-VIII-

Le garçon dans la lune

.oOo.

« - Chhhut…Ne bougez pas, j'ai bientôt fini. »

On aurait dit que de minuscules mains froides s'appliquaient par intermittence sur la peau de son buste.

Il n'avait même pas ouvert les yeux. Pas encore. Ces petites langues de feu glacé avaient juste éveillé sa conscience et il avait bougé, amorçant un mouvement maladroit et ensommeillé pour faire cesser la chose.

Une voix lui avait alors demandé de se tenir tranquille et c'est ce qu'il avait fait. Environ trente secondes. Avant de réaliser qu'il n'avait aucune idée ce qui était entrain de se passer, ni à quel endroit il pouvait bien se trouver, ni qui lui avait demandé de cesser de bouger.

Il avait donc ouvert les yeux, péniblement.

Sur son visage, la couche de crasse dégoûtante à laquelle instinctivement il s'attendait jouait les grandes absentes. Ainsi, quand ses paupières s'ouvrirent, il s'attendait à se trouver n'importe où et surtout, dans n'importe quelle situation.

Il était dans sa chambre. La première chose qu'il reconnut fut bêtement la forme de la fenêtre, en face de son lit. Les murs blancs l'éblouirent un instant avant qu'il puisse distinguer les éléments de son environnement avec plus de précision.

Un visage était penché sur lui, un visage encore flou, encadré d'une masse brune qu'il reconnu néanmoins sans peine.

« - Comment vous sentez-vous ? », fit le visage avec une voix qui lui sembla belle et grave.

« - On ne fait pas mieux », articula-t-il laborieusement d'une voix brisée, tentant malgré tout de sourire.

Il se redressa péniblement sur ses coudes.

« - Non, ne vous levez pas ! Les cicatrices sont encore fraîches. »

Il baissa les yeux et alors que sa vision s'affinait, il constata que sur son ventre, les habituelles coupures étaient cette fois remplacées par de fines lignes rougeâtres.

« - Je ne suis pas aussi habile que madame Pomfresh », ajouta la voix avec comme une nuance d'amertume. « La guérison est vraiment un domaine particulier, il faut avoir des dispositions. »

« - Vous en tirez très bien, miss. »

« - Merci. Rallongez-vous, maintenant. »

Il s'exécuta. Les choses apparaissaient de façon nette, à présent.

« - Que me vaut le plaisir de votre visite ? »

« - Vous vous le demandez encore ? »

Elle avait penché sur lui un visage inquiet, avant de reprendre :

« - Il en reste une sur votre visage, ne bougez pas. »

Remus ferma les yeux, docile.

La caresse froide courut un instant sur sa joue, puis s'évanouit.

« - Voilà, c'est tout ce que je peux faire. »

« - Et c'est déjà inespéré. Où m'avez-vous trouvé ? »

« - Dans…Dans les bois, pas très loin d'ici. »

Elle détourna les yeux, comme gênée.

« - Pourquoi êtes-vous venue ? »

« - Pour vous aider », répondit-elle simplement.

Il eut du mal à supporter ce regard soucieux, peut-être parce que celui-ci le faisait se sentir encore plus affaibli, blessé, diminué. Ces matinées de réveil restaient la plupart du temps son domaine à lui, un laps de temps coincé entre la bête et l'homme, un moment de vulnérabilité où il soignait du mieux qu'il pouvait ses blessures avant de retourner vers la vie qu'il avait temporairement abandonnée. Et elle, elle était entrée de plein fouet dans cette intimité, dans ce moment presque honteux où il n'avait jamais toléré personne. Cette période où il était le plus faible.

Pourquoi donc était-elle venue ?

Qu'avait-il à lui offrir, dans cet état ?

« - Pourquoi cette fois ? »

« - Pourquoi pas ? »

Mais il sentait que cette réponse serait insuffisante, même pour celle qui l'avait faite.

« - Je…En fait je…Je m'inquiétais pour vous. »

Sa voix tremblait un peu.

« - Ca me touche beaucoup. » Il lui fit un sourire qu'il voulut rassurant, malgré son état.

« - Vous êtes parti de si bonne heure, hier matin…J'ai eu peur que ça se soit mal passé, je…J'avais l'impression que cette fois, la crise était plus grave. Ca m'a semblé la moindre des choses que de venir vous voir ce matin. J'aurais voulu venir avant, mais… »

« - Vous avez bien fait, vous le savez bien. »

Il se redressa sur ses coudes, cette fois bien décidé à se lever.

« - Non ! Ne… »

« - …vous levez pas ? Désolée, miss, mais je ne suis pas aussi mal en point. »

Comme pour le contredire, une des blessures sur son ventre se rouvrit brutalement sous la tension des muscles. Un flot de sang se répandit sur son bas de pyjama et sur les draps, tandis qu'il faisait un ultime effort pour s'asseoir sur le bord du lit.

Il saisit aussitôt le drap pour éponger.

Hermione Granger saisit alors son poignet, écartant doucement sa main serrée autour du pan de drap et appliqua à nouveau le sortilège. Elle ne fit aucun commentaire sur l'imprudence qu'il venait de commettre.

« - Vous en avez une autre, assez grande, dans le dos. Vous m'avez donné du fil à retordre, vous savez ? »

« - Toutes mes excuses », répondit-il en souriant du mieux qu'il put, malgré la blessure encore fraîche de sa joue.

Une idée lui vint alors en tête, une idée saugrenue, gênante. Quand elle l'avait trouvé, il était sans doute nu. Nu et couvert de crasse. Oui, bien évidemment. Il se maudit intérieurement. Il maudit le loup.

Il passa une main lasse sur son visage, avant de se lever cette fois-ci de la façon la plus prudente qui soit.

Il s'efforça de respirer profondément, régulièrement, et fit quelques pas hésitant à travers la pièce baignée de lumière. Si ses sens étaient encore aiguisés, cela n'avait rien à voir avec l'intensité de la veille. Il percevait les bruits de la forêt voisine, mais avec l'irrégularité d'une radio mal réglée.

Les odeurs étaient atténuées…Il pouvait sentir le thé au jasmin qu'avait pris Hermione au petit déjeuner, mais dans une mesure dénuée de nuances.

Sur son ventre, s'attardaient encore quelques traînées de sang.

Un brusque haut-le-cœur le fit se raidir, immobile, une main sur la poitrine. Ca allait recommencer…

« - Hermione, sortez de la pièce. S'il vous plait », dit-il alors que ses traits se crispaient sous l'effort qu'il faisait de ne pas vomir sous ses yeux.

Mais elle n'avait pas encore franchi le seuil de la porte qu'il s'était déjà précipité vers la salle de bain et s'était écroulé sur la cuvette des toilettes, laissant son estomac se vider de la nourriture inappropriée qu'il contenait.

Plus rien autour n'existait, hormis l'impression insupportable que son appareil digestif se retournait comme un gant.

Il n'avait même plus la force de se sentir honteux de se trouver dans cet état devant elle.

Un dernier spasme, un dernier haut-le-cœur et il redressa la tête, reprenant peu à peu sa respiration, le visage en sueur.

Une main lui tendait une serviette. Elle était restée…Prenait-elle plaisir à le voir ainsi ?

Il saisit le linge propre et essuya son visage. Comme si elle avait senti que sa présence était de trop, Hermione sortit de la salle de bains sans rien dire, et quelques secondes plus tard il Remus entendit la porte de sa chambre se refermer doucement.

Pour la première fois depuis des années, des décennies même, il se détesta de sa condition.

Mais cette fois-ci détester n'était pas un terme suffisant.

Une rage inhabituelle avait envahi son cœur et son esprit. Pour la première fois depuis qu'il avait vengé la mort de Sirius, Remus Lupin était en colère.


C'était il y avait presque trois mois, mais cela semblait à la fois si loin, comme autre époque, et si près, comme si ça s'était passé la veille…Impossible à ce sujet d'avoir une impression nette et juste.

Ca s'était passé dans les décombres de la maison de James à Godric's Hollow, comme si une boucle était bouclée, finalement.

Il se rappelait que tout était fini, bien fini, Harry quoique toujours vivant était inconscient, évanoui près de la dépouille du Lord Noir. Il tenait dans ses bras une Hermione qui sanglotait, presque hystérique, et attendait une aide qui n'allait pas vraiment tarder à venir.

Alors une ombre s'était avancée.

Une ombre qui sortait des bois. Il eut du mal à distinguer la personne qui venait vers eux, et se rendit compte que c'était à cause du vêtement noir qui la recouvrait de la tête aux pieds. Un uniforme de mangemort.

La silhouette avançait, de façon presque tranquille.

Et plus elle avançait, plus il avait l'intuition que la personne en question était une femme. Une femme qu'il connaissait… De nombreuses femmes avaient rejoint Voldemort depuis son retour, mais celle-là…Oh, il la connaissait, il en était sûr.

Puis le doute s'était dissipé, inutile, quand elle avait fait rouler sa cagoule et l'avait jetée à terre, toujours en s'avançant.

Bellatrix Lestrange était pâle, fatiguée. Mais elle venait droit sur eux et son regard était infernalement décidé.

Une rage démentielle montra de ses tripes jusqu'à son cerveau. Une haine profonde, une envie bestiale de tuer. Sang, meurtre. Il se leva brutalement, s'arrachant à la jeune fille en pleurs. Tout se passa en quelques secondes sauvages, bouillantes. Bellatrix avait brandi sa baguette, une haine démentielle dans le regard, et il en avait fait de même presque au même moment qu'elle, avec la même haine dans les yeux. Les battements de son cœur atteignirent un rythme inquiétant. L'organe pulsait avec une force inouïe dans sa poitrine.

Par chance (ou peut-être devait-il en être ainsi ?), le sort de Remus la frappa de plein fouet alors que celui qui le visait ne fit que frôler son épaule. Tout était allé si vite qu'il était impossible de dire si c'était le choc de son sortilège mortel qui l'avait dévié.

Aucune parole n'avait été prononcée, pas même celles du sortilège. Le meurtre était tant imprégné dans la scène qu'aucun autre sort n'aurait pu jaillir de leurs baguettes.

La dépouille de la femme s'effondra sur le sol, presque sans bruit.

Remus eut l'impression que son âme réintégrait son corps après une brève absence. Il entendit alors la voix de Tonks, de l'Ordre, qui les cherchait. Son rythme cardiaque s'apaisait progressivement.

Maintenant, tout était bien fini.


C'était le même accès de haine, bref, violent. Mais cette fois c'était lui qu'il avait détesté. Et ça, c'était assez nouveau.

La crise de vomissements était depuis longtemps passée qu'il continuait à penser à cette haine cuisante qu'il avait ressentie juste après. Pour la première fois depuis qu'il avait tué Bellatrix Lestrange, il avait haï à nouveau. Mais c'était autre chose…Quelque chose liée au dégoût de soi et à l'aspect immuable de cette situation.

Rien ne changerait jamais. Quels que soient les rêves dont il pouvait bien se bercer, rien n'arriverait, et il le savait.

Il avait juste oublié, et peut-être parce que personne n'était plus là pour le lui rappeler, qu'il n'avait jamais cessé d'être Lunard : le garçon dans la Lune.

Malgré le sort de nettoyage qu'Hermione lui avait vraisemblablement appliqué quand elle l'avait trouvé, il décida de prendre une douche. Il avait besoin de sentir propre, dans tous les sens du terme. Et il avait besoin de solitude.

Il avait pris le temps de bien se savonner, prenant garde de ne pas rouvrir les cicatrices encore fragilement refermées, savourant le ruissellement de l'eau chaude sur son corps, la pression de jet qui s'écrasait entre ses omoplates.

A présent il se tenait devant le miroir de sa chambre, cette sempiternelle surface ébréchée, piquetée de rouille par endroits. Il avait revêtu les premiers vêtements qui lui étaient tombés sous la main. Et à vrai dire, c'était aussi les seuls qu'il avait trouvés.

Pour la première fois depuis des années et en dépit de toute la force qu'il utilisait habituellement pour lutter contre ce sentiment, il se sentit également misérable.

Il finit par s'arracher à sa contemplation morose et sortit de sa chambre. Les marches de l'escalier craquèrent familièrement sous ses pas alors qu'il descendait au salon.

Elle était endormie dans son fauteuil.

Il s'approcha et vit les ombres bleutées sous ses yeux. Visiblement elle n'avait pas beaucoup dormi cette nuit.

Sa respiration régulière, presque inaudible, ses paupière closes et presque translucides témoignaient d'un sommeil profond, tranquille et entièrement justifié.

Il se détourna et décida d'aller faire du thé.

Quelques instant plus tard il revint dans la pièce, une tasse à la main. Il s'approcha de la table où il corrigeait d'habitude ses copies, mais se ravisa juste avant de s'asseoir. Son regard s'était posé sur la silhouette endormie non loin, et sur laquelle il avait soigneusement évité de poser son regard depuis qu'il était revenu.

Il pointa sa baguette vers elle et d'une formule modifia l'aspect du fauteuil afin de le rendre plus propice au sommeil.

Puis il se mit au travail.

Sa plume courait sur le papier, notifiant, rectifiant, donnant des appréciations, sans un instant s'arrêter. Le tas de copies s'amenuisait presque à vue d'œil, et quand la vieille horloge sonna cinq heures, il en avait terminé.

Le bruit mouvant se répandit dans la pièce et alors qu'il venait de reposer la plume brûlante de la chaleur de ses doigts, Hermione se réveilla en sursaut.

« - J'ai…J'ai dormi ? »

Il lui répondit par un haussement de sourcils.

« - Je veux dire…J'ai dormi combien de temps ? », ajouta-t-elle d'une voix éraillée.

« - Une partie de la matinée et tout l'après-midi. Il est cinq heures. »

« - Cinq heures…Je suis désolée. »

« - De quoi exactement ? Vous voulez du thé ? »

« - Volontiers », répondit-elle en se redressant tant bien que mal.

Il se leva et se dirigea vers la cuisine et quelques minutes plus tard, quand il revint dans le salon, il la trouva entrain de lire une des copies qu'il venait de corriger.

« - Attention, secret professionnel. Ces copies doivent rester confidentielles », dit-il en souriant.

« - Je ne voulais pas… » mais elle s'interrompit en voyant qu'il riait. « Vous avez du mérite », dit-elle avec un vague sourire, « enseigner ainsi doit être équivalent à essayer d'apprendre l'arithmancie à un hibou. »

« - Vous n'êtes pas loin », répondit-il en posant la théière sur la table. « Mais on a parfois de bonnes surprises. »

Il invoqua deux tasses et entreprit de les servir.

« - Je mange chez les Weasley, demain soir. Ils font un grand dîner. Vous viendrez aussi ? », demanda-t-elle.

« - Je n'en savais rien. Et bien… »

« - C'est étrange que vous ne soyez pas au cour… »

Comme dans une pièce de théâtre soigneusement millimétrée, un minuscule hibou vint s'écraser avec un bruit fracassant contre la vitre de la fenêtre la plus proche.

« - Coquecigrue… », fit Hermione, consternée, avant d'aller ouvrir la fenêtre grinçante.


La douceur de l'été finissant…C'était une chose à la fois enivrante et profondément triste. Il voyait, à travers le visage de chacun des convives à table ce soir-là, le rayonnement mourant de cet été qui annonçait sa fin.

La douceur bleutée du soir, la fraîcheur qui rampa des bois voisins pour envahir le jardin des Weasley, les rares insectes qui voletaient autour des lampes-tempête…Tout était entrain de dire qu'une saison s'enfuyait, qu'une ère se terminait, qu'une époque s'achevait.

Quelque part, pour le bien de tous.

Et c'était probablement la dernière fois de la saison qu'ils mangeaient dehors.

Harry était venu. Il ne parlait pas trop, et une expression préoccupée passait de temps à autres sur ses traits, mais il était venu. Et il parlait. Un peu. Pas autant qu'à Remus ou à Hermione, mais c'était déjà un début.

En face de lui, il pouvait la voir poser régulièrement sa tête aux creux du cou de Ron et en soupirer de bonheur, une expression épanouie sur le visage. Une expression qu'il ne lui avait vu que trop peu souvent ces derniers temps. Un sourire trop rare. Il partageait presque son bonheur, tant il était heureux de la voir ainsi. L'abominable pincement de la jalousie était presque totalement masqué par cette joie de la voir enfin revivre.

Lui ne parlait presque pas, se contentant comme toujours de se laisser aller, flottant, dérivant au fil des conversations, de ce brouhaha mélodieux.

« - Remus, tu reprendras bien un peu de ce gâteau », lui lança Molly avec un sourire si joyeux qu'il eut l'impression, l'espace d'un instant, que rien ne s'était passé, que la guerre n'avait eu lieu.

« - Non, merci, si je prends encore du ventre, je vais dire au revoir aux dernières chances qu'il me reste de me marier », répondit-il d'une voix amusée.

« - Tu devrais justement te soigner, surtout à cette période », fit-elle avec un air soucieux, et soudain, toutes les rides qui s'étaient installées sur son visage pendant les derniers mois de la guerre ressortirent de façon vibrante.

« - Alors ce sera juste pour te faire plaisir… », céda-t-il avec un sourire dont il savait qu'il ne trompait personne.

Le plateau tourna encore une fois de convive en convive, et il vit les jumeaux se resservir avec entrain. Oui, bientôt tout serait entièrement rentré dans l'ordre. Si il avait eu un jour un rôle à tenir parmi eux, celui-ci touchait à sa fin.

Son esprit se figea soudain, surpris. Il avait pensé cela avec une telle évidence, un tel naturel…Oui, son rôle, celui qui avait commencé le jour où James était mort, était bel et bien terminé.

L'évidence s'était imposée à lui d'une force tranquille et limpide.

Bientôt Harry serait remis, malgré les cicatrices qu'il garderait à vie…Il finirait par se construire une existence…Les Weasley poursuivraient leur vie, continueraient à répandre leur amour, à choyer leurs enfants et bientôt petits-enfants…Hermione et Ron, et c'était une évidence, allaient se construire un avenir commun, il n'y avait qu'à les voir se parler pour comprendre ce qu'ils allaient devenir…

Sirius était mort, James aussi…Sa famille à lui, si lointaine, si peu imprégnée par le monde sorcier, était bien le dernier point d'attache qu'il s'imaginait choisir…

Le monde de la magie n'était rien pour eux…Son père, moldu, celui qui l'avait élevé, qui lui avait transmis ce don d'enseigner, n'avait jamais eu d'autre contact avec la sorcellerie que sa mère…

Et sa mère, dont les parents avaient été assassinés à l'époque de Grindelwald en était restée si blessée, si profondément dégoûtée qu'elle n'avait jamais plus voulu entendre quoi que ce soit concernant le monde magique. Profondément anarchiste, reniant toute autorité provenant du Ministère, elle ne voulut jamais plus y être confrontée, et encore moins à cause d'une guerre.

Il aurait voulu avoir sa propre famille.

Quelque part il en avait assez de profiter, tel un parasite, de l'affection d'une famille à laquelle il n'appartenait pas vraiment.

Sa place n'était plus ici.

Pendant qu'il réfléchissait, le morceau de pâtisserie tombait en miettes entre ses doigts, chutant en petits morceaux sur la nappe rustique avec un bruit mat et discret.