« Parce que croyez moi madame Mills, vous n'avez aucune idée de ce dont MOI je suis capable. »
Ses sourcils s'arquèrent en écoutant la blonde. Cependant son visage surpris ne dura qu'un bref instant, elle revêtit vite son éternel air malin et supérieur.
- Miss Swan, je doute que vous soyez capable de grand chose derrière ses barreaux, se moqua-t-elle.
- Peut-être bien madame Mills, mais comme vous l'avez dit je sors ce soir, répondit la blonde sans se démonter.
- Je doute que cela ne change grand chose Miss Swan, railla la directrice, Votre statut de détenue ne vous donne pas beaucoup de possibilités.
Emma se rapprocha un peu plus de la porte.
- Ne me sous-estimez pas madame Mills, insista-t-elle.
Regina vint se coller aux barreaux avec des yeux brillants de défi.
- Et bien j'ai hâte de voir ce que vous avez dans le ventre Miss Swan. »
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A peine sortie du quartier d'isolement, Emma se précipita en direction des téléphones, elle voulait appeler son fils pour s'excuser de la visite ratée et pour lui expliquer toute la situation. Quand elle entendit un long bip sans fin résonner dans le combiné, elle le reposa violemment sur son support en soufflant.
Il était 19h05, à quelques minutes près elle aurait pu passer son appel. Elle allait devoir prendre son mal en patience et attendre le lendemain pour appeler Henry. Elle s'énerva alors à penser que la brune avait fait exprès de la faire sortir juste après l'heure...et elle avait sans doute raison.
« Emma! Est-ce que ça va ?, s'écria Mary-Margaret en voyant la blonde la rejoindre dans la queue du self.
- Oui ça va, répondit Swan qui était encore sur les nerfs.
- Pourquoi on t'a mise au trou ?, questionna Blanchard.
- Apparemment j'aurais contrarié la Méchante Reine, grommela-t-elle.
- J'aurais aimé voir ça, commenta Ruby en remplissant leurs assiettes, Qu'est-ce que tu as fait pour contrarier notre bonne vieille madame Mills ? Laisse moi deviner... tu as laissé des traces sur ses fenêtres ? Ou alors elle t'a surprise entrain de la mater avec un peu trop d'insistance ?
Mary-Margaret pouffa de rire et Emma leva les yeux au ciel.
- Je ne la mate pas Ruby...
- Menteuse, répliqua la grande brune.
- Alors qu'est-ce que tu lui as fait ?, intervint Blanchard.
- Mais rien, absolument rien, se défendit Emma, Cette sale folle était juste énervée et elle cherchait un bouc émissaire.
- Ça ne m'étonne pas, c'est bien son genre, dit Ruby.
- Au moins maintenant tu es d'accord avec nous, ajouta Mary-Margaret, Son surnom lui va très bien.
- Oh oui, il lui va parfaitement!», confirma la blonde.
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Allongée sur son matelas, recouverte par ses draps, les mains croisées à l'arrière de son crâne, Emma réfléchissait.
Elle comptait bien faire payer à la directrice et elle était motivée à récupérer son droit de visite mais aussi à la voir perdre face à elle. Emma voulait vaincre la Méchante Reine et elle comptait bien y arriver. Seulement elle devait avouer que brune n'avait pas tord, elle n'était qu'une détenue dans cette prison et elle n'avait donc pas grand choix pour sa vengeance. Elle allait devoir se creuser les méninges et dégoter un plan d'action rapidement, elle ne voulait pas attendre longtemps pour se voir triompher de Regina Mills.
Emma se mit alors à ressasser toutes les informations utiles qu'elle avait pu apprendre durant ces quatre dernières semaines passées derrière les barreaux. Elle se surprit alors en se rendant compte de tous les évènements qui s'étaient déroulés en seulement un mois. Que ce soit pour elle ou pour les autres détenues, ce mois de Juin n'avait pas été de tout repos, pourtant elle ne l'avait pas vraiment vu passer et était presque étonnée de se retrouver bientôt en Juillet.
Elle se redressa alors brusquement dans son lit. Les connections s'étaient faites, elle avait une idée.
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Ce fut une Emma très observatrice qui se rendit au self pour boire son chocolat chaud en ce dimanche matin. Elle qui d'habitude aimait bien survoler le réfectoire de son regard curieux, elle n'avait aujourd'hui d'yeux que pour une seule cible. Une certaine brune aux mèches rouges d'un mètre soixante quinze, très maquillée et toujours fagotée de sorte à ce que le maximum de sa peau soit visible.
Si Emma n'avait d'yeux que pour Ruby, c'est parce qu'elle était persuadée que la chef de gang était l'alliée parfaite pour le plan qu'elle souhaitait mettre en place.
Elle analysa donc tous ses faits et gestes et eut alors du mal à réprimer un petit cri victorieux. Comme elle l'avait espéré, la tension entre De Vil et Ruby ne s'était pas du tout estompée durant sa semaine au trou, bien au contraire.
Ce fut avec un sourire satisfait que la blonde reprit une gorgée de son chocolat chaud, se délectant presque de la prise de bec entre la brune aux mèches rouges et la femme à la mèche blanche qui animait le réfectoire.
Elle attendit la fin du petit-déjeuner vissée sur sa chaise et se leva une fois que le réfectoire fut complètement vide. Elle se dirigea alors vers les cuisines mais fut coupée dans son élan par une femme âgé aux cheveux rouges coiffés en pétard.
«Où est-ce que tu penses aller comme ça ?, l'interpella la détenue.
Emma n'avait encore jamais adressé la parole à Granny et elle devait bien avouer que la femme était plutôt intimidante. Pas très grande, son physique était plus modeste que celui de sa petite fille et pourtant la grand-mère en imposait bien d'avantage.
- Je viens parler à Ruby, se justifia la blonde en continuant à avancer.
- Eh eh! Stop. Ne fais pas un pas de plus dans ma cuisine.», ordonna-t-elle en levant en l'air une main presque menaçante.
Emma s'arrêta l'air confus avant de faire quelques pas en arrière pour se positionner derrière le marquage au sol.
«RUBY !, hurla la vieille femme.
- QUOI ?!, cria la jeune brune en retour.
- QUELQU'UN VEUT TE PARLER !»
On put l'entendre soupirer de l'autre bout de la cuisine. Ruby traina ensuite le pas pour rejoindre son mystérieux interlocuteur et son visage mécontent s'adoucit dès qu'elle vit la blonde.
« Ah c'est toi Boucles d'or, sourit-elle, J'ai cru que c'était encore une des De Vil qui venait m'emmerder.
- Et non ce n'est que moi, rigola Emma.
- Qu'est-ce que tu me veux Boucles d'or ?, demanda-t-elle curieuse.
La blonde vérifia les alentours pour s'assurer que personne ne les écoutait.
- Si je te disais que j'ai peut-être un plan pour te débarrasser de De Vil un temps ?»
Ruby et Granny la regardèrent en plissant les yeux et un petit sourire se glissa sur les lèvres d'Emma. Elle en était maintenant persuadée, les Granny allaient être avec elle sur ce coup là.
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Lever les yeux au ciel. C'est ce qu'elle fit quand elle croisa Graham Humbert, la chemise mal boutonnée, qui franchissait la porte vitrée.
Elle continua à remonter le couloir de l'administration en poussant son charriot et s'arrêta pour toquer contre la surface peinte en noir.
« Entrez. », autorisa la directrice.
Emma pénétra dans le bureau et vit la belle brune assise sur son fauteuil en cuir. Elle tenait dans sa main gauche un petit miroir et s'appliquait de sa main droite à se remettre du rouge à lèvres.
« Votre séance de sport matinale était bonne madame Mills ?, charia la blonde.
Regina étouffa un rire mais le léger sourire qui se dessina sur ses lèvres n'échappa à Emma.
- Excellente, Miss Swan, répondit-elle sans quitter les yeux de son miroir, Vous devriez penser à vous y mettre, rien de tel que de se dépenser de bon matin pour bien commencer la journée. »
Emma leva les yeux au ciel et commença son ménage.
Une fois satisfaite de son reflet, Regina referma son miroir, reboucha son rouge à lèvres puis les rangea dans un des tiroirs. Elle s'accouda ensuite sur son bureau de marbre blanc et laissa reposer son visage au creux de ses mains.
La détenue avait réussi à la mettre hors d'elle en brisant leur accord, cependant elle ne pouvait nier que le côté récalcitrant de la blonde lui plaisait bien. Emma Swan ne se montrait pas docile et cela ne faisait qu'accentuer son envie de la faire se soumettre à elle. Regina le savait, peu importe le défi que représentait cette blonde, elle allait gagner. Elle gagnait toujours et elle comptait bien lui faire payer les conséquences de son insubordination.
Les prunelles chocolat suivirent avec attention la silhouette de la jeune femme qui s'activait à nettoyer les vitres.
Si elle avait passé le week-end partagée entre l'appréhension de la visite de Gold cette semaine et l'irrépressible envie d'arracher la tête de Swan, elle devait bien avouer que sa petite entrevue matinale avec Humbert avait eu le mérite de la détendre.
Regina était donc d'humeur joueuse ce matin.
« Miss Swan, l'interpella-t-elle.
- Madame Mills, répondit Emma sans se tourner pour la regarder.
- Laissez tomber les vitres et venez plutôt vous assoir.
- Pourquoi ?, souffla-t-elle.
- Parce que je vous le demande, dit-elle comme si c'était évident.
Emma soupira et vint s'affaler nonchalamment face au bureau.
- Faites vite madame Mills, j'ai du ménage à faire, je n'ai pas le temps d'écouter vos menaces...
Regina ricana.
- Je ne comptais pas vous menacer..., articula-t-elle de sa voix légèrement grave.
- Ah oui ? Et qu'est-ce que vous comptiez faire alors ?
Les prunelles brunes captèrent les vertes alors que la femme jouait lascivement avec ses cheveux.
- Je voulais simplement vous poser une question, dit-elle innocemment.
Regina se pencha légèrement en avant. Les yeux d'Emma quittèrent les pupilles chocolat pour plonger dans le décolleté que la femme prenait un malin plaisir à accentuer.
- Posez votre question madame Mills, dit-elle à demi-mot, ayant du mal à déglutir.
Un sourire prédateur se glissa sur les lèvres rouges. La brune était ravie de constater qu'elle gardait toujours une certaine emprise sur la détenue. La blonde devait sans doute la détester et pourtant elle était toujours affreusement sensible à ses charmes. Regina comptait bien se servir de cela pour mener Emma à sa perte.
- Je voulais savoir si votre fils ne vous en voulait pas trop de votre absence de samedi ? », asséna-t-elle vicieusement.
Les orbes verts poignardèrent la directrice et Emma s'en voulut amèrement d'avoir encore une fois été trop faible pour résister au dangereux physique de la Méchante Reine.
« Et bien Miss Swan répondez-moi, je suppose que vous avez pu l'avoir au téléphone hier ?, enchaina-t-elle, satisfaite de voir la blonde bouillir.
Emma serra les poings, contenant sa colère en se rappelant que Regina allait bientôt s'en mordre les doigts.
- Je l'ai eu au téléphone hier et il ne m'en veut pas du tout, affirma-t-elle en soutenant le regard de la femme, Je lui ai bien expliqué la situation et il a très bien compris que ce n'était pas de ma faute si une espèce de barjo s'acharnait sur moi.
- Une espèce de barjo ?, releva la brune en arquant les sourcils.
- Non excusez-moi du terme..., fit-elle avec une grand sourire hypocrite, Une salope sans cœur conviendrait beaucoup mieux.
Un petit rire glacial se fit entendre de la part de Regina.
- Miss Swan, j'espère que m'insulter n'est pas la seule chose dont vous êtes capable. Vous m'avez demandé de ne pas vous sous-estimez, alors ne me décevez pas je vous prie, provoqua-t-elle.
- Oh croyez-moi madame Mills, vous n'allez pas être déçue... », assura Emma tout en se relevant pour reprendre son ménage.
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Elle gara sa belle Mercedes à la place qui lui était attitrée. Elle vérifia brièvement son reflet dans le rétroviseur intérieur. Elle passa sa main dans ses cheveux bruns, voulant arranger sa coiffure pourtant déjà parfaite. Elle prit une grande inspiration avant de recracher l'air dans une lourde expiration. Elle se décida finalement à sortir de la voiture. Elle retira les clés du contact et ouvrit la portière. Elle posa ses pieds chaussés d'élégants escarpins sur le sol goudronné. Elle se mit debout et inspecta nerveusement son joli ensemble tailleur-jupe. Elle leva les yeux pour regarder la prison d'un air presque anxieux. Elle verrouilla sa berline noire et marcha en direction du portail grillagé, soupirant par avance de la journée qui l'attendait entre ces murs en béton.
En ce matin du 1er juillet, Regina Mills n'était pas d'humeur à plaisanter. La brune voulait boucler sa journée au plus vite et n'avait pas la moindre idée de ce qu'une certaine blonde lui réservait...
A peine fut-elle installée à son bureau qu'elle entendit quelqu'un frapper.
« Entrez. », dit-elle en laissant transparaître son ennui.
La porte s'entrouvrit pour laisser passer la tête de Graham.
« Regina...Monsieur Gold est arrivé. »
Elle tiqua sur le "Regina" et s'apprêta à répliquer pour le corriger mais elle s'arrêta quand elle entendit des pas accompagnés d'un bruit de canne marteler le sol. Effectivement, monsieur Gold était bien là.
Elle se leva et vit très rapidement le vieil homme entrer dans son bureau.
« Regina, salua-t-il avec un sourire assez hypocrite qui laissait révéler plusieurs dents en or.
- Gold, salua-t-elle en retour, les lèvres pincées.
Il s'installa sur le siège sans quitter la femme des yeux alors qu'elle prenait également place sur son fauteuil en cuir.
- Alors très chère, commença-t-il, Avez-vous débarrassé cette prison de tout son trafic ?
- Les gardiens ont multiplié les fouilles et...
Il la coupa d'un raclement de gorge.
- Regina, permettez moi d'être plus clair, articula-t-il, Vos explications ne m'intéressent pas, je veux juste que vous répondiez à une simple question. Reste-t-il la moindre trace de stupéfiants dans ma prison ?
Elle soupira.
- Monsieur Gold vous savez très bien que c'est impossible d'être sûr que plus aucune drogue ne passe dans une prison.
Il fronça les sourcils.
- Très chère êtes-vous entrain de me dire que vous n'avez pas fait ce que je vous ai demandé ?, questionna Gold.
- Non, contredit-elle sans cacher son agacement, Je suis entrain de vous dire que je ne peux être sûre de rien.
Un faux sourire se glissa sur les lèvres du directeur alors qu'il se leva précipitamment à l'aide de sa canne.
- Et bien allons s'en assurer. »
Il sortit du bureau sans même vérifier si la femme le suivait, alors elle se leva en souffla et se dépêcha de le rattraper.
« Qu'est-ce que vous comptez faire ?, demanda-t-elle.
Gold ne prit pas la peine de lui répondre et s'adressa au gardien Humbert qui les attendait dans le couloir.
- Gardien, escortez madame Mills et moi même, exigea-t-il, Je veux visiter chaque recoin de cette prison.
Regina le regarda en haussant les sourcils.
- Parce que vous pensez vraiment tomber sur de la drogue en vous baladant simplement dans la prison ?, se moqua-t-elle.
- Très chère, il y a eu deux overdoses en moins d'un mois, alors je pense que cet endroit doit regorger de drogue et qu'il ne serait pas étonnant que j'en trouve en me "baladant simplement" comme vous dites, répliqua Gold.
- Ces filles ne sont pas assez stupides pour être aussi évidentes, vous n'allez pas les prendre la main dans le sac si facilement, se moqua-t-elle.
- Je ne dirai pas que ces filles sont stupides, je pense plutôt que c'est le personnel qui est incompétent, piqua-t-il.
Elle lui envoya un regard meurtrier.
- Je suis plus que compétente, s'insurgea-t-elle.
Un sourire en coin se dessina sur le visage de l'homme.
- Alors c'est votre équipe qui ne l'est pas suffisamment..., ajouta-t-il l'air malin.
- Ne vous avancez pas trop vite monsieur Gold, vous n'avez pas encore trouvé de drogue dans cette prison, le réfréna-t-elle.
- Ça ne saurait tarder très chère... », répondit-il avec cet étrange air mystique qui lui appartenait bien.
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La matinée se déroula plus ou moins tranquillement pour Regina. Certes elle avait du mal à supporter Gold, mais la visite de la prison s'était plutôt bien passée. Aucune drogue n'avait été trouvée et le directeur n'avait remarqué aucun comportement suspect chez les détenues. Le vieil homme avait d'ailleurs l'air presque mécontent, comme s'il était déçu de ne pas avoir pu mettre la femme en porte-à-faux.
Mills et Gold étaient toujours accompagnés de Graham Humbert et alors qu'ils s'apprêtaient à regagner le bureau de la directrice, ils se stoppèrent net au détour d'un couloir.
La mâchoire du gardien manqua de se décrocher.
Les poings de Regina se serrèrent, ses lèvres se pincèrent.
Un sourire en coin, moitié sournois, moitié satisfait, se glissa sur la bouche de Gold.
« Et bien très chère, je crois que notre petite balade a porté ses fruits. »
Les sœurs d'Arendelle étaient assises au milieu du couloir, riant aux larmes. Les éclats de leur rire résonnaient frénétiquement dans toute la prison. Dans la main d'Anna se trouvait un sachet de ballons de baudruche, Elsa quant à elle, tenait fermement une bombe de protoxyde d'azote. Les deux sœurs ne pouvaient s'arrêter de s'esclaffer, victimes du gaz hilarant dont elles venaient d'avaler plusieurs ballons.
« Gardien Humbert, conduisez ces deux là en isolement et convoquez les autres gardiens pour fouiller cette prison. », siffla Regina entre ses dents.
Les orbes noirs poignardèrent les deux détenues en plein fou rire. Mais très vite ils furent attirés par une chevelure blonde qui venait de sortir la tête de sa cellule.
Les prunelles chocolat s'alignèrent aux vertes et Regina comprit immédiatement à qui elle devait ce désastreux spectacle.
La veine de son front apparut sur son visage et en voyant cela, un grand sourire prit place sur les lèvres de la blonde.
Lorsque la sonnerie annonçant la fouille retentit, les yeux sombres et enragés se décollèrent du visage ravi d'Emma, et Regina tourna les talons pour repartir vers son bureau d'une démarche furieuse, Gold sur ses traces.
Emma sortit alors de sa cellule pour s'adosser au mur du couloir, comme le firent toutes les détenues en attendant que les gardiens viennent fouiller leurs chambres. La blonde se pencha et regarda vers sa gauche, captant ainsi le regard complice de Ruby. L'une comme l'autre attendaient maintenant le clou du spectacle.
Les deux jeunes femmes n'eurent pas à attendre longtemps avant de voir une Belfrey victorieuse sortir de la cellule de De Vil et Breaburn. Les gardiens Nolan et Jones durent alors prêter main forte au dragon pour réussir à traîner les deux détenues au trou.
Un grand sourire réjoui, c'est ce qu'elles échangèrent.
Leur plan avait fonctionné de A à Z.
L'idée de base venait bien évidemment d'Emma. En se rappelant que monsieur Gold venait visiter la prison le 1er juillet, elle avait sauté sur l'occasion. C'était l'opportunité idéale pour rendre la monnaie de sa pièce à la directrice. Elle devait trouver un moyen de ruiner cette journée. Et elle avait trouvé ce moyen: Ruby.
Emma savait que la jeune brune connaissait la prison comme sa poche et ne doutait pas une seconde qu'elle pourrait lui être d'une grande aide. Et effectivement elle avait eu raison car si la plupart des idées venaient de la blonde, elles n'auraient jamais pu être réalisables sans la participation de Ruby.
Déposer innocemment les ballons et la bombe de gaz sur l'oreiller des sœurs junkies et imprudentes quelques minutes avant le passage des directeurs.
Cacher plusieurs sachets de pilules dans la cellule de De Vil et de son bras droit en prévoyant la future fouille.
En s'alliant, Emma et Ruby avaient brillamment réussi à vaincre leurs ennemies respectifs. Elles avaient fait d'une pierre deux coups.
Gold était confortablement assis sur le sofa en velours alors que Regina était toujours en furie, faisant les cent pas dans le bureau. Tous deux ne s'étaient échangés un mot, attendant avec impatience les résultats de la fouille.
Lorsqu'elle entendit toquer, la femme sauta sur la porte pour l'ouvrir.
Belfrey entra en arborant fièrement sa prise.
« Madame Mills, salua la gardienne d'une voix mielleuse, Je viens de trouver ça dans la cellule de De Vil et Breaburn. Elles ont été conduites en isolement. »
Gold se leva à l'aide de sa canne et se saisit des sachets de drogue pour les inspecter scrupuleusement. La brune n'eut pas le temps de commenter que Graham entra précipitamment dans le bureau.
« Regina, les sœurs d'Arendelle sont bien au trou, informa-t-il en se rendant compte de son erreur au moment où les yeux de la directrice le fusillèrent.
- Madame Mills, les sœurs d'Arendelle sont bien en cellule d'isolement, corrigea-t-elle rageusement, Gardien Humbert, je vous rétrograde, gardienne Belfrey vous reprenez votre ancien poste, aboya Regina, Maintenant sortez de mon bureau ! »
Le dragon nargua Graham du regard mais les deux gardiens ne tardèrent pas à quitter le bureau avec hâte, n'étant pas spécialement emballés à l'idée de se confronter à la colère noire de la Méchante Reine.
Regina claqua vigoureusement la porte derrière eux puis se retourna pour faire face à Gold. Elle roula des yeux en voyant le vieil homme glisser la marchandise récoltée dans la poche de sa veste.
« Vous savez ce qui est ironique monsieur Gold ?, demanda-t-elle en arquant un sourcil.
- Non, répondit-il, Mais je suis convaincu que vous allez vous faire un plaisir de me l'apprendre.
- Ce qui est ironique c'est que vous dirigez une prison alors que vous êtes sans aucun doute la plus grosse crapule de toute la ville.
Il eut un petit sourire en coin accompagné d'un ricanement sincère.
- Et vous savez ce qui est encore plus ironique Regina ?, répliqua l'homme.
- Non, souffla-t-elle.
- Ce qui est encore plus ironique, très chère, c'est que la Méchante Reine n'aura bientôt plus beaucoup de pouvoir sur cette prison...
Regina croisa les bras et fronça les sourcils.
- Je vous demande pardon ?, articula-t-elle.
Gold la contourna pour ouvrir la porte.
- Vous en saurez plus bientôt très chère, dit-il en sortant du bureau, Mais une chose est sûre, les choses vont changer ici... et je ne suis pas sûr que cela vous plaira. »
Avant de fermer la porte derrière lui, il s'arrêta pour regarder une dernière fois la brune.
« Au fait Regina, Cora vous envoie le bonjour. », rajouta-t-il de son air sournois.
La porte se referma et la veine s'accentua encore un peu plus sur le front de la brune.
Bouillonnante de rage, Regina se dirigea vers son bureau en marbre blanc, souleva la coupe en cristal qui y reposait pour venir l'envoyer furieusement au sol. La coupe s'éclata et les pommes rouges rubis qu'elle contenait roulèrent de part et d'autre dans la pièce décorée de noir et blanc.
Cette satanée blonde avait bien réussi son coup, et elle allait payer pour ça.
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Contente d'elle, Emma avait affiché un sourire rayonnant tout au long de l'après-midi.
A 17h, son sourire s'intensifia encore un peu plus alors que, comme tous les jours depuis son arrivée au pénitencier Gold, elle se dirigeait vers les téléphones afin d'appeler son fils fraîchement rentré de l'école. Elle appréciait cette pause de quelques minutes entre deux heures de ménage qui lui permettaient de complètement se ressourcer.
«Ce numéro ne fait pas partie de votre liste de correspondants, vous n'êtes pas autorisée à passer cet appel.»
Le visage de la blonde se décomposa à l'écoute de la voix robotique qui provenait du combiné. Rageusement, elle éclata presque le téléphone sur son support.
Regina Mills venait de marquer un nouveau point, reprenant ainsi l'avantage du match.
