Ca faisait combien de temps que je l'avais pas vu aussi vivant?
Je l'ai jamais vu aussi vivant en fait..
Peut-être que Luffy avait raison finalement...
-
Point de vue de Zoro
-
Ace et Sugar rentrent, je termine ma cigarette dans le calme.
Je la jette et rentre. J'en profite pour explorer un peu le manoir.
C'est grand, spacieux, brillant et super propre. Mais d'un autre coté c'est assez lugubre quand même.. L'air est plutôt lourd je trouve..
Un courant d'air me passe dans le dos.
Z- Tu t'amuses bien?
S- Comme une folle.
Z- Ne lui fais pas de mal, c'est tout ce que je te demande.
S- Pourquoi je lui ferrais du mal..?
Z- Il s'attache vite.
S- Moi aussi je m'attache vite.
Z- Fait attention, d'accord? Parce que si tu le blesses, je n'aurais aucune peine à te rendre la pareille.
Je me retourne vers elle.
Z- Tu l'apprécies vraiment?
S- Oui, beaucoup pour être honnête. J'aimerais vraiment qu'il devienne mon ami.
Z- Tu sais que si c'est ce que tu veux, tu vas devoir te faire une place parmi nous, et y rester?
Elle hoche la tête en baissant les yeux.
S- Je sais..
Z- Tu es prête à faire ça?
S- Tout abandonner pour lui..? Non..
Z- Alors part Sugar.
Elle fait un pas en arrière.
S- Je veux pas..
Z- Si tu restes et qu'il s'attache à toi, pour qu'un jour il se lève et que tu sois partie, ça ne sert à rien. Si c'est pour que tu fasses ami-ami avec lui, et qu'un jour vous vous retrouviez l'un en face de l'autre dans des camps adverses, ça ne sert à rien non plus. Si tu n'es pas prête à concevoir ça, pars ma grande.
Elle renifle.
S- Je peux pas faire ça.. Je..
Elle essuie son visage d'un revers de main.
Z- La guerre approche et tu le sais tout autant que nous. Il faut choisir ton camp et cesser de faire le papillon.
S- Mais vous m'aimez pas vous...
Z- On ne te connais pas Sugar, et c'est pas en faisant ce que tu fais qu'on va te faire confiance.
S- Je veux être avec vous, mais j'ai peur Zoro.
Z- Et c'est normal d'avoir peur, en attendant, si t'es pas prête à faire ça, laisse tomber, Ace a déjà assez morfler à cause de Luffy, ne le blesse pas à ton tour.
Elle relève la tête vers moi, des larmes plein les joues.
S- Je lui ferrais pas de mal je te le jure.
Z- Alors reste avec nous.
Je lui tends ma main.
Z- Reste Sugar.
Elle essuie ses larmes.
S- Ils vont me tuer si je reviens pas, je suis déjà partie depuis trop longtemps...
Z- Raison de plus.
Je sens l'aura de Luffy descendre les escaliers dans mon dos.
L- Il a raison, reste, ils te décapiteront si tu y retourne.
S- Non, Marco ferrait jamais ça c'est-
L- Une personne horrible, et si tu me crois pas, demande à Ace.
S- Marco est gentil, il a toujours veillé sur moi.
L- Il n'a rien de gentil Sugar.
S- En fait j'ai pas le choix.. C'est ça?
L- A moins que tu veuilles mourir de la main des tiens, non, tu n'as pas vraiment le choix.
Je pensais qu'elle allait se remettre à pleurer, mais non. Elle se redresse, fière comme un coq.
S- Okay. Alors, je reste.
Elle sourit pour se rassurer elle-même.
L- Super, viens manger alors.
Je regarde Luffy, intrigué.
Je les suis en direction de la cuisine.
L- Assied toi, on va parler un peu.
S- Faire connaissance?
L- Oui.
Il lui donne des gâteaux.
L- Tu veux boire quelque chose?
S- De l'eau, j'ai besoin d'eau.
Il lui apporte un verre et prends place en face d'elle.
S- Je m'appelle Sugar, j'ai 23 ans et des poussières, j'aime les lasagnes et-
L- Non, je te parle pas de ça.
Il lui pointe son poignet, visible parce que sa cape remonte.
L- Ils t'ont fait ça et tu appelles ça une famille?
Elle redescend sa manche rapidement.
S- J'avais qu'à pas m'enfuir, c'est ma faute, j'étais petite, c'est du passé..
Z- Ils t'ont maltraité..?
S- Non, enfin..
Elle semble réaliser beaucoup de chose d'un coup.
S- Je ne pense pas..
Z- Eh.
Je prends sa main.
Z- Tu risques rien ici, tu sais?
Nami arrive, elle signale sa présence doucement.
N- Je me disais bien que tu étais revenue. J'ai pas eu l'occasion de te remercier de nous avoir aidé hier.
Sugar semble surprise.
S- De rien.
N- Ton pouvoir est incroyable, tu nous a clairement sauvé la vie.
Elle rougit.
S- Pas besoin de me faire autant de compliments.
Elle se cache derrière sa main.
S- J'ai juste donné un coup de main..
N- C'est toi qui faisait voltiger Ace?
S- Oui, désolé.
L- Pourquoi tu t'excuses?
S- Je crois qu'il a attrapé froid à cause de moi..
Z- Il sera peut-être malade, mais il était vraiment heureux.
Le regard de Luffy se voile malgré son sourire.
L- Il avait l'air oui, t'as pas à t'en faire pour ça, il tombe tout le temps malade.
N- Et il se blesse tout le temps aussi.
Sugar semble rassurée que personne ne lui en veuille pour quoi que ce soit.
A- Lui faites pas peur hein.
Son regard s'illumine.
S- Tu dormais pas toi?
Il renifle.
A- Je cherche des mouchoirs mais il semble pas qu'il y en ai dans ce château à la con.
Il s'accoude au bar.
A- J'en déduis que tu restes?
Elle hoche la tête en lui souriant.
A- Sympa.
Il lui prends son verre d'eau et s'en va avec.
A- A toute alors.
Elle nous regarde, perdue.
S- Bah...
N- C'est rien, t'en fais pas. Il est comme ça des fois, faut pas chercher à comprendre.
Boa arrive d'un pas rapide dans le dos de Sugar qui se fige de peur.
B- Bonjour toi, tu t'es même pas présentée.
S- Su-Sugar.
Elle rentre sa tête dans ses épaules.
B- Je mords pas.
Elle fait le tour et s'installe à côté de Luffy.
B- Moi c'est Boa, mais tu le sais déjà.
Z- Tu savais qu'elle rôdait autour de nous pas vrai?
B- Oui, mais elle avait clairement pas de mauvaises intentions alors j'ai laissé faire, j'étais curieuse, Sanji aussi l'a sentie pour ta gouverne, ce qui m'étonnes, c'est que ni toi ni Luffy ne l'aillez compris.
Sa- Ils ne captent pas la présence eux, ils captent les Fils, c'est très différent.
Sugar se retourne vers lui. Elle sert le poing.
Ah. Apparement elle a déjà ses préférences.
Je pose ma main dessus et lui fait un petit "non" de la tête.
Sa- Donc, tu t'appelles?
S- Sugar.
L'air se fait plus que froid.
Sanji rigole faiblement.
Sa- Apparement tu ne m'aimes pas trop.
S- Non effectivement.
Je rigole en voyant Sanji descendre de son piédestal.
B- Aller, dans tes dents Sanji, c'est gratuit.
Mihawk arrive et l'air devient très agréable.
N- Dieu merci te voilà enfin.
Elle fait semblant de le prier.
M- Oh, une nouvelle tête.
Il vient derrière moi et me prends dans ses bras, Sugar le regarde en souriant.
S- Bonjour.
Je sens les interrogations de Mimi.
Z- Faut que tu lui expliques, il comprend pas tout des fois.
S- Oh oui, pardon. J'ai vu à plusieurs reprises comment tu te comportais, je t'aime bien.
Il rigole.
M- Oh, et bien, merci, ça me touche.
Rapidement, les autres arrivent et on parle tous dans la cuisine, répartit en différent groupe.
Méo arrive et tout le monde se tait.
B- Sugar, Zoro, on nous attends.
Elle me regarde, apeurée.
S- Moi? Pourquoi moi?
Je prends sa main et lui souris.
Z- Ca va aller t'en fais pas. Je suis là. Je pense qu'il faut juste que tu répondes à quelques questions.
On suit Méo jusque dans une grande salle. Tout les regards se portent sur nous.
C- Asseyez vous.
Il n'y a que deux chaises.
Je la pointe à Méo.
B- Non, c'est pour vous.
Il s'incline devant moi.
Okay, ça veut dire que ça rigole pas, il aurait jamais fait ça sinon.
Je prends place, Sugar est nerveuse.
Z- Ca va aller, okay?
Elle hoche la tête, pas convaincue.
?- Bartoloméo, peux-tu nous expliquer les raisons pour lesquelles les Porteurs se retrouvent ici?
B- Il semblerait que nous aillons été trouvé par le Gouvernement.
?- Il "semblerait"?
B- Nous avons été trouvé par le Gouvernement.
?- Et comment justifies-tu cela?
Il baisse la tête.
B- Par un manque de sérieux de ma part Monsieur.
?- Non seulement tu ne remplis pas ton contract, mais en plus tu te permets d'intéragir avec eux. Combien de fois il va falloir que nous te rappelions à l'ordre Bartoloméo.
B- Excusez-moi.
?- Language.
B- Je vous prie de bien vouloir m'excuser.
Z- Eh, mais ça va pas dans votre tête?
Ils tournent tous la tête vers moi.
Z- Méo est notre ami. Il a tout à fait le droit de nous donner son avis sur ce qu'on fait ou bien ce que l'on dit. Quant au fait que nous aillons été trouvé, je ne vois pas en quoi c'est sa faute, vous, vous étiez où?
Méo me fait signe de me taire.
Z- Non. Si Méo est sanctionné pour ça, vous aller m'entendre.
Ils se regardent entre eux.
?- Il semblerait que la Conscience Universelle ait parlé.
Z- Zoro, je m'appelle Zoro.
?- Bien, Bartoloméo, il semblerait que tu ai de la chance d'avoir sympathisé avec Zoro. Tu peux prendre congé.
Il les remercie et sort sans plus attendre.
?- Quant à nous Corazon, c'est donc elle?
C- Tout à fait.
Sugar aggripe mon t-shirt sous la table.
Il lui sourit
C- Elle nous a bien aidé, je ne peux pas dire le contraire.
Elle ouvre la bouche sous la surprise.
?- Tu te porte donc garrant de son comportement en aillant tout à fait connaissance de ce que cela implique?
C- Oui, je me porte garant de Sugar.
?- Bien. Sugar, veux-tu ajouter quelque chose?
S- Euh, bonjour, je m'appelle Sugar, j'ai 23 ans et des poussières, euh.. J'aime les lasagnes, et.. Voilà.
J'étouffe un rire face aux regards confu du conseil.
?- Merci. Bienvenue parmis nous.
Je trouve quand même cela suspsect qu'ils l'acceptent aussi facilement, je vais garder ce doute dans un coin de ma tête, j'y repenserais plus tard.
Je me lève et attends que Méo et elle en fassent de même avant de saluer le conseil et de partir.
Z- Ils t'ont réprimandé?
B- Non, pas vr-
Z- Mens-moi Méo, vas-y.
B- J'ai perdu tout pouvoir et responsabilité.
Z- Et toi, comment tu le vis?
B- Je pensais que ça m'affecterait plus que ça étant donné que ça fait cinq ans que je consacre ma vie à ça, mais, pas tant que ça en réalité, je suis avec vous et pour être honnête, ça me va très bien.
Z- Tant mieux alors, mais je ferais quelque chose pour ça, t'en fais pas.
S- Ils sont froid dans leur coeur.
Je tourne la tête vers elle alors qu'on arrive au grand salon.
Z- Comment ça?
S- Leur coeur est froid, tu ne le sens pas toi?
Z- Non.
Elle sourit.
S- Tu n'as même pas essayé, c'est ça?
C'est vrai ça, pourquoi je ne les ai pas analysé?
-Parce que tu vas mieux Zoro. Tu n'as plus peur de n'importe qui pour n'importe quoi.
Z- Non, j'y ai même pas pensé.
S- C'est pas grave.
B- Tu ressens ça Sugar?
S- Oui.
B- Comment?
S- J'en sais rien moi, tu m'en poses des questions.
Il me regarde.
Z- Ah ça non je crois pas, n'y pense même pas.
B- Mais on peut essayer au moins.
Z- Non, ça va être un enfer sans nom c'est hors de question.
S- De quoi vous parlez?
Z- De rien.
B- Non mais aller Zoro, ça peut vraiment être utile.
Z- Non, ça va finir en massacre. C'est non, tant que je respire, c'est non.
-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-
Bo- Et là, est ce que tu arrives?
S- Pas vraiment..
Qu'est-ce que je fou là.
Bo- Zoro, concentre toi s'il te plaît.
Je me redresse et lève les yeux vers elles.
Bo- Je repète ma question, est-ce que tu aimes les chats?
Pourquoi je suis là.
Z- Non.
Sugar me fixe.
S- Non j'y arrive pas.
Je me lève.
Z- C'est pas grave.
Bo- Eh, non, tu fais quoi là, on a pas fini.
Je regarde les autres à côté de nous.
Z- Non, je vais pas servir de cobaye juste pour voir à quelle Conscience elle est liée. C'est le Climat je vous signale, elle peut quasiment tout faire, ça sert à rien de forcer, elle y parviendra toute seule en temps voulu.
S- C'est vrai ça.
Je rigole quand elle prend un air faussement assuré.
S- Je suis le Climat, pour le reste euhhh.. Je suis pas sûre..
Je rigole faiblement avant de quitter la pièce à la recherche de Mihawk.
La bibliothèque.
J'en prends le chemin mais me fais interrompre par quelqu'un que je ne connais pas.
?- Monsieur, si vous voulez bien me suivre.
Il s'incline devant moi et me montre le chemin à suivre.
Mon sixième sens se met en route.
Z- Oui, bien sûr.
Je reprends le chemin de la grande salle que j'avais quitté une heure plus tôt.
Il m'ouvre la porte et je me retrouve une nouvelle fois face au conseil. Mihawk est là, à l'autre bout de la table, nerveux comme tout.
Je prends place à la chaise vide en face de moi.
Z- Qu'est-ce qu'il se passe...?
?- Il est temps de parler de toi un peu Zoro.
Je mets tout de suite ma carapace de bonnes manières.
Z- De nous vous voulez dire, je sais déjà de quoi nous allons parler, Mihawk n'est pas un figurant, je vous prierais donc de l'intégrer à cette discussion.
?- Bien sûr.
Ils s'échangent tous un regard alors que Mihawk cherche désespèrement le mien, je lui souris tendrement en lui disant silencieusement que ça va le faire.
?- Bien, comme Bartoloméo a dû vous l'expliquer, vous êtes liés par les Tissueurs de Fils.
Z- Etiez.
?- Pardon?
Z- Nous ne sommes plus unis de leurs faits.
Un d'entre eux rigole faiblement.
?- Les choses ne marchent pas comme ça Zoro.
Hein?
-Non reste calme.
Z- C'est à dire?
?- On ne casse pas un Fil de Tisseur, vous êtes toujours liés par cette malédiction, la preuve, tu ressens encore tout de lui n'est-ce pas?
Il tourne la tête vers Mihawk.
?- Et inversement, pas vrai?
Nous hochons la tête en même temps.
?- Vous n'avez rien rompu, c'est juste que l'amour que vous semblez vous porter est plus fort que l'attirance qui vous a été imposée.
Z- Mais, ça ne change rien, pas vrai?
?- Si un jour vous ne vous aimez plus, tout redeviendra comme avant Zoro.
Z- C'est pas du tout d'actualité en tout cas.
Je le fusille du regard ce qui fait rire Mimi à l'autre bout de la table.
?- Nous ne savons, en réalité, pas grand chose sur la dynamique qui vous unis, nous n'avons jamais vu deux "spécimens" en même temps.
M- Pourquoi ça?
?- Le père de Zoro par exemple.
Je tourne la tête vers celui qui parle, interpellé par le sujet.
Z- Mon père? Vous avez vu mon père?
?- Bien-sûr, il était au courant de son don.
Z- Il avait une personne liée lui aussi?
?- Bien sûr Zoro, cela concerne tous tes ancêtres. Donc, pour en revenir à ce que je disais.
Il se reconcentre sur Mihawk.
?- Le père de Zoro a croisé trois fois sa personne liée au cours de sa vie. La première, ils ont eux ce "coup de foudre" que vous avez sûrement expérimenté. La deuxième, ils se sont fait du mal. La troisième a été la dernière puisque la personne liée de son père a mit fin à ses jours après que ce dernier ai refusé d'abandonner sa femme pour elle.
Je reste immobile.
Z- Quoi..? Mais comment ça? Pourquoi?
?- Tu n'es pas prêt à entendre toute l'histoire. Il y a un temps pour tout.
?- Et tout ça pour dire, en général, les personnes liées ne vivent jamais bien longtemps, consummé par l'amour et la dépendance irréciproque.
Mihawk baisse la tête, bien trop concerné par ces paroles.
Z- Eh, surveille ta façon de parler.
?- Ce n'est que la vérité Zoro, c'est un réel miracle que cela fasse désormais plus de deux ans que Mihawk se trouve à tes côtés.
Z- Ca dure combien de temps normalement..?
?- Une dizaine de mois, à notre connaissance un an au maximum. La personne liée décède, et le Porteur lui se retrouve comme à moitié mort pour le reste de sa vie.
Z- Et pourquoi c'est différent avec nous?
?- Bonne question, nous voulions en parler avec vous, pour essayer de comprendre.
J'interroge Mimi du regard.
M- Oui, on a besoin de comprendre aussi je crois.
-
Point de vue de Ace
-
J'attrappe mon paquet de cigarette et m'allume une clope.
Rien de mieux qu'un bain et une clope en même temps pour réflechir.
-Tu as peur de quoi au juste?
D'être moi?
-Qu'est-ce que tu entends par là?
Bah, je me connais tu sais, et toi aussi d'ailleurs, tu sais de quoi je parle. J'ai pas envie de profiter d'elle comme je lui ai dis.
-Ah ça, oui, tu as bien fais, c'était franc de ta part. Mais je ne ta parlais pas de ça Ace.
De quoi est-ce que tu me parlais alors?
-Du fait que tu ne seras jamais proche d'elle par peur de ce que Luffy en pensera, la seule raison pour laquelle lui lui as dit ça, c'est parce que tu as peur de Luffy.
Peut-être, mais de toute façon, c'est lui que j'ai-
-Non, tu ne l'aimes pas Ace, tu as peur de lui.
N'importe quoi..
Je cendre par terre, à côté de la baignoire.
-J'ai raison Ace, tu fais tout pour lui plaire non pas parce que tu l'aimes mais parce qu'il t'effraye. Réflechis bien à ça.
Si ça te fait plaisir.
Je sors de la baignoire et la fait se vider pendant que je vais sous la douche juste à côté. Ca c'est le grand luxe.
Je fini de me laver et passe une serviette autour de ma taille avant de me mettre devant le mirroir plein de buée. Un courant d'air se fait sentir. J'efface la buée de ma main et frôle l'arrêt cardiaque. Je me retourne vers elle
A- Fait chier Sugar!
Je me tiens le coeur pour éviter qu'il ne sorte de ma poitrine.
A- Les portes c'est fait pour toi aussi!
Elle a l'air tout aussi perdue que moi, elle se cache les yeux.
S- Désolé j'ai pas l'habitude d'utiliser les portes!
Elle fait de la vapeur et continue de se faire toute petite.
Je rigole un peu.
A- C'est pas grave, fait juste gaffe la prochaine fois.
Je me reconcentre sur mon reflet et essaye de démeler mes cheveux, pensant qu'elle allait s'en aller, je la regarde dans le mirroir.
A- Tu voulais quelque chose?
Elle fixe mon dos, la bouche ouverte et les larmes aux yeux.
A- Te préoccupe pas de ça, c'est vieux, c'est passé.
Je lui fais face à nouveau.
S- Ca te fait mal..?
A- Non, plus maintenant, pas besoin d'être triste pour si peu.
S- Qui est-ce qui t'as fais ça...?
A- C'est pas important Sugar.
Elle altèrne son regard entre mes deux yeux, les siens finissant par lâcher une larme chacun.
S- Si c'est grave.. Comment tu peux avoir aussi peu de considération envers toi même Ace..
A- C'est de la résiliance.
Elle inspecte le reste de ma peau visible. Je m'appuie contre le lavabo et la laisse faire.
A- Pourquoi tu te fais du mal comme ça?
Elle ne dit rien et relève les yeux vers moi.
S- J'ai les mêmes blessures, mais moi ça vient d'un accident, et ce n'était pas si grave que ça. Ca me fait de la peine de savoir que tu as fais ça.
A- Tu ne sais rien, c'était il y a longtemps.
Elle me tourne le dos et fait disparaître sa cape tout en créant un dos nu à sa robe.
S- Je m'entrainais à voltiger, j'ai repris forme humaine sans comprendre pourquoi.
Elle me fait face à nouveau.
S- Donc je sais de quoi je parle Ace, pourquoi..?
A- Il n'y a pas de raisons.
Je lui tourne le dos.
A- Tu peux me laisser maintenant?
S- T'as pas sauté sans raison Ace.
A- Ca ne te regarde pas.
Elle pose sa main sur mon dos, je me retourne et manque de la fraper.
A- Recule.
S- Tu n'as pas besoin de cacher ta peur par de la colère Ace.. La peur te va mal.. Ils n'ont jamais vu n'est-ce pas?
A- Si, mais ils ne savent pas, sauf Sabo et Luffy.
Fait chier.
A- Et pis déjà pourquoi je t'en parle hein? Sors de là.
Je lui pointe la porte.
S- D'accord, désolé Ace.
A- C'est pas contre toi.
S- Je sais bien ne t'en fais pas.
A- C'est juste que...
S- Ne te force pas pour moi.
A- Ils savent tous que ça m'est arrivé, ils connaissent la cause et la conséquence sans savoir que c'est lié. J'ai jamais raconté l'histoire à personne, j'ai essayé, plusieurs fois j'ai essayé d'en parler, mais j'y arrive pas, et, comme tu le dis, la peur me va mal. Je ne veux pas faire preuve de violence envers toi. Et, je te connais pas. Ce n'est pas à toi que je le raconterais si j'en avais la force.
S- Parce que tu ne me "connais pas" ou parce que tu as peur de ce que les gens que tu "connais" diront?
A- J'en sais rien.
S- D'accord, je comprends. Je te laisse dans ce cas.
Elle disparaît sans me laisser le temps de répondre.
A- Fait chier.
Je m'habille et sort de là.
Fait chier putain.
Je remonte dans ma chambre.
Fait chier. Ca me soûle.
Je prends le premier truc qui me passe sous la main et le balance contre un mur.
A- Merde!
"La peur te va mal"
Je sais putain!
Je me laisse tomber sur mon lit.
A- Fait chier.
Je me relève et retourne à la salle de bain, m'enfermant à clé une fois de plus.
Je retire mon haut et regarde mon dos dans le reflet.
-Tu regrettes..?
Regretter quoi?
-De l'avoir envoyé chier comme ça alors qu'elle était morte d'inquiètude.
Un peu..
Je passe le bout de mes doigts sur un bout de ma cicatrice.
Mais ça fait trop mal.
Je soupire et récupère mon haut.
Faut que je fasse recouvrir ça.
-Enfouir tes problèmes ne les résoudra pas.
Merci Sherlock.
Je le remet.
Je prends une grande inspiration.
A- T'es là?
Elle n'apparaît pas.
Je sors de la salle de bain et prends le chemin de sa chambre.
Je toque.
A- T'es là?
Pas de réponse.
Je toque encore.
A- Sugar?
R- Elle est dehors.
Je sursaute un peu.
R- Désolé.
A- C'est pas grave, merci de l'info.
Je retourne à ma chambre et me met au balcon, regardant le ciel.
Elle est où?
S- En bas gros béta.
Je baisse la tête.
S- J'ai des jambes aussi tu sais.
Elle monte jusqu'à moi.
S- Je te manque tellement que tu me cherches?
Je me renfrogne.
S- Je rigole, susceptible que tu es.
Elle s'appuie contre la rambarde.
S- Tu voulais quelque chose?
A- Je me suis fais ça en me -
S- Je sais, je t'ai dis, j'ai la même, les médecins ont dit que c'était la blessure typique de ce genre d'accidents, ne te force pas Ace.
A- Pourquoi as-tu pleuré?
S- Parce que je te connais, et, j'ai une vague idée d'à quel point tu devais souffrir pour en arriver là, j'ai bien vu ton air soulagé quand je te laissais tomber dans le vide lorsqu'on jouait.
Je sors une cigarette.
A- C'est du passé, je vais mieux tu sais.
S- De toute façon, je serais toujours là pour te rattraper maintenant.
Je détourne le regard pour ne pas trop montrer que ça me touche.
A- Ne dis pas de chose aussi stupide.
S- Je suis sincère Ace.
A- Peu importe..
S- Tu me cherchais pour ça?
A- Je ne sais pas pourquoi je te cherchais à vrai dire.. Je.. Je pense que j'apprécie ta compagnie..
S- Moi aussi j'aime bien ta compagnie.
A- Tu m'as stalké je ne sais combien de fois, j'avais cru comprendre.
Je lui souris pour montrer que ça n'a rien d'une reflexion.
S- Je te trouve passionnant, j'ai énormement appris sur moi-même en t'observant, j'espère que tu en ferras de même en passant du temps à mes côtés.
A- Je l'espère aussi dans ce cas.
S- Je peux te poser une question? Je sais que tout le monde te la pose mais..
A- Je t'écoute.
S- Pourquoi est-ce que tu restes autant attaché à Luffy, à lui courir après à tel point que tu donnes l'impression d'oublier que tu es une personne à part entière?
A- Je l'aime, énormément.
S- C'est ça que tu appelles de l'amour..?
A- Ecoute, Zoro m'a déjà fait la réflexion des millions de fois et-
S- Mais si Zoro te le répète en boucle, c'est qu'il en sait quelque chose, et tu le sais, non? Regarde la situation dans laquelle il a été avec Mihawk par exemple, de loin oui ça n'a rien à voir je sais, mais regarde de plus prêt, tu aimes quelqu'un, tu es tiraillé, tu sais pas si tu dois te battre pour ça ou laisser couler, tu sais pas ce que tu dois faire, tu te sens bien qu'avec cette personne à tes côtés. Je pense que si il te dit tout ça, c'est qu'il en sait quelque chose.
A- Y'a pas que ça.
S- En plus. Tu vois tu le sais tout seul sans qu'on ai besoin de te le rappeler.
A- Je veux juste être avec lui..
S- Je peux être honnête?
A- Vas-y..
Elle prend une grande inspiration et cherche ses mots quelques secondes.
S- Tu l'aimes pas, t'as juste connu que son amour dans ta vie, après tout, tu le connais depuis que vous êtes gosses non? Il est la seule relation sérieuse que tu ai jamais eu, non?
Je hoche la tête.
S- T'as tout fait avec lui, t'as tout découvert avec lui, donc, c'est normal que tu penses que ta vie s'arrête si il n'est pas là quand tu as passé toute ta vie avec lui, tu sais pas ce que c'est de vivre sans lui. Ca fait peur, et c'est tout à fait normal. Il t'as beaucoup donné, je le conçois, mais il t'as pas donné que du bien et tu le sais. T'es pas amoureux, t'as peur. Peur qu'il se fasse du mal, peur qu'il fasse sa vie sans toi, mais je pense que t'as juste peur que quelqu'un d'autre le rende heureux. T'as toujours existé pour lui plaîre, tu penses que t'es bon qu'à ça, plaîre à Luffy. Mais non Ace, t'es pas qu'un projecteur qui existe juste pour le mettre en valeur, tu es toi, Ace.
Elle me sourit, c'est pas des reproches qu'elle me fait en fait.. Elle me tire vers le haut.
S- Tu vois ce que je veux dire..?
A- Plus ou moins oui...
S- Si tu pouvais faire quelque chose, là tout de suite, sans que personne ne le sache jamais ni que ça n'ait aucune répercution sur quoi que ce soit à l'avenir, qu'est-ce que tu ferrais?
Je fixe mes pieds.
J'en sais rien, qu'est-ce que je ferais? Bonne question..
A- Je pense que je partirais...
S- Faire quoi?
A- Voyager en solitaire, découvrir le monde de mes propres yeux, vivre au jour le jour, me débrouiller avec ce que j'ai, ce que je gagne, ce que j'échange..
Je relève la tête vers Sugar et elle me sourit.
S- C'est bien ça comme idée, j'aime vraiment beaucoup, et ça te va bien. J'espère que si tu réussis à faire ça un jour tu m'enverras des cartes postales.
A- Tu me dis pas que c'est stupide?
S- Non.
A- Tu me dis pas non plus que pour le moment ça sert à rien d'y penser parce que je ne peux aller nulle part..?
S- Non plus, si c'est ton rêve, fait tout pour que ça soit possible, fonce Ace.
Elle ne perd pas son sourire, elle y croit..?
Les battements de mon coeur changent de sonorité.
Merde.
S- Si c'est vraiment ce que tu veux, alors c'est tout ce que je te souhaite.
Je souris, sincèrement.
A- Merci Sugar.
S- Je t'en prie!
Elle se volatilise en flocons et retourne à l'intérieur.
S- Tu viens? T'es déjà malade faut pas en rajouter.
Je rentre et referme la porte fenêtre, j'allais dire qu'il faisait froid mais je sens l'air se réchauffer, je la regarde, debout au milieu de la pièce les yeux fermés, la paume des mains vers le haut.
A- Tu fais du yoga?
Elle rigole et je sens l'air retomber.
S- Non, je me concentrais, merci de m'aider imbécile, ça fera l'affaire, si tu as froid tu ne peux t'en prendre qu'à toi même.
Elle me tire la langue.
A- C'est pas des manières ça.
Elle rigole cachée derrière sa main.
Merde.
Elle va vers le lit et attrape un oreiller, elle me le jette dessus.
S- Je te permets pas de critiquer mes manières.
Je la regarde faussement choqué en rattrapant l'oreiller qui tombe de mon visage.
A- Tu viens de faire quoi là?
Je m'approche d'elle, arme à la main.
S- Rien.
Elle regrette instantanément son attaque fourbe et essaye de fuir.
A- Jamais tourner le dos à son adversaire.
Je lui lance dessus, peut-être un peu trop fort parce qu'elle manque de tomber en avant et ses cheveux font des flocons.
A- Ca va?
Elle récupère l'oreiller au sol. Elle me lance dessus, très mal puisqu'il passe bien au dessus de ma tête.
-Grossière erreur.
Elle dispraît, attrape l'oreiller en l'air et me le fracasse sur le sommet de la tête en tombant avec.
Je suis à terre, vaincu.
S- J'ai gagné.
Elle est couchée à côté de moi, pliée de rire.
Je me frotte la tête.
A- Aïe, c'est comme ça que tu prends soin des gens malade toi?
S- Pauvre chou..
Elle pose sa main sur ma tête et je la sens refroidir.
S- Comme ça t'aura pas de bobo.
Je dégage sa main en me relevant.
A- Eh, si c'est pour me ridiculiser, ça ira.
Elle se relève aussi.
S- Mauvais perdant.
A- Oui, sans aucune honte.
Elle rigole.
S- Tu te sens mieux?
A- Oui.
J'en avais même oublié que j'allais mal pour être honnête.
S- Tant mieux alors. Tu voulais parler d'autre chose?
A- Pas spécialement.
S- On rempli une autre case de ma liste?
A- Comme quoi?
S- Un câlin.
A- T'as jamais eu de câlin?
S- Non.
Je la prends dans mes bras sans hésiter.
Ses cheveux sentent la pluie fraîche d'été. Son souffle est brûlant, tout au contraire de sa peau glacée. Je sens qu'elle laisse ses bras autour de moi, mais sans me toucher. Je prends ses mains et les pose dans mon dos. Elle se recule sans les retirer et me regarde avec des grands yeux pleins de tendresse avant de revenir contre moi.
S- Merci.
Je souris et on reste comme ça je ne saurais dire combien de temps, sa peau commence à se réchauffer et l'odeur de pluie de ses cheveux s'efface petit à petit. Je sens ses doigts bouger dans mon dos et je sens aussi que je me crispe sans le vouloir, immédiatement, elle arrête de bouger, et même sa respiration semble être en suspend. Pour une raison qui m'échappe, je la laisse faire. Elle repose doucement des doigts, la pression qu'elle met est aussi légère qu'un courant d'air.
Elle les fait courir le long de ma colone vertébrale, doucement, et au fur et à mesure des montées et descentes de ses doigts, je me détends.
Elle sourit contre moi.
A- Qu'est-ce qu'il se passe?
S- Ton coeur se réchauffe.
Ces mots me font sourire à mon tour.
A- Je vois..
Elle essaye de passer ses doigts sous mon pull, j'inspire profondément et la laisse faire, la serrant un peu plus fort contre moi, mon nez un peu plus dans ses cheveux. Elle passe sur ma cicatrice et l'odeur de pluie fraîche revient, c'est ses sentiments..?
Elle recule sans enlever sa main.
S- Je suis vraiment désolée pour toi Ace.
Il n'y a pas une once de pitié dans ses yeux, dans ses mots ou son timbre de voix. Elle est juste sincère.
Le bout de ses doigts refroidit également.
A- Tu n'as pas à être triste pour ça..
Elle ne dit rien et recolle sa tête contre moi.
S- Tu en as d'autres?
Ses doigts glissent sur mon flanc et je me sens frémir.
A- Beaucoup d'autres, mais ce n'est pas le moment pour ça.
Elle retire sa main et se recule, se détachant complétement de moi en souriant.
S- Merci Ace.
Fait chier.
A- Tu n'as pas à me remercier.
