Une Affaire de Famille
AN : Voilà le prochain chapitre. J'espère que cette histoire vous plaira.
N'hésitez pas à me laisser des reviews, tout avis est bon à prendre ! Bonne lecture
Chapitre 3 :
Il ferma la porte de sa chambre et d'adossa contre le bois frais, le faisant frissonner. Il sortit son téléphone et appela Jessica.
-Maison Winchester.
-Bonjour, toi.
-Bonjour, mon cœur. Comment avancent les choses ? Tu as trouvé une piste pour ton frère ?
Sam serra sa prise sur son cellulaire, chassant ses souvenirs de la journée.
-Non, pas encore.
-Tu vas le trouver, j'en suis sûre. Tu as intérêt à le ramener à la maison : je vous ferais des cookies.
Il se détendit et ria légèrement, passant sa deuxième main sur sa nuque la massant doucement.
-Karen est passé te voir ?
-Ne m'en parle pas ! Tu ne m'avais pas dit que ton dossier original ne te demandait que 20 minutes de voitures et que c'est ELLE qui t'a envoyé à l'autre bout du pays.
Sam connaissait bien ses réactions et avait choisi de ne pas lui en parler pour protéger Karen de l'impulsivité de Jessica.
-J'ai…omis ce détail pour son bien.
-Elle s'est pris les carottes dans la gueule !
Le jeune homme imagina la scène et la moue de sa chérie ainsi que la surprise de Karen et explosa de rire. Un fou rire qu'il avait du mal à arrêter et qui lui fit du bien après ce qu'il venait de vivre.
-Ne te méprends pas, je suis plus qu'heureuse que cette affaire te mène peut-être vers ton frère. J'ai juste réagi par instinct.
-Je ne t'en aime que plus chaque jour !
-Moi aussi mon cœur.
Sam leva les yeux vers l'horloge et entendit son ventre crier famine.
-Ecoute…Je…je ne sais pas quand je pourrais te rappeler. Les choses commencent à s'accélérer et je risque d'être prit dans l'affaire.
-Donne-moi juste signe de vie par message pour me rassurer ?
-Bien sûr.
-Bonne nuit, Sam.
-Bonne nuit, Jess.
Il raccrocha, ouvrit le frigo et tomba sur le pack de bière qu'il avait acheté la veille. Il en avait bu une avant de s'endormir appréhendant de revoir son frère. A juste titre vu comment les choses se sont passées. Il attrapa quelques aliments et referma le frigo pour se préparer un simple sandwich.
Refusant de penser plus à sa journée, il alla se mettre au lit. Il se battit avec Hypnos priant réussir à atteindre le Dieu des rêves. Le jeune guerrier se sentit partir et dériver : Il a dû triompher.
Repartir à la charge. Ce fut sa première pensée en ouvrant les yeux ce matin-là. Il utilisa sa conversation de la veille avec Dean pour s'endurcir et se sentit prêt à l'affronter pour un deuxième round. Il n'allait pas baisser les bras et ferait ce qu'il pouvait pour son frère. Il était déjà debout et se dirigea vers la cuisine de sa chambre de motel pour se servir un café. Remarquer qu'il ne voulait pas prendre de petit-déjeuner depuis qu'il avait remis les pieds de ce motel lui fit manquer Jessica et Dean encore plus. Il avait tellement de choses auxquelles penser et l'idée de manger lui paraissait futile mais son frère et l'amour de sa vie lui ont toujours mis un copieux repas sous le nez.
Il reprit sa place de la veille sur le parking devant l'établissement représentant l'autorité. Sam pouffa un instant. S'ils savaient vraiment ce qui se tramais dans ce monde et à quel point ils sont inutiles dans leurs uniformes bleus avec cette fichue arme de poing à la hanche. Ils ne feraient même pas peur à un fantôme vengeur avec cet attirail. Son ancienne vie avait repris le dessus jusque même dans ses réflexions. Il pensa à Jessica et à la vie qu'il aspirait avec elle, la chérir jusqu'à la fin de ses jours et son cœur balança. Le jeune homme secoua la tête voulant effacer ses dernières pensées et se concentrer sur son grand frère.
Il entra dans ce commissariat et se dirigea mécaniquement vers le guichet.
-Maître Winchester. J'ai eu un…empêchement hier durant mon entretien avec mon client.
Un officier hocha la tête et le guida en silence à travers ce même couloir jusqu'à se retrouver devant cette même porte. Seulement cette fois la pièce était vide.
-Nous ne vous attendions pas, il est encore en cellule mais on vous le ramène.
Sam s'assit et patienta, ne pouvant s'empêcher de se demander comment serait Dean aujourd'hui. Une once d'espoir le traversa qu'il pourrait par sa présence gratter l'armure de son frère et le retrouver. Elle céda rapidement se remémorant les paroles qu'ils avaient pu avoir. Il se dit que ça n'importait que peu, qu'il s'était préparé et pourtant…il n'arriverait jamais à se faire à ça et qu'aujourd'hui allait le toucher tout autant.
-Qu'est-ce que tu fais là ?
La voix de Dean le sortit de ses rêveries. Il se tourna vers lui et fut déçu de ne percevoir rien de changer chez lui par rapport à la veille. Il attendit que l'homme plus âgé soit installé et l'officier parti pour se redresser, poser ses mains croisées sur la table et répondre.
-Je viens défendre mon frère.
Ce que fût autrefois son grand frère débordant d'amour éclata d'un rire rauque à faire peur. Il riait à gorge déployer et Sam se prépara à la réponse cinglante qui allait venir.
-Ton frère ? De la famille tu ne gardes que le nom de famille.
Sam sentit l'air être expulsé violemment de ses poumons. Il s'attendait à ne pas être cajolé par Dean mais son aîné le surprenait de violence, de cet acharnement presque animal. Cette frappe douloureusement réaliste, coupa le cœur du jeune frère. Il sentit son cœur brûler de douleur à la réalisation qu'il avait perdu sa relation avec son frère, peut-être éternellement.
-Je vais sûrement mourir, écoper de la peine de mort.
Comme si Sam n'était pas assez rabaissé, dans un état suffisamment pitoyable de ses émotions, les paroles de son frère lui assénèrent un coup puissant. Il eut la sensation que le sol se craquelait sous l'impact. A ce rythme il se casserait complètement et se déroberait sous ses pieds sans qu'il ne puisse y faire grand-chose.
-Je refuse de laisser ça arriver !
-J'aurais pu mourir avant Sam et tu n'en aurais rien su, peut-être même que tu t'en fichais.
Le jeune homme sombra. C'est officiel et il l'avait pourtant prédit : le sol s'était dérobé sous lui. Il fut assailli de culpabilité sombre. Jusqu'à la planification de son mariage avec Jessica il n'avait pas une seule pensée à sa famille. Aux dangers constants et à l'espérance de vie relativement courte des chasseurs, même des meilleurs. Dean n'avait pas tort, il n'en aurait rien su et aurait continuer à vivre dans l'amour et la joie avec sa Jess. Il pensait avoir connu l'horreur, de croire en la possibilité de la mort de son grand frère quand il n'avait pas réussi à le joindre mais l'idée des plus simples que Dean venait de lui envoyer à la gueule l'écorcha à vif.
-Tu la ressens n'est-ce pas ? La culpabilité ?
Sam était tétanisé, il releva les yeux vers son aîné et ne put sortir aucun son de sa bouche. Le voulait-il vraiment ? Quoi qu'il puisse dire il avait l'impression que ça ne permettait qu'à la violence de continuer son ascension toujours plus haut. Dean lâcha un petit rire qu'il ne put réprimer. Apparemment, même son silence ne pouvait arrêter sa course.
-C'est bien ce que je me disais. Mon cher frère : la culpabilité est une compagne plus douloureuse que la mort.
Cette tannée effroyablement douloureuse, lacéra le cœur du jeune frère. Son pauvre palpitant réduit à des braises saignantes peinait à continuer son rôle et s'accéléra d'un coup.
Il entendait battre son cœur si fort et si vite, le sang affluait à ses tempes violemment tels des coups de marteau.
-Calme-toi Sam, je sens ton cœur battre à tout rompre d'ici, tu vas le faire exploser.
Se calmer ? Oui. Il essaya de calmer sa respiration en priant que cela puisse suffire pour détendre son organe endommagé. Au bout de quelques instants qui parurent être des heures sous le regard stressant de son aîné, il prit une grande inspiration.
-Je reviendrais te voir quand j'aurais plus étudié ton dossier.
-Cette histoire se finira forcément mal, Sammy.
Il se leva et se dirigea vers la porte refusant d'entendre les dernières paroles de son frère. Au moment où il posa la main sur la poignée, Dean surenchérit.
-Je n'ai pas besoin de toi pour me sortir de ce merdier, p'tit frère.
Sam s'était figé en entendant le son de la voix de son frère mais il ne daigna pas se retourner ni lui prendre la peine de lui répondre. Il devenait fataliste au sujet de son aîné. Au fond, une partie de lui comprenait qu'il pouvait le mériter mais il avait tellement espéré retrouver leur relation si naturelle et si forte qu'ils avaient eu. Il réclama le dossier complet de ce « John Doe » à l'accueil et prévenu qu'il ne devrait pas revenir avant un moment et qu'il cesserait de passer à l'improviste. L'officier le remercia et il quitta enfin le commissariat. Il prit une grande bouffée d'air frais, le dossier qu'il tenait dans sa main lui pesait mais il était temps de se mettre au travail.
