« C'est bon on est quitte ?, demanda-t-elle à la grande brune aux mèches rouges qui feuilletait le dossier de Leroy.

- Oui Boucles d'or...du moins pour le moment, répondit Ruby en relevant les yeux du dossier.

- Comment ça pour le moment ?, interrogea la blonde en fronçant les sourcils.

- Je veux dire jusqu'à la prochaine fois, dit la chef de gang comme si c'était évident.

- Il n'y aura pas de prochaine fois, s'empressa d'assurer Emma sans se rendre compte qu'elle avait déjà dit cette phrase trop souvent.

Ruby rigola.

- Je sais que tu auras de nouveau besoin d'un service un jour ou l'autre Boucles d'or, affirma la brune, Du peu que j'ai vu, tu es un véritable aimant à ennuis. », se moqua-t-elle.

--

Après une inspection méticuleuse de son bureau, elle trouva finalement l'objet manquant: le dossier de Leroy.

Swan avait donc dérobé le dossier du responsable de l'entretien pendant qu'elle était dans les cuisines avec Lucas. Les connections se firent rapidement dans l'esprit de Regina et elle pensa alors que, contre toute attente, cette affaire pourrait lui être bénéfique.

Sa colère noire envers Swan s'atténua alors quelque peu. Si le fait que la détenue ait fouillé dans son bureau la mettait complètement hors d'elle, l'hypothèse que cette situation puisse finalement arranger ses affaires lui donnait une certaine satisfaction.

Perchée sur ses talons hauts, Regina Mills se dirigea alors en direction du bureau des gardiens où elle trouva Graham, nonchalamment affalé sur son siège, entrain de se tourner les pouces.

« Gardien Humbert, l'interpella-t-elle d'une voix sévère en le regardant de haut en bas.

Il sursauta.

- Regina, répondit-il avec surprise en se redressant, Qu'est-ce que je peux faire pour toi ?, ajouta-t-il d'un ton aguicheur.

Elle leva les yeux au ciel.

- Madame Mills, que puis-je faire pour vous ?, corrigea-t-elle immédiatement, Ce que vous pouvez faire pour moi, gardien Humbert, c'est me dire où se trouve mademoiselle Swan en ce moment.

- Swan, dit-il en réfléchissant, Je ne suis pas sûr mais je crois qu'elle est en salle de visite.

- Vous n'êtes pas sûr ?, commença-t-elle à s'agacer, Vous êtes le chef des gardiens Humbert, vous êtes censé savoir où sont vos détenues. Je me demande ce qui m'a pris de vous donner ce poste, soupira la brune.

Graham lui lança un petit regard entendu accompagné d'un sourire en coin et elle le fusilla de ses yeux chocolat. Il supprima immédiatement son sourire et se concentra sur son ordinateur pour vérifier les visites du jour.

- Elle est bien en salle de visite, confirma-t-il, Vous voulez que j'aille la chercher madame Mills?

- Non c'est bon gardien Humbert je vais m'en charger. », répondit-elle en tournant les talons.

Regina avança à travers la prison de sa démarche assurée et se rendit devant la salle de visite dont l'intérieur était visible depuis le couloir grâce à une grande vitre. Elle plissa les yeux et essaya de repérer la blonde.

Si la directrice était encore remontée contre Emma, toute sa colère restante disparut dès l'instant où elle vit la détenue entrain de prendre un petit garçon tout souriant dans les bras. Pensive, elle observa d'un regard sensible la scène d'au revoir entre les supposés mère et fils.

« Madame Mills ?!, s'exclama la blonde en sortant de la salle, Qu'est-ce que vous faites ici ?!, demanda-t-elle soudain inquiète d'avoir potentiellement été grillée.

- C'est ma prison Miss Swan, j'ai encore le droit d'y circuler comme bon me semble, répondit froidement la femme qui venait d'être sortie de ses pensées.

- Oui bien sûr, se rattrapa-t-elle immédiatement, C'est juste que je ne suis pas habituée à vous croiser en dehors de votre bureau, voulut-elle se justifier.

- Vous n'êtes là que depuis deux semaines Miss Swan, fit remarquer la brune, Vous vous rendrez vite compte que je passe pas mal de temps hors de mon bureau. Ceci dit, je ne suis pas venue jusqu'à la salle de visite par hasard Miss Swan, j'ai à vous parler.

Emma déglutit difficilement.

- Comment saviez vous que j'étais ici ?, demanda-t-elle pour repousser la conversation qu'elle redoutait.

- Je me suis renseignée au bureau des gardiens et j'ai appris que vous aviez une visite, répondit la brune.

- Oui c'était mon fils, informa la détenue en essayant de meubler encore un peu plus la conversation.

- Je ne vous imaginais pas maman Miss Swan, commenta Regina.

- Parce que je suis jeune ?, demanda Emma en rigola.

- Entre autres, confirma la brune avant de rajouter, Mais surtout parce que vous semblez déjà avoir du mal à vous occuper de vous même, donc c'est assez troublant de vous imaginer en plus vous occuper de quelqu'un d'autre.

La blonde leva les yeux au ciel à la pique de la brune.

- Je m'occupe très bien de mon fils et de moi-même madame Mills, répondit-elle avant d'enchaîner par simple curiosité, Et vous, vous avez des enfants ?

Regina se figea.

- Non, répondit-elle à voix basse, Je n'en ai pas. »

Les yeux vides et le cœur lourd, la femme resta silencieuse un instant.

Emma fut témoin de ce moment de faiblesse chez la directrice mais avant qu'elle ait eu le temps de dire quelque chose, la femme avait déjà revêtu son armure de glace.

« Suivez-moi Miss Swan, nous allons avoir une petite discussion toutes les deux dans mon bureau, enchaîna-t-elle en commençant à avancer.

- A quel propos ?, demanda Emma la boule au ventre.

Regina tourna la tête dans sa direction.

- Vous savez très bien à quel propos. », articula-t-elle d'une voix cassante.

Emma déglutit difficilement, elle avait encore réussi à s'attirer des ennuis.

Elle marcha dans les pas de la directrice jusqu'à arriver dans son bureau et elle prit place sur un des fauteuils lorsque la brune l'y autorisa.

« Pourquoi avez vous fouillé dans mon bureau ?, demanda la femme de but en blanc en s'installant sur son siège en cuir.

Emma blêmit mais ne perdit pas la face.

- Je n'ai pas fouillé dans votre bureau madame Mills, répondit-elle d'une voix calme.

- Si, vous avez fouillé Miss Swan, insista la brune.

- Et qu'est-ce qui vous fait penser cela ?, testa la détenue.

Regina leva les yeux au ciel.

- Quand je suis revenue des cuisines vous étiez entrain de dépoussiérer mon bureau et non le meuble que je vous avez indiqué..., commença-t-elle avant d'être coupée par Emma.

- Parce que j'avais déjà nettoyé ce meuble !

La directrice pinça ses lèvres maquillées de rouge et, tout en fusillant la blonde du regard, elle se leva pour se diriger vers le meuble en question. Elle laissa trainer son doigt tout le long de la surface en bois et revint en direction d'Emma pour lui coller ce même doigt à la figure.

- N'osez pas prétendre que cette poussière est apparue depuis ce matin, grogna-t-elle.

Emma se mordit la lèvre nerveusement en se rendant compte qu'elle se trouvait vraiment en mauvaise posture, cette femme remarquait absolument tout.

- D'accord c'est vrai que je n'ai pas nettoyé ce meuble ce matin, admit-elle en arrachant ainsi un sourire victorieux à Regina, Mais c'était seulement un oubli, je n'ai en aucun cas fouillé dans votre bureau madame Mills.

Le sourire de la brune disparut aussitôt et, la mine hargneuse, elle vint essuyer la poussière de son doigt rageusement sur la veste en coton bleu de la détenue. Le fait que cette blonde s'acharne à lui mentir alors qu'elle connaissait la vérité la mettait hors d'elle.

- Ecoutez moi bien Miss Swan, commença-t-elle en retournant s'assoir sur son fauteuil en cuir, Je sais que vous mentez et je n'ai pas besoin d'un stupide super-pouvoir pour en être certaine. Alors vous allez tout de suite stopper votre petit numéro et vous allez me dire pourquoi vous avez volé le dossier de Leroy.

Si elle se savait déjà en mauvaise posture, Emma réalisa qu'elle l'était en fait bien plus que prévu.

- Je ne vois vraiment pas de quoi vous voulez parler madame Mills, essaya-t-elle sans vraiment y croire.

Si les yeux chocolat pouvaient tirer, Emma le savait, elle serait déjà morte.

- Vous êtes insupportable ! Je pourrais trouver le dossier de Leroy dans votre cellule que vous continueriez à mentir !, s'échauffa la brune.

- Vous pouvez y aller et je vous assure que vous n'y trouverez rien, affirma la détenue.

Un petit sourire malin se dessina sur les lèvres de Regina.

- Alors j'irai dans la cellule de mademoiselle Lucas, répliqua-t-elle.

Emma écarquilla les yeux. La brune les avait en fait grillées sur toute la ligne.

- Comment avez-vous deviné tout ça ?, abandonna la blonde.

Un sourire satisfait prit possession des lèvres rouges.

- Pour être tout à fait honnête Miss Swan, vous avez été tellement empotée que je n'ai pas eu à deviner grand chose, répondit-elle avec condescendance.

Emma leva les yeux au ciel.

- Je pensais pourtant avoir été discrète, soupira la blonde.

- Et bien vous pensiez mal, rétorqua la directrice, Maintenant venons en à ce qui m'intéresse vraiment...

- Si vous comptez me mettre un rapport je tiens à préciser que Ruby n'y est pour rien, la coupa Emma, J'assume l'entière responsabilité de...

- Taisez-vous et laissez moi finir, ordonna Regina d'une voix ferme, Si je voulais vous mettre un rapport ce serait déjà fait Miss Swan, ajouta-t-elle.

La blonde fronça les sourcils, elle ne comprenait pas la réaction de la directrice.

- J'ai volé un dossier de votre bureau et vous ne voulez pas me mettre un rapport ?, répéta-t-elle confuse.

- Vous n'aurez pas de rapport si vous coopérez, confirma la brune, Je suis sûre que je peux tirer quelque chose de bien plus intéressant de la situation. »

Emma n'y comprenait décidément plus rien.

« Pourquoi avez-vous volé ce dossier ?, demanda Regina en étudiant attentivement la blonde du regard.

Emma était maintenant embarrassée, elle ne voulait pas tout balancer des intentions de Ruby.

- C'est une bonne question, dit-elle avec un petit sourire gêné, faisant ainsi bouillir la brune.

- Effectivement, c'est une bonne question, à laquelle je voudrai avoir une réponse, articula Regina.

- Je suis désolée mais je ne peux pas vous donner de réponse, répondit-elle.

- Très bien Miss Swan, déclara-t-elle sarcastiquement, Alors vous allez finalement avoir droit à un joli rapport et à un petit séjour au quartier d'isolement en prime.

Emma souffla. A peine deux semaines derrière les barreaux et voilà qu'elle prenait déjà son second rapport.

- Pourquoi est-ce que vous voulez connaître les raisons de mon vol?, demanda-t-elle dans un dernier espoir d'éviter la sanction, En quoi ça vous avance ?

- Je suis quasiment sûre que vous avez volé ce dossier pour mademoiselle Lucas et je me demande donc si notre cher Leroy ne tremperait pas dans toutes ces histoires de gang, expliqua Regina.

- Ce n'est pas possible ! Comment est-ce que vous faites pour tout deviner tout le temps ?!, laissa échapper la blonde.

- Je ne devine pas, je réfléchis et vous devriez d'ailleurs vous mettre à en faire autant, piqua-t-elle.

Emma roula des yeux.

- Donc qu'est-ce que vous voulez savoir exactement ?, abdiqua la blonde.

- Je vous l'ai déjà dit Miss Swan, répondit Regina, Je veux savoir pourquoi mademoiselle Lucas voulait le dossier de Leroy.

Emma prit une seconde pour réfléchir.

- Si je vous dis ce que vous voulez savoir, ni moi, ni Ruby n'auront de rapport ?, voulut-elle s'assurer.

- Ça Miss Swan, ça dépend de ce que vous m'apprenez. », prévint la directrice.

Emma hésita un bref instant. Si elle ne disait rien c'était direction le trou avec un second rapport en supplément. Si elle parlait elle avait une chance de s'en tirer et puis de toutes façons elle n'avait pas grand chose à rapporter, madame Mills en savait déjà beaucoup.

« On pense que Leroy fait rentrer de la drogue dans la prison, avoua-t-elle sans vouloir en dire plus.

Un sourire en coin prit place sur le visage de Regina quand elle entendit le mot "drogue".

- C'est bien ce que je pensais, dit-elle triomphante, Et c'est lui qui fournit De Vil n'est-ce pas ?

Emma était prise au dépourvu par toutes les déductions qui fusaient de l'esprit de Regina. Elle en avait déjà beaucoup trop dit à la directrice, si elle continuait l'étiquette de balance lui pendait au nez.

- Euh...ça je ne sais pas..., bafouilla-t-elle.

La brune plissa les yeux, la blonde lui mentait, elle le sentait.

- Bien sûr que si vous le savez, articula-t-elle sans la lâcher des yeux.

- Je ne suis pas sûre..., tenta Emma avec hésitation.

- Pas sûre de quoi ?, demanda aussitôt Regina.

- Je ne suis pas sûre, répéta-t-elle, Mais peut-être que Leroy fournit De Vil.

- Peut-être ?, insista la brune.

- Oui peut-être, redit Emma.

Regina ricana.

- Miss Swan, j'espère que vous savez que votre "peut-être" ne vous épargnera pas de la colère des autres détenues si elles apprennent tout ce que vous m'avez rapporté, railla-t-elle, Mais bon soit, je me contenterai de ce peut-être.

- Donc c'est bon pour le rapport ? Je peux y aller ?, s'empressa de demander Emma en se levant, pressée de quitter ce bureau.

Regina ricana de nouveau.

- Non ce n'est pas bon Miss Swan, rasseyez vous immédiatement. »

La blonde obtempéra à contre cœur, que pouvez bien encore lui vouloir la directrice.

« Si vous voulez être exemptée de ce rapport, vous allez d'abord me rendre un service Miss Swan, déclara-t-elle.

Emma fronça les sourcils.

- Un service ?, s'étonna-t-elle, Quel genre de service ?

- Vous allez m'aider à piéger Leroy, répondit-elle.

- Pourquoi le piéger alors que vous pouvez simplement le virer ?, demanda la blonde.

- Je ne veux pas simplement le virer, précisa la directrice, Je veux qu'il soit pris la main dans le sac, je veux que l'on sache qu'il faisait rentrer de la drogue dans cette prison.

- En gros vous voulez qu'il aille en prison ?, conclut Emma.

- Je me fiche pas mal d'où ce sale ivrogne finit tant qu'il ne reste pas dans mes pattes, affirma Regina.

- Mais alors pourquoi tenez-vous à le piéger avec cette histoire de drogue ?, voulut savoir la détenue.

La brune soupira.

- Parce que suite à la récente overdose de mademoiselle Boyd, monsieur Gold, le directeur général et propriétaire de cette prison, m'a contacté pour me demander de gérer ce problème de trafic de stupéfiant, expliqua-t-elle.

- Alors si je comprends bien, le grand seigneur Gold, véritable souverain de ces terres, a demandé à la Méchante Reine de libérer le royaume de la menace de la drogue. Et pour se faire, sa Majesté a besoin de l'aide du valeureux chevalier Swan, plaisanta Emma.

Regina leva les yeux au ciel.

- Que les choses soient bien claires, prévint la directrice, Je n'ai absolument pas besoin de vous Miss Swan. Si je sollicite votre aide c'est simplement car cela me facilite les choses. Au contraire, c'est vous qui avez besoin de cet arrangement si vous ne voulait pas finir en isolement pour avoir fouillé dans mon bureau, rectifia-t-elle.

Emma dut retenir un soupire devant la mauvaise foi plus qu'évidente de la brune.

- Et donc en quoi consiste cet arrangement ?, demanda-t-elle.

- Vous allez m'aider à piéger Leroy, répondit Regina, Je veux qu'il soit attrapé avec de la marchandise sur lui alors vous allez mener votre petite enquête et vous allez trouvé à quel moment il fait rentrer la drogue entre ces murs. Vous n'avez qu'à me fournir cette information et je me chargerai du reste.

- Et je n'aurai aucun problème pour avoir volé le dossier de Leroy ?, voulut s'assurer Emma.

- Et vous n'aurez aucun problème pour avoir volé ce dossier. », répéta Regina en signe de confirmation.

Un regard entendu fut échangé entre les yeux vert et ceux chocolat, l'accord était pris.

--

Emma avait passé la nuit à réfléchir à son arrangement avec la directrice. Elle savait que ce qu'elle faisait était loin de rentrer dans les codes des détenues, mais elle s'autorisait cette entorse au règlement car prendre un nouveau rapport était certainement la dernière chose qu'elle voulait. Il lui suffisait d'être discrète et jamais personne ne serait au courant de son petit arrangement avec Regina Mills.

Après le petit déjeuner elle sortit dans la cour. Elle avait ouïe dire par Mary-Margaret que Ruby passait la plupart de ses dimanches matins à sculpter son corps de rêve à la salle de sport, qui n'était d'ailleurs pas une salle à proprement parler mais plutôt une espèce d'immense cage grillagée où s'entreposait du matériel de musculation.

Lorsqu'elle s'approcha de ladite cage, Emma fut d'abord surprise du monde qui s'y trouvait. Elle ne pensait pas qu'autant de détenues se mettaient au sport en prison et elle se dit alors qu'elle devrait peut-être faire de même, elle qui n'avait pas souvent mis le nez dehors depuis son incarcération.

Elle survola l'espace du regard, cherchant une tignasse brune méchée de rouge mais ce fut le sourire mauvais et vicieux que lui adressait Breaburn qu'elle vit en premier. De ses yeux hostiles, la détenue fixait son cocard qu'elle lui avait infligé quelques jours plus tôt et qui n'était pas décidé à s'estomper. Emma ignora les yeux à la fois moqueurs et menaçants de Breaburn pour se reconcentrer dans sa quête. Elle devait trouver Ruby et se renseigner auprès d'elle sur le trafic qu'entretenaient Leroy et De Vil.

« Alors comme ça tu te mets au sport Boucles d'or ?, l'interpella une voix dans son dos.

- Non je te cherchais justement, répondit la blonde en se retournant.

- Ça tombe bien je viens de finir mon entrainement, dit la brune, Tu viens ? »

Emma la suivit et elles allèrent s'installer sur un banc dans un coin de la cour.

« Alors pourquoi est-ce que tu voulais me voir Boucles d'or ?, demanda Ruby.

- Je voulais savoir si tu as trouvé ce que tu voulais dans le dossier, commença Emma tout en réfléchissant à comment s'y prendre pour faire parler la chef de gang sans se faire griller.

- Non, souffla-t-elle l'air dépité, J'avais raison le dossier rédigé par la Méchante Reine est complet et contient l'entièreté de la vie de Leroy dans les moindres détails sauf que cet abruti n'a aucune attache ou quoique ce soit qui me permettrait de le faire chanter. Donc en gros ce qu'on a fait n'a servi à rien, heureusement qu'on ne s'est pas fait chopper par la Méchante Reine.

Emma dut faire preuve de toute la bonne volonté du monde pour ne pas commenter.

- Mais tu es sûre que c'est bien Leroy qui fournit De Vil ?, interrogea-t-elle l'air de rien.

- Bien sûr que je suis sûre, affirma Ruby, A part si De Vil se tape Leroy tous les lundis midis dans le local d'entretien je ne vois pas ce qu'ils pourraient faire d'autre. », rigola-t-elle.

Emma n'en revenait pas. La brune aux mèches rouges était une telle commère qu'elle n'avait même pas eu à lui faire le moindre interrogatoire pour lui soutirer les informations qu'elle voulait.

C'est donc toute guillerette que la blonde quitta la cour. Elle avait hâte du lendemain matin pour tout rapporter à la directrice et ainsi être lavée de tout rapport.

--

Elle donna trois coups contre la porte vernie de noir.

« Entrez. », résonna la voix de la directrice.

Emma entra dans le bureau à la suite de son charriot.

« Bonjour Miss Swan, salua la brune sans lever les yeux de l'écran de son ordinateur.

Emma laissa vaquer ses yeux sur la belle brune. Elle l'admira quelques instants, se disant que Regina lui semblait un peu plus sublime chaque jour.

- Bonjour Majesté, répondit finalement la blonde en secouant la tête pour reprendre ses esprits.

- Madame Mills, corrigea immédiatement la femme tout en restant plongée dans son travail.

- Ne soyez pas rabat-joie Majesté, je vous apporte une bonne nouvelle, annonça Emma avec un petit sourire.

- Ça ne vous donne pas le droit de m'appeler par un surnom, répliqua-t-elle d'une voix lasse.

La blonde roula des yeux.

- Votre preux chevalier détient les informations que sa Majesté a exigé, continua-t-elle.

Les yeux chocolat se défirent enfin de l'écran d'ordinateur pour venir trouver ceux de la blonde.

- Déjà ?, s'étonna Regina en arquant un sourcil.

- Et oui déjà, confirma fièrement la détenue.

- Et donc qu'avez vous à m'apprendre ? », demanda la femme curieuse.

Emma prit tout son temps avant de répondre. Elle avança lentement jusqu'au bureau, s'installa confortablement sur le siège, tout cela sans quitter des yeux les deux orbes bruns qui lui lançaient des éclairs. Elle s'amusait grandement de l'impatience de la brune qui fulminait.

« Bon et bien crachez le morceau !, ordonna la brune sans même tenter de cacher son agacement.

- Aujourd'hui à midi au local d'entretien, répondit simplement Emma.

- Vous êtes sûre ?, s'assura Regina.

- Sûre et certaine, affirma la blonde sans totalement l'être.

- Très bien Miss Swan, accorda la brune, Si les informations sont exactes je dois avouer que je suis plutôt impressionnée par votre rapidité.

- Vous pouvez être impressionnée Majesté, se vanta Emma, les informations sont exactes.

Regina roula des yeux au surnom mais ne releva pas.

- C'est ce que nous verrons, répondit la brune, Je vais envoyer un gardien à midi au local d'entretien et s'il surprend Leroy en possession de stupéfiants, j'annulerais votre rapport Miss Swan.

- Et bien j'ai hâte d'être à midi alors madame Mills. »

--

A midi pétante Graham avançait dans le couloir qui menait au local d'entretien.

Arrivé devant la porte, il l'ouvrit d'un coup sec, faisant ainsi sursauter Leroy surprit en flagrant délit.

« Bonjour Leroy je venais pour... qu'est-ce que c'est tout ça ?!, s'exclama le gardien, feignant la stupéfaction en mettant à contribution ses piètres qualités d'acteur.

- Je...ce n'est rien...rien du tout, bafouilla le responsable de l'entretien, complètement pris de court, en essayant vainement de cacher la marchandise derrière lui.

- Leroy qu'est-ce que tu caches derrière ton dos ?, demanda Graham de son ton le plus autoritaire.

- Ça ne te regarde pas Humbert, bougonna l'homme.

- Je suis le chef des gardiens alors si tu fais rentrer de la drogue dans la prison ça me regarde, répliqua Graham.

Leroy ricana.

- Je me demande bien ce qui a pris à cette salope de nommer un imbécile comme toi chef des gardiens, se moqua-t-il.

Humbert, vexé par la réflexion, bouscula l'homme pour attraper ce qu'il cachait dans son dos.

- Et bien tu ne fais pas les choses à moitié dis moi Leroy, commenta-t-il en inspectant la marchandise.

- Rends-moi ça !, ragea l'homme.

Leroy n'était pas bien grand et même avec toute la bonne volonté du monde, il n'arriva pas à récupérer les pochons de poudre blanche et de pillules que Graham tenait en l'air.

- N'aggrave pas ton cas et suis-moi jusqu'au bureau de la directrice. », ordonna le gardien.

Leroy batailla un moment, essayant de négocier avec Humbert, allant même jusqu'à lui proposer un pourcentage intéressant, mais le gardien ne céda pas. C'est donc en affichant son air le plus grincheux que Leroy fut traîné par Graham jusqu'au bureau de madame Mills.

Le plan s'était déroulé à la perfection, mais à une poignée de secondes près, De Vil serait également tombée avec le responsable de l'entretien. Seulement la chef de gang, escortée de son fidèle bras droit Breaburn, avait repéré le gardien Humbert s'avancer en direction du local d'entretien. Elles s'étaient alors stoppées dans leur avancé et avaient été témoins de toute la scène.

De l'oeil de De Vil quelque chose clochait. Tout avait été trop simple, trop rapide, trop calculé. Le gardien semblait savoir exactement où il mettait les pieds et ce qu'il allait trouver.

« Il y a une balance entre ces murs, grogna-t-elle à l'oreille de Breaburn, Trouve la. »

--

Regina était de bonne humeur en ce mardi matin. C'est le sourire aux lèvres qu'elle claqua la portière de sa belle Mercedes noire vintage.

Ce sourire n'était pas là par hasard, il était le résultat de la journée d'hier. Hier elle s'était non seulement débarrassée de Leroy mais elle avait en plus éliminé une des sources d'entrée de drogue dans sa prison. Elle n'était cependant pas dupe, les produits illicites circulaient toujours entre ces murs et elle n'était pas à l'abris d'une nouvelle overdose dans les prochains jours. Mais Regina Mills savait tout de même apprécier sa victoire de la veille et son sourire ne la quitta qu'au moment où son téléphone sonna alors qu'elle venait de s'installer à son bureau.

« Monsieur Gold, soupira-t-elle en décrochant.

- Regina, je vois que vous avez l'air ravie de mon appel, ironisa le vieil homme.

- Vous n'avez pas idée, répondit-elle en roulant des yeux.

Gold laissa échapper un petit ricanement.

- Si je vous contacte, très chère, c'est parce que j'ai eu vent de l'arrestation de votre responsable d'entretien, expliqua-t-il.

- Oui le gardien Humbert l'a appréhendé hier midi avec une quantité conséquente de drogue, raconta la brune, Je l'ai donc confié aux autorités.

- Je vous avoue être aussi surpris que déçu Regina. Je ne vous pensais pas incompétente au point d'engager du personnel aussi douteux, blâma le directeur.

La brune serra ses poings.

- J'aimerais vous rappeler que Leroy a été engagé bien avant mon arrivée, précisa-t-elle, sensiblement agacée.

- Peut-être mais c'est sous votre responsabilité qu'il a été surpris à faire du trafic très chère, attisa-t-il.

Regina bouillait, littéralement. Gold avait cette impressionnante capacité de rapidement échauffer la brune.

- Monsieur Gold, articula-t-elle entre ses dents, Ma journée commençait plutôt bien et je n'ai pas particulièrement envie de la voire entachée par vos remontrances inappropriées. Alors si votre appel n'avait pour but que de me gronder, je pense que l'on pourrait tout de suite l'abréger.

Gold ricana de nouveau.

- Vous gronder très chère, n'était pas l'objet premier de mon appel, contredit-il, Si je vous ai contacté c'est pour vous prévenir que je serai de visite le premier du mois. D'ici là tachez de venir à bout de ce problème de drogue. Je ne veux pas trouver la moindre trace de stupéfiant dans ma prison. »

Lorsque l'appel prit fin, Regina reposa brutalement le combiné sur son socle. Elle souffla ensuite bruyamment et passa nerveusement les mains dans ses cheveux.

Il lui restait une quinzaine de jours avant la visite de son supérieur, une quinzaine de jours pour réduire à néant tout le trafic de stupéfiants de la prison. Ce délai lui semblait plus que restreint et elle n'avait pas particulièrement envie de se confronter à un Gold mécontent.

Si quelqu'un pouvait être plus redoutable que la Méchante Reine, c'était bien monsieur Gold.

Regina se leva pour faire les cent pas dans son bureau. Elle cherchait activement une solution. Son visage s'éclaira quand, en pleine réflexion, elle entendit toquer à la porte.

« Entrez. », autorisa-t-elle en s'asseyant sur le bureau de marbre blanc.

« Majesté, salua la voix malicieuse d'Emma.

- Miss Swan. », répondit Regina avec un grand sourire aux lèvres.

La solution lui avait finalement été servie sur un plateau d'argent.

Sa solution avait une chevelure blonde, de beaux yeux verts, et venait de pénétrer dans son bureau en poussant un charriot d'entretien.