« Vous n'avez aucune idée de ce dont je suis capable. »
Cette phrase résonnait dans l'esprit d'Emma alors qu'elle peinait à trouver le sommeil. Le moins que l'on puisse dire était que Regina l'avait vraiment mise en rogne.
Le comportement trop autoritaire et hautain de la femme l'avait peut-être amusé un moment, mais maintenant la brune dépassait clairement les bornes et la blonde ne comptait plus rentrer dans son jeu.
La directrice bluffait-elle ?
Ou ses menaces étaient à prendre au sérieux ?
La blonde ne pouvait en être sûre mais son intuition la poussait à penser que madame Mills était bien sérieuse. Emma commençait à sérieusement envisager le fait que Regina portait en fait très bien son surnom.
Si jusque là elle était toujours allée dans son sens et avait eu droit à une Regina plus ou moins cordiale, elle se doutait bien qu'en s'opposant à sa volonté, elle se condamnait à subir les foudres de la Méchante Reine.
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Elle toqua à la porte vernie de noir.
« Entrez. », autorisa la voix.
« Bonjour Miss Swan, salua la même voix.
- Bonjour madame Mills. », répondit Emma sans grande conviction, ce qui n'échappa point à la directrice.
La blonde s'attela nonchalamment à balayer le sol. Regina l'observa faire du coin de l'œil, notant que pour la première fois, la détenue ne l'avait pas regardé ne serait-ce qu'une seule fois. Elle arrivait d'habitude à distraire la jeune femme par sa simple présence et se retrouvait maintenant presque contrariée de son apparente indifférence.
« Je vous ai connu plus loquace Miss Swan, fit-elle remarquer.
Emma soupira et ne prit même pas la peine de la regarder.
- Je suis là pour faire le ménage madame Mills, pas la conversation.
Regina arqua un sourcil.
- Pourtant vous prenez grand soin de la faire d'habitude, exposa la brune.
- C'est peut-être parce que d'habitude vous n'êtes pas entrain de me faire chanter, répliqua-t-elle sans cacher son agacement.
- Arrêtez donc d'exagérer, je ne vous fais pas chanter, soupira madame Mills.
Les yeux verts se relevèrent pour venir poignarder la silhouette assise derrière le bureau de marbre blanc.
- Vous me menacez si je ne fais pas ce que vous voulez, si ce n'est pas du chantage, dites moi ce que c'est ?
- Ce n'est pas du chantage. C'est juste l'assurance que vous honorerez votre part du contrat, expliqua-t-elle avec un petit sourire qui irrita profondément la blonde.
- Mais j'ai déjà honoré ma part du contrat !, s'énerva Emma, A vous d'honorer la votre maintenant !
Regina leva les yeux au ciel.
- Cessez de crier Miss Swan et épargnez moi d'avoir avec vous la même conversation que hier soir je vous prie.
- Vous ne vouliez pourtant pas que je fasse la conversation madame Mills ?, demanda-t-elle sarcastiquement.
- Si mais j'ai changé d'avis finalement, répondit la femme en se replongeant dans son travail.
- Oui ça c'est sûr que vous adorez changer d'avis..., siffla la blonde entre ses dents.
- Oui c'est ça Miss Swan j'adore changer d'avis, dit-elle en mêlant nonchalance et condescendance, Alors maintenant taisez vous et laissez moi travailler. »
Ce fut la goutte de trop pour Emma qui céda à une pulsion de colère. Après avoir ruminé les menaces de la brune toute la nuit, elle n'acceptait pas de devoir en plus supporter son dédain de bon matin.
Elle s'approcha en trombe du bureau et frappa du poing contre la surface de marbre blanc, arrachant ainsi un sursaut à la brune.
« Je ne sais pas vraiment pour qui vous vous prenez mais il faut arrêter de croire que tout vous est permis madame Mills. Ne pensez pas une seconde que vous allez faire ce que vous voulez de moi, aboya la blonde.
Les yeux rieurs qu'affichait Regina en la regardant la firent sortir encore un peu plus de ses gonds.
- C'est pourtant ce que je fais depuis que vous êtes arrivée ici, répondit-elle l'air malin.
Sa main la démangeait, elle avait envie de lui en mettre une et d'ainsi effacer l'insupportable sourire dessiné sur les lèvres rouges.
- Vous avez raison, consentit-elle, Mais maintenant que j'ai vu votre vice, c'est terminé, vous ne vous servirez plus de moi. Je me fous complètement de vos menaces, ce que j'ai dit hier tient toujours, je ne serai plus votre taupe madame Mills.
Sans la lâcher des yeux, Regina se leva pour être à sa hauteur, lui faisant ainsi face de l'autre côté du bureau.
- Miss Swan, commença-t-elle dans un rire mauvais, Je crois que vous n'avez toujours pas bien saisi le fait que vous n'avez pas le choix...
- Bien sûr que j'ai le choix, coupa Emma en levant la voix, Foutez moi ce putain de rapport qu'on en finisse !
- Langage Miss Swan, commenta la directrice.
- Oh mais allez vous faire foutre, enchaîna la blonde dont la colère n'était toujours pas redescendue.
D'ordinaire chocolat, les prunelles étaient maintenant d'un noir absolu tant la fureur commençait à gagner Regina. Elle n'était certainement pas habituée à ce qu'on lui parle de la sorte et elle était bien loin d'apprécier cela.
- Ecoutez-moi bien Miss Swan...
- Non c'est vous qui allez m'écouter, la coupa Emma.
D'un geste rapide et précis, la brune attrapa le col de la veste de la blonde. Puis d'une poigne de fer malgré que son bras ne soit pas bien épais, elle attira la détenue jusqu'à ce que son visage ne soit plus très loin du sien.
Emma fut surprise par cet acte soudain et fut incapable de l'esquiver. Elle dut alors se contenter de se retenir sur le bureau alors que Regina la tenait fermement, l'obligeant à se pencher vers elle.
- Maintenant fermez la et ouvrez bien vos oreilles, reprit-elle, Vous allez tout de suite cesser cette petite rébellion ridicule et vous allez faire exactement ce qui était prévu. Vous allez me ramener des noms et cette prison sera vidée de toute drogue d'ici le premier juillet. Vous avez bien compris ? »
Elle n'avait jamais été aussi proche de la directrice et elle se retrouva presque hypnotisée par cette soudaine proximité où les orbes sombres transperçaient dangereusement les siens.
Elle était si proche de Regina qu'elle pouvait baigner dans son doux parfum sucré et acidulé, qui faisait étrangement penser à celui d'une pomme dans laquelle on aurait fraichement mordu.
Si la femme qui lui faisait face n'était pas si affreusement séduisante et effrayamment magnétique, Emma se serait sans doute défait de sa prise en la poussant violemment et en lui criant quelques injures. Pourtant elle ne fit rien et se retrouvant incapable de faire autrement, elle opina docilement de la tête pour confirmer qu'elle avait bien compris, victime désabusée du charme destructeur de Regina Mills.
« J'espère que vous avez vraiment compris parce que si ce n'est pas le cas je ne ferai pas que vous mettre un simple rapport, articula-t-elle calmement, Non ce que je ferai sera bien plus désagréable Miss Swan. Je trouverai quelque chose auquel vous tenez et qui pourra vous faire du mal, vraiment beaucoup de mal et croyez moi que je n'aurai absolument aucun scrupule à exploiter vos faiblesses, bien au contraire... »
Une fois qu'elle eut terminer de parler, Regina lâcha négligemment le col de la veste en coton bleue et prit le temps de se rassoir confortablement dans son fauteuil en cuir.
Emma n'avait pas bougé, toujours prise au dépourvu par ce que venait de lui dire la directrice, se contentant de suivre les mouvements de la femme qui s'était replongée dans son travail.
« Je...
- Fichez le camp d'ici, la coupa immédiatement Regina, Je vous ai assez vu pour aujourd'hui. »
La blonde se retourna, récupéra son charriot et sortit du bureau sans dire un mot. Une fois qu'elle l'eut refermé, elle s'appuya contre la porte vernie de noir et soupira lourdement.
Elle venait de rencontrer la Méchante Reine.
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Emma rumina sa discussion avec la directrice toute la journée. Elle s'en voulait d'avoir était si ahurie et de ne pas avoir su quoi répondre sur le moment. Elle aurait dû rabattre le caquet de cette peste, mais au lieu de ça elle avait faiblement acquiescé à ses dires, lui laissant ainsi avoir l'ascendant pour la énième fois. Elle regrettait presque de ne pas lui avoir envoyé son poing dans la figure. Cela lui aurait sans doute attiré plus de problèmes, mais au moins elle aurait eu la satisfaction de lui clouer le bec.
« Ça va Emma ? Tu n'as pas l'air de bonne humeur, fit remarquer Mary-Margaret quand la blonde la rejoignit au self pour dîner.
- Non ça va, répondit-elle avec un faux sourire.
- Pourtant tu as l'air contrariée, insista Blanchard.
Emma soupira.
- Je suis juste fatiguée de ma journée de ménage...
- Je te comprends, c'est sûr que ce n'est pas le boulot le plus simple, dit-elle.
- Ça c'est sûr...»
Après cela Emma n'articula plus aucun mot de tout le repas. Elle mangea donc en silence, écoutant vaguement la discussion entre Blanchard, Darling et Boyd qui était revenue le matin même de sa désintoxe à l'hôpital.
Les trois femmes échangeaient des banalités pas bien intéressantes aux oreilles d'Emma dont l'esprit était déjà occupé ailleurs.
Elle ne retint donc pas grand chose de leur conversation, se rappelant seulement d'une poignée de potins racontés.
Selon Darling qui les avait surpris en nettoyant la cantine plus tôt, Ruby et sa petite amie Dorothy Gale étaient en pleine dispute, mais apparemment cela n'avait rien de bien inhabituel.
Elle avait ensuite appris de la bouche de Blanchard que Breaburn allait se faire toute petite un moment pour ne pas attirer plus les soupçons sur elle quant à l'agression de Tinker Bell.
Enfin il paraîtrait que Ruby et De Vil étaient en plein conflit, la plus vieille accusant la jeune brune d'être de mèche avec Tinker Bell qui n'avait toujours balancé que son trafic, laissant celui des Granny en paix.
Emma put vérifier d'elle même ces trois scoops rien qu'en passant le regard à travers le réfectoire.
Gale mangeait d'habitude à la table la plus proche des cuisines afin de pouvoir échanger quelques mots avec Ruby, mais ce soir elle s'était installée à l'autre bout du self en tirant une gueule de trois mètres de long.
Breaburn quant à elle était assise à sa place habituelle et ne semblait vouloir du tord à personne, ce qui était plutôt rare.
Enfin on pouvait facilement repérer les regards meurtriers que s'échangeaient De Vil et Ruby.
La blonde rigola alors en se disant qu'au moins elle n'était pas la seule à avoir des ennuis dans cette prison. Seulement son rire se transforma rapidement en soupire, redoutant déjà son propre problème qu'elle allait devoir supporter une heure chaque jour alors qu'elle devait nettoyer son bureau.
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La semaine défila lentement pour Emma qui eut à subir un peu plus chaque jour les remontrances de madame Mills.
Elle n'avait toujours donné aucun nom et la brune commençait à sérieusement perdre patience. Seulement la blonde ne comptait pas céder et attendait simplement que la sanction tombe, que la directrice mette ses menaces à exécution.
Après ces quelques jours à ne penser qu'au chantage de la femme, Emma eut le plaisir de s'offrir une heure de pause, une heure de légèreté et de pur bonheur en recevant la visite d'Henry. Elle n'avait passé que trois semaines en prison et pourtant elle pouvait déjà attester que son jour favori était le samedi, la visite de son fils suffisant à lui égayer la journée et lui permettant de tenir les jours suivants.
Son petit garçon était la chose qui lui manquait le plus et certainement le seul être dont elle ne pourrait se passer.
Elle savoura donc pleinement cette heure à ses côtés, l'écoutant attentivement raconter ses histoires et se nourrissant de son sourire. Lorsqu'elle sortit de la salle de visite elle était rayonnante et un affichait un air béat.
« Qu'est-ce qui vous rend si souriante Miss Swan ?
Cette voix la ramena brutalement à la réalité.
- Pas vous, grommela-t-elle en se tournant pour la regarder.
Elle se tenait au bout du couloir, les mains sur les hanches et un petit sourire au coin des lèvres.
- Ça je veux bien le croire. », répondit la brune en s'avançant dans sa direction.
Emma ne put faire autrement que de dévorer la femme du regard.
Elle portait une robe noire qui s'arrêtait au genou et qui s'ajustait parfaitement à sa silhouette tout en marquant joliment sa taille. Les épaulettes et le décolleté dont était pourvu le vêtement continuaient à mettre en valeur son corps de rêve tout en accentuant cet air diabolique déjà reflété par son sourire.
Le regard fixe, elle avançait droit sur la blonde, faisant balancer ses hanches à chacun de ses pas.
Regina avait tout d'une panthère s'approchant de sa proie, et sa proie, c'était Emma.
« Vous avez raison Miss Swan, je ne vous fais pas sourire, je vous fais plutôt gober les mouches. », dit-elle de sa voix moqueuse en s'arrêtant devant la détenue.
Emma referma aussitôt sa bouche qu'elle avait laissé entrouverte en contemplant la belle brune s'approcher.
« Vous n'allez pas me répondre ?, enchaîna Regina sans lui laisser le temps de parler.
- Répondre à quoi ?, demanda la blonde en fronçant les sourcils.
- Qu'est-ce qui vous fait sourire ?, répéta la directrice, Vous avez passé la semaine à faire la tête et voilà que je vous retrouve toute souriante.
- Mon fils vient de me rendre visite, expliqua Emma, Et ça suffit à me faire sourire, même si vous m'avez fait vivre un enfer toute la semaine.
- Un enfer rien que ça ?, railla-t-elle.
- Oh oui un enfer madame Mills, insista la blonde.
Regina ricana.
- Sachez Miss Swan que je ne vous ai pas encore emmené en enfer avec moi, articula-t-elle en se rapprochant encore un peu plus d'Emma, Mais ça ne saurait tarder si vous continuez à ne faire aucun effort pour respecter notre accord. », rajouta-t-elle à voix basse.
Après lui avoir soufflé ces derniers mots à l'oreille, Regina se recula d'un pas pour lui lancer un sourire aussi hypocrite que menaçant. Puis elle tourna les talons et repartit d'où elle était venue, parvenant encore à attirer les deux prunelles vertes qui la suivirent jusqu'à ce qu'elle disparaisse au détour du couloir.
Emma soupira ensuite lourdement, se disant que la pause initiée par la visite d'Henry n'avait pas duré bien longtemps.
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Le bruit tonitruant la fit sursauter. L'alarme d'alerte sonnait. Quelqu'un avait encore appuyé sur le bouton rouge. Emma était entrain de nettoyer les douches alors elle s'arrêta et sortit dans le couloir pour voir ce qu'il se passait. Elle vit l'infirmière French et le docteur Whale partir en trombe en direction de la cour en poussant un brancard. L'alarme s'arrêta quelques secondes après.
« Qu'est-ce qu'il s'est passé ?, demanda-t-elle en voyant le gardien Jones passer.
- Overdose. », répondit simplement l'homme.
Emma grimaça. Elle en connaissait une qui allait être particulièrement contrariée par cet évènement et elle se préparait déjà à en subir les conséquences.
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Ce ne fut même pas une surprise quand elle vit Belfrey entrer dans sa cellule le soir même.
« Debout Swan, ordonna-t-elle d'une voix dure, Tu es convoquée dans le bureau de Madame Mills.»
Mary-Margaret regarda Emma avec des yeux interrogateurs et la blonde lui souffla un « Je gère. » pour la rassurer. Elle suivit ensuite la gardienne qui commençait à avancer en direction du bureau de la directrice.
« Je savais qu'il ne faudrait pas longtemps avant que tu t'attires de nouveau des problèmes, se moqua le dragon.
Emma leva les yeux au ciel.
- Je me passerai bien de vos commentaires Belfrey, bougonna-t-elle.
- Je ne me rappelle pas t'avoir autorisé à répondre Swan, grogna la gardienne.
- Si vous ne voulez pas que je vous réponde, cessez donc de cracher votre venin. On vous appelle le dragon Belfrey, pas la vipère. »
La gardienne n'eut pas le temps de lui répondre, la porte vernie de noir venait brusquement de s'ouvrir, révélant une Regina habitée par la rage.
« Madame Mills, salua Emma avec un petit sourire crispé.
- Allez vous assoir. », ordonna-t-elle en la fusillant du regard.
La blonde eut à peine le temps de se faufiler à l'intérieur de la pièce que la directrice claqua la porte au nez de Belfrey. Elle ne put alors retenir un petit rire en pensant à la gardienne qui devait bouillir d'avoir été congédiée de la sorte.
« Qu'est-ce qui vous fait rire ?, grogna la brune.
- Rien du tout, tenta de se reprendre Emma.
Regina leva les yeux au ciel.
- J'ai tout sauf envie de rire Miss Swan, dit-elle en s'asseyant sur son fauteuil en cuir, Vous savez pourquoi vous êtes la ?
- Je suppose que c'est parce qu'il y a eu une nouvelle overdose, supposa la blonde.
- Je viens d'avoir monsieur Gold au téléphone, informa-t-elle, L'hôpital l'a appelé pour lui dire que la détenue n'a pas survécu.
- Merde, laissa échapper Emma.
- Langage Miss Swan. », la corrigea automatiquement Regina.
La femme était à bout de nerfs, cela se ressentait, alors la blonde n'eut pas de mal à deviner que monsieur Gold venait certainement de lui passer un savon.
Accoudée à son bureau, Regina ferma les yeux un instant pour se masser les tempes, lorsqu'elle les rouvrit, ses prunelles noires s'alignèrent aux vertes d'Emma.
« Donnez-moi des noms, demanda-t-elle directement.
La blonde détourna le regard.
- Madame Mills rien n'a changé de mon côté, je ne vous donnerai aucun nom, soupira-t-elle.
- Si, vous allez m'en donner, affirma Regina de sa voix autoritaire.
- Je comprends que vous vous retrouvez dans une situation délicate, mais vous allez devoir vous en sortir sans mon aide Madame Mills, déclara la détenue, Je ne suis pas votre taupe.
Un petit rire froid passa la barrière des lèvres maquillées de rouge, un rire si froid qu'il en glaça le sang d'Emma.
- Miss Swan, commença-t-elle d'une voix tout aussi glaçante, Je pense que vous n'avez pas bien compris que si je suis à présent dans une situation délicate, la situation dans laquelle vous vous retrouverez si vous ne m'obéissez pas sera bien plus désagréable.
La blonde commençait à sérieusement s'agacer de ces menaces incessantes.
- Beaucoup de paroles mais très peu d'actions. Allez-y madame Mills, mettez vos menaces à exécutions, provoqua-t-elle.
Elle put presque sentir les yeux noirs de fureur la transpercer.
- Est-ce que vous êtes entrain de dire que vous ne me prenez pas au sérieux ? C'est bien cela Miss Swan ?, articula-t-elle calmement alors que tout son être bouillonnait de rage.
- Oui c'est exactement ce que je dis, confirma Emma en prenant son air le plus insolent.
Les lèvres rouges se pincèrent alors que pour la première fois, la blonde put observer une veine ressortir légèrement du front de la brune, signe qu'elle avait vraiment réussi à la mettre hors d'elle.
- Très bien. », dit-elle d'un ton impassible tout en se levant.
Emma se leva à son tour, observant la femme contourner son bureau pour venir se placer juste devant elle. Elle n'eut pas le temps d'être déstabilisée par cette proximité que la brune se saisit de son poignet pour la tirer derrière elle.
Regina ouvrit ensuite vivement la porte peinte en noir, faisant ainsi sursauter Belfrey.
« Madame Mills vous voulez que je conduise la détenue en isolement, demanda aussitôt la gardienne.
- Non c'est bon je vais m'en charger. », aboya la directrice en continuant sa marche effrénée.
Emma se laissa trainer par la boule de nerfs qui lui tenait fermement le poignet et qui traversait la prison en trombe sans lui adressait le moindre mot ni le moindre regard.
« Ouvrez une cellule pour mademoiselle Swan. », ordonna-t-elle au gardien du quartier d'isolement.
Regina lâcha le poignet d'Emma une fois celle-ci dans la cellule puis en referma la porte juste derrière elle. Elle approcha ensuite son visage vide d'émotion des barreaux.
« Préparez votre liste de noms, je la veux quand je reviendrai. »
Puis la femme tourna les talons et s'éloigna. La blonde ne dit rien et la regarda s'éloigner. Regina avait à la fois tout d'une reine mais aussi tout d'une diablesse.
Emma se dit que finalement, son surnom de Méchante Reine lui allait comme un gant.
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Une semaine. Regina attendit une semaine avant de retourner voir la détenue. Elle voulait la faire regretter, elle voulait qu'elle arrête de lui résister et qu'elle lui obéisse comme ils le faisaient tous. Cependant elle n'était pas dupe, elle avait bien saisi le personnage et se doutait que cette blonde revêche allait encore essayer de lui tenir tête. Alors elle avait réfléchi et ce n'était pas par hasard qu'elle allait la voir en ce samedi matin.
Elle avança dans le couloir du quartier d'isolement, prenant grand soin de marteler le sol de ses talons à chacun de ses pas, espérant bien que la jeune femme l'entende arriver.
Quand elle fit finalement face aux barreaux de la porte, elle vit que la blonde l'avait bien entendu et semblait d'ailleurs l'attendre, alors un petit sourire satisfait se glissa sur ses lèvres.
« Alors Miss Swan comment s'est passée cette petite semaine en isolement ?
- J'ai connu pire madame Mills, répondit Emma en s'approchant.
- Je suis heureuse de l'apprendre, dit-elle ironiquement.
- Pourquoi êtes-vous là ?, enchaîna la blonde.
- Vous savez très bien pourquoi je suis là Miss Swan, articula Regina en enroulant ses doigts autour des barreaux.
- Je ne vous donnerai aucun nom madame Mills, garantit Emma.
La brune s'y attendait, elle ne perdit donc pas une seconde pour enchaîner.
- Est-ce que vous savez quel jour on est aujourd'hui Miss Swan ?, demanda-t-elle malicieusement.
- On est samedi, répondit Emma sans comprendre la question.
- Exactement, confirma la directrice en étirant un peu plus son sourire déjà triomphant, Et le samedi est un jour spécial pour vous n'est-ce pas ?
Le visage de la blonde se décomposa, elle avait compris.
La brune sourit un peu plus si cela était encore possible. Elle en avait maintenant la confirmation, elle avait bien trouvé le point faible d'Emma Swan.
- Où est-ce que vous voulez en venir madame Mills ?
- C'est très simple Miss Swan, vous me donnez ce que je veux et vous sortez directement de cette cellule, vous aurez le temps de prendre une douche et vous arriverez pile à l'heure en salle de visite pour voir votre fils, expliqua-t-elle, Si vous ne me dites rien, vous sortirez ce soir et vous ne pourrez donc pas le voir.
Regina observa le visage de la détenue se détendre et elle en jubila, elle n'avait pas encore donné le coup de grâce.
- Je saurai me passer de mon fils aujourd'hui, déclara-t-elle à contre coeur.
- C'est parfait alors, j'espère que vous saurez également vous en passer samedi prochain, puis celui d'après, et encore celui d'après... Je continue ?, demanda-t-elle ravie de voir la blonde perdre à nouveau la face.
- Mais vous ne pouvez pas faire ça !, répliqua-t-elle.
Regina ricana.
- Vous pensez vraiment que je ne peux pas vous retirer votre droit de visite ? Voyons Miss Swan, vous êtes une détenue, je suis la directrice et ce droit de visite est un privilège, alors c'est évident que je peux vous le retirer.
- Vous n'êtes qu'une sale garce, asséna la blonde, bouillonnant de rage.
- Une sale garce ?, s'offusqua faussement Regina, Mais où est dont passé le Majesté ?
- Vous ne méritez pas le Majesté, les autres avaient raison, vous êtes vraiment la Méchante Reine, bougonna Emma.
- Je suis ravie de vous l'entendre dire.», se moqua-t-elle.
La blonde commença à faire les cent pas dans la petite cellule d'isolement. Elle était énervée, enragée contre la directrice.
La brune regarda la détenue d'un œil satisfait, elle avait réussi et était persuadée que la jeune femme allait céder.
« Alors êtes-vous finalement décidée à coopérer Miss Swan ?, demanda-t-elle avec un faux air innocent.
Les yeux verts se relevèrent en direction de Regina, poignardant sa silhouette.
- Vous pensez vraiment que je vais vous aider madame Mills ? Je ne vais certainement pas vous donner cette satisfaction, répondit Emma en se rapprochant des barreaux.
La brune était mécontente et la blonde le remarqua de part ses lèvres pincées et ses orbes obscurcis.
- Vous êtes sûre de votre choix ?, dit-elle d'une voix qui se voulait neutre.
- Sûre et certaine, assura Emma, Je ne suis pas encore prête à signer un pacte avec le diable, piqua-t-elle.
Regina se recula, la regardant avec un sourire mauvais.
- Très bien Miss Swan, alors je vais y aller. Belfrey viendra vous chercher en début de soirée. », finit-elle en se retournant, prête à partir.
Emma n'avait pas cédé, elle n'avait pas laissé la directrice gagner et pourtant elle restait quand même la perdante de l'histoire. Regina la privait d'Henry et cela était inacceptable.
« A votre place madame Mills je ferai attention, prévint-elle.
Regina se retourna en arquant les sourcils.
- Je vous demande pardon ?
- A votre place madame Mills je ferai attention, répéta Emma.
La blonde put clairement voir la surprise se dessiner sur le visage de la femme.
- Est-ce que vous me menacez Miss Swan ?, demanda-t-elle en riant jaune.
- Non, je vous préviens. », corrigea-t-elle.
Emma ne voulait plus seulement résister aux foudres de Regina Mills, non elle voulait faire plus que cela.
Elle allait combattre la Méchante Reine et elle allait gagner.
« Parce que croyez moi madame Mills, vous n'avez aucune idée de ce dont MOI je suis capable. »
