RàR Guest : Certains chapitres étaient écrits depuis plusieurs semaines, mais il y avait des trous… Et comme je fais le Nano sur cette fic, dès que je comble un trou je peux poster un ou deux chapitres en plus. C'est pour cela que je publie vite en ce moment, mais ça risque de ne pas durer !
Sinon oui Ecthelion va en baver avec son vœu de chasteté… Mais je le laisse un peu tranquille dans ce chapitre.
Chapitre 20 : La peur
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Glorfindel et Rog prenaient un verre à l'Auberge du Palais, la taverne la plus huppée de la ville. Rog était vêtu de rouge, Glorfindel de vert et d'or.
« Rog, vous me connaissez bien », dit Glorfindel en buvant son troisième verre d'hydromel. « Vous savez que je ne suis pas un couard, et que sur le champ de bataille, il y en a peu qui puissent me disputer la palme du courage. »
Rog hocha la tête.
« Cependant, il y a deux choses dans la vie qui me terrorisent. »
Le forgeron fronça les sourcils.
« La première, hé bien, c'est… la philosophie. Eru sait que je n'y ai jamais rien compris. Et quand Penlodh et le Roi commencent à en parler, je ne sais plus où me mettre, j'ai l'impression d'être le dernier des idiots. Le pire, c'est quand ils se mettent à me demander mon avis. Mais comment donner son avis, quand on n'a même pas compris la question ? J'ai commencé à en développer des maux de ventre, et je ne parle même pas des sueurs froides que je ressens durant leurs discussions interminables, tant j'ai peur qu'ils m'interrogent. »
Rog acquiesça.
« Je vois, moi non plus je ne comprends pas toutes ces finasseries d'intellectuels. Mais j'ai la chance qu'ils ne m'invitent pas souvent à leur table, et encore moins qu'ils me demandent mon avis. Mais quelle est la deuxième chose qui vous fait peur, si la philosophie est la première ? »
Glorfindel baissa les yeux.
« Je n'ose… C'est tellement embarrassant. »
« Vous pouvez tout me dire. Cela ne dépassera jamais la barrière de mes oreilles, vous avez ma parole. »
« Hé bien… J'ai une phobie particulière… Depuis Valinor… C'est assez ancien… Et assez ridicule, pour quelqu'un de mon statut. »
« Dites. »
« J'ai peur des grosses bêtes. »
« Les grosses bêtes ? Qu'entendez-vous par là ? »
Le beau visage se Glorfindel se tordit en une grimace angoissée.
« Les gros monstres, avec des pinces, des pattes poilues, des ailes membraneuses, des cornes… Oh Varda, je ne peux même pas les regarder en face ! »
« Vous voulez dire… vous avez peur des balrogs ? »
Glorfindel hocha la tête piteusement.
« Et des araignées géantes ? »
« Hélas oui. Rien que d'y penser, je peux être pris d'une crise de panique. »
« Et des calamars géants ? »
« Ne me rappelez pas de mauvais souvenirs ! »
« Et des vampires ? »
« Oui. »
« C'est pour cela que vous aviez accepté qu'Ecthelion aille délivrer Orodreth ? »
« Je l'avoue. C'est odieux de ma part, n'est-ce-pas ? Je ne suis qu'un lâche. Pourtant je n'ai pas peur de mourir, ni de souffrir. Mais dès qu'il s'agit de grosses bêtes monstrueuses, c'est comme si je perdais le contrôle de moi-même. »
Deux siècles et quelques décennies plus tôt.
Les tentacules étaient soudain sorties de l'eau gelée, comme à la recherche d'un Noldo en tenue d'esquimau à consommer pour leur dessert.
Glorfindel, pâle comme un linge, avait réussi à se mettre derrière Penlodh, qui était plus grand que lui et portait un cache-oreilles en peau d'ours blanc.
« Je m'en occupe, Père ! », s'écria soudain Fingon le Vaillant.
Le Prince s'avança, en bottes et capuche fourrés. Il commença par lâcher quelques flèches sur la partie immergée de la bête qu'il parvenait à distinguer, puis dégaina son épée et se mit à frapper les tentacules. Du sang troubla la transparence de l'eau, et le Monstre regagna les profondeurs.
« Bravo mon fils ! », s'exclama le sage Fingolfin en élevant son bâton de pèlerin. Il se tourna vers la foule et l'apostropha. « Et maintenant, mon Peuple, poursuivons notre Grande Marche ! »
La colonne formée de milliers d'elfes s'ébranla, et se remit en route, dans son Exode.
« Messire, il y a quelque chose dont vous avez peur ? », demanda un jour Belin le Blond au Seigneur de la Fontaine, tout en astiquant son bouclier.
« Non. Et vous ? »
« J'avouons que j'ai un peu peur des serpents. »
« Vous êtes très courageux vous savez, pour quelqu'un qui n'avait jamais quitté son moulin. »
« Merci monseigneur », répondit l'humain, les joues rouges.
« Oh, mais j'y pense… Si, il y a quelque chose qui me fait peur. »
« Quoi messire ? »
Mais Ecthelion ne répondit pas.
« Mon fils Fingon n'a peur de rien, sauf d'une chose », déclara un Fingolfin joyeux lors d'un banquet donné dans sa capitale de Barad Eithel.
« Laquelle Père ? », dit Fingon l'air à la fois amusé et sceptique.
« Le mariage ! », répondit Fingolfin en le fusillant du regard.
