Cora Mills était une femme de pouvoir et d'intelligence. Sournoise, déterminée et prête à tout, elle arrivait toujours à ses fins, et cela, quoi qu'il en coûte. Dans la quête de réussite qui conditionnait l'entièreté de son existence, Cora ne s'était jamais laissé encombrer par le moindre sentiment. Froide et insensible, elle se servait des gens comme de vulgaires marionnettes et n'éprouvait jamais aucun remords pour cela. Hargneuse, elle faisait régner un climat de crainte pour mener tout son petit monde à la baguette. Elle ne faisait de cadeau à personne, quiconque se dressait sur son chemin en payait tôt ou tard les conséquences. Ses proches ne pouvaient que trop en témoigner, nombreux étaient ceux dont elle avait brisé le cœur pour servir son propre intérêt. Le jeune Rumple, fou amoureux, qu'elle avait quitté par soif d'argent. Zelena, sa première-née, qu'elle n'avait pas hésité à abandonner pour couvrir son infidélité. Henry, son époux, qu'elle avait trompé et maltraité durant des années. Regina, sa seconde fille, qu'elle avait élevée avec plus d'exigences que d'amour, et qu'elle avait enchaîné au bras d'un vieux fortuné dès que l'occasion s'était présentée. Personne n'était épargné par l'orage malveillant qu'était Cora Mills.

Personne, et ce n'est certainement pas sa fille chérie et adorée qui viendrait dire le contraire.

« Joyeux Anniversaire ma chérie !, s'exclama-t-elle en arrivant dans l'encadrement de la porte, Mais qu'est-ce qu'il s'est passé ici ?! »

L'avocate scanda la pièce du regard.

Du capharnaüm qui régnait dans le bureau, jusqu'au visage stupéfait affiché par Zelena, en passant par l'étrange proximité entre les deux femmes, rien ne lui échappa. Rien, pas même le soupçon d'inquiétude passant dans les yeux chocolat alors que Regina s'appliquait à conserver une expression des plus impénétrables.

« Gardien Wayne, articula sévèrement cette dernière dans son talkie-walkie, J'ai besoin que vous veniez immédiatement dans mon bureau. Swan a encore fait des siennes. »

Cora étudia sa fille du regard. Elle était convaincante, très convaincante, bien plus convaincante que la blonde et ses grands yeux de biche déconcertés.

« Asseyez vous Swan, ordonna la directrice en pointant le fauteuil d'un doigt strict, Tâchez de ne pas faire plus de casse ou je me ferai un plaisir de rallonger votre séjour en isolement. »

Un regard échangé avec Regina, et Emma obtempéra, comprenant qu'il vallait mieux aller dans son sens si elle ne voulait pas s'attirer de réels ennuis.

« Mère, enchaîna la brune, un sourire des plus faux ornant tout à coup ses lèvres rouges, Que me vaut le plaisir de votre visite ?

- Et bien, je ne louperais l'anniversaire de ma fille préférée pour rien au monde, déclara Cora, faisant rouler des yeux de son ainée, Mais apparemment je tombe mal, grimaça-t-elle, Je me doute que les criminelles enfermées ici ne sont pas des plus distinguées, mais j'espère tout de même qu'elles ne sont pas toutes aussi sauvage que celle-ci, moqua-t-elle.

La blonde écarquilla les yeux, aussi agacée que surprise de recevoir une pique de cette femme qu'elle ne connaissait même pas.

- C'est étrange, Emma n'est pas violente d'habitude, défendit Zelena en dévisageant tour à tour sa sœur et la détenue.

Un petit rictus mauvais se dessina sur le visage de Cora.

- C'est à se demander ce qui a bien pu la mettre dans cet état. », commenta la matriarche, ne lâchant plus Regina des yeux.

La tension était palpable dans le bureau à la décoration baroque et au désordre faramineux. Elle empreignait l'air, les murs, au point que lorsqu'il arriva, August s'abstint du moindre commentaire. Il emmena avec lui la blonde et attendit d'être loin de la pièce en noir et blanc pour lui demander des explications. Explications qui le firent partir en fou rire alors qu'il raccompagnait Emma jusqu'à la cellule numéro douze, comprenant bien qu'il venait de servir de couverture aux deux amantes maudites.

« La directrice des lieux qui s'occupe de faire le ménage, railla Cora, On aura vraiment tout vu !

- Je ne fais pas le ménage, rétorqua la jeune Mills, Je remets simplement un peu d'ordre.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?, s'intéressa Zelena en observant sa sœur ramasser les éclats de verre et les roses meurtries.

- Rien qui ne te regarde, répliqua aussitôt la brune.

- Et qui t'a offert ces fleurs ?, demanda à son tour l'avocate en s'approchant du bouquet d'Emma.

- Quelqu'un, soupira simplement Regina, se sentant de plus en plus oppressée par la présence de sa mère et de sa sœur.

- Et bien tu n'es pas très loquace, releva la sexagénaire, J'espère que tu te feras un peu plus bavarde au dîner de ce soir.

- Quel dîner ?!, s'exclamèrent en cœur les deux sœurs.

- J'ai réservé une table pour quatre au Rocinante, annonça-t-elle nonchalamment, Léopold ne t'a pas prévenue ?, demanda-t-elle à la brune.

- Non, il ne m'a pas prévenue, répondit froidement Regina.

- Ça ne m'étonne pas, railla froidement Cora, Après la scène que tu lui as faite lors du nouvel an, c'est normal qu'il t'en veuille.

La jeune femme n'en croyait pas ses oreilles.

- Je te demande pardon ?, défendit-elle, La scène que JE lui ai faite ?

- Ne commence pas à monter sur tes grands chevaux, prévint directement l'avocate, On réglera ça au dîner. »

Bien décidée à clore cette conversation, Cora se dirigea d'un pas résolu en direction de la porte vernie de noir.

« J'ai réservé pour 19h30, soyez à l'heure, avertit-elle, Essaie de mettre quelque chose de convenable, je n'ai pas envie que tu fasses tâche, condamna-t-elle en scrutant la rouquine de haut en bas, Et toi Regina, arrange-toi un peu, tu es toute débraillée. »

La matriarche avait craché son venin, donnant ainsi à ses deux filles un rapide avant-goût de la soirée à venir.

Soirée qui commença étonnamment bien. La conversation n'était pas des plus fluides, mais alors que les plats venaient d'être servis, aucune dispute n'avait encore éclatée. Il faut dire que l'essentiel de la discussion avait tourné autour du voyage de l'avocate, qui avait passé le mois de janvier partagée entre Paris et les Maldives.

« J'ai hésité à prolonger mes vacances pour une troisième destination, raconta Cora en plantant sa fourchette dans son steak saignant, Mais alors que je m'apprêtais à réserver mon vol, j'ai reçu un coup de fil d'une amie avocate qui appelait pour prendre des nouvelles, continua-t-elle en guettant la réaction de sa plus jeune fille, C'est là qu'elle m'a parlé de la réception du premier de l'an organisée par Katherine Nolan et de la scène que vous deux avaient servi au public, acheva-t-elle en pointant les deux époux de ses index accusateurs.

Regina leva les yeux au ciel, Léopold manqua de s'étouffer en avalant sa bouchée, Zelena demeura silencieuse, curieuse d'en apprendre plus et toujours preneuse de voir sa sœur se faire démolir par leur mère.

- Je peux tout expliquer, voulut immédiatement se justifier le Maire.

- Lui jeter un verre au visage ? Alors que vous êtes en public ? Sérieusement ?, désapprouva l'avocate.

- Mais elle m'a foutu une claque devant tout le monde !, renchérit-il.

- Après avoir reçu un verre en pleine figure !, défendit Regina, Et puis tu es bien mal placé pour mettre ça sur le tapis. Ce n'est certainement pas moi qui commence à avoir la main leste, dénonça-t-elle.

- Si tu te mettais à te comporter de manière un peu plus décente au lieu de te jeter sur tout ce qui bouge, peut-être que mon envie de t'en mettre une serait moins grande, répliqua-t-il.

- Il faudrait peut-être commencer à penser au divorce, suggéra Zelena.

- Depuis le temps que je le dis..., soupira la cadette en portant son verre de vin rouge jusqu'à ses lèvres.

- Qu'est-ce que vous attendez alors ?, moqua la conseillère.

- Oh toi on ne t'a pas sonné !, s'emporta Léopold à l'adresse de la rouquine.

- Je te demande pardon ?, articula désagréablement Zelena.

- Il a raison, déclara Cora, Ce n'est pas parce que tu vas finir vieille fille que ça doit être le cas de tout le monde.

La rousse écarquilla les yeux et vira à l'écarlate, le bonhomme laissa échapper un rire franc.

- Ne ris pas trop Léopold, calma Regina, Dois-je te rappeler que sans ton argent, tu serais encore seul comme le vieux porc que tu es ?

Ce fut au tour du bonhomme de virer au rouge vif.

- Ne commence pas à prendre tes grands airs avec moi, Regina, prévint le vieil homme, Dois-je te rappeler que sans mon argent, tu serais encore une petite veuve éplorée bourrée aux cachets ?

- Espèce de salop, pesta-t-elle entre ses dents, le trucidant du regard.

- S'il y a une salope autour de cette table, c'est bien toi, riposta le Maire.

- Ce n'est pas parce que tu n'as aucune vie sexuelle que je dois me priver de mon côté. », renvoya-t-elle, faisant pouffer de rire sa sœur.

Leur table attirait de plus en plus les regards, au plus grand dam de Cora chez qui les nerfs commençaient à monter.

« Assez !, ordonna-t-elle d'un ton glacial alors que les époux King-Mills s'étaient levé pour se jeter quelques injures à la figure, Ça suffit ! », décida-t-elle.

Lorsque Cora Mills prenait une décision, c'était comme ça et pas autrement. Rien ne pouvait lui faire changer d'avis et gare à quiconque oserait ruiner ses plans.

Le mariage de Léopold King avec sa fille n'en était qu'un bel exemple. Regina avait vingt-cinq ans lorsque sa mère avait décidé de la marier à l'homme richissime de plus de deux fois son âge. Elle l'avait choisi pour son compte en banque et pour son ambition à gravir les échelons en politique. Selon la matriarche, il était le dernier espoir d'un avenir convenable pour sa cadette qui l'avait tant déçue. Celle pour qui elle avait nourri tant d'espoir de réussite, s'était avéré devenir sa plus grande déception. Après l'avoir conditionnée, durant toute son enfance, à devenir un modèle de perfection, Cora n'avait guère supporté de voir Regina lui échapper lors de son adolescence. L'avocate avait alors tout fait pour remettre le grappin sur sa fille, allant jusqu'à l'interdire de fréquenter son premier amour, un certain Daniel. Cependant, toutes les manigances de la matriarche s'étaient avéré vaines, et dès la majorité de la jeune brune, une violente rupture s'était déclarée entre les deux femmes. Une violente rupture, et puis une poignée d'années plus tard, bam, un accident. Regina n'avait plus eu la force de lutter, Cora avait repris l'avantage du jeu. Tout aurait pu s'arrêter là, mais il avait fallu que la jeune femme reprenne du poil de la bête et recommence à s'opposer à la volonté de sa mère. Ce fut peu de temps après son trentième anniversaire que Regina posa l'épineux sujet du divorce sur la table. À partir de là, les tensions entre la mère et la fille avaient repris de plus belle, et le mariage de la jeune brune était allé en dégringolant. Malgré tout cela, aucun divorce n'avait encore été prononcé, Léopold ne voulant pas se défaire de sa femme trophée, et Cora ne perdant par l'espoir de voir tôt ou tard la fortune du Maire revenir de droit à sa fille.

« Viens par ici, interpella-t-elle, Ne t'échappe pas !

Le dîner avait pris fin dans un silence de mort et la famille Mills ne s'était pas fait prier pour prendre congé. Zelena était rentrée chez elle, Cora avait suivi sa seconde fille et son gendre jusqu'au manoir. Pour leur plus grand bonheur, elle avait décidé de passer la nuit chez eux avant de rentrer sur Boston le lendemain matin.

- Qu'est-ce que tu veux ?, interrogea Regina d'un ton sec.

- Que l'on discute, répondit l'avocate en tapotant la place libre du canapé où elle était installée.

- Je suis fatiguée, refusa la jeune brune en s'engageant dans les escaliers.

- Je ne serai pas longue. », insista Cora de son ton autoritaire et sans appel.

Regina roula des yeux, souffla bruyamment, mais abandonna sa montée des marches pour rejoindre le salon.

« Je ne mords pas, tu sais, commenta la sexagénaire en voyant sa fille marcher jusqu'à l'autre bout de la pièce.

- Permets-moi d'en douter. », répliqua la plus jeune en s'asseyant nonchalamment sur un fauteuil en cuir.

Ce fut au tour de Cora de lever les yeux au ciel.

« Alors ?, enchaîna Regina avec l'envie d'en finir, Qu'est-ce que tu voulais me dire ?

- Est-ce que tu vas bien en ce moment ?, demanda-t-elle en alignant son regard aux yeux chocolat.

La jeune femme n'en revenait pas. Jamais elle n'aurait cru entendre un jour cette question sortir de la bouche de sa mère.

- Euh..., commença-t-elle, pour le moins déstabilisée, Et bien ça peut aller. Disons que j'ai connu pire...

- Tu vois toujours ce gardien ?, poursuivit rapidement Cora, Ce Graham ?

Regina déchanta aussitôt. Sa mère ne s'intéressait pas véritablement à elle. L'avocate cherchait simplement à savoir ce qui causait son comportement de plus en plus débridé.

- Non, cela fait des mois que je ne le vois plus, soupira-t-elle, lasse des questions qu'elle sentait déjà venir.

- Qui est-ce alors ?, s'obstina-t-elle, Qui l'a remplacé ?

- Personne ne l'a remplacé, s'esclaffa la jeune brune.

- Ne mens pas, prévint Cora, Je sais qu'il y a quelqu'un d'autre.

- Et qu'est-ce qui te fait dire ça ?, railla Regina.

- Je le sais, c'est tout, déclara la plus vieille.

- Tu dis n'importe quoi, balaya-t-elle d'un revers de main, Tu essaies de me tirer les vers du nez. Mais tu peux bien essayer tant que tu le veux, tu n'en tireras rien.

- Très bien, fit mine d'accepter Cora, Je ne sais pas si tu es au courant, enchaîna-t-elle, Mais ces derniers temps Léopold n'a de cesse de m'appeler ou de m'envoyer des messages pour se plaindre de ton comportement.

- C'est une plaisanterie ?, moqua la maîtresse de maison.

- J'aurais préféré, articula-t-elle froidement, Il dit que tu te fais de moins en moins accommodante et qu'il a de plus en plus de mal à te supporter.

- C'est parfait !, s'enthousiasma la brune, Avec un peu de chance, il ne tardera pas à demander le divorce.

- Ne rêve pas, ricana méchamment l'avocate, Tu peux être aussi détestable que tu veux, jamais il n'aura le courage de se débarrasser de toi. Ce vieil empoté tient beaucoup trop à son image pour ça.

- Si les incidents comme celui du nouvel an viennent à se multiplier, je ne servirai plus son image bien longtemps, avança Regina dans un petit sourire malin.

Cora la fusilla du regard.

- C'est exactement pour ça que je voulais te parler, énonça-t-elle de sa voix froide, Si tu penses que je vais te laisser saboter tout ce que j'ai fait pour toi, tu fais fausse route, ma chérie.

- Tout ce que tu as fait pour moi ?!, monta-t-elle le ton, Sérieusement ?

- Sans moi tu n'aurais rien de tout ça, allégua l'avocate, Sans ce mariage tu n'aurais ni situation, ni argent. Alors cesse de te plaindre et sois plutôt reconnaissante de tout ce que tu as.

- Mais je n'ai jamais rien voulu de tout ça !, s'époumona Regina, scandalisée par les propos de sa mère.

- Oh je t'en prie, arrête ton cinéma de petite fille pourrie gâtée, remballa Cora, Qu'est-ce que tu aurais voulu à la place ? De l'amour ? Laisse-moi rire, méprisa-t-elle.

- Non, pas de l'amour, réfuta mécaniquement la jeune femme, L'amour est une faiblesse. »

Un petit sourire échappa à Cora. À défaut d'être assez forte pour l'appliquer, Regina avait au moins retenu la leçon. Ce précepte qu'elle s'était appliqué à inculquer à sa cadette après en avoir elle-même fait les frais. Cette maxime qui disait que l'amour rendait faible à en crever. Ce principe de préférer le pouvoir à tout le reste. Cette sentence qui avait fait prendre à Cora Mills des décisions très discutables au fil de sa vie.

Elle était encore adolescente lorsqu'elle avait privilégié le pouvoir à l'amour pour la première fois. Cora venait d'une famille modeste et elle ne s'était jamais sentie à sa place dans ce milieu qui n'était, selon elle, pas le sien. Depuis le plus jeune âge, elle avait aspiré à mieux. Puissance et richesse dans le viseur, elle n'avait pas hésité une seconde lorsque Henry Mills, riche héritier, lui avait déclaré son amour lors du bal du lycée. Elle lui avait sauté dans les bras, devant les yeux impuissants de celui qu'elle aimait réellement. Elle avait brisé le cœur du jeune Rumple Gold, le sien avec. Mais Cora s'était bien vite remise de son chagrin d'amour, rapidement comblée par sa profession d'avocate respectée et sa fortune maritale flamboyante. Dès lors, elle s'était plu à penser que l'amour n'était fait que pour les pauvres gens sans ambition. Cependant, lorsque des années plus tard, Rumple, plus riche que jamais, était revenu frapper à sa porte, Cora n'avait pu faire autrement que regretter sa décision. Une liaison passionnée avait alors redémarré entre les amants d'antan. Gold avait fait miroiter à son ancien amour monts et merveilles, si bien que l'avocate avait fini par se faire une raison: quand il n'amenuisait ni le pouvoir, ni l'argent, l'amour était appréciable. Tellement appréciable qu'elle était allée jusqu'à demander le divorce à son mari, croyant dur comme fer aux noces promises par Rumple. Cora avait fait là sa plus belle erreur. Non seulement elle avait perdu tout droit sur le patrimoine d'Henry Mills, mais en plus, elle s'était fait rouler par un Gold encore rancunier de sa trahison d'adolescente. À quarante ans passés, celle qui avait voulu revivre son seul et unique amour s'était retrouvée sans mari et privée d'une fortune colossale. Cora aurait pu voir en cela une méchante ironie, le retour de bâton pour tous les cœurs qu'elle avait sacrifié dans le passé. Mais elle préféra à la place en tirer une nouvelle conclusion: l'amour est une faiblesse.

« Ce que je veux, c'est être libre, termina Regina, presque tremblante de le dire tout haut pour la première fois depuis bien longtemps.

- Attends qu'il soit mort, et en plus d'être libre, tu seras riche—

- Mais je n'en peux plus de cette vie, l'interrompit-elle, C'est maintenant que je veux être libre, pas dans vingt ans.

- Et d'où te vient cette soudaine envie de liberté ?, pouffa la matriarche, N'essaie pas de me faire croire que cette petite rébellion n'est pas en lien avec une nouvelle de tes amourettes ridicules.

- Oh mais qu'est-ce que tu crois savoir à la fin ?!, s'agaça la jeune femme, fatiguée des sous-entendus de sa mère à propos d'un soi-disant nouvel amant.

- Je te connais Regina, assura Cora, J'ai déjà eu à composer avec toi lorsqu'il y avait Daniel. Puis lorsqu'il y avait Robin. Je sais comment tu fonctionnes. Je sais comment tu es. »

Le regard de Regina se faisait fuyant à mesure que celui de sa mère se faisait transperçant.

« Malgré tout ce que tu peux dire ou penser, je sais que tu es faible. Bien plus faible que moi. Tu l'as toujours été. »

Le mépris dans la voix de Cora était grand, Regina pouvait le sentir remuer jusqu'à ses entrailles.

« La prisonnière qui était dans ton bureau tout à l'heure, énonça-t-elle de but en blanc, C'est elle n'est-ce pas ? Cette Emma Swan ? »

Regina et son habituel visage de marbre ne furent cette fois pas de taille. En un regard, Cora eut l'ultime confirmation à l'intuition qui l'avait taraudée tout au long de la soirée.

« J'avais donc raison, conclut-elle, son sourire était mauvais, ses yeux transpiraient la déception, Tu es tombée bien bas ma pauvre. »

Regina était tétanisée dans son fauteuil, incapable de dire quoi que ce soit, tout juste apte à retenir les larmes qu'elle sentait affluer sous ses paupières.

« Je vais rester ici quelques temps, prévint Cora en se levant, Ne t'inquiète pas ma chérie, je vais reprendre les choses en main. Et je peux te promettre que tout va vite recommencer à filer droit. »

Accablée par le choc, Regina ne bougea pas. Le regard dans le vide, les membres engourdis, l'estomac retourné, le cerveau en ébullition, le cœur opprimé dans la poitrine. Savoir sa mère au courant la terrassa complètement.

Tout était fini, elle était anéantie.

[Hey!!

Tout d'abord, merci pour vos derniers retours!!

Et ensuite, désolée pour mon retard sur ce chapitre!

Ma fin de semaine était chargée et mon week-end un peu trop alcoolisé... :')

La suite arrive ce week-end, à l'heure cette fois-ci ;)

D'ici là portez-vous bien!!]