Mon voisin de palier est étrange.
J'ai un nouveau voisin de palier que j'ai rencontré dans le lobby de mon immeuble à logement en attendant l'ascenseur. La bâtisse où j'habite est un trou à rat prêt à s'effondrer au moindre coup de vent. Cependant, c'est la seule place que je pouvais me payer. Mon appartement est au 4e étage et l'ascenseur est en panne plus souvent qu'autrement. Je reviens de l'épicerie, les bras pleins de sac, lorsque je suis parti le putain d'ascenseur fonctionnait. J'ai donc attendu pendant cinq minutes devant les portes closes en attendant qu'elles ouvrent. Ma rage risque de déborder de frustration. J'ai levé le pied pour frapper dans la porte, je suis fatigué et mes bras me font mal et je ne veux pas utiliser les marches. J'ai stoppé mon mouvement car une personne appuie sur le bouton d'appel sans succès. Je ne l'ai jamais aperçu auparavant. Une tête de plus que moi, il semble en pleine forme. Ses cheveux sont noir corbeau, il ne semble pas avoir plus de 30 ans au maximum. L'immeuble abrite principalement des familles démunies, des anciens taulards ou des gens seuls comme moi, sans famille ni rien d'autre. Il n'a pas l'air de vivre ici, il semble trop distingué pour ce bled pourri. Il ressemble plutôt à un homme qui serait ici pour venir récupérer de l'argent. J'abaisse mon pied, je me recule un peu, je ne veux pas être trop près de lui. Je connais ma place dans la chaîne alimentaire, et ma place était en bas de lui. Il pose son regard sur moi lorsque je bouge, son regard noir d'encre me dévisage de la tête aux pieds. Je sens de la sueur s'accumuler dans mon cou sous l'intensité de son regard. Je commence à me sentir malade de stress comme si je vais vomir. Alors il pointe du pouce les portes de métal toujours fermées.
"Briser ? "
Il me demande, il a une petite trace d'accent que je suis incapable de deviner la provenance. Je laisse échapper un souffle que je n'ai pas remarqué que je retenais et je secoue la tête positivement. Pas encore certain d'être en mesure de parler. Il promène son regard dans le lobby pour finalement apercevoir les escaliers. À cause de plusieurs cambriolages, le propriétaire barre l'accès aux escaliers, mais n'a toujours pas conçu la façon de bloquer les gens d'accéder aux étages supérieurs par les ascenseurs. Mais ils sont si souvent en panne qu'il n'a pas vraiment besoin de se casser la tête. L'homme sort une clé de son pantalon pour déverrouiller la porte de la cage d'escalier. À ma surprise, il déverrouille la porte et la tient ouverte pour moi. Je me dépêche de le suivre transportant mes sacs pesants, je tente de le dépasser le plus rapidement possible. Je commence donc à escalader les escaliers lentement, il va pouvoir passer à mes côtés sans problème. Mais l'homme reste derrière moi à de quelques marches de distance et mon stress revient en force. Mais en bout du compte, je suis content qu'il le fasse. Au deuxième palier, je sens une des poignées de mes sacs cassés, et je manque de tout échapper alors que je tente de le rattraper. Et je recule de deux trois marches, non seulement l'étranger me rattrape d'une main, mais il réussit à rattraper mon carton d'œuf de l'autre. Je bégaie une excuse alors que mon sac d'orange lâche à son tour pour dévaler les escaliers. Il semble être le genre d'homme à se mettre en colère facilement. Mais à la place, il secoue la tête et m'aide à me remettre correctement sur pied.
"Garçon, idiot. Je t'aide. "
Cette fois-ci, je perçois un accent russe lorsqu'il parle cependant, il ne ressemble pas du tout à un Russe. Il possède des traits fins et délicats, semble beaucoup plus asiatique qu'à autre chose. L'accent qu'il tente vainement de masquer est très évident. Les quelques minutes suivantes, nous gravissons ensemble le reste des marches en se partageant mon fardeau, il a réparé le sac, mais il ne me l'a pas redonné. Il me fait ainsi comprendre qu'il va apporter le sac déchiré ainsi que mes œufs jusqu'à mon appartement. Car il ne peut pas me faire confiance dans les marches. Mon visage est rouge de gêne, personne ne m'aide jamais, et je ne sais pas comment réagir à ce geste de gentillesse. Je lui marmonne seulement un autre merci et je le laisse me suivre jusqu'au quatrième étage. Lorsque j'arrête face à ma porte, il la regarde surprit.
"Tu es ici, moi, je suis là. "
Il pointe la porte à la gauche de la mienne. Je savais que mon ancien voisin avait déménagé la semaine précédente, mais je n'ai pas entendu personne prendre possession de l'appartement depuis. Je me demande quand il est arrivé.
"Oh ? Je ne t'ai pas entendu emménager. "
Je lui réponds en me disant que je ne l'ai pas croisé depuis qu'il était arrivé. Qu'à partir de maintenant, on risque de se croiser plus souvent.
"Pas beaucoup de choses à déménager. "
On se dévisage en silence pendant un moment, un peu mal à l'aise ne sachant pas quoi ajouter. Habituellement, je suis plus à l'aise que maintenant, mais cet homme me déstabilise beaucoup sans que je sache pourquoi. Je déverrouille la porte pour ensuite déposer mes sacs à l'intérieur pour que je puisse prendre mes achats qu'il tient encore pour moi.
"Dis-moi ton nom. "
Cela sonne comme un ordre et je bégaye quelques secondes.
"Na – Naruto. "
Je me frappe mentalement, j'ai l'air d'un idiot qui ne sait même pas quel est son prénom.
"Enchanté M…"
Il devient immobile comme une statue, comme s'il ne s'attendait pas que je lui demande son prénom en retour. Son regard ressemble à celui d'un videur qui s'apprête à jeter un ivrogne à la rue, et j'ai l'impression que je viens de commettre une grave erreur. Il racle sa gorge avant de répondre.
"Sasuke. "
Il me répond finalement, je n'ai pas l'impression que c'est son vrai prénom. C'est un prénom japonais, et il parle exactement comme un Russe, son accent est prononcé désormais, comme s'il avait oublié de le masquer. Il semble avoir choisi le premier nom qui il lui a venu à l'esprit. Avec le type de personne qui habite dans cet édifice, je ne peux pas le blâmer pour qu'il ne veuille pas que les gens connaissent son vrai prénom. Je lui offre un sourire qui, j'espère, ne semble pas forcé.
"Eh bien, merci de m'avoir aidé M. Sasuke. "
C'est un prénom japonais, et il parle exactement comme un Russe, son accent est prononcé maintenant, comme s'il avait oublié de le masquer. Il m'offre un signe de tête rigide avant de se diriger vers la porte de son appartement, et il disparaît à l'intérieur. J'entre à mon tour en verrouillant la porte derrière moi, je me crie dessus mentalement tout le long que je range mon épicerie. Je n'ai pas d'explication pourquoi j'agis si étrangement auprès de mon nouveau voisin. Il y a juste un truc… Un truc étrange à propos de lui. Je dois oublier le drôle de sentiment, après tout, il a été assez aimable pour m'aider après mon fiasco dans les escaliers. Je vais tenter d'agir mieux avec lui la prochaine fois que je le rencontre.
La situation étrange avec Sasuke se poursuit.
Le lendemain :
Un cognement à ma porte me réveille, je ne reçois jamais de visite, et je suis un peu soucieux à savoir qui peut être à ma porte. Je ne veux pas réellement sortir de mon lit, mais ma curiosité gagne. Je laisse la chaînette sur la porte et je l'ouvre tout juste assez pour apercevoir mon nouveau voisin de palier attendre que je lui ouvre la porte. Je tente d'ignorer ma nervosité et je l'ouvre un peu plus.
"Est-ce que tout va bien ? "
Je n'ai aucune idée ce qu'il peut bien vouloir de moi. Il a peut-être un problème avec son appartement et il est incapable de rejoindre le propriétaire.
"Donne-moi ton horaire de travail. "
Sasuke m'exige sa voix caverneuse ainsi que son accent de plus en plus prononcé ne me laisse pas vraiment le choix. Malgré cela, je suis un peu confus pendant quelques secondes, je réalise finalement ce qu'il veut vraiment. Je n'ai pas d'horaire fixe, je travaille selon les besoins de mon employeur cette semaine-là.
"Mon horaire est dans mon téléphone. Veux-tu me donner ton numéro ? Je peux te texter lorsque je serai au travail. "
Il acquiesce, je retourne à l'intérieur de mon logis pour récupérer mon cellulaire. Lorsque j'aperçois l'appareil alors qu'il le sort de sa poche pour qu'on échange nos informations, il ressemble à un téléphone à la carte jetable. Sasuke hoche la tête lorsqu'il reçoit mon horaire, je regrette soudainement lui avoir partagé cette information. Il semble vouloir utiliser cette information pour des raisons… Délinquantes. Peut-être que je réfléchis trop.
"Je travaille de la maison. Très bruyant, je travaille quand toi pas là. "
Avec cette vague explication, il me laisse sur le palier de ma porte en pyjama en essayant de comprendre ce qu'il vient de me dire. Sa façon de parler est hachée, plus je discute avec lui, plus je me rends compte que le français n'est pas sa langue première. De toute façon, son travail est bruyant, et il ne veut pas me déranger, et peut-être qu'il ne veut pas que j'entende non plus.
Il travaille peut-être dans le domaine du « plaisir adulte »? Mais il semble plus du genre à travailler pour la mafia qu'autre chose, donc j'opte pour cette option.
Pour la première semaine, je n'ai pas perçu un son provenant de l'appartement de Sasuke. Il a tenu sa promesse de ne pas me déranger, peu importe quel est son travail. Je l'ai croisé brièvement un soir que je revenais du travail et il quittait son appartement. Sasuke avait toujours dans ces moments-là un large sac noir au travers de l'épaule et des gants en cuir noir. Je n'ai pas vu de moto dans le stationnement et je me suis demandé s'il en conduisait une. Lorsqu'on se croise, il me fait un signe poli de la tête. J'ai donc cru que notre relation serait ainsi. On se salue poliment et je ne pas avoir besoin de discuter avec lui de la pluie et du beau temps. Il m'avait aidé oui, mais il se dégage malgré tout une aura de danger autour de lui. Même les drogués qui ont l'habitude de se tenir en petits groupes face à l'immeuble lui donnent de l'espace lorsqu'il s'approche.
La deuxième fois qu'on s'est parlé, c'est parce qu'il est entré illégalement dans mon appartement.
Pour une bonne raison, en plus, c'est entièrement ma faute. Je me demande réellement si je suis vraiment maladroit ou tout simplement malchanceux. J'ai mis ma bouteille d'Advil sur le dessus de mon réfrigérateur alors que je sors les choses pour me préparer à manger. Je sens un mal de tête se pointer le bout du nez. J'étire mon bras pour attraper la bouteille, mais seulement pour l'accrocher et la faire tomber, elle roule plus loin. Au lieu d'aller chercher mon petit escabeau, je monte sur le comptoir de cuisine. J'appuie mes bras sur le dessus de l'armoire et l'autre qui tente d'attraper la bouteille. Je perçois un léger grincement, la seconde d'après tout tombe autour de moi. Mes armoires de merde ne sont pas attachées correctement dans le mur, et avec mon poids, elles se détachent pour ensuite tomber par terre. Une des portes me frappe brutalement à la tête pendant que je reste du contenu se vide au sol. Je vois rouge lorsque mon sang coule dans mes yeux à cause d'une coupure que j'ai au front. L'air que j'ai dans les poumons est brutalement expulsé quand un bout de l'armoire me tombe carrément dessus. Je sens ma peau du visage être coupée par les éclats de vaisselle, ça chauffe et ça brûle.
Donc, sans aucun doute, que le bruit infernal de ma chute ainsi que le bruit de ma vaisselle qui explose au sol doivent avoir été entendus par tous mes voisins. Je dois me calmer ensuite avant de tenter de me soigner avant de m'inquiéter à présenter des excuses pour le bruit. Je reste au sol pendant un moment, ma tête semble vouloir exploser. Je suis étourdi, j'ai le goût de vomir à cause de la douleur, mon cellulaire est sur le comptoir et hors de ma portée. Je ne peux qu'espérer que mes coupures sont minimes, je n'ai pas les moyens d'aller à l'hôpital.
"Naruto ? "
Je lève la tête, le mouvement manque de me faire vomir. Sasuke est sur le palier de ma cuisine, il me regarde et je me demande comment il a pu entrer, ma porte est toujours verrouillée.
"Je – Je…"
Je cesse de parler. La douleur est trop intense et la situation est visible de toute manière, je n'ai pas besoin de lui expliquer ce qu'il s'est passé. Il se penche pour retirer facilement l'armoire, ses pieds écrasent la vitre brisée alors qu'il marche. Il m'aide à me relever avec douceur et aisance pour guider ensuite hors de la cuisine en évitant le plus possible les morceaux de vitre brisée. Sasuke utilise un linge à vaisselle pour essuyer le gros du sang sur mon visage. Je ne suis pas en mesure de l'en empêcher, ni même lui demander ce qu'il fait ici.
"Je vais appeler docteur. "
Sasuke me dit en sortant le téléphone de sa poche, il semble différent de celui de la dernière fois. J'ouvre la bouche pour contester, mais un seul regard de sa part fait en sorte que je la referme sans rien ajouter. Je reste assis avec un linge humide contre mon front pendant qu'il parle avec un docteur au bout de la ligne, mes joues me brûlent.
"Dix minutes. "
Sasuke m'annonce en refermant son téléphone pour ensuite le remettre dans la poche de son pantalon.
"Comment es-tu entré ? "
Je lui demande finalement.
"Lock pic. "
Il semble en effet être de genre de personne à savoir utiliser un lock pic. Les dix minutes suivantes se passent alors qu'il insiste que je reste assis pendant qu'il nettoie le bordel que j'ai fais dans la cuisine. Les coupures à la tête saignent copieusement, ma cuisine ressemble à une scène de crime, et je crains que mon sang tâche le prélart bas de gamme.
Le docteur arrive, Sasuke l'invite à l'intérieur. La femme tire une chaise face à moi pour jeter un coup d'œil à ma coupure, elle dépose un sac sur la table à notre droite. Elle ressemble à un médecin des années 1800, elle a des lunettes rondes avec des montures en or, ses longs cheveux blonds sont attachés en deux couettes lousses. Elle porte une chemise blanche boutonnée jusqu'au cou et les boutons semblent prêts à lâcher. La docteure possède la plus grosse paire de seins que j'ai vu de ma vie. Ensuite, les manches de sa chemise sont bouffantes, et elle sent légèrement l'alcool. Elle sortit un crayon-lampe, au moins son équipement semblait à jour, et elle me demande de suivre la lumière.
"Aucun dommage au cerveau, ce qui est bien. Juste un bordel épouvantable ainsi qu'une bonne coupure au front et trois lacérations relativement profondes sur chacune de tes joues. Sasuke aurait pu faire ceci lui-même, mais j'imagine qu'il voulait s'assurer que ton cerveau était intact. "
Le docteur se présente comme le Dr. Senju avant cessé de parler pour m'observer. Son ton est sévère, mais en même temps étrangement maternel.
"Je suis désolé de vous avoir fait venir jusqu'ici. Je suis certain que ce n'est pas sur votre chemin, j'aurai pu aller à l'hôpital. "
Je déclare me sentant tout d'un coup embarrassé de la situation.
"Non, non. Effectuer des visites à domicile fait partie de mon travail. Beaucoup de mes patients ne peuvent pas venir en clinique pour plusieurs raisons. "
Je grimace alors qu'elle se met sérieusement au travail pour nettoyer mes blessures avant de faire des points de suture sans m'aviser en premier. Il n'a fallu que trois points au front, mais ça fait mal quand même. Alors qu'elle s'attaque à mes joues, je sers mes poings, la peau est extrêmement sensible et des larmes de douleur coulent de mes yeux.
"Je suis désolée, gamin. Je t'applique des points de rapprochement sur tes joues, tu vas devoir les changer quotidiennement. "
Elle dépose un sac de pansements ainsi que d'un produit antiseptique sur la table.
Du bruit nous parvient de la cuisine pendant que Sasuke nettoie le carnage qui était autrefois ma vaisselle.
"Il est quand même gentil, mais s'il me fait toujours un peu peur. "
Je continue à parler pour tenter d'oublier un peu la douleur que je ressens.
"Il ne semble pas être du genre à faire ça, je crois qu'il ne veut pas de nouveau déménager. Si on oublie le genre de personne qui demeure dans ce quartier, l'endroit n'est pas si mal, les loyers sont abordables et près de tout ce dont on a besoin. "
Le docteur m'explique tout en achevant son travail une fois fait, elle range tout son équipement dans son sac. Par la suite, elle sort un thermos ainsi qu'une boîte de biscuits d'une pâtisserie réputée. Je la connais, mais je n'ai jamais eu les moyens de m'offrir quoi que ce soit provenant de là-bas. Dr. Senju me présente un thé qui sent les fleurs, je n'ai jamais respiré un thé qui sent si sucré et il a une couleur rosée avant aujourd'hui.
"Tiens, avales-en un peu et mange quelque chose. J'ai une pilule pour la douleur, cependant tu dois avoir quelque chose dans ton estomac en premier. "
Ma tête me fait encore mal, mais pas trop, je ne veux pas prendre plus de médicaments que nécessaire si je peux l'éviter. Après tout, c'est parce que j'ai voulu prendre des Advil que je me suis retrouvé dans ce merdier.
"Oh non, ça va. "
Ce n'est pas la bonne réponse.
Dr. Senju me fixe du regard la tasse de thé toujours tendue vers moi. Je réalise à quel point je suis impoli à cet instant, elle a apporté du thé ainsi que des biscuits de haute qualité, et moi je les refuse. Les biscuits sont les meilleurs que j'ai mangés de ma vie, et le thé est aussi sucré que sa senteur le promettait, mais sans être trop. Je veux lui demander quelle sorte de thé elle a acheté, cependant je crains que ce soit hors de mon budget. Je reste assis, je bois le thé, je me sens une fois de plus embarrassé. J'ai deux inconnus dans mon appartement, tout ça parce que je n'ai pas voulu prendre le temps d'aller chercher mon escabeau. Je vais réfléchir à ce que je vais pouvoir faire pour Sasuke pour le remercier pour tout ceci.
Lorsque je termine d'engloutir les biscuits, le docteur me donne la pilule à prendre. J'aurais à être plus prudent avant d'accepter un médicament d'un inconnu, après tout, je ne connais pas réellement Sasuke. Cependant, je fais confiance au Dr. Senju et Sasuke sans me poser plus de questions.
"Tu vas dormir quelques heures si tu travailles demain, appel pour te faire remplacer. Si tu as besoin d'un billet, je peux t'en rédiger un. "
J'ouvre la bouche pour argumenter, mais c'est le dernier souvenir que j'ai de ma soirée.
Je me réveille la tête lourde, je suis confus et je ne me demande comment je me suis rendu à mon lit. Mon chandail taché de sang a disparu et j'en porte un nouveau. Je m'assois pour tenter de me souvenir de ma soirée au-delà de ma discussion avec le docteur. Lorsque je réalise que je ne suis pas en mesure de le faire, je me dirige vers ma cuisine pour observer les dommages. Il n'y a rien à voir dans la cuisine, même pas une tache rouge sur le plancher défraîchis. Il y a de nouvelles armoires installées, je les agrippe pour vérifier leurs solidités. Il me manque toujours la majorité de mes assiettes, verres et tasses. Je me demande comment c'est possible que j'aie dormi pendant qu'une personne est venue et remplacer mes armoires. J'appelle mon patron pour l'aviser que je ne viendrai pas travailler aujourd'hui, cependant je me sens bien, même pas un semblant de mal de tête. Je n'ai pas aussi bien dormi depuis des mois. Mon patron m'avise qu'une personne a déjà appelé pour l'aviser que je ne serais pas présent aujourd'hui, il raccroche sans entrer dans les détails. Mon superviseur n'aime pas qu'une autre personne appelle pour aviser qu'un employé ne vient pas travailler, même si tu es dans un coma ; il s'attend que ça sera toi qui appelles. Je me demande ce que Sasuke a réussi à accomplir pour que j'aie ma journée de congé.
Je ne connais pas l'horaire de Sasuke, ni même quand il est chez lui, mais je me déplace vers son appartement. Je frappe à la porte et j'espère qu'il y est, je veux le remercier pour son aide. J'aurais pu lui envoyer un message texte, mais je trouve que dans la situation actuelle, je dois le faire en personne. La porte s'ouvre, il m'observe silencieusement, son visage froid neutre ne change pas.
"Je – heu – Merci de m'avoir aidé hier. Est-ce que tu as demandé au propriétaire de changer mes armoires ? "
Je lui demande d'une petite voix, son expression me terrifie cependant, je me dois de le remercier après tout ce qu'il a fait pour moi.
"Non. Je l'ai fait travailler le bois est un hobby pour moi. "
Durant la nuit, cet homme a bâti des armoires pour un inconnu. Je tente de subtilement jeter un coup d'œil dans son appartement, mais ce que je vois ressemble exactement au mien. Le plancher du couloir est recouvert de plastique, ce qui fait du sens vu qu'il est en train de refaire la peinture. Près de l'entrer, il y a des tâches brunâtres qu'il n'a pas encore eu le temps de re peinturer. Je veux lui demander quel est son plan de rénovation, cependant il tend la main pour toucher délicatement mes points de suture au front avant de frôler doucement mes deux joues du bout de ses doigts.
"Ça va laisser une cicatrice. "
"Heu – oh – "
Je bafouille sans rien ajouter quoi que ce soit d'utile à notre conversation.
"Oh ! "
Je déclare une deuxième fois une lumière vient d'allumer dans son cerveau, je crois comprendre pourquoi une personne qui semble si… Dangereuse a tant fait pour moi. Je rougis immédiatement comme une tomate, je cesse pratiquement de respirer tout en essayant de bannir la pensée qui vient de faire surface dans mon esprit. Il est seulement une bonne personne, rien de plus. Je suis stupide de vouloir croire qu'il serait intéressé à moi, il est seulement un voisin aimable. Je le dévisage geler sur place comme un chevreuil face aux lumières d'une voiture qui roule vers lui.
"Je – heu – je vais te faire un dîner pour te remercier. "
Je bégaie tout en me criant mentalement dessus, je rends cette discussion plus malaisante que nécessaire. Sasuke conserve son expression neutre, il ne semble pas avoir remarqué ma panique.
"Aimes-tu les renards ? "
La question est tellement hors contexte que je prends un instant pour lui répondre.
"Oui. "
"Je vais te faire un renard. Va te reposer, je dois travailler. "
Sans plus d'explications, Sasuke retourne dans son appartement et referme la porte derrière lui. Je reste là pendant un moment abasourdi de la tournure de la discussion. Je l'ai dérangé pendant qu'il fait de la peinture, alors je ne crois pas qu'il soit impoli en agissant ainsi. En fait ce qui me renverse le plus est la question de Sasuke. Je n'aime pas les renards, je les adore, j'ai une passion pour eux depuis que je suis un jeune garçon. Les seuls livres que je possède sont à propos d'eux. Livres généraux, livres d'histoire fantastiques, de légendes et ainsi de suite. C'est un hasard qu'il a choisi cet animal, rien de plus.
Essayer de comprendre ce qu'il voulait dire exactement va me rendre fou, je retourne à mon appartement, j'ai quelques trucs que j'ai besoin de réfléchir. En premier, je dois trouver ce que je vais cuisiner pour Sasuke, et il ne semble pas être le genre de personne à être difficile. Le commentaire sur le renard me trotte dans la tête malgré tout. Il m'a mentionné qu'il aimait travailler le bois, il est possible qu'il veuille me faire un renard à partir de bouts de bois. Mais pourquoi ? Parce qu'il a des morceaux de surplus qu'il n'a pas utilisés ? Ma dernière idée qui me traîne dans la tête, et je fais tout mon possible pour ne pas y penser, mais elle tente toujours de refaire surface. Finalement, je dois m'avouer vaincu, j'abandonne alors que je regarde les pâtes cuire dans l'eau bouillante. Je rougis à l'idée que mon voisin m'aime peut-être dans le sens aimer réellement aimer.
Un homme ne m'a pas intéressé auparavant le problème est que les femmes ne m'ont jamais intéressé non plus. Je me suis toujours dit que ces sentiments arriveraient lorsque je rencontrais la bonne femme. Je ne me suis jamais imaginé être en train de cuisiner pour mon voisin masculin. À partir du moment où je le repas est prêt et emballé. Je n'ai pas le choix d'admettre que mon voisin est peut-être intéressé par moi de manière romantique. Où alors il est seulement vraiment une personne bienveillante derrière son extérieur froid et distant.
Avec le peu d'interaction que j'ai eu avec lui, je suis tombé sous son charme. Je suis bien décidé de ne rien faire à ce sujet. Je me dis que tout ceci est dans ma tête et que je suis tout simplement en manque d'attention. Je n'ai jamais connu mes parents, j'ai grandi dans un orphelinat que j'ai dû quitter à mes dix-huit ans. Je n'ai pas d'amis proches, quelques collègues avec qui je m'entends bien, mais sans plus. Il est donc possible que je me trompe dans ce que je ressens, étant donné que je ne possède aucune expérience dans ce domaine. Je me déplace vers l'appartement de Sasuke, je cogner à sa porte comme si je veux suis prêt à me sauver. Lorsque la porte s'ouvre, je sursaute et je suis incapable d'articuler quoi que ce soit, je tends à Sasuke le plat de pâte que je lui ai préparé.
"Merci. Je lave ceci et je te rapporte plus tard. "
Sasuke me déclare avec un hochement de temps en saisissant le plat de ma main. Encore une fois, il tente de masquer son accent comme s'il ne veut pas que je devine d'où il vient.
"Oh, il est en plastique, tu peux le garder si tu veux. "
Je lui réponds en secouant mes mains, j'ai maintenant plus de plats en plastique que de vrai vaisselle.
"Je vais le laver. J'ai renard pour toi. "
Sasuke dépose le plat sur une table rase près de la porte pour attraper une petite figurine de bois. Je tends la main pour saisir la figurine, le renard semble avoir plusieurs queues et sa gueule est grande ouverte. Honnêtement, les détails de la sculpture sont vraiment impressionnants. Je le remercie, je réalise au même instant qu'à chaque fois qu'on discute, je dois le remercier pour quelque chose. Comme à son habitude, avec son expression froide, il me chasse.
"Va te reposer, je travaille. "
Une fois de plus, la porte est fermée dans ma face sans que ça me dérange le moins du monde.
Dans les semaines suivantes, j'ai pris pour habitude de lui apporter à manger. De son côté, Sasuke continu à m'offrir des sculptures de renard qui s'ajoute à ma collection grandissante. Nos échanges étaient brefs et je n'ai rien appris de nouveau à son sujet. À part le fait qu'il est très lent à peinturer son appartement. Chaque fois qu'il ouvre la porte de son appartement, j'aperçois le plastique qui jonche le plancher du couloir.
Mon horaire de travail est devenu plus stable et au lieu d'aller travailler seulement lorsque le besoin se fait sentir, j'ai maintenant un horaire fixe. Je peux ainsi dresser un budget plus facilement et ainsi mettre de l'argent de côté pour déménager dans un meilleur quartier pour aussi me rapprocher de mon travail. Je suis incertain de vouloir déménager tout de suite. Je décide donc de continuer à mettre de l'argent de côté, et je peux toujours déménager plus tard. Et cuisiner pour deux personnes ne me coûte pas plus cher en fait magasiner en gros me revient à meilleur marché. J'ai maintenant une routine qui me permet de voir le futur plus positivement après des années à avoir vécu de misère. Je me suis fait un ami, même s'il est un peu étrange, et j'ai un travail stable. Les choses seraient restées les mêmes si mon travail ne m'avait pas surpris avec une journée de congé.
Un tuyau a brisé dans le restaurant, ils ont dû le fermer pour la fin de semaine pour procéder aux réparations. Je n'ai jamais eu mes vendredis de congé, je ne sais pas quoi faire de mon temps libre. Sasuke ne s'entend pas à recevoir un repas ce soir ni que je sois chez moi. Il me reste assez de riz pour faire du curry pour deux, et je décide d'aller lui porter qu'il s'y attend ou non. J'attends la voix de Sasuke à l'extérieur, je sais donc qu'il vient tout juste de rentrer chez lui. Cependant, j'ai cru percevoir une deuxième personne. Alors que je suis en train de garnir un bol pour emmener chez Sasuke, je perçois un gros boum et je sursaute. Je tends l'oreille. Je veux savoir d'où vient ce bruit, je reste immobile et je tente de saisir quelque chose par-dessus le bruit de mon cœur dans ma poitrine. Je ne suis pas certain par réflexe, j'attrape le plat de nourriture et je cours chez Sasuke. Je ne prends même pas la peine de refermer la porte derrière moi.
Je glisse sur un liquide qui a coulé sous la porte. Mon cœur tombe dans mon estomac lorsque je remarque la couleur rouge foncé. Je suis en pleine panique lorsque je remarque que sa porte n'est pas entièrement fermée. Sasuke semble être un homme en mesure de se défendre tout seul, mais tout cela me donnait un mauvais pressentiment. Alors sans réfléchir, j'entre chez lui le plat chaud, toujours en main. Mes pieds glissent de nouveau sur le plastique du couloir, mais je suis pétrifié sur place lorsque je remarque ce que je viens d'interrompre. Mon cerveau ne veut pas enregistrer ce que je vois pendant quelques instants. Je sais que le corps face à moi est celui de Sasuke, mais pas son visage. Je l'ai vu quelques secondes, mais l'image est imprimée dans mon esprit pour le reste de mes jours. Son visage est fendu en deux horizontalement, les centaines de dents qui ressemblent à des rasoirs brillent légèrement dans la pénombre de son appartement. Ses yeux bougent frénétiquement dans son visage déformé avant de planter son regard dans le mien. La bouche terrifiante de mon voisin disparaît presque immédiatement, son visage retourne à la normale. Cependant, sa bouche est légèrement entrouverte, il semble chercher ses mots. L'autre personne dans la pièce semble tout autant sous le choc que nous. L'homme est à genoux face à Sasuke, et il le tient par les cheveux exposant parfaitement sa gorge un large couteau de chasse pressé contre celle-ci. La lame est visiblement très aiguisée, elle est faite pour tuer, et non seulement ça, un autre homme est étendu par terre face première. Du liquide rouge clairement frais flotte autour du corps retenu par le plastique.
"Tu – Tu ne travail pas ce soir ? "
Sasuke me demande en brisant le silence. L'homme avec le couteau sur son cou ne dit rien, ses yeux élargis par la peur, ils me supplient. Je n'ai pas le courage de le regarder plus de quelques secondes. L'odeur du cuivre dans la pièce me donne mal au cœur. La chaleur du contenant commence à me faire mal à la main, cependant je n'ose pas bouger. Et je ne peux pas répondre non plus à sa question. Sasuke hoche la tête en direction du plat dans ma main.
"Qu'as-tu amené ? "
Il me demande posément.
"Du curry, assez pour deux. "
Je lui en donne toujours pour deux, il est plus musclé et plus grand que moi, j'ai toujours tenu pour acquis qu'il mange plus que moi. Alors que je lui réponds, mon esprit me hurle de m'enfuir, de courir pour sauver ma peau, car je suis témoin de ce que mon gentil voisin a fait. Et ce qu'il s'apprêtait à faire à un autre homme si je ne l'avais pas interrompu, je craignais d'être le prochain. J'ai été témoin de ce qui s'est passé et il va devoir s'occuper de moi. Tous les signes avant-coureurs me frappent d'un coup. La docteur légèrement louche, la facilité avec laquelle il avait nettoyé mon appartement, le plastique au sol sans l'odeur de la peinture et ses déménagements fréquents. Tout était là pour moi à observer, mais j'ai tellement besoin de compagnie que j'ai ignoré tous les signes. J'étouffe un cri de peur lorsque Sasuke lâche l'homme avant de le repousser de côté en quelques pas, il était face à moi, son visage m'observe sans rien laisser transparaître. Le couteau est toujours dans sa main, mais il est pointé vers le bas. Je sais que s'il le veut, il peut se débarrasser de moi en un clin d'œil. Je recule d'un pas en laissant échapper un cri alors que Sasuke lève une main vers moi, il effleure délicatement les cicatrices sur mes joues.
"Ça ne cicatrise pas mal. "
Il se penche vers moi pour que son visage soit à la hauteur du mien. Je sens mes muscles se transformer en pierre alors que je regarde ses yeux charbon. Le regard d'un tueur qui m'observe pour déterminer mon sort. Mes mains tremblent et je manque d'échapper le contenant de nourriture. Sasuke met une main par-dessus pour stabiliser le contenant. Je suis persuadé que c'est la fin que je crois que je vais m'évanouir.
"Encore amis ? "
Sa voix est à peine audible, il semble même y avoir une note d'inquiétude dans celle-ci. Mon cœur bat si fort que je ne l'ai presque pas entendu. Ami ? Il me demande si je vais agir encore en ami avec lui ? J'ose jeter un coup d'œil par-dessus son épaule pour observer l'autre homme qui semble être aussi épeuré que moi. J'ai fait mon choix, je hoche positivement la tête. Si je me tais, je reste en vie, il hoche la tête en retour, ensuite il saisit le plat de curry de ma main et il se redresse.
"Toi, à la table, on mange le repas. Naruto est mieux de retourner chez lui. "
Il n'a pas besoin de me le répéter. Sans un regard en arrière, je me retourne et je quitte l'appartement en m'assurant que la porte est correctement fermée derrière moi. Je marche en gardant mon regard en avant. Une fois chez moi, je retire mes bas tachés de sang et je les mets aux poubelles sans aucune hésitation. Mon cellulaire est sur mon comptoir, et je l'observe, je me demande ce que je dois faire. Je dois appeler la police, je viens d'être témoin d'une chose horrible. Mon voisin de palier a tué quelqu'un sans aucun doute, il l'a fait auparavant, et il le fera de nouveau, certainement s'il n'est pas arrêté. Je ne peux pas croire l'aspect surnaturel dont j'ai été témoin. Je peux croire au meurtre, mais à un monstre qui a une bouche qui ouvre son visage en deux ?
Ma main hésite au-dessus de mon cellulaire, je réfléchis à ce dont je viens d'être témoin. Je laisse échapper un cri de frustration en m'éloignant de mon téléphone. Je marche en rond dans mon appartement durant des heures, la portion de curry de j'ai gardé pour moi refroidit sur le four. Chaque fois que je veux appeler la police, je ne suis pas en mesure de le faire. Après un certain temps, quelqu'un frappe à ma porte et toute la peur revient à la course. Ce ne peut être qu'une seule personne, et il sait que je suis ici, aucun intérêt à faire comme si je n'étais pas là. Prudemment, j'ouvre ma porte à ma surprise, l'homme que Sasuke allait attaquer est toujours en vie. Le visage blessé, mais il respire.
"On voulait te remercier pour le repas, mon ami s'en va. "
L'homme hoche la tête blême et ses mains tremblent le long de son corps.
"Encore amis ? "
Sasuke me demande de nouveau.
"Toujours amis. "
Je lui confirme avec un bref hochement de la tête. C'est assez pour lui, il attrape l'homme par le bras et l'entraîne dans le couloir vers les ascenseurs. S'il avait décidé de lui laisser la vie sauve ou s'il allait le tuer ailleurs, c'est un mystère dont je n'aurais jamais la réponse.
Je n'ai jamais appelé la police finalement, ni dit à qui de ce soit ce que j'avais vu. J'ai croisé Sasuke quelques fois dans le couloir, son visage semble plus tendu qu'à l'habitude. Je sais que je n'appellerai pas la police, il est beaucoup trop tard maintenant, il a eu le temps d'effacer toute trace de son crime. Je doute que la police me prenne sérieusement de toute façon. J'image que n'importe qui d'autre aurait appelé la police faire la bonne chose. Je me sens coupable de ne pas l'avoir fait, mais il est trop tard pour ça aussi.
Au lieu de déménager ou de demander à Sasuke de le faire, j'ai fait quelque chose que je ne regrette pas du tout. Je lui ai apporté un autre repas, son visage démontre sa surprise de me voir. Le sourire au visage avec un plan de nourriture en main. Après tout, si on est toujours amis, je vais agir presque comme je le faisais avant. Je saisis mon courage à deux mains, je lui tends le contenant, et je lui demande quelque chose que je veux lui demander depuis un long moment.
"Est-ce que tu veux qu'on mange ensemble ? "
Il hoche la tête, et pour une fois, c'est lui qui ne sait pas quoi dire.
Mon voisin est un tueur et un être pas entièrement humain. Et étrangement ça ne me dérange pas le moindre du monde. J'ai été trop longtemps seul, je ne veux plus l'être. Donc tueur où pas monstre ou pas, il est assez attentionné pour s'asseoir avec moi, manger et m'écouter parler de ma journée.
J'apprécie toujours un petit commentaire pour me dire ce que vous avez pensé de mon histoire.
Kurama
