26 décembre, fin de la soirée

En quittant le bal, Lev obtint l'autorisation de ses parents de dormir chez Viktor, à leur plus grande joie. Une heure plus tard, ils étaient douchés, changés et allongés dans le grand lit de Krum. Les deux garçons fixaient le plafond, tous deux repensant à la même chose, leur discussion avec Nott.

Le garçon les avait accosté dès qu'Altaïr s'était éloigné, les rendant suspicieux à son sujet. Ils avaient eu raison. A peine Nott s'était-il présenté que déjà, il demandait des renseignements aux deux bulgares.

« Vous êtes son ami ? »

Ils avaient hoché de la tête.

« Alors il vous en a peut-être parlé, c'est lui qui l'a fait ?

- Fait quoi ? » demanda Viktor, perplexe.

« Ben Cygnus, le poison, tout ça. »

Lev prit alors les devants, empêchant son ami de faire comprendre à l'Anglais qu'ils ne comprenaient absolument rien à ce qu'il disait.

« Ce serait stupide de nous le dire et on le serait encore plus en te disant quoi que ce soit. » haussa-t-il des épaules.

Lev se savait mauvais menteur, mais son bluff sembla convaincre Nott.

« Pourquoi est-ce que tu penses qu'il l'a fait ? » poursuivit-il comme si ne rien était, cherchant discrètement des indices pour comprendre le sujet de cette conversation.

« Ce n'est pas évident ? » soupira rhétoriquement Nott. « Même si tout le monde voulait voir Cygnus dans la tombe, il est le seul à avoir le motif nécessaire. Et puis, ça ne serait pas la première fois. »

Lev comprenait petit à petit les accusations de Nott. Il pensait qu'Altaïr avait assassiné son ancien tuteur, certainement avec un poison d'après le début de leur conversation. Cependant ce qui inquiétait réellement Lev, c'est que visiblement, il y avait déjà une première fois à ce genre d'accusation.

C'est alors que Viktor interrompit leur conversation. Cela lui valut un regard noir de Lev, il allait tout faire foirer et faire comprendre à Nott qu'en réalité, ils en savaient encore moins que lui.

« Quel motif ?

- Ben tout le monde sait que Cygnus le frappait. » fronça-t-il des sourcils.

Nott commençait à se douter qu'il était celui en train de se faire tirer les verres du nez et non l'inverse. Alors Lev décida de reprendre les choses en mains, faisant comme si lui savait tout, mais pas Viktor.

« Ecoute, si tu veux on peut en parler plus loin. Mais Altaïr ne parle pas de ça avec tout le monde, alors … » laissa-t-il sa phrase en suspens, faisant un signe de menton vers Viktor.

Nott allait accepter son offre, mais se détourna subitement d'eux pour rejoindre son groupe d'amis un peu plus loin. Confus face à ce comportement, Lev se retourna pour voir ce qui l'avait fait fuir et découvrit sans réelle surprise Altaïr et Venus. Le lycanthrope lançait des éclairs avec ses yeux aux autres anglais, alors que Venus pendait d'un air guilleret à son bras.

Lev décida alors de faire comme si ne rien était, préférant penser à toutes ses découvertes à tête reposée plutôt qu'à chaud ici. Viktor, bien que passant les dix prochaines minutes à insulter cet « anglais péteux qui racontaient de la merde sur le dos des autres » en bulagre, sembla se joindre à son avis et ne parla pas non plus de cette étrange conversation à leur ami.

C'est ainsi qu'il se retrouvait maintenant à fixer le plafond de la chambre de Viktor, ne sachant toujours pas quoi penser de tout cela.

« Tu penses qu'il l'a fait ? » osa finalement demander Viktor.

« J'en sais rien.

- On doit lui en parler ?

- Sais pas.

- Ou alors on attend qu'il nous en parle de lui même ?

- Aucune idée. »

Viktor s'énerva, se relevant soudainement sur ses coudes pour le dévisager.

« Pourquoi tu ne sais rien ?

- Et toi alors, pourquoi tu poses ses questions ?

- Parce que je ne connais pas les réponses, idiots !

- T'as vu, toi non plus tu ne sais rien, débile ! »

Viktor et Lev et se dévisagèrent quelques instants en chiens de faïence avant de finalement soupirer en cœur. Ils se laissèrent tomber sur le lit, retournant à la contemplation du plafond.

« Franchement, » commença Lev. « Je pense que oui, il en est capable. Altaïr n'agit jamais sans motif, mais t'as bien vu que parfois, il est juste incontrôlable. Et… »

Lev sembla hésiter à ajouter quelque chose, comme s'il se rendait soudainement compte qu'il allait déballer un gros secret.

« Et ? »

Lev mâchouilla sa lèvre, hésitant à répondre. Il lui fallut bien cinq longues minutes avant de reprendre la parole, si bien que Viktor crut qu'il s'était endormi au plein milieu de sa phrase.

« Et il m'a dit qu'un jour, il a essayé de se suicider. C'est pour ça qu'il a peur du vide. Et puis, il était enfermé dans un cachot pendant les pleines lunes et Cygnus l'a baffé devant tout le monde pour ses mauvaises notes alors qu'il est le premier de la promos, il est revenu de sa semaine d'exclusion avec plus de blessures qu'en partant. Et même, il faut pas être un génie pour comprendre qu'Altaïr avait peur de lui et que c'est pour ça qu'il voulait autant avoir de bonnes notes ! » craqua finalement Lev.

Viktor lui avoua à son tour qu'il était d'accord avec ses suppositions, ajoutant même quelques détails.

« Une fois, son t-shirt s'est soulevé quand on jouait au Quidditch. J'ai vu son dos, il … » Viktor prit une profonde inspiration, n'arrivant pas à formuler ce qu'il avait vu ce jour-là. « Il était couvert de cicatrices. »

A nouveau, le silence s'installa entre eux.

« C'est décidé, on lui en parlera. Mais promets-moi que peu importe ce qu'il dira, tu resteras son ami.

- C'est promis. Et si toi tu lui tournes le dos, je te pète les genoux.

- C'est promis. Celui qui trahit cet accord aura ses deux genoux pétés. »

Les deux garçons se serrèrent le petit doigt.

xxxxxxx

27 décembre 1989, le lendemain

Altaïr rejoignit le salon à dix heures tapantes comme convenu la veille. Il découvrit une note sur la table basse indiquant qu'il était déjà parti et qu'Altaïr n'avait qu'à le rejoindre lorsqu'il se sentirait prêt. Intrigué, l'adolescent attrapa la lettre posée à côté de la note.

Altaïr la déchira et ses jambes le lâchèrent, lorsqu'il comprit de qui venait la missive. A genoux devant la cheminée et les larmes aux yeux, il débuta sa lecture.

« Salut Harry,

Je pense que tu dois être surpris de recevoir une lettre de ma part. Il s'est passé beaucoup de choses depuis la dernière fois qu'on s'est vu, au bal de Neville.

J'ai eu beaucoup de mal à écrire cette lettre, ça fait des semaines que je l'écris pour tout jeter et recommencer. Je ne sais pas non plus vraiment ce que je dois te dire ou non.

Ton papy a envoyé une lettre à Remus et on a décidé que si je n'arrivais pas à t'écrire ce que je pense, alors ça serait plus simple que je te dise tout ça de vive voix.

Alors si ça te dit, tu pourrais venir chez Remus aujourd'hui.

Joyeux Noël,

Tommy.

PS: Remus me dit de te dire qu'il a fait installer une arrivée de cheminette chez lui, alors tu peux venir en disant juste « chez Remus Lupin». »

Altaïr relut une bonne dizaine de fois la lettre que son petit-frère lui avait écrit, retenant tant bien que mal ses larmes de couler. Il ne voulait pas avoir les yeux rouges pour leur rencontre. Les jambes tremblantes, il se dirigea vers la cheminée, attrapa un peu de poudre verte et comme indiqué dans la lettre, il cria « chez Remus Lupin ».

Lorsqu'il sortit de la cheminée, Altaïr découvrit le salon de Remus où il avait passé tant de temps à jouer sur la table basse ou à regarder la télévision sur le vieux canapé. Remus n'avait presque rien changé à la décoration, si ce n'était pour l'âtre de cheminée dans un coin de la pièce. C'était la première fois qu'Altaïr voyait une âtre sans raccordement, la magie était plutôt surprenante par moment.

Puis, son regard se posa sur le petit garçon qui venait de pénétrer dans le salon en entendant du bruit. Juste derrière lui se tenaient Pollux et Remus, mais Altaïr ne fit pas attention à eux. Il ne les voyait pas, toute son attention étant focalisée sur Thomas.

Le garçon s'approcha timidement de son grand-frère, il ne ressemblait plus aux souvenirs qu'il avait de lui. Mais Thomas n'en était pas non plus étonné, ça faisait plus de cinq ans qu'ils ne s'étaient pas vus. Harry resta immobile, ce qui inquiéta quelque peu Potter.

Thomas s'approcha de lui à petits pas, se grattant nerveusement la nuque sous ce regard persistant.

« Hum, salut Harry. » rigola-t-il d'un air gêné.

Et alors, Harry sembla reprendre vie. Il avança rapidement vers son petit-frère, tomba à genoux devant lui et l'attrapa dans ses bras dans une étreinte puissante. Si forte que Thomas expulsa toute l'air de ses poumons. Mais il ne dit rien, parce que Harry venait d'éclater en sanglots, le visage caché dans son pull de Noël.

C'était la première fois que Thomas le voyait pleurer, même pour son départ du manoir Potter cinq ans plus tôt, Harry n'avait pas craqué. Alors il entoura les épaules de son frère de ses bras, le serrant un peu plus contre lui, tentant lui aussi de ne pas fondre en larmes. Harry n'avait jamais eu l'air aussi vulnérable et Thomas voulait que pour une fois, ce soit lui qui soit fort pour lui.

Cette journée-là, Harry fondit en larmes plus de fois qu'il ne l'avait jamais fait. Mais aussi le seul jour où il ne porta aucun masque, riant pleinement, souriant à s'en faire mal au joues et parlant avec toute la joie qu'il ressentait. Ce fut certainement le plus beau jour de sa vie, le plus merveilleux des cadeaux de Noël qu'il n'eut jamais reçu et la seule fois où il s'autorisa à vivre aussi ouvertement.

Ce soir-là, avant d'aller au lit, ce ne fut pas Pollux qui engagea le contact avec son arrière-petit-fils. Harry se serra rapidement contre lui, torse contre torse, n'étant pas encore près à prendre un adulte dans ses bras.

« Merci. » murmura-t-il avant de décamper vers sa chambre, laissant Pollux derrière lui, un grand sourire aux lèvres.

Ce cadeau était définitivement mieux qu'une montre.

xxxxxxx

7 janvier 1990

Les cours avaient repris depuis un peu moins d'une semaine, mais Altaïr passait déjà la plupart de son temps à la bibliothèque ou dans son dortoir à réviser. Lev et Viktor ne l'accompagnaient que lorsqu'ils avaient des devoirs à rendre ou un contrôle qui approchait.

Altaïr connaissant très bien l'emploi du temps de ses amis, il fut donc surpris lorsque Lev Kaminski s'assit en face de lui sur son lit plutôt que de suivre Viktor au village pour leur sortie mensuelle. Pourtant, le Bulgare ne fit pas signe de vouloir commencer à travailler, n'ayant même pas apporté son sac de cours avec lui. Visiblement, il avait besoin de discuter avec un ami et non avec un professeur particulier cette fois-ci.

Altaïr posa donc sa plume, bouchonna son flacon d'encre et écarta ses livres et parchemins. Il fit apparaître des rideaux autour de son lit et les insonorisa. Lev le remercia pour ses précautions, se triturant nerveusement les doigts. Cette discussion avait l'air d'être très importante pour lui, mais aussi difficile à aborder.

« De quoi veux-tu parler ? » l'encouragea Altaïr.

Lev prit une profonde inspiration, se jetant finalement à l'eau.

« Romanov et sa bande, tu savais depuis le début qu'il ne voulait pas « juste » me frapper, n'est-ce pas ? »

Altaïr grimaça, il ne s'attendait pas à ça. Ça faisait plus d'un mois que les événements avaient eu lieu et comme Kaminski n'avait toujours pas abordé le sujet, Altaïr avait simplement pensé qu'il ne voulait plus en parler.

Altaïr hocha de la tête, confirmant l'hypothèse de son ami.

« Et c'est tout ? Tu n'as rien à me dire ? Comme des excuses ? » explosa Lev. « Pourquoi tu m'as empêché d'en parler à un prof quand Viktor et moi on est venu te parler de lui ? Ça t'amusait de me voir dire que je m'en fichais de me faire tabasser, que j'avais pas peur d'eux ?

- Non. Bien sûr que non. » l'interrompit sèchement Altaïr.

Lev lui lança un regard trahit, visiblement déçu qu'il ne prenne pas la peine de développer plus ses pensées, encore une fois.

« Ça ne m'amusait pas, comment est–ce que je pourrai juste rire de ça ? C'est impossible, tu es mon ami Lev.

- C'est la première fois que tu le dis. » réalisa le Bulgare. Altaïr fronça des sourcils d'incompréhension, alors il poursuivit. « D'habitude, dès qu'on dit le mot ami, tu lèves un sourcil, comme si tu n'y croyais pas vraiment. C'est la première fois que tu le dis toi-même. »

Altaïr se frotta la nuque, gêné. Il n'avait pas eu conscience d'agir ainsi. Ce n'était pas étonnant que Lev doute de ses intentions dans ces conditions.

« Si j'obéissais aussi sagement à Romanov, c'est parce que je ne voulais vraiment pas qu'il t'arrive quelque chose. Et par rapport aux profs, si je ne voulais pas que vous alliez les voir, c'est parce que je l'avais déjà fait.

- Pardon ? » s'exclama Lev, indigné.

« Je suis allé voir trois professeurs dès que Romanov à commencer à me faire du chantage, deux des siens et un des miens. Ils m'ont tous dit que je ne devais pas faire circuler de mauvaises rumeurs sur un camarade. Mais mon professeur principal à rajouter que même si ces rumeurs étaient vraies, il ne pourrait rien faire ou il risquerait de perdre son poste et d'avoir de gros problèmes.

- Mais Georgiev, lui il ne t'aurait pas mis à la porte. » bégaya Lev, toujours sous le choc des révélations.

« Oui, certainement. Mais ça n'aurait rien changé, Mr Romanov aurait fait jouer ses relations pour le faire taire et son fils se serait rapidement vengé. Je ne voulais juste pas t'inquiéter. Désolé. »

Lev eut un peu de mal à digérer les nouvelles. Apprendre que tout ce foutoir aurait pu être évité si les professeurs avaient simplement fait leur travail, c'était très dur à supporter.

« C'est bon, merci d'avoir essayé de faire ce qui te semblait être la bonne chose à faire. Mais la prochaine fois, préviens moi, je préfèrerai être au courant. »

Altaïr hocha de la tête. Promettant de ne plus lui faire de cachotterie si cela le concernait directement.

xxxxxxx

25 février 1990

Altaïr prenait son petit-déjeuner en compagnie de ses deux amis lorsqu'un petit hibou brun se posa sur son épaule. Il lui donna quelques bouts de bacon avant de décrocher la lettre à sa patte. Il la fourra dans sa poche, Altaïr la lira plus tard, lorsqu'il sera seul.

Depuis les vacances de Noël, il recevait la visite du hibou de Remus une fois par semaine. Thomas ne pouvant pas utiliser celui de son père, ne voulant pas qu'il soupçonne que son fils ait retrouvé ses souvenirs à propos d'Altaïr. Thomas n'était pas bête, il avait parfaitement conscience que si James ne voulait pas qu'il se souvienne de lui, alors il ne l'autoriserait pas à avoir une relation épistolaire avec lui.

Cette nouvelle routine n'avait pas échappé à ses amis. Habituellement, il ne recevait aucun courrier, alors ce soudain afflux de lettres était plutôt étrange.

« La personne avec qui tu parles, c'est qui ? » osa finalement demandé Viktor, bien trop curieux à ce sujet et sachant pertinemment que le Black n'aborderait pas le sujet par lui-même.

« Mon frère. »

Les deux Bulgares en lâchèrent presque leurs couverts. Altaïr n'avait encore jamais parlé de ce fameux frère, il était bien trop secret à leurs goûts. Altaïr comprenait leur désarroi. Il n'avait jamais éclaircit sa situation familiale auprès d'eux, pas même que son père n'était en réalité pas décédé pendant la guerre.

« Vous vous souvenez, en première année, j'ai dit que mon père était décédé. J'ai menti pour faire taire les rumeurs sur le fait que je serai un Sang-mêlé.

- Alors ton frère est un Moldu ? » demanda Lev en fronçant des sourcils.

Cependant Altaïr nia bien vite.

« Non, non. Mon père est un Sang-Pur, un Lord anglais. Il a divorcé de ma mère lorsqu'elle est allée en prison et s'est remarié. Il a eu un deuxième fils avec sa nouvelle femme, mon demi-frère. Il m'a renié après ça, il voulait que son deuxième enfant soit son héritier, il n'apprécie pas vraiment les Black. On a repris contact pendant les vacances de Yule. »

Lev et Viktor haletèrent de surprise en apprenant la nouvelle. Jamais ils n'avaient imaginé quelque chose comme ça. Lev comprenait soudainement pourquoi Altaïr avait trouvé que le remariage de son propre père était une jolie histoire, lorsqu'il lui en avait parlé après sa première crise de panique. Jamais son père n'aurait pu renier lui ou sa sœur et encore moins haïr son ex-femme au point de vouloir la rayer complètement de sa vie.

« Et comment il s'appelle, ton frère ? » essaya de changer de sujet Lev, ne voulant pas mettre son ami mal à l'aise.

« Tom. »

Après la naissance du Survivant, peu d'anglais appelèrent encore leur fils Thomas, c'était plutôt mal vu là-bas. Bien que cette histoire était connue un peu partout à travers le monde, aucun pays ne vouait le même culte que le Royaume-Uni à Thomas Potter. Cependant Altaïr ne voulait prendre aucun risque, ce ne serait pas bon pour son frère si quelqu'un découvrait son lien de parenté avec un Black. Il préférait donc l'appeler par son surnom devant ses amis, même s'il leur faisait confiance pour ne pas trahir le secret.

« Il a neuf ans. » ajouta-t-il, comprenant que ses amis étaient curieux à son propos.

Le petit-déjeuner se passa dans la bonne humeur entre les trois amis. Discutant joyeusement de leurs frères et sœurs, racontant quelques anecdotes amusantes à leurs propos ou râlant sur leurs comportements agaçants par moment.

xxxxxxx

16 mars 1990

Altaïr sortait de sa salle de potion lorsque Tamara Barjow l'approcha. Elle sortait rapidement de la salle de cours, ne voulant pas le louper.

« Black, attends-moi ! » s'exclama-t-elle lorsqu'elle vit qu'il commençait à s'éloigner.

Altaïr se tourna vers elle, plutôt curieux de voir l'un de ses camarades de classe l'approcher en dehors des cours.

« Je voulais te demander si tu voulais te joindre à mes amis et moi pour réviser les runes. On se regroupe tous les mercredis après-midi jusqu'au dîner, il y a des élèves de tous les niveaux. On s'entraide tous, ce serait une bonne occasion pour toi de lire les cours des années supérieurs, comme t'es en avance sur le programme.

- Pourquoi ? »

Altaïr ne comprenait pas vraiment la raison de cette soudaine invitation. C'était plutôt rare qu'on veuille l'inviter à ce genre de réunion, bien que pas mal de personnes le saluaient dans les couloirs désormais, suite à l'incident avec Romanov.

« Eh bien, je me disais que peut-être tu pourrais m'aider sur les runes de Broxfield et de Dorot. J'ai un peu de mal à comprendre la théorie. »

Altaïr réfléchit quelques secondes à son offre avant d'accepter. Il était vrai que cela lui manquait presque de faire les devoirs de Romanov. Certes, la charge de travail était épuisante mais au moins, les exercices lui demandaient de la réflexion. Ses classes habituelles ne étaient devenues encore plus ennuyantes, pouvoir échanger avec des élèves plus âgés lui ferait certainement du bien.

« Super ! Alors on se dit à mercredi prochain, seize heures devant la bibliothèque. J'aurai peut-être un peu de retard, ma prof de russe nous retient toujours après la sonnerie. »

Puis, Barjow s'éloigna aussi rapidement qu'elle était apparue à ses côtés, courant déjà pour rattraper son groupe d'amies qui s'éloignaient vers leurs prochains cours. Altaïr partit dans la direction opposée, il ne suivait pas les cours d'astronomie mais d'arithmancie en dernière heure.