissé ses cartes bancaires et personnelles, tout sauf le permis de conduire français au nom de Félix.

«C'est comme s'il avait décidé de s'engager dans l'armée en tant que simple soldat et de ne jamais revenir.» avait soupiré Nino sous le choc.

«Ou bien tout autre chose!» s'était exclamé Marinette. «Ça n'a pas de sens! Quand il a décidé de partir pour la première fois, il a juste larguer la bombe dans la conversation. S'il était vraiment partit, il me l'aurait dit de vive voix.»

«Sauf que la dernière fois, quand il t'en a parlé, tu l'as retenu et tu lui as dit que s'il partait tu voulais le suivre. S'il ne voulait pas que tu abandonnes ta carrière pour lui, il aurait pu s'enfuir en douce. Et manifestement, il a un projet puisqu'il n'a pas pris beaucoup d'argent avec lui. Il pense donc recevoir un salaire.»

«Peut-être.» admit-elle «Mais, s'il me quittait, sa lettre aurait été différente. Autant dans le texte que le papier qu'il aurait utilisé.»

Restant aussi perdus même après la fouille de l'appartement et des accès en ligne d'Adrien, Nino était partie travailler et Marinette était sortie avec le miraculous de la souris pour fouiller la ville en quête de n'importe quoi d'étrange qui aurait pu être un indice.

La nuit suivante, elle était allé fouillé le manoir avec l'aide de Plagg. La compagnie Agreste possédait toujours les lieux que personne ne voulait habiter véritablement. Seul deux hommes se présentaient souvent sur place et en étaient les gardiens et hommes d'entretien sanitaire.

Mais, toute cette recherche avait été vaine. Marinette était ensuite rentrée et avait sortie Tikki de son monde magique pour discuter avec elle. Elle essayait de retracer le parcours d'Adrien et le cheminement de ses pensées.

Elle avait dormi un minimum lorsque ses yeux s'étaient fermés d'eux-mêmes mais avait repris ses recherches et ses interrogations dès que l'angoisse l'avait réveillée. Elle devenait si angoissée pour son homme que sa respiration se bloquait.

Finalement, elle reçu un message de Luka en fin d'après-midi et se rendit au Café minuit. Elle n'obtenait de toutes façons aucun résultat seule chez elle.


Harlenne s'était occupé du ménage de l'appartement durant l'avant-midi de la veille et s'était rendue au Café minuit à l'ouverture de midi armée d'un livre qu'elle n'avait jamais pris le temps de lire.

Elle y était restée jusqu'au dîner et avait repris la même routine le lendemain. Elle était en congé de toute façon!

Mais, le service du dîner approchait lentement et Rose était de plus en plus nerveuse. Elle marchait de long en large sur la minuscule piste de danse.

Derrière le bar, Juleka, la patronne de l'endroit et la petite-amie de Rose était également nerveuse mais, ne le laissait pas autant paraître.

Harlenne avait appris à les connaître un peu plus en discutant avec elles ce jour-là et en les observant la veille. Elle s'était même amusée à donner un coup de main pour recevoir les livraisons avec Rose un peu plus tôt.

Quand elle avait vu Juleka écraser discrètement une larme au coin de ses yeux, elle était allé la voir pour la réconforter.

«C'est... une journée stressante pour Rose.» avait expliqué la superbe femme. «Pour moi aussi mais, surtout pour elle.»

«Est-ce que ça vous aiderait si j'assurais le service de ce soir avec Mylène? Je peux très bien transporter les assiettes et les breuvages aux tables.» proposa Harlenne.

«On ne peut pas te demander ça, Harlenne.» s'émue Juleka.

«Tu ne demandes pas, c'est moi qui te le proposes.» pointa Harlenne avec un sourire. «Je suis en vacance, je peux bien faire de que je veux de mon temps libre.»

«Ça nous dépannerait vraiment, en fait.» admit Juleka.

Peu après, un homme superbe entra au café et alla directement prendre Juleka dans ses bras. Encore un visage qui n'était pas inconnu à Harlenne. Même si elle ne pouvait pas placer un nom sur ces traits.

Tous les autres employés l'entourèrent pour l'accueillir et Harlenne se dit qu'il faisait partie de la fameuse bande qui possédait l'endroit.

Elle donna ensuite un coup de main à la cuisine pendant que les premiers de la bande à être arrivés discutaient aux tables. Ivan, le conjoint de Mylène qui faisait encore la cuisine ce soir-là, n'était pas un bavard. Harlenne ne réussi pas à savoir quel était le problème avec Rose et ne chercha pas exactement non plus à fouiner.

Elle apprit par contre que le beau grand jeune homme aux cheveux noirs était le frère de Juleka et que plusieurs des membres de la bande viendraient durant la soirée.


Luka accueillit Marinette au café dès qu'elle ne passa les portes. «Merci d'être venue soutenir les filles.»

«C'est normal. On est toujours là les uns pour les autres de toutes façons.» expliqua la jeune femme.

La main de Luka, virile et rendue calleuse par beaucoup d'heure de pratique, releva avec une infinie délicatesse le menton de Marinette.

«Dis-moi ce qui ne va pas.» réclama Luka. Elle n'avait jamais pu lui cacher sa détresse.

«Tout va bien.» répondit-elle pourtant.

«Où est Adrien?» demanda Luka. L'absence de l'amoureux de Marinette à ses côtés était déjà un indice de la source du problème. Adrien consacrait sa vie à Marinette. Il n'avait que rarement des engagements de son côté.

«Je ne sais pas.» fit sérieusement Marinette le regard fermé et sans montrer ses émotions. «Qu'est-ce qui arrive à Rose et Juleka?» demanda-t-elle ensuite pour changer de sujet.

Il l'entraîna vers une petite table où était déjà assis Max et Kim. «Les parents de Rose trouvent qu'elle devrait arrêter de perdre son temps avec Juleka et se trouver un véritable amoureux. Ils pensent aussi que Rose perd son temps en aidant Juleka ici.»

«C'est affreux de parler de cette manière d'elles.» s'attrista Marinette.

«C'est surtout qu'ils ne la comprenne pas. Ils savent que Rose est heureuse dans cette vie mais, ils veulent aussi qu'elle en change pour ce qu'ils pensent être encore mieux.» précisa Luka. «Elle leur a demandé d'au moins venir voir le café par eux-mêmes. Quand Juleka m'en a parlé, j'ai pensé qu'il était important que tout votre groupe soit présent.»

«C'est vrai qu'on voit rarement les parents de Rose.» réfléchit Marinette. Je ne les ai croisé qu'une seule fois. Ils travaillent beaucoup. Sa mère fait de la recherche médicale, je crois.»

«Oui, elle cherche un remède pour la maladie dont souffre Rose depuis qu'elle a été diagnostiquée vers l'âge de deux ans. Elle a eu quelques succès mais, cherche toujours la solution à la guérison complète.» fournit Max.

«Ils ne vous ont jamais vu tous ensembles. Ils ont rencontré Juleka et ma mère mais, même moi, je ne les connais pas.» admit Luka.

Marinette se dirigea ensuite vers les cuisines pour préparer deux desserts pour le service du soir pendant que Rose et une nouvelle employée préparait les carafes d'eau et la mise en place du repas.

Lorsqu'elle ressortie, beaucoup plus de personnes étaient arrivées. Nathaniel et Marc, Nino, Sabrina, Alya. On avait aussi ordonné à Alix de ne pas se pointer.

Marinette suggéra de réunir des tables sur la plus grande des mezzanines pour réserver une place pour les parents de Rose qui arrivèrent peu après.

La mère de Rose ne voulu même pas les écouter au départ. Elle ne faisait que faire des reproches à sa fille et lui rappeler tout ce qu'elle pourrait avoir de différent dans la vie.

«Souviens-toi. Avant tu voulais épouser un prince ou un très bel homme. Tu voulais avoir une vie de famille stable. Tu as changé depuis ton adolescence, ma chérie. Tu as abandonné tes rêves d'enfant.» s'attrista-t-elle.

Bouleversée et excédée, Rose leur fit savoir qu'elle avait besoin d'aller respirer un peu toute seule et partie vers les cuisines.

Pendant ce temps, la majorité des autres restaient avec ses parents pour mettre en œuvre le plan de Luka. «Ce que je voulais vous dire, c'est que Rose n'est pas malheureuse dans cette vie. Si elle et Juleka sont ensembles depuis si longtemps, c'est qu'elles aimes être ensembles. Et Rose a sa place dans notre famille. Nos familles.» déclara-t-il à la mère de Rose.

«Je ne veux pas nier que Rose et Juleka sont proches. J'ai toujours trouvé que leur amitié était magnifique mais ça ne remplace pas le fait que Rose pourrait avoir la chance d'avoir une véritable famille à elle.» lui répondit-elle sincèrement.

«Vous ne l'avez peut-être pas réalisé encore mais ils sont tous une vraie famille ensembles aussi. Rose, Juleka, Max, Kim, Nathaniel, Marc, Alya, Nino, Mylène, Sabrina, Marinette et tous les autres. Ils sont tous une famille. Ils se sont déplacés ce soir parce que je les ai appelé. Mais, je leur ai seulement dit que Rose avait besoin de leur soutiens, ils ne connaissaient même pas l'histoire. Max et Kim ont eu une accident de voiture au début de la semaine et pourtant, aucun d'entre eux n'a hésité, ils sont venus pour Rose.»

«Mais, si elle reste en couple avec Juleka, elle ne pourra pas avoir d'enfant à elle.» protesta faiblement la mère de Rose. Son mari serra sa main pour la réconforter.

Pendant ce temps, Harlenne avait trouvé Rose. La blondinette tournait en rond près du comptoir où Ivan préparait les dernières commandes. Le grand bonhomme plaça une énorme main sur sa fragile épaule et sans un mot, lui offrit un sourire réconfortant.

Nonchalamment, Harlenne suggéra alors : «Tu sais, lorsque je suis venu l'autre soir, tu ne semblais pas avoir de problème pour t'exprimer. Moi aussi, j'essaie de voir la vie le plus positivement possible. Mais lorsque ça ne va pas, je trouve important de le faire savoir à mon entourage en donnant de la voix.»

Rose hocha la tête. Elle savait qu'elle était capable de parler lorsqu'elle en ressentait le besoin. Elle ne l'avait juste jamais fait contre sa mère.

Elle ressortie cependant vivement comme si elle entrait sur scène pour donner un concert de rock.

«Maman. Il y a quelque chose que je dois te dire!» affirma-t-elle en se plantant fermement aux côtés de la chaise de la dame. Sa voix était assurée et sa posture colérique. Tous restèrent incertains. Ils n'avaient jamais vu Rose se fâcher sauf pour défendre quelqu'un.

«Je veux te dire que je te remercie de tous tes efforts.» dit-elle cependant à la surprise de tous qui s'attendaient à des reproches où à une défense.

«Je connais parfaitement toutes les difficultés que tu as affrontées pour moi.» reprit Rose, toujours aussi vivement. «J'ai découvert, il y a quelques temps, que tu avais changé de domaine de recherche pour moi, quand tu as su pour mon problème. Je veux que tu saches que je t'en suis tout à fait reconnaissante. Ce que tu as fait... c'est si gentil de ta part.» fit-elle avec émotion.

«Mon poussin, je n'aurais pas voulu qu'il en soit autrement. Comment j'aurais pu rester à ne rien faire? Je t'aime trop pour ça.» la rassura sa mère.

«Oui, maman. Je sais.» reprit Rose presque en lui coupant la parole. «Je sais que toutes les soirées où tu n'étais pas à la maison, tu travaillais à prolonger ma vie. Et pour que j'ai une vie normale et que tu as beaucoup sacrifié pour moi. Je sais que tu as fait tout ça pour que je sois heureuse, mais- Mais, ça ne te donne pas le droit de me dire comment être heureuse. Je te dois la vie. Doublement. Alors, ne me reproche pas de m'en servir au maximum.»

Personne ne parlait plus. Même la mère de Rose n'osait pas l'interrompre. Son père tenait sa mère par les épaules pour la réconforter.

«Je ne suis pas malheureuse. Je ne gâche pas ma vie. Je ne perd par mon temps. Je ne prend pas de risques inutiles et stupides. Je vie simplement de la manière que j'ai choisie. La manière qui me convient parce que c'est ça que je veux.» plaida-t-elle.

«Rose. Si tu es vraiment certaine que c'est vraiment ça que tu veux. Si tu as vraiment réfléchit à toutes les possibilités, alors, je n'insisterai pas pour que tu suives ce traitement. Je trouve juste dommage que tu n'ai jamais d'enfant à ton tour maintenant qu'on a finalement trouvé comment te permettre d'en avoir après tant d'années de recherches.» accepta sa mère en essuyant une larme.

«Qui a dit qu'elle refusait d'avoir des enfants?» lui opposa Juleka. «Ce n'est pas parce qu'on est deux femmes qu'il n'y a absolument aucune chance pour que nous n'ayons jamais d'enfant? Nous avons même deux fois plus de chance qu'un couple normal d'en avoir. On a deux utérus plutôt qu'un.» conclu-t-elle faisant rigoler tout le monde.

«De toutes façons, elles ont tout le temps devant elles pour commencer par jouer à la tantine avec mon bébé avant de décider si elles en veulent un bien à elles ou non.» ajouta Alya pour ajouter à l'humour ambiante.

«On prend bien soin d'elles, je vous assure, Madame.» ajouta Marinette.


Les parents rassurés partirent peu ensuite et Kim, Max, Nathaniel et Marc songeaient à prendre congé lorsque Luka leur demanda de rester.

Intrigués, ils regardèrent Luka s'approcher doucement de Marinette. «Tu veux bien nous dire ce qui t'arrive maintenant?» demanda-t-il très doucement.

Émue par tant de tendresse, Marinette s'effondra en pleurs sur son épaule et ils se rapprochèrent tous davantage encore.

Les derniers clients présents avaient été servis. Mylène laissa Harlenne dans la salle du rez-de-chaussée pour le cas où ils voudraient autre chose. Elle remonta pour les rejoindre et Ivan venait les saluer avant son départ. Il s'apprêtait à quitter pour son travail.

Comme il travaillait de nuit dans un entrepôt de transport. Il se levait en fin d'après-midi et assurait le service du dîner au café avant de se rendre à son autre travail. De son côté, Mylène assurait le service en salle avec Rose du dîner jusqu'à la fermeture et durant la journée, elle enseignait le théâtre et l'acting.

Tous ceux de la bande présents ce soir-là s'inquiétèrent pour Marinette. Comme elle n'arrivait même pas à parler, Nino le fit pour elle. «Adrien est partie. Il a décidé de changer de vie.»

Aussitôt, des exclamations révoltées et incrédules se répandirent dans la salle. Des mots de réconfort pour elle et de la déception pour la fin de la relation flottaient de partout. Ils se retenaient encore de parler contre Adrien mais, Marinette sentait que ça ne tarderait pas.

«Si c'était vraiment la vraie histoire, je l'accepterais.» les coupa cependant la jeune femme. «S'il n'y avait rien d'autre qu'un désire de liberté de sa part. Si vraiment, il avait besoin de partir pour sentir qu'il accomplissait vraiment quelque chose je verrais les choses autrement. Mais, cette histoire ne colle pas!» appuya-t-elle avec conviction.

«Mari...» s'attrista encore son ami.

«Non, Nino. Qu'est-ce que tu as fait quand toi et Alya vous êtes séparés?» questionna-t-elle.

«Je- je- j'ai avancé?» suggéra-t-il.

«Avant ça. Ton premier réflexe a été de venir habiter chez nous. Tu n'as pas eu besoin de nous appeler pour nous en parler parce qu'on était déjà au courant mais, si Alya t'avait plutôt annoncé qu'elle te quittait parce qu'on lui avait offert un poste dans un autre pays, qu'est-ce que tu aurais fait en premier?»

«J'aurais appelé Adrien.» admit Nino.

«Et toi?» demanda encore Marinette en se tournant vers sa meilleure amie. «Si on t'avait proposé un poste en Australie, avant même d'en parler à Nino ou peut-être juste après, qu'est-ce que tu aurais fait?»

«Je t'en aurais parlé.» admit Alya.

«Tu ne serais certainement pas partie avec un mot de trois lignes griffonné en vitesse.» confronta Marinette.

«Mais, qu'est-ce que tu crois qu'il a pu se passer?» demanda Kim.

«Je n'en sais rien du tout.» avoua Marinette. «C'est vrai, on avait des projets pour aller travailler à l'étranger ensembles mais, du jour au lendemain, tout à changer en lui. Ses émotions, son inquiétude...»

«Tu penses qu'il aurait fait une crise dépressive et qu'il pourrait essayer d'attenter à ses jours?» s'effraya Alya.

«Non, je- je ne pense pas. Mais, je n'en sait rien.» avoua Marinette.

«Ce n'est pas ce que je pense non plus.» assura Nino. «Enfin, ce n'est pas à exclure. Mais, comme la dit Marinette. Il aurait fait de plus longs adieux.»

«Je l'ai chercher dans toute la ville depuis deux jours. Je suis même aller au manoir Agreste. Mais, je n'ai rien trouvé du tout.» avoua la franco-chinoise.

«On va continuer à chercher avec toi.» assura Luka. «Je vais aller montrer sa photo dans les terminus d'autobus et dans les gares.

«Je vais m'occuper des services de location de voitures.» proposa Kim. «Il y a bien quelqu'un qui va avoir repéré un mannequin vedette à la tête d'une colossale fortune.» ironisa-t-il.

Cela redonna le sourire à Marinette. Il avait bien raison. Adrien passait toujours difficilement inaperçu. Surtout avec Félix qui publicisait encore son visage et son nom.

«Vous avez besoin de moi?» demanda timidement Ivan.

«Non.» répondit Mylène. «Va plutôt à ton travail. Et ne t'inquiète pas. Je t'appellerai si jamais on découvre quelque chose de plus sérieux.» le rassura-t-elle.

Personne n'en voulu à Ivan de ne pas participer. Il travaillait déjà de nombreuses heures dans son travail régulier et malgré tout, son patron le menaçait souvent de le mettre à la porte.

La plupart des membres du groupe se répartirent les secteurs de la ville et établirent des listes d'endroits à vérifier comme si Adrien était vraiment disparu.

Nino décida d'accompagner Marinette qui allait interroger Félix. Il ne voulait pas qu'elle y aille seul.

Restées derrière, Mylène, Juleka et Alya discutaient tout bas de cette nouvelle catastrophe lorsqu'Harlenne vint les rejoindre. Enfin, Juleka et Mylène discutaient. Alya travaillait déjà sur trois appareils à la fois pour faire des recherches et lancer des messages.

"N'oubliez pas de préciser que vous rechercher Félix et non Adrien. On fera face à moins de fausses pistes." leur écrivit-elle sur la conversation de groupe qu'elle venait de lancer sur le sujet.

«Est-ce que votre amie est en couple avec Adrien Agreste?» demanda doucement la nouvelle amie. «Ou était plutôt si j'ai bien compris?»

«Non, il s'agit d'un autre Adrien.» précisa Mylène.

«Évidemment, ç'aurait été toute une coïncidence!» sourit Harlenne. «Je pensais simplement qu'il s'agissait de lui parce l'autre soir lorsque je suis venue ici, j'ai vu le sosie d'Adrien entrer ici.»

«Ah oui, lui c'est Félix!» la détrompa Juleka.

«Oui, c'est amusant comme le monde est étrange. Après avoir vu le sosie d'Adrien Agreste ici vendredi, voilà que je tombe sur un sosie de son père lundi!» rigola-t-elle.

Alya arrêta tout bonnement d'écrire pour poser son téléphone et se tourner vers elle. «Et où exactement as-tu croisé le sosie de Monsieur Agreste?» demanda-t-elle sur son ton aussi naturel que si elle avait poursuivit le sujet de l'anecdote avec Harlenne.

Lorsque ChatNoir avait publiquement refusé d'avouer l'identité du Papillon pour lui éviter la peine de mort, Alya avait refusé net de laisser Adrien lui cacher la vérité. Il lui avait confier le secret de son père sans rien pouvoir lui cacher de la manière dont il avait tout découvert.

Il aurait bien préféré la protéger en lui cachant la vérité mais, il n'avait pas pu résister à ses arguments.

«À la résidences pour personnes semi-autonome où je suis allée passer un entretien d'embauche.» poursuivit la jeune femme sans se rendre compte de l'importance de l'information qu'elle détenait. «Je l'ai vu de loin mais, ça ne pouvait pas être lui puisqu'il n'a pas encore soixante ans comme les autres résidents, je pense.»

«Est-ce que tu as remarqué autre chose à son sujet? Il avait l'air d'habiter là depuis longtemps?» fouilla Alya.

«Il était dans la cour. En fait, quand je l'ai vu, il quittait l'endroit avec une dame en tailleur. C'est surtout elle que j'ai remarqué. Elle était si froide avec lui.»

«Froide ou... professionnelle.» réfléchit Alya. «Tu pourrais me donner l'adresse? Je pense que ça pourrait être important.»

«Mais, ça ne pouvait pas être lui, véritablement. Comment ça pourrait être important?» fronça Harlenne.

«Imaginons qu'Adrien a entendu dire que Monsieur Agreste aurait été vu en ville, il aurait pu être partie à sa recherche.» fit innocemment Alya.

Mylène et Juleka restaient perplexes mais se demandaient s'il pouvait y avoir une connexion entre la réapparition de Gabriel à Paris et la disparition d'Adrien.

«Mais, comment?» demanda Harlenne. «Si c'est un autre...»

«Gabriel est l'oncle de Félix.» élabora Alya. «Si Adrien a pensé que l'oncle de son ami résidait dans une résidence de soins, il a pu vouloir aller vérifier et voir quelque chose en chemin ou n'importe. J'aimerais creuser cette piste.»

«Ha, euh, si tu veux, je peux t'y accompagner.» offrit Harlenne qui s'inquiétait qu'Alya marche seule en ville la nuit.


Toutes deux partirent et Mylène et Juleka se retournèrent silencieusement l'une vers l'autre. La salle étant maintenant vide, elles se rendirent toutes deux en cuisine pour ranger pour la nuit. Leur intention était de se débarrasser de ces tâches pour se concentrer ensuite à cette histoire.

Mylène sursauta lorsqu'on frappa frénétiquement à la porte arrière. Plus téméraire, Juleka s'avança vers l'œil magique de la porte en espérant contre toute logique qu'il s'agisse d'Adrien.

Avec une grande surprise, elle ouvrit la porte à Chloé. Elle n'aurait jamais pensé voir la blonde héritière entrer dans les cuisines du restaurant, encore moins de la voir débarder du côté des poubelles.

«Tout de même, il vous en a fallu du temps pour m'ouvrir!» leur reprocha celle-ci.

«Désolées, Chloé. Nous venons juste de revenir dans les cuisines.» les excusa la plus courte.

«Je pensais que vous fermiez toujours à minuit?» fronça Chloé.

«Il n'y pas de client pour l'instant et lorsqu'il n'y a pas de client, on ne reste pas toujours aux cuisines.» lui expliqua patiemment Mylène.

«Étrange.» commenta Chloé

«Pourquoi n'es-tu pas passée par l'avant quand tu as vu qu'on ne te répondait pas?» sourit Mylène.

«Parce que je ne voulais pas être repérée quelle question!» répondit Chloé comme si la réponse était évidente pour tous. «Mais, assez perdu de temps. J'ai besoin de l'un de vos téléphones pour joindre Marinette. Ils ne doivent pas savoir que je l'ai contacté moi-même et ils surveillent peut-être mon téléphone.»

«Qui ça "ils"?» demanda curieusement Mylène en sortant son appareil immédiatement. Peu importe ce que Chloé savait, avec la possible disparition d'Adrien, tout pouvait avoir de l'importance.

«Les hommes d'Al Sirius. Ils peuvent sans problème me suivre. J'ai dû utiliser des tas de ruses pour venir ici incognito.»

«Qui?» demandèrent en même temps Mylène et Juleka.

«Oh, passe moi, ce téléphone.» fit Chloé en l'arrachant des mains de Mylène. «On a perdu bien assez de temps comme ça.»