27 août 1989 (même journée)

En sortant de la boutique des Flamel, Altaïr décida qu'il était temps pour lui de rentrer au manoir de Cygnus. Cependant il ne s'attendait pas à tomber sur le couple Lovegood et leurs deux filles en pénétrant dans le Chaudron Baveur. Lorsqu'elle l'apperçut, Venus se précipita vers lui, encore couverte d'un peu de suie qu'elle épousseta distraitement de la main.

Altaïr remarqua immédiatement le lourd collier de coquillages qui pendait autour de son cou. Cela l'amusa de remarquer que comme elle lui l'avait promit quelques jours plus tôt, elle le portait pour leur nouvelle rencontre. La coincidence était plutôt agréable et amusante.

« Joli collier.

- Merci ! » lui sourit Venus à pleines dents. « C'est celui que j'ai fait avec Luna et ma mère. »

Leur discussion ne put cependant pas s'éterniser, le père de Venus l'appelait un peu plus loin. Il prétextait devoir se dépêcher et qu'ils avaient déjà un peu de retard sur leur programme. Mais Altaïr n'était pas duppe, il avait parfaitement conscience que tout comme sa femme, Xenophilius Lovegood n'aimait pas savoir sa fille en compagnie d'un Black.

Cela le rassura étrangement. Avec la nouvelle lubie de Pollux de vouloir le marier à Venus, cela était plutôt bon signe de constater que Xenophilius n'était pas près de signer le moindre arrangement.

Venus renvoya une mine boudeuse à son père avant de finalement le rejoindre, faisant de grand geste de la main pour saluer Altaïr. Ce dernier s'autorisa à lui offrir un timide sourir en échange et celui de l'adolescente ne fut que plus resplendissant.

Une fois les Lovegood hors de la boutique, Altaïr reprit sa route vers les cheminée mises à disposition par la taverne. Cette journée l'avait mis de très bonne humeur.

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31 août 1989

Altaïr était en train de préparer ses affaires pour sa rentrée scolaire lorsque quelques coups furent portés à sa porte. Cela ne pouvait pas être Cygnus, il ne toquait pas, préférant défoncer sa porte en criant habituellement. Les elfes quant à eux poppait directement dans sa chambre s'ils avaient besoin de lui transmettre un message de leur maître. Il n'y avait donc plus qu'une seule possibilité, il s'agissait très certainement de Pollux.

« La porte est ouverte ! » autorisa Altaïr.

Sans surprise, ce fut son arrière-grand-père qui apparu de l'autre côté du chambranle de la porte. Ce dernier lui offrit un sourire chaleureux qui mit Altaïr particulièrement mal-à-l'aise. C'était étrange de voir une personne avec le même visage que Cygnus revêtir des expression aussi différentes des siennes.

Pollix s'avança dans sa chambre, observa sa collection de livres sur un pan de la chambre, puis s'avança jusqu'à son bureau pour s'asseoir. Altaïr l'observa du coin de l'œil tout en continuant d'empiler ses vêtements dans sa malle. Il était méfiant quant à la visite de son arrière-grand-père, c'était la première fois qu'il avait un visiteur dans sa chambre et cela lui semblait étrange, pas naturel.

« Je vois que tu es presque prêt pour le grand départ. Walburga s'y prenait toujours à la dernière minute. »

Altaïr se sentit d'autant plus méfiant lorsque Pollux parla de sa grand-mère. Il avait l'impression qu'il tentait de l'amadouer et de lui faire baisser sa garde. Altaïr ne répondit pas, laissant Pollux déblatérer sur ses vieux souvenirs. Il attendait patiemment qu'il en vienne aux faits.

Le lycanthrope eut le temps de temps de finir de préparer sa valise et Pollux ne se tut que lorsqu'il s'assit sur le dessus de celle-ci. Le vieux sorciers l'analysa quelques instants du regard avant de prendre une profonde inspiration.

« Est-ce que Cygnus t'a parlé ?

- Oui. »

Pollux fronça des sourcils, il s'entendait une réponse un peur plus développée et personnelle.

« Et qu'en penses-tu ? »

Altaïr prit le temps de réfléchir à la question avant de répondre.

« Je ne comprends pas l'intérêt d'une alliance avec les Lovegood. Leur situation est moins bonne que la notre et même si notre famille est loin d'avoir bonne réputation, je pense qu'il y a quand même plusieurs famille qui voudront se lier à la notre.

- Et si on n'oublie notre rang social, serais-tu heureux d'épouser la petite Venus Lovegood ? »

Altaïr prit un air confus, ne comprenant pas vraiment la question de Pollux et où il voulait en venir.

« Quel est l'intérêt d'un mariage arrangé s'il ne nous arrange pas ? »

Cette fois-ci, ce fut Pollux qui semblait perplexe. Cet enfant n'avait donc aucune idée de la façon dont il regardait Venus. C'était évident pour n'importe qui qu'il était intéressé par elle. Il était certes encore un peu jeune pour s'intéressé à l'amour, mais il ne le pensait pas aussi … innocent. Pollux soupira, cette conversation ne prenait vraiment pas le chemin qu'il avait voulu.

« Les mariages ne sont pas que faits pour gagner de l'argent ou se faire bien voir. Ils peuvent aussi se faire entre deux personnes s'appréciant et qui voudraient passer leurs vies ensemble.

- Est-ce que vous parler d'amour ?

- Oui, je parle d'amour. » sourit Pollux, satisfait de comprendre qu'Altaïr voyait enfin où il voulait en venir.

Cependant la réaction de l'adolescent fut loin de celle qu'il espérait. Ce dernier sera ses poings sur ses cuisses, comme si la discussion l'agaçait soudainement.

« Puis-je me montrer offensant ? »

Pollux fut surpris par la question. Cependant il hocha de la tête, un sourire au coin des lèvres. Altaïr était vraiment bien éduqué et poli. Au même âge, Walburga et Cygnus ne se gênait pas pour lui répondre effrontément et sans aucune retenue.

« Est-ce aussi pour l'amour que vous avez marier Walburga à son cousin et les forcer à entretenir une relation incestueuse ? Ou que vous avez enchaîné Druelle Rosier à Cygnus qui l'a séquestrée dans leur manoir pendant des dizaines d'années, faisant d'elle la risée des Lady britanniques ? Et surtout, que vous avez approuvé le mariage de ma mère avec Potter ? »

Pollux perdit rapidement son sourire. Altaïr n'avait pas la même vision que lui du mariage et surtout, il n'avait pas le même recul que lui sur la situation. Il avait conscience de ses erreurs passées et c'est pourquoi, Pollux voulait offrir mieux à son descendant. Mieux que ce qu'il avait imposé à ses enfants.

Mais pour Altaïr qui n'avait vécu qu'au milieu de mariage destructeur et toxique, cette notion n'avait pas le moindre sens. Il ne connaissait aucun Black qui avait été heureux de découvrir le nom de son futur conjoint. Altaïr avait accepté depuis longtemps son sort, de passer sa vie aux côtés d'une inconnue tout aussi résignée que lui. Alors entendre parler « d'amour », de « sentiments » ou de « bonheur » le dégoutait, parce qu'il savait que ce n'était pas pour lui. Il détestait Pollux de lui faire miroiter un futur que Cygnus ne lui offrirait jamais.

« Vous n'êtes pas un bon marieur, comme le prouve le passé. Alors arrêter de vous mêler de nos affaires, à Cygnus et moi ! »

Altaïr avait quitté sa malle sous le coup de la colère, se dressant comme un piquet devant Pollux, le regard froid. Ce dernier semblait avoir avalé un citron et déglutit difficilement. Le garçon avait raison. Pour le bien de la famille, il avait pris de nombreuses mauvaises décisions et même ses regrets ne pourraient pas changer cela. Cependant il n'abandonnerait pas, Pollux lui offrirait un meilleur futur, un futur différent de ceux de ses enfants.

« Dans ce cas, j'essayerai au moins de convaincre Cygnus de te laisser choisir ta futur femme. Tu seras ton propre marieur. »

Pollux offrit un sourire chaleureux à son arrière-petit-fils tout en se levant à son tour, prenant appuie sur le pied du lit. Il s'approcha de lui pour lui serrer affecteusement l'épaule. Altaïr qui n'était pas habitué à ce genre de contact se tendit avant de se dégager en reculant d'un pas. Pollux se détourna et ouvrit la porte de la chambre pour retourner à ses occupations. Cependant il fut arrêter par Altaïr.

« Est-ce que … » Altaïr se stoppa, comme s'il réalisait soudainement ce qu'il allait dire.

« Est-ce que quoi ? » l'encouragea Pollux.

« Est-ce que si Cygnus venait à mourir, vous demanderiez ma garde ? »

Pollux fronça des sourcils, comme s'il ne comprenait pas ce que venait faire cette question avec leur précédente discussion. Cependant pour Altaïr le lien était très clair. Cygnus ruinerait chaque opportunité de bonheur se présentant à lui, alors temps qu'il serait sous sa coupe, Altaïr n'aurait aucune chance de croire aux promesses de Pollux.

« Oui, bien sûr. »

Altaïr sembla murmurer quelque chose ressemblant à un « merci » et Pollux quitta finalement la chambre, plutôt confus. Altaïr quant à lui ouvrit le tiroir de sa table de nuit, attrapant délicatement une petite fiole qui se trouvait caché sous le faux fond de ce dernier.

Il observa quelques instants la poudre rose qui s'y trouvait, celle qu'il avait acheté quatre jours plus tôt chez les Flamel. Sa décision était prise, au prochaines vacances, il agirait.

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1er septembre 1989

Altaïr trouva diffilement une cabine vide dans le bateau l'emmenant à Durmstrang. Il était arrivé seulement une quinzaine de minutes avant le départ, bien qu'il était pressé d'enfin quitter le manoir. Depuis, il tentait vainement de mettre en pratique les sortilèges qu'il avait appris durant cet été. Cependant aucun signe d'amélioration dans sa technique ne pointait le bout de son nez, Altaïr se sentait naïf d'avoir pu penser qu'il aurait enfin le niveau pour lancer des glamours.

Ces sortilèges n'étaient appris qu'en septième année habituellement, mais il avait imaginé qu'avec son talent, ce ne serait pas aussi difficile que prévu. Exténué, il rangea sa baguette dans sa manche et s'affala sur sa banquette. Il n'avait pas sommeil, mais juste être allongé quelques minutes et fermer les yeux lui fit le plus grand bien.

Il n'avait pas croisé Pollux au manoir suite à sa dispute avec lui. Certainement que le vieil homme ne savait pas vraiment comment l'aborder. Enfin, ce n'était pas vraiment une dispute, puisque la conversation s'était terminé plutôt pacifiquement. Altaïr ne lui en voulait pas réellement de ne pas l'avoir concerté à propos de ce contrat de mariage. Dans un certain sens, il lui était reconnaissant. C'était bien la première fois de sa vie qu'il entendait parler d'un mariage arrangé basé sur de possibles sentiments des deux promis, plutôt que par des avantages financiers de leurs parents.

Non, ce qui contrariait Altaïr était bien plus enfantin. Il avait attendu dans le salon de Cygnus le matin même pendant trois longues heures, fixant pensivement la cheminée de ce dernier. Il ne savait pas vraiment à quoi il s'était attendu, mais au font de lui, Altaïr avait espéré que Pollux veuille l'accompagner jusqu'au quai du bâteau. Ou au moins jusqu'au Ministère pour qu'il puisse prendre son Portoloin internationnale jusqu'à Copenhague.

Pollux avait dit vouloir rattraper le temps avec lui, se faire pardonner pour avoir louppé chaque étape importante de sa vie, sa naissance et ses anniversaires. Cependant celui ne lui était apparemment pas venu à l'esprit qu'accompagné son arrière-petit-fils pour sa rentrée était l'une de ses étapes importantes.

Altaïr tenta veinement d'oublier sa déception, se convainquant que c'était de sa faute. Il n'en avait pas parlé avec Pollux, alors ce n'était pas de sa faute s'il était absent. Agacé par le cheminement de ses pensées, Altaïr attrapa un livre dans sa malle et tenta de se distraire avec un peu de lecture. Cela ne fonctionna qu'à moitier, ses yeux lisant les phrases mais son esprit se perdant dans ses pensées, l'obligeant à relire encore et encore les mêmes lignes.

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1er Septembre (le soir)

Altaïr quitta le réfectoire quelques minutes avant le reste de ses camarades. Il avait croisé à quelques reprises des regards plutôt insistant de la part de Lev ou de Viktor, cependant il se força à ne pas maintenir le contact. Il ne voulait pas devoir partager une nouvelle discussion douloureuse avec eux.

Altaïr se dirigea tranquillement vers le bâtiment des deuxièmes années. Là, il découvrit avec plaisir que la disposition des dortoirs étaient légèrement différentes de l'année précédente, puisqu'il y avait moins d'élèves. Il ne partagerait plus la pièce avec une quarantaine de personnes, mais juste avec dix autres élèves. De plus, son lit n'était plus collé à la fenêtre et cette fois-ci, ce dernier était juste à côté de la porte. Il remarque que c'était la même fille que l'année précédente qui occuperait le lit au dessus du sien.

Il se dépècha de ranger ses affaires dans son armoire avant de ranger sa malle sous son lit. Altaïr leva ensuite sa baguette en visant le cadre de son lit. Il se concentra quelques secondes avant de commencer à proncer une formule magique. Quelques secondes plus tard, des rideaux sombres apparurent autour de son lit, comme si celui-ci était à baledaquin. Le sortilège ne durait que dix heures et il devrait le renouveler tous les jours, mais cela n'était qu'un petit inconvénient face à sa nouvelle intimité gagnée.

Altaïr se dépècha de monter sur son lit, veillant à ce que ses rideaux obstruissent correctement la lumière ambiante. Il enfila rapidement son pyjama avant de se glisser sous ses draps. Il prendrait sa douche le lendemain matin.

Contrairement à l'année précédente, Altaïr s'autorisa à lancer quelques sorts de silence autour de lui. Auparavant cela l'angoissait puisque n'importe qui pourrait l'atteindre sans qu'il ne l'entende. Mais cette année, cela ne serait plus le cas, puisqu'Altaïr s'assura que personne à part lui puisse faire disparaître ou ouvrir ses rideaux.

Ce fut donc plus paisible que jamais qu'il s'endormit rapidement, bercé par le silence et la chaleur de ses draps.

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21 septembre 1989

Altaïr revenait d'une petite virée au village se situant à côté de l'école. Il n'avait évidemment aucun argent de poche de la part de Cygnus, cependant l'héritage de sa mère et de Walburga lui permettait de pouvoir faire du shopping de temps en temps. Altaïr n'aimait pas particuilèrement flanner dans les rues, au milieu des autres élèvres. Cependant cela lui faisait du bien de marcher quelques pas et de prendre l'air.

Il savait que bientôt, les premiers contrôles arriveraient et le temps de l'amusement et de la détente prendrai fin. Cygnus avait réitérer ses menaces et Altaïr ne doutait pas que si ses notes n'étaient pas parfaite, alors il reverrait bientôt son cachot tant honnis. Rien qu'en y pensant, Altaïr sentit l'angoisse monter en lui.

Altaïr avait l'impression que dès qu'il faisait le moindre progrès contre sa claustrophobie, qu'il faisait trois pas en arrière à cause de ses mauvais souvenirs et de ses cauchemars. Son dernier séjour dans les caves de Cygnus l'avait détruit bien plus qu'il ne l'avait pensé. Altaïr avait l'impression de se ramolir avec le temps et cela ne lui plaisait pas du tout.

Plongé dans ses pensées, il ne fit pas attention au groupe d'enfants qui arrivait en face de lui. Il en bouscula un qui trébucha quelques instants avant de se rétablir sur ses pieds.

« Désolé. » marmonna Altaïr avant de reprendre son chemin.

« Hé attends ! » cria l'autre adolescent.

Pensant qu'il allait l'embrouiller pour si peu, Altaïr se retourna, la mine agacé. Cependant il se détendit rapidement en recontrant le regard mal à l'aise de Lev Kaminski.

« Est-ce que tu veux venir avec nous ? On va boire une bierre-au-beurre au pub. »

Altaïr mit quelques secondes à répondre, laissant un silence gênant plâner entre eux. Il ne doutait pas que l'invitation de Lev était sincère. Mais d'un autre côté, Altaïr ne voulait pas réentreprendre de créer une amitié avec eux, si c'était pour la briser une nouvelle fois plus tard. Le lycanthrope ne savait pas si une nouvelle fois, il allait être distrait de ses études et il refusait de prendre le risque de remettre Cygnus en colère.

Alors Altaïr se détourna de Lev et reprit son chemin vers l'école sans même lui répondre, la gorge nouée. Il ne pouvait pas parlé, il avait trop peur d'accepter son offre s'il ouvrait la bouche maintenant. Que son cœur parle avant sa tête. Alors il ne lui répondit pas, le laissant en plan au milieu du chemin boueux.

« Pas grave, la prochaine fois alors ! » cria Lev derrière lui et Altaïr eut envi de pleurer.

Lev était vraiment une bonne personne, bien trop gentil pour qu'il mérite de le cotoyer.

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13 octobre 1989

Viktor Krum était installé sur un gros rocher près d'un des petit étang entourant l'école. Son regard se perdait dans les clapotis de l'eau pour parfois se poser sur une grenouille ou un poisson frolant la surface.

Depuis la rentrée, lui et Lev tentait tant bien que renouer avec Altaïr, mais cela semblait être mission impossible. Black les repoussait sans même leur accorder un regard.

Pourtant Lev et lui étaient déterminés et surtout, ils n'étaient pas près d'abandonner. Ils étaient convaincus qu'Altaïr avait ses raisons de leur avoir tourné le dos, mais que cela n'avait rien à voir avec eux personnellement. Ils voyaient ses regards sur eux pendant les repas ou lorsqu'il se croisait dans les couloirs. C'était presque comme s'il s'empêchait de les rejoindre.

Alors Lev et Viktor étaient bien déterminés à se rapprocher une nouvelle fois de lui et à comprendre les raisons de son comportement. En réalité, Viktor ne comprenait pas vraiment pour il s'obstinait autant, il n'avait pas une amitié aussi forte avec Altaïr que celle qui le liait à Lev ou à d'autres de ses camarades. Pourtant, il se sentait comme attiré par lui et Lev lui avait un jour avouer qu'il ressentait la même chose. L'Anglais avait quelque chose de fascinant, comme un casse-tête qu'on ne peut résoudre mais sur lequel on revient sans cesse se casser les dents dessus par curiosité et obstination.

C'est pourquoi Viktor se retrouvait à réfléchir depuis de longues heures à un moyen de pousser Altaïr à leur parler. Il savait pertinemment que de leur duo, c'était Lev le cerveau et lui n'était que le comique. Pourtant il voulait que cette fois-ci, son aide soit utile.

Le son de pas dans l'herbe derrière lui le fit se retourner. Il découvrit avec surpris qu'il s'agissait d'Altaïr qui marchait vers la forêt. Pourtant il allait bientôt faire nuit et Viktor savait à quel point les bois pouvaient être dangereux lorsque le soleil se couchait. Il y avait de nombreuses espèces magiques qui vivaient là et qui n'attendaient qu'un enfant perdu pour s'amuser ou le dévorer.

En Viktor n'en savait rien, mais c'est ce que les plus vieux disaient. Peut-être n'était-ce que des histoires pour leur faire peur, mais le jeune Bulgare ne tenait pas à s'en assurer. Il préférait, comme tout le monde, rester loin de la forêt lugubre.

Hésitant à partir à la poursuite d'Altaïr, le garçon décida finalement de détaller en direction de son dortoir afin de demander conseil à Lev sur la bonne voix à suivre. Complètement essouflé par sa course, Viktor attrapa son ami par le bras, le tirant de ses devoirs et sans faire attention à ses protestations, l'entraîna dans la direction approximative qu'Altaïr avait prise.

Ce ne fut qu'une fois à l'aurée du bois que Viktor lâcha son ami, prenant appuie sur ses genoux tout en essayant de reprendre son souffle.

« Mais bordel, qu'est-ce que c'est que ça ? » s'énerva Lev.

« J'ai vu Altaïr aller dans la forêt. » réussit à marmonner Viktor entre deux inspirations sacadées. « Je ne savais pas si je devais le suivre ou pas. Est-ce que tu penses qu'il est en danger ? »

Lev sembla réfléchir sérieusement à la question. Son regard inquiet se posa sur les derniers rayons de soleil qui disparaissaient au loin. Il comprenait les inquiétudes de son ami, la forêt n'avait rien de rassurant une fois la nuit tombée.

« On devrait prévenir un professeur, le couvre-feu ne va pas tarder.

- Mais s'il ne risque rien, alors Altaïr va nous en vouloir de lui attirer des problèmes. Il n'a pas le droit d'entrer dans la forêt. » protesta Viktor.

« Tu n'as pas tort. »

Lev soupira profondément. Il n'avait pas du tout envie de pénétrer dans la forêt, cependant il était inquiet pour Altaïr. Il avait peur de découvrir le lendemain que l'Anglais avait été blessé alors qu'ils n'étaient pas allés l'aider.

« Il n'avait vraiment pas l'air bien, c'était comme s'il était sur le point de tomber dans les pommes. » souffla finalement Viktor en se remémorant la mine cadavérique de son ami et ses cernes plus profondes que jamais.

« Ok, alors on y va ! »

Lev et Viktor prirent une profonde inspiration, se tournèrent vers les bois et avancèrent de quelques pas, essayant de trouver des traces de pas. Heureusement, Viktar avait plutôt bien repéré la direction qu'Altaïr avait prise et la terre humide et meuble de la forêt leur permirent rapidement de retrouver sa trace.

Il ne leur fallut que quelques minutes pour arriver à une petite clairière où la pleine lune éclairait doucement les environs. C'est alors que Viktor repéra un objet brillant à quelques pas d'eux. Ils s'en approchèrent et découvrir avec surprise qu'il s'agissait de la montrer d'Altaïr, posée sur ses vêtements au côté de sa baguette.

« Punaise mais c'est quoi ce délire ? Il fait un rituel satanique ou quoi ? » s'exclama Viktor, complètement perdu.

Mais avant même que les deux garçons puissent débattre de la signification de cette drôle de découverte, un hurlement résonna au loin. Enfin bien moins loin qu'ils ne l'auraient aimé.

« Je croyais que c'était une blague quand les grands ont dit qu'il y a des loups-garous dans la forêt. » pâlit brusquement Viktor. « Tu penses qu'il s'est fait mangé par un loup ? »

Lev ne lui répondit pas immédiatement. Contrairement à son ami, il avait assemblé toutes les pièces du puzzle et venait de réaliser la situation. Tout prenait sens, les nombreuses escapades hors des dortoirs d'Altaïr, ses changements d'humeur tous les mois et surtout, le fait qu'il est enlevé ses vêtements en plein milieu de la forêt.

« Idiot, c'est lui le loup-garou. » paniqua Lev. « Vite, on se barre ! »

Viktor obéit dans la seconde et les deux étudiants détalèrent comme des lapins en direction de l'école, suivant maladroitement le chemin qu'ils avaient pris à l'allée. Ils trébuchèrent à quelques reprises, Lev tomba même mais ils n'y firent pas attention. Ils devaient quitter la forêt le plus rapidement possible. Le soleil venait à peine de se coucher, alors le loup n'avait pas dû s'éloigner très loin de ses affaires.

Comme s'il suffisait d'y penser pour l'attirer, un grognement résonna derrière eux. Viktor laissa un cuinement très peu digne lui échapper, mais Lev n'était pas d'humeur à se moquer, étant lui-même sur le point de fondre en larmes. Et soudain le loup bondit devant eux, salivant et grognant.

Lev croisa avec terreur le regard carmin de la bête. Il réalisa alors que quelques mois plus tôt, lorsqu'Altaïr avait des lueurs rougeoyantes dans son regard après s'être battu, c'était que sa magie lupine lui avait échappé. Se fustigeant de penser à cela maintenant, Lev se reconcentra bien vite sur la situation actuelle. Son regard n'avait pas quitter celui du loup qui se rapprochait à petit pas d'eux.

Le loup eut ensuite un comportement étrange, se détournant d'eux, avant de grogner. Sa tête se balançait de droite à gauche, comme s'il essayait de se convaincre lui même de ne pas les attaquer. Comme si quelqu'un à l'intérieur de sa tête, essayait de le raisonner.

« Altaïr ? » osa demander Lev après une longue hésitation.

En réponse, le loup gémit fortement, plaquant une patte sur son museau, écorchant sa chair. Puis il se redressa, ses poils hérissés s'adoucir et ses oreilles, alors menaçante, se redressèrent. Le loup se tourna une nouvelle fois vers eux et les deux enfants déglutirent. Ce dernier se rapprocha doucement d'eux, mais sa démarche n'était étrangement plus aggrésive, mais simplement calme.

Le loup-garou passa derrière eux et poussa d'un coup de patte Viktor en avant. D'abbord effrayé à l'idée de se faire dépeusser par le dos, ne sachanat même pas si c'était possible, le garçon se tendit comme un piquet en fermer les yeux, anticipant avec peur. Cependant un nouveau coup de patte lui fit comprendre que le loup ne voulant pas le blesser, mais le poussait avec le dos de sa patte.

Alors Viktor avança de quelques pas aux côtés de Lev, le loup les suivant quelques mètres derrière eux. Ce ne fut qu'une fois l'aurée des bois atteinte que le loup se stoppa. Lev se tourna alors vers lui et fut surpris de constater que le regard de la bête smeblait affreusement humain à cet instant.

« Merci Altaïr. » murmura Lev.

Le loup hocha sèchement de la tête avant de redisparaître dans la noirceur de la forêt. Lev en était certain. Altaïr avait réussi à remplacer le loup par il ne saaiat quelle magie. C'était incroyable.

Toujours sous le choc des derniers évènements, les deux Bulgares rejoignitrent machinalement leurs dortoirs. Se changèrent et s'llongèrent dans leurs lits sans même avoir réellement conscience de ce qu'ils faisaient. Ils venaient d'échapper à une mort certaine, avait assister à une guerre mentale entre un humain et son loup-garou et s'était fait raccompagner par ce dernier pour leur sécurité. Cette nuit-là, ni Lev et ni Viktor ne trouvèrent le sommeil.

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14 octobre 1989

Le lendemain matin, les deux Bulgares n'eurent pas besoin d'échanger la moindre parole pour comprendre qu'aucun d'eux n'avait réussi à dormir. Leurs cernes et leurs mines fatiguées parlaient d'elles-mêmes.

La journée se passa tranquillement, comme si la veille n'avait été qu'un rêve. Leurs camarades chahutaient autour d'eux, les classes se passèrent calmement, le repas était tout aussi bon qu'à l'accoutumée et personne ne leur demanda pourquoi ils étaient rentrés aussi tard la veille. Oui, si Lev n'avait pas vu Viktor et si Viktor n'avait pas vu Lev, alors ils auraient pu croire à un simple rêve… ou plutôt à un cauchemar.

Cette année, Lev n'était plus dans la même classe qu'Altaïr, ses notes aux examens finaux l'année passée n'avaient pas été assez bons. Au déjeuner non plus, les deux amis ne le virent pas. De même au dîner. C'était comme si Altaïr avait disparu de l'école. Mais Lev n'était pas duppe, il avait parfaitement conscience que cela ne signifiait qu'une chose, leur ami les évitait.

Ils avaient cherché partout, le dortoit d'Altaïr, la salle commune, les salles de bains, la bibliothèque, près des étangs, l'infirmerie, dans une salle de cours abandonnée. Mais aucune trace d'Altaïr, il savait définitivement bien se cacher. Au final, il ne restait plus qu'un seul endroit où se rendre, la salle de cours de Georgiev.

L'homme était à nouveau le professeur de potion d'Altaïr, bien que n'étant plus son professeur principal. Cependant Lev savait que l'Anglais passait beaucoup de temps dans sa salle de classe pour essayer d'améliorer ses capacités en potions. Lev trouvait cela futile, tout le monde avait une matière faible et ne comprenait pas l'entêtement de son ami à vouloir absolument réussir dans celle-ci. Mais il n'était pas prêt de lui le dire en face.

Viktor et lui toquèrent à la porte du potionniste et ne fut pas surpris de ne recevoir aucune réponse. Il était déjà 20h et la plupart des résidents de Durmstrang étaient encore au réfectoire. Tous sauf eux et Altaïr, visiblement.

Résignés, les deux amis se décidèrent à retourner au refectoire, espérant qu'Altaïr s'y soit rendu après leur départ. Ce fut avec surprise qu'ils tombèrent nez-à-nez avec lui alors qu'ils remontaient les escaliers vers le rez-de-chaussée. Cependant, bien qu'ils soient juste en face de lui, Altaïr ne semblait pas les voir.

Ils se repprochèrent doucement de lui et réalisèrent alors qu'Altaïr fixait le vide devant lui, marmonnant sans fin quelques mots intelligibles. Lev tenta de lui secouer l'épaule pour attirer son attention, mais le lycanthrope se dégagea brusquement de sa prise, chutant presque dans les escaliers.

« Pas les cachots ! Pas les cachots ! » s'exclama Altaïr avant de continuer à marmoner ses mots entre ses lèvres pincées, encore et encore.

Lev échangea un regard avec Viktor, visiblement son ami pensait comme lui, Altaïr était en pleine crise de panique. Ne sachant pas vraiment quoi faire, Lev espéra quelques instants que Viktor ait une idée. Cependant ce dernier lui renvoya son air perdu, ne l'aidant pas du tout.

« Altaïr, est-ce que tu m'entends ? » Aucune réponse. « C'est Lev et Viktor, tu nous reconnais ? » Toujours aucune réponse. « On va remonter, on va allé prendre l'air, tu viens avec nous ? »

Altaïr sembla l'entendre cette fois-ci, hochant de la tête, mais ne quittant pas du regard les escaliers descendant vers les sous-sols du château. Viktor tenta une nouvelle fois un contact physique, mais cette fois-ci bien plus doucement que Lev quelques instants plus tôt. Il glissa délicatement ses doigts dans la paume d'Altaïr, se frayant un chemin à travers ses poings crispés.

Altaïr le laissa faire, comme s'il ne sentait pas le toucher de Viktor sur lui. Doucement, Viktor le tira pour le détourner des sous-sols et l'entraîner vers les étages supérieurs. Altaïr le suivit quelque pas avant de brusquement retirer sa prise de sa main. Il semblait voir repris ses esprits et les fixaient maintenant avec incompréhension, comme s'il ne comprenait pas ce qu'il venait de se passer.

« On t'a croisé avec Lev en revenant des salles de potions, tu semblais faire une crise de panique. Ou quelque chose dans ce genre. » expliqua Viktor.

« Je sais, je me souviens. »

Viktor ne sembla pas savoir quoi dire maintenant qu'il était en face de lui. Ils l'avaient cherché toute la journée pour lui parler et maintenant qu'ils le pouvaient, aucun d'eux ne le faisaient. Finalement, ce fut Altaïr qui prit les devants et repris sa marche.

« Je vais à la bibliothèque, vous venez avec moi ?

- Bien sûr ! » s'exclama Viktor, lui emboîtant déjà le pas.

Ils traversèrent les couloirs en silence, Altaïr à cause de son mutisme habitel et les deux autres par peur de faire une gaffe et de se le mettre à dos. Ce ne fut qu'une fois assis à une table et qu'Altaïr eut sorti ses affaires que Lev osa briser le silence.

« Est-ce que tu … enfin est-ce que … »

Visiblement il ne savait pas comment aborder le sujet et le ricannement moqueur de Viktor ne l'aidait en rien.

« Est-ce que je suis un loup-garou ? » Lev hocha de la tête. « Oui.

- Depuis quand ?

- Depuis mes cinq ans.

- Comment est-ce que c'est arrivé ?

- A ton avis ? J'ai été mordu. »

Visiblement, Altaïr ne voulait pas aborder le sujet de sa transformation. Lev pouvait le comprendre, ça ne devait pas être un bon souvenir. Un nouveau silence s'installa, Altaïr ne leur portant pas la moindre attention, prenant des notes tout en lisant un livre quelconque. Cela lui rappelait amèrement une conversation qu'ils avaient eu l'année passée, une conversation qui avait signé la fin de leur amitié. Lev espérait que cette fois-ci, ce serait pour un débuter une nouvelle.

« Est-ce que tu veux parler de tout à l'heure, dans les escaliers ? »

Altaïr marqua une pause dans sa prise de notes, semblant analyser la question. Puis, il reprit son activité.

« Je suis claustrophobe et j'ai la phobie des endroits sombres. »

Les deux Bulgares comprenaient pourquoi est-ce que leur ami avait eu une crise de panique alors que cette fois-ci, il n'était pas sur un balai.

« Ça t'arrives souvent ? Enfin, je veux dire qu'on a toujours potions dans les cachots, alors est-ce que tu as souvent des crises en y allant ?

- Une fois sur trois, je pense. »

Viktor hoqueta d'horreur. Il n'avait pas imaginé que cela puisse arriver si souvent. Ça expliquait pourquoi Altaïr allait toujours en avance en cours, s'il devait à chaque fois surmonter cette épreuve. Surtout qu'il ne devait pas vouloir croiser quelqu'un à ce moment-là, l'obligeant à toujours s'y prendre à l'avance. Cela devait être un enfer, surtout que Lev n'était plus dans sa classe pour l'accompagner et certainement le détendre. Après tout, ce n'était jamais arrivée lorsqu'ils étaient ensemble.

« Pourquoi est-ce que tu as peur des sous-sols ? »

Viktor se prit un coup de pied de la part de Lev, il était beaucoup trop insistant et intrusif. Il allait encore faire fuir Altaïr avec son interrogatoire. Ils n'étaient pas là pour ça. Le lycanthrope quant à lui cessa d'écrire sur son parchemin pour clouer du regard Krum. Cela mit le Bulgare particulièrement mal-à-l'aise, mais le laissa l'analyser pendant de longues et lourdes secondes.

« Avanat d'arriver à Durmstrang, je passais les pleines lunes dans un cachots. Les loups-garous détestent être enfermés et finissent généralement par se blesser, soit en se griffant eux-même, soit en tentant de s'enfuir par tous les moyens. Les blessures, après la transformation, ne disparaissent pas. »

Viktor déglutit sous le poids du regard de l'Anglais. Il semblait comme hanté par ses souvenirs et pourtant, il avait l'impression que ce n'était pas là toute la vérité. Cependant il ne se montrerait pas plus curieux, Viktor comprenait qu'il venait d'atteindre les limites d'Altaïr et ne pousserait pas plus.

« C'est pour ça que t'as un pansement ? »

Altaïr hocha de la tête en passant distraitement une main sur son visage. La veille, son loup avait griffé son museau et désormais, une légère entaille barrait l'arrête de son nez et s'étendait jusqu'à sa pomette droite.

« Est-ce qu'elle va disparaître ?

- Non, c'est une blessure magique. » Altaïr haussa des épaules, indifférents.

« Tu n'es pas triste ? »

Altaïr nia de la tête, l'air pensif.

« Je connais un lycanthrope qui s'est défiguré pendant une pleine lune. Alors je suis plutôt chanceux de n'avoir que cette petite égratinure. »

En repensant à Remus et son virage barré par de profondes cicatrices, Altaïr eut un pincement au cœur. S'il avait lui aussi eut accès au filtre lunaire dans son enfance, alors peut-être que son loup n'aurait pas essayé de se blesser ainsi. Altaïr n'aimait pas vivre dans le passé et dans des « et si », mais lorsque cela concernait sa famille, il ne pouvait s'en empêcher.

Altaïr sortit finalement de ses pensées et se reconcentra sur ses camarades. Ces derniers étaient tout aussi pensifs que lui, certainement essayaient-ils d'assimiler les dernières nouvelles. Lev fronça des sourcils et se frotta le menton d'un air frustré, comme s'il ne comprenait pas quelque chose.

« Qu'y a-t-il Lev ? »

En entendant son prénom, ce dernier sortit soudainement de ses pensées. Il donna toute son attention à Altaïr et ouvrit la bouche avant de la refermer. C'était comme s'il n'osait pas poser sa question à voix haute.

« Vas-y, pose ta question.

- Hier, tu as contrôlé le loup. C'était comme si tu avais pris sa place.

- Est-ce que vous connaissez le filtre lunaire ? » Les deux Bulgare firent signe que non. « Tous les lycanthropes connaissent ce filtre. Il y a pas mal de conditions à réunir pour pouvoir le prendre et il se trouve que par hasard, je les ai réunis. Cygnus m'a fait boire ce filtre. Il apaise en quelque sorte le loup, le rend plus docile, il obéit à quelques ordres et je ressens moins les effets de la pleine lune. C'était la condition pour que je puisse être scolarisé, ne plus être un danger pour les autres. Ou tout du moins, moins qu'avant. Et bien que ce n'est pas impossible, c'est assez rare de réussir à complètement remplacer le loup pendant une pleine lune. »

Lev et Altaïr continuèrent de parler un moment des effets du filtre et autres, Viktor quant à lui s'ennuya bien vite de leur discussion. A la place, il sortit lui aussi ses devoirs et les entama. Quelques minutes plus tard, Lev le copia et Altaïr retourna à ses livres et parchemins illisibles.

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Altaïr se souvenait maintenant pourquoi est-ce qu'il s'était refusé à reprendre son amitié avec Lev et Viktor pendant si longtemps. Les deux Bulgares étaient définitivement hyperactif, s'ennuyant d'un rien et constament en train de jouer ou de parler. Ils étaient bruyants et le distrayaient sans cesse de ses études parce qu'Altaïr, lui-aussi, préférait faire une partie de bataille explosive que d'étudier un quelconque théorème d'arithmancie.

Altaïr n'était qu'un adolescent et cotoyer ses deux amis lui le rappelait continuellement. Au final, il se retrouvait à grignoter de plus en plus de temps sur ses heures de sommeil afin de pouvoir travailler correctement une fois les deux autres au lit. Il savait qu'il ne pourrait pas continuer ainsi longtemps et pourtant, Altaïr repoussait de plus en plus ses limites. Il voulait juste profiter un peu plus de la joie de vivre communicative des deux Bulgares.