Repousser l'homme qui embrassait son cou, réajuster sa jupe, puis sortir en trombe de son bureau. C'est ce que fit Regina après avoir surpris les deux yeux verts indiscrets.

Était-elle embarrassée qu'une détenue l'ait vu ainsi? Sûrement.

Allait-elle montrer cet embarrassement?Certainement pas.

« Miss Swan ! », appela-t-elle alors que la blonde était déjà au bout du couloir, prête à passer la porte vitrée.

Emma ne se retourna pas. Si elle était gênée de ce qu'elle avait vu, elle l'était encore plus de s'être fait surprendre. Elle ne voulait pas de cette confrontation avec la directrice, elle voulait prendre la fuite. Seulement elle ne pouvait pas partir sans sa carte magnétique et elle n'arrivait pas à mettre la main dessus. Elle fouilla désespérément dans le désordre de son charriot et elle se gifla mentalement d'être si peu organisée.

« Merde..., jura Emma.

- Langage Miss Swan ! », la corrigea directement madame Mills.

Emma leva finalement les yeux de son charriot pour regarder la directrice. Les prunelles vertes n'eurent cependant pas le temps d'atteindre la silhouette de la brune qu'elles furent attirées par un petit objet rectangulaire gisant au sol.

« Miss Swan. », appela à nouveau Regina, les mains sur les hanches, alors qu'elle commençait à perdre patience.

Seuls quelques mètres la séparaient de sa maudite carte magnétique. Si elle était assez rapide, elle pourrait échapper de justesse aux griffes de la Méchante Reine. C'était sans compter sur cette dernière qui avait également repéré la carte et qui avait très bien compris ce que la détenue avait en tête.

« N'y pensez même pas. », prévint-elle en ancrant son regard brun à celui d'Emma.

La blonde se jeta au sol dans l'espoir d'arriver à attraper la carte, mais elle fut coupée dans son élan par un escarpin noir qui s'était déjà posé dessus. Elle souffla en se rendant à l'évidence qu'elle allait bien être obligée de faire face à la directrice. Elle releva la tête et elle rencontra le regard chocolat qui la fusillait.

« Relevez-vous. », ordonna la brune d'une voix sévère.

Perdue pour perdue, elle n'allait certainement pas se dégonfler une nouvelle fois devant madame Mills. Alors elle se releva, remit ses cheveux en place et redressa le menton. Maintenant qu'elle était debout à deux pas de la directrice, elle remarqua pour la première fois que la femme n'était pas bien grande. Perchée sur ses talons hauts elle arrivait à peine à égaliser sa taille. Emma l'avait jusqu'ici cru plus grande. C'était sans doute tout son charisme et sa confiance en elle qui rendaient cette femme beaucoup plus imposante qu'elle ne l'était de par sa taille.

« Vous n'avez jamais appris à toquer avant d'entrer ?

La voix de Regina réveilla Emma qui s'était perdue dans sa réflexion.

- Mais j'ai toqué, répliqua-t-elle, J'aurais sans doute dû attendre une réponse avant d'entrer..., ajouta la blonde en se raisonnant.

- En effet vous auriez dû, confirma Regina sans quitter son air sévère.

Emma avait maintenant l'impression de se faire gronder par madame Mills et cela ne lui plaisait pas du tout.

- Mais je pense aussi que vous auriez tout simplement pu fermer la porte à clef madame Mills, suggéra-t-elle d'un ton arrogant.

- Oui j'aurais pu, admit Regina en croisant les bras, Mais je ne suis pas habituée à ce que quelqu'un vienne me déranger dans mon bureau...

- Vous déranger ?! Vous plaisantez j'espère ? Je venais faire votre foutu ménage, s'insurgea Emma tout haut, Ce n'est quand même pas de ma faute si vous avez décidé de vous envoyer un gardien en plein pendant mon heure de service !

Regina écarquilla les yeux. L'insolence d'Emma commençait à sérieusement l'agacer.

- Baissez immédiatement d'un ton Miss Swan, gronda la brune, Je ne sais pas exactement pour qui vous vous prenez à me parler ainsi, mais j'aimerais vous rappeler que vous n'êtes qu'une détenue et que JE dirige cette prison.

L'air supérieur de la femme commençait vraiment à faire bouillir Emma.

- Vous dirigez peut-être cette prison mais ça ne...

- Taisez-vous!, la coupa Regina, Ramassez votre carte et fichez le camp d'ici, dit-elle en retirant son pied de la carte magnétique.

La brune n'ajouta rien de plus et tourna les talons pour se rediriger vers son bureau.

- Je suppose que vous annulez l'heure de ménage de ce soir madame Mills ?, tenta Emma en s'accroupissant pour récupérer sa carte.

- Vous supposez bien Miss Swan, le ménage attendra demain. », répondit la directrice juste avant de claquer la porte de son bureau derrière elle.

Emma déverrouilla la porte vitrée et poussa son charriot jusqu'au local d'entretien. Leroy fut surpris d'apprendre que madame Mills avait annulé une heure de ménage, mais l'homme ne posa pas plus de questions à la blonde. Emme traversa ensuite la prison pour regagner sa cellule avec une seule et unique chose en tête: Regina Mills.

Elle était profondément énervée contre la brune. D'abord parce qu'elle n'avait pas du tout apprécié l'attitude hautaine avec laquelle Mills lui avait parlé, mais aussi et surtout parce qu'elle était totalement déconcertée par l'effet qu'avait la femme sur elle. Jamais Emma n'avait été autant attirée par le physique de quelqu'un, et le pire restait que malgré son comportement détestable, la brune ne l'attirait pas moins, bien au contraire...

« Non mais c'est pas possible ! Vous vous êtes tous passé le mot ou quoi ?! », s'exclama-t-elle en rentrant dans sa cellule.

En entendant la voix de la blonde résonner dans la pièce, Mary-Margaret et David Nolan se décollèrent immédiatement l'un de l'autre. Ils avaient tous les deux les joues rouges écarlates et Emma grimaça en se demandant si c'était la gêne ou bien ce qu'ils s'apprêtaient à faire avant qu'elle les interrompe qui avait causé cet échauffement facial.

« Je... », tenta d'intervenir Mary-Margaret avant d'être sauvée par le gong.

Une alarme tonitruante se mit à sonner dans tout la prison.

Emma plissa les yeux sous le son assourdissant alors qu'elle observa le gardien Nolan sortir avec précipitation de la cellule.

« QU'EST-CE QUE C'EST ?, hurla la blonde pour se faire entendre.

- L'ALARME DU BOUTON D'ALERTE, répondit Blanchard.

- MAIS JE CROYAIS QUE PERSONNE NE DEVAIT APPUYER SUR CE BOUTON ?, s'étonna Emma.

L'alarme s'arrêta, soulageant ainsi les tympans des deux femmes.

- Aucune détenue ne doit appuyer sur le bouton, commença Mary-Margaret, C'est sûrement un gardien qui l'a déclenché, et si c'est une détenue... elle ne va pas tarder à en payer le prix...

- Mais pourquoi ?, interrogea la blonde, comprenant de moins en moins le problème autour de ce bouton rouge.

- Parce que c'est une règle entre nous, expliqua-t-elle, Quand tu appuies sur le bouton rouge tous les gardiens rappliquent à l'endroit d'où est sonnéel'alerte, et ici les balances sont très mal vues. Même en plein règlement de compte, il vaut mieux prendre quelques coups plutôt que d'enclencher l'alarme, parce que ce que tu subiras pour avoir appuyé sur le bouton sera bien pire, crois-moi.

- Qu'est-ce qui est arrivé à la dernière fille qui a appuyé sur le bouton ?, demanda la blonde par simple curiosité.

- Depuis que je suis arrivée ici personne n'a osé le faire. Mais on raconte que la dernière à l'avoir fait a fini avec une main en moins.

- Sérieusement ?!, demanda Emma en écarquillant les yeux.

- Oui, de ce que je sais elle avait appuyé sur le bouton parce qu'elle était entrain de se faire tabasser par Breaburn pour une histoire de dette. Quand les gardiens ont débarqué ils ont trouvé de la drogue sur De Vil et sa peine a été rallongée. Dès qu'elles sont sorties du trou, elles l'ont attrapé et elles lui ont coupé la main avec laquelle elle avait appuyé sur le bouton, raconta Mary-Margaret.

La mâchoire d'Emma manqua de peu de s'écraser au sol.

- Tu es entrain de me dire que la femme avec laquelle je me suis battue et que j'ai envoyé au trou s'est vengée en coupant la main de quelqu'un ? », demanda-t-elle sans arriver à y croire.

Pour seule réponse, Blanchard opina de la tête devant les grands yeux d'Emma qui n'en revenait pas.

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Ce soir là, Emma et Mary-Margaret prirent place à table sur les coups de 19h30.

« Ashley n'est pas là ?, demanda Blanchard, surprise qu'Ashley Boyd manque à l'appel.

- C'était pour elle l'alarme tout à l'heure, informa Darling, Belfrey l'a trouvé dans les douches au bord de l'overdose.

- Oh mon dieu ! Et elle va bien ?, s'inquiéta Mary-Margaret.

- De ce que j'ai vu elle était vraiment dans un sal état et le docteur Whale a dû la transférer à l'hôpital, répondit Darling.

- J'espère qu'elle va s'en sortir, dit Blanchard en grimaçant.

- Mais oui elle va s'en tirer, elle le fait toujours, affirma Darling, Par contre il faut s'attendre à des fouilles dans les prochains jours, et ça, ça ne va pas plaire à Granny et De Vil. »

Pendant qu'elle écoutait Mary-Margaret et Darling discuter, elle laissa son regard survoler le réfectoire. Quand ses yeux verts rentrèrent en contact avec les pupilles bleues, un désagréable frisson parcourut le dos d'Emma. De Vil la fixait et ça n'annonçait rien de bon.

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Il était 9h quand Emma toqua à la porte vernie de noir le lendemain.

« Entrez. », autorisa la voix de la directrice.

La blonde ouvrit la porte et rentra dans la pièce en cachant ses yeux d'une main. Si la veille elle avait quitté la femme en étant en colère, ce matin Emma était d'humeur joueuse.

« Bonjour madame Mills, salua-t-elle.

- Bonjour Miss Swan, répondit la brune en levant les yeux vers elle, Qu'est-ce que vous faites ?, demanda-t-elle en fronçant les sourcils.

- Je préfère prendre mes précautions maintenant, expliqua la blonde en retirant la main de ses yeux, Je ne me risquerai pas à être traumatisée de nouveau, ajouta-t-elle ironiquement.

Regina leva un sourcil.

- Traumatisée ? A ce point ?, s'amusa à répondre la brune en rentrant dans le jeu de la blonde.

- Oui, j'en ai même fait des cauchemars toute la nuit, dit-elle en tournant le dos à la femme pour commencer à faire la poussière.

- Des cauchemars !?, fit Regina d'un air faussement outré.

- Oh oui, d'affreux cauchemars, rajouta la blonde.

- Je dois vous avouer Miss Swan, que le fait de hanter vos nuits ne me surprend point, dit-elle d'une voix suave.

- Ah oui ?, répondit simplement Emma.

- Oui, confirma madame Mills, Je ne pensais par contre pas que je serai la cause de vos cauchemars, je pensais plutôt à d'autres types de rêves... »

Emma n'eut rien à répondre. Elle était complètement ébranlée par la voix sensuelle et les allusions de la femme.

Regina le savait, elle avait gagné la partie et le silence de la blonde n'en était que la confirmation.

Emma se retourna et vit la femme se lever lentement de sa chaise de bureau. Elle ne put s'empêcher de la dévorer des yeux. Habillée d'une petite robe rouge sans manche qui s'arrêtait juste au dessus des genoux, Regina était tout simplement divine.

« Et bien vous n'avez plus rien à dire ?, provoqua Mills avec un grand sourire aux lèvres alors qu'elle contournait son bureau.

Emma décolla ses yeux du corps de la femme pour venir les plonger dans les maléfiques orbes chocolat. Elle en était persuadée, Regina Mills savait exactement ce qu'elle faisait.

- Vous voulez que je nettoie les vitres ou vous préférez que je m'occupe du sol ?, demanda Emma pour couper court à la conversation.

Regina ricana, fière d'elle.

- Venez plutôt vous assoir, dit-elle en désignant d'un mouvement de tête le siège qui se trouvait juste à côté d'elle.

- Pourquoi ?, interrogea la blonde en fronçant les sourcils.

- Parce que j'ai à vous parler. », répondit la femme.

Emma leva les yeux au ciel mais obéit à la directrice. Regina attendit que la détenue soit bien assise avant de se hisser lascivement pour s'installer sur son bureau en marbre. Là, juste sous le nez de la blonde, la brune vint lentement croiser ses jambes.

Emma se mordit la lèvre en se disant que Ruby avait bien raison. Madame Mills savait extrêmement bien jouer de ses charmes. La garce.

«En ce qui concerne ce que vous avez vu hier Miss Swan, je compte sur vous pour n'en parler à personne. », dit-elle en troquant sa voix séductrice contre une voix beaucoup plus sérieuse.

Emma s'apprêtait à acquiescer simplement de la tête quand elle eut une meilleure idée. Elle sortit alors son meilleur jeu d'acteur et arbora sa plus belle mine embarrassée. Elle dut prendre sur elle pour ne pas lâcher un grand sourire quand elle vit le visage de Regina se décomposer.

« Quoi ?, aboya la brune.

- C'est-à-dire que j'en ai peut-être déjà parlé à quelques personnes..., balbutia la blonde.

- Dites-moi que c'est une blague !, gronda Regina dont tout le corps s'était tendu.

- Oui ça en est une, avoua Emma avec un sourire rempli de fierté.

Regina souffla de soulagement ce qui provoqua un éclat de rire chez la blonde.

- Et ça vous fait rire en plus, bougonna-t-elle.

- Vous auriez dû voir votre tête se décomposer, se moqua gentiment Emma.

- Vous êtes entrain de vous moquer de moi Miss Swan ?, demanda Regina avec un regard de défi.

- Non je n'oserai pas madame Mills, répliqua Emma.

Regina leva les yeux au ciel devant l'ironie évidente de la blonde.

- Plus sérieusement Miss Swan, reprit la directrice, Je compte sur vous pour ne rien dire à personne, parce que si j'ai le malheur d'apprendre que vous avez répété mon petit secret vous aurez de sérieux problèmes...

- Vous pouvez garder vos menaces madame Mills, la coupa Emma, Je ne compte rien dire à personne. Tout ce qui se passe dans votre bureau, reste dans votre bureau.

Regina parut surprise et un léger sourire se dessina sur ses lèvres maquillées de rouge le temps d'une seconde.

- Très bien Miss Swan, alors je n'ai plus rien à vous dire. Vous pouvez vous remettre au travail, dit-elle en regardant la détenue.

- Vitres ou sol ?, demanda la blonde en se levant.

- Le sol, vous vous occuperez des vitres demain.

- A vos ordres Majesté ! », s'exclama-t-elle, arrachant ainsi un petit rire franc à Regina qui sonna merveilleusement bien à ses oreilles.

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En début d'après-midi, Emma avait quelques heures de libre dans son planning. Elle en profita donc pour aller se doucher, évitant ainsi les attroupements du matin et du soir. Quand elle arriva dans les sanitaires, elle fut ravie de constater qu'ils étaient déserts et qu'elle allait donc pouvoir se laver avec un semblant d'intimité.

Elle aurait pu profiter de cette douche à la température idéale et au silence d'or, cependant c'était sans compter sur le fait qu'elle se tenait sur la pointe des pieds, écœurée à l'idée d'attraper toutes sortes de champignons dont elle ne connaissait même pas le nom. Emma n'avait qu'une hâte, que son chèque soit encaissé et qu'elle puisse enfin courir s'acheter des claquettes à la boutique de la prison. Elle avait pensé à demander à Mary-Margaret une avance, mais elle n'avait pas osé quémander à la femme qui se montrait déjà si gentille avec elle.

Une fois qu'elle eut fini de se laver, elle éteignit l'eau et s'enroula dans sa serviette avant de tirer le rideau. Elle lâcha alors un hoquet de surprise en découvrant De Vil qui se tenait là, assise sur le banc qui longeait le mur, à la regarder de ses yeux bleus.

« Swan c'est bien ça ?, demanda la chef de gang avec un sourire qui faisait froid dans le dos.

- Oui c'est ça, répondit Emma en soutenant son regard, consciente que la femme voulait l'intimider.

- Je m'appelle De Vil, se présenta-t-elle, mais je suis sûre que tu es déjà au courant.

- Oui effectivement je suis au courant, confirma la blonde.

De Vil se leva et surplomba ainsi Emma de sa grande taille. Cette dernière fut contrainte de relever la tête pour continuer à soutenir son regard.

- Ecoute je ne vais pas passer par quatre chemins, commença la détenue, Je t'offre une place dans mon gang. Je t'ai vu frapper Breaburn et je pense que tu as le potentiel nécessaire.

- Je suis reconnaissante pour ton offre, mentit Emma, Mais je vais être contrainte de la refuser. Je ne veux pas me mêler à tout votre trafic.

Un ricanement grinçant sortit de la bouche vilainement maquillée de De Vil.

- Je crois que tu n'as pas bien saisi Swan. Si tu refuses mon offre tu peux t'attendre à une vengeance de Breaburn pour l'avoir envoyé au trou, menaça-t-elle.

- Je l'y ai déjà envoyé une fois, je pense que je pourrai l'y renvoyer une seconde fois, plaisanta Emma pour cacher le fait qu'elle n'était pas si sûre d'elle.

Un sourire glacial prit place sur le visage osseux de De Vil.

- Très bien, c'est ton choix Swan. Ne viens pas dire que je ne t'ai pas prévenu. », dit-elle sans pouvoir cacher que ce refus la faisait bouillir.

Emma fut soulagée en observant De Vil quitter les douches. Après tout ce que Mary-Margaret lui avait dit à son sujet, la blonde n'était pas rassurée de se retrouver seule à l'abri des regards avec la chef de gang.

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Emma se réveilla d'excellente humeur en ce samedi matin. Le samedi marquait le jour des visites et la blonde attendait ça depuis son arrivée cinq jours plus tôt. Elle n'avait pas bien dormi, beaucoup trop excitée à l'idée de revoir son petit garçon mais elle était pourtant en pleine forme, totalement prête à aller serrer son petit Henry dans ses bras.

Assise dans la salle des visites, elle ne tenait plus en place. Quand son fils franchit les portes de la pièce, Emma ne put se retenir de lui sauter dessus. Elle le prit dans ses bras, arracha du sol l'enfant de 8 ans et serra de toutes ses forces son petit homme contre elle.

« Tu m'as manqué maman, dit-il avec un sourire.

- Toi aussi tu m'as manqué mon chéri, répondit-elle en lui embrassant la joue.

- Bonjour Emma, salua une voix qui fit rouler les yeux de la blonde.

- Salut Neal. », soupira-t-elle en retour.

Si revoir son petit Henry lui mettait du baume au cœur, être contrainte de devoir supporter Neal pendant une heure enchantait beaucoup moins la blonde.

Elle ne s'entendait pas très bien avec son ancien compagnon. Il faut dire que ce salop l'avait abandonné en apprenant qu'elle était enceinte de lui. Elle s'était donc retrouvée seule à accoucher d'un bébé à tout juste 18 ans. Puis trois ans plus tard Neal était revenu, s'excusant, priant pour qu'elle le reprenne, mais Emma n'avait pas cédé et n'était jamais retombée dans ses bras. Elle avait néanmoins accepté qu'il prenne une place dans la vie d'Henry, jugeant qu'elle n'était pas en droit de priver son fils d'un père. A sa grande surprise Neal s'était révélé plutôt investi auprès d'Henry, et si leur relation était loin d'égaliser le lien fusionnel qui unissait Emma à son petit garçon, la blonde était toutefois contente de voir que le père et le fils s'entendaient à merveille. Les tensions passées s'étaient donc apaisées au fil des années entre Emma et Neal, jusqu'au jour où elle seule avait été condamnée pour un crime qu'ils avaient commis ensembles huit ans plus tôt. Depuis ce jour, elle ne pouvait s'empêcher de lui en vouloir amèrement.

Emma n'accorda donc pas le moindre mot à Neal et porta toute son attention à son fils. A son incroyable petit garçon de 8 ans qu'elle pouvait écouter parler des heures sans s'ennuyer une seconde. Henry avait l'esprit curieux et il mitrailla sa mère de questions sur la vie en prison. Elle répondit honnêtement à certaines, beaucoup moins à d'autres, voulant avant tout préserver son petit garçon de la violence du milieu carcéral. Lorsqu'il ne trouva plus de questions à poser, ou plutôt lorsqu'il comprit qu'il n'en apprendrait pas plus de la bouche de sa mère, Henry se mit à parler avec passion du nouveau livre de contes qu'il lisait et Emma l'écouta attentivement, tout aussi passionnée par son discours.

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« Vous m'avez l'air de bien bonne humeur ce soir Miss Swan, remarqua Regina en observant la blonde nettoyer ses vitres toute guillerette.

- Oui j'ai passé une excellente journée, répondit Emma en lui offrant un grand sourire.

Regina, piquée par la curiosité, voulut demander à Swan qu'elle était la raison de son excellente humeur. La brune se ravisa cependant, ne voulant pas donner trop d'importance à une simple détenue.

- J'espère que votre excellente journée ne sera pas gâchée par le retour de Breaburn, annonça la directrice.

Emma écarquilla les yeux.

- Elle va revenir ce soir ?, demanda-t-elle dans une grimace.

- Elle vient d'être ramenée du quartier d'isolement à l'instant, informa la brune, Et je préfère vous prévenir tout de suite Miss Swan, si vous vous battez à nouveau avec Breaburn, cette fois vous finirez en cellule d'isolement au même titre qu'elle.

- Ne vous inquiétez pas madame Mills, je compte bien rester loin des problèmes, répondit la blonde.

- Je suis heureuse de l'apprendre Miss Swan et j'espère bien ne jamais plus avoir à vous recevoir dans mon bureau en dehors de vos heures de ménage. »

A peine Regina eut-elle dit ces mots que son téléphone sonna. En voyant le nom s'afficher elle soupira. C'était Gold, et l'homme n'appelait jamais pour annoncer de bonnes nouvelles.

Tout en continuant à nettoyer les vitres, Emma jeta de petits regards à la femme et remarqua son air ennuyé. Si elle ne connaissait pas l'objet de l'appel, elle put facilement deviner qu'il ne ravissait pas Regina.

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Elle était entrain de diner au réfectoire en compagnie de Mary-Margaret quand elle vit Breaburn faire son entrée.

La détenue fut accueillie par un vacarme assourdissant de la part des autres femmes, moqueuses, qui s'amusaient à pointer du doigt son cocard encore bien foncé. Sa démarche, ses mouvements, son regard, tout chez Breaburn venait confirmer son état de fureur. Elle alla se joindre au gang De Vil dont la chef l'assassina de ses yeux bleus. Il fallait être aveugle ou complètement stupide pour ne pas comprendre que Breaburn allait passer un sale quart d'heure à se faire remonter les brettelles par De Vil.

« Attention Emma. », prévint la voix de Blanchard.

Elle eut à peine le temps de relever la tête pour voir Breaburn fondre sur elle. D'une poigne de fer, la détenue attrapa Emma par le col et la plaqua avec force contre le mur. Les filles commençaient déjà à taper sur les tables pour encourager la bagarre, seulement Breaburn ne donna aucun coup. A la place elle vint coller sa bouche à l'oreille de la blonde pour lui chuchoter des mots glaçants.

« J'aurai ta peau Swan.»

Emma n'eut le temps de ne rien dire, de ne rien faire, que Breaburn l'avait lâché et était sortie de la cantine.

Ces simples mots avaient étrangement stressé Emma tant ils lui parurent d'un sérieux déconcertant en sortant de la bouche de Breaburn.

Le souffle court, elle alla se rassoir aux côtés de Blanchard qui la regardait d'un œil inquiet.

« Ça va ? Qu'est-ce qu'elle t'a dit ?, demanda Mary-Margaret.

- Rien d'important, répondit Emma en réfléchissant, Est-ce que tu sais pourquoi elle est en prison ?

La blonde ne posa pas cette question par simple curiosité, elle espérait que la réponse de Blanchard la rassure. Pourtant lorsqu'elle entendit ce qui avait mené Breaburn en prison, Emma fut tout, sauf rassurée.

- Meurtres et cannibalisme...»