La mine radieuse, elle prit place sur la banquette arrière, prête à rêvasser tout au long du trajet. Malheureusement pour elle, le temps des rêves fut de courte durée, et un coup de frein abrupt la ramena brusquement à la réalité.
Sa tête était partie violemment en avant pour revenir s'écraser avec force dans l'appuie-tête.
« Arrêtez immédiatement la voiture. », ordonna-t-elle d'un ton glacial en posant sa main sur ses cervicales endolories.
Le chauffeur se rangea sur le côté, l'air désolé d'avoir pilé si brutalement pour ne pas griller le feu rouge.
« Madame Mills je suis vraiment désolé, je n'avais pas vu qu'il était passé à l'orange–»
Ses excuses furent coupées par la portière qui se referma violemment. La brune était descendue du taxi sans dire un mot.
Encore traumatisée par l'accident qu'elle avait vécu une dizaine d'années plus tôt, le moindre petit incident se déroulant en voiture avait le pouvoir de la bouleverser complètement.
Tremblante, elle commença à marcher le long de la route, elle finirait le reste du trajet à pied.
La distance qui la séparait de la prison n'était pas bien longue, seulement chaque pas qu'elle posait sur le trottoir mettait un peu plus en péril la convalescence de sa cheville blessée.
Elle qui pensait que sa bonne humeur matinale était imperturbable, se trouva fort déçue de constater qu'un simple petit désagrément avait suffi à la défaire. Ce qu'elle ne savait pas encore cependant, c'était qu'une certaine blonde aux yeux clairs allait vite lui redonner le sourire.
«Entrez.»
La simple vision d'Emma entrant dans son bureau quelques heures plus tard eut le mérite de raviver le regard de la brune.
« Bonjour madame Mills, sourit-elle de toutes ses dents.
- Bonjour Miss Swan, salua Regina à son tour, Comment allez-vous ce matin ?, ajouta-t-elle spontanément.
Ce soudain élan de courtoisie ne lui ressemblait guère, alors la directrice fut surprise d'elle-même. Et si on se référait à son air ahuri, la détenue l'était tout autant.
- Mais je vais très bien madame Mills, finit-elle par répondre, Surprise que cela vous intéresse, piqua-t-elle l'air joueur.
La brune lui lança un petit regard noir.
- C'était simplement de la politesse mademoiselle Swan, répliqua Regina, Ce qui m'intéresse en revanche, c'est la poussière de ma bibliothèque qui n'attend que vous.
Emma s'accouda à son charriot, elle n'avait clairement pas la tête à s'adonner au ménage de ce bureau.
- Et vous madame Mills, esquiva-t-elle, Comment vous allez aujourd'hui ?
- J'irai beaucoup mieux lorsque vous aurez dépoussiéré ma bibliothèque.», renvoya aussitôt la directrice.
Emma leva les yeux au ciel en se munissant d'un chiffon et d'un aérosol.
« Vous voyez quand vous voulez. », s'amusa la brune, jubilant d'avoir eu, une fois de plus, le dernier mot.
Emma roula des yeux une nouvelle fois.
Elle ne répliqua pas, laissant le temps lui donner une autre opportunité de clouer le bec à Regina Mills. Et elle ne fut point déçue lorsqu'une trentaine de minutes plus tard, elle entendit la brune souffler bruyamment en tentant vainement de se masser le cou.
Les yeux clos, la femme trafiquait du bout des doigts ses cervicales douloureuses dans l'espoir de détendre les muscles contractés ou de débloquer un hypothétique nerf pincé.
La blonde la regarda faire un instant, mais voyant que la mine insatisfaite de la brune perdurait, elle se décida à agir.
A pas de loup, elle traversa la pièce pour aller se poster juste derrière la directrice qui n'avait toujours pas ouvert les yeux.
Regina ne semblait pas l'avoir entendue, ou si c'était le cas, la présence d'Emma si proche d'elle n'avait pas l'air de la préoccuper plus que ça. Du moins ce fut le cas jusqu'à ce qu'elle ne sente deux mains se poser sur sa nuque raidie.
Dans un réflexe, la brune tourna la tête pour interroger la blonde du regard.
« Qu'est-ce que vous faites ?, verbalisa-t-elle lorsqu'elle ne reçut pas de réponse.
- Je prends les choses en main, déclara Emma en commençant à faire rouler ses pouces à la base du cou meurtri, Alors détendez-vous madame Mills. », s'amusa la blonde en voyant la femme obéir bien malgré elle.
Sous ces caresses appuyées, Regina n'eut nul choix que de refermer aussitôt les yeux en basculant la tête en arrière.
Esclave du bien-être que lui procurait ce massage, elle ne put retenir le soupir de soulagement qui s'échappa de ses lèvres entrouvertes.
Les yeux d'Emma pétillèrent en voyant la brune ainsi. Le beau visage apaisé et satisfait lui était offert, rendant l'envie de l'embrasser toujours plus forte, la tentation toujours plus grande. Prendre sur elle pour calmer ses ardeurs était compliqué alors que ses mains continuaient de palper la nuque délicate, arrachant toujours plus de plaisir à la femme qu'elle surplombait, la rendant toujours plus désirable.
« Vous appréciez le massage madame Mills ? », lui susurra-t-elle au creux de l'oreille.
Ce murmure chaud qu'elle sentit effleurer sa peau lui fit ouvrir les paupières. Ses prunelles sombres se plongèrent alors directement dans l'océan vert d'eau de celles de la blonde. L'envie terrassante de l'embrasser assaillit tout d'un coup la brune. Le visage d'Emma juste au-dessus du sien, Regina ne tarda pas à l'attraper en coupe pour l'attirer jusqu'au sien.
Seulement alors que les lèvres étaient sur le point de s'entrechoquer, la détenue opposa résistance à la prise de la directrice en se reculant de quelques centimètres.
« Madame Mills, commença-t-elle face à l'air impatient de la principale intéressée, Vous feriez une grave erreur de me prendre pour acquise. », finit-elle d'un air victorieux.
Un regard noir assorti d'un petit sourire en coin se dessina sur le visage de la brune qui se leva de son siège puis se retourna pour faire front à la blonde.
« Excusez-moi Miss Swan, articula-t-elle de sa voix rauque en se hissant sur le marbre blanc du bureau, Mais j'ai tellement apprécié le massage que vous ne pouvez pas me blâmer d'en vouloir plus. »
Emma essaya de lui résister, elle essaya de toutes ses forces.
Mais était-elle vraiment apte à vaincre cette diabolique tentatrice ?
Assise sur le bureau dans son tailleur carmin, laissant aller sans retenue son regard ardent et se mordillant délibérément la lèvre inférieure, Regina Mills savait qu'elle avait déjà gagné.
Et ce fut donc sans surprise qu'elle observa la proie s'avancer pour venir l'embrasser.
Les deux femmes se délectèrent de ce baiser.
Et elles firent de même pour les suivants. Les jours s'écoulèrent et elles ne perdirent pas une occasion de s'embrasser.
Parce qu'après tout c'était si bon qu'elles seraient bien bêtes de s'en priver.
Le jeudi suivant, Emma faisait son sport dans la cour lorsqu'elle vit passer le long du grillage la brune qui débauchait.
« Vous n'êtes même pas encore partie que vous me manquez déjà, minauda-t-elle.
- Et moi je ne vous ai même pas encore quittée que j'ai déjà hâte de vous retrouver. », renvoya Regina d'une voix trop mielleuse pour être sincère.
La blonde regarda la brune s'éloigner l'air moqueur avec l'envie lancinante de traverser ce maudit grillage pour la rejoindre.
D'un œil mauvais, Belfrey les observait au loin comme elle l'avait fait bien des matins quelques mois plus tôt. La gardienne comptait surveiller ce rapprochement de près, non pas par éthique professionnelle, mais simplement parce qu'elle était prise d'une jalousie maladive dès que la blonde avait le malheur de s'approcher de la brune tant convoitée.
« Swan !, l'interpella-t-elle alors que la détenue était toujours entrain d'observer la directrice s'éloigner, On ne reste pas sans rien faire avec du matériel de sport dans les mains, tu n'es pas la seule à vouloir les utiliser! »
Emma regarda autour d'elle, aucune détenue n'attendait après elle.
« Tu as entendu ? », insista la dragonne de sa voix pressante.
Emma roula des yeux en rangeant ses haltères. Elle avait plus que conscience de l'excès de zèle dont faisait preuve Belfrey à son égard, mais elle ne s'en formalisait pas, ne voulant pas s'attirer une nouvelle fois les foudres de la bête.
« Je dois retourner travailler de toute façon. », lança-t-elle avec dédain en dépassant la gardienne pour rentrer à l'intérieur du bâtiment.
La blonde traversa la prison pour se rendre jusqu'au local d'entretien où l'attendait le gardien Nolan.
« Encore merci Swan, lui dit-il d'un air plein de gratitude.
- Aucun problème David, répondit-elle dans un petit clin d'œil en poussant son charriot dans le couloir, Mais faites vite, le dragon me colle aux basques en ce moment. », prévint-elle.
Le jeune homme acquiesça avant de disparaitre dans l'une des salles de fouille où Mary-Margaret l'attendait déjà.
Emma commença alors à laver le sol du couloir, vérifiant ainsi que personne ne s'attardait trop dans les environs.
Leur technique était bien rodée à force de répéter l'opération plusieurs fois par semaine.
Les deux tourtereaux s'adonnant au plaisir charnel pendant que la blonde les couvrait en passant la serpillère.
Si d'habitude cette situation faisait plus rire Emma qu'autre chose, cette fois elle ne pouvait s'empêcher d'en être envieuse.
Elle aussi voulait passer ce cap avec Regina.
Céder à l'appel de la chair et s'abandonner à la luxure.
Ce fut avec cette idée en tête qu'elle embrassa la brune le lendemain, l'idée d'aller plus loin. Les mains d'habitude si sages s'aventurèrent plus loin que de coutume, dépassant les hanches de la femme pour aller se poser sur ses fesses bombées.
Regina approfondit le baiser à ce contact, ce qui encouragea Emma à continuer.
Elle resserra sa prise sur le fessier de la brune pour la soulever du sol.
Cette dernière n'eut à réfléchir pour enrouler ses jambes autour du corps finement taillé qui la portait.
Les bouches se quittèrent lorsque l'air leur manqua et celle de la détenue s'échoua sur la gorge de la directrice qu'elle parsema d'humides baisers.
La tête penchée en arrière pour lui offrir toujours plus d'elle à embrasser, Regina se plut dans cette étreinte torride où toutes les sensations paraissaient décuplées.
Ses soupirs se firent de plus en plus profonds et les lèvres d'Emma de plus en plus brûlantes à mesure qu'elles descendaient dans son décolleté.
Bien vite, la blonde se retrouva freinée dans sa découverte de l'anatomie de Regina.
Foutu chemisier.
Avide de continuer, la détenue posa délicatement la directrice sur le bureau avant de goûter à nouveau à la délicieuse bouche rouge.
Les mains de la brune se perdirent dans les boucles d'or.
Les doigts de la blonde s'appliquèrent à déboutonner un à un les boutons de l'habit qui lui barrait la route.
La femme frémit en sentant la plus jeune effleurer son buste dénudé.
Et un frisson glacial la traversa ensuite lorsqu'elle entendit toquer à la porte.
Emma se précipita à l'autre bout du bureau pendant que Regina s'afférait à reboutonner son chemisier.
La poignée se baissa et un grincement se fit entendre: le dragon faisait son entrée.
« Il ne me semble pas vous avoir invité à entrer. », siffla la voix de la directrice qui tournait toujours le dos à la porte, peinant à se refagoter correctement.
« Gardienne Belfrey!, s'exclama Regina en se retournant finalement, Mais quelle surprise!, ironisa-t-elle.
La fâcheuse tendance qu'avait la gardienne à faire irruption durant les heures de ménage de la blonde n'avait certainement pas échappé à la brune.
- Et quelle surprise de trouver Swan encore fourrée ici!, renvoya la dragonne.
Tournée vers la bibliothèque qu'elle faisait semblant de nettoyer, Emma eut toute la difficulté du monde à ne pas répliquer.
- Vous n'êtes pas sans savoir que Miss Swan s'occupe du ménage de mon bureau–
- Si seulement elle ne s'occupait que de ça..., répliqua la gardienne que la jalousie faisait parler.
Emma ne put s'empêchait de pouffer de rire.
De son côté, Regina était bien moins amusée par la situation.
- Je vous demande pardon ? », fit-elle mine d'avoir mal compris.
Face au regard glacial qu'elle lui lança, Belfrey baissa les yeux et perdit toute sa prestance.
« Je pense que vous feriez mieux de partir maintenant, reprit-elle devant le mutisme de la gardienne, Donnez-moi le dossier et sortez de mon bureau. »
Le dragon obtempéra sans dire un mot.
« Et Victoria, ajouta la directrice alors que Belfrey s'apprêtait à partir, La prochaine fois que vous avez un document à m'apporter, je pense que ce serait préférable de le faire en dehors des horaires de ménage... Histoire que vous n'interrompiez pas à nouveau mon tête à tête avec Miss Swan. »
La porte vernie de noir se claqua, laissant derrière elle une Emma hilare et une Regina passablement agacée.
« Il faut vraiment que je pense à verrouiller cette fichue porte. », déclara-t-elle sans lâcher ladite porte des yeux.
Elle tint parole dès le lendemain.
Emma avait à peine eut le temps de passer la porte que Regina avait déjà glissé la clef dans la serrure pour la verrouiller à double-tour.
Un petit sourire en coin se glissa alors sur le visage de la blonde.
Sans personne pour les interrompre, les choses sérieuses pouvaient commencer.
Elle lâcha son charriot pour venir attraper les hanches de la brune qu'elle plaqua contre le vernis noir.
Un hoquet de surprise passa la barrière des lèvres rouges, rapidement suivi du tintement métallique que fit le trousseau de clefs en s'échouant au sol.
La cambrure de Regina se moula au corps d'Emma, provoquant de grands frissons à cette dernière qui pressa ses mains sur sa belle pour la coller encore un peu plus à elle.
Le brune posa ses paumes contre la porte, manquant de peu de défaillir sous le baiser électrisant que la blonde déposa au creux de son cou.
Du bout de ses doigts, Emma remonta le long des flancs de la directrice. Elle quitta les hanches voluptueuses pour venir titiller la taille marquée avant d'effleurer lascivement la petite poitrine qu'elle rêvait de libérer de ses chaînes.
Regina frémit lorsque la détenue commença à s'attarder sur le haut de son buste. Une vive chaleur s'était insinuée en elle au fur et à mesure que la jeune femme avait détaillé son anatomie. Mais cela n'était rien face au pic de température que son corps subit lorsqu'elle entendit la blonde lui murmurer quelques mots à l'oreille.
« J'ai tellement envie de vous Regina... »
Il n'en fallut pas plus à la brune pour se retourner et plaquer sa bouche affamée à celle de la blonde qui en demandait tout autant.
Les bras d'Emma vinrent enrouler la taille de la femme, les mains de Regina s'agrippèrent à la tignasse blonde.
Le baiser s'approfondissait, les corps se confrontaient l'un à l'autre, exerçant toujours plus de pression sur l'objet de tous leurs désirs.
L'échange brûlant, passionné, fit grimper l'excitation de la directrice en flèche.
Elle ne tenait plus. Elle se devait de prendre les choses en main.
Sans stopper le baiser, sans quitter l'étreinte, elle fit un pas en avant, puis deux, puis encore quelques uns, emmenant avec elle la blonde qui recula à chacune de ses avancées. Lorsqu'enfin elles furent arrivées au niveau du canapé, Regina ne se fit pas prier pour pousser la jeune femme qui tomba à la renverse, s'échouant avec force sur le doux velours noir.
Les grands yeux verts s'assombrirent alors que les prunelles chocolat rendues presque noires s'approchaient dangereusement.
La brune surplombait à présent la blonde, assise sur ses hanches, la clouant ainsi au sofa.
Regina avait pris l'ascendant, pour le plus grand bonheur d'Emma.
La directrice enroula ses doigts autour des poignets de la détenue, puis elle les fit glisser sur le velours noir, jusqu'à les immobiliser complètement au-dessus du visage qui la contemplait avec avidité, les yeux parfaitement émerveillés.
« Pourquoi est-ce que vous me regardez comme ça ?, demanda-t-elle dans un souffle qui caressa les lèvres d'Emma.
- Vous êtes tellement belle, répondit la blonde à demi-mot, peinant à articuler tant la proximité de la brune lui était délicieusement étouffante, Sans aucun doute la plus b– »
La bouche rouge referma l'infime distance entre les deux êtres, faisant ainsi taire les louanges de la jeune femme qui auraient pu durer des lustres.
Les embrassades se prolongèrent, les corps encore tout habillés s'agitèrent l'un contre l'autre. Tout cela aurait pu continuer ainsi, montant crescendo en tension et plaisir. Seulement lorsque le temps fut venu d'ôter les vêtements qui leur barraient la route, Regina fut prise d'un soudain élan de panique.
Elle venait de retirer le tee-shirt d'Emma, dévoilant ainsi son buste couvert d'un vilain soutien-gorge de grand-mère. Cependant aussi affreux soit-il, le sous-vêtement n'était pas suffisant à atténuer le charme de la vision qui s'offrait à Regina.
De l'abdomen tendu et musclé à la poitrine ferme et laiteuse, tout trouvait grâce aux yeux chocolat.
Jamais jusqu'alors elle n'avait été exposée au caractère si érotique d'un corps féminin.
Ce fut peut-être cette réalisation qui l'effraya. Ça ou les papillons dans le ventre que lui procura le regard vert et adorateur qui la fixait avec envie.
Peu importe la cause de sa soudaine peur, la conséquence ne se fit pas attendre.
Dans une agilité féline, la brune se releva d'un bond, quittant avec frustration mais soulagement le corps brûlant de la blonde.
« Qu'est-ce qui se passe ?, demanda Emma l'air aussi perdu que gêné.
- On ne peut pas faire ça, déclara Regina sans oser la regarder dans les yeux.
- Pourquoi ?, s'empressa-t-elle de questionner en se redressant.
- Vous êtes une détenue et je suis la directrice, expliqua la brune en essayant d'être convaincante, On risque gros si ça vient à se savoir.
Emma se mit à rire jaune face à l'absurdité de la situation.
- Ça ne vous dérangeait pas de prendre ce risque quand c'était pour vous envoyer le gardien Humbert, ragea-t-elle en remettant son haut.
- Il faut croire que cette fois le jeu n'en vaut pas la chandelle, piqua-t-elle à son tour.
Le regard vert se braqua dans le brun, son super-pouvoir venait de faire effet.
- Je ne vous crois pas, déclara Emma.
Regina fronça les sourcils.
- Comment ça ?
- Je ne crois pas à vos excuses bidons, avança-t-elle en se levant, Je sais très bien que vous n'êtes pas du genre à vous plier aux règles et je sais aussi que vous avez envie de moi autant que j'ai envie de vous. »
Les lèvres rouges se pincèrent, le regard chocolat se fit fuyant.
« Je pense simplement que ça vous fait beaucoup à digérer d'un coup, continua-t-elle en s'approchant de la brune, Et que vous n'êtes pas prête à passer le cap tout de suite. »
Les prunelles chocolat se plongèrent dans les émeraudes. Regina était troublée que la jeune femme puisse lire si facilement en elle.
« Mais ne vous inquiétez pas, ajouta Emma en caressa tendrement sa joue d'un revers de main, Pour vous Majesté j'attendrai aussi longtemps qu'il le faudra. »
Et sur ces mots la détenue prit son charriot, ramassa les clefs pour déverrouiller la porte et quitta le bureau.
La directrice resta immobile de longues secondes, les paupières closes et l'air songeur: Emma avait raison, Regina mourrait d'envie d'elle.
Le week-end suivit son cours jusqu'au lundi matin, neuf heures, lorsque la blonde toqua à la porte vernie de noire.
L'habituel «Entrez» ne se fit pas entendre et ce fut à la place la brune en personne qui lui ouvrit la porte.
« Miss Swan, salua-t-elle en la détaillant d'un regard lubrique.
- Madame Mills. », rendit Emma en plissant les yeux, trouvant cette attitude suspecte.
La blonde pénétra dans le bureau et elle se mit à astiquer le sol sous le regard insistant de la directrice qu'elle sentait peser sur elle.
Bien qu'elle l'ait passé à traîner dans son lit, le dimanche de Regina n'avait point été de tout repos. L'esprit chargé de réflexion, la femme n'avait pensé qu'à une seule et unique chose: Emma Swan.
Oui, elle était charnellement attirée par cette blonde.
Oui, cette dernière lui faisait ressentir par un simple regard des sensations trop longtemps oubliées, des sentiments trop profondément enfouis.
Et oui, tout cela avait le don de l'effrayer.
Elle avait ressassé toutes ces choses en continu durant des heures et des heures pour en venir à la conclusion qu'elle était prête à braver ses plus grandes peurs si la satisfaction de son désir était à la clef.
La Méchante Reine était donc fin prête à s'offrir à son preux chevalier Swan.
Regina en était à présent certaine, elle voulait goûter au fruit défendu. Et elle comptait bien y croquer à pleines dents.
« Pourquoi est-ce que vous me regardez comme ça ?, finit par demander Emma en se tournant en direction de la femme qui s'était assise sur le bureau.
Là, posée sur le marbre blanc dans une petite robe noire, les jambes croisées et les pieds à nouveau chaussés d'escarpins à talons hauts, la prédatrice était au paroxysme de sa séduction.
- Comme ça ?, releva-t-elle sans la lâcher de ses prunelles ardentes.
- Comme un bout de viande sur lequel vous seriez prête à sauter, précisa Emma.
Un petit ricanement sortir de la bouche de Regina.
- Peut-être que c'est le cas, s'amusa-t-elle, provocatrice.
La blonde leva les yeux au ciel.
- Écoutez madame Mills, si vous n'êtes pas prête je le respecte, prit soin de rappeler Emma, Je n'ai pas envie que vous vous forciez à quoi que ce soit.
Les mots de la blonde lui plurent. Seulement maintenant, ce n'était plus des paroles que la brune attendait.
- Miss Swan, railla-t-elle, Sachez que si vous pensez que j'ai peur de goûter au fruit défendu, vous vous mettez le doigt dans l'œil. »
Emma le savait, à cet instant rien ne servait de parlementer, ce n'était pas d'une énième réplique dont Regina avait besoin.
Alors elle délaissa définitivement la serpillère et les gants en caoutchouc pour venir s'avancer d'un pas lent vers la femme qu'elle convoitait tant.
Les prunelles ténébreuses ancrées aux vertes.
Le regard qu'elles échangèrent était lourd de sens, chargé en tension.
Il en disait long sur ce qui allait suivre...
[Bonjour à tous!
J'espère que ce chapitre vous a plu et que vous avez déjà hâte de découvrir le prochain parce que moi j'ai déjà hâte de vous le partager ;)
En attendant je vous souhaite de passer un joyeux Noël, et je ne peux que vous encourager à commenter, c'est toujours très plaisant d'avoir connaissance de vos impressions :)
Merci de me lire et à jeudi prochain!]
