Elle inspecta son reflet dans la glace pour la quarantième fois au moins, et peu importe la posture prise, la directrice ne parvenait pas à se satisfaire de l'image que lui renvoyait le miroir de sa chambre.

Son apparence frôlait pourtant sa perfection habituelle.

Ses cheveux brillants et impeccablement coiffés retombaient gracieusement juste au dessus de ses épaules.

Ses yeux chocolat étaient, comme de coutume, subtilement soulignés d'une fine touche de crayon noir et de mascara.

Son teint avait perdu de son hâle estival, mais sa peau était d'une clarté éclatante.

Sa bouche était quant à elle revêtue de son fidèle rouge à lèvres carmin qui savait si bien la sublimer.

Son tailleur-pantalon enfin, sciait parfaitement sa silhouette, ne faisant que flatter un peu plus son physique déjà trop avantageux.

Comme tous les jours depuis son arrivée sur Terre, Regina Mills était splendide, mais aujourd'hui, cela ne semblait pas lui suffire.

Son regard braqué sur l'élément perturbateur, elle grimaça. Ce simple détail lui taraudait l'esprit au point d'en faire une fixette.

Le ridicule objet de tous ses soucis n'était autre que les mocassins en cuir qui avaient remplacé ses éternels escarpins.

« Belle entorse ! », s'était fièrement exclamé le médecin en posant son diagnostic, près de trois semaines plus tôt.

Si elle avait d'abord été soulagée de ne rien s'être cassée, la brune avait très vite été blasée en apprenant que la rémission de sa simple entorse allait être si longue.

Munie de sa grosse attelle, de sa paire de béquilles et de sa prescription de paracétamol, le docteur des urgences lui avait donné le feu vert pour reprendre le travail dès le lundi suivant.

Seulement c'était sans compter sur Gold qui, déjà contrarié par le scandale de l'émeute, avait formellement refusé de voir la directrice de sa prison revenir travailler avec une patte en moins.

Regina s'était donc résignée et avait posé les trois semaines d'arrêt maladie, monsieur Gold ne voulant pas voir l'ombre d'une attelle ou béquille sur le personnel de son pénitencier.

Les jours avaient été longs pour la brune qui, confinée dans son manoir, n'avait pas eu le coeur à quitter son lit. Allongée sur ses draps en coton égyptien, le buste relevé par plusieurs oreillers et la cheville fermement immobilisée, Regina avait eu tout le loisir de parcourir en long, en large et en travers le catalogue proposé par son abonnement télé. Inutile de dire que la brune qui aimait se tenir constamment occupée s'était bien vite ennuyée. Elle avait tourné comme un lion en cage dans son propre lit, refusant de quitter sa chambre plus de fois que nécessaire au risque de croiser son détestable mari.

« Je suis surpris que ton petit gardien ne te rende pas visite, avait-il commenté en la croisant à la sortie des toilettes, Il faut croire que dès l'instant où tu n'es plus baisable, tu n'intéresses plus personne. »

« Il aura suffi d'une petite entorse pour que tu restes sagement à la maison comme avant, avait-il fait remarquer un autre jour, Si j'avais su, j'aurais fait en sorte que ça se passe plus tôt... Il n'est peut-être pas trop tard remarque, une petite chute dans les escaliers et tu resteras cloîtrée ici pendant un bon moment.»

« Tu sais Regi, avait-il commencé alors qu'elle avait eu le malheur de ne pas quitter la table à manger lorsqu'il l'avait rejoint, Nous deux, autour d'une table, partageant paisiblement ou presque un repas. Ça me rappelle nos premières années de mariage. Tu sais, celles où tu étais trop défoncée aux médocs pour me contrarier. Tu étais plus docile à l'époque, plus gentille, et beaucoup moins emmerdante. »

« Parfois je me demande comment tu serais aujourd'hui si Gold ne t'avait pas pris sous son aile, avait-il dit spontanément après l'avoir longuement lorgnée alors qu'elle se préparait à manger, Peut-être que tu serais encore la petite dépressive bourrée aux cachetons, qui passait son temps à pleurer et qui était incapable de me dire non. Ou peut-être qu'avec le temps tu aurais eu le courage de te foutre en l'air... Qui sait ? »

Léopold n'y était pas allé de main morte, prenant un plaisir vicieux à lancer cruelles menaces et méchantes provocations à sa femme qui n'avait pourtant pas bronché.

En effet, la brune avait su prendre sur elle et n'avait répondu que sobrement à ces attaques répétées, fusillant du regard son infâme mari ou lui jetant à la figure un « Va te faire foutre Léopold » dont elle seule avait le secret.

Malgré tout, et bien qu'elle n'ait pas voulu le montrer, ces mots avaient réussi à entacher le moral de Regina qui, après trois semaines, était à fleur de peau.

Se focalisant depuis longtemps sur son travail, elle n'était plus habituée à passer autant de temps en compagnie de son mari qu'elle ne faisait plus que croiser quelques fois dans la semaine, ou qu'elle accompagnait lors de rares sorties professionnelles.

Seulement ces trois semaines qu'elle avait été contrainte de passer chez elle l'avait brutalement replongée dans la vie maussade et l'accablant quotidien qui avaient été les siens durant les dernières années de sa vingtaine.

Elle grimaça une dernière fois en regardant son reflet, toujours aussi agacée par ces foutus mocassins qui ruinaient selon elle toute son allure.

Maintenant qu'elle avait pu abandonner attelle et béquilles, voilà que sur consigne du médecin elle devait aussi rester quinze jours sans porter de talons.

Regina avait néanmoins prévenu son docteur, si la douleur était supportable, elle ne tiendrait pas plus de sept petits jours avant de rechausser ses escarpins à talons hauts.

Après avoir quitté sa chambre, la belle brune descendit prudemment les escaliers, ne voulant pas être confrontée à l'air jouissif de Léopold si elle venait à chuter.

« Et bien tu me quittes déjà. »

La voix du vieil homme manqua de la faire sursauter, et elle leva les yeux au ciel en constatant qu'il l'attendait dans le hall d'entrée, habillé d'un vilain peignoir jaune poussin où ses initiales étaient brodées.

« Tu es sûre d'être apte à reprendre le travail ?, s'amusa-t-il alors qu'elle passait devant lui sans lui accorder un regard.

- Plus que sûre, assura-t-elle, Il était temps que je quitte enfin cette prison dorée.

Elle attrapa son trousseau de clefs et ouvrit la porte d'entrée avec la hâte de quitter au plus vite la demeure.

- Nos petites discussions des derniers jours vont me manquer mon amour, feignit-il, Surtout les moments où tu n'avais rien à répondre. »

Elle ne daigna même pas le regarder, se contentant seulement de lui adresser un majeur dressé avant de claquer la porte derrière elle.

A peine sortie, l'air doux de cette fin septembre vint lui caresser le visage. Elle ferma les yeux et inspira puis expira lentement, se sentant à la fois soulagée et ravie d'en avoir enfin fini avec cet arrêt maladie.

Elle n'eut pas à attendre bien longtemps pour voir se garer devant son allée le taxi qu'elle avait commandé pour la conduire jusqu'à la prison.

Elle aurait bien entendu préféré faire gronder le moteur de sa berline pour s'y rendre, seulement le médecin lui avait déconseillé la conduite pour quelques temps. Et même si sa Mercedes lui manquait, Regina était prête à prendre le taxi encore une semaine ou deux si cela lui permettait de rechausser au plus vite ses précieux escarpins.

Étonnamment, dès qu'elle avait appris devoir se passer quelques temps de ses talons d'un bon décimètre, l'une des premières pensées de la directrice avait été de se dire qu'elle n'allait plus dominer Emma Swan de deux ou trois centimètres à présent.

Et à Emma Swan, la brune y avait souvent pensé durant ces trois semaines, plus qu'elle ne l'aurait voulu et sans doute plus que de raison.

Les boucles d'or, les prunelles vertes, la douceur des mains de la jeune femme contre sa propre peau ou encore la chaleur de cette bouche contre la sienne.

Regina avait beaucoup pensé à Emma, à tout ce qui la composait, et surtout à ce baiser qu'elles avaient échangé avant que la blonde la porte comme une princesse jusqu'à l'infirmerie.

Elle aimait se rappeler de cette délectante sensation de sécurité qui l'avait envahie lorsque la jeune femme l'avait fermement tenue contre elle, évitant ainsi qu'elle ne se blesse davantage en marchant.

Elle se plaisait également dans le souvenir délicieux de ses propres lèvres caressant celles de la blonde, de sa bouche prenant d'assaut celle de la détenue, de sa langue menant une danse endiablée avec celle d'Emma.

Oui, Regina Mills avait pris goût à ressasser continuellement tous ces petits rapprochements avec Emma Swan.

Au cours des trois dernières semaines, ces souvenirs n'avaient cessé de se jouer en boucle dans son esprit, et pourtant la brune avait eu le bonheur de constater qu'ils n'avaient pas perdu une miette de leur saveur.

Le baume au cœur et les discrets frissons qui traversaient son corps alors que le taxi s'approchait de la prison n'en étaient que l'ultime preuve.

Rien, pas même ces trois semaines d'arrêt maladie, n'avait réussi à éteindre la flamme naissante qu'entretenait Regina à l'égard d'Emma.

Elle salua son chauffeur et claqua la portière derrière elle, avant de se diriger d'un pas enthousiaste vers le portail d'entrée. Elle passa une à une les différentes barrières de sécurité, jusqu'à arriver au niveau du couloir extérieur qui donnait sur le terrain de sport.

Les yeux chocolat scrutèrent la cour avec minutie, avides de se fondre sans plus tarder aux prunelles émeraudes.

Regina ne put cependant masquer sa déception lorsqu'après de longues secondes à regarder à travers le grillage, elle en vint à la désagréable conclusion que la blonde n'était pas là.

Celle qui veillait à la saluer chaque matin en l'attendant dans la cour avait visiblement failli à son poste.

Mais alors où pouvait-elle bien être ?

Malgré elle, Emma avait dû abandonner son bol d'air matinal au profit du nettoyage des sanitaires auquel elle avait été assignée tous les matins ou presque.

Déjà en sueur alors qu'il n'était même pas huit heures et demi, la jeune femme entamait à présent sa troisième heure de travail de la journée. Et le moins que l'on puisse dire était qu'elle haïssait George pour avoir instauré de telles horaires à l'entretien.

Lorsqu'elle avait repris le travail trois semaines plus tôt, elle avait eu l'amère surprise de découvrir que tout son planning avait été changé en faveur de la dernière politique de monsieur George.

Elle se retrouvait maintenant à devoir travailler aux aurores dans les douches, quelques heures à la bibliothèque durant la journée, et avait en plus de cela l'immense plaisir de se coltiner les cuisines après le dîner, ou parfois la cour juste après l'heure de coucher générale.

Le seul point positif qu'elle avait su déceler dans son nouvel emploi du temps résidait dans l'heure quotidienne qui était encore dédiée au bureau de la directrice...

Seulement la blonde avait trouvé le bureau en question bien vide en l'absence de la principale intéressée. Elle n'avait d'ailleurs qu'une hâte, que la brune fasse son retour au plus vite.

Cela faisait déjà trop de jours que la jeune femme espérait vainement la voir apparaître comme par magie lorsqu'elle se rendait dans son bureau pour ses heures de ménage.

Emma n'y tenait plus, elle n'en pouvait plus d'attendre.

Elle avait envie de la revoir, elle en avait besoin.

Elle voulait se bruler la rétine en dévorant sa silhouette des yeux. Elle voulait plonger et se noyer dans ses iris incandescents. Elle voulait la toucher, l'embrasser, lui montrer à quel point son absence n'avait fait qu'accroître le désir qu'elle lui portait.

Mais ce qu'Emma souhaitait par dessus tout, c'était de s'assurer que Regina allait bien. Le simple fait de ne rien savoir de l'état de la femme l'avait rendu complètement folle, au point qu'elle avait songé plus d'une fois à envoyer Henry en mission "Vérification que la Méchante Reine est saine et sauve".

Lorsqu'elle parvenait à avoir un œil lucide sur la situation, Emma arrivait à la conclusion que Regina avait une cheville cassée tout au plus. Cependant, cela n'avait pas suffi à l'apaiser complètement, et elle s'était même laissée aller à l'élaboration de scénarios catastrophes.

« Et si l'agression l'a totalement traumatisée et qu'elle ne veut plus jamais remettre un pied dans cette prison. », s'était-elle un jour lamentée auprès d'August.

Le gardien s'était d'abord moqué du béguin de son amie pour la directrice, avant de la rassurer en lui disant que Gold avait parlé d'un simple arrêt maladie de quelques semaines.

Alors Emma était là, entrain de récurer les toilettes de bon matin, avec en tête l'espoir qu'elle aurait peut-être aujourd'hui la chance de croiser Regina au détour d'un couloir.

« Tu te moques de moi Swan ?!, grinça une voix, Le sol n'est toujours pas fait ? »

Emma souffla bruyamment.

Déjà plus de deux semaines qu'elle était revenue, et elle ne l'avait pas lâchée d'une semelle.

Une chose était certaine, l'émeute n'avait pas profité à la blonde qui, en plus d'avoir été séparée de sa brune, avait aussi dû faire face au retour inopiné de Belfrey.

La prison devait le retour de la dragonne à monsieur Gold.

Le directeur qui peinait depuis de longues semaines à faire remplacer le gardien Jefferson, avait sauté sur l'occasion d'une Belfrey avide de revenir et à qui il n'avait rien à reprocher. Le mécontentement de Regina lorsqu'elle apprendrait la nouvelle à son retour était le cadet des soucis de Gold, qui avait eu à gérer, non seulement le scandale de l'émeute, mais aussi le licenciement de monsieur George qui allait avec.

En virant sur le champ le responsable de la sécurité, le directeur avait réussi à réparer les pots cassés en convaincant Ruby de ne pas envoyer sa photo compromettante à la presse. Dès l'instant où le cliché avait été supprimé, la jeune chef de gang avait été envoyée au trou, rejoignant ainsi Gardener et les sœurs d'Arendelle. De Vil, comme à son habitude, s'en était tirée sans rien, à part la joie d'être débarrassée de sa rivale pour quelques temps.

Sans grande surprise, le vieil homme d'affaires avait donc réglé l'émeute de sa prison sans problème, et il était même allé jusqu'à engager un nouveau responsable de la sécurité, un certain monsieur Glass.

Sidney Glass avait fait son entrée juste après le licenciement de monsieur George. Et si les détenues ne lui avaient pas réservé un accueil des plus chaleureux, le nouveau venu avait eu l'intelligence de calmer les tensions dès le début. A l'inverse de son prédécesseur, monsieur Glass n'avait pas agi en grand seigneur arrivant en terre conquise, mais s'était au contraire montré plus humble et compréhensif, gagnant ainsi la cordialité de la majorité de la prison.

En observant le comportement du nouveau responsable de la sécurité, Emma n'avait pu s'empêcher de rire, plaignant le pauvre homme qui allait sans doute se faire dévorer par la personnalité autoritaire de madame Mills.

« Entrez! », s'exclama-t-elle en se levant avec un peu trop d'enthousiasme alors qu'on venait de toquer à la porte.

Lorsqu'elle ne vit pas la chevelure blonde apparaître, la brune se laissa mollement retomber dans son fauteuil en cuir. Déçue, elle ne prit même pas la peine de regarder l'homme qui venait d'ouvrir la porte de son bureau.

« J'allais bientôt partir en pause déjeuner, prévint-elle d'un air ennuyé, Alors faites-vite ou revenez me voir cet après-midi.

- Je t'ai connue plus aimable, commenta-t-il en refermant la porte derrière lui.

La voix lui étant étrangement familière, Regina releva le regard pour observer de plus près l'individu qui venait d'entrer.

« Sidney ?, s'étonna-t-elle.

- En chair et en os!, fit-il fièrement en s'approchant du bureau, Je suis content de voir que la grande Regina Mills me reconnait encore après plus de dix ans. »

En voyant qu'il s'approchait pour la saluer, elle prit la peine de se lever. Elle qui pensait lui faire la bise fut surprise de le voir se saisir de sa main pour y déposer un baiser.

« En tout cas tu n'as pas changé, dit-il sans lâcher sa main, Toujours aussi ravissante.

Regina lui offrit un sourire faussement flatté avant de retirer sa main de peur qu'il ne la lâche jamais.

- Qu'est-ce qui t'amènes ici Sidney ?, lui demanda-t-elle en se rasseyant.

- Je suis le nouveau responsable de la sécurité, répondit-il en s'asseyant à son tour, Monsieur Gold m'a engagé après avoir licencié George.

- Je ne savais pas que c'était ton domaine..., fit-elle remarquer, Tu n'avais pas monté ta propre entreprise en sortant de la fac ?

- Si, si, confirma-t-il, Mais malheureusement elle a fait faillite il y a un peu moins d'un an.

- Je suis désolée pour toi, dit-elle par simple politesse.

- Oh ne t'en fais pas, rassurra-t-il, Parfois ça fait du bien le changement, et puis ça n'a pas l'air si mal de travailler ici.

Elle s'esclaffa, connaissant plutôt bien la personnalité de Sidney Glass, elle pouvait parier qu'il n'allait pas faire long feu entre les murs de cette prison.

- Tu as intérêt à rester bien accroché, prévint-elle, Ici il faut savoir s'imposer si l'on veut se faire respecter.

- Je tâcherai de m'adapter alors, consentit-il, Ça fait longtemps que tu travailles ici ?

Elle prit une seconde pour réfléchir.

- Presque six ans..., déclara-t-elle l'air troublée.

Le temps passait étrangement vite.

- Ah oui quand même!, s'exclama l'homme, Et tu as fait quoi avant ça?, s'intéressa-t-il.

Elle baissa les yeux.

Si jusqu'ici cette discussion avec son nouveau collège ne la dérangeait pas plus que ça, la conversation commençait à prendre une toute autre tournure, une tournure qu'il lui était bien moins supportable.

- Pas grand-chose, répondit-elle, restant délibérément vague.

- Tu as complètement abandonné l'idée d'enseigner ?, s'étonna-t-il, Quand on était à la fac tu te destinais à devenir professeure de littérature si mes souvenirs sont bons.

Elle se crispa légèrement.

- Oui mais entre-temps les choses ont changé, dit-elle dans une soudaine froideur.

Sidney fronça les sourcils avant d'ouvrir grand les yeux.

- Robin, devina-t-il avec un air désolé, Je ne l'ai appris que récemment en recroisant Petit-Jean. Je suis vraiment navré Regina...

Le regard chocolat s'abaissa, ne supportant ni les dires de l'homme, ni la pitié qui se reflétait dans ses yeux.

- Tu n'as pas à l'être, parvint-elle tout juste à articuler, Et puis c'était il y a longtemps, je vais bien maintenant.

Les prunelles éteintes et larmoyantes qu'elle arborait à présent ne faisaient qu'attester du mensonge de ses propres mots.

- Pourtant ça a l'air encore très douloureux pour toi. », se sentit-il obligé de rajouter.

Elle se mordit la lèvre pour contenir la rageante colère qui menaçait de s'extirper de sa gorge sous la forme de paroles particulièrement agressives.

"Ça a l'air encore très douloureux pour toi."

Quelle stupide et cruelle remarque.

Bien sûr que ça l'était, ça ne pouvait que l'être.

Près de dix ans s'étaient écoulés, mais aujourd'hui encore elle en demeurait parfaitement brisée. Son cœur était toujours broyé par les conséquences de ce tragique accident. Ce drame atroce lui avait volé les deux amours de sa vie, alors oui, évidemment elle en souffrait encore.

Elle sortit de ses pensées lorsqu'elle sentit la main de Sidney se poser sur la sienne.

« Si tu as besoin de te confier je suis là. », tenta-t-il maladroitement de se rattraper, ne faisant en réalité que s'enfoncer davantage.

Elle le fusilla du regard.

Quelqu'un frappa à la porte.

Cette dernière s'ouvrit à la voler.

Elle retira sa main.

« Qui vous a autorisé à entrer ? »

La voix tonnante de la directrice accompagnée du regard glacial qu'elle jeta en sa direction fit immédiatement se taire l'air réjoui qu'affichait la blonde.

[Hey!!

Je reviens avec le 20ème chapitre de cette histoire!

J'ai enfin pu boucler le plan et je peux donc d'ores et déjà vous annoncer que cette histoire comptera 60 chapitres... j'espère vous trouver au rendez-vous ;)

Sinon je vais essayer de m'imposer un rythme de publication en partant sur l'objectif d'un nouveau chapitre tous les jeudis, j'espère réussir à m'y tenir :')

Je voulais aussi vous remercier pour vos derniers commentaires, ça me fait super plaisir de les lire alors surtout n'hésitez pas à me faire des retours :)

Merci de m'avoir lu et à jeudi prochain pour le chapitre 21!!]