22 novembre 1989 (même journée)

Après avoir déposé Altaïr à l'infirmerie, Georgiev rejoignit son directeur et ami dans son bureau. Là, il découvrit Igor, une bouteille de vodka à la main et un verre dans la secondes. Sans un mot, il s'installa face à lui et invoqua un second verre pour lui. Karkaroff le servit généreusement.

« Je vais mourir d'un ulsère avant même d'avoir l'âge de prendre ma retraite. » soupira le directeur, ce qui fit sourire son ami.

« Sacré numéro, ce Black. »

Karkaroff rigola franchement cette fois, libérant tout le stress de la journée. Les deux amis discutèrent de tout et de rien pendant de longues heures, cherchant à oublier les derniers évènements. Mais au final, ils en revenaient toujours au même stade: Altaïr Black.

« Quand il est rentré dans la pièce et qu'il a vu Cygnus, il était complètement figé. Cet enfoiré le terrifit. » grogna Georgiev entre deux gorgées.

Karkaroff soupira, son ami radottait.

« Je te l'ai déjà dit cent fois. Si le gamin ne parle pas, nous ne pouvons rien faire.

- Je sais ! » s'énerva Anton. « Je sais, mais ça n'empêche que c'est frustrant. »

Un long silence s'installa entre eux. Finalement, Georgiev décida qu'il était suffisament tard et qu'il avait assez bu comme ça pour rejoindre ses appartements. Mais avant de quitter le bureau, il se tourna une dernière fois vers son ami, une lueur déterminée dans le regard.

« Je le ferai parler et alors, on pourra l'aider. »

Puis, il claqua la porte derrière lui. Désormais seul, Karkaroff fixa son regard embrumé d'alcool sur les dernières gouttes tournant dans son verre. Il les avala rapidement, une grimace déformant son visage avant de soupirer profondément.

« Mais oui, mais oui. » marmonna-t-il. « Comme si quelqu'un pouvait faire parler un Black. »

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23 novembre 1989

Lorsqu'Altaïr se réveilla, Lev était déjà en train de prendre son petit-déjeuner à côté de lui. Lorsqu'il remarqua que son ami était lui aussi levé, Lev lui fit signe de s'asseoir en face de lui sur son lit et de manger sur son plateau. Le Bulgare n'avait pas beaucoup d'appétit le matin et l'infirmière n'avait pas eu la main morte sur le contenu de son plateau. Altaïr accepta donc.

Il s'insatalla en face de Lev et attrapa une clémentine qu'il commença à éplucher. Le début du repas se fit dans le silence le plus complet, aucun ne sachant comment débuter la conversation. Lev remarqua alors le bandage autour de la main de son ami et se mordit la lèvre en se souvenant que c'était de sa faute.

« C'est bon, c'est déjà presque totalement refermé. » le rassura Altaïr en voyant où il regardait.

« Alors ? Comment ça s'est passé avec Karkaroff ? » osa finalement demandé Lev.

- Bien, je suppose. »

Altaïr posa enfin son regard sur son ami qui avait cessé de manger pour le regarder. Il était visiblement anxieux, certainement imaginait-il qu'Altaïr allait être renvoyé et faire ses valises après ce repas.

« J'ai reçu un blâme. C'est mon deuxième, je vais être renvoyé une semaine c'est tout.

- C'est super ! »

Cependant, Lev perdit rapidement son sourire lorsqu'il vit qu'Altaïr ne semblait pas aussi enjoué que lui.

« Romanov et sa bande ont eu la même sentance.

- Je suppose que son père a dû faire pression sur Karkaroff. » haussa des épaules Lev.

Un long silence s'installa entre eux, comme si Altaïr n'osait pas ajouter quelque chose. Lev l'encouragea et après un long soupire, il osa enfin avouer.

« Ce n'est pas Romanoff père qui a fait pression, c'est Cygnus. Karkaroff voulait les dénoncer et qu'ils aient un procès. Mais Cygnus a juste, il … Je suis désolé, Lev. »

Kaminski eut un peu de mal à prendre la nouvelle. Il n'en voulait pas à son ami, bien au contraire. Mais savoir que pour une fois Romanoff aurait dû faire face à ses actions et que cela n'avait pas eu lieu, c'était difficile à accepter. Surtout que savoir que cet adolescent était présent à l'école, cela le dégoutait.

« C'est pas grave. » soupira Lev.

« Je suis vraiment désolé. C'est Cygnus qui n'en a fait qu'à sa tête. S'il n'avait pas été là, je n'aurai pas contesté le choix de Karkaroff. »

Lev but un peu de jus de citrouille avant de repndre la parole, cherchant ses mots.

« Altaïr, c'est vraiment bon. Je suis content que tu ne sois pas renvoyé à cause de tout ça. La situation me va. »

Altaïr et Lev n'eurent pas le temps de discuter plus longtemps. Georgiev entra dans l'infirmerie et demanda à Altaïr de le suivre. Ils passèrent au dortoir du garçon pour qu'il puisse récupérer quelques affaires avant de se rendre au bureau de Karkaroff. Là, Altaïr emprunta la cheminée du directeur comme convenu la veille pour rejoindre l'Angleterre.

A peine Altaïr sortit de la cheminée du manoir de Cygnus, qu'un sortilège le percuta avec force. Altaïr s'effondra sur le sol, hurlant de douleur alors que son sac s'échouait plus loin. Lorsque le sort cessa, il se redressa sur ses genoux, à bout de souffle. Cygnus l'empoigna par ses cheveux et l'entraîna à sa suite, ne serrant que plus sa prise lorsque l'adolescent trébuchait ou tombait.

Il ouvrit la porte menant au sous-sol et jeta son pupille dans les marches. Altaïr tenta de se rattraper au mur, mais sa prise glissa sur une pierre et il chuta au bas des marches, tentant veinement d'amortir sa chute. Son poignet craqua, un son qui ne le rassura pas. Une douleur atroce traversa tout son bras et un nouveau crit lui échappa. Cygnus lui donna un coup de pied dans le haut du dos, l'exortant de se relever.

« Que t'ais-je dis à propos des amis ? »

Altaïr resta au sol, aggripant sa main douloureuse en gémissant.

« Réponds-moi !

- Qu'il sont source de problèmes. » souffla-t-il difficilement.

« Mais encore ?

- Ils sont inutiles. Ils me rendent faible. »

Cygnus ricana, jubilent de voir le garçon si pathétique et apeuré de ce qu'il allait l'attendre.

« Si tu le sais, pourquoi m'obliges-tu à faire ça ? On n'en serait pas là, si tu m'avais écouté. Doloris ! »

Altaïr cria, son corps se tordant dans d'étranges positions. Lui aussi se posait la même question. Il n'aurait pas dû désobéir, se concentrer sur ses études et ne pas agir stupidement. Il aurait dû lancer un Stupefix à Romanov et alors, Cygnus n'aurait eu aucune raison de corrompre Karkaroff. Non, avant toute chose, Altaïr n'aurait pas dû renouer avec ses amis, parce qu'ils étaient sources de mécontentement pour cet enfoiré qui lui servait de tuteur.

Pourtant, il ne regrettait rien. Son instinct l'avait poussé vers les deux Bulgares et Altaïr écoutait toujours son instinct. Il avait toujours raison, son loup était bon pour cerner les gens te les situations. Alors Altaïr ne le trahirait plus en s'éloignant de Lev et Viktor ou en supportant des situations comme celles que Romanov lui avait fait subir.

Altaïr perdit connaissance peut de temps après cela. Lorsqu'il revint à lui, la cave était plongée dans l'obscurité, affreusement silencieuse et surtout, Cygnus n'était plus là. Il se retourna difficilement sur le dos et leva son bras gauche à hauteur d'yeux. Cependant Altaïr ne voyait rien dans ces conditions et ne pouvait donc pas évaluer l'état de sa main.

Il ne savait même plus s'il sentait encore la douleur de son poignet ou s'il l'imaginait. Peut-être qu'il n'était pas vraiment cassé, mais qu'étant persuadé de cela, Altaïr en ressentait une douleur fantôme.

Altaïr rit. Longtemps et fort. Cygnus l'avait complètement détruit de l'intérieur si bien que osn esprit divaguait sans aucune logique. Bien sûr que son poignet était cassé, sinon il n'aurait pas mal. Il avait si mal. Au poignet. Au dos. Au crâne. Partout. Alors Altaïr pleura. Il pleura plus fort qu'il ne riait quelques secondes plus tôt, il pleura à s'en déchirer les cordes vocales et à assécher son corps.

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Angleterre

Thomas ne quitta pas sa chambre pendant plusieurs jours après sa découverte. Il refusait de parler à son père, ses elfes ou même à sa maîtresse. Il voulait juste être seul. Non, pas vraiment seul, il voulait retrouver Harry. Si c'était Harry, alors Thomas ouvrirait cette porte avec joie et lui sotterait dans les bras. Mais il savait que c'était impossible, Harry ne viendrait pas.

Ce ne fut que quatre longs jours plus tard, qu'il autorisa enfin quelqu'un à le rejoindre. Il s'agissait de Remus. Parce que ce dernier avait été surpris que Thomas ne se souvienne plus de Harry, c'était le signe qu'il n'était pas au courant des machinations de James. Alors Thomas s'assit entre les jambes de son oncle et fourra son visage contre son pull, il grattait un peu, mais ce n'était pas important à cet instant.

Et alors, il lui raconta tout: James qui lui retire ses souvenirs, lui qui rentre dans la chambre interdite, sa maîtresse qui lui explique ce qu'est un souvenir, lui qui ouvre toutes les fioles qu'il avait trouvé, tous les souvenirs qui lui sont revenus et la profonde douleur qui l'avait traversé en retrouvant la mémoire, mais aussi toutes la joie de redécouvrir qu'il avait un frère.

Remus ne sut quoi répondre à cet enfant trahit par son propre père. Jamais il n'avait suspecté quelque chose d'aussi horrible et ne comprenait vraiment plus son meilleur ami depuis quelques années. James devenait de plus en plus incompréhensible dans ses agissements et surtout, il devenait de plus en plus secret. Dix ans plus tôt, il serait venu voir le lycanthrope pour recevoir quelques conseils. Mais désormais, il agissait dans le dos de tout le monde et se renfermait sur lui-même.

« Je suis désolé Remus. »

Remus tourna un visage troublé vers l'enfant.

« Désolé pour quoi, Tom ?

- Je t'ai dit des choses horribles ce jour-là. Et aussi à Harry, je vous ai triaté comme des monstres, c'est affreux. »

Thomas éclata en sanglot contre le torse de son oncle. Remus attrapa délicatement son visage entre ses deux grandes paumes câleuse et essuya ses larmes de ses pouces. Il offrit au garçon un sourire chaleureux, lui signifiant qu'il ne lui en voulait plus depuis longtemps.

« Ce n'est plus important, aujourd'hui. Tu as grandi et beaucoup changé, Tom. Tu es devenu un grand garçon, très gentil et ouvert d'esprit. Tu n'as rien fait de mal, compris ? »

Thomas hocha lentement de la tête, bien qu'il était clairement visible dans son regard qu'il ne le pensait pas. Il s'en coulait toujours terriblement et cela, certainement pour le restant de sa vie.

« Je ne veux pas que Papa sache. Je … je veux retrouver Harry et … et m'excuser pour ne pas l'avoir reconnu. »

Remus sembla surpris d'apprendre qu'ils s'étaient revus depuis la mort de Walburga. James n'aurait pas laissé faire cela, surtout s'il s'était donné tant de peine pour effacer la mémoire de son fils. D'un autre côté, cela avait pu se passer dans les quelques évènements mondains où il se rendait avec Thomas, bien que cela soit très rare. Remus pouvait compter sur les doigts d'une main ce genre d'évènement.

« Bien, je ne lui dirai rien. » rassura-t-il Thomas.

Cependant Remus savait qu'un jour, il confronterait James à propos de toutes ses erreurs et lui les ferrait payer.

« Que dirais-tu de lui écrire une lettre, dans un premier temps ? »

Thomas se redressa vivement, tout surexcité. Il était déjà sur le point de courir vers son bureau, mais Remus le retint.

« Mais avant ça, tu vas me faire le plaisir de prendre un bain et de manger un bon repas. » gronda-t-il gentiment, les mains sur les hanches.

Bien que rouspétant, Thomas suivit ses ordres. Il devait être en forme pour écrire joliment et sans faute. Il avait hâte de retrouver son frère.

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29 novembre 1989

Lorsque Pollux appris la nouvelle, il se rendit immédiatement chez son fils. Ce dernier lui avait confié un elfe afin d'aider Kreattur à retaper le 12 Square Grimmaurd. Il y avait vécu toute sa vie avant de partir en Colombie et Pollux souhaitait s'y réinstaller, maintenant que Walburga ne l'habitait plus. Le jeune Derry était un bon elfe, toujours plein de bonne volonté malgré ses maladresses.

Le petit elfe venait tous les après-midi, après avoir terminé ses tâches au manoir de Cygnus. C'est en l'interrogeant sur le comportement étrange de son fils depuis quelques jours que Pollux appris la nouvelle. Altaïr avait été exclu pendant une semaine de Durmstrang à propos d'une bagarre, il repartirait le lendemain.

Voulant rendre visite à son arrière-petit-fils, Pollux décida de se rendre au manoir de son fils dès le lendemain. Là, il interrompit Cygnus dans son petit-déjeuner. Il avait toujours été un lève-tard. Pollux s'installa en face de lui et commanda un thé aux elfes.

« Que puis-je pour toi, père ?

- J'ai appris qu'Altaïr est à la maison. »

Cygnus grogna. Visiblement il n'était pas ravi du comportement du garçon. C'était compréhensible, Pollux n'ont plus ne l'était pas.

« Il est dans sa chambre et puni, pas de visite. »

Pollux fronça des sourcils. Il n'aimait pas la façon dont son fils lui parlait, même s'il était lui aussi un adulte dans la force de l'âge, désormais. Il posa sa tasse dans sa coupelle, et dévisagea Cygnus qui continuait de lire son journal comme s'il n'était pas là.

« Je veux lui dire bonjour. Je me demande s'il a aimé mon cadeau d'anniversaire, il n'a pas répondu à ma lettre. »

Cygnus quitta enfin son journal des yeux, le regardant avec surprise.

« Tu lui as offert un cadeau ?

- Oui bien sûr. » répondit Pollux, plutôt confu. « Une montre, j'ai remarqué que la sienne était abîmée et n'est pas vraiment à sa taille. »

Cygnus ricanna avant de reprendre sa lecture.

« Elle doit déjà être à la poubelle. J'ai déjà essayé de lui la faire changer, c'est indigne des Black que de porter cette camelote. Mais il se trimballe avec cette montre à son poignet depuis des années. » Cygnus fit une pause. « Elle appartenait à Orion, Walburga la laissé la prendre dans notre coffre. »

Pollux grimaça, il semblerait que son présent n'était pas de bon goût si Altaïr tenait tant à cette vieille montre.

« Je vais aller m'excuser dans ce cas. »

Pollux se leva pour se diriger vers les escaliers.

« Il ne t'ouvrira pas, il boude. Il ne veut parler qu'à ces stupides elfes de maison. » grogna Cygnus, définitivement bon acteur lorsqu'on sait que ledit garçon se trouvait enfermé sous-eux.

Pollux soupira, comprenant que cela ne servait visiblement à rien de vouloir persister à voire le garçon.

« Je veux le voir ce soir à la réception de Narcissa. Tire-le par la peau du cou s'il le faut, mais je veux le voir. S'il n'y ait pas, je viendrai le chercher moi-même. »

Cygnus lui grogna un vague « oui » et Pollux quitta finalement le manoir. Les flammes de la cheminée n'eurent même pas le temps de s'éteindre que Cygnus se précipitait déjà dans les escaliers menant aux sous-sols. Il se stoppa devant la cellule d'Altaïr, il n'en avait même pas fermé la porte, le garçon ne pouvait pas marché.

« Putain ! » cria-t-il et l'enfant se crispa à peine en l'entendant.

Il ne serait jamais présentable d'ici ce soir, il devait absolument trouver quelqu'un pour le soigner. Cependant Cygnus ne savait pas qui contacter. Il était déjà 11h et le bal commencerai dans huit heures, ses elfes n'avaient pas les compétences suffisantes pour le soigner aussi rapidement. Ils ne savaient que soigner les petites plaies et distribuer des potions. Si inutiles.

Cygnus remonta dans son salon en trombe et réfléchissant à toute vitesse. C'est alors qu'il faisait les cents pas entre son salon et le haut des escaliers qu'une idée lui traversa l'esprit. Sa fille, Narcissa, avait fait quelques années de médecines avant d'épouser Lucius et était soigneuse dans le camp des Mangemorts. De plus, il savait qu'elle ne le dénoncerait pas, elle ne l'avait jamais fait pour ses propres sœurs et ne commencerait certainement pas pour ce vaurien.

Aussitôt dit, aussitôt fait, Cygnus appela sa fille par cheminette et bien que rétissante, celle-ci apparut quelques minutes plus tard dans son salon. Elle avait une réception à organiser et n'avait pas de temps à perdre avec un « malade » que son père n'avait qu'à envoyer à Ste-Mangouste.

Narcissa fut cependant inquiète lorsque son père la guida vers les cachots. C'est là qu'elle découvrit avec horreur son lointain cousin, en sang et recouvert d'équimauses. Dans des gestes précipités, elle s'agenouit à ses côtés, prit son pouls et lança quelques sorts de diagnostique. Cependant, elle rangea bien vite sa baguette lorsqu'Altaïr tenta de bouger pour s'en éloigner lorsqu'il l'aperçut de son œil gauche.

« Il faut qu'on le sorte d'ici.

- T'as entendu le vaurien, bouge ton cul ! »

Narcissa lança un regard noir à son père avant de lui ordonner de quitter la pièce. Elle voulut lancer un sortilège de lévitation sur le garçon, mais ce dernier l'en empêcha en levant un bras pour écarter sa baguette.

« Je peux marcher. »

Sa voix était rauque d'avoir trop crié et son bras avait une inquiétante teinte sombre, en plus d'avoir doublé de volume à son poignet. Narcissa lui proposa sa main pour l'aider, Altaïr la refusa et préféra s'appuyer sur le mur à sa droite, son autre bras pendant mollement le long de son corps.

Difficilement, Altaïr parvint à se maintenir et bien que chancelant, il avança de quelques pas. Il lui fallut d'autant plus d'effort pour monter les marches menant au rez-de-chaussée et il faillit baisser les bras en appercevant ceux accédant au premier étage. Cependant Altaïr n'abandonna pas et sous le regard impressioné de Narcissa, il réussit à atteindre sa chambre seul.

Là, Narcissa le fit se coucher sur son lit. Elle lui retira par magie ses vêtements, le laissant en boxer sur ses draps. La sorcière songea distraitement qu'il faudrait ensuite les changer avant de reprendre soudainement ses esprits, elle devait soigner ce garçon. Narcissa lança sorts de soin sur sorts de soin, elle n'avait pas de potion ou de baume sur elle et avant d'aller en chercher dans son propre manoir, elle voulait tout de même soulager un peu la douleur du garçon.

Lorsqu'elle revint de son manoir, une lourde valise de médecin au bras, elle ne fut pas surprise de voir Altaïr dormir. Ou bien s'était-il évanoui, elle ne savait pas vraiment. Narcissa passa plusieurs heures au chevet de son cousin. De temps en temps, un elfe apparaissait à ses côtés pour des renseignements sur les préparatifs de sa réception. Plus rarement, il s'agissement d'un jeune elfe Cygnus qui venait demandé des nouvelles sur l'état d'Altaïr. Narcissa trouva l'attachement de ce jeune elfe pour le sorcier très touchant et lui répondait à chaque fois avec le plus d'optimisme possible.

Ce ne fut que six longues heures plus tard, que Narcissa put enfin s'adosser à sa chaise et soupirer de soulagement. Altaïr avait repris conscience depuis une bonne heure maintenant et attendait avec patience qu'elle termine de le soigner. Le plus lentement possible, il se leva et rejoignit sa salle de bain, certainement pour se laver.

« Merci. » chuchota-t-il en passant la porte.

Narcissa sourit. Son mari lui avait raconté son altercation avec le garçon quelques années plus tôt. Il avait assisté avec horreur aux maltraitances de ce garçon et à la fin de ses soins, Altaïr l'avait remercier de la même manière. Un merci de politesse qu'il murmurait des bouts des lèvres et qui écorchait sa fierté. Il n'avait pas changé.

En attendant son retour, Narcissa rangea la pièce. Elle remballa dans son sac ses fioles vides, ses baumes et ses herbes médicinales. Puis, elle fit disparaître les serviettes et les compresses sales.

« Derry ! » appela-t-elle de sa voix douce. « Pourrais-tu changer les draps ? »

Comprenant que les soins de son jeune maître étaient finis et qu'il arrivait à prendre un bain seul, Derry obéit avec joie, un grand sourire aux lèvres.

Altaïr réapparut une quinzaine de minutes plus tard, une serviette autour des hanches. Narcissa le fit se rasseoir sur son lit désormais propre. Elle passa un baume sur ses dernières plaies, refit ses bandages et vérifia que son poignet gauche était bien resté sec pendans son bain, comme elle l'avait préconnisé au garçon.

Narcissa lui expliqua qu'il pourrait bouger correctement son poignet d'ici une ou deux semaines et son épaule dans quelques jours voire heures s'il était chanceux. Puis, elle lui confia plusieurs potions, lui expliquant leurs effets et leurs posologies. Une fois certaine qu'Altaïr avait bien tout assimilé, Narcissa quitta finalement la chambre.

Elle fut surprise de découvrir Cygnus de l'autre côté de la porte. Ce dernier avait dû être prévenu de la fin des soins par l'un de ses elfes. Narcissa lui jeta un regard noir, mais n'osa pas lui faire de remarque. Elle ne le connaissait que trop bien, ce n'était pas le bon moment pour lui prendre la tête.

« Il a besoin de sommeil. » osa-t-elle tout de même conseiller avant de fuire.

Sa réception débuterait moins d'une heure plus tard et elle devait vérifier que ses elfes avaient bien suivi ses ordres pour les préparatifs.

Cygnus poussa la porte de la chambre et grimaça en voyant l'état du garçon alors torse-nu, il n'avait eu le temps que d'enfiler un bas de pyjama. L'état d'Altaïr faisait pitié. Il était couvert de bandage, sa main gauche était dans une écharpe, un longue balafre barrait son œil gauche et un gros bandage la recouvrait, de grosses cernes creusaient ses joues et plusieurs bleus parcouraient son corps.

« On part dans quarante minutes, soit prêt. »

Altaïr ne posa pas de question et acquiesça, comme Cygnus lui avait appris à le faire. Il attendit le départ de l'adulte pour appeler Derry et lui poser des questions, tout en retirant son bas de pyjama pour enfiler des vêtements plus présentables.

« Derry, où est-ce qu'on va ?

- Maîtresse Narcissa organise une réception, Maître Cygnus Monsieur et Maître Pollux ont été invités. Maître Pollux a demandé à vous y voir. »

Altaïr se tourna avec surprise vers l'elfe.

« Pollux sait que je suis ici ? »

L'elfe hocha vivement de la tête.

« Maître Cygnus Monsieur a dit à Maître Pollux que vous ne vouliez voir personne et Maître Pollux est reparti. Mais Maître Pollux a dit que vous devrez être présent ce soir à la réception. »

Altaïr comprit soudainement pourquoi est-ce que Cygnus avait demandé à Narcissa de le soigner et non à un elfe de le barder de glamours avant de le renvoyer à Durmstrang, comme à son habitude. Non, Altaïr devait être présentable et non boiteux ou souffrant en société et encore plus devant Pollux, le père de Cygnus qui le rendait étrangement docile.

Mais avant de se préparer, Altaïr se dirigea vers sa table de nuit. Il en ouvrit le premier tiroir, souleva le faux-fond et attrapa délicatement la petite fiole qui s'y trouvait. La garçon l'observa longuement, la faisant glisser entre ses doigts alors que la poudre rose à l'intérieur voletait doucement.

Il avait acheté cette fiole au couple de Flamel pendant l'été dans le but d'empoisonner Cygnus. Cependant, il y avait tout un monde entre se procurer l'arme du crime et passer à l'acte. Altaïr resta un long moment, accroupit devant sa table de chevet, à hésiter. N'ayant que peu de temps devant lui, il se convainquit qu'emporter la fiole avec lui ne voulait rien dire. Peut-être que l'occasion de glisser cela dans le verre de Cygnus ne se présenterait pas. Oui, prendre la fiole ne voulait rien dire.

Alors il la glissa dans la poche de son pantalon, prit une profonde inspiration et continua lentement à se préparer. Si lentement que Derry dut le faire transplaner dans le salon lorsqu'il ne s'y présenta toujours pas à 19h05. En le voyant, Cygnus grimaça, Altaïr n'avait aucun glamour sur lui. Cependant apposer ce genre de sortilèges prenait du temps, beaucoup de temps. C'était d'autant plus le cas pour des zones aussi visibles et détaillées que le visage. Ils n'avaient plus le temps pour ça.

Cygnus grogna et poussa son pupille vers la cheminée en lui tendant le pot de poudre verte.

« S'ils demandent, tu t'es battus et c'est pour ça que tu as été renvoyé et que tu es dans cet état. Maintenant pars. »

Altaïr hocha de la tête, lança une poignée de poudre à ses pieds et cria sa destination. Cela lui arracha une quinte de toux, sa gorge encore sensible. Heureusement, sa prononciation avait tout de même été correcte et il attérit sans problème dans le hall du manoir Malefoy. Lorsqu'elle l'apperçut, Naricissa fronça des sourcils. Altaïr avait beosin de repos et sommeil, pas d'une fête ennuyeuse.

Cygnus et lui furent rapidement rejoins par Pollux qui les salua avec une expression froide. C'était bien loin de son comportement au manoir de Cygnus quelques semaines plus tôt et Altaïr comprit rapidement qu'il ne s'agissait que d'un masque. Ils étaient des Black, ils n'avaient pas d'émotions et ainsi réuni, le visage fermé, la socitété sorcière devait facilement y croire.

« Altaïr, pourrais-tu nous chercher un verre à Cygnus et moi ? »

Altaïr hocha de la tête, bien trop heureux de fuire l'ambiance aupressante qui régnait entre les deux hommes. Il dut traverser toute la salle pour atteindre les buffets. Là, il attrapa deux coupes de champagne, mais tourna bien rapidement dans la direction opposée à celle des deux autres Black.

Altaïr passa une petite porte sur le côté de la salle de réception, elle était habituellement utilisée par les elfes, c'était bien trop dangereux de transplaner dans une pièce aussi bondée. Derrière celle-ci, Altaïr posa les deux coupes parterre et s'accroupit devant. Il tira de sa poche la petite fiole qu'il avait acheté quelques mois plus tôt chez les Flamel et en versant le contenu dans le verre de droite.

La poudre rose se dissolva rapidement dans le champagne, aucune différence entre les deux verres n'étaient visibles. Altaïr laissa un grand sourire étirer ses lèvres avant de le perdre tout aussi rapidement. Etirer ses joues tirait sur sa blessure à l'œil et lui faisait mal. Il fit disparaître la fiole d'un coup de baguette, effaçant ainsi toute trace de son méfait.

Altaïr quitta discrètement sa cachette et s'assurant que personne ne l'ait vu, il se faufila rapidement dans la foule. Lorsqu'il rejoignit à nouveau Pollux et Cygnus, ils étaient accompagner de quelques autres convives, écoutant avec un faux intérêt l'un d'eux déblatérer.

Altaïr tendit le verre de gauche à Pollux avant de se tourner vers Cygnus de lui confier le second. Sans même se méfier, il en but une longue goulée, félicitant Lucius pour la qualité de son champagne. Altaïr laissa un sourire lui échapper lorsque Cygnus termina bien rapidement son verre sans que le poison ne soit sentit. Flamel lui avait visiblement fourni un produit de bonne qualité.

Lorsque les autres membres du groupe l'apperçurent, les questions fusèrent bien vite quant à la raison de son état physique et de sa présence ici. Après tout, il était censé être à Durmstrang. Cependant, ni Cygnus, ni Pollux n'eut le temps de répondre qu'Altaïr le faisait à leur place.

« J'ai coupé sa bite à un violeur et ses amis n'ont pas apprécié. »

Un lourd silence s'abbatit sur le groupe. Altaïr en profita pour s'excuser et rejoindre l'un des coins de la pièce, comme il en avait l'habitude. De son point d'observation, Altaïr se délecta de la vision d'un Cygnus acceptant les verres que plusieurs personnes lui tendaient. Bien, il ne serait pas le seul suspect, d'autant plus que bon nombre de personne, si ce n'est tout le monde ici présent, n'aimaient pas l'homme.

Personne ne chercherait réellement à connaître le responsable et même si c'était le cas, Altaïr n'avait pas peur des conséquences. Il était trop jeune pour Azkaban, mais pour être celui qui achevrait Cygnus, il était prêt à y finir sa vie. Altaïr n'avait peur de rien, il était serrein.

Altaïr attendit longtemps, très longtemps que le poison face effet. Si bien qu'il crut que les Flames l'avait roulé et lui avait vendu de la camelotte. Mais ce n'était pas le cas, loin de là.

Peu après minuit, alors que les quelques convives étaient sur le départ, un hurlement recouvrit le bruit des discussions, de la musique et des rires. Un silence de plomb tomba sur la salle alors qu'un homme s'effondrait, continuant de crier et se mettant à convulser sur le sol.

Plusieurs personnes s'approchèrent du malheureux, tandis que Pollux Black criait à Narcissa d'appeler Ste-Mangouste et les Aurors. Altaïr s'approcha également de l'attroupement, comme s'il se souciait de l'homme criant de douleur. Lorsqu'il apperçut, bavant et pleurant, Altaïr ne put empêcher un sourire satisfait d'étirer ses lèvres.

C'est à cet instant que son regrd croisa celui de Cygnus qui peinait à garder conscience. Altaïr artucula disctictement un « Bon voyage, connard. » et bien qu'aucun son ne quitta sa bouche, il sut que Cygnus comprit au vu de l'écarquillement de ses yeux.

Altaïr masqua le sourire qui étirait douloureusement ses joues en le cachant derrière sa main, prenant ainsi une expression horrifié. Puis, il fut tiré en arrière par une Narcissa concerné et inquiète. Lucius quant à lui faisait évacué les convives au même moment où les secours arrivaient.

Mais c'était trop tard, Cygnus avait cessé de gémir et gesticulé. Il était mort. Et alors Altaïr laissa échapper une larme, une unique larme de soulagement. Son enfer avait enfin prit fin ce soir et cela, grâce à lui et uniquement lui. Il était étrangement fier de ses agissements, d'avoir tuer un homme de sang froid, son propre sang. Altaïr se sentait libre qu'il pourrait en mourir.

Et tout cela, un autre homme dans la salle le vit. Pollux se détournait de ce qui était désormais le cadavre de son fils, lorsqu'il apperçut Narcissa serrer dans ses bras Altaïr. Le garçon était tendu dans ses bras, tout comme il l'avait été dans sa propre étreinte quatre mois plus tôt. Le visage du garçon dépassait de l'épaule de Narcissa et c'est alors que Pollux le vit, son regard.

Le garçon n'était pas traumatisé ou apeuré, non, bien au contraire. Il semblait soulagé, presque euphorique. Son sourire en coin n'en était qu'un indice de plus et alors Pollux sut, Cygnus avait été assassiné par son propre pupille.