NDT : Voici la traduction du chapitre 2 ! On entre doucement dans l'histoire, j'espère qu'il vous plaira. La chanson du choixpeau va apparaître, je l'ai légèrement adaptée pour qu'elle rime en français. Pour les personnes intéressées, la version directement de l'anglais est à la fin du chapitre.
Pas de mot de l'auteure (sauf à la fin), donc bonne lecture !


Chapitre 2

Alors que le train ralentissait, elle put voir les lumières de la station de Pré-au-lard au loin. Les portes des compartiments commencèrent à s'ouvrir les unes après les autres, donc Neville et elle rejoignirent la foule se pressant vers les sorties. Ils se retrouvèrent séparés l'un de l'autre dans la cohue, et lorsqu'elle quitta le train, le petit garçon avait disparu de son champ de vision. Un homme plus large que n'importe quelle autre personne que Rigel avait déjà vue les dirigea vers les berges d'un lac à l'eau profonde, où de minuscules barques en bois les attendaient. Elle partagea un bateau avec une paire de filles et un garçon avec des taches de rousseurs avec la même nuance de cheveux roux que le préfet qu'elle avait rencontré dans le train. Elle tenta de ne pas se demander si les vieux trucs branlants étaient en état de naviguer, mais le fait que les bateaux avançaient grâce à une sorte de sort hypnotique de masse n'améliora pas sa foi pour les embarcations.

Une fois sains et saufs à terre, elle et les autres suivirent l'homme géant, Hagrid, jusqu'au château. Ce dernier était plus grand que ce qu'elle imaginait, mais à part sa taille, elle ne pouvait pas se faire une idée solide dans le noir. Les grandes portes les invitèrent à entrer et ils attendirent patiemment dans le Hall d'entrée jusqu'à ce qu'une femme au visage sévère – la professeure de Métamorphose, McGonagall – arriva pour les récupérer.

McGonagall les regroupa en ligne sans ordre particulier et les dirigea à travers les grandes portes en chêne jusqu'à la Grande Salle. Les yeux de Rigel s'écarquillèrent involontairement au grand nombre d'élèves dans la salle. Elle avait cru qu'ils seraient beaucoup moins nombreux, puisque l'école n'acceptait que des sang-purs, mais elle supposa que peu de monde « se mariait hors magie » ces derniers temps. Elle avait entendu qu'il n'y a pas si longtemps que ça, à peu près cinquante pourcents des enfants sorciers étaient sang-mêlés. À présent, la majeure partie du sang moldu avait été éliminée du patrimoine génétique une fois de plus, donc les nés-moldus et les sang-mêlés comme elle représentaient seulement à peu près vingt pourcents de la population.

Il y avait quatre longues tables qui prenaient l'essentiel de la salle, et une table plus petite, placée perpendiculairement au bout du bout de la pièce qui paraissait être celle des professeurs et du personnel. Les cravates colorées confirmèrent que les élèves étaient organisés par Maison. Elle observa d'un endroit à l'autre la salle pour éviter de regarder directement quelqu'un alors qu'on les conduisait à un endroit devant la table principale marqué par un amas de tissu posé sur un petit tabouret. Le plafond capta son regard et elle eut une grande inspiration en silence. C'était comme si la galaxie entière avait été capturée pour remplir la salle. De telles étoiles comme elle n'en avait jamais vues auparavant ornaient l'empyrée. Elle avait entendu que dehors, dans la nature, loin des lumières des villes, les étoiles et les planètes brillaient plus, mais elle n'avait jamais imaginé que cela serait un tel spectacle.

Juste au moment où elle commençait à croire que peut-être il n'y avait pas de plafond, seulement le vide, un petit coup de coude par derrière la ramena sur terre. Une fille avec des cheveux blonds coupés courts dans un angle à la mode loin de son visage se pencha vers elle pour murmurer :

« Il est enchanté pour ressembler au ciel extérieur, et si tu continues à être bouche bée, tout le monde va croire que tu es un roturier avant même que tu ne sois réparti. »

Rigel tourna ses yeux gris artificiels pour en rencontrer des bleus amusés. La blonde faisait partie de toute évidence d'une des familles sang-pures les plus éminentes ; tout, depuis la façon articulée dont elle parlait jusqu'à la façon digne dont elle se tenait, suggérait des heures et des heures d'enseignement d'instruction sociale pendant l'enfance. L'autre fille souriait pour montrer qu'elle ne tentait pas d'être malveillante, mais aimable, donc Rigel acquiesça pour montrer qu'elle était reconnaissante pour son conseil. Elle commença à se présenter correctement, mais ses mots furent coupés ; le tas de tissu sur le tabouret avait commencé à chanter. Fort.

« Bienvenue, bienvenue, jeunes et vieux

Dans la Grande Salle, quel beau lieu.

Oui, c'est cette période de l'année à nouveau

Où j'aide Maître Dumbledore, oh !

À vous répartir là où correspond votre besoin :

La Maison de votre destin.

Pour ceux parmi vous qui aspirent toujours

À connaître autant que vous pouvez en apprendre chaque jour

Qui, dans son ensemble, cherchent la vérité

Et, sans répit, prévoient d'étudier,

Pas d'inquiétude ; ici vous êtes beaucoup

À Serdaigle, vous serez chez vous.

Pour quiconque étant ingénieux

Toujours faisant de leur mieux,

Qui prennent seulement le fruit de leur labeur,

Attendent avec patience leur heure

Et estiment la confiance et la loyauté,

Mais ! vous appartenez à Poufsouffle sans hésiter.

Pour ceux d'entre vous qui ont de l'ambition

Et, à la malice, des dispositions,

Si vous gardez vos secrets près,

Et savez que la sagesse n'est pas sujet à se vanter,

Et voulez trouver vos véritables amis,

Vous devez donc aller à Serpentard, si.

Pour ceux parmi vous avec un solide courage,

Le cœur vaillant qui, toujours, rage

Face à n'importe quelle tâche faisant appel à leur volonté,

Qui n'ont pas peur de dire le fond de leur pensée

Et à leur porte faire face au danger,

À Gryffondor, vous serez parfait.

Donc venez à moi et coiffez-moi ;

En mon habileté, j'ai foi.

Je chercherai au plus profond de votre cœur

La Maison parfaite qui vous apportera le bonheur

Peut-être n'est-ce pas une vision teintée d'or

Mais ce vieux chapeau vous guidera à bon port.[i] »

La salle éclata en applaudissements tonitruants, tous les premières années les rejoignant avec perplexité.

« Nous avons juste à le mettre ? rit le rouquin avec qui elle avait partagé une barque. C'est facile ! »

Professeure McGonagall sortit un parchemin de ses robes et le déroula.

« Lorsque j'appellerai votre nom, approchez, asseyez-vous sur le tabouret, et mettez le chapeau. Abbott, Hannah. »

Une tremblante fille à l'air timide avec des nattes blondes s'avança nerveusement et s'assit sur le tabouret. Avec précaution elle plaça le chapeau sur sa tête, plissant un peu le nez comme si elle avait senti une odeur infecte.

« POUFSOUFFLE ! le choixpeau cria.

– Donc, quoi que tu fasses, ne pense pas à quel point le chapeau sent mauvais ou il te punira en t'envoyant chez les blaireaux », chuchota la fille aux cheveux courts de tout à l'heure dans l'oreille de Rigel.

Elle dut se mordre la lèvre pour cacher un sourire d'amusement.

« Black, Arcturus. »

Rigel lissa son visage en une expression détachée de politesse – de loin l'expression neutre la plus facile à maintenir sous la nervosité – et s'avança vers le tabouret que Abbott venait juste de quitter. Sa dernière pensée avant de coiffer le chapeau fut qu'il ne sentait pas si mauvais que ça.

« Oh mais merci, jeune lady », le chapeau murmura dans sa tête.

Si elle n'était pas aussi tendue, elle aurait sursauté, mais elle garda un masque neutre sur son visage tout en pensant au chapeau :

« Tu ne vas pas me renvoyer, non ? S'il te plaît, laisse-moi rester. Je travaillerai dur, je promets…

– Calme-toi, Miss Potter ; je ne suis pas un mouchard… je suis un chapeau ! Je suis ici pour te répartir, pas pour faire des jugements sur tes choix de vie. Maintenant, voyons… Tu as pas mal de talent, et tu es disposée à travailler dur, mais je peux voir que tu as de plus grandes ambitions que de l'autosatisfaction. C'était courageux de ta part de risquer autant pour être ici, et intelligent d'avoir planifié cela si parfaitement, mais par-dessus tout très sournois, tellement rusé. Je sais justement où je peux mettre quelqu'un avec tant de secrets à garder. Bonne chance à…

« SERPENTARD ! »

Rigel se leva calmement, bien qu'intérieurement elle était assaillie par le soulagement. Elle retira précautionneusement le chapeau après un « Merci » chuchoté et se tourna vers la table qui était en train d'applaudir. Sur le chemin, son regard croisa celui de la fille qui s'était tenue à côté d'elle, qui lui articula « Bien joué ! » et mima subtilement le fait de retenir sa respiration pour éviter une odeur désagréable.

Elle se dit qu'il était impoli de rire des Poufsouffle alors qu'elle prenait le siège au bout de la table des Serpentard. Il y avait un éventail de places vides autour d'elle, probablement pour les autres premières années. Ils étaient ceux sur qui elle devait se concentrer – les autres élèves qui deviendraient bientôt ses compagnons de chambrée – pas ceux qui finissaient à Poufsouffle. Pourtant, quand « Bones, Susan » fut placée à Poufsouffle après une expression similaire de dégoût sur le visage, le coin des lèvres de Rigel tressaillirent vers le haut sans le vouloir.

Peu de temps après, elle fut rejointe par « Bulstrode, Millicent » et « Crabbe, Vincent ». Tracey Davis, Daphné Greengrass et Gregory Goyle suivirent tous rapidement. Après cela, il y eut une accalmie jusqu'à ce qu'un garçon au port altier, aux cheveux blond platine et avec une expression confiante, s'approchât au son de « Malfoy, Draco ». Davis et Greengrass, avec qui Rigel n'avait tenté de maintenir une conversation que brièvement une fois que leur discussion s'était portée sur les mérites des nappes en lin contre celles en soie, firent de petits bruits appréciateurs en regardant le rejeton Malfoy coiffer le chapeau sans même s'embêter à s'asseoir. Le choixpeau sembla crier « SERPENTARD » avant même qu'il ne touche ses cheveux parfaitement coiffés, et Rigel se dit qu'elle n'aurait pas pris la peine de s'asseoir sur le tabouret branlant non plus si elle avait été aussi sûre du résultat.

Les yeux de Malfoy parcoururent tranquillement la table en s'approchant. De l'autre côté de la table, les larges garçons Crabbe et Goyle se poussèrent rapidement pour faire de la place entre eux, ce qui fit que Rigel se retrouva à fixer directement des yeux gris ardoise alors que l'héritier de l'une des plus anciennes et plus influentes familles de sang-pur Sombre se glissait sur le siège directement en face d'elle. Il inclina la tête dans sa direction, et elle en fut déroutée jusqu'à ce qu'elle réalise que, en tant qu'Arcturus Black, ils étaient cousins du côté de la mère de Draco, Narcissa Malfoy, née Black. Elle rendit le salut avec autant de raideur et tous deux retournèrent leur attention sur la répartition alors que « Nott, Theodore » entrait à Serpentard également. Quand « Parkinson, Pansy » fut appelée, la fille qui l'avait prévenue pour son attitude de paysanne avança gracieusement jusqu'au tabouret. Sa répartition mit juste un peu plus longtemps que celle de Malfoy, bien qu'elle fît toute une scène où elle s'assit convenablement sur le tabouret puis ajusta le chapeau sur sa tête avant de brosser des poussières imaginaires sur son bord en le reposant sur le tabouret.

Rigel se déplaça juste assez pour présenter une invitation à s'asseoir à côté d'elle sans paraître impatiente à l'idée et Parkinson la remercia poliment d'un sourire en s'asseyant à la gauche de Rigel et plaçant gracieusement ses robes sous elle.

« Je savais que tu avais l'étoffe d'un Serpentard, confia doucement Parkinson, semblant contente d'ignorer la répartition à l'instant présent.

– Oh vraiment ? Rigel releva un sourcil de la façon dont elle avait vu Archie agir quand il était en mode sang-pur. Et comment as-tu conclu cela alors que je faisais le poisson rouge comme un péquenaud ? »

La blonde scintilla joliment vers elle.

« Je sais ces choses, tout simplement, dit-elle. Par exemple, je peux dire qu'il ne reste qu'un seul étudiant là-bas qui va nous rejoindre à cette table, et il ne sera pas appelé avant la toute fin, donc tu peux arrêter d'essayer de diviser ton attention entre moi et le choixpeau. »

Rigel se laissa aller à cligner une fois des yeux face à l'autre fille.

« Tu es plutôt perspicace, Miss Parkinson.

– Appelle-moi Pansy, dit la blonde après avoir réfléchi un instant. Nous allons, après tout, devenir de bons amis, Mr. Black.

– Tous mes bons amis m'appellent Rigel », dit-elle, tentant un sourire qui était basé sur les expressions espiègles de Sirius.

Cela dut marcher car Pansy sembla très légèrement prise par surprise pendant un moment avant d'autoriser un sourire en coin plisser ses traits aristocrates.

« Tu es de toute évidence le fils de ton père, Rigel.

– Tu connais mon père ? feignit-elle la surprise. Je devrais le punir d'avoir gardé une telle gemme pour lui-même. »

Elle sortait le grand jeu, et elle espérait honnêtement que ce que les gens disaient à propos des premières impressions était vrai et qu'elle n'aurait plus jamais à agir ainsi car cela la faisait se sentir un peu nauséeuse. Il était toutefois nécessaire que les gens croient qu'elle était le fils de Sirius Black, donc elle allait canaliser pour un petit moment l'esprit irrésistible de son oncle.

« Inutile de dire que chaque fille à cette table a été prévenue par leurs mères de rester loin de l'héritier Black si elles souhaitent garder leurs réputations intactes, sourit Pansy avec amusement, bien que ne semblant pas très concernée elle-même à l'idée de rester à l'écart. Mais je pense que tu n'es que belles paroles. »

Elle se fit une note mentale pour demander à Sirius ce qu'il avait fait à Poudlard pour qu'une décennie plus tard, il y ait des mères craignant pour la vertu de leurs filles en la présence d'un enfant de onze ans. Quoique d'un autre côté, peut-être qu'elle ne voulait pas savoir.

« Je te suis reconnaissant d'avoir décidé de passer outre ces horribles rumeurs et de m'avoir donné une chance », dit finalement Rigel.

Quelle que soit la réponse que Pansy aurait pu faire, elle passa à la trappe quand « Zabini, Blaise » fut réparti à Serpentard et que McGonagall enleva le choixpeau et le tabouret. Quand Dumbledore se leva pour faire son discours d'ouverture, Pansy et Rigel dirigèrent leur attention vers lui. Avec le visage tourné vers la chaise du directeur, Rigel ne pouvait pas, du coin de ses yeux, ne pas se rendre compte du regard scrutateur qu'un Draco Malfoy braquait sur elle depuis l'autre côté de la table. Il devait être très curieux du cousin qu'il n'avait jamais rencontré, pensa-t-elle.

Dumbledore était excentrique, ça, tout le monde le savait. Rigel trouva qu'il s'impliquait malgré tout un peu trop dans l'adjectif. Sa longue barbe blanche était tressée avec des rubans aux couleurs des quatre Maisons et son chapeau pointu était recouvert de fleurs tropicales et d'oiseaux. Il dit quelques mots, l'impénétrabilité desquels suggéra qu'il les avait choisis aléatoirement dans le dictionnaire, et agita les mains de façon dramatique. Aussitôt, les tables en face d'eux se remplirent de toute la nourriture qu'on pouvait imaginer. Apéritifs, soupes, entrées, desserts et boissons étaient étalés devant eux en un bazar chaotique et alors que les enfants dans toute la salle commencèrent à attraper tout ce qui était le plus proche d'eux, elle se demanda si l'aspect aléatoire du placement n'était pas volontairement fantaisiste.

Rigel posa sa serviette sur ses genoux, remarquant que toutes les serviettes à la table de Serpentard étaient noires et par conséquent, ne laisseraient pas de traces visibles sur les robes noires d'école de la même façon qu'une serviette blanche le ferait. Elle supposa qu'elle pouvait s'habituer à de tels détails. De l'autre côté de la table, Crabbe et Goyle étaient en train de s'empiffrer de friandises au chocolat, sans même s'intéresser aux plats, tandis que le blond entre eux empilait doucement une variété de nourriture sur son assiette, comme s'il était en train de jouer au diplomate face à chaque groupe de nourriture et était récalcitrant à montrer du favoritisme. Rigel demanda à Greengrass de lui passer la salade composée et, bien que la fille clignât des yeux à Rigel bien trop de fois au passage, elle la lui tendit en effet. Rigel remplit généreusement son assiette de salade et commença à manger.

« Tu ne veux pas quelque chose de plus substantif que ça ? »

Pansy jeta un œil soupçonneux à son assiette avec une curiosité évidente.

Rigel avala précautionneusement avant de répondre :

« Non, merci. »

Pansy attendit un instant mais quand il devint clair que Rigel n'avait pas l'intention d'élaborer, elle haussa les épaules et retourna à son propre dîner. Rigel était à la fois intéressée et amusée à l'expression de désintérêt travaillé de l'autre fille donc elle offrit :

« Je suis végétarien. »

Pansy se retourna avec des sourcils relevés.

« Ah bon ?

– Tu ne manges pas du tout de viande ? demanda Bulstrode, la fille aux cheveux sombres, regardant sa tourte à la viande de bœuf et aux rognons comme si elle ne pouvait pas supporter l'idée de l'abandonner pour toujours.

– Je mange un peu de poisson », dit Rigel.

La robuste fille secoua seulement tristement la tête en réponse et retourna à son propre dîner.

Rigel avait débattu de si elle devait changer son régime alimentaire ou non pour cette mascarade mais avait finalement décidé que non. D'abord, elle n'était pas sûre de pouvoir prétendre apprécier la viande pendant sept ans, et ensuite, son régime végétarien pourrait aider à expliquer pourquoi elle restait petite et maigrichonne alors que les autres garçons deviendraient plus grands et larges. Archie n'était pas un végétarien mais personne ici ne savait ça et si, pour une quelconque raison, cela remontait jusqu'à Sirius que les habitudes alimentaires de son fils avaient changé, elle pouvait toujours dire qu'elle l'avait fait par nostalgie de sa cousine. C'était le genre de chose qu'Archie ferait dans un geste théâtral.

Elle finit son dîner tranquillement, trouvant que le jus de citrouille était un dessert suffisant pour elle et manqua de peu le moment où l'héritier Malfoy tourna une fois de plus son regard examinateur sur elle. Il n'était pas très subtil, toutefois, et après un second regard flagrant, Rigel remarqua que Pansy s'en était rendue compte aussi. Pansy ne semblait pas surprise que Malfoy puisse être curieux de Rigel, donc elle supposa que tous les enfants ici devaient connaître le système complexe des connexions de sang qui les reliaient les uns aux autres.

Lorsque tout le monde eut terminé de manger, il se faisait tard, et Rigel était plus que prête à aller se coucher. Même la fébrilité d'être arrivée aussi loin ne pouvait plus la faire écouter que d'une oreille le discours informatif de Dumbledore sur les règles, les forêts interdites, et ainsi de suite. Quand ils furent finalement relâchés, elle se retrouva dans les pas de Pansy alors qu'elles et les autres premières années suivaient les préfets de Serpentard dans les cachots. Lorsqu'ils atteignirent l'entrée de la salle commune, elle était gelée en plus d'être fatiguée. Ne chauffaient-ils donc rien en-dessous des cuisines ? Une des préfets, une fille avec de long cheveux noirs et un lourd maquillage pour les yeux, se retourna et s'adressa à leur groupe :

« C'est la salle commune. Vous ne serez probablement pas capable de la trouver vous-mêmes pendant quelques semaines car elle ne ressemble qu'à un tronçon de mur vierge mais c'est pour empêcher les autres Maisons de la trouver, donc quoi que vous fassiez, ne dessinez pas de carte ou ne placez pas de repères le long des couloirs pour retrouver votre chemin, dit-elle d'une telle façon que Rigel suspecta que les règles étaient marquées par l'expérience. Suivez juste un Serpentard plus vieux jusqu'à ce que vous appreniez votre chemin.

– Ne laissez pas votre fierté vous empêcher de demander les directions non plus, un autre préfet ajouta. Les années supérieures ont dû faire la même chose quand ils étaient en première année. Dans cette Maison, personne ne s'attend à ce que vous compreniez tout de votre côté comme un Serdaigle mais, d'un autre côté, nous ne sommes pas des Poufsouffle. Si vous voulez de l'aide, vous devez demander, et ne vous attendez pas à ce que ce soit gratuit.

– Le mot de passe est Ouroboros », dit la première préfète.

Elle se tint sur le côté alors que le mur glissait et l'air chaud réconfortant de la salle commune souffla doucement dans le couloir. Si garder les couloirs dans les cachots désagréablement froids était une sorte de tour psychologique pour les faire associer la salle commune avec une hospitalité douillette, c'était réussi. Ils entrèrent tous avec gratitude et les préfets les dirigèrent vers l'une des grandes cheminées le long des murs pour prendre leurs repères et se réchauffer.

La salle commune était très sombre, avec la lumière des flammes vacillantes des torches et des feux produisant des ombres étranges sur chaque surface. Une fois qu'elle s'accoutuma à la faible luminosité toutefois, elle trouva l'endroit élégant, bien qu'un petit peu claustrophobique du fait des plafonds bas. Les fenêtres n'aidaient pas, puisque tout ce qu'elles révélaient pour le moment étaient l'eau noire du lac. Elle supposa que plus de lumière devait filtrer depuis la surface durant la journée. Quant au mobilier, elle le trouva tout à fait adéquat pour la maison Serpentard. Tout avait un bas dossier pour qu'on voie sans problème qui se trouvait dans chaque siège, même de derrière, et aucun n'était trop rapproché l'un de l'autre ou repoussé dans les coins. Il n'y avait nulle part où se cacher. Heureusement, les meubles étaient faits de bois sombre basique, ce qui évitait que les tissus verts et argents apparaître soit trop criard. Sept couloirs différents démarraient comme les rayons d'une demi roue depuis la pièce principale. Un pour chaque année.

La préfète aux longs cheveux noirs revint vers eux et dit :

« Changement de plan. Quelque chose est arrivé donc notre directeur de Maison va déplacer la réunion de début d'année au matin plutôt que ce soir. Cela veut dire que vous devez tous être debout et avoir fini de petit-déjeuner trente minutes plus tôt demain, donc sitôt que vous êtes installés, allez au lit. Le dortoir des premières années est tout au bout du couloir à votre droite. Pour protéger la sécurité et l'intimité des élèves de Serpentard, personne sauf les élèves de chaque année ne peuvent passer la porte de leurs couloirs respectifs. Utilisez cette intimité avec attention car les étudiants qui abuseront de leurs privilèges les perdront pour tous leurs camarades de même année. »

Elle les dirigea vers leurs dortoirs d'un geste de la main, et dit :

« Allez-y, petits serpents ; vos affectations de chambre sont à l'extérieur des portes. Oh et les garçons : je ne vous recommande pas d'aller dans un des dortoirs des filles. Vous n'aimerez pas les conséquences. Bonne nuit. »

Fatiguée, Rigel suivit Pansy et les autres le long du couloir des première année. Il y avait quatre portes le long du corridor, deux pour les filles et deux pour les garçons. Les filles semblaient heureuses d'être seulement deux par chambre, plutôt que trois et le seul garçon qui sembla déçu par son affectation de chambre était Zabini, à qui on avait assigné une chambre avec Crabbe et Goyle. À la toute fin du couloir, du côté droit, se trouvait une porte, avec « Arcturus Black » écrit juste au-dessus de « Draco Malfoy » et « Theodore Nott », que Rigel poussa mécaniquement. Elle se dirigea droit vers le lit avec sa valise dérétrécie posée à son pied. Ses compagnons de chambrée entrèrent derrière elle et commencèrent à se préparer à aller au lit, mais elle alla droit sur son matelas et s'endormit à moitié dessus en quelques secondes. Le soulagement qu'elle avait ressenti à l'idée d'avoir réussi à aller jusqu'au dortoir Serpentard sans être expulsée la suivit jusque dans ses rêves et elle ne combattit pas le sourire alors qu'elle se laissait porter par les pensées de ce que le lendemain allait apporter.


[i] Version traduction "littérale" :

« Bienvenue, bienvenue, tout le monde

Dans ce beau lieu, à la Grande Salle.

Oui, c'est à nouveau cette période de l'année

Où j'aide maître Dumbledore

À vous placer là où vous devez être :

La Maison qui est votre destin.

Pour ceux parmi vous qui toujours aspirent

À savoir autant que vous pouvez apprendre,

Qui cherchent la vérité dans son ensemble

Et prévoient d'étudier tous les jours,

Pas d'inquiétude ; ici vous n'êtes pas seuls

À Serdaigle, vous serez chez vous.

Pour quiconque ayant du talent ; oui,

Et toujours font de leur mieux,

Qui prennent seulement les choses qu'ils gagnent

Et attendent avec patience leur tour

Et estiment la loyauté et la confiance,

Mais ! vous appartenez à Poufsouffle.

Pour ceux qui ont de l'ambition

Et une tendance à la malice,

Si vous gardez vos secrets près

Et savez que la sagesse n'est pas sujet à se vanter

Et voulez trouver vos véritables amis,

Vous devez donc aller à Serpentard.

Pour ceux parmi vous avec un courage solide,

Le cœur vaillant qui jamais ne faillit

Face à n'importe quelle tâche se mettant sur leur chemin,

Qui n'ont pas peur de dire le fond de leur pensée

Et faire face au danger à leur porte,

Vous serez parfait à Gryffondor.

Donc venez à moi et mettez-moi ;

On ne m'a encore jamais dit que je m'étais trompé.

Je chercherai au plus profond de votre âme

La Maison appropriée capable vous rendre complet

Peut-être n'est-ce pas une belle vision

Mais ce vieux chapeau vous guidera à bon port. »


NDA : Je sais que dans le canon la plupart des enfants sont des sang-mêlés et non des sang-purs, mais je change ça pour que dans cet UA, la société sang-pure soit tellement enracinée dans le monde sorcier que leurs parents n'ont jamais épousé de moldus ou né-moldus, mais ont tout de même eu des enfants.

À cause de tout cela, nombre d'enfants qui, dans le canon, sont de sang-mêlés ou encore né-moldus seront peut-être quand même inclus dans l'histoire à Poudlard. Il y aura aussi plus d'OC sang-purs pour remplir les trous d'une société qui n'a pas vécu une perte numéraire dans une guerre civile comme cela a été le cas dans le canon de l'univers d'HP. À moins que cela ne soit précisé, partez du principe qu'un personnage à Poudlard est un sang-pur.

Concernant l'apparence de Pansy : Dans les films, elle a des cheveux bruns, mais ce n'est pas précisé dans les livres. Donc elle est blonde.

Enfin : Je sais ce que vous être en train de penser : pas de cicatrice ? pas de prophétie ? C'est juste une fic se passant à l'école alors. Eh bien, peut-être au début, mais vous n'avez pas besoin d'une cicatrice pour commencer une révolution, ou être le centre d'un maelstrom politique, qui est ce vers quoi cette fic se dirige. Si vous êtes là pour une romance facile avec un gender-bend original pour assurer des problèmes, peut-être n'est-ce pas pour vous. C'est un regard sérieux sur les dangers et conséquences de jouer un jeu dangereux avec des personnes dangereuses. Ceci dit, c'est aussi amusant, léger à certains moments, qui fait réfléchir, et excitant. Donc j'espère que vous l'apprécierez. Merci pour votre lecture.

-Violet

NDT : Si vous avez apprécié, n'hésitez pas à laisser une review :) (Et si vous voyez des endroits où le français vous paraît bizarre, n'hésitez pas à me le dire. J'ai beau l'avoir fait relire par ma meilleure amie qui m'a aidée à corriger pas mal d'endroits, parfois quand on est dedans, on ne s'en rend pas compte.)