Pour son premier dimanche derrière les barreaux, le réveil fut compliqué pour Emma. La nuit avait été longue et pleine de réflexion. Si elle n'était pas du genre à être peureuse, elle ne pouvait nier que la menace de Breaburn l'effrayait quelque peu. Elle en avait parlé à Mary-Margaret, mais cette dernière n'avait pas été d'une grande aide. Il faut dire que la brune ne s'était jamais retrouvée dans une telle situation, au contraire d'Emma, elle ne s'était pas fait d'ennemie dès son premier jour en prison.
« Je pense que si j'étais dans ta situation j'irai voir Ruby. S'il y a quelqu'un qui peut t'aider face au gang De Vil, c'est bien elle. », lui avait-elle dit.
Emma décida de suivre le conseil de Blanchard. Elle sauta de son lit, sortit de sa cellule et partit trouver la brune aux mèches rouges.
« Tu as une petite mine ce matin Boucles d'or, constata Ruby alors qu'Emma se présentait devant sa cellule, C'est à cause de Breaburn que tu n'as pas bien dormi ?
- Comment est-ce que tu as deviné ?!, s'étonna la blonde.
- Je l'ai senti, répondit Ruby en plissant son nez, J'ai un excellent flair tu sais.
- Oui je vois ça, plaisanta Emma, D'ailleurs c'est pour ça que je viens te voir.
- Pour mon flair ?!
- Non !, rigola la blonde, Pour Breaburn.
- Qu'est-ce qu'elle t'a dit hier soir au self ?, demanda Ruby, curieuse de connaître la menace proférée par Breaburn.
- J'aurai ta peau Swan, énonça Emma en essayant d'imiter le ton menaçant de la femme.
La brune pouffa de rire.
- Cette menace sortant de la bouche d'une cannibale est à prendre au sens littéral Boucles d'or, affirma-t-elle ironiquement, Tu as raison d'avoir peur.
- C'est bien pour ça que je viens te voir.
Ruby la regarda avec un sourire en coin.
- Alors comme ça il aura fallut que Breaburn menace de te dépecer pour que tu te décides enfin à rejoindre les Granny !, s'exclama-t-elle d'un air triomphant.
- Non non, nia immédiatement Emma, Je n'ai pas changé d'avis, je ne veux pas me mêler aux gangs. J'ai besoin de ton aide, pas de celle des Granny.
Ruby perdit son sourire.
- Parce que tu crois que je vais te protéger du bras droit de De Vil si tu ne fais pas partie de mon gang ?, dit-elle en fronçant les sourcils.
- Oui..., tenta Emma en faisant une tête de chien battu.
- Chérie, se moqua Ruby, ce n'est pas parce que tu as un joli petit cul et une belle chevelure blonde que je vais m'attirer plus de problèmes avec les De Vil pour toi. Si tu veux la protection des Granny tu dois faire partie de notre gang, expliqua-t-elle.
Emma grimaça.
- Alors tu ne vas pas m'aider du tout ?, se lamenta-t-elle.
- Non, répondit Ruby, Désolée Boucles d'or mais ici on est en prison et je ne fais pas dans la charité. »
La blonde, déçue, quitta la cellule de la brune pour rejoindre la sienne où elle passa tout son dimanche à ruminer la menace de Breaburn.
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Elle commençait sa semaine de travail par une heure de ménage dans le bureau de la directrice et lorsqu'elle s'apprêta à toquer, la porte peinte de noir s'ouvrit et Emma se retrouva nez-à-nez avec le gardien Humbert.
Elle le regarda sortir de la pièce avec de grands yeux avant de rentrer à son tour dans le bureau.
« Bonjour Miss Swan, salua la brune qui était assise entrain de lire un document.
- Vous le faites exprès ?, répondit Emma.
- De ?, demanda Regina en fronçant les sourcils, les yeux toujours posés sur son document.
- Ça fait deux fois en moins d'une semaine que je vous surprends, les yeux bruns se levèrent pour regarder la blonde, Et sans vouloir vous manquer de respect madame Mills, je pense qu'il serait judicieux que vous notiez mes horaires de ménages, histoire que je ne vous surprenne pas une troisième fois, dit-elle avec un sourire en coin.
Regina la regardait en plissant les yeux.
- Si vous ne voulez pas me manquer de respect Miss Swan, je vous conseille de ne plus vous permettre ce genre de commentaires, dit-elle en arborant son air supérieur, Ensuite je n'ai pas à me justifier auprès de vous mais je vais quand même le faire, l'objet de la présence du gardien Humbert dans mon bureau aujourd'hui était purement professionnel. Et ne vous en faites pas, je connais très bien vos horaires de ménage, d'ailleurs si vous pouviez les respecter et vous mettre immédiatement au travail, cela m'arrangerait. »
Face au ton sans appel de la femme, la blonde n'eut rien à répondre et se mit à commencer son ménage. Elle repéra alors un petit sourire satisfait se glisser sur les lèvres rouges et Emma se promit que la prochaine fois, elle ne lui laisserait pas avoir le dernier mot.
Au bout d'une trentaine de minutes à astiquer le sol jusqu'à le faire briller, Emma s'arrêta. Elle inspecta l'ensemble de la pièce à la recherche de la moindre trace de saleté mais elle n'en trouva aucune. La bureau était comme toujours impeccable et chaque jour, la blonde était contrainte de nettoyer quelque chose de déjà propre.
« Madame Mills, interpella-t-elle la directrice qui était plongée dans son travail.
- Oui ?, répondit la brune en relevant la tête.
- Je viens de finir de faire le sol et il me reste encore une demi-heure mais je ne sais pas quoi faire, tout est déjà impeccable, expliqua-t-elle.
Regina survola la pièce de ses yeux chocolat à la recherche de la moindre trace de saleté.
- Vous n'avez pas dépoussiéré ce meuble, dit-elle en le pointant du doigt, Je vois de la poussière dessus.
Emma fronça les sourcils, soit Mills avait des radars à la place des yeux, soit elle exagérait largement.
- Mais je l'ai nettoyé il y a deux jours, rétorqua-t-elle.
- Et ?, contra la brune en arquant un sourcil.
- Et je veux bien croire que vous êtes une grande maniaque, mais je ne comprends pas pourquoi vous demandez une heure de ménage tous les jours alors que ce n'est clairement pas nécessaire, défendit-elle avant d'ajouter d'un ton malicieux, Je vais commencer à croire que vous appréciez simplement ma compagnie.
Regina ricana.
- Oui Miss Swan, j'apprécie vraiment votre compagnie. Au moins autant que celle de Leroy qui passait lui aussi une heure par jour dans mon bureau, se moqua-t-elle.
- Je sais que vous préférez ma compagnie à celle de Leroy, affirma Emma sûre d'elle.
- Non, j'appréciais tout autant celle de Leroy, contredit Regina, Il était beaucoup moins bavard que vous.
- Il était sûrement moins bavard mais je sais que vous me préférez quand même, continua la blonde.
- Ah oui et qu'est-ce qui vous fait dire ça Miss Swan ?, interrogea la directrice en haussa les sourcils.
- Mon super-pouvoir, répondit Emma.
- Votre super-pouvoir ?, demanda-t-elle l'air septique.
- Oui, je peux détecter quand les gens mentent. Et vous madame Mills, vous mentez quand vous dites que vous ne préférez pas ma compagnie à celle de Leroy, dit-elle.
Un éclat de rire sortit de la bouche de Regina. Un rire sincère et franc qui ravit Emma.
- Vous avez raison Miss Swan, je mens. Je tolère bien plus facilement votre présence que celle de Leroy car vous avez au moins le mérite de ne pas empester l'alcool à des kilomètres, répliqua la brune.
- Non seulement je ne pue pas l'alcool, mais en plus je sens toujours divinement bon, se vanta la blonde pour plaisanter.
Regina allait-elle accorder cette petite victoire à Emma ? Certainement pas.
- Divinement bon ?, répéta la brune, Ça demande à être vérifié... »
La blonde fronça les sourcils d'incompréhension aux mots de la directrice.
Lentement, Regina se leva de son siège et une fois qu'elle se fut assurée que la blonde était bien entrain de la dévorer des yeux, la femme s'approcha d'elle, tout aussi lentement, en veillant bien à exagérément balancer ses hanches à chacun de ses pas.
Regina aimait jouer. Elle adorait ça. Et il ne lui avait pas fallu longtemps pour remarquer l'effet qu'elle avait sur Emma. Si à l'oral la détenue se défendait plutôt bien, la directrice n'avait qu'à user un peu de ses charmes pour la faire flancher. Il suffisait d'un rien de sa part pour que la blonde perde tous ses moyens et cela amusait beaucoup la Méchante Reine.
Elle n'avait eu qu'à se lever et à faire quel pas lascifs dans sa direction pour que la blonde ne réponde plus de rien.
Emma resta immobile, incapable d'aligner deux mots ou de faire le moindre geste, se contentant de laisser aller ses yeux sur la silhouette de Regina qui s'approchait dangereusement d'elle. Lorsqu'un unique pas les sépara, leurs regards se fondirent l'un à l'autre et Emma coupa sa respiration.
Un petit sourire diabolique prit place sur le visage de Regina quand elle vit que la blonde retenait sa respiration. Elle se pencha jusqu'à ce que leurs visages ne soient plus qu'à une dizaine de centimètres l'un de l'autre. Elle changea ensuite de trajectoire et se rapprocha de son cou en prenant une grande inspiration. Puis elle se recula et replongea ses prunelles chocolat dans les vertes de la femme qui ne respirait toujours pas.
Emma Swan était à sa merci et elle en jubilait.
« Divinement, je ne sais pas. Mais il est vrai que vous sentez bon Miss Swan. », déclara Regina d'un ton taquin.
Elle tourna ensuite les talons et partit se rassoir derrière son bureau, laissant enfin l'opportunité à Emma de respirer à nouveau. Regina la regarda avec des yeux rieurs et la blonde se gifla mentalement de ne pas avoir su résister à son charme destructeur. Encore une fois elle n'avait pas réussi à avoir le dernier mot.
Quelqu'un toqua à la porte.
« Entrez. », autorisa la directrice.
Le gardien Jones pénétra dans le bureau.
« Bonjour madame Mills, salua-t-il avec un grand sourire hypocrite, Je peux vous emprunter Swan ? Elle a sa visite médicale.
- Oui vous pouvez l'amener Jones, répondit Regina, Miss Swan avait justement fini en avance. », ajouta-t-elle en jetant un petit regard à Emma.
Elle poussa son charriot et quitta le bureau de la directrice à la suite du gardien Jones. Ils allèrent ensemble au local d'entretien pour qu'elle dépose son matériel puis il l'amena jusqu'à l'infirmerie.
« Voilà blondie je te laisse avec Belle. », dit le gardien en lui montrant l'infirmière d'un geste de main.
« Bonjour, tu dois être Emma Swan, je suis Belle French, l'infirmière de la prison, se présenta-t-elle avec un sourire angélique.
De longs cheveux châtains foncés, un doux visage et de jolis yeux bleus. Belle French était tout simplement adorable et respirait la bienveillance.
- Bonjour, répondit Emma en lui rendant son sourire.
- Le docteur Whale n'est pas là aujourd'hui, alors c'est moi qui vais prendre en charge ta visite médicale. Ne t'inquiète pas, ce ne sont que quelques examens de routine. »
Tout se passa bien et Emma rencontra ensuite le psychologue de la prison. Il répondait au nom d'Archibald Hopper et il lui sembla tout aussi bienveillant que l'infirmière. L'entrevue termina sur les coups de midi et Emma se rendit directement au réfectoire.
Elle mangeait tranquillement à sa table habituelle en compagnie de Mary-Margaret, Darling, Tinker Bell et la Soeur Blue lorsqu'elle vit Ruby arriver avec un grand sourire. Elle déposa discrètement un petit paquet sur le plateau d'Emma qui la regarda en fronçant les sourcils.
« Tu me dois un service maintenant Boucles d'or. », chuchota la brune avant de repartir vers les cuisines.
Emma déplia le bout de papier et découvrit en écarquillant les yeux ce que le paquet contenait. Une arme. Ruby l'avait confectionnée à partir d'une brosse à dent et d'une lame de rasoir. La blonde ne put s'empêcher de sourire en repensant à l'anecdote de la détenue qui avait agressé Regina avec ce même type d'arme.
« Si tu te fais attraper avec ça tu auras des problèmes Emma. », la prévint Mary-Margaret en regardant le paquet l'air inquiet.
La blonde savait que Blanchard avait raison, mais il n'était pas question qu'elle s'en débarrasse. Cette arme lui donnait une assurance, une force supplémentaire si Breaburn venait à l'attaquer. Elle devait cependant trouver une bonne cachette si elle ne voulait pas qu'un gardien tombe dessus.
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Elle avait fini sa journée et elle venait de ramener son charriot au local d'entretien quand une sonnerie retentit. C'était la même sonnerie qui sonnait matin et soir pour le comptage, sauf que là, ce n'était pas l'heure du comptage.
« C'est quoi cette sonnerie ?, demanda-t-elle à Leroy.
- C'est une fouille, répondit l'homme, Si tu as de la contrebande j'espère que tu l'as bien planqué parce que sinon c'est direction le trou. »
Emma se figea. Cela faisait quasiment une semaine qu'elle était là et aucun fouille n'avait été faite. Bien évidemment, il fallait qu'il y en ait une quelques heures après que Ruby lui ait donné cette foutue arme. Foutue arme qu'elle n'avait même pas encore eu le temps de cacher correctement.
La blonde courut le plus vite possible jusqu'à sa cellule, bousculant quelques filles au passage et lorsqu'elle arriva à destination, son visage se décomposa. Elle arrivait trop tard, Belfrey était déjà entrain de retourner toute la cellule.
Mary-Margaret écarquilla les yeux en voyant la mine déconfite d'Emma.
« Ne me dis pas que tu l'as laissé là dedans. », chuchota-t-elle en se préparant déjà à entendre la réponse fatidique.
Emma n'eut même pas besoin de répondre. Le bruit métallique que fit la brosse à dent améliorée en tombant au sol parla pour elle.
« Jackpot ! », s'exclama Belfrey avec un grand sourire en ramassant l'objet de contrebande.
« L'une de vous va se dénoncer ou je vais devoir vous amener toutes les deux dans le bureau de la directrice ?, demanda-t-elle en se tournant vers les deux détenues.
- C'est à moi, répondit Emma sans hésiter, ne voulant pas attirer d'ennuie à sa colocataire.
- Je vois qu'on a déjà envie de se faire remarquer Swan, railla le dragon, Une bagarre le premier jour, une arme de contrebande au bout d'une semaine. Tu cherches à collectionner les records ? »
Emma dut vraiment prendre sur elle pour ne pas répondre à la gardienne qui l'insupportait. Mary-Margaret lui envoya un petit regard compatissant et Emma suivit le dragon en direction du bureau de la Méchante Reine.
Belfrey toqua à la porte vernie de noir et l'ouvrit quand la voix de la brune l'y autorisa. Elle poussa Emma à l'intérieur, rentra à son tour dans le bureau, puis referma la porte derrière elle.
« Bonjour madame Mills, je vous amène une détenue qui cachait une arme de contrebande dans sa cellule, dit-elle avec fierté.
Regina quitta son ordinateur des yeux pour regarder la gardienne et la détenue en question.
- Miss Swan ?!, s'étonna-t-elle.
- Et oui c'est bien moi, soupira la blonde.
Belfrey fusilla Emma du regard.
- Ne parle pas tant qu'on ne te l'a pas autorisé Swan, gronda le dragon.
La blonde fit les gros yeux, choquée qu'on lui parle ainsi.
- Quelle est l'arme en question ?, demanda Regina qui était elle aussi déjà agacée par le comportement de la gardienne.
- C'est une brosse à dent avec une lame de rasoir, annonça Belfrey en posant l'arme sur le bureau en marbre, La détenue l'avait simplement caché sous son matelas.
- Ce n'était pas très judicieux, commenta la directrice en inspectant l'arme des yeux.
- Effectivement c'était même extrêmement stupide, rajouta Belfrey avec un grand sourire.
Emma commençait sérieusement à bouillir et de nombreux noms d'oiseaux menaçaient de jaillir de sa bouche si la gardienne ne s'arrêtait pas vite.
- Gardienne Belfrey vous pouvez sortir, j'aimerai m'entretenir seule avec mademoiselle Swan, intervint la brune.
Le dragon parut dépité.
- Mais madame Mills je ne vais pas vous laisser seule avec une détenue qui est peut-être dangereuse, protesta Belfrey dans l'espoir de pouvoir rester un peu plus longtemps dans le bureau de la directrice.
- Peut-être dangereuse, commença Regina en regardant Emma du coin de l'œil, Mais aussi extrêmement stupide comme vous l'avez dit. Je crois donc que je ne risque pas grand chose, finit-elle en s'amusant de voir la blonde lever les yeux au ciel.
- Vous êtes sûre que vous ne préférez pas que je reste ?, insista encore un plus Belfrey.
- Oui elle est sûre !, lâcha Emma sans se contrôler tant la gardienne lui sortait par les yeux.
- De quel droit tu me...
- Stop !, coupa Regina en se levant, Miss Swan asseyez vous et gardienne Belfrey sortez d'ici, ordonna-t-elle avec son autorité naturelle.
- Oui madame Mills. », céda le dragon en sortant de la pièce contrarié.
Une fois la porte refermée, Regina se rassit dans son siège et regarda Emma avec un sourire enjoué.
« Je vois que vous vous êtes fait une nouvelle amie, se moqua-t-elle.
- Ne m'en parlez pas, souffla la blonde en levant les yeux au ciel.
Regina ricana avant de reprendre immédiatement son sérieux en regardant l'arme posée sur son bureau.
- Vous avez fait exprès ?, dit-t-elle en soulevant la brosse à dent du bout des doigts.
- De ?
- Vous comptiez m'agresser avec durant votre prochaine heure de ménage ? », demanda-t-elle sérieusement.
Emma ne put s'empêcher d'éclater de rire devant cette idée absurde.
« Ne riez pas et répondez à ma question, énonça froidement Regina.
Emma leva les yeux au ciel.
- Le monde ne tourne pas autour de vous madame Mills, répondit-elle, Et puis je vous ai déjà dit que je ne vous agresserai pas...
- Oui que vous n'alliez pas me sauter dessus je m'en souviens, taquina la brune avant de revêtir une fois de plus son air sérieux, Je suis ravie d'apprendre que cette arme ne m'était pas destinée, mais vous allez quand même devoir me dire qui vous l'a procurée.
- Personne, c'est moi qui l'ai fabriquée, répondit directement Emma.
- Bien essayé Miss Swan, mais je n'ai pas besoin d'un super-pouvoir pour savoir que vous me mentez, contra la directrice.
- Je vois bien que vous n'avez pas de super-pouvoir madame Mills, parce que vous vous trompez, je ne mens pas, répliqua Emma.
- Ecoutez-moi bien Miss Swan, n'essayez pas de faire la maligne avec moi, articula Regina en alignant son regard à celui de la blonde, Je sais que vous me mentez car vous n'avez pas pu fabriquer cette arme vous même...
- Et pourquoi ça ? Je suis très habile de mes mains, la coupa Emma pour se défendre.
- Je n'ai jamais prétendu le contraire Miss Swan, dit Regina en répriment un sourire face à l'allusion involontaire de la blonde, Seulement même en étant très douée de vos mains, vous n'avez pas pu réaliser cette arme, parce que ce modèle de brosse à dent et cette lame de rasoir ne sont plus disponibles dans cette prison depuis des années.
- Et alors ? Ça ne prouve rien, contesta Emma sans se démonter, J'ai très bien pu me procurer le matériel pour faire l'arme moi même.
- C'est vrai, admit Regina avant d'ajouter, Mais je sais que vous ne l'avez pas fait et que vous couvrez quelqu'un.
- Vous vous trompez, répliqua la blonde.
- Je ne me trompe jamais, assura la brune.
- Apparemment si, répondit Emma.
Regina souffla d'impatiente.
- Très bien Miss Swan, je vous laisse une dernière chance de coopérer. Dites moi qui vous a donné cette arme ou vous dormirez dans une cellule d'isolement cette nuit et les suivantes.
- Je vous le répète encore une fois madame Mills, c'est moi qui ai fabriqué cette arme. », dit-elle sans hésiter une seconde.
Regina fusilla Emma du regard puis se leva sans lui dire un mot. Elle marcha jusqu'à la porte de son bureau et l'ouvrit d'un geste brusque.
« Gardienne Belfrey, amenez mademoiselle Swan en quartier d'isolement, exigea froidement la directrice.
- Je vais y rester combien de temps ?, osa demander Emma.
- Jusqu'à ce que je décide du contraire. », aboya Regina d'une voix glaciale.
La Méchante Reine n'aimait visiblement pas le refus.
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La nuit venait de tomber et elle était allongée sur le bloc de béton qui lui faisait office de lit, et cela sans matelas ni couverture. La cellule était petite et quasiment vide. Elle n'avait rien de confortable et donnait à sa cellule habituelle un air d'hôtel de luxe, mais cela ne dérangeait pas plus que ça la blonde.
Placée en foyer et en famille d'accueil dès sa naissance, Emma avait déjà vu et vécu quantité d'horreurs. A peine âgée de 10 ans, elle avait passé des mois à vivre dans la cave d'une famille particulièrement sordide, alors ce n'était certainement pas une petite cellule du quartier d'isolement qui allait l'effrayer.
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Le jeudi 9 juin à 10h, le gardien Jones se présenta devant la porte à barreaux de la cellule d'Emma.
Cela faisait deux jours et trois nuits qu'elle était au trou et elle ne put réprimer un sourire de joie en voyant la tête de Jones apparaître entre les barreaux.
Depuis lundi elle avait peu mangé, parce que la nourriture du quartier d'isolement était tout bonnement infecte. Elle avait également peu dormi, parce que les cellules n'étaient pas du tout isolées les unes des autres et que les cris de certaines détenues résonnaient du matin au soir dans toute l'unité. Par contre Emma avait eu le temps de beaucoup s'ennuyer et même l'idée de récurer les toilettes la ravissait à présent.
« Et bien Blondie tu as l'air contente de me voir, constata Jones.
- Tu n'as même pas idée. », répondit-elle.
La première chose qu'elle fit à son retour fut de sortir dans la cours. Elle avait besoin d'un bol d'air et quand elle sentit les rayons du soleil caresser son visage elle se mit à sourire de plus belle. Elle aurait pu rester là des heures, les yeux clos, la mine béate, à simplement profiter du beau temps et de l'air frais. Seulement une voix bien familière la coupa dans ce moment de calme.
« Alors le trou ? Premières impressions ?, demanda Ruby en fumant sa cigarette.
- Ça va j'ai connu pire, répondit Emma.
- Tu n'y es restée que deux jours de toutes façons, tu n'as pas eu le temps d'avoir les séquelles psychologiques de l'isolement. Une fois j'y suis restée 1 mois, et je peux te promettre que tu as l'impression de renaître de tes cendres en revenant, raconta la grande brune.
- Je veux bien te croire, rigola la blonde, Tu avais fait quoi pour y rester 1 mois ?
- J'avais provoqué une émeute en quelques sortes, expliqua-t-elle avant d'enchaîner, Sinon Boucles d'or, je vais bientôt avoir besoin de ton aide pour quelque chose, donc n'oublie pas que tu m'en dois une.
- Je ne t'ai pas balancé à la Méchante Reine quand elle m'a cuisiné pour savoir qui m'avait donné l'arme, donc je pense qu'on est quitte, tenta Emma sans vraiment y croire.
Ruby rigola.
- Ça ne marche pas comme ça Boucles d'or, répliqua-t-elle, Tu t'es fait chopper pour TA connerie, alors heureusement que tu ne m'as pas balancé en plus. Par contre en te donnant l'arme je t'ai rendu un service, donc maintenant tu m'en dois un. Tout service à un prix ici, dit-elle en commençant à s'éloigner.
- Mais je n'ai même pas eu le temps de m'en servir..., se lamenta Emma.
- Sois plus futée la prochaine fois ! », se moqua Ruby.
Emma resta encore quelques minutes à profiter des douces températures de Juin avant d'être interrompue une nouvelle fois.
«Blondie viens ici, l'interpella Jones, La Méchante Reine t'attend dans son bureau. »
Elle le suivit jusqu'au bureau de la directrice dont la porte était déjà ouverte.
« Merci gardien Jones vous pouvez y aller, dit-elle en levant les yeux après les avoir entendu arriver, Miss Swan asseyez-vous.
- Bonjour madame Mills, salua Emma en s'asseyant face au bureau de marbre, Vous n'imaginez pas à quel point vous m'avez manqué depuis lundi, tenta-t-elle de plaisanter.
- Vous avez déjà du mal à vous passer de moi ? C'est donc pour ça que vous vous amusez à prendre des rapports, vous avez envie de rallonger votre peine pour rester plus longtemps avec moi ?, demanda sarcastiquement Regina.
Emma déglutit difficilement.
- Ma peine ne va pas être rallongée pour ça ?, demanda-t-elle avec une soudaine inquiétude.
Regina s'amusa à laisser planer le doute en laissant un silence de plusieurs secondes.
- Non, répondit-elle finalement, Du moins pas cette fois, mais au vu du rythme auquel vous allez, ça ne saurait tarder si vous voulez mon avis.
- Mais pour l'instant on est bien d'accord que je n'ai qu'un rapport ?, voulut-elle se rassurer.
- Oui, grâce à ma clémence lors de votre premier jour vous n'avez qu'un seul rapport. Cependant il faut que vous sachiez qu'au bout de trois rapports menant au quartier d'isolement, vous vous exposez au risque d'un rallongement de peine, informa-t-elle.
- Seulement trois ?, répéta la blonde en affichant une mine déconfite.
- Oui Miss Swan, ça va très vite, confirma Regina, Il faut bien que vous compreniez qu'ici, tout manquement au règlement a un prix.
- J'ai bien compris, assura Emma, Et vous pouvez être sûre que maintenant je vais me tenir à carreau, loin, très loin des problèmes.
- J'attends de voir ça Miss Swan. En attendant vous pouvez y aller et vous n'êtes pas exemptée de vos heures de travail de cet après-midi. », indiqua Regina.
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Elle venait de finir ses heures de ménage et elle n'avait qu'une hâte: aller s'effondrer sur son lit.
En était dans sa cellule, dos à l'entrée, entrain d'enfiler son pyjama quand elle entendit la porte s'ouvrir.
« Tu n'imagines pas à quel point je suis exténuée. », dit-elle à l'adresse de Mary-Margaret.
Elle n'entendit pas de réponse et fronça les sourcils.
Elle comprit que quelque chose clochait mais elle n'eut pas le temps de se retourner qu'elle sentit une main empoigner ses cheveux à la racine avec force. Avant qu'elle ne puisse réagir, la main tira sa tête en arrière pour prendre de l'élan avant de la pousser vigoureusement en avant.
Emma vit alors l'angle du lit en métal se rapprocher. Se rapprocher beaucoup trop et beaucoup trop vite. Puis d'un coup, tout ne fut plus que noir.
Si elle était encore consciente, Emma se serait sûrement dit que Ruby et Regina avaient raison: en prison TOUT avait un prix.
