Dans un spasme puissant, ses doigts s'enroulèrent aux cheveux d'or, son dos prit une cambrure exagérée, sa tête bascula en arrière, ses paupières se fermèrent, et à l'inverse, ses lèvres s'entrouvrirent dans un geignement de libération.

Allongée sur le velours noir du sofa, Regina se laissa submerger par les déflagrations de son orgasme. Niché entre ses cuisses, le visage d'Emma n'avait pas bougé d'un pouce, fidèle au poste, il s'assurait de l'accompagner jusqu'aux tréfonds de son plaisir.

Une fois la vague de sensations fulgurantes passée, les muscles torturés se relâchèrent et le corps rempli de tension se détendit peu à peu.

Les yeux toujours clos, la brune peinait à se remettre de ses émotions, son palpitant décadent et sa respiration erratique pour témoins.

Une fois sûre et certaine qu'il ne restait plus rien à soutirer de sa belle, la blonde abandonna l'entrejambe suintant de luxure et défit de sa prise le petit sein au bout dressé.

Les yeux charmés par la créature qui s'étendait sous elle, Emma remonta lentement le divin corps qu'elle connaissait si bien pour venir trouver les lèvres rouges et charnues d'une Regina encore toute électrisée.

Tendre et câline, elle s'illustrait de cette manière une fois comblée, et cela, la blonde l'avait bien compris. Se voulant forte et sauvage, la brune débutait toujours leurs échanges charnels en prédatrice, pour les finir douce comme un agneau, pelotonnée dans les bras de ce qui fut sa proie quelques minutes auparavant.

Si dans la vie, Regina Mills était une véritable panthère, au sein de l'intimité qu'elle partageait avec Emma Swan, il ne restait de son côté félin rien de plus qu'un petit chaton montrant les griffes.

La brune nicha son visage dans la nuque de la blonde, embrassa doucement la peau de son cou pour finir par se glisser entre ses bras.

Se pensant l'adepte d'un sexe sans fioriture, Regina avait été surprise de se voir désireuse de l'affection d'Emma à la fin de chacun de leurs ébats. Elle qui avait pour habitude de clôturer le contact dès l'action principale finie, se plaisait maintenant à faire perdurer l'échange par des gestes plus chastes mais non moins délectants.

Un petit sourire étira la bouche carmin de la brune alors que la blonde venait de déposer un baiser sur sa tempe.

« Je vais y aller, chuchota Emma à l'oreille de la femme qui l'enlaçait, Le service va bientôt se terminer et je dors mal avec le ventre vide. », justifia-t-elle, se sentant coupable d'écourter le moment.

Regina soupira à l'idée de devoir renoncer à l'étreinte de son amante, mais consentit tout de même à se lever lorsque cette dernière s'extirpa de sa prise. Les deux femmes se revêtirent sans un mot, trop occupées à ressasser en boucle les images brûlantes qu'elles venaient de produire.

« A demain madame Mills, chantonna la blonde en venant voler un dernier baiser à sa brune.

« A demain, répondit la directrice dans un demi-sourire pensif, Miss Swan, ajouta-t-elle alors que la détenue s'apprêtait à quitter le bureau, C'était la dernière fois.

- La dernière fois...», répéta la jeune femme d'un ton las.

La dernière fois.

Ces mots avaient été dits et redits à de multiples reprises au cours des dernières semaines, bien trop de fois au goût d'Emma.

Ces trois mots maudits, c'est Regina qui les avait prononcés en premier, le lendemain de leur première fois. Alors qu'elles s'apprêtaient à consommer leur désir à nouveau, la directrice avait décrété qu'il n'y aurait pas de troisième fois, prétextant que leur liaison était bien trop risquée pour se voir prolonger, n'avouant pas qu'elle était en vérité terrifiée à l'idée de perdre le contrôle.

Seulement il y avait bien eu une troisième fois, et une quatrième, puis une cinquième, et ainsi de suite... Si bien qu'au bout de presque un mois, elles avaient été les actrices d'une bonne vingtaine de dernières fois.

C'est la dernière fois.

Se sentait obligée de prévenir Regina dès qu'une nouvelle partie de jambes en l'air s'insinuait.

C'était la dernière fois.

Insistait-elle alors même que le mal était déjà fait, souhaitant se rassurer plus qu'autre chose.

La dernière fois.

Confirmait toujours Emma, sachant pertinemment qu'aucune autre réponse ne serait acceptée.

Seulement si le discours ne changeait pas, l'effet qu'il avait sur la blonde allait quant à lui en dégringolant.

D'abord grisée par cette déclaration qu'elle avait pris pour un défi, la jeune femme s'était ensuite très vite amusée de ces trois mots qui ne trouvaient jamais réalisation. Mais depuis quelques jours, ce qu'elle prenait avec légèreté commençait peu à peu à lui peser. Alors c'est le ton las qu'elle appuyait les dires de la reine, fatiguée par ces paroles en l'air et pourtant touchée par leur sens peu flatteur.

La porte vernie de noir se referma derrière la détenue. Quelques minutes défilèrent avant que des coups se fassent entendre.

« Entrez. », autorisa la directrice qui avait tout juste eu le temps de se refagoter correctement.

Lorsqu'elle vit entrer Graham Humbert à dix-neuf heures trente passées, Regina ne put se retenir de soupirer, agacée qu'un gardien vienne la solliciter à une heure si avancée de sa journée.

« Que voulez vous ?, demanda-t-elle sans préambule au risque de paraître un tantinet désagréable.

Un bref silence emplit le bureau. Bref silence au cours duquel le regard brun et ennuyé rencontra les yeux bleus foncés teintés d'appréhension.

- Toi, finit par répondre le jeune homme.

- Je vous demande pardon ?, fit-elle, à mille lieux de se douter ce qui se jouait dans l'esprit de son ancien amant.

- C'est toi que je veux Regina. », déclara Graham.

Ses yeux s'écarquillèrent, ses sourcils s'arquèrent et les traits de son visage se figèrent.

« Je t'aime, insista-t-il, Je t'aime et je veux construire quelque chose avec toi.

- Mais enfin gardien Humbert, qu'est-ce qu'il vous prend ?!, furent les seuls mots qu'elle réussit à sortir.

- Il me prend que ça fait trois mois qu'on ne se voit plus, expliqua-t-il, Et je ne le supporte plus. »

Cela faisait effectivement près de trois mois que la femme avait mis un terme à leur liaison.

Et ces quatre-vingt-dix jours ne lui avaient pourtant pas suffi à faire le deuil de leur relation.

Graham avait toujours été considéré comme beau et séduisant. Son physique avantageux représentait d'ailleurs son seul atout aux yeux de tous ceux qu'il avait rencontré au cours de sa vie. En permanence dénigré au profit de son apparence, continuellement réduit à sa seule image, le jeune homme s'était construit sur un profond besoin de reconnaissance, sur la détermination vitale de prouver qu'il était plus qu'une jolie enveloppe.

Seulement pour se sentir mieux, le garçon avait fait l'erreur de réduire Regina au même titre, de la rabattre à l'étiquette du paraître à laquelle il était lui-même soumis depuis toujours.

Regina Mills s'était d'abord imposée comme une figure de fantasme aux yeux du jeune gardien alors âgé de vingt-cinq ans. Il avait directement vu en elle les traits de la femme fatale que désirait son imaginaire. Froide et pourtant brûlante, si proche et pourtant parfaitement inaccessible.

De toutes les représentations que s'était fait Graham de Regina Mills, inaccessible était sans doute celle qui sciait le plus à la réalité. Car s'il était parvenu à franchir la barrière physique de la reine, jamais au grand jamais il n'avait pu atteindre son esprit et son cœur. Et dans un premier temps, cela ne l'avait guère dérangé. Jouir de ce physique si affriolant, posséder le temps de quelques heures cette figure si puissante, cela suffisait amplement au jeune homme. Seulement un beau jour, après avoir entretenu cette relation torride durant deux années, Graham s'était réveillé avec l'intime conviction que cette situation ne lui suffisait plus. Il ne voulait plus d'une sordide liaison clandestine avec la directrice, il voulait plus, il voulait être connu et reconnu.

Était-il amoureux de la femme ?

C'est ce qu'il aimait penser, ce dont il souhaitait se convaincre, mais en vérité, il n'était amoureux que de l'idée d'être avec Regina, puisque la véritable Regina Mills, il ne la connaissait pas.

Il ne connaissait d'elle que ce qu'elle renvoyait au monde entier, alors comment pouvait-il se targuer être amoureux d'elle, comment pouvait-il prétendre à une relation amoureuse avec celle qui ne s'était jamais révélée à lui ?

Il ne le pouvait pas, et pourtant il s'acharnait à le faire.

Trois longs mois s'étaient écoulés, trois longs mois au fil desquels les amantes d'un soir ou deux s'étaient accumulées dans le quotidien du jeune homme.

Joli garçon, charmant, charmeur et beau parleur, Graham Humbert n'avait eu aucun mal à attirer dans son lit des femmes plus séduisantes les unes que les autres. Seulement aucune, absolument aucune n'avait trouvé grâce à ses yeux. Puisqu'aucune n'était apte à combler ce besoin d'importance, ce besoin de reconnaissance que soulageait la présence de Regina à ses côtés.

Alors lorsque certaines nuits, affalé sur le comptoir d'un bar avec ses amis, il en était à trop de bières pour pouvoir les compter, le jeune gardien ne pouvait se retenir d'envoyer multitudes de messages à la directrice, de lancer nombre incalculable d'appels qui ne trouvait jamais preneur.

Comme des bouteilles à la mer, il balançait ses mots doux mensongers, ses déclarations vides de sens et ses reproches suintant l'alcool à cette femme qui ne daignait pas lui répondre, à cette dame qui ignorait inlassablement la moindre de ses approches.

« Pourquoi tu joues à la surprise alors que je t'ai déjà dit tout ça par message ?, accusa-t-il.

- Parce que j'ai bloqué ton numéro Graham, répondit-elle comme si c'était évident, Tu pensais vraiment que j'allais te laisser me harceler de messages et d'appels à chacune de tes nuits de débauche ?

Le jeune homme resta bête un instant.

- Regina reprends-moi s'il te plaît, supplia-t-il presque, Tu me manques trop, je veux recommencer, je veux récupérer ce qu'on avait tous les deux.

Elle fronça les sourcils.

- Pourtant il me semble que notre accord ne te convenait plus, rappela-t-elle, Souviens-toi, tu voulais plus que ce que j'étais disposée à te donner.

- Oui mais j'ai compris que je ne pouvais plus faire sans toi, déglutit-il difficilement, Alors je suis prêt à prendre tout ce que tu pourras bien m'offrir.

Elle roula des yeux et se leva pour rassembler ses affaires.

- Écoute Graham, tu deviens vraiment ridicule, alors je préfère qu'on arrête cette discussion maintenant, avant que tu ne trouves d'autres absurdités à me raconter, condamna-t-elle en faisant le tour de son bureau pour rejoindre la sortie.

- Toi aussi tu ressens quelque chose pour moi, je le sais, avança-t-il.

- Tu te trompes sur toute la ligne, railla-t-elle en arrivant à son niveau, Je ne ressens absolument rien pour toi.

Désespéré, le jeune homme prit violemment en coupe le visage de la femme pour l'attirer jusqu'à lui et ainsi déposer de force un baiser sur les lèvres de celle qui se figea, parfaitement choquée par ce geste.

- Et là tu n'as rien ressenti ?, demanda-t-il une fois qu'il l'eut relâchée.

Une gifle fusa et s'abattît sur la joue du gardien.

- Je n'ai rien ressenti de positif en tout cas, aboya-t-elle en s'essuyant rageusement la bouche.

Pleine de colère, elle ouvrit brusquement la porte.

- Je... je suis vraiment désolé, balbutia Graham qui venait soudainement de réaliser à quel point ce qu'il venait de faire était déplacé.

- Sors de ce bureau avant de te ridiculiser davantage. », exigea la brune.

Il obéit et s'en alla, laissant derrière lui une Regina largement contrariée par tout ce qui venait de se passer. Sans aucun doute plus énervée par cette déclaration inopinée et insensée que par ce baiser pourtant méchamment volé.

Énervée, Emma l'était aussi. A l'autre bout de la prison, elle ruminait face à la pagaille qu'avait fichue l'équipe de cuisine. Toutes les surfaces étaient graisseuses, le sol jonché de tâches non-identifiées, et l'évier, rempli de restes de nourriture flasques, difformes, peu ragoûtants en somme.

Mais alors qu'elle s'était résignée à débuter son ménage, une voix tout droit sortie du garde manger attira son attention. Se faisant discrète, elle s'approcha à pas de loup de la petite pièce dont la porte était restée entrouverte. Se postant contre cette dernière, elle tendit l'oreille et ne tarda pas à deviner l'identité des deux personnes qui se vouaient une houleuse conversation.

« Tu vas arrêter tout de suite tes bêtises, exigea Granny, Tu n'es plus une enfant, il serait temps que tu deviennes responsable bon sang!!

- C'est drôle de t'entendre dire ça alors que tu me laisses tout le boulot, répliqua Ruby, Si je n'avais pas pris les commandes, ça ferait bien longtemps que notre trafic serait mort.

La vieille femme ricana froidement.

- Parce que tu crois que tout ceci n'est pas calculé de ma part ?, se moqua-t-elle, Tu penses vraiment que je ne fais pas exprès de te mettre des bâtons dans les roues ? Tu oses imaginer que je vais laisser ma petite fille ruiner ses dernières chances d'avoir une belle vie ?!

- Mais qu'est-ce que tu racontes ?, demanda Ruby, sa voix agressive tentant vainement de masquer son trouble.

- Ça fait des semaines que je prétends chercher des contacts pour les cigarettes, tu n'as pas trouvé ça suspect ?, avança la grand-mère, Et tu n'as pas non plus trouvé surprenant que nos fournisseurs de poudre arrêtent de nous livrer après des années de service pile-poil quand tu es coincée au trou ?, continua la vieille femme aux cheveux rouges, On dirait que tu dois encore aiguiser ton flair, ma chérie...»

Un fracas de verre résonna dans le garde manger. Quelques bocaux de provisions ne semblaient pas avoir survécu à la colère fulgurante de la jeune chef de gang.

« Ce n'est pas en saccageant ma cuisine et en gaspillant de la nourriture que les choses vont s'arranger, condamna Granny en essayant de garder son calme face au regard plein de reproches que lui jetait sa petite-fille.

- Pourquoi est-ce que tu me fais ça ?!, blâma-t-elle, Pourquoi maintenant alors que j'ai enfin l'occasion de prendre le dessus sur De Vil ?!

- C'est justement pour ça, défendit la russe, C'était maintenant ou jamais, il fallait bien te stopper avant que tu n'ailles trop loin.

- Trop loin ? Mais comment ça trop loin ?!, s'échauffa la jeune femme, Sans De Vil, on aurait le monopôle du trafic !

- Si tu tues De Vil, tu ne sortiras jamais d'ici, énonça difficilement Granny.

- Qui te dit que j'aurai besoin de la tuer ?, contra Ruby, Elle est tellement lâche que ça m'étonnerait qu'elle veuille bien se battre contre moi en l'absence de Breaburn et de Gardener. Alors avec un peu de chance, elle va déclarer forfait et je n'aurai même pas à abimer mon maquillage pour devenir Top Dog.

- C'est que tu la connais très mal, railla la vieille russe, De Vil n'aime pas se salir les mains, c'est un fait. Elle délègue en permanence et évite constamment l'isolement, mais n'imagine pas une seconde que cette bonne femme n'ira pas jusqu'au bout si son titre de Top Dog est en jeu, car tu ferais une grave erreur.

- Si je tues De Vil, on va se faire un max de blé, ignora la brune aux mèches rouges.

- Et à quoi te servira tout cet argent si tu ne sors jamais d'ici ?, demanda sérieusement la vieille femme, Tu n'as plus que douze ans à tirer. Si tu arrêtes de faire des conneries, tu sortiras d'ici à trente-cinq ans, trente-et-un si tu arrives à améliorer ton dossier, argumenta-t-elle , Tu pourras te construire une belle vie en sortant de ce trou, tu as encore cette chance là, alors ne la détruis pas s'il te plaît.

- T'es quand même sacrément gonflée!, fustigea Ruby, Maintenant tu t'inquiètes pour ma vie? Tu ne penses pas que c'est un peu trop tard pour ça? Je te rappelle que sans toi je ne me serais jamais retrouvée ici!

Un nouveau bruit de casse se fit entendre.

- Ruby attends! », réclama vainement Granny alors que la jeune brune déboulait déjà dans les cuisines.

« Ce n'est pas bien d'écouter aux portes Boucles d'or. », grogna-t-elle en passant devant une Emma plus que gênée d'avoir été prise sur le fait.

Une poignée de secondes après sa petite-fille, ce fut au tour de Granny de sortir du garde manger. Dès qu'elle vit la blonde, la vieille femme ravala les larmes qui avaient déjà eu le temps de tâcher ses yeux.

« Il y a eu de la casse là dedans, prévint-elle en désignant le garde manger d'un geste las de la main, Ne t'en occupe pas, je nettoierai tout demain. »

Et sur ces mots, la russe à la tignasse écarlate s'en alla à son tour, laissant Emma dans une cuisine soudainement bien calme et silencieuse, mais toujours aussi sale.

Soupirant, la jeune blonde se mit finalement au travail, déjà fatiguée par tout ce qui l'attendait.

« Je pense vraiment que c'est l'homme de ma vie, avait confié Mary-Margaret à sa codétenue, le lendemain matin alors qu'elle sortait à peine de son lit.

- L'homme de ta vie ?, s'était moquée cette dernière dans un bâillement, Carrément ?

- Oui, je n'ai jamais ressenti ça pour personne, renchérit-t-elle en commençant à s'habiller.

- Tu n'as pas l'impression d'exagérer un peu ?, se moqua Emma pour qui tout cela était complètement aberrant.

Comment diable pouvait-on être convaincu d'avoir trouvé la bonne personne pour le reste de sa vie ?

On ne le pouvait pas, Emma en était persuadée, toute affirmation contraire était d'une absurdité sans borne, ou du moins le résultat d'une naïveté condamnable.

- Non je n'exagère pas, affirma Blanchard, Quand je suis avec lui, je me sens si bien que j'en oublie tout le reste. Tout le monde autour n'est plus. Dès que je suis près de David, la prison et ses barreaux disparaissent, tout ne passe plus que par lui, et lui ne semble voir plus que par moi. »

Ces paroles niaises dès le réveil auraient dû l'écœurer, la dégouter au plus au point, la porter à vomir ou au mieux la faire exploser dans un rire moqueur.

Mais il n'en était rien, tout simplement parce que bien malgré elle, elle aurait pu être l'auteure de ce discours, à la différence près que le prénom "Regina" aurait pris la place de celui du gardien.

Quelques heures plus tard, elle toqua à la porte vernie de noir.

« Entrez Miss Swan. », l'accueillit la voix enjôleuse de la directrice.

Elle poussa son charriot dans la pièce avant d'y pénétrer à son tour.

« Madame Mills. », salua-t-elle.

Regina attendait là, assise lascivement sur le sofa, un document à la main. Nonchalamment, la brune faisait mine de lire son dossier, feignant de s'intéresser aux mots inscrits noir sur blanc dont elle ne tenait même plus compte. L'arrivée de la blonde ne semblait pas l'avoir perturbée, elle se plaisait à l'ignorer, sachant pertinemment que la détenue ne tarderait pas à quémander son attention d'une manière ou d'une autre.

« Madame Mills ?, l'apostropha-t-elle quelques minutes plus tard, comme prévu.

- Mmh ?, réagit mollement la femme sans même relever le regard de son document.

- J'ai fini de laver le sol, expliqua Emma,

De quoi voulez-vous que je m'occupe maintenant ?

Son ton malin et trop chargé en allusions, sa voix langoureuse et charmeuse, sa parole entière laissait sous-tendre à une toute autre demande. Demande qui allait vite trouver réponse.

- Occupez-vous de tout ce qui vous plaira, permit Regina dont les yeux bruns s'étaient redressés pour se braquer dans les verts.

- De tout ce qui me plaira, vraiment ?, interrogea la blonde.

- Puisque je vous le dis, soupira la brune en laissant tomber son dossier à ses côtés.

Un sourire joueur au coin des lèvres, la jeune femme se rapprocha de son charriot.

- Là, tout de suite, j'ai bien envie de faire les vitres, déclara-t-elle.

- Très bien, accepta la directrice d'un ton sec en se relevant brusquement pour se diriger vers son bureau.

Vive, Emma la rattrapa par le poignet pour la tirer vers elle. Les deux corps s'entrechoquèrent. Regina la toisa de son regard ardent.

- Mais je peux d'abord m'occuper de vous en vitesse, proposa la blonde.

- En vitesse ?!, s'offusqua la brune.

- Sans vouloir me vanter, je n'ai jamais besoin de bien longtemps pour vous faire venir à moi madame Mills. », avança fièrement la jeune femme.

Regina ne prit pas la peine de répliquer, préférant plutôt plaquer sa bouche affamée sur celle qui lui était offerte.

Le baiser prit d'assaut les deux êtres, les emportant avec lui dans un tourbillon infernal de luxure que rien ne pourrait freiner, ou du moins presque rien...

Les gestes impatients défilèrent. Les vêtements cédèrent rapidement pour voler aux quatre coins de la pièce et s'échouer ici et là. Les corps nus se percutèrent, s'amadouant sans vouloir ou pouvoir briser le contact. Les souffles se frôlèrent, se mêlant et s'échangeant au rythme des respirations haletantes. Les lèvres s'embrassèrent, dansant et se possédant à tour de rôle. Les cœurs enfin, s'accordèrent dans un tempo parfait, n'accélérant qu'avec la permission de l'autre, et ne dépérissant que si l'autre se trouvait trop éloigné.

Un baiser déposé au creux d'une nuque.

Elles tombèrent à la renverse sur le sofa.

Un autre baiser à la naissance d'une poitrine.

Elles se mirent à trembler d'anticipation.

Un énième baiser abandonné sur le galbe d'une hanche.

Elles lâchèrent de lourds soupirs.

Tout amenait à penser que les choses allaient virer à la débauche, mais c'était sans compter sur une phrase attendue et pourtant dévastatrice.

« C'est la dernière fois. », ronronna Regina alors que les doigts de la blonde descendaient le long de son abdomen et que ses propres hanches commençaient à se mouvoir d'impatiente.

Emma se figea à ces mots, cessant tout contact avec celle qui venait de les prononcer.

Non, non , non.

Ce n'était pas la dernière fois, elle ne pouvait le concevoir et ne pouvait l'accepter.

Ces innombrables dernières fois lui laissaient un goût méchamment amer.

Tout simplement parce qu'elle désirait plus, bien plus et infiniment plus qu'une stupide dernière fois avec Regina Mills.