Si Mary-Margaret avait eu les cheveux longs, Emma les aurait sans doute tenus. Seulement ce n'était pas le cas, alors la blonde se contentait de lui tapoter le dos en lui assurant que ça allait finir par passer. Et Emma espérait que ça allait vite lui passer tant leur cellule commençait à empester la bile. L'odeur de rance imprégnait un peu plus l'air à mesure que les minutes passaient. Mais le temps pouvait bien s'écouler, le gosier de Mary-Margaret ne semblait pas prêt à arrêter de se vider.

« Enfin!, se plaignit Emma alors que Belfrey venait déverrouiller leur cellule, Ça fait plus d'une demi-heure que je gueule pour que vous veniez nous ouvrir!

- Si tu la ramènes encore une fois, Swan, c'est la porte du quartier d'isolement que je vais ouvrir pour toi, répliqua la gardienne en lançant un regard noir aux deux détenues qui sortaient à la hâte.

Elles traversèrent les couloirs au pas de course, priant pour que l'infirmerie soit déjà ouverte.

« Si c'est l'infirmière French que vous cherchez, elle n'embauche pas avant huit heures et demi le dimanche, les interpella Jones alors qu'elles s'apprêtaient à appuyer sur la poignée.

- Et merde !, râla la blonde alors que sa codétenue s'en allait déjà en direction des toilettes.

- Gastro ?, interrogea le gardien, déjà dégoûté à l'idée d'avoir à gérer une hypothétique épidémie.

- J'espère...», répondit la détenue en se crispant. Un tout autre scénario venait de lui venir à l'esprit.

Sous le regard d'incompréhension totale de Killian, Emma partit en trombe rejoindre Mary-Margaret.

« Tu en es sûre, insista-t-elle, Genre vraiment sûre.

- Oui Emma, j'en suis sûre, assura la brune, J'aurais dû les avoir il y a six jours, mais toujours rien...

- Mais je ne comprends pas, vous ne vous protégez pas ?, se scandalisa la blonde.

- Bien sûr que si !, se défendit Mary-Margaret comme si c'était évident avant de se raviser, Enfin, en général...

- Mary-Margaret !, condamna-t-elle, Il suffit d'une seule fois, tout le monde est censé le savoir!

- Oh, garde tes grands airs pour toi s'il te plaît !, s'emporta la jeune femme, Tu es bien moralisante pour quelqu'un qui est tombé enceinte à dix-huit ans.

- Moi au moins je n'étais pas en prison et amoureuse d'un gardien qui ne doit pas se gêner pour papillonner à l'extérieur, piqua Emma, le regrettant vite devant l'air dévasté qu'affichait à présent M.M.

- Tu as raison, je suis en prison, amoureuse d'un homme qui m'est peut-être infidèle ou qui s'ennuiera de moi dès que je serai sortie, et en plus de ça j'ai été assez stupide pour tomber enceinte de lui, déblatéra-t-elle à toute vitesse, la nausée lui remontant presque.

- Calme-toi, supplia la blonde alors que la brune se penchait déjà au-dessus de la cuvette, à deux-doigts de dégobiller à nouveau, Tu n'es pas stupide, ce sont des choses qui arrivent. David est fou amoureux de toi, alors quoi qu'il arrive, il ne te laissera pas tomber, essaya-t-elle de la rassurer, Et puis on n'est sûres de rien, on s'emballe mais peut-être que tu n'es pas enceinte du tout.

Blanchard releva la tête des toilettes pour fixer Swan d'un regard sceptique.

- Tu penses vraiment ce que tu dis ?, demanda-t-elle, Ou tu essaies simplement de me détendre pour éviter que je vomisse à nouveau ?

Emma mima un faux sourire coupable.

- Peut-être un peu des deux...», avoua-t-elle en haussant les épaules.

La brune lui lança un regard noir plus amusé que véritablement énervé avant de se relever.

« Allez viens, l'entraina Emma en sortant de la cabine, Allons te procurer un test de grossesse.

- Tu penses qu'ils en ont à l'infirmerie ?, s'étonna Mary-Margaret.

- Sérieusement M.M, tu trouves ça vraiment judicieux d'aller annoncer à l'infirmière que tu es peut-être enceinte ?, chuchota la blonde alors qu'elles passaient près d'autres détenues.

- Et dis moi comment tu comptes te dégoter un test de grossesse sans lui en parler ?, répliqua la jeune femme.

- Nolan ne travaille pas aujourd'hui?, interrogea Emma.

- Non, il est de repos, renseigna-t-elle, Et puis de toute façon, il est hors de question qu'il l'apprenne tant que je ne suis pas sûre et certaine.

- Alors je n'ai plus qu'à aller demander à August, décida la blonde en se dirigeant vers la cour.

- Tu vas le dire au gardien Wayne ?!, s'horrifia Mary-Margaret, les joues rouges de honte.

- Il va bien falloir, si je dis que c'est pour moi, il ne va pas me lâcher jusqu'à ce que je lui ai tout raconté, expliqua Emma.

La brune soupira, vaincue.

- Mais s'il ne te demande rien, ne lui dis pas que c'est pour moi s'il te plaît, demanda-t-elle avec des yeux de chien battu.

- Promis, accepta Swan, Mais bon connaissant August, ça m'étonnerait qu'il ne veuille pas en savoir plus, s'excusa-t-elle d'avance.

- Mais tu es sûre qu'il ne dira rien ?, voulut s'assurer Mary-Margaret, S'il est au courant on ne craint rien ?, insista-t-elle.

- Ne t'inquiète pas, il est curieux mais c'est pas une balance, défendit Emma, Alors détends-toi, je gère la situation. Toi pendant ce temps va faire aérer notre cellule, ça doit encore puer la gerbe. », rigola-t-elle en sortant.

Les prunelles vertes passèrent la cour au crible avant de vite repérer le gardien.

« Wayne, quelle chance, toujours là quand j'ai besoin de toi !, s'exclama-t-elle en s'approchant du jeune homme.

- On est dimanche Swan, alors peu importe de quoi tu as besoin, ça pourra bien attendre demain, répondit aussitôt le gardien bien pâle et irritable.

- Gueule de bois ?, devina la blonde.

- Dans le mille, confirma August en se laissant tomber sur le banc, la tête au creux des paumes.

- Arrête de faire ton fragile Wayne et reprends-toi, j'ai besoin de toi, exigea-t-elle.

Il soupira puis referma immédiatement la bouche, la nausée lui montant.

- Qu'est-ce que tu veux Swan?, demanda-t-il une fois son haut-le-cœur passé.

- Un test de grossesse.

- Un quoi ?!, s'écria-t-il, écarquillant les yeux sous le choc.

- Un test de grossesse, répéta-t-elle avant de se faire plus précise, C'est pas pour moi, commence pas à te faire des idées.

Rassuré, l'expression choquée du gardien se mua en un petit sourire en coin.

- Je me disais bien que Mills n'avait pas ce genre d'équipement, plaisanta-t-il avec sa finesse habituelle.

Emma leva les yeux au ciel, exaspérée par l'humour douteux de son ami.

- Alors tu peux te débrouiller pour m'en trouver un ?, recadra-t-elle.

- C'est pour qui ?, s'intéressa-t-il, sa curiosité prenant immédiatement les devants.

- Pour quelqu'un qui a vraiment besoin de ce test aujourd'hui, déclara la blonde, bien décidée à ne pas balancer Mary-Margaret.

- Que ce quelqu'un vienne me demander lui-même, rétorqua August.

- Oh s'il te plaît, arrête de faire ton gamin, ça n'est pas le moment, s'agaça-t-elle.

- T'es quand même gonflée Emma, lança-t-il à son tour, Pourquoi est-ce que je rendrais un service si je ne sais même pas pour qui c'est.

Elle souffla, à deux doigts de craquer si une solution susceptible de satisfaire le jeune homme n'avait pas jailli de ses méninges.

- On va faire un truc, proposa-t-elle, Si le test est positif, je te dis qui c'est. Si par contre il est négatif, alors tu n'en sauras rien.

August l'étudia du regard un instant, et Emma sut qu'elle avait gagné lorsqu'un petit sourire joueur se glissa sur les lèvres du gardien.

- C'est d'accord, accepta-t-il.

- Parfait, dit-elle de sa plus belle expression victorieuse, La pharmacie au coin de la rue du Port est de garde le dimanche, vas-y pendant ta pause déjeuner et viens me l'amener après, je t'attendrai devant les sanitaires. »

Elle ne lui laissa pas le temps d'acquiescer qu'elle était déjà partie, pressée de dire à Mary-Margaret qu'elle avait effectué sa mission avec brio.

« Et qu'est-ce qu'on fait maintenant ?

- On attend. », répondit la blonde.

Le test en main, Emma attendait avec appréhension le résultat, ne se laissant pas distraire une seconde par Mary-Margaret qui faisait les cent pas dans la cabine.

« Ah !, s'écria-t-elle alors qu'une première barre apparaissait.

- Alors ?, demanda la brune sans oser regarder.

- C'est..., répondit la blonde au ralenti à la vue du second trait qui se dessinait lentement,...Positif. »

La boule de nerfs qu'était Mary-Margaret se stoppa net, son regard vide et à la fois trop plein d'émotions se braqua dans les yeux presque désolés de sa codétenue.

« Comment tu te sens ?, demanda la blonde à demi-mots, de peur de trop brusquer la brune qu'elle craignait de voir s'écrouler en sanglots d'une seconde à l'autre.

- Je ne sais pas si j'ai envie de sauter au plafond ou de m'arracher les cheveux, avoua la jeune femme.

- Si tu pouvais éviter de faire ça, ça m'arrangerait, essaya-t-elle de détendre l'atmosphère.

- C'est normal que je n'arrive pas à savoir si je suis heureuse, ou au contraire dévastée ?, ignora Mary-Margaret.

- Bien sûr que c'est normal, rassura sincèrement Emma, Tu es sous le choc de la nouvelle, il n'y a rien de plus naturel.

- Est-ce que ça fait de moi un monstre si je te dis que j'aurais préféré que ce test soit négatif ?, s'inquiéta-t-elle.

- Pas le moins du monde, s'esclaffa gentiment la blonde, Tu es en prison, alors c'est évident que tu ne voulais pas te retrouver en cloque, ajouta-t-elle avec son tact habituel, se meurtrissant presque aussitôt de ne pas avoir tourné sept fois sa langue dans sa bouche.

- Et est-ce que ça fait de moi quelqu'un de totalement insensé si je te dis que je suis quand même ravie que ce test soit positif ?, continua Mary-Margaret, point blessée par le tempérament indélicat de la blonde qu'elle commençait à connaître.

- Oh Mary-Margaret, félicitations!, s'enthousiasma aussitôt Emma, Tu vas être une maman formidable. », ajouta-t-elle alors que la jeune femme lui sautait déjà dans les bras.

La brune enlaça son amie de toutes ses forces, une larme lui échappa alors qu'un grand sourire vint irradier son visage. Si elle était prise par l'émotion de cette heureuse nouvelle, l'angoisse de l'annoncer à David lui nouait à présent l'estomac.

« Je n'arrive pas à dormir, dit-elle tout haut.

- Ça je l'ai bien remarqué, souffla Emma, Tu fais trembler tout le lit à chaque fois que tu te retournes...

- Désolée, s'excusa Mary-Margaret.

- Ne t'excuse pas et raconte-moi plutôt ce qui te tracasse, proposa la blonde en se redressant sur son matelas.

- Mais tout me tracasse justement, s'esclaffa-t-elle la larme à l'œil.

- Tu as peur de sa réaction ?, devina la blonde.

- Je suis terrifiée par sa réaction, appuya la jeune femme.

Emma soupira, elle comprenait, elle ne comprenait que trop bien.

- Je ne peux pas m'avancer, je ne le connais pas vraiment, dit-elle, Mais au premier abord, David n'a pas l'air du genre de gars qui abandonne sa famille, essaya-t-elle de rassurer, Et je sais que ça veut tout et rien dire, mais il est vraiment amoureux de toi, ça se voit.

- Moi je le connais, et je sais que c'est quelqu'un de bien, affirma Mary-Margaret, C'est même la plus belle personne que je connaisse à vrai dire...

- Alors où est le problème ?, demanda Emma.

- Le problème c'est qu'on n'a encore jamais parlé de tout ça, il va peut-être se sentir pris au piège et fuir, s'emballa la brune, Après tout, même le plus gentil des hommes peut prendre peur et se montrer lâche.

- C'est vrai, admit la blonde, Mais tu dis souvent qu'il est ton "âme-sœur", alors peut-être qu'il aura tout simplement la même réaction que toi et qu'il sautera au plafond d'apprendre que la femme de sa vie attend son enfant.

- Wow, mais qui est cette personne si idéaliste !, se moqua Mary-Margaret, Allez-vous-en et rendez-moi Emma Swan.

- T'es vraiment naze, rigola-t-elle à son tour, Je ne sais même pas pourquoi j'essaie de te rassurer, dors et on verra bien ce qu'il se passera demain, décida-t-elle pour faire stopper les rires moqueurs de sa codétenue.

- Mais je ne peux pas dormir si je n'arrête pas de penser à ça, se lamenta la brune, Change-moi les idées, exigea-t-elle, Raconte-moi quelque chose de croustillant sur toi.

- Je ne sais pas si tu te souviens, mais ça fait cinq mois et demi que je suis enfermée dans ce trou avec toi, fit-elle remarquer sarcastiquement, Alors je ne pense pas qu'il y ait encore quelque chose que je ne t'ai pas déjà dit.

- Moi je te raconte tout, toi par contre tu ne me racontes pas grand-chose, contra la petite brune qui était persuadée qu'elle pouvait en apprendre plus sur la blonde.

- Excuse-moi de ne pas avoir une vie aussi palpitante que la tienne, railla Emma.

- Tu vas me faire croire que tu me dis vraiment tout ?, demanda-t-elle, sceptique, Il n'y a pas quelque chose que tu ne m'as pas raconté, quelque chose d'assez palpitant pour me changer les idées... Un secret peut-être ? »

Mary-Margaret adorait les secrets, elle les adorait autant qu'elle était incapable de les garder.

« Petite cachottière ! J'avais raison, tu as bien un secret ! », conclut-elle du silence de la blonde.

Un secret ? Évidemment qu'Emma en avait un.

Un secret qui l'avait ravie un temps, fait vibrer, exaltée, un secret qui commençait dernièrement à doucement la ronger.

Regina Mills, c'était elle son secret, son mystère, son tendre drame. C'était elle son histoire croustillante dont elle n'avait parlé à personne, elle encore qui faisait de sa vie en prison une aventure virevoltante, elle, une fois de plus, qui obsédait la moindre de ses pensées, elle enfin qui causait ses insomnies, tantôt brûlantes, tantôt glaciales.

Et si Emma se montrait complètement transparente, elle avouerait sans flancher que les grincements du lit provoqués par l'agitation de Mary-Margaret n'étaient en rien coupable de sa difficulté à trouver le sommeil. Les mots balancés par Regina la veille, c'étaient eux les seuls fautifs.

« Dites-moi que vous n'allez pas me rejeter maintenant que je vous ai tout avoué. »

Un lourd silence avait suivi, puis les paroles s'étaient déversées, plus meurtrières les unes que les autres.

« Mademoiselle Swan, dites-moi que vous plaisantez, avait-elle moqué, Si vous pensez que c'est ce que je voulais entendre, laissez-moi vous dire que vous vous plantez sur toute la ligne.

- Je n'ai pas dit tout ça pour vous faire plaisir. C'est ce que je pense, ce que je veux.

Son expression s'était alors faite plus dure, plus froide, absolument impénétrable.

- Et bien, je suis au regret de vous annoncer que rien de tout cela n'est réciproque, avait-elle déclaré, n'ayant pas l'air désolée une seconde.

- Vous êtes sûre ?

Devant cette misérable tentative, la femme avait revêtu sa mine faussement apitoyée, cette mimique qu'elle réservait à ceux qu'elle méprisait à un tel point qu'elle en venait à éprouver un semblant de peine.

- Si je suis sûre de ne pas vouloir vous tutoyer ? De ne pas vouloir vous appeler par votre prénom ? De ne pas vouloir apprendre à vous connaître ? De ne rien vouloir savoir de vous ?, énuméra-t-elle cruellement, Est-ce que je suis sûre de ne rien vouloir de vous ? Bien sûr que j'en suis sûre.

- Regina ne fais pas ça s'il te plaît...

- Ne pas faire quoi ?, s'était-elle alors emportée, Ne pas vous dire que la seule et unique chose que je voulais c'était de m'amuser un temps avec vous ? Ne pas vous dire que vous n'étiez pour moi qu'un simple divertissement duquel je me serais vite lassé ? Ne pas vous dire que comme le gardien Graham avant vous, vous n'étiez là que pour satisfaire mon petit plaisir personnel ? »

Rien n'avait été prononcé après cela.

Emma s'était enfuie avant que d'autres mots destructeurs ne s'abattent sur elle. Mais il était déjà trop tard, Regina en avait assez dit, assez pour que la scène se répète encore et encore, inlassablement dans le crâne de sa victime, et sans doute dans le sien par la même occasion.

« Bon alors, tu craches le morceau ou je vais devoir venir te tirer les vers du nez ?

Face au silence de la blonde, Mary-Margaret commençait à s'impatienter.

- Si je te le dis, tu me promets de ne le répéter à personne ?, demanda Emma en sortant de ses pensées avec l'envie presque irrépressible de se confier à quelqu'un.

- Promis, juré, assura la petite brune.

- Je couche avec Regina Mills, balança-t-elle aussitôt, sans préambule, avec le vain espoir de sentir son cœur s'alléger un peu.

- Attends... QUOI?!

- Je couche... Enfin, je couchais avec Regina Mills, répéta-t-elle en se corrigeant à contre cœur.

- QUOI?!, refit Mary-Margaret, debout, ses grands yeux estomaqués braqués dans ceux d'Emma.

- Je ne vais pas le dire une troisième fois, tu as très bien entendu, soupira la jeune femme.

- Regina Mills, comme madame Mills, la Méchante Reine, la directrice de cette prison ?, voulut-elle s'assurer.

- Oui, oui, cette Regina Mills là, confirma la blonde.

- Mais... mais je croyais que tu la détestais, que vous vous détestiez, avança Mary-Margaret, Tu lui en faisais voir de toutes les couleurs et elle t'envoyait au trou et te privait de voir de ton fils.

- Original comme parade de séduction non ?, ironisa Emma.

- Ah ça, tu peux le dire, s'accorda Blanchard.

- C'est assez croustillant pour toi ?, voulut rapidement conclure la blonde, Tu vas réussir à dormir maintenant ?

- Tu plaisantes ?, pouffa la petite brune, Maintenant j'ai besoin d'avoir tous les détails ! », quémanda-t-elle en se hissant sur le lit de sa codétenue qui levait déjà les yeux au ciel.

« Je pense qu'elle a peur, déclara-t-elle, Ou alors si elle joue avec toi, c'est la créature la plus diabolique qui puisse exister.

- Et tu penches plutôt pour quelle hypothèse ?, s'intéressa Emma.

- Honnêtement ?, commença Mary-Margaret, Avant d'entendre toute l'histoire, j'aurais dit qu'elle se foutait de toi. Mais avec tout ce que tu m'as raconté, je pense vraiment qu'elle a peur. Elle est peut-être diabolique, mais je pense vraiment qu'elle te fuit parce que tu l'effraies.

- Je suis censée faire quoi moi alors ?, se désespéra la jeune femme en tombant en arrière sur son oreiller.

- Éloigne-toi d'elle, conseilla la petite brune, Peut-être que si tu t'éloignes, elle se rendra compte qu'elle ne peut pas se passer de toi.

- Sauf si elle s'en fout complètement et qu'en m'éloignant, je la soulage plus qu'autre chose, se lamenta la blonde.

- Au moins comme ça tu seras fixée, avança Blanchard.

- Et si je n'ai pas envie d'être fixée ?, souleva tristement Emma, Peut-être que je préfère rester dans le flou et croire qu'elle n'assume pas, plutôt que de savoir que j'ai tout imaginé et qu'elle n'en a en réalité rien à faire de moi...

Mary-Margaret regarda son amie avec compassion.

- Je sais que c'est dur, accorda-t-elle, Mais si tu n'es pas fixée, tu ne pourras pas avancer.

- Si j'avais su en arrivant que cette femme me poserait autant de problèmes, je me serais arrangée pour passer pour folle et être envoyée en HP plutôt qu'ici, assura la blonde.

- Mais tu ne le savais pas et idiote que tu es, tu es tombée amoureuse, se moqua gentiment Mary-Margaret.

- Je ne suis pas amoureuse, réfuta aussitôt Emma en se redressant, l'air parfaitement offusquée.

- Pourquoi est-ce que je n'arrive pas à croire à ce vilain mensonge ?, s'amusa-t-elle.

- Arrête de dire n'importe quoi, s'agaça-t-elle presque, Je... Je me suis attachée à elle, c'est tout.

- Dis plutôt que tu es en train de tomber amoureuse d'elle, charria Mary-Margaret.

- Et si on dormait maintenant, suggéra la blonde pour mettre un terme à la conversation.

- Oui tu as raison, il se fait tard, admit la petite brune en descendant du lit superposé, Mais ne crois pas que je vais oublier cette histoire de si tôt, tu as intérêt à me faire part de tes avancées, Swan, continua-t-elle de chambrer.

- Ouais, c'est ça, bisqua Emma, Et n'oublie pas non plus que tu as une grande annonce à faire à David demain, piqua-t-elle à son tour.

- Peste !, jura Mary-Margaret, Tu devais me distraire avec ton histoire croustillante, pas me rappeler tous mes problèmes ! »

La blonde laissa échapper un éclat de rire alors que sa codétenue la fusillait d'un regard noir peu crédible.

« Maintenant je ne vais pas réussir à dormir, se plaignit Blanchard en se glissant sous sa couverture.

- Moi non plus. », expira Swan pour elle-même alors qu'elle fermait les yeux, de peur qu'une ou deux larmes s'en échappent.

« Il est là ! », lui souffla-t-elle à l'oreille, la faisant se tendre de tout son long.

Son sourire chaleureux, ses yeux bleus et bienveillants, son allure joviale et son air brave. Il était charmant, comme toujours, et il arrivait en leur direction.

« Mesdames, salua-t-il en dévorant des yeux sa promise, l'air de rien.

Emma jeta un coup d'œil à sa codétenue qui semblait totalement paralysée par la présence du jeune homme.

- Gardien Nolan, commença alors la blonde, Si je ne me trompe pas, Mary-Margaret a quelque chose à vous dire, elle asséna un coup de coude dans les côtes de sa voisine de table, Pas vrai M.M ?

- Aïe !, protesta la petite brune avant de rapidement se reprendre, Oui, oui je dois vous parler de quelque chose gardien Nolan, en privé... C'est au sujet de la bibliothèque. », inventa-t-elle en se levant, sommant ainsi David de la suivre.

Emma les regarda sortir du réfectoire en croisant les doigts pour que Blanchard ne se dégonfle pas et que tout se passe pour le mieux.

« Alors ce test ?, chuchota une voix derrière elle qui la fit sursauter.

- Hein ?, fit-elle en se retournant pour voir August l'air impatient d'obtenir le dernier potin en vogue.

- Le test, répéta le gardien, C'était pour qui ?

La blonde pouffa de rire en comprenant de quoi il était question.

- Désolée mais tu n'en sauras rien, nargua-t-elle en se levant, sa tasse vide en main, C'était négatif.

Il fronça les sourcils, aussi déçu qu'il était suspicieux.

- Je veux une preuve, objecta-t-il, Sinon ce n'est pas juste.

Elle le jugea du regard pour sa demande absurde.

- Parce que tu pensais que j'allais me trimballer avec un bâtonnet plein de pisse dans la poche, juste pour te le montrer ?, railla la jeune femme.

- Pourquoi est-ce que j'ai l'impression de m'être fait avoir ?, souleva-t-il avec sarcasme.

- Peut-être parce que c'est le cas, moqua la blonde, Je t'ai connu meilleur joueur August.

Il lui lança un petit regard noir.

- Ne compte plus sur moi pour te rendre un service Swan, prévint-il.

- Oh je t'en prie Wayne, répliqua-t-elle alors que le gardien s'éloignait déjà, On sait aussi bien l'un que l'autre que tu seras toujours là pour me sauver la mise. »

Pour toute réponse et sans même se retourner, August lui offrit son plus beau majeur dressé, la faisant rire un instant avant qu'elle ne se rappelle de la matinée qui l'attendait.

Elle venait de sortir du bureau de madame Green lorsqu'elle tomba sur une Mary-Margaret qui semblait aux anges.

« Je suppose que le futur papa est aussi ravi que la future maman, devina-t-elle.

Le minois rayonnant, la petite brune s'approcha d'elle en sautillant frénétiquement.

- Il parle déjà de chercher une maison pour que l'on déménage dès que je sors, raconta-t-elle sans pouvoir cacher son euphorie.

- Tu sors dans un mois, fit remarquer Emma, Alors il a intérêt à se magner.

- Oh, mais il se magne, crois-moi !, défendit Mary-Margaret, Il est en ce moment même en train d'appeler son proprio pour résilier le bail de son appartement.

La blonde s'esclaffa en se disant que ces deux-là s'étaient bien trouvés.

- Je suis tellement contente pour toi M.M, dit-elle sincèrement, Tu mérites tout ce qu'il t'arrive.

- Et toi tu mérites mieux que de te faire tourmenter par la Méchante Reine, rebondit la petite brune, Madame Green était d'accord ?

- Oui, acquiesça-t-elle, Aujourd'hui marque la fin de ma carrière dans l'entretien. », annonça-t-elle de manière théâtrale.

Mary-Margaret s'apprêtait à rire lorsqu'un mauvais goût lui vint en bouche.

« Tu vas vomir. », comprit instantanément Emma.

La main plaquée sur la bouche, Blanchard opina brièvement de la tête avant de se précipiter en direction des toilettes.

« Cours !, l'encouragea la blonde, J'ai pas franchement envie de nettoyer ta gerbe pour mon dernier jour de ménage ! »

Elle toqua, prit une grande inspiration, attendit qu'on le lui autorise, puis entra.

« Bonjour, dit-elle en fermant la porte vernie de noir derrière elle.

- Bonjour mademoiselle Swan. », rendit Regina en lui donnant un rapide coup d'œil.

Rapide coup d'œil qui se changea en un regard appuyé alors que la brune détaillait la détenue sans même s'en rendre compte.

Le visage de la blonde était criant de vérité, ses dernières nuits avaient été courtes et elle avait plus pleuré que dormi. Son attitude, elle aussi, laissait transparaître la moindre de ses failles. Le regard fuyant, l'expression fermée et les joues blêmes, ça lui faisait mal d'être là. Le simple fait de se trouver ici, exposée à son bourreau, lui était douloureux. Emma faisait peine à voir, Regina s'en voulait pour cela.

« Madame Mills ?, l'interpella-t-elle.

La brune sursauta, sortant de ses pensées tout en réalisant qu'elle n'avait pas lâché la blonde des yeux depuis son arrivée.

- Mmh, acquiesça-t-elle en essayant de reprendre contenance.

- Je voulais juste vous prévenir que je ne m'occuperai plus du ménage de votre bureau à partir de demain, renseigna-t-elle.

- Oh !, ne put s'empêcher de réagir la directrice, elle était prise de court tout à coup.

- J'ai demandé à madame Green à changer d'assignation, développa la jeune femme, Et elle a accepté. »

Le visage de marbre, la brune assimilait les mots de la blonde, non sans difficulté.

« Elle est en train de voir pour me faire remplacer, continua-t-elle, Elle vous tiendra au courant dès qu'elle aura choisi la détenue qui s'occupera du ménage de votre bureau.

- Dans quel secteur avez-vous été transférée ?, questionna Regina, se fichant pas mal d'une hypothétique remplaçante.

- En cuisine, annonça-t-elle dans un petit sourire, songeant à ses piètres performances culinaires.

- Si c'est ce que vous voulez, consentit la directrice.

- Ce n'est pas ce que je veux, déclara alors la blonde, Mais malheureusement dans la vie, on n'a pas toujours ce que l'on veut. »

La posture droite, les yeux verts rivés dans les siens, la jeune femme avait l'air décidée, bien décidée à la fuir.

Mais alors pourquoi Regina ne se sentait-elle pas complètement satisfaite de la situation ?

Pourtant c'était bien ce qu'elle souhaitait au fond, voir Emma s'éloigner d'elle et passer à autre chose ?

Pourquoi cette sensation de vide l'avait-elle emprunt à l'idée de ne plus voir la blonde entrer tous les jours dans son bureau ?

Pourquoi ce pincement au cœur lorsqu'elle avait vu la porte vernie de noir se refermer derrière la jeune femme ?

Pourquoi la nausée sembla-t-elle presque lui monter lorsqu'elle comprit que tout était bel et bien terminé ?

[Salut!!

J'ai vu vos commentaires pour le chapitre que j'ai publié deux fois... Désolée, de base je voulais simplement modifier le titre dans lequel j'avais fait une faute de frappe :')

Du coup j'ai supprimé ce chapitre perturbateur, j'espère ne plus faire de mauvaises manip à l'avenir, mais je ne vous garantis rien, je trouve cette appli tellement mal faite :')

Enfin bref, j'espère que ce nouveau chapitre vous plaît, à jeudi prochain!!]