Adrien navigua parmi les ombres crées par les lumières de la ville jusqu'à l'une des fenêtres sous les combles du toit du café.

Ne souhaitant pas se mêler aux autres, il resta perché en hauteur, gardant un œil sur les rues avoisinantes, les heures d'ouverture du café maintenant terminées.

Nathaniel, Marc, Juleka, Rose, Mylène et Max s'y trouvaient. Ils y avaient une discussion animée maintenant qu'ils avaient terminés de mettre en place les volets de protection.

«Je suis si contente pour vous deux!» s'enthousiasma Rose en essuyant une larme.

Juleka serrait Nathaniel et Marc dans ses bras.

«Vous allez nous manquer mais, moi aussi je suis contente pour vous.» félicita à son tour Mylène.

À ce moment, des sirènes commencèrent à réveiller la nuit parisienne. Du côté du Grand Paris mais aussi ailleurs. Et Ladybug se faufila discrètement sur les toits pour le rejoindre.

«Tout va bien, ici?» lui chuchota-t-elle.

«Oui.» la rassura-t-il. «Il paraît que Nathaniel et Marc vont déménager.» lui indiqua-t-il leurs amis.

«Ensembles?» sourit-elle. «C'est vraiment génial!» Puis, son sourire se fit plus inquiet. «Pourquoi tu es en haut et pas en bas avec eux?»

«Parce que ce n'est plus ma place.» dit-il en haussant les épaules. «Je suis désolé de ce que je t'ai fait Marinette.» souffla-t-il en regardant la joie et l'amitié et l'insouciance loin de lui.

«Pour m'avoir quitté avec un mot tout bête plutôt que de m'avoir prévenu que mes parents étaient en danger? Un peu que tu peux l'être!» plaisanta-t-elle.

«Non. Pas pour ça.» fit-il lamentablement. «Je suis désolé de ne pas être un meilleur conjoint. Je suis désolé de m'être accroché à toi comme un parasite. Je suis désolé d'avoir pris la place d'un autre qui aurait pu te rendre heureuse bien mieux que je ne l'ai fait.» Les larmes envahirent son regard mais, cette fois, il ne pleurait pas sur lui-même, il regrettait sincèrement les choix qu'il avait fait.

«Il y a des années» fit-elle lentement pour ne pas se mettre à pleurer également. «Tu avais coutume de me dire que notre destin était d'être toi et moi contre le monde entier. Et je n'étais pas d'accord parce que le monde ne m'avait rien fait. Mais, je savais déjà, même en étant amoureuse d'Adrien que ChatNoir resterait forcément dans ma vie si j'étais suffisamment chanceuse pour cela.

Lorsque j'ai découvert ton identité, j'ai ressentie beaucoup de honte. Parce que je n'avais pas su voir ta peine plus tôt. Parce que j'avais contribué à te rendre malheureux. Parce que je t'ai laissé te débrouiller seul pour garder la tête hors des sables mouvants qui t'étranglaient. Et plus j'en découvrais sur ta vie, plus j'avais peur en rétrospective. Parce que je me rendais compte que j'aurais pu te perdre bien plus tôt. Que j'aurais même pu ne jamais te connaître si ça se trouve. Et que j'aurais été condamnée à vivre pour le reste de mes jours sans ma moitié.»

Les émotions de Marinette avaient eu raison d'elle et elle referma ses mains sur son visage pour pleurer en y cachant ses larmes.

Adrien y vit quelque chose qu'il n'aimait pas. Elle ne s'était pas tourné vers lui pour cacher son visage dans son cou pour pleurer. Elle se serrait sur elle-même pour contenir sa peine.

S'il partait, elle serait encore seule. Qui serait inquiet pour sa santé s'il partait? Qui serait à ses pieds pour la vénérer comme une déesse? Qui se fendrait en quatre pour la rendre heureuse? Qui donnerait sa vie pour elle?

Il n'était pas la seule personne qui aimait Marinette et il y aurait peut-être d'autres personnes qui pourraient prendre sa place. Mais, pouvait-il leur demander de risquer leurs vies pour elle? C'était sa propre mission.

Parce qu'ils n'étaient pas ensembles, ils étaient un.

Comme Nathaniel et Marc. Comme Mylène et Ivan. Comme Sabine et Tom. Il réalisa qu'il avait réussi à appartenir à la vie bien plus qu'il ne le pensait. Parce que malgré son père, malgré ses tendances étranges et bestiales, il avait trouvé sa partenaire de vie et vivait, oui vivait avec elle.

Vivre ensemble ne signifiait désormais plus partager un logement à ses yeux. S'il vivait avec elle pour vrai, il partageait sa vie. Le pire comme le meilleur. Leurs humeurs étaient au même diapason, le stresse de l'un était celui de l'autre. Ils partageaient tout.

«Adrien le plus dure dans la vie, ce n'est pas d'abandonner. Tout laisser derrière, c'est facile. Le plus dure, c'est de rester. D'affronter une difficulté après l'autre. Les ennemis invisibles, les petites blessures du quotidien et même les joies les plus déchirantes...»

«Avec amour, constance et attention» reprit-il après elle «pour le meilleur et pour le pire, dans la richesse comme dans la pauvreté, dans la santé et la maladie, dans la joie comme dans la tristesse, et ce jusqu'à ce que la mort nous sépare.»

Il ne faisait pas qu'énoncer ces paroles, il les déclarait également avec des larmes dans les yeux.

Le visage de Marinette était tout rouge d'émotion et elle pleura aussi mais un sourire torturé ornait ses traits.

«Oui.» dit-elle simplement avant de déclarer à son tour.: «Je t'adore plus que ma vie. Je, je jure-»

«Plus tard!» la coupa-t-il en capturant ses lèvres. «Tu m'as déjà promis tout cela par chacun de tes gestes depuis que tu m'as dis oui la première fois. Lorsque tu as accepté d'être en couple avec moi.» fit-il au milieu d'une suite de baisers.

«Tu plaisantes! J'étais-»

«En train de grandir pour devenir la femme la plus parfaite du monde!» la coupa-t-il, ce qui était bien loin de ses habitudes.

Elle ne chercha plus à protester et se laissa emporter par la passion de son amoureux.

Bientôt, leurs uniformes avaient disparus ainsi que leurs vêtements.

La frénésie de leur étreinte ne leur laissait plus aucun repos. Ils avaient faim d'amour et de bonheur. L'endroit où ils étaient, ce qui les attendaient à l'extérieur, plus rien n'existait. Même la peur qu'Adrien éprouvait pour son père avait disparue.

Tout à coup, il ne s'en souciait plus. Seul Marinette et l'amour qu'il lui donnait et celui qu'elle lui offrait en retour comptaient. Car son amour nourrissait le sien et le sien nourrissait son amour à lui.

Les lèvres d'Adrien parcouraient le magnifique corps sous lui. Il s'était épanouie en quelques années, les formes de Marinette étaient plus pleines et accueillantes. Et même s'il connaissait ce corps par cœur, il en redevint fou et ne pensait qu'à y puiser sa force.

Ses mains si agiles le couvraient de mille caresses et elles se perdaient dans ses mèches blondes et capturaient son derrière tout à la fois.

Il attrapa un mamelon avec sa bouche et sa langue ne le délaissa plus tant qu'il ne fut pas dressé par le plaisir. Ce qui ne lui pris guère de temps. Sa bouche revint alors vers son homologue et dans un baiser sulfureux, les amoureux s'étreignirent étroitement.

Il sa souleva tout à coup pour la déposer avec douceur sur l'une des tables dépareillées de l'endroit. Il commença par couvrir son cou de baisers affamés pour ensuite tracer une ligne dans la direction de son sexe. Seulement, il n'en était qu'au creux de sa gorge lorsqu'elle le ramena tout contre elle, soudant leur corps qui s'emboîtaient à nouveau parfaitement.

«Je voulais-» protesta-t-il.

«Pas besoin de perdre du temps. Prends-moi tout de suite.» lui réclama-t-elle dans un murmure sauvage.

«Tu es certaine?» vérifia-t-il. Il ne voulait pas la blesser.

«On ne peut plus sûre!» affirma-t-elle avec assurance en ramenant ses sublimes jambes musclées très haut dans son dos. «Embrasse-moi.» supplia-t-elle.

Il lui offrit ses lèvres en la serrant contre lui et naturellement, son sexe dressé trouva l'entrée humide du sien. Leurs corps étant parfaits l'un pour l'autre, il n'y eut aucune hésitation, aucun mouvement inutile. Adrien trouva sa place en elle d'un mouvement souple et son ventre l'accepta avec la familiarité d'une pièce manquante qui retrouvait sa place.

Leurs mouvements étaient fluides, la friction parfaitement équilibrée pour que leur plaisir monte graduellement et avec assurance.

Adrien savait dès le premier coup de bassin qu'il jouirait sans pouvoir faire autrement. Il avait l'impression de revenir au paradis qu'il avait quitté mais également de revenir à la vie tout à la fois.

Elle était dans ses bras et ensembles, ils ne baisaient pas, ils donnaient à leur échange la véritable signification de faire l'amour. Sans aucun besoin de se concentrer sur les va-et-vient de ses hanches, Adrien pouvait consacrer toute son attention sur elle.

Elle était si merveilleuse qu'il en était ému. Son amour était la chose la plus magnifique qui ait jamais existé. Elle-même lui donnait encore et encore tout l'amour que contenait son cœur. Tout l'amour qu'elle ne lui avait jamais donné et qu'elle aurait dû lui offrir.

D'une certaine façon, il n'aurait peut-être pas été capable de le recevoir au moment où ils étaient véritablement devenu un vrai couple. Mais, elle décida de rattraper le temps perdu et de le couvrir d'affection jusqu'à l'étouffer et le faire pleurer de joie.

Elle se donna pour objectif de faire exploser de joie le cœur d'Adrien chaque jour. Il ne méritait pas moins et semblait en avoir drôlement besoin maintenant qu'il était prêt à l'accepter!

Marinette redoubla d'ardeur dans leur échange. Elle était peut-être dessous, mais elle réussi tout de même à bouger le bassin et à rencontrer chacune des poussées d'Adrien.

Dans un mouvement plus prononcé que dans ses habitudes, Adrien s'enfonça davantage en elle. Marinette poussa alors un soupir étouffé qui fit naître un sourire canaille sur les lèvres de son homme.

Il se redressa et alla chercher la jambe droite de Marinette qui était enlacé dans son dos pour la ramener en travers de son torse et jusqu'à son épaule.

En la regardant dans les yeux avec son regard plein d'étincelle, il accéléra la vitesse des mouvements de son bassin et donna plus de puissance à ses coups. Marinette dû se mordre la main pour se retenir de pousser des soupirs trop sonores.

Le sexe d'Adrien s'allongea davantage que sa longueur normale et alla buter contre le fond du sexe de Marinette. Il s'accrochèrent l'un à l'autre oubliant les caresses réconfortantes et leurs souffles s'accélérèrent.

Tout à coup, le bout du sexe d'Adrien glissa dans l'ouverture au fond de son ventre pendant un bref instant. Tous deux poussèrent de petits cris étranglés et le plaisir les submergea à la même fraction de seconde.

Il s'effondra sur elle alors qu'elle serrait ses bras autour de son cou pour le ramener encore plus près d'elle.

Ils reprirent lentement leurs souffles pendant une minute et ensuite, Adrien se redressa avec deux baisers déposés sur sa clavicule.

Leurs regards se rencontrèrent et ils surent alors que le monde leur appartenait. Maison, famille, voyage, travail, désormais, il n'y avait plus aucun doute entre eux. Du matin au soir, ils seraient toujours ensembles et unis. Ils partageraient chaque instants du reste de leur vie.

Lorsqu'ils descendirent de leur nuage, les voix de leurs amis leur parvinrent. Ils ne pouvaient en distinguer les mots mais les voix leur parvenaient tout de même. Ils se rhabillèrent prestement en gardant pour eux des rigolades d'avoir osé faire quelque chose d'aussi public.

Toujours en effervescence pour le bon moment hors du temps qu'ils venaient de vivre, ils reprirent leur place assise sur le rebord du plancher.

Les coudes appuyés sur la planche empêchant de tomber, ils écoutaient la conversation qui spéculait sur la signification des événements récents.

Ils auraient pu se croire en haut de la Tour Eiffel ou revenu à l'époque de leur adolescence. Combien de fois s'étaient-ils assis l'un près de l'autre dans un silence confortable où ils sentaient tous les deux qu'ils n'avaient pas besoin de combler un vide qui n'existait pas?

«Comment Lila pourrait-elle être l'alliée du Papillon?» protesta Rose. «C'est une bonne personne malgré tout.»

«Tout le monde n'est pas foncièrement bon, Rose.» l'informa Chloé sans pitié. «La plupart des gens penseront d'abord à eux-même avant de penser aux autres et c'est que ce Lila à fait.»

«Mais, tout de même...» protesta encore la gentille blonde. «Comment aurait-elle pu devenir son allié en pratique? Il faudrait d'abord qu'elle l'ait rencontré. Et justement, si elle est égoïste qu'est-ce qu'elle pourrait bien en retirer en échange?»

«Peut-être Adrien, peut-être tout autre chose.» répondit Chloé en soulevant un sourcil. «Elle a toujours voulu le posséder mais, je ne suis jamais arrivée à savoir si elle le voulait pour lui-même ou si elle ne voulait que l'utiliser pour se reprocher de Monsieur Agreste. Au vu du message de Ladybug, la deuxième étape semble bien être réussie.»

«Qu'est-ce que tu insinue, Chloé?» fronça Mylène. «Je ne te suis pas du tout.»

«Bien, Adrien est kidnappé par son père et Ladybug nous dis que le Papillon en a après tous les amis d'Adrien le soir même. Il y a de fortes probabilités que les deux éléments soient liés.»

«Exactement 46,5 %.» lui fournit Max. «Il faut prendre en compte les ...» et il poursuivit très longtemps dans la même veine.

Chloé le regarda, sa bouche formant un "o." Elle ne s'attendait pas à ce que le nerd du groupe rebondisse sur son choix de mots. Elle ne s'attendait pas non plus à ce que quelqu'un de son âge lui sorte un tel discourt.

Lorsqu'il arrêta finalement ses arguments mélangeant le pour et le contre, elle le regarda simplement avec soulagement se demandant pourquoi elle l'avait laissé s'emballer.

Du haut de leur balcon, Adrien et Marinette hésitaient à descendre et à se mêler à eux. Et puis, ne valait-il pas mieux aller s'assurer que tout ce passe bien à l'extérieur?

On entendit alors cogner à la porte d'entrer du devant et Juleka alla ouvrir à Kagami.

«Pouvez-vous me dire si Adrien ou Marinette sont ici? Je voulais les voir.» demanda-t-elle au groupe.

Tous deux décidèrent d'en profiter pour descendre rejoindre les autres.

Évidemment, réalisa Marinette, Kagami était elle aussi dans la liste de contacts de son yoyo. C'est comme ça qu'elle avait été prévenue. Mais, de toute façon, il était aussi possible que Gabriel essaie de s'attaquer à elle, même si elle avait un bon système de défense personnel.

Chloé, Mylène, Juleka, Rose, Alix et Max poussèrent des exclamations de surprise lorsqu'ils virent Adrien et Marinette descendre des étages main dans la main.

«Euh, on est pas là depuis très longtemps, on vient à peine d'arriver.» rougirent-ils. Ce n'était pas complètement faux. Ils n'avaient pas baiser pendant si longtemps. Rien qui pouvait les faire sentir immensément coupable d'avoir prit du temps pour eux.

Adrien fila en droite ligne vers la cuisine mais garda la porte ouverte pour suivre la conversation.

«Comment est-ce qu'on peut t'aider Kagami? Qu'est-ce qui t'arrive?» demanda Marinette avec un sourire encourageant.

«Il m'arrive une nouvelle contrariété.» se désola tout simplement la japonaise. «Le partenaire que je fréquentais dernièrement a rompu ses engagements avec moi et ne souhaite plus discuter de notre projet d'union commune.»

«Oh Kagami!» s'émue Marinette et la serrant contre elle avec réconfort en total contraste avec l'attitude de son amie. «Viens, assis-toi ici.» la guida-t-elle vers une chaise près des autres. «Adrien, tu veux bien apporter un café pour elle.» appella-t-elle.

«Ne t'inquiète pas.» rassura-t-elle encore l'héritière. «On ne te laissera pas seule. Est-ce que tu peux me dire ce qui est arrivé? Qu'est-ce qu'il t'a dit? C'est arrivé quand?»

«Il y a plus de deux semaines.» répondit-elle. «Je viens de revenir à Paris. J'étais au Japon pour les affaires. J'en ai profité pour avoir une rencontre avec lui. Il m'a invité à l'opéra un soir. Le lendemain, nous sommes allés visiter un jardin de méditation et il m'a offert un bracelet de rubis. Puis il a rompu notre arrangement.»

«Oh, pauvre toi!» s'émue Marinette qui tenait maintenant ses deux mains dans les siennes.

«Quel salaud!» s'exclama Chloé quand elle réalisa que l'autre jeune femme était en peine d'amour malgré son succès pour le caché.

Adrien déposa une tasse de café devant elle avant de retourner dans la cuisine.

«Ça ne vaut peut-être pas la peine de verser des larmes pour lui. Ou pour cette relation.» sourit tendrement Marinette pour Kagami. «Que dirais-tu si je te présentais quelqu'un pour changer? Quelqu'un qui ne serait pas parfait mais avec qui tu pourrais développer quelques talents?» suggéra-t-elle.

«J'ai déjà beaucoup développé mes talents physiques, Marinette. Je pense être apte à répondre aux attentes des hommes sur le sujet.»

Marinette rigola: «Je parlais de talents relationnels. Ça ne fait pas de mal de réviser un peu et de rafraichir ce que tu connais déjà. De toutes façons, je parle simplement de quelques rendez-vous avec quelqu'un avec qui tu pourras te détendre sans la pression de parvenir à trouver un mari. Si tu acceptais finalement ma suggestion?»

Adrien s'installa avec une assiette qu'il venait de réchauffer et pris immédiatement quelques bouchées bien nécessaires.

«J'imagine que je peux contourner les interdits de ma mère sur le sujet pour une fois. J'admet que par moi-même, je n'y arrive pas.» se désola Kagami.

Marinette s'emue sachant très bien combien cela avait coûté à la jeune femme en face d'elle d'avoir admis une telle chose.

Adrien resta figé et stupéfait d'entendre de tels mots prononcés par celle qui avait été son adversaire en cours d'escrime bien des années plus tôt. Admettre la défait n'avait jamais été chose facile pour elle. Adrien, pour sa part, reconnaissait la valeur de cet apprentissage.

«C'est à croire qu'il y a quelque chose dans l'air qui provoque les séparations de couple cette semaine!» commenta Alix dans le silence qui s'en suivit. «D'abord Alya, ensuite, Marc et Nathaniel, Adrien, son mec.» indiqua-t-elle la jeune femme d'affaire.

Marinette sourit et s'apprêta à détromper Alix sur le fait qu'Adrien et elle n'étaient maintenant plus séparés mais, son téléphone résonna et la forte vibration la fit sursauter. Elle l'avait mis très haut pour être certaine d'avoir des nouvelles des autres.

«Alya?» demanda-t-elle aussitôt en décrochant.

«Il faut que tu m'aides. Je ne sais plus quoi faire!» se plaignit sa meilleure amie à l'autre bout du fil. Le volume du téléphone était si haut que les autres ne perdaient aucune paroles et frissonnèrent à la perspective d'entendre Alya aussi paniquée.

«Où es-tu? Qu'est-ce qui se passe?» paniqua également Marinette.

«La nouvelle serveuse du Café avait m'a dit qu'elle avait cru voir Gabriel Agreste. Je l'ai amené pour vérifier et-» la communication coupa complètement et la panique de Marinette monta en flèche.

Adrien était déjà sur ses pieds même s'il ignorait ce qu'il pouvait faire.

Marinette essaya de composer mais son appel tomba dans le vide.

Tous se regardèrent et elle se tourna vers Juleka pour poser des questions sur cette nouvelle serveuse.

Mais, avant que Mylène ne lui parle d'Harlenne, son téléphone les fit de nouveau sursauter. C'était encore Alya. Cette fois, elle mit directement le haut-parleur. «Alya?»

«Désolée, on a dû se cacher. Écoute Marinette, je ne sais pas comment faire pour que tout se passe bien. Nous sommes dans une maison de retraite et il y a des hommes armés qui montent la garde et épis tous les mouvements. Harlenne et moi, on est coincées dans un placard. Si on sort, ils vont nous voir. J'ai peur qu'ils se mettent à prendre des résidents en otage si la police s'en mêle. Gabriel Agreste est ici, je l'ai vu avec Nathalie Sanscoeur.»

«Ne bouge pas Alya on arrive.» l'assura Marinette. «Donne-moi juste l'adresse.»

Adrien était déjà près de la porte. «Attends!» le coupa Chloé «Et s'ils surveillent?»

Il changea de direction et attrapa Marinette au passage en l'entraînant vers la cuisine. Ils se transformaient déjà en passant le seuil de la porte arrière.

Et soudain, ce fut la panique et un débat s'en suivit pour savoir si c'était une bonne idée qu'Adrien et Marinette se rendent là-bas et s'ils étaient ou non revenus ensembles.


Les héros atterrirent main dans la main sur le toit voisin de l'adresse indiquée par Alya. Ils constatèrent rapidement que personne ne plaisantait dans cette histoire. Ni la terreur d'Alya, ni les moyens mis en oeuvre par Gabriel.

Deux gardes, chacun dans une voiture dans des rues opposées. La sécurité de l'entrée semblait de taille à affronter un champs de bataille avec tous ces muscles. Même les hommes d'entretien semblaient louches.

Les oreilles de ChatNoir captèrent alors les sirènes d'une des nombreuses patrouilles qui parcouraient la ville. «On risque d'avoir un problème si l'une de ces voitures de police se dirige par ici. Ils pourraient paniquer en entendant les sirènes.»

«On pourrait avoir besoin de renfort.» lui opposa Ladybug. «On en voit cinq mais, ils sont peut-être plus nombreux.»

ChatNoir se dit qu'il leur fallait une diversion, quelque chose qui ferait du bruit et réussirait à faire sortir tous les méchants de leur cachette.

Les héros regardaient vers l'immeuble puis dans la direction des voitures des policiers se demandant quelle était la meilleure marche à suivre.

À ce moment-là, Gabriel Agreste sortit par la porte de côté du bâtiment, un garde portant ses bagages. Nathalie sortie à ses côtés, portant ses propres sacs. Elle écoutait religieusement les instructions que Gabriel lui donnait.

Surtout des transferts de fonds d'après ce qu'Adrien captait et aussi, son père donnait rendez-vous à Nathalie deux jours plus tard. Ils allaient donc se séparer.

Ils devaient agir et vite.

Il espérait juste que Plagg serait suffisamment en forme pour mener ce plan à bien.

Il fonça et sauta pour atterrir dans une ruelle et se détransformer. Il allait sortir et se planter là où ils pouvaient tous le voir quand Ladybug atterrit près de lui en le questionnant sur ses intentions.

«Tu vas à la rencontre des policiers?» suggéra-t-il avec un sourire d'excuse et de complicité. Il sortit ensuite en pleine lumière et se positionna au milieu de la route pour attendre que son père le voit.

C'est Nathalie qui l'aperçu d'abord et Gabriel ne s'arrêta de parler que plus d'une minute ensuite lorsqu'il réalisa instinctivement que son assistante ne l'écoutait plus du tout.

Il tourna la tête vers lui et ordonna aux gardes de l'attraper.

Celui qui portait les bagages et celui qui était installé au volant de la voiture près d'eux s'élancèrent vers Adrien.

Lorsqu'il retourna vers la ruelle, il fut soulagé de voir que Ladybug n'était plus là. Passant derrière une benne à ordure, il s'accroupit et se transforma.

Les hommes atteignirent la ruelle et passèrent à côté de lui sans remarquer ChatNoir. Avec son bâton, il se souleva jusqu'au toit. D'un à l'autre, il contourna la résidence pour personnes âgées et atterrit bien caché près de l'autre voiture.

Encore une fois, il se montra sans son masque au chauffeur de celle-ci qui recevait justement un message d'alerte. Cependant, il prit le temps de relayer ce qu'il voyait et Adrien pu ainsi retourner se cacher et se transformer de nouveau.

Du haut des toits, il observa tous les types armés qui sortaient de leur cachette un par un. Une bonne dizaine dont certains d'une troisième voiture. Il voulait les éloigner de la maison de retraite mais ne voyait pas où il pourrait les conduire loin de la population.

Faisant appel à sa mémoire, il se souvint d'un immeuble occupés uniquement par des bureaux à deux rues de là.

S'assurant qu'ils pouvaient toujours voir Adrien, il couru sur toute la distance. Un coup de feu unique retentit derrière lui et son cœur rata un battement. Mais, il se rendit ensuite compte que la balle ne l'avait pas visé. Ce n'était qu'un avertissement.

Ordre de s'arrêter ou non, il se jeta sur le côté pour se mettre à l'abri derrière le coin d'une ruelle. Il arriva à bout de souffle au pied de l'immeuble après avoir joué les appâts avec ses poursuivants.

Avec un regard partageant mille mots avec Plagg, il se transforma encore en ChatNoir et trouva l'entrée du toit menant à l'intérieur.

Il ne doutait pas que ces hommes n'auraient aucun scrupule à entrer par effraction et à le suivre. Soit, ils travaillaient pour le père de la princesse et donc, ils resteraient civilisés, soit, ils étaient aux ordres de son père et ils étaient prêts à tout.

L'un ou l'autre, ils ne s'embêteraient pas pour une porte ou une fenêtre.

ChatNoir descendit jusqu'au rez-de-chaussée à plein vitesse et redevint Adrien puisque le héros n'était pas sensé être présent.

Et donc, ce fut le garçon "normal" qui joua à chat avec ses poursuivants. S'assurant d'être vu une fois ou deux mais, sans jamais leur donner un angle de tir ou une chance de le retrouver.

Il se refugia finalement sur le toit et songeait déjà à quitter l'immeuble avec sa transformation pour laisser ces chiens de chasse perdre leur temps en quête de sa piste pour tenter de le retrouver là où il n'était plus.

Il s'inquiétait pour Marinette. Il s'inquiétait aussi pour Alya et la fille qui était apparemment avec elle. Il s'inquiétait aussi de ce que son père n'hésiterait pas à faire. Adrien ne se faisait plus d'illusion sur le peu d'éthique qu'il devait rester à son géniteur.

Mais, Adrien avait aussi cet espoir fou. Et s'il y avait vraiment un moyen de réveiller sa mère?

Certainement que les gardiens ne révéleraient pas leurs secrets et encore moins à son père mais, peut-être accepteraient-ils de guérir la mère d'un héros?

Par contre, pour que cela fonctionne, il devait empêcher son père de les attaquer au temple et il devait aussi obtenir de lui l'endroit où il la gardait.

Si les policiers l'enfermaient entre quatre murs de béton ou provoquait un "accident" mortel durant sa capture, Adrien ne réussirait jamais à lui faire avouer cette information. Et même si Nathalie le savait probablement, Adrien ne voulait prendre aucun risque.

«Plagg!» appela-t-il, anxieusement une fois sur le toit éclairé par les premières lueurs du jour.

Dans tous ces états, le kwami traversa le toit vers lui et le prévint que toute la troupe arrivait sur lui.

Adrien réussit à grimper sur un demi-toit d'où partait une large cheminée ronde et métallique. Il passa par un trou aménagé dans un soutien de celle-ci et se cacha derrière pour être dans une sécurité toute relative de ces hommes. Mais, malheureusement, ceux-ci l'avaient aperçu.

À sa grande horreur, il entendit alors distinctement la voix de son père répondre à l'un d'entre eux. «Et bien, vous n'avez qu'à tirer sur lui! Descendez-le! Ça le fera descendre!»

La gorge d'Adrien se serra. D'abord pour l'horrible jeu de mot, puis parce que son père venait encore une fois de lui rappeler combien il accordait peu d'importance à sa vie.

Les hommes semblèrent hésiter et soulever des objections. Adrien ne pouvait pas comprendre leurs paroles. «Ce n'est pas le vrai.» répondit encore Gabriel. «C'est une réplique. Le fiancé de la princesse se trouve toujours en sécurité là où nous l'avons laissé.»

«Tu vas encore nier qui tu es?» défia Gabriel avec fureur sur l'immensité du toit, répondant ainsi aux interrogations d'Adrien.

Bien sûr! Son père avait deviné qu'il était ChatNoir depuis qu'il était magiquement revenu à Paris. Et il avait aussi utilisé ses pouvoirs pour grimper et entrer dans cet immeuble.

Et bien sûr, ChatNoir était la seule personne qui pouvait prouver qu'il était le Papillon. Il était devenu un élément dangereux. À plus forte raison s'il se révoltait et désobéissait.

Adrien regarda le rebord du toit juste au bout de ses orteils, juste avant le précipice donnant sur la rue des dizaines de mètres plus bas et qui se remplissait des voitures des policiers et des agents ennemis également.

Et il entendit les hommes plus lourds se faire la courte échelle depuis le toit pour l'atteindre et de l'autre côté, les balles maladroitement tirées par son père faisaient reculer les hommes mais, est-ce que cette cheminée résistait aux balles?

Inquiet, Adrien croisa le regard de Plagg, aperçu Ladybug sur un toit au loin et prit sa décision.

Il ne voulait plus avoir peur.

La lumière verte avait tout juste terminé de le parcourir que ChatNoir s'élançait de sa cachette, son arme servant de bouclier pour le protéger si quelqu'un osait se servir de son arme.

Chacun de ses anciens réflexes intacts comme s'il avait porté l'uniforme chaque jours où il ne l'avait pas fait. Comme en plein jour, il voyait les moindres gestes trop lents pour lui de ses adversaires. Et il ne fallu au héros que quelques instants pour se débarrasser d'eux et se retrouver seul à seul et face à face avec son père.

Sans un mot et aussi déterminés l'un que l'autre, ils se dévisagèrent. Durant un moment d'éternité.

Pour un observateur extérieur, pour Ladybug qui arrivait ou peut-être pour l'un des hommes semi-conscient étendus autour des deux hommes Agreste, il n'y eu aucun avertissement. Aucun geste annonciateur de la part de l'un ou de l'autre qui continuaient à se fixer sans bouger.

La dernière balle quitta l'arme de Gabriel en direction de son fils quelques pas devant lui.

Le bruit déchira la nuit et fut suivit aussitôt du cri de Ladybug qui arrivait sur place.

Mais, Adrien n'éprouvait aucune peur et aucune douleur non plus. Son bâton avait bougé si vite qu'il avait été le seul à le voir tourner devant son torse.

Désarmé et réalisant qu'il avait complètement échoué, l'expression de Gabriel Agreste changea.

Jusque là, il était calme et maîtrisait ses émotions. Une fureur telle qu'il n'en avait plus éprouvé depuis l'instant où il avait réalisé que la broche du Papillon lui avait été dérobée l'envahit.

Ses mains se refermèrent autour du cou du héros de noir vêtu et si celui-ci ne riposta pas, c'est qu'il savait que l'autre n'était plus de taille à le blesser d'une quelconque manière. Et en fait, lui pouvait le casser en deux comme une brindille s'il n'y prenait pas garde.

Lorsque les policiers arrivèrent en nombre sur le toit, ils découvrirent les héros qui laissaient Gabriel Agreste, mystérieux géant de la mode internationale, vider sa rage aveugle sur eux et sur tout ce qui arrivait à la proximité de ses points. Il n'était capable que de se blesser lui-même.

Cette fureur fut le dernier acte d'homme libre du tristement célèbre terroriste Papillon jusqu'à la fin de ses jours.


Certaines taches refusent vraiment de partir! Mais maintenant que c'est fait, it's party time!