Acculée au mur, la joue plaquée contre la tapisserie à motifs baroques, un corps bouillant collé au dos du sien, des mains agrippées à ses hanches, une série de baisers humides déposée dans son cou.
La chaleur avait envahie tout son être.
Regina avait chaud, très chaud, affreusement chaud.
La main qui glissa le long de son dos pour venir descendre la fermeture éclair de sa robe, et ainsi l'en débarrasser, ne l'aida en rien à faire baisser sa température grimpante.
Caresses ardentes, douce torture, les doigts avides de contact s'appliquèrent à effleurer sa peau nue, et eurent rapidement raison d'elle, lui arrachant un gémissement alors qu'ils descendaient vers son bas ventre.
Ce soupir rauque lui échappa et suscita une vive réaction de la part de son tortionnaire, qui d'un mouvement brusque la retourna pour lui faire finalement face.
Les longs cheveux blonds et le regard vert assombri de désir ne laissèrent aucune incertitude à la brune quant à l'identité de celle qui faisait grimper son excitation.
Etrangement, découvrir qu'Emma était la responsable de sa respiration saccadée et des battements accélérés de son cœur ne fit qu'accentuer encore davantage toutes les sensations que lui provoquait cette étreinte.
Sentir les mains de la blonde fermement accrochées à ses hanches alors que le regard vert pétillant et brulant d'envie la scrutait de haut en bas.
Regina pensa que rien ne pourrait jamais être plus grisant que cela. Elle avait pourtant tort...
Le visage d'ange, rendu presque diabolique par la luxure qui l'habitait, se rapprocha dangereusement du sien. Les lèvres d'Emma se posèrent d'abord au creux de son cou avant de lentement remonter jusqu'à sa mâchoire. De leur côté, les mains de la blonde quittèrent les hanches de la brune pour venir se nicher entre ses cuisses.
Un nouveau gémissement échappa à Regina alors que les doigts de son amante caressaient son intimité à travers la dentelle du tissu.
Haletante, elle se raccrochait tant bien que mal à la chevelure d'or, n'hésitant pas à tirer sur les boucles blondes lorsque la frustration de ne pas sentir Emma en elle se fit trop forte. Elle n'eut cependant pas à attendre trop longtemps avant de sentir les doigts tant désirés se glisser sous son sous-vêtement.
Les jambes tremblantes, Regina dut se retenir aux épaules de la blonde pour ne pas défaillir au rythme électrisant de ses va-et-vient.
La brune se sentait venir, ne pouvant plus lutter bien longtemps contre tout ce que provoquer Emma chez elle.
« Regina... »
Le murmure chaud d'Emma lui chatouilla l'oreille, et ce fut à cet instant que Regina atteignit son apogée...
et la fin de son rêve...
Les yeux braqués sur le plafond, les mains empoignant avec force les draps, le corps tremblant, les muscles tendus et le souffle irrégulier.
Elle venait de se réveiller.
Sa vision était encore embrumée par le sommeil, sa respiration encore saccadée par son orgasme nocturne.
« J'espère que tu rêvais de moi. »
La voix de Graham la glaça.
Venait-il vraiment d'assister aux réactions disproportionnées provoquées par ce rêve ?
En voyant l'air coquin qui trainait sur le visage bien réveillé du jeune homme, la brune grimaça, comprenant que oui, il venait bien d'assister à tout ça.
« Je vais me doucher. », déclara-t-elle en se levant précipitamment, esquivant de justesse le baiser que Graham comptait poser sur sa joue.
Le gardien interloqué regarda la directrice nue comme un ver partir se réfugier dans la salle de bain.
Les joues rouges, la chevelure en bataille et la peau luisante de sueur. Regina regarda longuement son reflet dans le miroir, peinant encore à reprendre ses esprits et à calmer sa respiration.
Ce rêve lui avait paru si réel qu'elle eut un mal fou à accepter que rien ne s'était véritablement passé.
Mais alors qu'elle se remettait lentement de ses émotions, une question vint lui tarauder l'esprit: pourquoi avait-elle rêvé d'Emma Swan ?
Après la nuit torride qu'elle venait de passer dans cette chambre d'hôtel avec Graham, et toutes les parties de jambes en l'air qui avaient eu lieu pendant leurs horaires de travail, comment se faisait-il qu'Emma soit celle qui, dans son rêve, la prenait sauvagement contre la tapisserie baroque de son bureau ?
Regina n'eut pas spécialement envie de réfléchir à cette question plus longtemps, préférant se glisser sous la douche, avec l'espoir vain que le filet d'eau chaude puisse la débarrasser du souvenir de ce rêve aussi étrange qu'exaltant.
Une fois lavée, maquillée et coiffée, la brune sortit finalement de la salle de bain dans laquelle elle s'était enfermée depuis plus d'une heure.
« Un dernier coup pour la route ? », demanda Graham en regarda le corps nu de son amante avec envie.
Regina n'eut besoin de parler, ses yeux levés au ciel étaient déjà une réponse suffisante pour le jeune homme qui fronça les sourcils en se levant.
« Qu'est-ce qui t'arrive ce matin ?, demanda-t-il en s'approchant de la brune qui agrafait son soutien-gorge.
- Rien, pourquoi ?, répondit Regina d'un air innocent.
- Tu es bizarre depuis que tu t'es réveillée, reprocha Graham.
- Je ne suis pas bizarre, juste fatiguée, nia-t-elle, Va te doucher ou tu risques d'être en retard, ajouta-t-elle en enfila une petite robe noire.
Le gardien soupira mais partit se doucher sans broncher pendant que Regina scrutait son reflet dans le miroir de la chambre.
Satisfaite de la parfaite image qu'elle renvoyait, la belle brune commença à ramasser ses vêtements de la veille qui jonchaient le sol de la pièce.
« Je dois y aller, je veux être à l'heure, prévint-elle en chaussa ses escarpins, Et n'oublie pas, tes chaussettes sont sous le lit ! »
Regina n'attendit pas la réponse de Graham pour sortir de la chambre d'hôtel, laissant derrière elle cette nuit de sexe endiablé avec son amant, au contraire de ce drôle de rêve qu'elle emporta bien malgré elle...
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Il était aux alentours de neuf heures lorsqu'elle entendit toquer à la porte de son bureau, et pour la première fois, la brune se montra réticente à l'idée d'être confrontée à la blonde.
« Entrez. », autorisa-t-elle.
« Bonjour madame Mills, salua la détenue.
- Bonjour Miss Swan. », répondit la directrice sans lâcher des yeux l'écran de son ordinateur.
Regarder Regina sans que cette dernière ne lui accorde un regard en retour était devenu commun pour Emma, alors elle ne remarqua pas qu'aujourd'hui, la femme évitait soigneusement de la regarder.
« Je suppose que la nuit a été bonne, commenta-t-elle en commençant à dépoussiérer la commode sur laquelle reposait le bouquet de roses apporté par Graham la veille.
La brune paniqua une seconde avant de comprendre que la blonde ne faisait référence qu'à sa nuit avec Graham. Elle se calma rapidement lorsqu'elle se rendit compte qu'Emma ne pouvait en aucun cas deviner ce qui s'était joué dans son esprit la nuit dernière. Regina osa alors la regarder, décidant qu'il était ridicule d'être gênée d'un simple rêve érotique dont la principale intéressée n'avait même pas connaissance.
- Oh oui vous n'avez pas idée Miss Swan...Et on peut remercier le gardien Humbert pour cela, provoqua-t-elle d'un ton plein de sous-entendus.
A ses sourcils froncés et son petit sourire en coin, la brune comprit que la blonde s'apprêtait à répliquer.
- Pourtant vous n'aviez pas l'air aussi emballée quand le gardien Humbert nous a interrompu hier soir, fit-elle remarquer.
Comme de coutume, la brune était d'humeur joueuse.
- Mais à part votre heure de ménage, qu'a-t-il interrompu au juste ?, demanda Regina en dressant un faux sourcil interrogateur.
- Vous le savez très bien, attesta Emma.
- Dites le quand même, s'amusa la brune.
- Laissez tomber, souffla-t-elle en levant les yeux au ciel.
Dieu ce qu'elle aimait se jouer de cette blonde...
- Si vous faites allusion au fait que vous étiez sur le point de m'embrasser, alors le gardien Humbert n'a rien interrompu du tout, déclara-t-elle nonchalamment.
- Qu'est-ce que vous voulez dire ?, interrogea la détenue, sourcils froncés.
- Ce que je veux dire c'est que de toutes façons vous ne m'auriez pas embrassé, expliqua Regina avant d'ajouter d'une voix moqueuse, Il semblerait que le chevalier Swan ne soit pas assez courageux pour embrasser la Méchante Reine.
- En êtes vous bien sûre Majesté ?, provoqua Emma à son tour.
- Sûre et certaine. », assura-t-elle alors que ses prunelles chocolat défiaient les vertes.
La porte s'ouvrit à la volée, Emma ne put donc répliquer, ce qui déplut fortement à Regina.
« Gardien Humbert !, gronda-t-elle, Quand allez-vous finalement comprendre que l'on ne rentre pas dans mon bureau comme dans un moulin ?!
- Quand tu comprendras que tu n'as pas à partir comme une voleuse pendant que je suis sous la douche !, riposta-t-il.
- Je ne suis pas partie comme une voleuse, rétorqua-t-elle, Je t'ai dit que je partais.
L'ennuie profond dont faisait preuve Regina dénotait parfaitement de la colère de Graham.
- Je ne t'ai même pas entendu, reprocha-t-il.
- Alors je suppose que tu as oublié tes chaussettes sous le lit, commenta-t-elle simplement.
Le jeune homme fronça les sourcils, arborant une expression faciale qui lui donner l'air du plus sombre des idiots.
- Elles étaient sous le lit ?!, s'exclama-t-il, Je les ai cherché partout !
- Tu les aurais trouvé si tu m'avais écouté, fit-elle remarquer d'un air malin.
- Ou si tu m'avais attendu !, repartit-il à la charge.
Elle roula des yeux.
- Je ne voulais pas être en retard, se justifia-t-elle.
- Arrête de mentir Regina, tu me fais le coup à chaque fois, se plaignit-il, On couche ensemble puis tu te tires !
Cette fois-ci, et sans qu'elle ne puisse vraiment le contrôler, un bref éclat de rire échappa à Emma.
- Je ne sais pas si tu as remarqué, mais nous avons de la compagnie Graham, articula-t-elle froidement en fusillant du regard les deux intrus présents dans son bureau, Alors si tu pouvais éviter de venir me crier dessus devant une détenue, cela m'arrangerait.
- Mais j'en ai rien à foutre de ça Regina !, dit-il encore un peu plus haut, Tu ne comprends pas que je n'en peux plus ?!
Elle arqua un sourcil.
- Non effectivement, je ne comprends pas, soupira-t-elle.
- On baise, et c'est tout. J'ai l'impression d'être un objet sexuel pour toi, déclara-t-il.
- Mais tu n'es qu'un objet sexuel pour moi Graham, affirma-t-elle comme si c'était évident, Notre relation est purement sexuelle, et on s'est mis d'accord sur ça dès le début.
- Oui mais ça fait bientôt deux ans qu'on couche ensemble Regina, répliqua-t-il, J'ai besoin de plus.
- Alors arrêtons, parce que je ne peux pas te donner plus.
Emma ne put se retenir de rire silencieusement en assistant à l'insolente indifférence dont faisait preuve la femme.
- Quoi ?!, grimaça-t-il.
- Nous n'avons plus les mêmes attentes, alors arrêtons, répéta-t-elle.
- Tu es sérieuse ?, s'assura-t-il.
- Je suis parfaitement sérieuse. »
Sur cette déclaration, le jeune homme furibond quitta la pièce, prenant bien soin de claquer vigoureusement la porte derrière lui.
Emma observa Regina rouler une dernière fois des yeux avant de la voir se replonger dans son travail comme si de rien n'était.
« Et donc ça fait deux ans que vous vous tapez ce boulet ?, lâcha-t-elle spontanément.
Les orbes verts ne ratèrent pas le petit sourire qui étira les lèvres rouges l'espace d'un bref instant.
- Je me passerai bien de vos petits commentaires Miss Swan, condamna la directrice, Alors taisez-vous et mettez-vous au travail. »
Le reste de l'heure se fit dans le silence, les deux femmes s'appliquant à effectuer leurs tâches respectives sans échanger un mot.
Et comme toujours, les yeux d'Emma s'égarèrent un trop grand nombre de fois sur Regina, sans pour autant remarquer que les yeux chocolat se perdaient également sur elle.
Puisque bien malgré elle, la belle brune peinait à passer outre ce rêve dont la blonde était l'actrice principale...
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« Tu n'es pas rentrée à la maison hier soir.
Ce furent les premiers mots qu'elle entendit en passant la porte de son manoir.
- Effectivement, confirma-t-elle en fermant la porte derrière elle, Tu es un fin observateur Léopold.
De part son insolence, Regina faisait grincer les dents de son mari. Elle le savait, et elle en jubilait.
- Où est-ce que tu étais ?, enchaîna-t-il froidement.
- Quelque part, répondit-elle en posant son sac à main à l'entrée.
- Mais encore ?, insista-t-il.
Regina apparut dans l'encadrement de la porte qui donnait vers le salon.
- Honnêtement Léopold, qu'est-ce que ça peut bien te foutre ?, répondit-t-elle nonchalamment.
- Regina, ricana-t-il en prenant une gorgée de son verre de whisky, Tu peux te faire sauter par ton gardien ou par qui bon te semble, je n'en ai rien à faire et tu le sais très bien. Par contre je te promets que si tu te fais surprendre et que la rumeur se répand-
- On ne s'est pas fait surprendre, le coupa-t-elle dans son élan, L'hôtel était à plus d'une heure d'ici, et là bas personne ne connaissait StoryBrooke et encore moins son maire insignifiant.
Léopold ricana une nouvelle fois, prêt à piquer à son tour.
- Très bien, alors je suppose qu'en te voyant jouer la catin avec un jeune de vingt ans ils ne se sont pas doutés une seconde que tu étais la femme du maire insignifiant de StoryBrooke.
- Je ne suis pas une catin, je suis simplement mariée à un vieillard. Et Graham à vingt huit ans, corrigea-t-elle en contourna le fauteuil où était installé son mari pour se diriger vers l'immense cave à vin vitrée au fond du salon.
- Presque sept ans de moins que toi donc, railla-t-il.
- Léopold..., soupira-t-elle en se penchant pour choisir une bouteille, Tu es très mal placé pour parler d'âge. Dois-je vraiment te rappeler que tu as trente ans de plus que moi ?
- Peut-être, admit-il, Mais j'ai de l'argent.
- Beaucoup d'argent et trop peu d'âme, méprisa Regina en se saisissant d'un tire bouchon et d'un verre à pied.
- Parce que toi tu as une âme ?, s'esclaffa-t-il, manquant de peu de s'étouffer avec son whisky.
- Contrairement à toi, j'ai encore un cœur, articula-t-elle en se servant un verre de vin rouge.
Le rire forcé et outrancier de Léopold résonna dans l'entièreté de la demeure.
- Non ma chérie, tu AVAIS un cœur... Et si malgré tout tu en as encore un, alors il doit être sacrément noir. »
On pouvait aisément voir la haine qui se dégageait des deux yeux chocolat lorsque la femme empoigna le goulot de la bouteille de sa main gauche, le verre en cristal de sa main droite, et qu'elle quitta la salon de sa démarche assurée pour se réfugier dans sa chambre à l'étage.
Arrivée en haut, elle déposa l'alcool sur la table de chevet, retira ses escarpins et se défit de sa robe avant de s'écrouler de tout son long sur le lit.
Sa dernière nuit avait été courte, et sa journée éprouvante. Elle s'était disputée avec Graham, avait supporté les piques de son mari et ses constants désaccords avec monsieur George. Et pourtant, la seule chose qui préoccupait encore Regina en cette fin de journée n'était autre que le rêve qu'elle avait fait d'Emma.
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Une poignée de jours. C'est le temps qu'il fallut à Emma pour se rendre compte que le regard qu'avait Regina sur elle avait changé.
Au fil des dernières heures de ménage, la blonde avait remarqué les quelques regards traînants que lui lançait la brune. Notant qu'ils se multipliaient et s'intensifiaient toujours un peu plus, Emma avait développé le solide espoir de n'être à présent plus la seule à subir les charmes de l'autre.
Et elle avait bien raison de penser cela. Si jusqu'ici Regina avait adoré jouer de ses charmes sur Emma, voilà maintenant que les charmes de la blonde se jouaient d'elle.
« Madame Mills arrêtez de me regarder comme ça s'il vous plaît. Je sais que vous ne voyez plus le gardien Humbert, et que par conséquent vous devez être en manque, mais ce n'est pas une raison.
Le lundi 3 août au matin, Emma osa dire ces mots, faisant se décrocher la mâchoire inférieure de Regina en les prononçant.
- Je vous demande pardon Miss Swan ?, réagit-elle en fronçant les sourcils.
- Vous n'arrêtez pas de me fixer en ce moment. J'ai l'impression d'être un morceau de viande sur lequel vous êtes prête à vous jeter à tout moment, s'amusa-t-elle
- Je ne vous regarde pas comme un morceau de viande !, s'insurgea la brune.
- Au moins vous ne niez pas le fait que vous passez votre temps à me mater, continua Emma.
Regina pinça les lèvres. Effectivement, elle ne pouvait pas nier l'indéniable
- C'est quand même particulièrement culotté de votre part Miss Swan, fit-elle remarquer en conservant un air suffisant, Dois-je vous rappeler que c'est vous qui vous faites avoir à chacun de mes coups de charme et non pas le contraire ?
Un sourire en coin se dessina sur la bouche d'Emma.
- Vous n'avez pas besoin de me le rappeler madame Mills, assura-t-elle, J'ai pris un peu de temps mais maintenant j'assume mon attirance envers vous. Alors ne vous inquiétez pas, je compte vous laissez le temps de faire de même. »
Se voulant toujours un peu plus effrontée, la blonde ponctua sa phrase par un petit clin d'œil, prenant un malin plaisir à faire rouler les yeux de la brune.
Emma s'était montrée nettement plus provocante qu'à son habitude.
Au plus la brune tombait sous son charme, au plus la blonde prenait en confiance.
Regina voulait faire taire cette audace grandissante, mais étonnamment, la première pensée qui lui vint à l'esprit fut de tirer sur la longue queue de cheval blonde, et d'ainsi la faire taire en plaquant sa bouche contre la sienne.
En réalisant que cette idée était tout bonnement indécente, Regina secoua légèrement la tête pour revenir à la réalité, tombant honteusement sur le regard vert et malicieux.
« Vous voyez madame Mills, vous êtes encore entrain de me regarder. C'est vraiment plus fort que vous ! »
Regina s'était perdue dans son propre jeu, elle était faite comme un rat.
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Elle s'était fait couler un bain dès son retour du travail, cela faisait maintenant plusieurs heures qu'elle s'y prélassait. La chaleur des soirs d'été rendait bien moins désagréable l'eau refroidie de la baignoire. Et à vrai dire la seule chose qui dérangeait Regina en cet instant était d'être incapable de se sortir Emma de la tête.
Son désir pour la blonde ne cessait de croitre sans qu'elle ne puisse réellement l'expliquer ni même le contrôler.
Elle avait commencé par jouer avec la jeune femme comme elle le faisait avec beaucoup de monde.
Seulement Emma s'était révélée bonne adversaire, et le jeu avait plu de plus en plus à Regina.
Il y avait ensuite eu ce baiser. Ce baiser entièrement calculé de sa part, et qui pourtant semblait avoir laissé des traces.
Tellement de traces qu'elle avait commencé à regarder la blonde d'un œil différent. La regardant comme jamais elle n'avait regardé une femme auparavant.
Et puis il y'avait eu ce rêve. Ce rêve torride, bouillant, ce rêve déstabilisant qui lui faisait tout remettre en question, lui faisant doucement réaliser que ça faisait une éternité qu'elle n'avait pas désiré quelqu'un comme elle désirait Emma Swan.
Penser à la jeune femme suffit à réchauffer l'eau de son bain.
La chevelure blonde relevée dans une queue de cheval, les yeux verts qui se plaisaient à la dévorer toute entière, le corps joliment musclé et moulé dans son débardeur blanc et jogging bleu.
Presque inconsciemment, Regina laissa l'une de ses mains descendre jusqu'entre ses cuisses.
Puis elle se figea brutalement, prenant peur en réalisant que l'image d'Emma venait d'encourager ce mouvement.
Elle se redressa.
Le temps du bain était fini, et il en était de même pour ce jeu de séduction.
Cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait laissé personne avoir ce genre d'emprise sur elle, et même si c'était purement sexuel, il était hors de question qu'elle laisse cela se faire.
Elle voulait se protéger, elle devait se protéger, elle allait se protéger.
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Le lendemain matin, l'ambiance du réfectoire dénota de celle des jours précédents. Si une mauvaise humeur ambiante et d'incessantes querelles entre les détenues et les gardiens régnaient dans le self depuis l'annonce des nouvelles mesures de George, ce matin là fut bien différent et eut le mérite de mettre tout le monde d'accord; à l'exception près du gang De Vil.
Ruby était de retour, et après ces longs jours de convalescence, la jeune femme était plus en forme que jamais. C'était du moins l'air qu'elle renvoyait alors que toutes ses groupies se ruaient vers elle pour avoir de ses nouvelles.
Manquant de temps si elle voulait être à l'heure pour faire le ménage dans le bureau de madame Mills, Emma se contenta de saluer la brune aux mèches rouges de loin, se réjouissant déjà bien assez de voir l'air apaisé qu'affichaient Dorothy et Granny.
« Et Swan pas si vite, l'interpella la gardienne Belfrey aux portes du local d'entretien, La conseillère Green veut te parler. »
Emma le sentit immédiatement, si le retour de Ruby avait égayé sa matinée, le tournant que prenait sa journée en cet instant était tout autre.
Elle se rendit jusqu'au bureau vert en se demandant ce que Zelena Green pouvait bien lui vouloir. Elle eut la réponse dès que la femme aux yeux bleus perçants et la chevelure rousse flamboyante lui ouvrit la porte.
« Ah Emma vous tombez bien, je voulais justement vous parler, dit-elle en laissant la blonde entrer dans son bureau.
- En fait c'est Belfrey qui m'envoie, expliqua-t-elle.
- Pour une fois qu'elle fait correctement son travail, railla la conseillère avant d'enchaîner, Je voulais m'entretenir avec vous au sujet de votre changement d'assignation.
- Mon quoi ?!, hoqueta la blonde.
- Votre changement d'assignation, répéta madame Green, Vous n'êtes plus assignée à l'entretien, vous commencez dès aujourd'hui à la laverie. »
[ Hey!
J'espère que ce chapitre vous a plu, en tout cas n'hésitez pas à me donner vos impressions en commentaires :)
Le prochain chapitre arrivera en début de semaine, passez un bon dimanche d'ici là ;) ]
