Il me sourit sincèrement.

Z- Merci d'avoir été là, je ne sais pas dans quel état je serais sinon.

-

Point de vue de Zoro

Il me sourit

M_ Je n'ai rien fais qui mérite une quelconque gratitude . J'ai juste fais ce que je pensais être le mieux pour toi, et je dois avouer que j'ai pas été exemplaire en fait.. J'aurais pas du te traîner pour que tu reviennes à la maison..

Z_ Je pense que si, tu as bien fais.

M_ Tu m'en vois soulagé dans ce cas.

Je pose ma tête contre lui et il passe sa main dans mes cheveux.

M_ C'est fini, une chose à laquelle penser la nuit en moins.

Z_ Merci de me protéger…

M_ C'est plus que normal Zoro. Met toi ça en tête, tu mérites qu'on prenne soin de toi, tu mérites qu'on fasse attention à toi, qu'on te protèges et tout ce qui va avec. Okay?

Z_C'est dur d'y croire tu sais, on m'a toujours prouvé le contraire…

M_Je serais là pour te prouver que tu as bel et bien le droit à tout ça.

Z_Bonne chance.

M_ Tant de pessimisme dans une seule et même personne c'est impressionnant.

Il me fait lever la tête vers lui et me sourit.

M_ Je compte bien changer ça.

Je dévie le regard pour éviter de lui répondre un autre « bonne chance » mais je n'en pense pas moins.

M_Tu n'y crois pas. Et je m'en fiche. Tu veux faire quelque chose?

Z_Boire.

M_ Avec modération.

Z_ Ou pas.

M_Je boirais tout ce que tu bois alors. On fait comme ça?

Z_ Chiche.

Il croit vraiment pouvoir m'avoir avec ce genre de chantage? Il est sérieux lui?

Je prends le chemin de la maison sans l'attendre, j'ouvre tout les placards de la cuisine à la recherche d'un quelconque alcool sous le regard suspicieux de Robin que j'ignore.

Mihawk arrive et prend place à côté d'elle.

R- Tu le laisses faire?

M- Qu'est-ce -

Z- Je fais ce que je veux c'est pas mon père.

M- Voilà, qu'est-ce que tu veux que j'y fasse, il veut pas entendre raison.

Je fini par trouver une bouteille de Gin. J'ai horreur de ça mais n'importe quoi fera l'affaire.

Je l'ouvre et boit quelques gorgée au goulot avant de la donner à Mihawk, un air de défi sur le visage.

Z- Tiens.

Il lève les yeux vers moi.

M- Donc t'étais sérieux?

Z- C'est toi qui a proposé, tiens parole.

Il prend la bouteille.

M- Quand y'en aura plus, t'aura pas d'autre choix de t'arrêter de toute façon.

Il inspire un grand coup et se met à boire tout ce qu'il peut.

Je reste quelques instants choqué de ce qu'il fait.

Z- Ca te sert à quoi de-

Il écarte la bouteille de sa bouche et tousse jusqu'à en manquer de vomir.

Robin semble comprendre ce qu'il fait et lui prend la bouteille pour faire de même.

Z- Okay. Ca vous amuse?

Ils m'ignorent totalement. Je retourne vers le placard et prend une autre bouteille, du vin blanc. Je la débouche et entends le bruit de leur bouteille qui tombe au sol. Je regarde, elle roule au sol, vide.

Je me met à bouillir intérieurement.

Je laisse le vin et vais ramasser la bouteille vide pour la mettre dans la poubelle.

Z- Vous êtes des gamins sérieux.

Mihawk est prit de violent haut de cœur. Il ne trouve rien d'autre à faire que de me sourire. Je vais péter un câble.

Z- Pourquoi tu joues à ça avec moi?

Il ne me réponds pas et fait comme si il ne m'avait pas entendu.

Z- Mihawk.

M- Tu ne veut pas m'écouter, mais je suis sensé t'écouter? Au lieu de m'énerver contre toi, ce qui ne servirait à rien du tout, je te montre juste ce que ça fait.

Z- Ce que ça fait?

M- Ouais, ce que ça fait de voir la personne à qui tu tiens se détruire tout en étant impuissant face à ça.

Il se lève et passe à côté de moi pour prendre la bouteille de vin blanc.

Z- Laisse -

Il en boit une bonne partie et demande à Robin si elle en veut aussi. Cette dernière se lève et titube un peu jusqu'à lui pour finir la bouteille. Elle se baisse et prend la dernière bouteille du placard.

Z- Arrêtez.

Elle la pose sur le plan de travail et Mihawk l'ouvre.

Z- Stop!

Ils se tournent vers moi.

R- Ce qu'on boit, ça sera tout ce que tu ne boiras pas.

Z- Vous pourriez juste les vider dans l'évier!

M- Non, parce que ça n'aurait pas le même impact.

Il approche la bouteille de sa bouche et manque de vomir rien qu'en sentant l'odeur de l'alcool. Je lui prends des mains et la balance de toute mes forces par la fenêtre avant de plonger mes yeux dans les siens.

Le bruit de verre qui explose se fait entendre.

Z- J'ai dis stop.

M- Si c'était moi qui te demandait d'arrêter, en toute honnêteté Zoro, tu te serais arrêté?

Z- Non.

M- Réfléchis bien à cela alors.

Il pose une main sur mon épaule.

M- Maintenant, si tu veux bien m'excuser.

Il emmène Robin aux toilettes en commençant déjà à lui tenir les cheveux.

Je sors sur la terrasse.

Merde.

Je m'assois contre le mur et me plonge dans mes pensées.

T'es là?

"Oui, on est toujours là"

Tu me dis toujours "on" mais t'as toujours la même voix.

"Nous sommes Tout et Rien à la fois"

T'es bizarre des fois quand même

"Ce n'est que ton avis Zoro, que veux-tu?"

Rien, juste échapper à la réalité quelques temps. Alors je me réfugie ici.

"D'accord, alors, de quoi veux-tu parler?"

J'en sais trop rien, de moi?

"Nous t'écoutons."

Tu penses que je serais heureux un jour?

"Tu as déjà tout pour être heureux, tu ne le voit pas c'est tout"

Mais en quoi je pourrais être heureux haha, avec qui tu veux que je sois heureux sérieux?

"C'est à toi de trouver ta place, pas à Nous de t'en faire une"

Pourquoi tu m'as rabaisser toutes ces années?

"Tu n'avais pas encre conscience que Nous étions présent, tes propres pensées et la notre se sont mélangées. Notre but et de te protéger, je ne vois pas pourquoi Nous aurions fait ça dans un simple but méchant.

Je vois..

"Dis Nous ce à quoi tu penses vraiment Zoro"

Tu le sais déjà.

"Le dire te soulagera, si la commande ne vient pas de toi, Nous ne pouvons rien faire"

Remontre moi encore une fois le soir où j'ai rencontré Mihawk.

-

Point de vue de Mihawk

-

Robin me remercie.

M- Tu n'avais pas à faire ça.

R- Toi non plus, tu l'as fais pour aider Zoro, et moi je l'ai fais pour vous.

M- Je ne pensais pas que tu avais tout calculé jusqu'à avoir prévu de te faire vomir après.

R- Je n'aime pas être ivre. Surtout pour une raison aussi nulle.

M- Tu te sens mieux?

R- Oui oui, ne t'en fais pas, va le voir.

M- t'es sûre?

Elle me lance un regard du genre "va je te dis"

M- Okay, merci.

R- Tu me remerciera plus tard. Aller, file.

Je sors et trouve Zoro assis contre le mur, le nez saignant abondement, son t-shirt imbibé du liquide rouge.

Ma première pensée fût qu'il avait abusé de la cocaïne, mais je me suis rappelé qu'il n'en avait pas et que personne ici ne lui en aurait donné. J'ai donc compris qu'il était dans sa tête.

Et puis, il a l'air étonnamment serein pour une fois.

Je m'assois à côté de lui, et je décide de le laisser tranquille. Je sais que son esprit le renvoie à la réalité quand c'est trop à supporter pour son corps. Je prends sa main et attends.

Je me demande bien ce qu'il fait pour avoir l'air aussi bien.

Je pose ma tête sur son épaule.

Sa tête s'appuie contre la mienne.

Z- Je suis vraiment désolé tu sais..

Je n'ose pas bouger, j'écarquille les yeux.

M- Désolé de quoi?

Z- D'être comme ça, j'aimerais vraiment que ça se passe autrement entre nous, mais j'en suis incapable.

M- Tu en es capable, mais pas en un claquement de doigt c'est tout, t'as toujours réussis à t'adapter à n'importe quelle situation parce que tu étais en danger. Là, tu dois t'adapter car tu ne risques rien. C'est dur d'aller contre son propre instinct, je le sais très bien Zoro, mais je sais aussi qu'avec les bonnes personnes, ce genre d'action ne rend la vie que meilleure.

Z- Ils me manquent déjà..

M- Ca va aller, après tout ça, vous serez libre de faire ce que vous voulez. Vous n'aurez plus à craindre quoi que ce soit.

Z- J'ai tellement peur que tu disparaisses de ma vie après ça..

M- Je ne vois pas pourquoi je ferrai ça.

Maintenant que j'y pense, il n'a pas l'air au courant de la malédiction, il ne l'a pas mentionné une seule fois..

Il l'a effacé de sa mémoire aussi pour ne pas que ça impacte ses sentiments.

Z- Parce que c'est ce que tout le monde fais tout le temps, je suis plus un passe temps qu'une passion..

Je n'ose toujours pas bouger, j'ai peur qu'il se taise.

M- Pas à mes yeux Zoro.

Z- Mais tu ne ressens rien p-

M- Je ne ressens peut-être pas l'amour comme tu l'entends, mais je ressens énormément de chose à ton égard. De la gratitude, de l'admiration, de la bienveillance, un sentiment de protection, de confiance. J'ai envie de prendre soin de toi, de t'aider. J'ai tout le temps envie d'être près de toi, et je me sens mal quand je ne t'ai pas dans mon champs de vision.

Z- Moi aussi je.. Moi aussi je me sens mal quand je ne t'ai pas sous les yeux.. Je me sens mieux quand tu es vers moi..

M- C'est super alors tout-

Z- A vrai dire, je me sens presque invincible quand tu es près de moi alors que je suis en danger.

M- Tu juges que c'est une mauvaise chose toi?

Z- Tu peux me détruire en un claquement de doigt et ça me terrifie.

Je me recule et comme je le craignais, il détourne le regard. Je sais qu'il va fuir la conversation.

M- Je ne compte pas te détruire Zoro, je ne suis pas en train de gagner ta confiance pour te faire du mal ensuite.

Z- Ouais.. Je verrais bien hein..

M- Tu veux plus parler?

Z- Non, désolé..

M- C'est pas grave, tu devrais aller te laver le visage et te changer, sinon tu vas en inquiéter plus d'un.

Z- Tu viens avec moi..?

M- Si tu veux oui.

Je me lève et l'aide à faire de même.

Z- Merci.

Il fuit en direction de la salle de bain avant de s'y enfermer.

J'ai fais quelque chose de mal..?

M- Zoro.. Ca va..?

Z- Oui, j'ai juste besoin d'être seul.

M- D'accord.

Je m'assois contre la porte et attend, l'oreille à l'écoute du moindre bruit inquiétant.

-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_

Il ressort 10 minutes plus tard, me faisant tomber à la renverse. Je reste couché au sol et le regarde de là.

Z- Pardon.

Je rigole.

M- C'est pas grave.

Z- Tu te lèves?

M- Je suis bien là.

Je lui souris et je le vois essayer de retenir le sien. Je me relève rapidement.

M- Tu veux faire quelque chose?

Z- Non pas spécialement.

M- Tu veux encore être seul? T'as faim?

Z- Arrête avec tes questions.

Il passe à côté de moi, agacé.

M- Je fais qu'essayer de prendre soin de toi..

Il s'arrête.

Z- N'oublie pas que les gens se sont toujours soucié de moi pour mieux me manipuler ensuite.

Il se retourne et essaye de me sourire.

Z- Alors, j'aime pas ça, je suis méfiant envers toi et.. Et je m'en excuse..

Il baisse la tête.

Z- Je sais que tu ne penses pas à mal..

M- C'est le principal alors, tâche de ne pas oublier que je ne fais pas ça pour te faire du mal par la suite. Okay?

Je n'ose pas m'approcher de lui, mais il vient tout seul poser sa tête sur mon épaule.

Z- Merci.

Je le prends dans mes bras.

M- Tu n'as pas à me remercier de quoi que ce soit.

Il me sert contre lui enfouit son nez dans mon cou, je le sens sangloter.

M- Zoro..?

J'essaye de me reculer mais il ressert son étreinte. Il n'a pas envie que je le vois comme ça. Je sens une larme dans mon cou.

M- Ca va aller..

Z- Non..

Il fond en larme avant même d'avoir fini son mot.

Je l'emmène dans notre chambre et l'assois sur le lit.

M- Bouge pas, je reviens, okay? J'en ai pour 5 minutes.

Il essaye de sécher ses larmes.

Z- D'accord.

Je repars en courant et monte à la cuisine.

Je fait chauffer de l'eau et cherche des gâteaux. Je sort une tasse et un sachet de thé. Je sort les gâteau et attend que l'eau finisse de chauffer avant de la verser dans la tasse, tout poser sur un plateau que j'ai dénicher et de redescendre le plus rapidement possible.

M- Voilà je suis-

Je manque de lâcher ce que j'ai dans les mains sous la surprise.

M- Là..

Je pose le plateau sur la table de nuit et ne dit pas un mot. Je ramasse sa chemise au sol et lui tends.

Il se remet à pleurer.

Son cœur me broie de l'intérieur.

Il la remet sans oser lever la tête vers moi.

M- Je t'ai fais du thé, et je t'ai ramener un peu à manger aussi.

Il se contente de hocher la tête.

M- Tu en veux? Je n'ai pas mis de sucre ou de miel parce que j'ai oublié comment tu le veux.

Je ne parle pas de ce qui vient de se passer, ça ne servirait à rien.

Z- Je met rien..

M- Alors voilà, tiens. Fais attention c'est encore brûlant.

Je lui tends le plateau.

Il prends la tasse et ses pleurs décuplent.

Z- Merci..

M- Qu'est-ce qui se passe Zoro? Tu veut en parler?

Z- Je comprends pas pourquoi t'es si attentionné avec moi, pourquoi tu ne demandes rien en retour..

M- Parce que tu n'es pas capable de faire ces choses là pour le moment, je n'ai pas besoin que tu prennes soin de moi, j'ai besoin de prendre soin de toi, et tu as besoin qu'on fasses attention à toi. Tu as déjà beaucoup à gérer de ton côté, ne te fatigues pas en gérant ce qui se passe chez les autres.

Z- Tu veux rien en retour..?

M- Le seul fait de savoir que je t'aide est amplement suffisant.

Il me sourit.

Z- Donc, je n'ai rien à faire? Je veux dire, tu me forces à rien? Tu n'attends vraiment rien?

M- Non Zoro je n'attends rien, et surtout pas ce genre de chose. Ecoute, à partir du moment où tu te sens contraint de faire quelque chose en retour, ne le fais pas. Je ne demande rien en échange. Si t'as envie de faire quelque chose parce que tu le veux, parce que ça te fais plaisir, oui, sinon, c'est hors de question. Tu vois ce que j'essaye de te dire?

Z- Oui..

M- En gros tout ce que les connards et salope t'ont mit dans la tête jusqu'à maintenant, tu l'effaces de ta tête.

Je lui tends un gâteau.

M- Et on va commencer par la nourriture.

Il le prend.

M- Tu manges à ta faim, on s'en fou de ce que pensent les autres.

Z- Je mange à ma faim..

M- Non, certainement pas. T'as vu tout le sport que tu fais? C'est impossible que tu manges comme ton corps te le réclame. Soit tu fais moins de sport soit tu manges plus.

Z- Mais si je change mon régime je-

M- Tu penses vraiment avoir besoin d'un régime? Zoro, regarde toi. T'as absolument pas besoin de te priver pour avoir ce corps qui semble t'obséder. Mange ce qu'il te plaît. Personne ici ne te ferra la moindre réflexion, au contraire, on en serait tous ravis, moi le premier. Un esprit saint dans un corps saint.

Z- Y'a rien de saint chez moi.

M- Justement, il est temps que ça change.

Je lui souris

M- Parce que dans le fond, t'es vraiment une personne merveilleuse, je le sais. Tu n'arriveras jamais à me faire penser le contraire n'essayes même pas. Je suis sûr de ce que je dis.

Z- Je vois pas comment tu peux voir de belles choses chez moi.. Je suis alcoolique.. Je me drogue.. Je suis insomniaque..

M- De mon point de vue, ce ne sont pas des choses moches en soit, je veux dire, tu es passé par énormément de choses dans la vie malgré ton jeune âge. Ce ne sont que les cicatrices de tes blessures. Les cicatrices s'en vont, la douleur aussi.

Il lève la tête vers moi, choqué de ce que je viens de dire, puis les larmes lui montent aux yeux une fois de plus.

M- Qu'est-ce qu-

Il se jette dans mes bras et me sert contre lui.

Z- Merci..

M- Je n'ai rien dis qui mérite une quelconque gratitude.

Z- Si.. T'as juste dis quelque chose que personne ne m'avait jamais dis, quelque chose que j'avais besoin d'entendre..

Je souris et décide de garder le silence.

Z- Je veux changer.. J'ai déjà essayé tellement de fois, mais j'ai échoué lamentablement..

M- Tu ne le faisais pas avec la meilleure des compagnies.. Tu ne peux pas évoluer avec des gens qui te traînent vers le bas Zoro. Tu as toutes tes chances là, maintenant. Si c'est ce que tu souhaites, tu y arriveras, parce que personne ci n'est là pour t'en empêcher, bien au contraire.

Il me lâche et se laisse tomber sur le lit.

Z- J'ai peur d'échouer à nouveau, je n'aurais pas la force de me relever cette fois Mihawk..

M- Tu n'auras pas à te relever puisque que tu vas réussir.

Z- Tu le penses vraiment?

M- Oui, bien évidemment, pourquoi je te mentirais? Je crois en toi, et tu peux compter sur nous pour t'aider.

Z- Merci..

Ce n'était qu'un murmure, mais quand j'ai tourné la tête vers lui, et que je l'ai vu, les larmes sortant en masse de ses yeux, le regard perdu sur le plafond, et un sourire sur le visage, j'ai compris.

J'ai compris que tout ce qu'il demande, c'est qu'on croit en lui.

Ce sourire, même avant tout ça je ne l'avais jamais vu. Un sourire sincère bien que timide, un sourire qui fait tenir debout.

Il a juste besoin qu'on lui fasse confiance.

M- Eh..

Je m'allonge à ses côtés et il se blottit contre moi.

M- Tu vas y arriver, il n'en fait aucun doute. Ca sera dur, et des fois tu auras l'impression que tu n'y arrivera jamais, que tu n'as pas avancé, mais je te promet que tu y arriveras si tu le veux vraiment. T'es pas le genre de personne à échouer dans ce que tu entreprends quand tu as tout pour réussir.

Il relève la tête vers moi.

Z- Comment tu peux autant avoir foi en moi..?

M- Je te connais, c'est tout.

Z- Me connaître n'a pourtant rien de bon tu sais..

M- C'est ce que tu penses. Au premier abord tu es un vrai con, c'est un masque fait exprès et c'est réussis, mais tu ne bernes absolument pas les gens qui ont usé du même stratagème.

Z- Et c'est ton cas..

M- Ouais, donc, quand tu es dans notre cas, se douter que ce masque n'est pas là pour rien n'est pas très compliqué. Et s'en suit la question du "pourquoi" et du "comment".

Z- Tu t'es entêter.

M- Je n'aurais jamais laisser tomber une personne comme toi. Sentiments ou pas.

Z- Tu-

M- Non je ne mens pas. Tu veux une preuve? J'appelle Perona tout de suite.

Z- Non.. C'est bon..

Il me sert contre lui.

Z- On est bien juste les deux là..

Il me sourit et m'embrasse chastement.

M- Tu as faim?

Z- Non, mais j'ai un peu sommeil..

M- Alors on fait une sieste comme des vieux papis.

Z- Je n'arriverais pas à dormir, j'en suis sûr, et même si je dormais, j'en serais incapable ce soir. Il est 17h Mimi.

M- Ah, pas faux, alors, qu'est-ce que tu veux faire?

Z- J'en sais trop rien.. Je te laisse décider.

M- Tu veux manger? Tu n'as toujours rien mangé de la journée.

Z- J'ai pas faim, trop d'émotions pour moi dans une seule et même journée.

M- Je vais te faire à manger. Viens.

Z- Non merci.. Je préfère manger avec tout le monde..

M- Alors on cuisine?

Z- Tu veux faire quoi?

M- J'en sais rien, on va aller demander et voir ce qu'on peut faire, ça te va?

Z- Oui, mais je te préviens, je suis une merde en cuisine.

M- On est deux comme ça, mais on va faire de notre mieux.

Z- On va empoisonner les autres t'es au courant?

M- Mais non ne soit pas pessimiste.

Je me lève et romps notre étreinte.

Il fait de même et prend ma main dans la foulée.

Z- Robin n'aime pas les haricots, Shanks a horreur de la betterave et des aubergines. Perona ne court pas après les lardons mais si il y en a peu elle en mange. Aux dernières nouvelles et de ce que je me souviens, Méo n'est pas compliqué, il faut juste éviter le poivre, il n'aime pas trop ça.

M- Tu en as une bonne mémoire.

Z- Et toi, tu aimes tout, sauf la viande trop cuite.

M- Et toi? Qu'est-ce que tu n'aimes pas?

Z- Je ne rechigne pas, je mange ce qu'on me met dans l'assiette ou ce que je peux y mettre.

M- Sauf que là tu vas voir le choix.

Je nous emmène dans la cuisine.

M- Alors, les placards sont pleins, je te laisse voir ce qui te tente.

Il lâche ma main et ouvre le premier placard, il analyse ce qu'il y a dedans avant de le refermer, et il fait ça avec tous, puis le frigo.

M- Tu ne trouves rien?

Z- Si, attend s'il te plaît.

Il réfléchis quelques secondes et rouvre les placards et prends les ingrédients sans même regarder ce qu'il prend.

M- Zoro tu fais au hasard?

Z- Non, pourquoi..? Tu n'aimes pas ce que je sors?

M- Tu ne regardes même pas.

Z- Ah, ça, j'ai mémoriser les choses et leur emplacement, ne t'en fais pas, je ne fais jamais rien au hasard.

Il ouvre le frigo et sort du filet de veau.

Z- Bien, je crois qu'il y a tout.

M- Qu'est-ce qu'on prépare?

Z- On va faire du veau avec une poêlé de légumes, sans haricots, et des patates.

M- Et t'as retenu où était tout ça..?

Z- Bah, ouais, il faut croire.

Je regarde le plan de travail, couvert d'ingrédients et d'ustensiles.

Z- Bon, on s'y met? On va faire une marinade pour le veau. Je sais pas encore quoi, mais on va trouver. Qu'est-ce que tu aimes toi?

Je rigole.

M- Pour quelqu'un qui prétends être nul en cuisine, je trouve que tu te débrouilles comme un chef.

Z- C'est parce que j'ai pas encore touché à une casserole. En fait j'ai encore touché à rien je te rappelle.

M- Tu te débrouilles déjà mieux que moi ça je te l'assure.

Z- Tu en jugeras par toi-même quand j'aurais réellement commencer.

Il s'accoude au plan de travail, à la limite de tomber.

Z- Bon, revenons à nos moutons, on fait quoi avec le veau?

M- J'en sais rien tu me parles de choses que je ne maîtrise pas du tout.

Z- Bien, alors, on va faire une marinade à la provençale.

M- Tu t'y connais en cuisine française?

Z- Un peu.

M- T'as appris ça où?

Il réfléchis quelques secondes.

Z- Je sais pas, je le sais c'est tout. Mais tu verras, je connais que la théorie.

M- On va brûler la cuisine.

Z- Je crois bien.

Nos regards se croisent, apeurés du drame à venir, et on éclate de rire.

Z- Bon.

Il prend une grande inspiration.

Z- Au massacre - euh - au travail.

Il prend un saladier et de l'huile d'olive.

Z- Et si on le faisait paner?

M- Du veau pané? Je suis pas sûr que ça se fasse.

Z- Bon, okay.

Il y met de l'huile d'olive et du curry.

Z- Hum, je vais faire à l'œil et croiser les doigts.

Il y ajoute du sel et un peu de poivre.

Z- Bon, on va dire que c'est bon.

Il sort le veau.

Z- Est-ce que tu peux éplucher et couper les légumes pendant que je coupe la viande?

M- Oui bien sûr.

Je sors de ma léthargie et me met au travail. Je prends les patates, les carottes et tout le reste pour me mettre à la tâche.

Je regarde Zoro couper la viande. Il est rapide et précis.

Il tourne la tête vers moi.

Z- Quoi?

M- Rien, je t'admire c'est tout.

Il baisse la tête et ravale un sourire.

Z- Y'a rien à admirer.

Il se reconcentre sur sa tâche.

M- Tu t'y prends bien je trouve.

Une ombre vient planer sur son visage.

Z- Ouais, je sais bien manier le couteau il n'en fais nul doute..

Puis il secoue un peu la tête et se remet à sourire de toutes ses dents.

Z- On s'est pas encore couper de doigt, c'est un bon départ.

Qu'est-ce qu'on t'a forcé à faire Zoro..

M- Oui, je trouve qu'on se débrouille plutôt bien à deux.

Z- Je trouve aussi.

-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_

Une fois la viande mise à mariner et les légumes épluchés et coupés, on met le tout au frigo.

Z- On mettra tout dans le four dans une heure. Comme ça, on mangera vers 19h30, en admettant que ce qu'on a fait n'a pas brûlé.

M- Eh, on s'est débrouillé comme des chefs jusqu'à maintenant. Ne soit pas pessimiste.

Z- C'est vrai.

Il ouvre un placard et sort deux verres à pied.

Z- Un verre?

M- De?

Z- Vin?

M- Pourquoi pas.

Il me sourit et prends la bouteille qui traîne sur le comptoir.

Z- Oh on aurait du faire cuire le veau avec du vin!

M- On a pas le niveau pour ça Zoro.

Z- On essaiera un jour.

M- Si c'est ce que tu veux, on le ferra alors.

Il s'assoit à table et je prends place en face de lui.

Il nous sert et trinque avec moi.

Z- A notre bon départ de préparation de repas.

Je rigole avant de boire.

M- Je pense que ça sera un succès.

Z- J'espère.

M- Mais oui, fais-toi un peu confiance.

Il me sourit.

Z- Oui.

Il sort une cigarette et amène le cendrier jusqu'à lui. Il allume sa clope.

Z- Je suis content qu'on fasse des choses ensemble.

M- Tu m'en vois ravis alors.

Z- J'avais jamais fais ça avec qui que ce soit, je pensais que ça allait me déplaire d'avoir quelqu'un dans mes pattes, mais au final, ça s'est avéré être une très bonne chose à mes yeux.

M- Alors c'est le principal, je suis heureux de savoir que je n'ai pas été un poids mort pour toi.

Il rigole

Z- Non, j'ai pas dis ça, ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dis.

M- Qu'as-tu dis alors?

Z- Que normalement, j'aime faire les choses par moi-même dans leur totalité, mais avec toi, j'ai l'impression que je peux tout faire à moitié, te laisser l'autre moitié de la chose sans avoir peur que ça ne soit un échec.

M- Tu as à ce point peur de l'échec Zoro?

Z- Un échec, ça fait mal, à l'égo comme à l'âme, j'ai plus la force d'échouer. Je suis rassuré de voir que je peux compter sur toi.

Il penche la tête sur le côté et dévie le regard.

Z- Même si c'est encore très frais, je commence à me dire que cette histoire "couple", entre toi et moi, c'est peut-être pas une si mauvaise chose.

Mon cœur rate un battement, il le sent aussi puisqu'il lève la tête vers moi.

Z- Ca va?

M- Oui, pourquoi?

Z- J'ai eu.. L'impression que tu allais mal..

M- Non, ne t'en fais pas.

Z- Bref..

Il finit son verre cul sec et éteint sa cigarette à moitié fumée avant de se lever précipitamment. Je me lève aussi.

M- Eh, attend, pourquoi tu t'en vas comme ça..?

Z- Je voulais pas te mettre mal à l'aise, je suis désolé..

M- Qui a dit que j'étais mal à l'aise?

Z- Tes battements de cœur.

Je remarque qu'il me tient le poignet pour sentir mon pou. Je retire ma main.

M- Arrête de faire ça.

Z- De comprendre trop vite ce que tu as derrière la tête?

Il est passé d'une boule d'amour à un amas de haine et de méfiance en un claquement de doigt…

M- D'interpréter seul et mal.

Z- Alors explique moi dans ce cas.

M- Je me suis juste sentis perdu, c'est tout.

Z- Je veux le fin mot de l'histoire Mihawk. La vérité, même si elle blesse.

M- Qu'est-ce que tu veux que je te dise? Que j'ai peur de tomber amoureux de toi mais que je crois bien que c'est en train d'arriver quand même? Que j'ai peur de retomber pour toi parce que j'ai trop souffert de ça la première fois et que je sais que cette fois ci j'en souffrirais encore? C'est ça ce que tu veux entendre? Parce que la vérité est là.

Il baisse les yeux et ses lèvres se retroussent comme celles d'un enfant sur le point de pleurer.

M- Je suis désolé si ça te fait du mal, tu m'as demandé la vérité, la voilà.

Z- Tu ne peux pas m'aimer Mihawk.. Arrête avec ça..

M- Qu'est-ce que tu en sais?

Z- Personne ne peut m'aimer. Je crois bien que je suis maudis, et c'est tout.

Alors il faisait référence à ça quand il parlait de malédiction.. J'avais raison, il a aussi oublié cette histoire de Fils du Destin.

J'aimerais tellement être capable d'oublier moi aussi.

M- Qu'est-ce que tu en sais? Hein?

Il se braque et fait un pas en arrière.

Z- J'en sais rien, j'ai juste tout autant peur que toi et j'essaye de rationnaliser ce que je pense. C'est tout. T'es amoureux de Doflamingo, j'vois pas pourquoi d'un coup comme ça tu perdrais tes sentiments pour lui. Ca va juste refaire comme la première fois, je vais servir de bouche cœur.

Je ne sais pas quoi répondre, ça ne ferrait que nous enfoncer dans un débat sans fin où on ne ferrait que se renvoyer la balle.

Je le prends dans mes bras.

M- Fait moi confiance, ne serait-ce qu'un peu.. Tu disais que tu pensais qu'au final c'était peut-être pas une si mauvaise idée y'a 5 minutes.. Et là tu changes d'avis pour un battement de cœur..? Zoro.. Je sais que tu as peur, mais, fais moi confiance..

Il lève la tête vers moi.

Z- Mais j'ai si peur..

Il a les larmes aux yeux, je sens mon cœur se fendre et lui offre un sourire.

M- Il n'y a absolument pas à avoir peur d'accord? Je sais que tu n'arrives pas à me croire, mais laisse moi au moins le prouver. Okay?

Il hoche la tête.

Z- Okay.

Je l'embrasse tendrement avant de le serer dans mes bras.

Z- Je..

Je le lâche pour le regarder.

M- Oui..?

Z- Je ne sais plus.. Ça ne devait pas être très important..