Quand Marinette était en 3e année, elle savait exactement ce qu'elle voulait pour son avenir.
Elle voulait arrêter le Papillon au plus vite et révéler son identité à ChatNoir. Ensuite, débarrassée de la menace des akumatisés, elle inviterait Adrien à sortir et ils vivraient la plus douce des relations. À dix-huit ans, ils se fianceraient et se marieraient comme ses propres parents l'avait fait.
Après la fin de ses études, elle aurait sa propre ligne de vêtements tout comme M. Agreste. Elle et Adrien achèterait une grande maison, auraient trois enfants nommés Emma, Louis et Hugo Agreste et un hamster.
Alya et Nino seraient finalement en couple et trouveraient le temps d'avoir un enfant ou deux entre tous leurs passionnants projets. Elle trouverait la plus merveilleuse petite-amie pour ChatNoir et tous ensembles, avec ses parents, passeraient de merveilleux moments durant de longues années.
En commençant le lycée, elle envisageait déjà sa vie tout autrement.
Elle souhaitait attraper le Papillon avant la fin de ses études supérieures et que celui-ci ne soit pas M. Agreste. Elle souhaitait aussi pouvoir rester Ladybug après sa mission ou du moins pouvoir garder Tikki à ses côtés.
Elle voyait la complicité qu'avait Alya et Nino alors qu'elle-même n'était toujours pas avec Adrien et elle réalisait qu'elle était loin de connaitre la même chose que ses amis.
Elle n'était même pas certaine qu'Adrien la regarderait un jour comme une petite-amie potentielle.
Il parlait de Kagami, Chloé, Lila et combien d'autres? Toutes les filles se jetaient sur lui. Et il la traitait uniquement en amie. Chose qu'elle détestait véritablement l'entendre dire. Elle voulait être spéciale et unique pour lui. Pas une parmi tant d'autres.
Elle-même avait aussi des sentiments pour Luka. Peut-être.
Et elle devait s'avouer qu'elle aussi repoussait Luka et ChatNoir dans la friendzone volontairement, elle devait faire un choix même si ce choix la blessait.
Et finalement, même si le couple qu'elle venait de former avec ChatNoir n'en était pas un véritable, elle savait qu'elle pouvait compter sur le soutien et l'amitié de ses cinq grandes meilleures amies pour la soutenir dans sa vie quotidienne et la présence de son partenaire pour l'aider dans sa vie masquée.
Puis, plus de temps difficile étaient venus, elle avait juste espéré pouvoir garder son amoureux en vie. Garder des liens forts et indestructibles avec ses amis et sa famille.
Alors qu'elle terminerait bientôt l'université, que les temps doux étaient revenus et qu'elle volerait finalement véritablement dans sa vie d'adulte sans filet, cette vie était bien loin de ce qu'elle avait imaginé lorsqu'elle n'avait que sept ou huit ans.
Bien sûr, même si elle s'était trompé du tout au tout, cette vie était aussi merveilleuse. Par certain aspect, cette vie était même largement meilleure que celle de ses rêves.
Elle allait bientôt obtenir son diplôme et pourrait alors lancer sa propre compagnie dès qu'elle en aurait envie.
Le plus bel homme du monde partageait sa vie et son foyer. Et malgré les épreuves, Adrien semblait apprendre le goût du bonheur. Ensembles, ils s'appraitaient à parcourir le monde pour venir en aide aux gens et les inspirer en étant plus unis que jamais.
Ses parents étaient heureux et en santé. Ce qui était son plus important souhait pour eux.
Elle avait finalement retrouver l'amitié et la compagnie de tous ses amis malgré les épreuves que chacun avait vécu.
Et finalement, la vie s'appraîtait à lui offrir un magnifique cadeau.
Aussi le concept de friendzone qu'elle redoutait de voir envahir sa relation avec Adrien lorsqu'ils étaient ados ne l'effrayait plus autant maintenant que c'était ce concept qui lui offrait une seconde famille. Et cette famille s'appraitait à connaitre un moment riche en rapprochements.
Se permettant un instant de réflexion pour contempler sa vie, ses choix et ses combats, Marinette se sentie satisfaite de la tournure qu'avait pris sa vie.
Jamais n'aurait-elle imaginé qu'en arrivant à l'âge adulte, elle vivrait une relation sub/domme épanouie avec son crush d'enfance si adorable. Elle n'imaginait pas non plus que le poids d'être la gardienne retomberait sur ses épaules et qu'elle relèverait finalement le défi. Ni même que la vaste majorité des gens qui l'entouraient la regarderaient avec admiration pour ses accomplissements et croiraient autant en elle.
Mais, sa vie était maintenant magnifique même si elle n'était pas tel qu'elle l'avait imaginée, programmée, préparée et elle souhaitait que rien ne change.
Vers les neuf heures du matin, un mini-bus très moderne et confortable transportant plusieurs passagers qui s'y étaient installés dans une petite gare de province prit un nouveau chemin sur la pente raide de la montagne.
Mylène, assise à l'avant, côté passager, éteint la musique douce qui jouait en sourdine et annonça: «Je crois qu'on arrive, tout le monde. Les coordonnées gps ont l'air de dire que c'est ici.» Elle regardait toujours les entrées privées qu'ils passaient et les adresses des propriétés de luxe cachées dans cette forêt pour loger les milliardaires en mal d'intimité pour trouver le bon passage vers leur destination.
«J'espère que ça en vaudra la peine...» ronchonna une jolie blonde en relevant le masque de nuit couvrant ses yeux et en retirant le coussin de soutien qui se trouvait dans son cou.
Avec les années, Chloé s'était assagie quelque peu. Elle était toujours aussi égocentrique et refusait autre chose qu'une vie de jet-set mais, elle était d'un extérieur très calme et son visage détendu était finalement agréable à regarder. Des années des soins les plus délicats pour la peau et pour son apparence générale n'y était pas étrangers non plus. Chloé se considérait comme une princesse et elle considérait de son devoir de consacrer plusieurs heures de son temps pour paraitre sublime.
«Tu parles! On s'est levé avant l'aube pour prendre ce train!» surenchérit une petite bombe explosive au cheveux roses dans la rangée derrière Chloé.
Alix aussi avait murie avec les années. Le déclencheur avait certainement été lorsqu'elle avait apprit qu'elle deviendrait la porteuse du miraculous du temps et que le sort du monde reposerait un jour sur ses épaules. Le métier de son père chargé par l'histoire du monde prenait tout à coup une importance plus vitale et concrète que les vieilles informations poussiéreuses qu'elle y avait entendues auparavant.
Bien qu'elle garde toujours son mordant et son refus d'être autre chose que vraiment très cool, elle ne pouvait plus prétendre que se foutre de ce qui l'entourait était une bonne chose.
«L'embarquement de six heure trente-deux était le seul départ du TGV qu'on pouvait prendre aujourd'hui. Si nous étions partie de Paris par le train régulier de huit heure douze, il nous aurait fallu six heures, quarante-trois minutes et vingt secondes de plus pour arriver à notre destination.» les informa Max depuis l'arrière.
Pour sa part, Max avait murie physiquement mais il y avait un truc qui n'avait pas encore tilté dans sa maturité.
«Oui, oui. Merci Monsieur le conducteur de train. Ça on avait saisit.» le rabroua la blonde héritière avec un baillement alors qu'Ivan prenait un nouveau virage dans un chemin où les arbres formaient un plafond.
Contrairement à tous les autres, elle savait ce que cachait ces murs de végétations. Chacune des résidences de luxe qui se trouvaient dans cette localité mythique pouvait laisser ses co-voyageurs sans voix et ils auraient probablement vendus un de leurs reins pour avoir la chance de passer quelques jours sur place comme Adrien le leur avait offert.
Pour sa part, Chloé vivait dans une richesse comparable en permanence et n'était pas impressionnée par l'invitation. Elle regrettait seulement d'avoir dû faire le voyage en train plutôt que d'avoir pu affréter un hélicoptère. Mais, elle avait surtout fait le voyage pour s'assurer qu'Adrien allait vraiment bien après tout ce qu'il avait vécu et tout ce qu'il avait évité au printemps.
Elle était peut-être la seule occupante de cette voiture à connaitre les détails du sort que Gabriel avait choisit pour son fils et donc, elle était probablement celle qui envoyait en ce moment le plus de malédictions à cet homme qu'elle avait connu lorsqu'elle était enfant et qu'elle avait déjà regardé comme une espèce d'oncle.
«Je voulais simplement dire que j'espérais ne pas avoir laissé mon travail derrière pour quelques soirées feux de camps et jeux vidéo. Je ne me plaignais pas de l'horaire du voyage... Quoi que j'aurais aussi pu le faire.» soupira-t-elle.
«Adrien ne t'a-t-il pas dit qu'il avait une nouvelle importante à t'annoncer?» objecta avec surprise la rouquine près d'elle.
«Et c'est l'unique raison de ma présence ici! J'ai décidé de lui donner une chance. Mais, ce qu'Adrien considère comme vitale est en général plutôt exagéré. Il a beau être encore le plus beau partie sur mon radar, il n'en reste pas moins que tout est un drame avec lui.»
Les autres occupants du véhicule ne savaient pas jusqu'à quel point c'était vrai exactement. Ils avaient connu Chloé égoïste et paresseuse mais on disait qu'elle travaillait maintenant avec son père pour recevoir les clients de marque de l'hôtel et à l'organisation d'événements d'envergure pour la ville et sa relance économique. Considérant les tords que la menace du Papillon avait causé à la réputation de la ville et les répercussions sur le tourismes, la tâche ne devait pas être simple.
«Marinette et lui sont en couple.» lui rappela Rose près de Sabrina.
«Est-ce qu'ils sont vraiment revenus ensembles ou pas?» questionna Kim en fronçant le visage. «Vous m'aviez dit qu'ils avaient rompu le soir de notre accident.»
«Ils sont revenus ensembles!» assura Rose avec plus d'espoir que de certitude.
«Tu es certaine?» marmonna Juleka d'une voix profonde.
«Je, euh. Je le souhaite de tout coeur en tout cas!» reprit Rose.
«Je le souhaite aussi Rose.» lui assura Mylène avec un sourire «Mais, en toute franchise, c'est à peine si j'ai échangé quelques textos avec Marinette depuis les vacances de printemps.»
Ce qui était la situation général pour l'ensemble des gens présents et qui leur faisait craindre le pire. Ils ne connaissaient pas les retombés qu'avait eu l'arrestation du père d'Adrien et la révélation de leurs secrets au grand public même si rien dans toutes ces histoires n'avait encore été confirmé et que plus de rumeurs que de vérités circulaient.
Chloé connaissait beaucoup plus de détails qu'eux, ayant été présente pour une partie des événements. Mais, elle ne parlait pas. Parce qu'elle n'avait aucune certitude non plus. Elle savait juste qu'ils allaient bien physiquement et qu'ils avaient passé les deux derniers mois libres de leur mouvements. Elle ne savait pas par contre, comment Adrien avait réagit à tout cela.
D'autre part, elle espérait aussi qu'il serait finalement libre pour être en couple avec elle. Avec les années, les illusions de sa vie disparaissaient et même si Chloé ne manquait pas de rendez-vous galants et de partenaires potentiels, elle ressentait en permanence un vague sentiment de solitude et de vide dans sa vie.
Le mini-bus garé près d'une audi flambant neuve, tous les jeunes gens sortirent pour récupérer leurs bagages et contourner le bosquet pour se rendre à la maison de vacance où Adrien les avait invités.
Chacun d'entre eux avait été secoués pour une raison ou une autre durant les vacances de printemps, directement ou indirectement. Ils avaient bien compris qu'Adrien avait aussi connu une passe difficile et lorsqu'il les avait tous invités à venir passer quelques jours dans un chalet de luxe, la plupart d'entre eux, (Ivan et Mylène, Rose et Juleka, Alix, Kim, Max, Nathaniel, Chloé et Sabrina) avaient décidé de tout laisser derrière pour arriver sur place avec quelques jours d'avance sur le weekend. De toute façon, Rose, Nathaniel, Max, Sabrina, Mylène, Alix et Kim venaient de terminer les études pour l'été. Ondine, qui se rapprochait encore de Kim, avait aussi été invitée mais avait décliné l'offre parce qu'elle avait une compétition de nage le vendredi. Marc, en couple avec Nathaniel, passait quelques jours chez sa mère pendant qu'il en avait encore le temps avant de quitter la France pour l'année.
Ils savaient tous aussi que Marinette, Alya et Nino étaient déjà arrivés en début de semaine avec Adrien. Le lien d'amitié entre les quatre n'était pas un mystère, il durait depuis la 3e année malgré quelques difficultés sentimentales.
Mais, aucun d'eux ne savait précisément ce qu'il en était au niveau romantique pour leur quatre amis. Alya avait-elle rappellé Nino comme elle en avait l'intention? Nino avait-il accepté d'être avec elle? Adrien et Marinette étaient-ils toujours ensembles ou avaient-ils choisit de redevenir amis? Et surtout, est-ce qu'Adrien était véritablement ChatNoir?
Un sentier les mena autour de majestueux chênes centenaires et la troupe poussa des oh! et des ah! (bon, peut-être des exclamations un peu plus colorées) de ravissement en découvrant le bâtiment de luxe flanqué d'une petite crique sur le côté.
S'avançant encore en s'extasiant sur tout ce qu'ils appercevaient comme la terrasse sur le toit ou les jet-ski, ils restèrent statufiés sur la pelouse en découvrant le couple enlacé sur la grande galerie couverte en façade.
Marinette et Adrien, qui avaient choisis cet endroit pour faire la sieste, se réveillaient doucement en entendant leurs amis arriver.
Mais ce qui choqua le plus les invités, ce n'était pas de voir que le couple était de nouveau ensembles. Ce qui était le plus stupéfiant, était qu'Adrien avait dû remettre son bermuda parce qu'autrement, il était complètement nu. De même pour Marinette, elle ne portait qu'une camisole moulante très échancrée qui laissait voir à peu près tout de ses seins sauf les mamelons et qui ne descendait pas suffisamment bas sur ses hanches pour cacher qu'elle ne portait pas de short dessous.
Et surtout, tous deux étaient couverts de morsures. Sur les bras, le cou, la poitrine ou les épaules.
«Bonjour à tous. Vous avez fait bon voyage?» salua-t-il naturellement comme s'il n'était pas présentement en train d'enfiler la deuxième jambe de son vêtement pour retrouver un minimum de pudeur.
Personne ne lui répondit directement, ils avaient tous la mâchoire décrochée. Chloé avait même relevé ses lunettes de soleil pour s'assurer qu'elle n'avait pas d'hallucinations.
«Adrien?» questionna simplement Kim avec un peu de malaise alors que les amoureux commençaient à s'inquiéter.
«Marinette?» s'étrangla Mylène qui venait de remarquer les morsures en osant finalement jeter un coup d'oeil vers ses amis.
Alix se mit à rigoler nerveusement mais tout de même assez amusée. Elle était revenue de sa surprise et approuvait totalement les choix de vie de ses amis. Les relations edgy des autres ne la dérangeaient pas.
Rose et Juleka étaient encore trop somnolantes pour réagir convenablement à cette vision. Elles avaient l'habitude de se coucher et de se lever tard. Max, analysait la situation en profondeur. Nathaniel sentit une tempête d'émotions en lui, de la jalousie, du désir, de la honte. Ivan essayait juste de comprendre ce que cela signifiait concrètement et Sabrina attendait la réaction de Chloé pour réagir.
Malgré le fait que Sabrina était officiellement l'assistante de Chloé dans le travail, toutes deux avaient une relation plus saine qu'avant. Sabrina se faisait maintenant une opinion des gens et des situations par elle-même mais, elle avait peur que son amie soit déçue de voir qu'Adrien était revenu en couple avec Marinette.
Chloé n'avait jamais cru en leur couple. Elle avait répété pendant des années que c'était bien dommage mais que, peu importe les sentiments qu'ils avaient l'un pour l'autre, la vie se chargerait de les séparer et que ce jour-là, Adrien retournerait vers la première fille qui avait été là pour lui.
Chloé, par contre, décida de laisser connaitre sa colère.: «Si tu m'as fait faire tout ce chemin simplement pour que je vous regarde alterner les combats et les réconciliations, tu vas le regretter.»
«Non, Chloé.» dit-il aussitôt avec un très grand sourire extatique. «On a vraiment une très merveilleuse et importante nouvelle à vous apprendre.»
«Et c'est à cause de cette si merveilleuse nouvelle que tu es couvert de morsure?» s'indigna la blonde héritière.
Les amoureux se regardèrent un peu honteux mais en rigolant.
«Notre relation a un peu évoluée depuis les deux derniers mois. Et on s'est peut-être un peu laissé emporter depuis qu'on est ici.» avoua Marinette.
«Depuis six ans, Marinette et moi pratiquons la relation sub/domme dans notre couple. Mais, après les événements du printemps, nous n'observons plus vraiment de règles et on essaie un peu de tout au niveau sexuel.» dévoila Adrien.
«Et aussi bien vous l'annoncer immédiatement pour que vous ne soyez pas scandalisés davantage plus tard, on partage aussi avec d'autres personnes. Mais, rassurez-vous. Notre amour est plus fort que jamais!» dit Marinette les yeux brillants d'amour. Son regard trouva celui si plein d'adoration d'Adrien et ils se perdirent dans le regard de l'autre en oubliant que l'univers existait autour d'eux.
«Hum, hum.» les dérangea Juleka.
«Désolé!» stressa Adrien en se relevant du canapé suspendu où il était avec Marinette. «Donc, laissez-moi vous souhaiter la bienvenue dans la plus récente acquisition du conglomérat Agreste, notre petit paradis loin de Paris. Il y a suffisamment de chambre à l'étage en partageant par couple ou deux par deux pour qu'il y ait de la place pour tout le monde. Surtout que Marinette, Alya, Nino et moi, on se contente de dormir au salon. N'hésitez pas à vous servir dans la cuisine, on s'est assuré qu'elle serait bien garnie. Il y a assez de nourriture pour une armée affamée! On va vous faire visiter tout de suite mais avant, il y a quelque chose que je tiens à vous préciser. Ici aussi, c'est la friendzone. Ce qui se passe ici, reste ici et ce qui ce dit ici, reste entre nous. Pas de jugement et on est là les uns pour les autres. On partage aussi les tâches et ce serait gentil de pas tout saccager. Je paye moi-même la note pour le service d'entretiens. Des questions?»
«Où sont Alya et Nino dans tout cela?» fronça Mylène.
«On ne les a pas encore vu ce matin.» sourit Marinette en se levant pour aller enlacer la taille d'Adrien. «Ils ont dû se trouver un coin agréable pour baiser, faire la sieste ou les deux en même temps. Ils aiment bien la cour arrière.»
«Vous partagez?» fit Kim les yeux brillants de luxure sans pouvoir retenir la question plus longtemps.
«On est ouverts aux nouvelles expériences. On partage dans une certaine limite.» répondit Marinette en haussant les épaules. «On a des règles très strictes à ce niveau. Des limites qu'on n'accepte pas de franchir.»
«Je suis à elle et elle est à moi.» fit très sérieusement Adrien en s'adressant plus particulièrement à Chloé. «On pratique aussi le sexe sécuritaire et on croit à la politesse. Si vous voulez emprunter l'un d'entre nous, on trouve plus poli de demander à l'autre d'abord.»
«Est-ce que tous cela pose un problème à quelqu'un?» s'inquiéta Marinette. «On ne cherche pas à vous choquer. On a déjà baiser dans toutes les aires communes du chalet mais, si quelqu'un est moins à l'aise avec l'idée, on peut être plus discret et nous "trouver une chambre."» offrit-elle.
«Ou vous pouvez repartir tout à l'heure si vous n'avez pas envie de dormir ici ce soir, rien ne vous force à accepter des vacances dans ces conditions mais, s'il-vous-plait, rester au moins pour la discussion.» s'inquiéta Adrien.
«Je ne pars pas.» assura Chloé effrontément. Il en fallait plus pour la déboussoler. Et de voir Marinette avec Adrien n'allait pas la boulverser, elle n'était pas naïve au point de penser qu'ils étaient chastes malgré leurs côtés prêchant la bonnes morales.
Rose, Juleka, Max, Alix et Ivan ne savaient pas trop où se situer dans cette histoire. Aucun d'entre eux n'avait l'intention de dire ou de faire quoi que ce soit pour brimer les élans amoureux et les désirs d'autrui. La vue des corps nus du couple était aussi appétissante pour la majorité d'entre eux. Kim par exemple, se demandait comment il résisterait à quatre jours sans sa petite-amie et avec Marinette sous les yeux. Rose aussi était attirée par le corps sublime de Marinette mais elle n'allait pas protester contre ses libertés.
Mylène par contre avait des réserves. Normalement, elle était celle qui défendait les libertés individuelles et l'identité personnelle de chacun mais, elle se faisait du soucis pour son amie si différente de celle qu'elle avait toujours connue.
«Mais, enfin. Qu'est-ce qui vous arrive à tous les deux?» demanda-t-elle avec plus d'inquiétudes que de reproches pour ses amis. «Marinette, ça ne te ressemble pas. C'est votre vie bien sûr et Adrien, je ne sais pas ce que tu as traversé ces derniers mois mais, comment et pourquoi? Vous avez tellement changés!»
«En fait, ce n'est pas tout à fait vrai.» grimaça Marinette. «Je suis une personne sage et raisonnable en temps normal mais, d'une part, j'ai terminé mes études et je me suis dit que j'avais besoin d'un peu de vacances avant de passer à autre chose. De l'autre... je n'ai plus à m'inquiéter de devoir combattre le Papillon puisqu'il a définitivement été mis hors d'état de nuire donc, j'avais juste envie de décrocher un peu et d'arrêter de m'en faire pour rien pendant quelques jours. Et je ne suis pas réservée en permanence, j'ai beaucoup de caractère aussi, reconnait-le.»
Un très unanime «QUOI?» s'éleva du groupe dans un bel ensemble.
«Il faut bien qu'il y ait quelqu'un sous ce masque à mes côtés non?» s'amusa Adrien frottant son visage sur la chevelure de sa moitié.
«Alors, c'est vraiment, vrai?» fit Juleka.
«Ton père... et toi... et Marinette?» bafouilla Nathaniel en les regardant tous les deux. Il n'avait jamais cru vraiment possible que Marinette soit Ladybug malgré la conviction qu'en avait Marc.
«Vous nous faite une mauvaise blague, c'est ça?» demanda Sabrina d'une voix blanche.
Rose se mit à pleurer sur l'épaule de Juleka mais un sourire heureux illuminait son visage.
Sans un mot et à la surprise de tous, Ivan s'avança entre les amis pour aller serrer Marinette et Adrien sur son coeur dans un remerciement silencieux et ému.
«Lorsque je l'ai appris il y a deux mois, Adrien, j'ai vraiment détesté l'idée.» murmura dangereusement Chloé entre ses dents. «Et je veux des réponses à mes questions maintenant! Que la fille des boulangers soit devenue Ladybug passe encore, il faut bien que quelqu'un fasse le travail. Mais, toi, qu'est-ce qui t'a pris de dire oui pour devenir un super-héros? Tu étais mannequin à l'époque. Et si tu avais été blessé? Et comment tu faisais avec ton horaire ridiculement chargé et ton garde-du-corps pour aller te promener sur les toits? Et surtout en costume de cuir intégral...»
«C'était ça où faire une dépression en fait. Non. La vérité, c'est que je ne pense pas que je serais encore en vie si je n'avais pas été ChatNoir durant mon adolescence.» avoua-t-il la gorge serrée. Cette dépression n'était pas qu'une possibilité, elle était bien réelle et même toujours présente en lui comme chez tous les anciens dépressifs. Tout ce qu'il pouvait faire était d'affaiblir sa maladie en la combattant sans relâche.
«Mais comment as-tu pu t'abaisser de la sorte enfin?» se fâcha Chloé «Je crois qu'à tout prendre, à ta place, j'aurais préférée la thérapie!»
«Tu veux dire comme Queen Bee s'est abaissée à devenir elle aussi une héroïne?» fit Marinette en défendant son amoureux.
«Non, je parle de ses blagues douteuses et de ses mauvais jeux de mots!» répondit l'héritière avec mépris. «Tu n'as aucune honte? Franchement!»
Ils éclatèrent tous de rire, Marinette la première.
«C'est vrai que je n'ai pas beaucoup de réserves personnelles concernant mon image.» rigola Adrien. «Mon père l'a fait assez longtemps pour moi, je n'avais pas besoin, en plus, de suivre ses règles en étant ChatNoir.»
«Tu n'avais pas non plus besoin de faire autant de jeux de mots, amour. Sur ce point, on ne peut pas lui donner tort.» sourit tendrement Marinette.
«Tu fais aussi des jeux de mots. Autant que moi.» protesta-t-il.
«Oui, mais les miens sont bons comparés à tes histoires vaseuses.» se moqua-t-elle gentiment en touchant son nez du bout du doigt.
«Je pensais que tu avais fini par aimer mes blagues mais, si tu préfères, tu peux m'en trouver de nouvelles maintenant qu'on va redevenir des héros. Bonnes ou mauvaises, l'important, c'est qu'elles déstabilisent l'adversaire. Je suis la distraction. Toi, qu'elle est ton excuse pour faire des blagues?» insinua-t-il.
Marinette et quelques-unes des autres filles levèrent les yeux au ciel ou rigolèrent. Finalement, Marinette remonta l'escalier vers la porte principale en les entrainant tous derrière elle. «Allez, venez les filles, je vais vous faire visiter. Ah, et au fait, Ivan. Félicitation pour le nouveau job!» sourit-elle au grand bonhomme qui resta derrière avec les gars.
«C'est quoi ce nouvel emploi?» s'informa Adrien en souriant.
«Videur pour un club.» répondit timidement Ivan. «Je peux écouter tous mes groupes préférés en travaillant. J'ai déjà une jolie collection d'autographes.» rougit-il alors que les autres le félicitaient.
L'entrée du chalet donnait sur un immense salon aux murs lambrissés de lamelles de bois et comportant deux cheminées dont une vraiment énorme. Tout le tour de la pièce était meublé de confortables divans rouges vulgairement confortables. Ils passèrent ensuite dans la cuisine pour y déposer des provisions que chacun avait emportés. Une pièce après l'autre les ravissaient et leur faisait pousser des exclamations de surprises. Tous étaient d'un luxe incroyable mais d'un goût sobre.
Si le salon et l'ensemble du reste du chalet avait une déco forestière de luxe digne d'un spa finlandais, la cuisine était simplement moderne et magnifiquement chaleureuse avec ces teintes ivoire et crème.
On y trouvait aussi cet incroyable îlot qui pouvait accueillir une quinzaine de personnes autour de la table qui en faisait partie avec sa banquette.
Pendant que Marinette entrainait les filles vers les étages, Adrien partie avec les garçons au mini-bus pour récupérer le reste des bagages.
Juste avant de prendre les escaliers sur l'arrière du bâtiment, Marinette leur montra trois portes. «Ici, c'est la salle de bain principale avec le bain à remous et les lave-linges/sèche-linges. Cette porte mène sur la cour arrière et celle-ci sur la pièce des loisirs.»
«C'est un code pour "salon de jeux pour adulte"?» s'enquit Alix.
«Ça dépend de ce que tu entends par là, mais oui, en fait.» s'amusa Marinette en ouvrant là porte pour leur dévoiler la table de billard, le bar, les équipements d'entrainement, l'écran géant et les consoles qui l'accompagnaient. «Il y a effectivement de quoi s'amuser dans cet endroit. Mais, si tu cherches un genre de donjon BDSM, il n'y en a pas ici. Monsieur Agreste venait tout juste d'acheter ce chalet pour y vendre Adrien lorsqu'il l'a enlevé et nous n'avons pas encore eu le temps de l'aménager.» répondit-elle très sérieusement à Alix malgré la plaisanterie cachée.
«Vous avez un donjon BDSM?» questionna Rose qui ne se souvenait pas d'avoir rien vu de tel dans l'appartement du couple.
«Non, nous n'utilisons pas ce genre d'appareil. Peut-être un jour.» lui expliqua Marinette. «En général, on se sert de ce qu'on trouve dans notre vie quotidienne. On a tout de même quelques jouets, je l'admet.»
«Vous n'êtes pas les seuls.» la rassura Juleka à voix basse.
L'étage était remplie de bureau et de chambres. Chacune d'elles étaient complètement équipée et avait sa propre salle de bain..
Monsieur Agreste avaient acheté cet endroit comme lieu de rencontre avec la princesse Rana et sa suite et donc, les chambres avaient été fraîchement rénovées et meublées somptueusement pour le cas où quelqu'un en aurait eu l'usage. Il prévoyait de toute façon y faire garder Adrien pendant quelques semaines.
«Alya, Nino, Adrien et moi, on a déposé nos bagages dans cette chambre. Mais, de toute façon, on dort ensembles au salon.» les informa-t-elle en indiquant la première porte en haut des escaliers. «Vous pouvez prendre la pièce qui vous plait ou vous installer en bas avec nous.»
Chloé et Sabrina se réservèrent une chambre pour s'assurer d'avoir du confort et Mylène en choisit une également pour Ivan et elle puisqu'ils étaient un couple sage. Elle envisageait aussi la possibilité qu'ils aient besoin d'un peu d'intimité. Comme Marinette l'avait dit, c'était les vacances et il n'y avait pas de mal à oublier un peu le stresse du quotidien.
Par la porte ouverte de la chambre des deux couples déjà installés, on pouvait entendre le bruit de la douche qui s'arrêtait.
Il n'y avait rien d'étrange à cela, Alya ou Nino ne savaient probablement pas que le groupe était arrivé lorsqu'il ou elle avait sauté dans la douche.
Mais, pendant que Marinette parlait, les filles surprirent le couple complètement nu sortant de la salle de bain pour enfiler un minimum de vêtement de la même façon qu'ils avaient surpris Marinette et Adrien sur le balcon.
Elles réalisèrent toutes alors que ce n'était pas un imprévu, le sticte minimum de pudeur était le choix en matière de code vestimentaire dans ce chalet.
Sans aucune gêne, Alya les salua de la main avec un sourire ravi.
Elle resplendissait. Enceinte de sept mois et demi, elle était un fétiche sur deux pieds. Sa peau brillait, son expression était calme, sure d'elle, heureuse et invitante. Son ventre était tout rond au milieu de sa nudité et ses seins, qui n'avaient pas vraiment grossis, paraissaient néanmoins lourds et gonflés.
«Si vous voulez, quand nous vous aurons expliqué pourquoi nous vous avons invité, je comptais aller me baigner dans la rivière.» les invita Marinette. «Vous pouvez en profiter pour enfiler vos maillots tout de suite si vous voulez. L'eau est géniale et le fond est en sable, pas besoin de sandales. D'ailleurs, on a pratiquement toujours marché nu-pied depuis qu'on est ici.»
«Pas question!» intervint Alya en arrivant derrière Marinette presque en l'enlaçant affectueusement. «Quand vous nous aurez parlé de votre plus récente aventure en détail, ce sera à mon tour de vous parler de mes plans pour ces vacances! Ensuite, vous déciderez de la manière dont vous voulez jouir de tous les plaisirs décadents qu'on peut trouver ici.»
Alya, toujours théâtrale, s'engagea dans les escaliers et Nino qui sortait de la chambre donna rapidement la bise à quelques unes des filles avant de se précipité à la suite d'Alya pour la surprotéger.
«On va vous attendre en bas.» les informa Marinette en souriant.
«Marinette!» l'interrompit Rose alors qu'elle allait prendre les escaliers à son tour. «Vous êtes vraiment Ladybug et ChatNoir toi et Adrien?»
«Oui.» soupira la franco-chinoise. «J'ai repris le miraculous depuis deux mois mais oui, c'était aussi moi qui était Ladybug depuis toutes ces années. Par contre, pour l'instant, je suis en vacances et Adrien et moi, on essaie encore de se remettre de plusieurs traumatismes. Je te promet qu'on va en parler. Je vous promet à toutes que je vais prendre le temps d'en discuter avec vous mais, s'il-vous-plait, ne nous bombardez pas de questions immédiatement. Laissez-nous au moins vous expliquer certaines choses d'abord.»
