Suite de plusieurs chapitres d'une fanfiction réécrite des millions de fois, décrivant ce qui s'est produit lors de la disparition de Donatello dans l'épopée Same as it never was (SAINW) 2K03.

CH. 1 – Le flambeau

L'histoire que je m'en vais te conter se déroule il y a fort longtemps. Connais-tu l'incroyable épopée des Tortues Ninja, petit ? Il s'agit d'une suite d'aventures rocambolesques, souvent romancées pour plaire à ceux de ton âge. Oh, tu connais déjà ce que je m'apprête à te raconter. Mais ce que tu penses connaître fait partie de ma mémoire et je parierais mon précieux café que tu ne sais pas tout.

Que dis-tu ? Si je mens ? Tu n'es pas au bout de tes surprises, gamin, foi de Donnie ! Ce que je m'apprête à te raconter est aussi vrai que mes 106 bougies et il est temps pour moi d'échanger ce qu'il me reste sur le cœur. Je te passe le flambeau d'une vie qui mérite d'être connue.

C'était un été comme on en connait souvent à New York. Une température douce, saupoudrant de la poussière sur les épaules dénudées des passants, le vent agitant leurs cheveux et faisant plisser leurs yeux. La brise anticyclonique semblait apaiser le rythme effréné newyorkais et chacun semblait apprécier cette succulente rupture.

Nous nous trouvions dans le Repère lorsque la tranquillité de ce dernier fut châtiée. Nous avions tous nos occupations, chacun faisant tourner son monde à sa manière, le sourire aux lèvres, sentant l'atmosphère détendue de l'univers d'en-haut glisser jusqu'aux égouts où nous vivions, le rendant un peu plus vivable par l'arôme tout particulier du mois de juin.

Par où commencer ? Le bruit. Comme une détonation. Je sens encore mes tympans siffler sous l'effet de l'explosion, comme un millier de verres qui s'effondrent aussi rapidement que notre monde lorsque nous apercevons ce monstre apparaître pardessus nos têtes, emportant avec lui les centaines de tonnes de fondations qui nous séparaient de l'extérieur. Nous étions vulnérables, tu comprends, ce fut un choc. C'est alors que nous plongions pour la première fois dans le regard de celui qui nous conduisit à notre perte.

Le premier à attaquer fut Raph. Va savoir si c'était par habitude ou par amour du grand frisson… Quel inconscient ! Quoi qu'il en soit, je me rappelle encore des deux diamants turquoise enfouis dans leur tas de chair fixer Raphael qui, se sentant personnellement attaqué, asséna le premier coup. Voulant lui porter un coup de pied en l'air, qu'elle ne fut pas sa surprise lorsqu'il se retrouva suspendu en plein vol, ses membres verrouillés, ne pouvant pas même protester. C'était comme si le temps avait arrêté son corps. Cette force lâcha son emprise et la tête brûlée se retrouva projetée contre une poutre, quelques mètres plus loin, sonné.

Léonardo, Mikey et moi décidions alors d'attaquer, en vain. Au final, aucun de nos coups ne l'atteignirent. C'est à ce moment que Maître Splinter entra dans la pièce, le regard tranchant autant que son katana pointé vers la créature au sceptre illuminé. Nous décidions alors de mettre toutes nos chances de notre côté et d'attaquer au même moment. Cette erreur aura valu la vie des seuls êtres chers que je n'eus jamais connu.

Tous suspendus dans les airs, sans qu'aucune initiative n'ait pu y changer quoi que ce soit. Nous étions incapables d'esquisser le moindre mouvement, écoutant les paroles que nous jetèrent le colosse d'écailles, alors à quelques mètres de nous :

- Je suis maître du temps. De nos jours, plus personne n'y prête attention. Je vais vous prouver que rien n'arrête ni ne surpasse le temps. Faites-en les frais, pauvres fous.

Je n'ai compris que bien plus tard que cette leçon allait nous servir. Chacun d'entre-nous avons été envoyés dans diverses dimensions. Michelangelo connût un monde de super-héros, Raphael celui de compétitions, Léonardo dans un univers parallèle où il dit avoir rencontré Usagi et moi, comme une fleur, je fus déposé dans une ville où le chaos régnait, là où le Shredder aurait conquis New-York.

La suite, nous la connaissons tous. J'étais déstabilisé, blessé à la tête. Je fis la rencontre de Mikey, amputé, qui m'expliqua que maître Splinter avait été enterré à quelques mètres des fondations de la maison de vacances d'April. Léo et Raph étaient en froid et Casey était mort. Lors de la grande rébellion, tous s'étaient unis contre la menace et Karaï, avec l'aide d'April et de sa bande. Ils périrent sous mes yeux. C'était trente ans après ma disparition. Quelle nuit !

Nous avions vaincu le mal une bonne fois pour toute. Je savais que ce monde, avant de le quitter, allait perpétuer dans une autre dimension, loin, très loin de ce que nous connaissions. Je n'ai pas eu le temps de dire au revoir à cet univers si particulier, celui pour lequel nous nous battions pour qu'il soit évité, que je sentis mon corps se désintégrer, retrouver son monde natif. Soulagement.

Tel fut les péripéties auxquelles j'ai été confronté. J'ai vu mes frères agoniser, poignardés, se vider de leur sang, à jamais imprimés sous mes paupières, que je le veuille ou non.

Mais il est une chose que personne ne connaît. Que s'est-il passé, du moment où je disparus de leur vie, jusqu'à ce que je réapparaisse et que tous périrent ? C'est là que tu interviens, petit. Tu comprends, je garde cela depuis tellement longtemps dans mon esprit. Je me fais vieux, tu sais, j'aimerais que quelqu'un d'autre connaisse cette histoire. Tu es grand maintenant, tu peux comprendre.

Le monstre d'écailles maître du temps m'envoya dans ce monde, trente ans dans le futur. Paraît-il qu'il disparut instantanément. Cependant, pour mes frères je n'étais plus là. Voici ce qu'ont vécu mes frangins pendant trois longues décennies, sans moi…