2 août 1989 (le lendemain)

Altaïr regretta rapidement ses pensées futiles de la veille. Il était certes agréable de voir Cygnus s'écraser devant son père, mais cela ne signifiait que plus de frustration de sa part au départ de celui-ci. Pollux était parti tard dans la soirée et à son départ, son fils avait frappé avec force à la porte de son pupille. Altaïr avait été surpris de le voir là, Cygnus ne venait jamais jusqu'à sa chambre habituellement, préférant faire appel à l'un de ses elfes pour ammener le garçon à lui.

Cependant Altaïr avait vite oublié sa surprise. Visiblement Cygnus était très contrarié par le retour de Pollux dans leur vie et s'était complètement défoulé sur le garçon. Ce ne fut que tard dans la nuit ou tôt dans la matinée, selon le point de vue, qu'il avait fini par quitter la chambre d'Altaïr.

Ce dernier n'avait même pas eu la force de grimper sur son lit, s'endormant à même le sol. Altaïr sentit vaguement un elfe le soigner et lui faire avaler quelques potions avant de sombrer dans l'inconscience. Si chaque visite de Pollux se terminerait ainsi pour lui, alors Altaïr ne pensait pas pouvoir se réjouir encore bien longtemps de son emprise sur Cygnus.

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8 août 1989

Bien que Pollux rendait régulièrement visite à son fils ou inversement, ce ne fut qu'une semaine après leur première rencontre qu'Altaïr le revit. Cygnus était alors au ministère et Altaïr avait été prévenu de l'arrivée de leur invité par Derry.

« Est-ce que tu pourrais l'emmener au salon gris et apporter un peu de thé.

- Quel thé, jeune Monsieur Altaïr ?

- Celui qu'il préfère. » haussa-t-il des épaules.

Cela facinait toujours autant Altaïr de voir le changement de comportement des elfes de maison lorsque Cygnus n'était plus dans le manoir. Habituellement, Derry n'aurait pas posé de question sur le thé, il n'en avait pas le droit. Cygnus partait du principe que les efles, étant inférieur à lui, n'avait aucun droit de le questionner ou de lui répondre. Les mêmes règles s'appliquaient à Altaïr, c'est peut-être pour cette raison que les elfes étaient si à l'aise avec lui. Bien qu'ils comprenaient qu'il s'agissait d'un sorcier, le fait que Cygnus les traite de la même façon devait les faire se sentir proches de lui. Altaïr ne s'en plaignait pas, il était toujours utile et agréable d'avoir des personnes l'appréciant plus au moins autour de lui, même si elles n'étaient pas humaines.

Lorsqu'Altaïr pénétra dans le salon, Pollux avait dejà une tasse de thé dans les mains. Visiblement, l'homme aimait le thé noir en bon anglais qu'il était. Lorsqu'il l'apperçut, le patriarche Black posa sa tasse sur la table basse et se leva vivement. Il semblait être en pleine forme pour son âge. Comme une semaine auparavant, il prit son arrière-petit-fils dans ses bras. Altaïr se tendit au contact, mais ne le repoussa pas, attendant simplement qu'il se soit rassis pour se détendre.

Il prit place dans le fauteuil en face de celui de Pollux et se servit du thé en attendant qu'il entame la conversation. Cependant le silence qui se prolongeait lui fit comprendre que l'homme attendait de lui qu'Altaïr fasse le premier pas.

« Cygnus est au ministère. »

Pollux sembla sourire derrière sa tasse, visiblement il s'attendait à une approche comme celle-ci.

« Je sais, je suis venu pour te voir. »

Altaïr fronça des sourcils. Il ne comprenait pas vraiment pourquoi son arrière-grand-père voudrait le voir, surtout qu'il ne doutait pas que Cygnus avait certainement cassé du sucre sur son dos.

« Je réalise, que c'est la première fois que nous nous rencontrons, hormis le repas de mardi dernier. J'étais déjà parti en Amérique à ta naissance.

- C'est ce qu'on m'a dit. »

Un lourd silence s'installa entre eux. Cependant cette fois-ci cela semblait mettre bien plus Pollux mal-à-l'aise que le jeune lycanthrope. Altaïr avait l'habitude de ce genre de situation, il n'était pas douer avec les mots, alors la plupart de ses conversations avec les enfants de son âge se finissait en lourd silence.

« Est-ce que tu m'en veux ?

- Pourquoi est-ce que je vous en voudrai ? Je ne vous connaîs pas. »

Pollux grimaça, se sentant visiblement visé par ces mots. Altaïr n'avait pas voulu se montrer accusateur, il s'agissait simplement d'une vérité.

« Je pense au contraire, qu'il y a beaucoup de raisons de m'en vouloir. J'ai raté ta naissance, l'arrestation de ta mère, la décès de ma fille Walburga, tes différents adoptions et chacun de tes anniversaires.

- Grand-mère m'a parlé de vous, elle vous en voulait beaucoup de ne pas être rentré en Angleterre pour l'enterrement d'Arcturus. Moi je ne m'attendais pas à vous y voir, je n'avais que vaguement conscience de votre existence, quelque part loin d'ici. »

Pollux ne sut visiblement pas quoi répondre à cela. Apprendre que sa fille avait attendu son retour avec temps d'ardeur et réalisé que ce garçon n'attendait absolument rien de lui le faisait atrocement souffrir. Il ne représentait rien pour Altaïr et s'en rendre compte aussi brutalement n'était pas plaisant.

« Est-ce que grand-mère avait aimé aller chez Ollivander ? »

Face au changement soudain de conversation, Pollux eut une mine perdue et mit quelques secondes à lui répondre.

« Oui beaucoup. » sourit-il, se perdant dans ses souvenirs. « Elle avait le même âge qu'Orion alors nos deux familles sont allés les acheter ensemble. Elle se promenait partout avec sa baguette à la main en attendant sa rentrée, même si elle ne pouvait pas faire de magie avec. »

Altaïr l'obersa en silence. Il savait depuis longtemps que si Walburga avait accidentellement transplané devant la boutique de baguettes en sortant du cimetière, ce n'était pas pour rien. Elle avait perdu toute sa famille, ses tantes, sa mère, l'un de ses fils et son mari étaient décédés, ses autres enfants étaient enfermés à Azkaban et son père avait disparu sur un autre continent. Walburga n'avait à ce moment-là plus personne, à part lui. Elle n'avait que son petit-fils qu'elle ne connaissait réellement que depuis quelques mois, toutes les personnes qui l'avaient accompagné tout au long de sa vie avaient disparu.

Alors Altaïr ne lui en voulait pas d'avoir voulut revivre ses instincts de bonheur qu'elle avait vécu pendant son enfance en leur compagnie, de vouloir revenir à une époque où tout était plus simple. Non, Altaïr n'en voulait pas à Walburga, il lui avait pardonné depuis longtemps de ne pas avoir pensé à lui en premier, mais à toutes les autres personnes qu'elle aimait et qui n'était plus là.

Et bien qu'il n'en veuille pas directement à Polux de ne pas être resté en Angleterre, il lui en voulait d'avoir blessé si profondément sa grand-mère. Altaïr savait que s'il avait été présent à ce foutu enterrement, alors Walburga n'aurait pas été aussi détruite par le décès d'Arcturus. S'il avait été là, elle aurait pleuré sur son épaule plutôt que sur celle d'un enfant, elle aurait pu trouver le soutient nécessaire pour surmonter sa solitude, elle n'aurait pas voulut retourner dans le passé. Et surtout, elle n'aurait pas transplanné sur le Chemin de Traverse et ne serait pas décédé, parce qu'elle aurait eu un père pour la raccompagner jusqu'au Square Grimmaurd.

« Est-ce que Cygnus vous a parlé de son décès ?

- Il m'a dit qu'elle a eut un accident de transplannage. » répondit Pollux d'un air confut, il comprenait de moins en moins où voulait en venir Altaïr avec ses brusques changement de conversation.

« En sortant du cimetière, elle a perdu le contrôle de son transplannage. Elle a souhaité le temps d'un instant revenir dans le passé, revivre ce souvenir chez Ollivander. Un passé où vous auriez été là. Mais c'est impossible de transplanner à travers les époques, alors elle s'est désartibulée. »

Pollux pâlit soudainement, semblant réalisé l'horreur des sous-entendus du garçon.

« Comment … Comment sais-tu cela ?

- J'étais accroché à son bras et si elle n'avait pas transplanné au mileur d'une rue bondée de sorciers pour appeler des secours, alors je serai mort avec elle. »

Altaïr ne fit pas attention au sanglot de l'homme détruit face à lui. Il termina calmement sa tasse, la reposa sur sa coupelle et quitta finalement son fauteuil. Cependant, il se tourna une derrière fois vers lui avant de quitter le salon.

« Moi, je m'en fiche de savoir si vous étiez là ou pas ce jour-là. Je m'en fiche aussi de savoir qu'avec votre présence, j'aurai pu éviter de froler la mort. Mais par contre, je ne pourrai jamais vous pardonner d'avoir blessé ma grand-mère. »

Sur ces mots, Altaïr quitta la pièce, laissant derrière lui un homme terriblement blessé et rongé par la culpabilité. Il le méritait, Altaïr n'aurait aucune pitié pour lui, pour son égoïsme et pour son abandon.

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12 août 1989

Altaïr fut surpris de revoir son arrière-grand-père seulement quatre jours après leur précédente rencontre. Il avait pensé le faire fuir avec ses propos crus, cependant il semblerait que cela eut l'effet inverse sur le vieux sorcier. Altaïr était alors dans la bibliothèque, penché sur ses devoirs du jour, une pile de livres à ses côtés et divers parchemins l'entourant, certains froissés sur sur le sol et d'autres recouverts de gribouillis que seul lui pouvait relire.

Altaïr n'avait pas été prévenu de l'arrivée de Pollux cette fois-ci, la preuve que Cygnus devait se trouver quelque part dans le manoir. Certainement qu'à la fin de leur entrevue, il avait prévu partir à sa recherche plutôt que de quitter le manoir. Pollux savait visiblement que son fils ne lui en tiendrait pas rigueur, certainement de peur de la froisser.

Le sorcier invoqua une chaise confortable et s'assit en face d'Altaïr, attrapant un des livres ouverts devant lui. Il sembla plutôt impressioné de réalisé que le garçon travaillait sur une théorie de runes anciennes. Bien sûr, elle devait sembler bien enfantine pour lui, mais c'était tout de même impressionnant pour un jeune homme comme Altaïr.

« Quel âge as-tu ?

- Douze ans.

- Je ne me souviens pas que les runes étaient déjà au programme en première année. » songea Pollux à voix haute.

Altaïr le fixa d'un air plutôt surpris. Visiblement, Cygnus ne lui avait pas dit qu'il étudiait à Durmstrang et non Poudlard. Il hésita un instant à lui répondre, le laisser dans l'ignorance de sa situation scolaire. Cependant Altaïr, plus que de lui en vouloir pour le décès de Walburga, voyait surtout en Pollux un possible allié. Selon la situation, ce dernier pourrait peut-être même empêcher Cygnus de lever la main sur lui dans le futur. Pollux semblait prêt à tout pour se faire pardonner et se rapprocher de lui.

« C'est le cas à Durmstrang, en option.

- Durmstrang ? Cygnus est quelqu'un d'étonnant. Est-ce que tu t'y plais ? »

Altaïr fut surpris par la question. C'était bien la première fois que quelqu'un lui demandait s'il aimait l'école. Il était habitué au conversation uni-latéral de Cygnus, à recevoir des ordres dénués de sentiments et à obéir sagement. Pas à dire son avis ou même à ce que ce dernier soit demander. C'était étrange pour lui. La présence de Pollux au manoir lui rappelait les relations qu'il entretenait avec James, froid et distant, et Remus, chalereux et intéressé.

« Oui, les professeurs sont biens.

- Et tes camarades ? Tu t'es fait des amis ? Peut-être même une amoureuse ? » sourit Pollux d'un air complice.

« Je n'ai pas d'amis, ce n'est pas utile. »

Pollux fut déconcerté par l'approche de la question très froide de l'adolescent. Il ne s'attendait pas du tout à cette réponse, bien au contraire. Pour lui et comme pour des milliers de sorciers, les années scolaires sont les plus belles, les plus amusantes et les plus riches en rencontres de leurs vies. La vision d'Altaïr semblait bien triste à côté.

« Tu n'as vraiment aucun ami ? » demanda-t-il sous la surprise.

Altaïr sembla réfléchir un instant. Il avait certes construit une amitié avec Lev Kaminski et Viktor Krum, mais l'avait ensuite détruit pour se concentrer sur ses études. Il y avait aussi cette fille ukrainienne à qui il parlait de temps en temps pour les devoirs de groupes ou des questions sur les examens. Mais autrement, Altaïr n'avait parlé à aucun autre étudiant de Durmstrang.

« Si, il y a une fille avec qui je m'entends bien. Mais elle est à Poudlard, alors on ne se parle que pendant les réception où nous sommes tous les deux invités. » songea pensivement Altaïr en se souvenant de ses entrevues avec Venus Lovegood.

Au final, elle était la seule personne avec qui Altaïr n'avait pas fait semblant d'être quelqu'un d'autre ou avec qui il n'avait pas porté l'expression froide que son sang l'obligeait à constamment revêtir. Elle semblait constamment vivre dans une autre dimension, alors cela l'avait aidé à se débrider quelque peu en sa présence.

« Alors il y a bien une fille ! » rigola Pollux.

Altaïr ne comprit pas vraiment la raison de son rire, alors il se contenta de replonger dans ses parchemins, retrouvant sa mine sérieuse. Cygnus lui avait donné cet essai à finir avant le dîner et il était encore bien loin du compte. Alors Altaïr n'avait pas de temps à perdre à papoter bêtement à propos de choses qui ne l'intéressaient pas.

« Je me rends justement à une réception ce soir avec Cygnus, est-ce que tu veux venir avec nous ? Ce sera peut-être l'occasion de la voir. » sourit malicieusement Pollux.

« Cygnus est mon tuteur, c'est à lui de prendre ce genre de décision.

- Quel rabat-joie. » soupira le vieil homme. « Très bien, je vais aller le convaincre. A tout à l'heure. »

Lorsque Pollux quitta enfin la bibliothèque, Altaïr ne put empêcher un soupir de lui échapper. Les personnes avec autant d'énergie que cet homme avait tendance à l'épuiser. C'est pourquoi il s'entendait aussi bien avec des personnes comme Remus ou Lev, ils étaient calmes et leur rythme de parole était bien plus simple à suivre.

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Comme l'avait promis Pollux, Cygnus avait ordonné à Altaïr de les accompagner à la soirée organisée par les Greengrass. Cette famille était plutôt neutre et Altaïr espéra secrètement que leurs hôtes invitent les Lovegood, ou du moins la Lady et sa fille aînée. Habituellement, la plus jeune des enfants et le père fuyaient ce genre de soirée mondaine exaspérante.

Comme à son habitude, Altaïr attendit que Cygnus soit suffisamment loin de lui pour se faufiler dans un coin de la salle, près d'un des pilones soutenant le lourd plafond. Si Venus était présente, elle saurait le trouver. En attendant, Altaïr laissa traîner ses oreilles à droite et à gauche comme il le faisait toujours, bien que rien d'inbtéressant se disait autour de lui pour le moment.

A quelques reprises, Altaïr croisa le regard de Pollux qui semblait se demander pourquoi est-ce que le garçon restait dans son coin, à l'abris des regards. Cependant il n'eut pas vraiment l'occasion de le rejoindre pour discuter, pusiqu'à chaque fois qu'il faisait quelques pas dans sa direction, une nouvelle personne s'interposait pour lui parler. Le retour de Pollux au pays surprenait beaucoup de monde et tous voulaient pouvoir le questionner sur son voyage et les raisons de son retour.

Ce ne fut finalement qu'une vingtaine de minutes plus tard que la solitude d'Altaïr fut brisée, mais ce ne fut pas par Pollux. Venus Lovegood se plaça simplement à ses côtés, sautillant d'un pied à l'autre au rythme de la musique.

« Le bleur te va mieux que le rose. » murmura finalement Altaïr au bout de longues minutes de silence.

Comme la fois précédente, Venus ne comprit pas ce qu'elle dit mais lui sourit tout de même. Peut-être avait-il comprit qu'il s'agissait d'un compliement sur sa tenue qui était encore plus jolie que celle de la dernière fois. Ou bien, elle aimait simpelment l'entendre parler russe. Altaïr ne savait pas vraiment et ce n'était pas important.

« Je vais finir par apprendre le russe pour pouvoir comprendre tout ce que tu me dis.

- Je parlerai estonien alors. » répondit Altaïr sur le ton de la plaisanterie, bien que son expression ne change pas vraiment. Cygnus ne le loupperait pas s'il le prenait à sourire et se laisser aller en publique.

Comme la fois précédente, Venus monopolisa la majaurité de la conversation, mais cela ne le dérangea pas. Altaïr aimait l'écouter déblatérer aussi joyeusement sur ses vacances, sa petit-sœur et des bestioles imaginaires dont il doutait sérieusement de l'existence. Mais il ne fit aucune remarque, parce que Venus était son opposé et entendre quelqu'un s'émerveiller de choses qu'elle n'avait jamais vu et ne verrai certainement jamais le fascinait.

« Et toi ? Tu as fait quoi de tes vacances ? »

Altaïr ne sut pas vraiment que répondre. Contrairement à Lovegood, il n'avait rien fait de ses vacances si ce n'était étudier. Pas de voyage à la plage, pas de visite à la famille, pas de coupe de Quidditch et encore moins de bronzage dans le jardin. Il n'y avait que des devoirs, des livres et des parchemins à perte de vue. Au final, Pollux était la seule chose un tant soit peu intéressante qui soit intervenue dans sa vie récemment.

« Mon arrière-grand-père est revenu d'Amérique ce mois-ci. C'est plutôt bizarre de le voir traîner au manoir. »

Altaïr désigna d'un geste du menton Pollux qui se trouvait à une petite dizaine de mètres d'eux. Venus le dévisagea quelques instants avant de sourire.

« Il n'a pas beaucoup bronzé là-bas. »

Altaïr laissa un petit rire lui échapper, avant de se refermer brusquement. Si Pollux était juste là, alors Cygnus ne devait pas être loin de lui non plus.

« Tu devrais rire plus souvent, ça te va bien. »

Altaïr se retint de toute ses forces de ne pas rougir à ses mots. Venus n'avait véritablement aucun filtre. Ensemble, ils formaient un drôle de duo, l'un muet comme une tombe et l'autre déblatérant tout ce qui lui passait à l'esprit. Il ne sut que répondre à cela, alors il hocha simplement de la tête dans un geste vide de sens. Cependant Lovegood sembla satisfaite de cela et changea brusquement de sujet, revenant au collier de coquillage qu'elle avait fait avec sa petite sœur et sa mère pendant leur voyage à la plage.

« Il doit être beau.

- Je le porterai la prochaine fois, comme ça tu pourras le voir ! » lui sourit l'adolescente.

C'est alors qu'Altaïr réalisa que Venus était plus âgée que lui de deux ans et pourtant, elle pouvait par moment se comporter comme une enfant. Pourtant, il avait toujours cette impression de sagesse qui se dégeait d'elle, c'était si étrange comme sensation qu'il avait du mal à s'y faire. Ce mélange de sensation n'était pas compatible et Altaïr réalisait soudainement pourquoi Venus était si agréable à écouter, à regarder et à cotoyer. Elle était le mélange parfait de Thomas et Remus, l'innoncence et la sagesse en une seule personne. Tout ce que lui, n'avait pas. Lui n'était que pensées torturées et impulsivité. Venus était comme un Patronus dans les ténèbres, insaisissable, fragile mais pourtant captivante et rayonnante.

Mais Altaïr ne montra rien de ses pensées, il ne voulait pas montrer à Lovegood la représentation qu'il avait d'elle. En fait, il avait même terriblement honte de ses pensées, ce n'était pas sain d'idéaliser à ce point une personne qu'il, en réalité, ne connaissait à peine. Alors Altaïr poursuivit la conversation comme si ne rien n'était, baladant son regard dans la salle, partout sauf sur Venus et sa robe bleue.

Au final, il n'était pas certain que ce fut la meilleure des idées que Pollux ait eu, que de le traîner ici.

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15 août 1989

« Altaïr ! Toi putain de gamin inutile ! »

Altaïr sursauta en entendant Cygnus dévalé les escaliers menant au cachot seulement quelques minutes après que sa transformation en loup-garou se soit achevée. Habituellement, Cygnus ne venait jamais dans les sous-sol après les nuits de pleines lunes sous prétexe que « la magie du monstre empestait à des kilomètres à la ronde ». Alors le voir débouler ici en étant aussi fureux naugurait rien de bon.

« Foutu dégénéré, mais qu'est-ce qui t'as pris de dire à mon père que tu veux un contrat de mariage avec cette foutue Lovegood ? J'aurai dû t'abattre dès que t'es arrivé dans mon manoir, tu n'apportes que des problèmes ! »

Altaïr ne sut que répondre face aux accusations de Cygnus. Il n'était pas au courant de cela et n'avait pas parlé à Pollux depuis la réception, Cygnus le savait très bien. De plus, il ne voulait pas d'un contrat de mariage, il n'en voyait pas l'intérêt. Pour lui, ce genre d'arrangement n'apportait que des problèmes, les mariages d'Aquilla et James ou de Walburga et Orion n'étaient que deux exemples parmis tous les mariages foireux qu'Altaïr connaissait. Bien que sachant que cela le concernerait un jour, Altaïr ne pensait pas entendre parler de cela avant quelques années.

« Je ne savais pas, il ne m'en a pas par… »

Altaïr n'eut pas le temps de démentir son tuteur que déjà, un sortilège rouge le clouait au sol. Il savait très bien que lorsque Cygnus était dans cet état, rien ne servait de le contredire, si ce n'est pour l'énerver encore d'avantages. Alors Altaïr n'intervint plus, laissant le sorcier se défouler sur lui, comme toujours. Finalement, l'arrivée de Pollux dans leurx vies n'étaient peut-être pas une aussi bonne chose qu'il l'avait précédemment imaginé. Il ne canalisait en rien son fils, il ne faisait que l'excité d'avantages.

« Tu vas rester ici pendant une semaine, je ne veux plus te voir. Tu diras à Pollux qui t'étais chez un ami de Durmstrang, même si tu n'en as aucun. » cracha vicieusement Cygnus.

Puis, il remonta les marches menant aux étages supérieurs, claquant la porte des sous-sols derrières lui. Bientôt, il n'y eut que les ténèbres autour d'Altaïr, la seul source de lumière venant de se refermer derrière son tuteur.

Bien qu'étant habitué à cela, Altaïr ne put empêcher l'angoisse de se frayer un chemin dans son esprit. Il haïssait être enfermé ici, dans sa petite cellule miteuse, sursautant au moindre son, de peur qu'il s'agisse de Cygnus qui redescendait pour le punir une ennième fois. Altaïr se recroquevilla au fond de sa cage, enroulant ses bras autour de ses jambes et fourant son visage contre ses genoux. Son ouïe lupine analysait chaque son qui parvenait de l'étage supérieur, les pas de Cygnus qui frôlait vicieusement la porte des escaliers, les elfes qui couraient à droite et à gauche et les quinements de quelques rats qui se terraient non loin de lui.

Il avait l'impression que les murs se rapprochaient de lui, alors qu'il s'avait pertinamment qu'ils étaient toujours aussi éloignés de luil'œil. La peur qu'un elfe déboule pour le soigner contre les ordres de Cygnus, comme Betty l'avait fait, le terrifiait. L'odeur du moisi et du sang lui donnait envie de vomir. Il avait envi de hurler, comme si cela allait soulager la douleur qui le traversait de part en part, mais l'angoisse que le moindre son n'attire Cygnus le muselait comme le plus parfait des baillons.

Toutes ces choses, tous les petits changements d'ambiance autour de lui, le maintenaient éveillé. Il savait déjà que pendant la semaine qui allait suivre, il ne pourrait pas fermé l'œil. Il n'y avait qu'en s'évannouissant à cause de la douleur, les blessures et la fatigue, qu'il pourrait se reposer. Altaïr le savait et c'est pour ça, qu'il haïssait cette enfer, parce que même le repos était douloureux ici.

Altaïr voulait sortit, respirer de l'air frais et pouvoir s'étirer sans craindre de roucrir une plaie. Etrangement, il avait terriblement hâte de retourner à Durmstrang où aller dans les cachots ne signifiaient rien de plus que de brasser quelques potions.

Altaïr voulait quitter cet enfer. Il le voulait tant.

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22 août 2022

Lorsqu'Altaïr put enfin quitter son cachot, il s'empressa de se réfugier dans sa chambre, n'écoutant même pas les dernières remontrances de Cygnus. Il voulait juste se sentir en sécurité au fond de son lit, sous ses draps. Il était sale, mais pour le moment prendre une douche était la cadette de ses priorités. Altaïr voulait juste oublier l'angoisse des derniers jours et pouvoir dormir d'un sommeil profond et réparateur.

Ce ne fut qu'une fois roulé en boule sous sa couette qu'il put enfin se détendre. Cygnus ne viendrait pas le chercher ici, il ne venait jamais le chercher dans sa chambre, si ce n'est à quelques exceptions. Mais c'était suffisamment rare pour qu'Altaïr se sente en sécurité ici.

Il ne lui fallut même pas une minute pour sombrer dans les bras de Morphée.

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27 août 1989

Il avait fallut deux jours à Altaïr pour finalement quitter sa chambre. Cygnus l'avait étrangement laissé en paix pendant cette période, le laissant traînasser au fond de son lit toute la journée. Cela n'arrivait pas souvent à Altaïr, il n'aimait pas procrastiner. Mais cette fois-ci, cela lui avait fait beaucoup de bien, lui donnant l'impression que pour la première fois depuis juillet, qu'il était réellement en vacances.

Puis, au bout de deux jours, Derry était venu le chercher pour lui donner une pile de devoirs finir avant la rattraper et Altaïr faillit pleurer. Cygnus n'avait pas du tout changer, il avait simplement continué à lui donner des devoirs pendant son absence, sans se procupper que le garçon les récupérait ou non. Maintenant, Altaïr se retrouvait à devoir rattraper son retard.

Il retomba alors dans sa précédente routine, à un détail près. Altaïr ne travaillait plus à la bibliothèque, mais s'y rendait simplement le matin pour récupérer quelques livres avant de retourner s'enfermer dans sa chambre. Ici, il pouvait aussi bien éviter Cygnus, dont il redoutait une nouvelle colère, que de Pollux, qu'il n'avait vraiment pas envie de confronter à propos de cette histoire de contrat. Cependant, il imaginait que si Cygnus n'était pas revenu lui mettre une rouste, c'est que son père avait fianlement lâché le sujet.

Altaïr fut surpris de recevoir en début d'après-midi une visite de Derry. Habituellement, les elfes avaient pour ordre de ne pas l'approcher, alors c'était plutôt surprenant de le voir ici.

« Maître Cygnus veut que le jeune Monsieur Altaïr aille faire ses courses pour Dumstrang cette après-midi. Derry emmènerait le jeune Monsieur dans quinze minutes. »

Puis Derry disparut aussi vite qu'il était apparu. Altaïr se sentit soudainement bête d'avoir complètement oublié de faire ses courses de rentrées avec les derniers évènements. Sortant finalement de sa léthargie, il attrapa rapidement ses chaussures de villes, changea son t-shirt un peu trop large pour une chemise bien cintrée et enfila l'un de ses pantalons en fil d'Accromentule hors de prix. Il était un Black après tout, alors même s'il n'aimait pas cela, Cygnus achetait toujours les plus belles pièces pour son héritier, même si elle restait assez simple.

Comme promis, Derry réapparu quinze minutes plus tard dans la chambre d'Altaïr et le fit réapparaître dans l'une des ruelles adjacentes au Chemin de Traverse. Il haïssait toujours autant la sensation du transplannage, il lui fallut quelques minutes pour se calmer et reprendre quelques couleurs. Puis Altaïr sortit sa liste de fourniture de sa poche pour commencer à planifier sa sortie.

Altaïr commeença par les corvées, soit acheter un nouvelle uniforme à sa taille, puis se rendre chez l'apothicaire. Auparavant, Altaïr aimait bien se rendre chez le vieux vendeur du Chemin, mais cela lui rappelait douloureusement sa vie auprès d'Arcturus et Walburga ou avec Remus. Aujourd'hui, il était seul à parcourir les rayons et personne n'était là pour répondre à ses nombreuses questions sur les ingrédients flottant dans des bocaux à l'air lugubre.

Une fois ses courses chez l'apoticaire achevée, Altaïr se rendit à la librairie. Il doutait que Fleury Bott possède les livres dont il avait besoin. C'est pourquoi il n'hésita pas une seule seconde à sortir sa cape de son sac sans font et à l'enfiler par-dessus sa chemise, malgré la chaleur de cette journée d'été. Puis, il abattit la capuche sur son visage et pénétra dans l'Allée des Embrumes.

Aujourd'hui, il n'irait pas très loin dans celle-ci, il devait simplement se rendre dans une librairie vendant des bouquins controversés, mais en rien illégale. L'année précédente, Cygnus avait tout acheté par hibou, cela l'avait donc surpris d'être envoyé sur le Chemin de Traverse cette fois-ci. Cependant Altaïr n'allait pas s'en plaindre, il était rare que son tuteur le laisse quitter son manoir, il allait donc pleinement profiter de l'occasion.

Altaïr passa un long moment dans la librairie. Il avait déjà trouvé les livres dont il avait besoin pour son année scolaire, cependant il était bien déterliné à trouver quelques ouvrages supplémentaires pour ses lectures personnelles. Ce ne fut qu'une fois cinq livres ajoutés à sa petit pile qu'il jugea avoir suffisament de lecture pour le moment.

Pourtant au moment de quitter l'Allée des Embrumes, un drôle d'instinct mêlé à de la curiosité le poussa à rejoindre une petite ruelle non loin de là qu'il avait déjà visité quelques années plus tôt. Là, la même boutique à l'air vétuste se dressait. Elle avait l'air fermé, mais Altaïr tenta tout de même d'en pousser la porte et celle-ci s'ouvrit sans résistance.

Un homme vêtu de haillons se trouvait près du comptoir et ne tenant pas à se faire reconnaître dans un tel lieu, Altaïr décida de garder sa capuche à l'intérieur de la boutique. Comme la fois précédente, il se dirigea lentement vers le rayons des plantes et des potions.

Quatre ans auparavant, Altaïr avait acheté un échatillon de Dragoncelle et son antidote. Il en avait fourré le garde-manger du manoir une nuit. Mais hélas, Cygnus bien qu'ayant eu quelques symptômes, avait très bien surmonté la maladie. Visiblement, il n'était pas encore assez vieux pour que la maladie lui soit mortelle.

Altaïr n'avait pas dormi pendant des jours, même des semaines entières suite à son geste. Il avait déjà provoqué la mort de Cedrella et Ignatus Prewett, mais bien que provoquée par sa magie accidentelle, cela n'avait pas été entièremement volontaire. Alors empoisonné volontairement un homme l'avait secoué bien plus qu'il ne l'aurait imaginé. Cela l'avait dégoûté de lui-même, il s'était culpabilisé et haït dans un cercle infernal sans fin.

Mais cette fois-ci, il était sûr de lui. Altaïr ne voulait plus vivre un nouvel été sous les menaces de Cygnus, il refusait de subir cela encore une fois. De plus, l'arrivée de Pollux dans leur vie avait fortement fait pencher la balance en défaveur de Cygnus. Auparavant, Altaïr avait toujours eu la crainte de finir dans une famille qu'il ne connaissait ni d'Eve, ni d'Adam ou pire, finir par devoir vivre sous le toit de Narcissa Malefoy, née Black, en compagnie de ses odieux fils et mari. Après tout, il s'agissait de sa dernière famille en vie et non reniée des Black, il serait naturel qu'il soit placé chez elle.

Mais avec l'arrivée de Pollux, tout changeait. Altaïr ne doutait pas une seule seconde que l'homme l'adopte si Cygnus venait à mourir, il ressentait bien trop de culpabilité pour lui refuser cela. Il se sentait horrible d'ainsi profité du vieil homme, mais le jeune lycanthrope n'avait pas l'impression d'avoir d'autres choix. Altaïr se sentait acculé, plus que jamais et il avait décidé d'agir pour se sortir de cet enfer par lui-même.

Un petit teintement derrière lui retentit, ce qui le sortit brusquement de ses pensées. L'autre client avait fini de payer et venait de quitter la boutique, faisant sonner le petit carillon accroché au-dessus de la porte. Altaïr était désormais seul dans la boutique. Parfait. Il se sentait plus à l'aise ainsi pour poser des questions au vendeur mystérieux de la dernière fois. L'homme ne semblait pas être du genre à poser des questions gênantes ou bien à aller le dénoncer aux Aurors.

Mais en se rapprochant du comptoir pour discuter avec le vendeur, Altaïr fut surpris de tomber nez-à-nez avec une femme. Cette dernière ne lui porta cependant aucune attention et continua de trier une pile de parchemin entreposée sur le comptoir.

«Où est le vieil homme? Il travaillait ici.» demanda Altaïr étonné de ne pas le voir à la place de la femme.

Cette dernière semblait plus jeune que l'homme de ses souvenirs, elles semblaient dans la quarantaine alors que le sorcier devait certainement dépasser les soixante ans désormais. Cette femme était tout aussi étrange que le vieil homme puisqu'elle ne lui porta toujours aucune attention. Elle ne fit même pas mine de l'avoir entendu. Altaïr ne fit pas mine de vouloir partir, se contentant d'observer les mouvements de son interlocutrice.

«S'il vous plaît, pourriez-vous me dire s'il travaille encore ici? C'était il y a quatre ans environ la dernière fois que je l'ai vu.

Altaïr en avait même perdu sa politesse dans son empressement, c'était pourquoi il avait décidé de mieux reformuler sa question. Cependant ce n'était visiblement pas ce qui avait dérangé la sorcière comme il l'aurait pensé

Décidant que rester planté-là n'était pas le moins du monde productif, Altaïr décida de flâner entre les étagères et essayer de trouver un produit intéressant. Finalement, il se stoppa devant une petite bibliothèque. Il ne pouvait que lire le dos des livres, cependant certains semblaient être intéressant

«Y a-t-il des protections dessus?

- Non.» répondit elle après avoir fait quelques gestes de baguettes dans sa direction. Certainement les avait-elle abaissés pour lui permettre de les feuilleter.

Finalement, il fourra sous son bras trois ouvrages. L'un sur les créatures magiques utilisées en tant de guerre, un autre sur des sortilèges de déguisement et enfin un dernier sur quelques tactiques de jeux d'échecs. Altaïr ne lisait que rarement pour se détendre, étudiant constamment et sans relâche. Cela lui ferait du bien pour une fois de lire un livre ou deux qui ne lui servirait à rien dans le futur, si ce n'est connaître quelques anectodes intéressantes.

Altaïr s'approcha du comptoir et y déposa les trois ouvrages avant de redisparaître derrière une autre étagère. Cette fois-ci il observait divers crocs d'espèces magiques qui y étaient entreposées. Plus il regardait cette boutique et plus Altaïr avait l'impression qu'il s'agissait d'un fourre-tout. Comme si les propriétaires y empilaient leurs invendus d'autres boutiques ou bien ce qui traînaient chez eux.

Cependant la rareté de certains artéfacts lui faisaient penser que ces choses ne pourraient jamais être des invendus. Après tout, une collection complète de six crocs de Runespoor devrait se vendre pour des centaines de Gallions sur le marché. Cependant cette même collection n'était vendue qu'à trente Gallions ici. En réalité, tout ici était largement en dessous des prix du marché, même Remus pourrait venir y faire les boutiques alors que son compte en banque n'était pas des plus remplis.

Cependant Altaïr ne s'intéressa pas davantage à cette étagère. Il n'aimait pas réellement brasser des potions et ne le faisait que par devoir, il n'allait donc pas dépenser sa fortune dans de tels ingrédients. A la place, il se revint devant devant la première étagère qu'il avait observé en pénétrant la boutique. Voilà qui l'intéressait bien plus.

Absorbé par la lecture des étiquettes indiquant les caractéristiques de chaque potions ou souches, Altaïr n'entendit pas l'arrivée d'un sorcier derrière lui.

«Qui vas-tu empoisonner cette fois-ci?»

Altaïr sursauta, mais se retourna doucement. Il ne voulait pas montrer qu'il avait été en position de faiblesse seulement quelques instants plus tôt. Il n'avait pas réussi à être pris par surpris depuis plusieurs mois et cela lui semblait toujours aussi désagréable. C'était bien la seule chose qu'Altaïr aimait dans sa lycanthropie, ses sens surdéveloppés. Peut-être que sa force herculéenne était également pratique.

Il dévisagea quelques instants le sorcier qu'il cherchait depuis tant d'années et fut surpris par son apparence.

«Vous n'avez pas vieilli.»

C'était une constatation, l'homme n'avait pas changé depuis ces quatre dernières années. Il ne possédait aucune ride de plus ou une nouvelle mèche grisonnante. C'était comme s'il était figé dans le temps, bloqué à tout jamais dans la cinquantaine.

«Merci.» Ce n'était pas un compliment et ils le savaient tous les deux. «Alors?»

Altaïr le regarda étrangement quelques instants, ne comprenant pas le sens de cette question. Cependant il se souvint subitement de la première remarque de l'homme lorsqu'il lui avait adressé la parole. Alors comme ça, ce dernier s'était douté que l'échantillon n'était pas pour lui-même, mais pour une personne âgée. Altaïr haussa pensivement des épaules, il est vrai qu'à l'époque, il s'était intéressé très peu discrètement à cette maladie seulement lorsqu'il eut confirmé que cela pouvait provoquer la mort chez une personne âgée.

Cependant il ne sentait aucun jugement chez l'autre sorcier, juste une profonde curiosité. Peut-être qu'il ne semblait pas choqué par la nouvelle car l'odeur de ce sorcier suintait le sang. Bien plus encore que celle de sorciers comme Lucius ou Cygnus.

« Toujours la même. » s'amusa Altaïr. « Il semblerait que même s'il fait vieux pour son âge, il ne l'est pas encore assez pour mourir d'une petite maladie. »

Le vendeur l'observa étrangement cette fois-ci, comme s'il n'en revenait pas que le garçon face à lui avoue ses crimes si facilement. Altaïr s'avouait lui-même que ce n'était pas prudent du tout, mais son instinct lui soufflait que c'était sans risque. Or il en fallait beaucoup pour tromper l'instinct d'un lycanthrope, alors le garçon s'y fia sans peine.

« Est-ce que vous avez quelque chose qui le tuera en quelques secondes ou minutes, mais après plusieurs heures suite à l'ingestion. »

L'homme hocha de la tête. Il attrapa un petit bocal en verre et lui le fourra dans la main. Altaïr fit étrangement encore une fois confiance à cette homme et décida de la placer aux côtés des livres déjà présents sur le comptoir.

«Vous avez déjà rencontré quelqu'un comme moi n'est-ce pas? Et il avait aussi les yeux rouges?»

C'était la seule raison qu'Altaïr avait trouvé pour que le sorcier face le lien aussi rapidement avec sa lycanthropie et sa prise du philtre lunaire. Cependant, il ne se souvenait pas avoir lu dans un quelconque ouvrage que boire cette potion engendrait la teinte des iris. Peut-être que comme il ne s'agissait que d'un détail ou que les auteurs de ses ouvrages n'avaient pas rencontré d'autres loups-garous dans la même situation qu'eux, les auteurs n'avaient pas dû juger ce fait important.

«Oui, en Afrique du Sud il y a quelques temps déjà.

- Je croyais que le dernier descendant de Romulus sud-africain était mort il y a de cela trois siècles.» fronça des sourcils Altaïr.

Le vieil homme se figea dans son geste alors qu'il allait attraper un autre flacon. Certainement pour lui faire acheter également ce dernier. Visiblement, le sorcier n'avait pas prévu de se trahir et cela se voyait qu'il vivait majoritairement seul avec la sorcière qu'il devina être sa femme. Ensemble, il ne devaient pas avoir l'habitude de cacher cette étrange et très longue longévité.

«Vous êtes donc un immortel, cependant les trois moyen d'y parvenir que nous connaissons implique des yeux rouges n'est-ce pas?» s'amusa Altaïr en repensant à leur première discussion.

En effet, quatre ans plus tôt l'homme avait essayé de découvrir la source de ses yeux rouges. Il avait alors cité trois possibilités. La première étant qu'il était un vampire, la seconde un nécromancien. La dernière avait été la plus dur à trouver puisque les bibliothèques des Prewett, des Black et de Durmstrang n'y faisait pas mention. Il eut par hasard la réponse seulement quelques minutes plus tôt dans un livre entreposé sur l'étagère du magasin. Cette dernière possibilité était la création d'un Horcruxe. Du peu qu'il avait lu, Altaïr comprit qu'il s'agissait d'un rituel visant à placer un morceau de son âme dans un objet afin de s'assurer l'immortalité. Tant que l'objet était intact, le sorcier vivrait.

«Cependant, il y a une dernière solution, la plus évidente. Enchanté de faire votre connaissance, Mr et Mrs Flamel.»

Les deux sorciers se tendirent. Apparemment ils n'avaient pas envie que d'autres personnes découvre leurs présences en Angleterre. Altaïr pouvait comprendre cette envie, ayant vécu quelques années aux côtés de Thomas Potter allias le Survivant, il ne savait que trop bien à quel point il était ennuyant de fuir les journalistes et autres curieux.

« Ne vous en faites pas, je ne dirai rien. Vous en savez beaucoup sur moi, alors ça serait stupide de ma part. »

Finalement, Altaïr déposa une bourse pleine de Gallions sur le comptoir et quitta la boutique en fourrant ses articles dans son sac sans fond. Un sourire en coin ornait ses lèvres, cette fois-ci ce ne serait pas lui qui était perturbé et chamboulé à la sortie de la boutique.