« Henry a raison, vous faites souvent des bêtises Miss Swan.
- Henry ?, répéta Emma confuse.
- Oui Henry, confirma Regina, largement amusée par la situation, Huit ans, haut comme trois pommes, brun, les yeux noisette et un père assez laxiste pour le laisser se rendre seul sur le parking d'une prison.
Le visage d'Emma se décomposa.
- Henry est venu ici ?, s'étonna-t-elle.
- Il est venu hier soir, je débauchais lorsque je l'ai trouvé assis au pied de ma voiture, expliqua-t-elle.
- Il vous a parlé du droit de visite n'est-ce pas ?, soupira Emma en comprenant soudain la venue du petit garçon.
- Vous connaissez bien votre fils Miss Swan, ricana Regina.
- Je suppose qu'il a essayé de vous convaincre de me laisser le voir, devina-t-elle.
- Non, il n'a pas essayé, rétorqua la brune, Il a réussi.
Emma resta perplexe un instant. Les sourcils froncés, elle faisait face au visage malin et souriant de Regina.
- Vous voulez dire qu'il a réussi à vous convaincre de me rendre mon droit de visite ?
- Oui, d'ailleurs c'est exactement ce que je comptais vous dire avant que l'alarme se déclenche et que vous me menaciez avec..., elle marqua une pause pour attraper l'arme qui reposait au sol, Avec cette jolie petite brosse à dent rasoir que vous avez choisi spécialement pour moi, finit-elle d'un ton moqueur.
Emma avait l'air déconfite, elle se rendait amèrement compte de la belle connerie qu'elle venait de faire.
- J'ai vraiment merdé, constata-t-elle.
- Ah bon vous pensez ?, répliqua-t-elle sarcastiquement.
- Oui, soupira la blonde en appuyant son dos contre le mur, J'allais revoir mon fils et maintenant je me retrouve avec un troisième rapport et la possibilité d'un rallongement de peine.
Un petit rire sortit de la bouche de Regina alors qu'elle rangeait l'arme dans l'un des tiroirs de son bureau.
- Cessez de vous lamenter... je vais vous rendre votre droit de visite.
- Hein ?!
- Vous avez bien entendu, je vous rends votre droit de visite, répéta la directrice.
- Mais pourquoi ?, demanda la blonde sans plus rien y comprendre.
- Vous pouvez remercier Henry, expliqua-t-elle, Ce petit garçon est adorable, j'ai encore du mal à croire qu'il soit votre fils.
Emma ne releva pas la pique, préférant se concentrer sur son autre préoccupation.
- Et pour le rapport ?, osa-t-elle demander.
- Je ne vous en mets pas.
- Pourquoi ?!, s'étonna-t-elle.
Les lèvres maquillées de rouge s'étirèrent dans un immense sourire carnassier.
- Parce que vous embrassez plutôt bien Miss Swan, articula-t-elle en s'approchant à pas de loup d'une Emma dont les yeux s'étaient écarquillés.
- Vous êtes sérieuse ?, demanda-t-elle à la brune qui s'était arrêtée à un petit pas d'elle.
Regina éclata de rire.
- Sérieuse sur le fait que vous embrassez bien ou sur le fait que c'est pour cela que je vous épargne d'un troisième rapport ?, prononça la directrice sans lâcher de ses yeux chocolat les pupilles vertes de la détenue.
- Les deux..., répondit Emma à demi-mot.
Bien malgré elle, la jeune femme était déstabilisée, tant par le souvenir de ce baiser qui avait mis feu à ses entrailles, que par ces deux prunelles ardentes qui la regardaient.
- Pour le baiser, disons que j'ai connu pire, commença Regina avec un sourire en coin, faisant rouler les yeux d'Emma, Et en ce qui concerne le rapport, je vous en exempte parce que je suis persuadée que vous allez bientôt m'être très utile...
- Utile ?
- Oui, confirma la brune, J'ai vu de quoi vous étiez capable et je suis sûre que vous allez m'être très utile.
- Je suis prête à parier que avez déjà une idée diabolique derrière la tête madame Mills, déclara Emma, suspicieuse.
- Oh Miss Swan, vous ne croyez pas si bien dire... »
Quelqu'un toqua à la porte. Par réflexe, elle autorisa la personne à entrer et se recula alors d'un pas afin de respecter une distance plus convenable avec la détenue.
« Regi... Madame Mills, l'appela Graham en rentrant.
La brune ne se retourna pas immédiatement, essayant d'analyser les gros yeux que la blonde lui adressait. A force de loucher sur son décolleté, Emma réussit finalement à faire comprendre à Regina que l'entaille au niveau de sa clavicule était toujours bien visible, tout comme la tache rougeâtre sur son chemisier blanc. La directrice tira sur le col de sa veste de blazer noire pour camoufler le désastre, croisant les bras afin d'empêcher le tissu de bouger.
- Gardien Humbert, répondit-elle en se retournant comme si de rien n'était, Qu'est-ce que vous faites ici ?
- Je suis venu vous dire que les renforts sont intervenus et qu'ils vont bientôt venir s'entretenir avec vous, informa-t-il.
Elle opina de la tête.
- Il y a eu beaucoup de dégâts ?, demanda la directrice.
- Belfrey vient de se réveiller à l'infirmerie, à priori elle aurait reçu un coup à la tête mais elle n'a rien de grave. Nolan par contre a été poignardé dans le dos...
- Oh merde, laissa échapper Emma.
Regina la gratifia d'un regard noir avant de faire signe à Graham de continuer.
- Et Ruby Lucas a aussi été blessée au thorax par Breaburn...
- Putain..., souffla la blonde.
- Langage Mademoiselle Swan!, gronda immédiatement la brune, Gardien Humbert, finissez je vous prie.
- Ils ont tous les deux été conduits aux urgences. Aux dernières nouvelles, David serait sorti d'affaire mais le cas de Ruby reste encore incertain, elle a été conduite au bloc opératoire. A part ça, hormis quelques cocards et nez en sang, on ne déplore par d'autres blessés et toutes les détenues ont été confinées dans leurs cellules, sauf Breaburn qui a été conduite au trou.
- Je suppose que personne ne sait qui a agressé le gardien Nolan, soupira la directrice.
- Toutes les détenues sont entrain d'être interrogées mais pour l'instant aucun nom n'est sorti, expliqua Graham.
- Comme c'est étonnant..., commenta la brune, Ils vont mener une enquête approfondie ?
- Je ne pense pas, répondit le gardien, Apparemment la blessure de David est relativement superficielle alors ça m'étonnerait que les forces extérieures fassent plus que d'interroger les détenues.
- Très bien, ça me fera moins de paperasse à gérer. Si vous n'avez rien d'autre à me dire, vous pouvez y aller, s'empressa-t-elle de le congédier, ayant hâte de finalement pouvoir lâcher les pans de sa veste.
- Vous voulez que je ramène Swan dans sa cellule, proposa Graham.
- Faites dont cela gardien Humbert, répondit la brune en se retournant pour jeter un coup d'œil à la blonde, A demain Miss Swan.
- A demain madame Mills. », lui dit Emma en retour, emboîtant le pas au gardien.
Sur le chemin qui menait à la cellule numéro 12, la détenue et le gardien n'échangèrent pas un mot.
L'esprit d'Emma se consacrait à Regina. Elle n'arrivait pas à croire que la femme soit aussi clémente avec elle. Elle commençait d'ailleurs à éprouver un certaine forme de culpabilité, se disant sans doute qu'elle n'aurait pas dû agresser de la sorte la Méchante Reine qui n'avait plus rien de bien méchant à ses yeux.
« Emma, sanglota Mary-Margaret en lui sautant dans les bras, David et Ruby... ils sont...ils sont blessés...gravement.
- Je sais..., soupira la blonde en rendant son étreinte à la petite brune.
- C'était horrible... je l'ai vu... je l'ai vu le... le poignarder, continua-t-elle, ne parvenant pas à calmer ses pleurs.
- Qui a fait ça ?, demanda Emma en offrant des caresses réconfortantes au dos de sa codétenue.
- De... De Vil, balbutia Blanchard avant de se reculer, Cette pourriture ne va pas s'en tirer comme ça, si personne ne la balance, je le ferais !
Emma fronça les sourcils.
- Ce n'est pas toi qui répète sans arrêt qu'il ne faut jamais balancer ?, plaisanta-t-elle.
- Si, mais je ne vais certainement pas laisser cette psychopathe s'en sortir alors que David se vide de son sang !, répliqua-t-elle avant de se lamenter, Il est peut-être déjà mort à l'heure qu'il est.
- Mary-Margaret, commença la blonde en posant une main rassurante sur son épaule, David ne va pas mourir, il est déjà sorti d'affaire, sa blessure n'était que superficielle.
Blanchard releva ses yeux embrumés de larmes pour regarder Emma.
- Quoi ? Mais comment tu sais ça ? Tu en es sûre ?, s'empressa-t-elle de la questionner.
- Humbert est venu le dire à madame Mills tout à l'heure, expliqua-t-elle, Ton David est hors de danger, alors tu n'as même pas besoin de dénoncer De Vil.
Blanchard poussa un long soupire de soulagement en s'asseyant sur son lit.
- Et pour Ruby ? »
La grimace d'Emma fut une réponse suffisante pour Mary-Margaret dont l'inquiétude remonta en flèche.
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Accoudée à son bureau, son visage reposait au creux de ses mains. La journée avait été éprouvante et cette entrevue avec les forces extérieures avait fini de l'achever.
Elle se leva et commença à ranger ses affaires. Un petit sourire en coin se dessina sur ses lèvres lorsque son regard se posa sur sa chemise tâchée de sang qui reposait au fond de la corbeille à papier. Cette Emma Swan était vraiment un personnage original.
L'agression et la tirade accusatrice lui avait fortement déplu, et pourtant elle avait décidé de ne pas lui en tenir rigueur.
Pourquoi cela ?
Peut-être parce qu'elle avait adoré constater qu'elle avait le pouvoir de retourner chaque situation lorsqu'il s'agissait de cette blonde.
Peut-être encore parce qu'elle savait que la détenue avait fait tout cela pour son fils.
Ou peut-être tout simplement parce qu'elle appréciait l'audace de la jeune femme. Emma lui rendait coup pour coup sans jamais abandonner, elle était une adversaire de taille, et Regina aimait ça.
Elle se crispa en entendant son téléphone sonner. Elle décrocha sans regarder le nom de son interlocuteur, elle savait déjà de qui il s'agissait.
« Gold, souffla-t-elle contre le combiné.
- Je vois que vous avez l'air ravie de mon appel très chère.
- Comme vous devez déjà le savoir, j'ai eu une longue journée, alors si vous pouviez être concis cela m'arrangerait, articula-t-elle désagréablement.
- Ne vous en faites pas Regina, je vais être rapide, ricana Gold, Je tenais juste à vous rappeler que monsieur George ainsi que deux nouveaux gardiens arrivent lundi...
- Je suis déjà au courant de ça, bougonna la brune.
- Attendez, laissez-moi finir très chère, reprit le directeur de son air malin, Je voulais aussi préciser qu'au vu de l'incident d'aujourd'hui, monsieur George et moi même avons jugé plus responsable de revoir l'organisation du personnel.
- Qu'est-ce que cela veut dire ?, demanda Regina en voyant déjà la chose venir.
- Cela veut dire que monsieur George aura plus de responsabilités que prévu, expliqua Gold, Il sera par exemple en charge de tous les gardiens sur le terrain.
- Vous plaisantez ?!, gronda la femme, Nous nous étions mis d'accord, monsieur George ne devait s'occuper que de son équipe...
- Et bien il semblerait que j'ai changé d'avis, conclut le directeur, Mais ne vous en faites pas Regina, au moins vous aurez plus de temps pour gérer toute la paperasse, se moqua-t-il, A lundi très chère, passez un bon week-end. »
Elle n'eut le temps de répliquer qu'il avait déjà raccroché.
Les lèvres pincées, elle reposa violemment le téléphone sur son bureau, se saisit de son sac et s'avança vers la porte de son bureau. Lorsqu'elle l'ouvrit, elle tomba nez à nez avec Graham.
« Euh... je venais... »
Le gardien ne put finir sa phrase que la directrice l'avait déjà attiré à l'intérieur du bureau pour l'embrasser sauvagement.
« Alors dure journée ?, demanda-t-il entre deux baisers.
- Tu n'as pas idée. », répondit-elle avant de fondre à nouveau ses lèvres à celles du jeune homme.
Regina était contente que Graham soit venu ce soir, elle avait grand besoin de se défouler.
Comme à chaque fois, la femme s'adonnerait au plaisir charnel avec le jeune homme, savourant cette liaison sans contrainte qui lui permettait de s'évader quelques instants.
Alors que leurs bouches étaient liées et que l'homme commençait à descendre ses mains le long de son corps, Regina se surprit à penser que le baiser qu'elle avait partagé avec Emma quelques heures plus tôt avait été bien plus intense que tous ceux qu'elle avait eut avec Graham...
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Le lendemain matin, l'ambiance était plutôt morne dans le réfectoire. Le sort de Ruby était encore incertain et cela attristait la plupart des détenues, en particulier Dorothy et Granny qui n'avaient pas l'air d'avoir fermé l'œil de la nuit. Seule De Vil, fidèle à elle-même, affichait un air mauvais et satisfait.
« Blondie, appela Jones, Viens avec moi.
Emma sursauta en attendant la voix du gardien, manquant de peu de renverser son chocolat chaud sur son débardeur blanc.
- Pourquoi ?, souffla la blonde, mécontente d'être dérangée pendant son petit déjeuner.
Le fait qu'elle ait passé la nuit à rêver des lèvres rouges et pulpeuses d'une certaine brune aux yeux chocolat n'aidait certainement pas son humeur matinale.
- Tu as de la visite, expliqua Killian.
Emma bondit de sa chaise sous le regard amusé de Mary-Margaret.
- Et bien la Méchante Reine a été rapide on dirait. », constata la petite brune.
La veille, Emma lui avait tout raconté de son altercation avec la directrice. Tout hormis la partie concernant le baiser évidemment.
« Allez va rejoindre ton petit garçon, ajouta Mary-Margaret, ne pouvant s'empêcher de rire devant l'excitation flagrante de la blonde.
- J'y cours ! », répondit Emma avant de se précipiter en direction de la salle de visite.
A peine eut-elle passé la porte que ses yeux se dirigèrent immédiatement vers le petit garçon qui lui souriait.
« Henry..., soupira-t-elle en le serrant dans ses bras, Tu m'as tellement manqué.
- Toi aussi tu m'as manqué maman, répondit l'enfant, Mais arrête de me serrer comme ça, tu m'étouffes, se plaignit-il.
Elle se recula pour le regardait, les yeux brillants.
- Qu'est-ce que tu m'as manqué, répéta-t-elle en passant sa main dans les cheveux mal coiffés du gamin.
- Tu l'as déjà dit ça, fit remarquer Henry.
- Je sais, avoua Emma, Mais c'est pour insister sur le fait que tu m'as vraiment beaucoup manqué, s'amusa-t-elle.
Le gosse roula des yeux alors que la blonde le regardait avec insistance.
- Quoi ?, demanda le petit garçon, ne comprenant pas pourquoi sa mère le regardait de cette manière.
- Je sais ce que tu as fait, dit-elle simplement.
- Ce que j'ai fait ?, répéta Henry avec un air faussement innocent.
- Tu es venu ici et tu as demandé à madame Mills de me rendre mon droit de visite n'est-ce pas ?
- Je vois que Regina t'a tout raconté, constata le petit garçon.
- Regina ?, rigola Emma.
- Oui Regina, c'est son prénom, expliqua l'enfant, C'est écrit sur sa place de parking.
- Je sais que c'est son prénom, rigola Emma, Mais elle t'a laissé l'appeler comme ça ?, s'étonna-t-elle.
- Ben oui pourquoi ?, demanda le gosse.
- Je ne sais pas, répondit Emma, Je ne pensais pas qu'elle était du genre à se laisser appeler par son prénom.
- Parce que tu la trouve trop hautaine, c'est ça ?, devina Henry.
- Non, rétorqua la blonde, Je ne la trouve pas hautaine, elle EST hautaine.
Le gamin haussa les épaules.
- Peut-être un peu, admit-il, Mais en tout cas elle n'est pas du tout comme tu me l'avais décrit. Elle est très gentille en vrai.
- Très gentille ?!, s'insurgea Emma, Je veux bien admettre qu'elle n'est pas aussi terrible finalement, mais de là à la qualifier de très gentille, il ne faut tout de même pas exagérer...
- Je n'exagère pas, elle a été très gentille avec moi, affirma le petit garçon, Elle n'a pas rapporté à papa que j'étais parti sans le prévenir et elle m'a même ramené à la maison.
La blonde haussa les sourcils.
- Elle t'a ramené à la maison ?, dit-elle sans avoir vraiment l'air d'y croire.
- Oui et d'ailleurs sa voiture est plus belle que la tienne, se moqua-t-il.
Emma prit un air faussement vexé.
- Plus belle que ma bonne vieille coccinelle jaune ?! C'est carrément impossible, déclara-t-elle.
- Si, c'est possible, contredit le garçon, Je te promets que sa Mercedes noire est beaucoup plus stylée que ton vieux tacot...
- Vieux tacot ?! Comment oses-tu ? », s'exclama-t-elle en lui sautant dessus pour lui faire des chatouilles.
Les deux Swan éclatèrent dans un fou rire libérateur. La mère et le fils étaient plus qu'heureux de s'être retrouvés. La paire n'était cependant pas très discrète et ils attirèrent tous les regards sur eux. Des yeux chocolat en particulier, observaient attentivement la scène depuis la vitre du couloir.
« Swan, ça suffit ! », gronda Belfrey.
Emma et Henry se lancèrent un regard entendu avant de s'assoir calmement à la table qui leur était assignée.
La blonde et le petit brun entamèrent la conversation, se rapportant toutes les anecdotes qu'ils n'avaient pas pu se raconter dernièrement.
Au bout de quelques minutes, Emma remarqua que son fils ne l'écoutait plus vraiment, lançant de grands sourires en regardant par dessus son épaule. Lorsqu'elle se retourna pour regarder par la vitre qui donnait sur le couloir, tout ce qu'elle put voir fut une gracieuse silhouette qui s'échappait à la hâte.
« Elle nous regardait, répondit Henry au regard interrogateur de sa mère.
- Qui ça ?, fit Emma.
- Regina, expliqua le garçon, Elle nous regardait depuis un moment, elle avait l'air pensive, commenta-t-il.
Emma était perplexe.
- Peu-importe, finit-elle par articuler, Alors raconte-moi ce que tu as fait à l'école ces dernières semaines ! »
--
« Entrez. », résonna la voix de la brune.
Emma poussa son charriot à l'intérieur du bureau et referma la porte derrière elle.
« Bonjour Miss Swan.
- Bonjour madame Mills, répondit la blonde.
- Vous m'avez l'air de bonne humeur aujourd'hui, lança la directrice en la regardant du coin de l'œil.
- Oui et vous savez très bien pourquoi, répliqua Emma d'un ton rempli de malice.
- Je ne vois pas du tout où vous vous voulez en venir Miss Swan, affirma la brune.
- Oui oui c'est ça, rigola la détenue, Alors en plus d'être une petite curieuse vous êtes aussi une menteuse.
- Une petite curieuse ?, s'insurgea-t-elle en arquant les sourcils.
Les yeux verts s'alignèrent aux bruns.
- Oui, insista Emma, Une petite curieuse pas bien discrète qui espionne à travers la vitre du couloir.
Regina détourna le regard, peinant à cacher sa gêne le temps d'une seconde.
- Je n'espionnais pas, nia-t-elle fermement, Je suis simplement passée là par hasard.
- Si vous le dites ..., fit semblant d'accepter la blonde, Ou sinon vous pouvez simplement assumer que la Méchante Reine a un faible pour le fils du preux chevalier.
- Miss Swan, coupa la femme, Je ne sais pas si c'est le fait de m'avoir embrassé qui vous donne des ailes mais j'aimerais que vous redescendiez sur Terre très vite. Parce que je ne risque pas de supporter longtemps votre comportement impertinent. »
Emma se retourna pour se diriger vers son charriot, voulant à tout prix cacher que ce baiser continuait de la déstabiliser.
Regina eut un petit sourire en coin, ravie de constater qu'il lui suffisait d'évoquer cet heureux incident pour clouer le bec de cette blonde impétueuse.
« Merci, finit-elle par dire après de longues minutes de silence.
- Merci ?, répéta Regina en grimaçant.
- Merci de m'avoir rendu le droit de visite malgré tout et merci d'avoir raccompagné Henry l'autre soir.
Les yeux chocolat se levèrent pour capter les verts.
- Je n'allais pas laisser un enfant de 8 ans rentrer seul chez lui, répliqua la brune, Je ne suis pas aussi irresponsable que votre compagnon.
- Neal n'est pas mon compagnon, renseigna Emma par automatisme.
- Je n'ai pas demandé votre biographie Miss Swan, précisa Regina en roulant des yeux, Par contre je vais vous demander de continuer à nettoyer le sol, votre heure de ménage file.
- Je n'ai pas fini, déclara la blonde.
- Vous n'avez pas fini ?, répéta la brune en arquant un sourcil.
- Non, commença-t-elle, Je vous ai remercié, mais je tenais aussi à vous présenter mes excuses. Alors voilà, je suis désolée madame Mills.
Malgré qu'elle ait décidé de ne pas en tenir rigueur à la blonde, la brune ne pouvait nier qu'elle restait assez amère par rapport à la veille.
- Vraiment ? Vous êtes désolée ?, railla Regina, Désolée pour quoi ? Désolée de m'avoir empêché de faire correctement mon travail ? Désolée de m'avoir agressée avec votre arme ? Ou désolée de m'avoir craché tout votre haine au visage ?
Au ton de la femme, Emma put aisément deviner que le dernier point était celui qui l'avait le plus touché.
- Je suis désolée madame Mills, désolée pour tout ce qui s'est passé hier, s'excusa-t-elle.
- Ça me fait une belle jambe, maugréa Regina.
- Vous avez déjà de très belles jambes madame Mills, tenta la blonde dans l'espoir de détendre l'atmosphère.
- Sérieusement Miss Swan ? Vous n'avez pas trouvé mieux ?, dit-elle d'une voix lasse.
- J'essayais juste de détendre l'atmosphère, se défendit Emma.
- Essayez plutôt de finir de passer la serpillère avant la fin de l'heure vous voulez, rétorqua Regina.
La détenue s'apprêtait à obéir lorsqu'elle se rappela d'une chose qu'elle voulait encore dire à la brune.
- Henry m'a dit qu'il vous trouvez très gentille.
Le regard de Regina s'adoucit lorsque ces mots furent prononcés.
- C'est vrai ?, demanda-t-elle sans parvenir à cacher son sourire naissant.
- Oui c'est vrai, assura Emma, Et je suis sûre qu'il a raison, ajouta-t-elle, Je ne pensais pas tout ce que je vous ai dit hier, j'ai parlé sur le coup de la colère. Je suis persuadée que vous êtes une bonne personne madame Mills, cette image de Méchante Reine n'est qu'une carapace.
Il ne fallut qu'un regard de la part de la brune pour faire comprendre à la blonde qu'elle aurait dû s'abstenir de prononcer cette dernière phrase.
- Ecoutez-moi bien Mademoiselle Swan,barticula-t-elle froidement en se levant pour la poignarder de son regard sombre, Je commence à en avoir plus qu'assez de votre petite analyse ridicule de ma personne. J'ai été plus que clémente après le scène que vous m'avez fait hier mais que les choses soient claires, cela ne se reproduira pas et je l'ai fait uniquement pour que vous me soyez redevable. Alors ne vous m'éprenez pas en commençant à imaginer qu'il se cache quelqu'un de bon et niais derrière la Méchante Reine parce que c'est faux. Vous pouvez essayer de vous rassurer en vous disant que ce n'est qu'une image de façade mais vous vous trompez. Je suis la Méchante Reine. »
Regina avait dit tout cela d'une traite alors que la veine de son front s'était dessinée sous la contrariété.
Emma ne sut immédiatement que répondre, alors elle ignora les deux yeux meurtriers et se remit à laver le sol.
La directrice s'était rassise et replongée dans son travail depuis quelques minutes lorsque la voix de la détenue se fit à nouveau entendre.
« Madame Mills ?
- Quoi, encore ?, souffla la brune sans cacher son agacement.
- Vous avez dit que je vous suis redevable maintenant, expliqua-t-elle, Mais j'espère que vous avez bien conscience que mes positions n'ont toujours pas changées, il est hors de question que je devienne votre balance. Je ne compte pas trahir les autres détenues.
Regina la regarda en fronçant les sourcils.
- Qui vous a parlé de trahir les autres détenues ? »
La brune ricana en voyant la grimace d'incompréhension de la blonde.
--
Elle se remit une dernière touche de rouge à lèvre et secoua ses cheveux. Satisfaite de son maquillage et de sa coiffure, elle sortit de la salle de bain pour chausser ses escarpins noirs. Elle prit dix bons centimètres en les enfilant et observa longuement sa silhouette galbée dans le grand miroir qui ornait le mur de sa chambre.
Regina Mills était belle et elle le savait.
Léopold avait réussi à la faire douter de cela durant les premières années de leur mariage, mais la brune avait vite méprisé son mari au point qu'elle se fichait maintenant complètement de son avis.
Ce fut donc pleinement confiante de son apparence que Regina monta dans sa Mercedes pour se rendre au pénitencier Gold. Faisant gronder le moteur de la berline tout le long du chemin, elle fut arrivée à destination en un rien de temps et elle grimaça en se garant, voyant que Gold et un autre homme l'attendaient déjà devant sa place de parking.
« Très chère, salua le directeur avec son petit sourire sournois qui ne le quittait presque jamais.
- Monsieur Gold, répondit-elle nonchalamment, Et je suppose que vous êtes monsieur George, dit-elle en adressant son sourire le plus hypocrite à l'autre individu, Ravie de vous rencontrer, je suis Regina Mills, directrice de l'unité des femmes.
Elle lui tendit la main et il la serra poliment.
- Enchanté, répondit-il sobrement, Albert George, nouveau responsable de la sécurité.
Regina étudia l'homme de haut en bas. Il était assez âgé, grand et mince, habillé d'un élégant costume, sa mine était assez fermée, ses yeux étaient bleus et son crâne, quasiment chauve. Il n'avait rien pour lui plaire mais cela n'allait certainement pas empêcher la brune de jouer de ses charmes afin de se le mettre dans la poche.
- Les deux nouveaux gardiens ont rejoint Belfrey, informa Gold en commençant à s'avancer vers les portes du pénitencier, Nous allons d'abord vous faire visiter la prison puis nous rejoindrons les gardiens pour faire une petite réunion d'équipe. »
Regina suivit les deux hommes, les écoutant discuter sans jamais intervenir. Elle fut surprise de voir à quel point ils semblaient sur la même longueur d'onde et elle ne put s'empêcher de penser que cela ne présageait rien de bon. Pour s'entendre avec monsieur Gold, il fallait être excessivement vicieux. Regina ne connaissait d'ailleurs qu'une seule personne qui correspondait parfaitement à Gold, et c'était sa mère...
La brune grimaça alors, se disant que si Albert George était à l'image de Rumple Gold ou de Cora Mills, les murs de cette prison risquaient de trembler.
--
Emma balayait le sol de la bibliothèque lorsqu'elle vit monsieur Gold entrer avec un homme qu'elle n'avait jamais vu auparavant. Le directeur semblait lui faire visiter les lieux.
Bien vite, le regard de la blonde se détacha des deux hommes, irrémédiablement attiré par la sublime créature qui se tenait dans l'encadrement de la porte. Sublime créature qui était parfaitement moulée dans une magnifique petite robe noire, sublime créature qui faisait visiblement la tête.
Emma se demanda ce qui pouvait bien contrarier la brune. Elle devina vite, au vu du regard qu'elle lui lançait, que l'objet de tous ses soucis n'était autre que l'homme qui accompagnait Gold.
« C'est qui ce mec ?, demanda-t-elle discrètement à Kilian qui était de garde à la bibliothèque.
- Le nouveau chef de la sécurité, répondit le brun, De ce que j'ai compris il a été engagé à cause des problèmes de drogue et il va avoir à peu près autant de pouvoir que la Méchante Reine. »
La bouche d'Emma forma un "O".
Les connexions s'étaient faites dans son esprit. Elle venait de comprendre le sens du « Qui vous a parlé de trahir les autres détenues ? »
Regina ne voulait plus de son aide pour coincer les détenues dealeuses.
La Méchante Reine avait maintenant un tout autre objectif: se débarrasser du Roi George.
