« Finalement Miss Swan, je pense que notre cher monsieur George ne va pas avoir besoin de notre aide pour causer sa perte. Il va très bien s'en sortir, tout seul, comme un grand !

- Qu'est-ce que vous voulez dire par là ?, interrogea Emma, ne comprenant définitivement rien à l'engouement soudain de la brune.

- Ce que je veux dire par là c'est que ce sombre idiot a décidé, entre autres mesures absurdes, d'interdire les cigarettes aux détenues, dit-elle sans rien cacher de sa joie.

- Pourquoi est-ce qu'il a fait ça ?, demanda alors la blonde.

- Il pense qu'en ajoutant de nouvelles restrictions il va consolider la discipline dans cette prison et ainsi réduire le trafic de stupéfiant, expliqua la directrice.

- Mais c'est débile, remarqua Emma, Les filles vont péter les plombs si elles ne peuvent plus fumer !

- J'espère bien...», confirma Regina avec un grand sourire que la blonde aurait qualifié de diabolique si elle ne l'avait pas trouvé effroyablement séduisant.

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Lundi, huit heures et quart, Regina Mills gara sa Mercedes noire sur sa place de parking attitrée. Un sourire confiant trônait sur sa bouche maquillée de rouge, il faut dire que la réunion d'équipe d'aujourd'hui n'annonçait que du bon pour elle.

La brune avait déjà tout prévu. Elle allait s'opposer aux mesures proposées par George, ainsi, lorsque le fiasco viendra, elle pourra subtilement rappeler à Gold qu'elle était celle qui avait vu venir le désastre.

Réajustant d'un geste nonchalant ses cheveux parfaitement coiffés dans le reflet de son rétroviseur, Regina sursauta lorsqu'une ombre non identifiée vint frapper contre la vitre côté passager.

Elle leva les yeux au ciel en voyant l'air d'imbécile heureux qu'arborait le gardien Humbert en la saluant. Il était beau comme un dieu et avait la capacité de la faire fréquemment monter au septième ciel, mais hormis cela, Graham Humbert n'avait pas grand intérêt aux yeux de Regina Mills.

La belle brune le trouvait immature, agaçant, inintéressant, mais il était avant tout pratique, alors elle le gardait sous le coude en sachant pertinemment qu'il répondait toujours présent à l'appel de ses envies charnelles.

Elle avait conscience d'utiliser le jeune homme, et pourtant Regina n'éprouvait pas l'ombre d'une culpabilité pour cela.

Pour sa défense, elle n'était pas la seule à se servir de l'autre, le jeune homme était du genre à butiner toutes les belles fleurs qu'il croisait sur son chemin. Alors dès qu'il avait vu cette magnifique rose rouge convoitée par tous, Graham n'avait pu résister à l'envie de la rajouter à sa collection de conquêtes.

Il était donc loin d'être une victime innocente de la Méchante Reine et cette liaison sans attache semblait pour l'instant bien convenir à chacun des deux amants.

« Gardien Humbert, salua-t-elle en ouvrant la portière de sa voiture pour en sortir.

- Salut beauté !, répondit Graham plein d'entrain en venant la trouver.

- Ne m'appelle pas comme ça, soupira-t-elle en roulant des yeux.

- Oh ça va Regina détends-toi, râla-t-il avant de venir lui voler un baiser.

Elle écarquilla les yeux avant de le repousser de toutes ses forces.

- Tu as perdu la tête ?!, gronda-t-elle, A quoi tu joues ?!

- Je ne joues pas, je t'embrasse, tu adores quand je t'embrasse d'habitude, fit-il remarquer avec un sourire en coin.

Elle dut user de toute sa bonne volonté pour se retenir de lui en coller une.

- Dans mon bureau, s'énerva-t-elle, Pas sur un parking où n'importe qui peut-nous voir.

- Calme-toi, il n'y avait personne, se défendit-il.

- Encore heureux !, s'exclama-t-elle, Je ne sais pas si ton minuscule cerveau s'en souvient, mais je suis mariée au maire de cette ville Graham. Alors il est hors de question que l'on me surprenne à embrasser un gardien sur un parking.

- Excuse-moi beauté, articula-t-il pour lui faire plaisir, La prochaine fois j'attendrai d'être dans ton bureau pour te sauter dessus.

Elle le regarda avec désolation.

- Il vaut mieux pour toi, sinon il n'y aura pas de prochaine fois, prévint-elle en s'avançant pour rentrer dans l'enceinte de la prison.

Il ricana en la suivant.

- Si c'est une menace sache que c'est raté, déclara-t-il, Je sais que tu es incapable de résister à mes beaux yeux.

Elle ricana à son tour.

- Tu risquerais d'être surpris, continua-t-elle.

- Alors laisse-moi me faire pardonner Gina-

- Ne m'appelle pas comme ça, le coupa-t-elle en grimaçant.

- J'aime bien t'appeler comme ça, justifia-t-il.

- Je déteste quand tu m'appelles comme ça, condamna-t-elle en s'avançant dans le couloir extérieur qui longeait la cour pour amener jusqu'à l'aile administrative du bâtiment.

- Tu n'aimes aucun des surnoms que je te donne, se plaignit-il.

- Alors ne m'en donne plus, répliqua-t-elle.

Il roula des yeux.

- Sinon ce que je voulais te dire avant que tu me fasses toute cette scène pour un simple baiser...»

Il parlait, elle ne l'écoutait plus.

Les ondulations blondes tombant en cascade de sa queue de cheval.

Son front plissé par l'effort.

Sa bouche inspirant et expirant de grandes bouffées d'air.

Ses bras qui se contractaient à chaque lever d'haltère.

Sa poitrine qui se soulevait à chaque respiration.

Son débardeur blanc rendu légèrement transparent par la sueur qui perlait sur sa peau.

«... du coup j'ai repéré ce restau et cet hôtel, c'est à plus d'une heure de route alors ne t'inquiète pas, personne ne nous reconnaitra...»

Graham continuait d'exposer à Regina le rendez-vous qu'il leur avait prévu pour le lendemain, seulement cette dernière n'en écoutait pas un mot.

L'image d'Emma faisant son sport de l'autre côté du grillage était bien plus que ce que la brune était capable d'encaisser de bon matin.

«...c'est bon pour toi si je réserve pour demain soir ? »

Elle n'avait jamais regardé Emma Swan de cette manière, avec cette insistance, avec ce désir dans les yeux.

« Régina tu m'entends ? Est-ce que je réserve pour demain soir ?

- Oui réserve. », répondit-elle sans même savoir de quoi il était question.

Elle avançait le long du couloir extérieur, mais ses yeux étaient incapables de se décoller de la blonde.

La blonde si séduisante alors qu'elle faisait son sport.

La blonde qui arracha un frisson à la brune en essuyant son front du revers de sa main.

La blonde qui la fit sursauter en relevant le regard en sa direction, la prenant ainsi en flagrant délit.

Le vert des yeux d'Emma ramena instantanément Regina à la réalité.

La brune détourna immédiatement le regard et accéléra sa marche.

« Gardien Humbert dépêchez vous ou nous allons être en retard pour la réunion. », articula-t-elle en s'engouffrant à l'intérieur du bâtiment, laissant derrière elle une blonde avec un sourire en coin.

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« Tu penses vraiment qu'une salle de fouille peut être romantique ?

Emma rigola à la question de Mary-Margaret. Depuis que le gardien Nolan était revenu après avoir été poignardé par De Vil, la jeune brune n'avait plus qu'une chose en tête: organiser sa première fois avec David. Elle bassinait sa codétenue avec ça du matin au soir, la blonde ne se lassant pas de rigoler de ses inquiétudes plus absurdes les unes que les autres.

- Bien sûr qu'une salle de fouille peut-être romantique, répondit-elle, A vrai dire avec vous deux, je doute qu'il y ait un endroit sur Terre qui ne soit pas romantique. », se moqua-t-elle gentiment, n'ayant de cesse de répéter à Mary-Margaret que sa relation avec David ferait rêver si elle n'était pas aussi cucul la praline.

Blanchard allait répliquer mais se tut lorsqu'elle entendit la voix de monsieur George résonner à travers les gros haut-parleurs du réfectoire.

« Votre attention s'il vous plaît. De nouvelles mesures ont été mises en place lors de la réunion de ce matin. Je vais vous en faire part tout de suite. »

Le brouhaha qui régnait dans le self s'estompa.

« Des tests urinaires aléatoires vont être mis en place, toute détenue refusant de se faire tester écopera d'un rapport et d'un séjour en cellule d'isolement, toute détenue dont le test sera positif à la consommation d'alcool ou de stupéfiant écopera d'un rapport et d'un séjour en cellule d'isolement, toute détenue essayant de falsifier un test écopera d'un rapport et d'un séjour en cellule d'isolement. »

Les premières plaintes se firent entendre de la part des détenues alors que monsieur George, sans doute confortablement assis dans son bureau, continuait de réciter calmement les nouvelles mesures qu'il avait initié.

« En plus des rapports, de nouvelles sanctions vont être mises en place. Un gardien sera maintenant autorisé à priver une détenue de son droit de visite s'il juge son comportement suspect ou irrespectueux. »

Des voix s'élevèrent dans le self. Les nouvelles du Roi George ne passaient définitivement pas.

« Les accès à la bibliothèque, à la salle de télévision et à la salle de sport pourront vous être refusés si les gardiens jugent vos comportement suspect ou irrespectueux. »

Le ton commença à monter dans le self, les détenues étaient de plus en plus scandalisées par les nouvelles règles mises en place.

« Certaines horaires de travail vont également être modifiées. Les détenues travaillant en cuisine, à la laverie et à l'entretien pourront voir leur horaires s'étendre avant et après l'heure d'ouverture et de fermeture des cellules. L'objectif de cela est d'éviter au maximum les attroupements. Vous serez tenues au courant des modifications de vos horaires au cours du mois. »

Le nombre de détenues mécontentes augmentait à chaque mot prononcé par le responsable de la sécurité, et il s'apprêtait à croître drastiquement à l'annonce de la dernière mesure...

« Et pour finir, la possession et l'utilisation de cigarettes ou de tabac seront puni au même titre que celles de stupéfiants et d'alcool... »

Plusieurs insultes à l'adresse de monsieur George fusèrent.

«...cette dernière mesure prendra effet d'ici deux semaines, le temps que les stocks de cigarettes de l'épicerie se vident. Vous avez donc quinze jours pour dire adieu à cette vilaine addiction mesdames. Je vous souhaite bon courage et bon appétit. »

Les gardiens durent intervenir pour calmer certaines détenues particulièrement furieuses et Emma comprit alors que Regina avait raison, monsieur George allait causer sa perte tout seul...

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Elle toqua à la porte vernie de noir.

« Entrez. »

Elle entra, un petit sourire en coin déjà scotché aux lèvres.

« Bonjour Miss Swan, salua la directrice qui lui tournait le dos, penchée au dessus de la photocopieuse au fond de la pièce.

- Re-Bonjour. », répondit la détenue, prenant un malin plaisir à accentuer le "Re".

La brune se retourna en fronçant les sourcils, ne comprenant définitivement pas l'allusion de la blonde.

« On s'est déjà vu ce matin, précisa Emma, Dans la cour.

Regina feignit un air neutre, sans doute un peu trop neutre pour être crédible.

- Ah bon ? Je ne vous ai pas vu, mentit-elle.

La blonde était amusée par la situation, grandement amusée.

- Je faisais mon sport et vous, vous alliez en direction de l'aile administrative avec le gardien Humbert, expliqua-t-elle.

- Je n'ai pas du faire attention, continua de mentir la brune en partant se rassoir derrière son bureau, photocopies en main.

Emma ricana.

- C'est étrange, dit-elle, Parce que vous m'avez regardé longuement et avec insistance.

La détenue jura que les joues de la directrice avaient pris une teinte légèrement rougeâtre.

- N'essayez pas d'inverser les rôles Miss Swan, se reprit vite Regina, S'il y en a une de nous deux qui passe son temps à regarder l'autre avec insistance, c'est bien vous.

La blonde le savait, la brune disait vrai. Seulement elle n'était pas prête de la laisser retourner la situation aussi facilement.

- Vous savez madame Mills, enchaîna-t-elle, Ce n'est pas un crime de mater une belle blonde qui fait son sport. Surtout quand vous la trouvez aussi bien foutue.

- Qui vous dit que je vous trouve bien foutue ?, demanda-t-elle d'une voix moqueuse en arquant un sourcil.

- Vos yeux, affirma Emma, Ils vous ont trahis ce matin.

La brune ricana.

- Ne prenez pas trop vos désirs pour des réalités Miss Swan, rétorqua la directrice, Et mettez vous au travail, le ménage ne va pas se faire tout seul.

La blonde leva les yeux au ciel mais obtempéra, jusqu'à ce qu'une nouvelle occasion de parler à la brune lui vienne en tête.

« Madame Mills ?

- Miss Swan, soupira la directrice en relevant ses yeux chocolat dans sa direction.

- Vous aviez raison pour les nouvelles mesures, la plupart des filles sont en colère, expliqua-t-elle, Alors je n'imagine pas ce que ce sera dans deux semaines lorsque les cigarettes seront vraiment interdites.

Un sourire se dessina sur les lèvres rouges.

- Je suis prête à parier que dans moins d'un mois une émeute éclate et notre cher monsieur George se retrouve à la porte, prédit-elle.

- Tout le royaume va se retourner contre le Roi George, et la Méchante Reine retrouvera ses pleins pouvoirs, s'amusa Emma.

- Exactement. », confirma Regina avant de se replonger dans son travail, ne perdant pas son sourire rien qu'une seconde.

Le reste de l'heure se déroula dans un silence confortable jusqu'à ce que la blonde se dirige vers la porte.

« Au fait madame Mills, si vous avez encore envie de vous rincer l'œil, je ferai mon sport demain matin à huit heures et quart. »

Elle ne laissa pas le temps à la brune de répliquer qu'elle referma la porte derrière elle. Emma avait sorti cette phrase sans réfléchir, se surprenant elle-même d'aller toujours plus loin quant il s'agissait d'être ambiguë avec Regina Mills.

Est-ce qu'elle savait ce qui la poussait à aller sans cesse vers cette femme ?

Pas vraiment.

Est-ce qu'elle avait envie d'arrêter ce petit jeu de séduction ?

Certainement pas.

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Huit heures trente deux.

Elle n'y croyait plus et voilà qu'elle la voyait finalement s'avancer.

Dans une petite robe rouge et une légère veste noire, Regina longeait la cour pour se rendre jusqu'à l'aile de l'administration.

Seulement cette fois elle n'essaya pas de cacher qu'elle regardait Emma.

La blonde ne put qu'apprécier le poids du regard chocolat posé sur elle.

Sans retenue, sans gêne, juste deux prunelles brunes qui la regardaient avec une intensité à faire surchauffer tout son corps.

« Bonjour madame Mills, sourit-elle en s'approchant de la grille derrière laquelle se trouvait la femme, sans arrêter de soulever les haltères qu'elle avait dans les mains.

- Bonjour Miss Swan, répondit la brune en s'arrêtant à sa hauteur.

- Je ne pensais pas vous voir ce matin, avoua Emma.

Regina avait hésité, mais elle était finalement venue.

Sans doute trop tentée par ce jeu qu'elle entretenait avec Emma Swan.

Ce jeu qu'elle commençait peut-être à aimer un peu trop.

- Et manquer de me rincer l'œil ?, répliqua-t-elle en la regarda de haut en bas avec un petit sourire, Certainement pas. »

Et sur ces mots Regina reprit sa marche en direction de l'aile administrative.

« A ce soir mademoiselle Swan. », ajouta-t-elle en tournant la tête pour jeter un dernier regard en direction de la blonde qui souriait de toutes ses dents.

Assise sur un banc dans un coin de la cour, une clope au bec et les yeux plissés, une personne n'avait pas loupé une miette de cet échange pour le moins étrange entre les deux femmes...

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« Et vous avez le culot de dire que c'est moi qui vous regarde avec insistance ?

La voix chaude et légèrement grave de la brune venait de sortir la blonde de sa contemplation. Elle passait la serpillère et, comme souvent, ses yeux s'étaient égarés sur la directrice sans être capable de s'en détacher.

- Excusez-moi, je suis distraite ces temps-ci, se justifia Emma.

- Et qu'est-ce qui vous distrait tant ?, demanda-t-elle en s'amusant de connaître déjà la réponse.

- Vous, vos lèvres et le souvenir de ce baiser, énuméra la détenue, prononçant par accident ses pensées à voix haute.

La surprise de Regina se lisait clairement dans ses yeux. Elle ne s'attendait pas à une telle honnêteté de la part d'Emma.

- Miss Swan, rassurez moi, commença-t-elle, Vous avez bien conscience que si je vous ai embrassé, c'est seulement parce que je voulais vous déstabiliser pour avoir le temps d'appuyer sur le bouton noir, n'est-ce pas ?

La blonde se maudit de ne pas avoir tourné sept fois sa langue dans sa bouche avant de lâcher sans aucun filtre tout ce qui lui passait par la tête.

- Je rigolais madame Mills, mentit-elle, Je voulais voir votre réaction, renchérit-elle, perdant encore un peu plus en crédibilité.

Regina arqua un sourcil.

- Pourquoi ai-je la très nette impression que vous me mentez ?, interrogea-t-elle en se levant de son siège en cuir.

- J'ai surtout l'impression que vous aimeriez que je mente, répliqua aussitôt la blonde, Parce qu'au fond de vous, vous espérez m'avoir rendu accro avec votre baiser, et vous aimeriez que je rêve de vous embrasser à nouveau. Parce que vous êtes comme ça, vous adorez vous sentir désirée, vous adorez que les gens vous convoite.

C'était vrai. Totalement vrai.

- Et c'est le cas avec vous ? », demanda-t-elle sans la lâcher des yeux.

Bien sûr qu'Emma la désirait, la convoitait.

Et ça, elles le savaient aussi bien l'une que l'autre.

« Et bien répondez Miss Swan. », demanda la directrice en contournant le bureau pour s'approcher de la détenue.

La blonde regarda la brune s'avancer et s'arrêter à deux petits pas d'elle. Emma n'eut alors qu'une unique chose en tête, briser la distance ridicule qui la séparait de Regina pour fondre ses lèvres aux siennes.

Oui, à cet instant, elle n'avait plus seulement envie, mais elle rêvait d'embrasser sauvagement cette femme qui commençait à la rendre complètement folle.

« Alors Miss Swan, est-ce que vous me désirez ? »

La voix suave et les prunelles ardentes de Regina eurent raison d'Emma qui osa s'avancer d'un pas.

Mais alors que la distance séparant les deux corps était infime, la porte vernie de noir s'ouvrit en grand, laissant apparaître un imbécile heureux tenant un grand bouquet de roses rouges à la main.

Le visage des deux femmes se décomposa, la brune recula d'un pas, et voyant bien que la blonde était incapable de faire de même, elle se tourna en direction de Graham pour avancer vers lui.

« Gardien Humbert, dit-elle sèchement, Je peux savoir ce que vous faites dans mon bureau avec un bouquet à la main ?

Graham grimaça devant la rudesse dont faisait preuve son amante, n'ayant pas conscience que celle-ci était en fait frustrée d'avoir été interrompue dans un moment pareil.

- Ne me dis pas que tu as oublié, se lamenta-t-il.

- Oublié quoi ?, demanda Regina en prenant le bouquet qu'elle savait pour elle.

- Notre soirée, répondit-il comme si c'était évident, ne se souciant pas le moins du monde de la présence d'Emma, L'hôtel est à une bonne heure de route alors si on veut être à l'heure pour dîner il faut qu'on parte maintenant.

Sourcils froncés, la brune plaça le bouquet dans un vase en cristal posé sur l'une des commodes de la pièce.

- Et je suis censée être au courant ?, demanda-t-elle avec dédain.

- Tu plaisantes j'espère ? Je t'en ai parlé hier matin en allant jusqu'à la salle de réunion, s'agaça-t-il, Et tu m'as dit que tu étais d'accord. Tu ne t'en souviens pas ?, insista-t-il, On était dans le couloir extérieur qui longe la cour.

Emma faillit éclater de rire mais elle fut contrainte de se retenir sous la menace des orbes sombres qui la fusillaient.

- Maintenant que tu le dis, c'est vrai que je m'en rappelle, mentit Regina, Excuse-moi, je devais être distraite.

La blonde pouffa de rire, incapable de s'en empêcher.

En voyant le regard meurtrier que lui lança la brune, elle décida de prendre rapidement la fuite, redoutant de prendre une balle perdue.

« Et bien passez une bonne soirée alors. », dit-elle simplement avant de s'en aller à la suite de son charriot rempli de produits ménagers.

A peine eut-elle passé la porte que Graham s'approcha de Regina pour venir l'embrasser, ne soupçonnant pas une seconde que, quelques instants plus tôt, Emma se tenait exactement à sa place.

« Dis-moi que même si tu avais oublié, ça tient toujours pour ce soir, demanda-t-il.

Un diner au restaurant suivit d'une nuit à l'hôtel avec Graham ou une soirée dans son manoir en compagnie de Léopold.

Le choix fut vite fait.

- Bien sûr... », répondit-elle avant de se laisser embrasser par son amant, ne pouvant sortir de sa tête l'idée qu'une certaine blonde aurait pu l'embrasser à la place du jeune homme...