NDA : Bonnes vacances, etc. Tellement désolée pour ces dernières semaines, mon père nous a surprises avec un voyage en Europe, ce qui veut dire que j'ai vécu comme un homme des cavernes sans internet pendant toutes les vacances. C'était super fun, mais je me suis sentie si mal pour avoir négligé cette histoire (que je doute que beaucoup de personne lise mais quand même) donc je publierai trois chapitres en même temps et le prochain dès que je le termine. Comme toujours, merci pour votre lecture et si vous avez des questions, posez-les – des fois les choses font sens dans ma tête mais pas pour ceux qui… ne sont pas dans ma tête.
(NDA 2 : Ignorez le Lily / la symbolique du regret pendant le cours de Potion si vous voyez de quoi je parle)
(NDA 3 : James, Sirius et probablement Remus ont fait plusieurs améliorations à la Carte après l'avoir récupérée, dans l'espoir que leurs enfants pourraient un jour l'avoir. Elle met automatiquement à jour tous les mots de passe mis aux portes et passages du château, bien qu'elle ne va pas, bien sûr, vous faire passer dans des endroits ayant besoin d'une signature magique pour s'ouvrir. Elle se chauffe également si un professeur approche à moins de 15 mètres après le couvre-feu, à moins qu'elle ne reconnaisse que vous êtes dans l'un des dortoirs. Elle ne peut pas faire la différence entre les étudiants donc vous devez toujours faire attention aux préfets mais si vous lui demandez de rechercher une certaine personne, elle zoome sur sa location.)
NDT : Bonjour à tous. Techniquement, la première NDA de Violet ne valait peut-être pas la peine d'être traduite car ce n'est plus d'actualité mais bon… ça me semblait bizarre de la couper et de garder les deux autres. Bref, je vous laisse lire !
Chapitre 6
Rigel se réveilla jeudi matin d'une humeur spéciale, remplie d'un enthousiasme enfantin qui était largement étranger pour elle et elle pensa que, peut-être, Poudlard était bon pour son tempérament. Il semblait expirer de la magie dans les choses les plus ordinaires. Non pas que jeudi était ordinaire – c'était leur premier cours de Théorie des Potions.
Rigel fut la première à arriver en Potions ce matin. La classe était presque gelée pour accommoder les ingrédients et était bien éclairée, de façon presque aveuglante. Les tables étaient suffisamment larges pour y installer confortablement deux chaudrons et les allées étaient spacieuses pour que l'on puisse marcher sans frôler ses robes contre le poste d'un autre. Rigel approuva complètement et rangea joyeusement son sac sous la table la plus proche du tableau noir après avoir sorti son manuel pour un rapide rappel des Potions du chapitre un.
Elle avait réussi à fuir Malfoy et Pansy pendant le petit-déjeuner, principalement à cause du fait qu'aucun d'eux ne lui parlait. Mercredi avait été une épreuve pour eux tous. La journée avait bien commencé. Pansy et elle avaient pris leur promenade pré-petit-déjeuner, cette fois aux alentours du premier étage et Malfoy ne l'avait pas embêtée une seule fois concernant les événements du cours de Vol de mardi pendant qu'ils avaient mangé. Puis, ils étaient allés en Sortilèges et mercredi avait tourné comme du vieux lait. Elle ne pouvait pas reproduire le sortilège de Lévitation (« Oui Malfoy, j'essaie ») pour le professeur Flitwick, ce qui fit perdre cinq points à Serpentard et causa la suspicion de ses camarades de Maison de les saboter exprès, puisqu'ils l'avaient tous vue réaliser parfaitement le sortilège la veille, en défense d'un Gryffondor, rien que ça.
Elle avait dû écouter Malfoy et Pansy là-dessus durant tout le cours d'Histoire et, lorsqu'ils s'étaient rendus en Défense, Rigel en avait tellement ras-le-bol qu'elle était allée s'asseoir avec Crabbe et Goyle, aucun d'eux n'ayant rien dit quand elle ne put pas faire le sortilège Lumos. Malfoy avait compris le sous-entendu mais Pansy s'en offusqua et snoba publiquement Rigel en s'asseyant ostensiblement avec Davis et Greengrass durant le dîner. Elle n'avait pas parlé à Rigel depuis.
Malfoy avait gardé son air détaché jusqu'en Astronomie. Après avoir expliqué comment les télescopes fonctionnaient, Professeure Sinistra les avait faits identifier différentes étoiles et constellations. Malfoy la harcela pour les réponses et quand elle lui avait finalement dit qu'elle ne savait pas quelle étoile était Orion, Malfoy lui avait jeté un regard noir et l'avait accusée d'être un connard snob qui gardait égoïstement son savoir des sortilèges et des étoiles sans le partager à ses amis. Il ne croyait pas que Rigel ne pouvait vraiment pas réaliser de sorts en classe (parce qu'il l'avait vue en faire la veille) et parce qu'elle ne savait vraiment pas le nom des étoiles (parce que, après tout, pourquoi l'héritier Black ne connaîtrait pas les noms de son propre arbre généalogique ?). Il était parti furieux pour travailler avec Zabini et Nott après ça, donc ça n'avait pas vraiment été compliqué pour Rigel de fuir deux personnes qui l'ignoraient sévèrement au petit-déjeuner le jeudi matin.
Elle était en train de regarder les notes de bas de pages sur l'épaisseur du fond du chaudron – chose fascinante – quand Neville et le plus jeune Weasley arrivèrent en transportant des petits pains et des serviettes remplies de bacon entre elles.
« T'es sûr qu'on a le droit d'avoir à manger ici ? demanda Neville alors qu'ils traçaient leur chemin vers une table de l'autre côté de la salle.
– Sûrement pas, haussa les épaules Weasley. Mais on finira avant que Snape n'arrive et il vaut mieux ça que d'être en retard parce qu'on est resté au petit-déjeuner. Tu te rappelles à quel point McGonagall était énervée ?
– Je n'oublierai jamais le regard sur sa tête, frissonna Neville. Elle nous aurait dévorés si elle était juste un peu plus gro… mpf ! »
Weasley avait remarqué Rigel et avait prestement donné un coup de coude à Neville dans les côtes.
« Que… oh. Salut Rigel.
– Salut Neville, salua poliment Rigel de la tête. Bonjour Weasley.
– Black. »
Le rouquin rendit son salut avec raideur.
« Comment te sens-tu aujourd'hui Neville ? » demanda-t-elle, parlant juste assez fort pour qu'on l'entende à travers la salle.
Neville aborda un large sourire à l'absurdité qu'ils présentaient et vint en bondissant pour se placer à sa table, rapidement suivi par Weasley.
« Bien, sourit-il grandement de son visage rond. Madame Pomfresh m'a fait rester à l'infirmerie pour le reste de la journée. Ma mamie a parlé au directeur quand ils l'ont cheminettée et… eh bien, elle a été très grossière en fait, mais je suis dispensé de leçons de Vol pour l'année en raison de traumatisme. »
Il semblait plutôt content de cela donc Rigel dit :
« Félicitations.
– Merci, sourit-il. Et merci pour m'avoir sauvé aussi.
– Je t'ai déjà dit pourquoi il a fait ça, marmonna Weasley.
– Rigel ne voulait pas dire ça, Ron, dit Neville. Il doit juste dire des trucs comme ça pour être un bon Serpentard, pas vrai ? »
Rigel sourit.
« Oui, d'ailleurs, à propos d'avant-hier… »
Elle ouvrit grand les yeux avec sérieux.
« Ce n'est pas vraiment quoique ce soit que j'ai fait qui t'a sauvé. Ma baguette a fait le sort par elle-même.
– C'est impossible, se moqua Weasley.
– Ben, c'est ce qui s'est passé, dit-elle. Je pense que puisque c'est le seul sortilège que je connaissais, ma baguette a réagi instinctivement à ma panique.
– J'imagine que ça fait sens, dit lentement Ron. Bien que je n'aie jamais entendu parler de magie accidentelle avec une baguette.
– Même, merci, dit Neville.
– Ne me remercie pas. »
Elle fit un petit mouvement des épaules qui aurait pu être un haussement.
« Nous avons juste été très chanceux. »
Neville fit un fervent bruit d'accord tout en finissant son pain. Weasley la fixa avec circonspection et alors, planta sa main devant elle avec une violente détermination.
« Tu es un mec O.K., Black. »
Rigel prit sa main légèrement bronzée.
« Toi également, Weasley. »
Il eut une expression qui tordit ses taches de rousseurs.
« Ron, s'il te plaît. J'ai trop de frères ici pour que tu nous appelles tous Weasley.
– Très bien, dit-elle. Alors moi c'est Rigel.
– Pas Arcturus ? prononça-t-il le nom maladroitement.
– Rigel est mon deuxième prénom », dit-elle.
La porte de la salle de classe s'ouvrit et Malfoy entra, suivi de près par Pansy et Nott.
« À plus Rigel », dit Ron, rejoignant sa table.
Neville lança un regard nerveux à Malfoy et fit lever et baisser sa tête brusquement.
« Salut Rigel. »
Rigel retourna à son livre mais avait seulement lu trois phrases quand une main pâle et parfaitement manucurée le lui arracha. Elle leva la tête vers des yeux gris orageux et su pendant un moment le formidable homme que son jeune camarade allait devenir. Elle avait entendu dire que les yeux pouvaient être saisissants, et bien que ceux de Malfoy l'étaient, Rigel pensa que passer sous son regard quand il était comme ça ressemblait beaucoup plus à un alunissage. Elle eut un moment de désorientation confuse quand elle fut surprise par quelque chose qu'elle savait qu'elle n'aurait pas dû. Puis la sensation qu'elle ne pouvait pas retrouver son équilibre et puis la peur l'écrasa ; la peur momentanée que quelque chose la soulevait du sol, au lieu de l'y poser, comme si l'univers s'était inversé et que personne ne le lui avait dit.
Puis, Malfoy parla, un son coupant, acerbe qui brisa l'illusion et la ramena sur Terre avec un soubresaut soulagé. Elle cligna rapidement des yeux et se concentra sur le front raffiné de Malfoy, au lieu de ses yeux anti-gravité.
« Ces paysans bons à rien t'appellent par ton prénom ? » s'enquit-il, ne s'embêtant pas pour garder sa voix basse.
Rigel regarda vers Neville et Ron qui étaient heureusement trop absorbés à finir leurs bacons pour remarquer. Pansy et Nott avaient toutefois entendu et les deux sourirent d'un air suffisant, appréciant clairement la vue d'un Malfoy en venir presque aux mains avec quelqu'un.
« Oui », dit Rigel, tournant son regard ostensiblement sur le livre qu'il était en train de tenir en otage.
Il le mit derrière son dos tout aussi ostensiblement.
« Même moi, je ne t'appelle pas par ton prénom, attaqua-t-il.
– C'est vrai. »
Malfoy souffla et sa lèvre inférieure saillit très légèrement.
« Et Pansy l'utilise seulement pour que les autres pensent qu'elle s'entend bien avec le mystérieux héritier Black.
– Hé ! dit Pansy. Rigel, ce n'est pas vrai… on est ami, non ?
– Tu me parles de nouveau ? s'interrogea-t-elle innocemment et Pansy rougit. Mais je ne suis pas mystérieux, ajouta-t-elle, s'allongeant sur le côté et essayant de voir autour de Malfoy où est-ce qu'il cachait son manuel de Potions.
– Ouais, bien sûr », rit Nott.
Malfoy se déplaça de côté pour qu'il soit directement en face d'elle à nouveau.
« Arrête ça ! »
Rigel se redressa docilement et cligna des yeux d'une façon qu'elle savait la faisait apparaître comme un bébé chouette abandonné.
« Pourquoi es-tu si énervé Malfoy ? »
Ce fut au tour de Malfoy de la fixer stupidement.
« Énervé… Je ne suis pas…
– Tu peux m'appeler Rigel si tu le veux vraiment, dit-elle, rendant ses yeux encore plus grands et inclinant sa tête juste ce qu'il fallait.
– Bon, d'accord alors », dit le blond incertain.
Rigel n'était pas sûre si « le regard » marchait de la même façon sans ses surprenants orbes verts mais au vu de son expression confuse et vaguement désolée, il était toujours efficacement désarmant avec des cheveux courts et des lentilles grises. Il secoua légèrement sa tête et dit rapidement :
« Mais tu dois m'appeler "Draco".
– O.K. Draco », dit-elle et sourit avec sa face entière pour une seule, insoutenable, seconde.
Elle s'assura que ses yeux se plissent et son nez se froissa un minuscule peu puis ses dents étincelèrent timidement, et alors, elle claqua sa main derrière lui et arracha son livre de la prise molle du garçon stupéfait avant qu'il ne puisse se rappeler de son nom.
Pansy et Nott s'esclaffèrent. La porte s'ouvrit de nouveau et Nott rejoignit Zabini à une table du fond. Pansy s'assit à la table à côté d'eux où elle fut rejointe peu de temps après par Davis et Draco s'assit distraitement dans le siège à côté de Rigel. Elle tourna joyeusement les pages jusqu'à l'index et commença à croiser les informations avec leurs utilités et dangers. Cinq minutes de plus passèrent avant que Draco ne se tourne finalement vers elle et dise :
« Comment tu as fait ça ? »
Elle le regarda fixement.
« Oh, laisse tomber », maugréa-t-il, sortant un parchemin et une plume pour prendre des notes.
Rigel sourit intérieurement alors que Draco passait une main dans ses cheveux avec une vague confusion dans les yeux. Elle ne se sentait pas désolée pour lui – il avait volé son livre de Potions après tout et il ne s'était toujours pas excusé pour s'être énervé hier. « Le regard », qui était en fait, une série de regards qui prenaient avantage de ses traits délicats avait été développé avec l'aide d'Archie qui pouvait faire « le regard » encore mieux qu'elle, et qui marchait chaque fois sur la famille, les amis et les ennemis, sans distinction. La théorie était que la plupart des gens avait un instinct de nourrisson profondément ancré qui les faisait inconsciemment réagir aux choses qui le déclenchaient comme les chiots et les bébés, même s'ils n'étaient pas le type de personne à le montrer ouvertement. Un truc de survie de l'espèce, peut-être. « Le regard » était scientifiquement conçu pour activer ces instincts en arrangeant les muscles du visage pour exprimer l'innocence, l'impuissance, la fragilité, etc. Rigel le maniait avec un humour sans merci quand cela lui plaisait.
Quelques minutes plus tard, la porte du devant de la salle de classe s'ouvrit et la pièce toute entière devint silencieuse alors que le professeur Snape entrait d'un pas rapide, comme une ombre, dans la salle. Il donna une chiquenaude à la porte menant aux cachots. Elle se claqua et se verrouilla avec un clic audible juste quand la cloche sonna. Rigel vit du coin de l'œil Ron donner un petit coup de coude à Neville d'un air entendu.
Plusieurs personnes déglutirent.
« Libérez vos bureaux », dit Professeur Snape.
Il se déplaça pour se tenir devant le tableau et les regarda du bout de son nez. Il y avait un sens de la répétition chez lui alors qu'il faisait l'appel qui trahissait à la fois une vieille familiarité et un nouveau dédain. De temps à autre il faisait une pause à un nom et quelque chose qui, chez un homme avec des expressions faciales libres, aurait été une grimace inclinait les coins de sa bouche. Il n'était pas assez vieux pour avoir enseigné à n'importe lequel de leurs parents donc Rigel pensa qu'il se rappelait de noms de ses propres années d'école, comme le sien, ou alors de plus vieux frères et sœurs, comme pour le cas de Ron Weasley. Elle ne pensait pas que la grimace signifiait quoique ce soit de positif pour faire suffisamment rappeler les parents de ces malheureux à Snape. Il semblait loin d'être nostalgique avec ses souvenirs d'eux.
Après que Zabini avait levé la main sans enthousiasme pour indiquer sa présence, Snape commença à arpenter la longueur de la pièce. À peu près une vingtaine de paires d'yeux suivirent ses mouvements, à la façon d'un animal plus faible qui suivait la démarche d'une panthère qui aurait ou n'aurait pas faim. La voix de Snape était douce et coulait si aisément dans l'air silencieux que la plupart ne réalisa pas qu'il avait commencé à parler jusqu'à la moitié de sa deuxième phrase ; ils furent laissés mentalement perdus pour le rattraper.
« Nombreux parmi vous ont déjà entendu parler de ce cours et pour ceux pour qui ce n'est pas le cas… (Son sourire suffisant avait vraiment quelque chose de malfaisant.) vous en entendrez parler. Toutefois, dans l'intérêt de ceux d'entre vous pour qui la compréhension ne suit pas toujours l'explication – et je ne doute pas que ceci inclura un suffisamment large pourcentage de vous pour me donner de nouvelles frayeurs pour le futur de la race magique –, je, s'arrêta-t-il à ce moment-là directement en face de Rigel et fixant ses yeux presque noirs sur elle, suis le professeur Severus Snape, le maître des Potions. »
Rigel fit tomber son regard sur la table, son cœur battant irrégulièrement avec une anticipation nerveuse. C'était finalement l'heure pour son rêve de commencer à devenir réalité. Maintenant, elle étudiait avec Snape, le maître des Potions, sans doute le plus grand esprit créatif dans la communauté de potionologie. Maintenant, elle pouvait enfin apprendre les choses que les journaux et articles de potionologie mentionnaient seulement et dont les livres faisaient seulement allusion. Elle retint sa respiration sans le réaliser alors qu'elle entendait Snape s'éloigner une nouvelle fois, tout en parlant de ce baryton sifflant, qui était pratiquement conçu pour faire tomber goutte-à-goutte de secrètes connaissances en Potions dans les oreilles d'étudiants attendant impatiemment.
« Les Potions sont un art exigeant, leur dit-il. Un art qui prend toujours plus qu'il ne donne.
– Il sonne comme la maîtresse de mon père », grinça Nott indélicatement depuis la table derrière elle.
Plus comme les lois basiques d'énergie, pensa Rigel, irritée que Nott ait interrompu le professeur aussi irrespectueusement. Bien sûr que le résultat final est maigre par rapport à ce que tu as mis dedans – il y aura toujours de l'énergie et de la matière perdues dans la transaction. Le point, c'est que tu obtiens aussi plus que ce que tu as mis, car tu arrives avec quelque chose qui n'était pas là auparavant. Professeur Snape est juste en train de nous rappeler des sacrifices invisibles qui sont parfois perdus en se concentrant seulement sur le processus, à la fois littéralement et métaphoriquement.
« Contrairement à la dernière amante bon marché de votre père, fit le professeur Snape en regardant de façon répressive Nott, maîtriser ce sujet vous donnera des choses que vos petits esprits ignorants ne peuvent que tenter d'imaginer. Prêtez attention, travaillez dur et je pourrais vous apprendre à mettre la gloire en bouteille, à distiller la grandeur, et même à enfermer la mort dans un flacon. (1) »
À présent, le professeur Snape était de retour au devant de la salle et pas une âme ne bougea un muscle jusqu'à ce que…
« Weasley ! aboya Snape au rouquin qui sursauta et resta bouche bée pendant un moment avant de se rappeler comment parler.
– Ou… Oui ? »
Ron se décala nerveusement, ses mains se serrant et se desserrant sur la table.
« Dans quoi la figue desséchée épluchée est-elle la plus communément utilisée ? »
Snape avança d'un seul pas vers la table de Ron et le garçon pâlit dramatiquement, ses rousseurs ressortissant comme les taches sur un œuf de grive.
« Euh… aucune idée, désolé », dit-il.
Draco pouffa un poil trop fort pour être de bon goût.
« Quel sorte de nigaud sans cerveau n'a jamais entendu parler d'une solution de ratatinage ? »
Snape tourna son attention vers le blond.
« Correct, Mr. Malfoy. Cinq points pour Serpentard. »
Les Gryffondor semblèrent se dégonfler simultanément.
Il est également communément utilisé dans l'élixir d'Euphorie, pensa Rigel. Et techniquement, c'est le jus à l'intérieur de la figue desséchée pelée qui est utilisé dans les solutions de ratatinage.
« Patil. »
Snape se tourna vers une fille à la peau caramel et aux lumineux yeux dorés avec une tresse de cheveux noirs descendant jusque dans son dos.
« Quand ingéreriez-vous les feuilles d'aconit ? »
La fille se mordit la lèvre. Ses jolis yeux se déplacèrent de son bureau vers le col du professeur Snape puis revint au bureau.
« Hum… jamais ? Parce que c'est toxique, n'est-ce pas ?
– Je me demande ce que vous ferez, Miss Patil, quand votre pression sanguine est dangereusement élevée mais que vous refusez de prendre le sédatif cardiaque parce qu'il y a de l'aconit dedans, dit le professeur Snape avec un petit peu plus de rancœur qu'il n'était nécessaire pour marquer son point. Ou quand vous ne pouvez pas prendre un inducteur de sueur pour votre fièvre pour la même raison. »
Patil se tassa dans son siège, les joues rouges et les lèvres tremblantes. Rigel pensa que Snape aurait dû mentionner que les feuilles d'aconit étaient toxiques et qu'on ne les ingérait que dans des potions avec de forts agents neutralisants et que l'on ne devrait jamais manger les feuilles par elle-même, mais elle supposa que Snape voulait leur montrer qu'il n'y avait pas de « toujours » ou « jamais » en Potions donc elle se reconcentra sur la personne suivante étant questionnée avec un haussement d'épaule mental.
Draco répondit correctement à la question de si les trompettes des anges étaient toxiques et Pansy fit une totale supposition quand interrogée sur les usages de la bile de tatou mais Rigel ne fut pas appelée jusqu'à ce que Goyle suggère que l'antimoine était utilisé pour éloigner les vampires. Professeur Snape fondit sur elle (ou du moins sembla-t-il depuis son, il fallait le reconnaître, bas point de vue privilégié) et, depuis son expression sans émotion et le fait qu'il l'avait repoussée jusqu'à la fin, Rigel supposa qu'il essayait très fort de la traiter de façon neutre. Il ne pouvait pas encore la privilégier comme il le ferait avec n'importe quel autre Serpentard, à cause de la façon dont son « père » Sirius l'avait traité à l'école, mais parce qu'elle était un serpent, il ne voulait pas également être vu la traitant comme une Gryffondor.
« Black, dit-il quand il fut suffisamment près pour la transpercer de ses yeux tranchants. Qu'est-ce que j'obtiens si je mélange de la racine d'asphodèle en poudre dans une infusion d'armoise ? »
Rigel cligna des yeux. Cette potion n'est nulle part dans le programme de première année. Les autres questions ont toutes été à propos de l'usage des ingrédients et leurs dangers, ce qui fait sens pour un cours introductif et j'imagine que cela répond aux critères, mais je doute que quiconque saurait que…
« Cela ferait le philtre de Mort Vivante, Monsieur. »
Les yeux de Snape s'étrécirent en des perceuses noires, perçant à travers la distance les séparant et l'étudiant comme si elle était une étrange plante qu'il avait trouvé dans la forêt mais n'était pas sûr si elle pouvait être utilisée dans une potion ou non.
« Et quelle est la différence entre le napel et le tue-loup ? » pressa-t-il.
Rigel, surprise d'avoir une seconde question, regarda Draco, qui avait aussi répondu correctement à la sienne, mais il était également perplexe. Snape nota leurs regards étranges et dit fluidement :
« Vous êtes le dernier élève, Mr. Black mais j'ai encore quelques questions. Le programme doit être couvert donc je vais simplement vous les poser. À moins que vous ne sachiez pas la réponse, suggéra Snape avec raison. Dans ce cas, je peux toujours demander à Londubat à nouveau. »
Rigel n'eut pas besoin de regarder vers Neville pour savoir qu'il était probablement en train de lui envoyer un air suppliant.
« Ce sont tous les deux les mêmes que la plante toxique que Patil a mentionné plus tôt, dit-elle. De l'aconit.
– En effet », dit Snape.
Elle pensa qu'elle avait entendu une note pensive dans sa voix mais elle prenait probablement ses désirs pour des réalités.
« Qu'est-ce qu'un bézoard, Mr. Black, et où chercheriez-vous pour en trouver un ?
– C'est une petite pierre qui neutralise les poisons, bien qu'elle ne marche pas très bien sur le venin de serpent ou les toxines basées sur des solanacées. Elle est généralement obtenue depuis l'estomac d'une chèvre qui est vieille d'au-moins quinze mois mais pas plus de huit ans », dit Rigel, ignorant le regard intensément intéressé que Draco lui envoyait et se concentrant uniquement sur Snape.
Il ne semblait pas énervé qu'elle ait allongé sa réponse plus longuement que nécessaire mais il ne semblait pas être non plus comme s'il était en train de se préparer à lui offrir un apprentissage sur-le-champ non plus. Rigel roula mentalement des yeux à l'idée. Ce n'est pas grave si je ne l'impressionne pas dès le premier jour, se réprimanda-t-elle. Je dois arrêter le Madame Je-sais-tout avant de susciter son dédain.
Snape la regarda pour quelques secondes supplémentaires avant de se détourner pour s'adresser au reste de la classe :
« Vous serez évalués sur toutes les informations présentées aujourd'hui. Vous pouvez sortir. »
Snape balaya ses robes derrière lui et partit par la même porte par laquelle il était entré. Il laissa derrière lui une classe mentalement épuisée d'être assise dans la crainte d'être interrogé et ensuite en train de se creuser les méninges pour les réponses, certaines n'étant même pas trouvables dans le chapitre un de leurs livres (la seule chose au programme cette semaine).
Rigel récupéra ses affaires de sous la table et se dirigea vers la porte. Avec quelque chance, ils pourraient manger avant que la Grande Salle ne soit trop bondée et bruyante. Draco et Pansy se placèrent à côté d'elle avant qu'elle ne soit partie trop loin dans les cachots sinueux.
« Comment savais-tu tout ça ? demanda Draco.
– Ouais, est-ce que Professeur Snape t'a prévenu des questions au préalable comme pour Draco ? » demanda innocemment Pansy.
Rigel regarda sur le côté Draco qui rougit légèrement.
« Ha ! Je le savais, sourit Pansy.
– Quoi ? C'est mon parrain, bien sûr qu'il allait m'aider, dit Draco. Mais je sais qu'il ne t'a rien dit.
– C'est vrai, dit Rigel, glissant ses mains dans ses poches pour les réchauffer après cette froide salle de classe.
– Je crois que… tu disais la vérité l'autre jour quand tu disais ce truc ridicule à propos d'être un Serpentard pour être sur le bon côté de Snape, dit lentement Draco, comme s'il était encore en train de se convaincre de cela. Tu connaissais véritablement tout ça, pas vrai ? »
Rigel sourit légèrement à l'air mécontent du visage de Draco. Il n'était vraiment pas si mal, pour un snob sang-pur.
Pansy soupira :
« Donc tu ne peux vraiment pas faire de sortilèges pour un sou, si tu es aussi franc quand tu es en fait bon en cours.
– Les sorts sont beaucoup plus durs que les potions, dit Rigel. Et pas aussi intéressants. »
Draco et Pansy échangèrent un long regard, puis Draco acquiesça et serra sa bouche en une ligne.
« Rigel, on est désolé pour hier. On te comprend mieux maintenant… en quelque sorte, grimaça-t-il mais haussa les épaules et passa un bras autour d'eux, les tirant par le cou en haut de l'escalier principal du cachot. Maintenant, allons manger avant que les autres mangent toutes les tartes à la mélasse. »
Pansy s'extirpa gracieusement de la prise asphyxiante de Draco en disant :
« Oui, et cet après-midi, Rigel nous montrera comment on fait cette métamorphose d'aiguille.
– Je vous l'ai dit, répliqua Rigel, laissant passivement Draco la tracter. Vous devez juste vraiment vouloir piquer quelqu'un. »
Elle regarda en haut vers le blond à travers ses cheveux.
« Je pourrais probablement le faire maintenant, si vous voulez. »
Le garçon légèrement plus grand lui lança un regard noir et Pansy leur sourit effrontément. Rigel su soudainement, tout comme elle savait que les œufs de Doxy valaient deux Mornilles l'once, que tous les trois seraient amis pendant longtemps. Elle espéra qu'ils ne la détesteraient pas le jour où ses secrets refuseraient d'être gardés. Avec un peu de chance, ce jour aurait lieu des années plus tard.
Elle ne put pas produire d'aiguille en Métamorphose mais ce n'était pas grave ; après tout, elle n'avait pas vraiment besoin d'une aiguille. Professeure McGonagall préféra lui donner un air sévère mais d'un autre côté, tous ses airs étaient sévères.
Après dîner, Pansy s'en alla avec Bulstrode, qui voulait la présenter à quelques camarades plus âgés et Draco alla à la Volière pour envoyer une lettre à son père. Même s'il avait regardé dans sa direction à peu près quinze fois en l'écrivant, Rigel pensa qu'elle n'était définitivement pas à propos d'elle.
Livrée à elle-même et pas encore assez brave pour s'aventurer dans les ateliers secondaires de Potions qu'elle avait trouvé dans les cachots, Rigel alla se promener au deuxième étage avec la carte des Maraudeurs. Elle était à peu près aux deux-tiers de son chemin à explorer l'étage du Nord au Sud quand un grand bruit déchira l'air et qu'une porte plus loin devant elle trembla sur ses gonds.
Elle vérifia rapidement la carte, pensant que ce devait être Peeves, qu'elle avait plutôt envie de rencontrer, mais pas au point de débarquer d'un coup, au cas où ce soit le concierge, Rusard, subissant une quelconque farce d'un élève. Toutefois, le petit point sur la carte indiquait « Marcus Flint ». Déçue et raisonnant que même si cette explosion signifiait qu'il était dans un quelconque ennui, ce n'était rien pour lequel une première année pouvait aider un élève plus vieux, elle rangea la carte une fois de plus et passa droit devant la pièce, se rappelant mentalement de revenir plus tard, juste au cas où il y avait quelque chose d'intéressant dedans.
Elle était trois portes plus loin vers l'extrémité du couloir quand celle qu'elle avait passé s'ouvrit violemment. Elle continua à marcher mais une seconde plus tard, la voix basse de Flint remplit le couloir, la stoppant. Rigel se retourna, reconnaissant instantanément le garçon comme étant le même Flint qui avait été grossier avec elle dans le train (elle avait supposé qu'il n'y avait qu'un Flint à Poudlard, mais qui pouvait vraiment savoir ?).
« Hé ! appela-t-il, sa voix naturellement dure, de sorte qu'elle ne pouvait pas dire s'il était énervé ou pas. Qu'est-ce qu'un serpenteau comme toi fait à rôder aussi loin des cachots ?
– Je me promène, dit-elle uniformément. Désolé de t'avoir dérangé, Flint. »
Il marcha vers l'endroit où elle se tenait, la regarda de haut en bas et approuva pour lui-même.
« J'pensais bien que c'était toi, Black, dit-il son nom de famille bizarrement. T'as appris quelques manières depuis le train, non ?
– Oui », dit-elle, pensant qu'elle serait en effet une folle si elle faisait deux fois l'erreur de contrarier Flint.
Il grogna, ses yeux vert sombre traçant ses traits paresseusement.
« Ne crois pas que ce sera suffisant pour te sauver, petit serpent, lui fit-il un rictus. Si ce n'était que de l'impolitesse entre nous, je t'aurais laissé, mais j'ai bien peur que nous ayons d'autres affaires à régler. »
Elle fronça ouvertement les sourcils, incapable de trouver aucune autre animosité entre eux. D'aussi loin qu'elle savait, les Flint n'avaient pas de mauvais sang avec des Black.
« Oh, ne parais pas perplexe, serpenteau, dit-il. Je ne suis pas en colère après toi – en fait, tu m'as trouvé de bonne humeur comme je viens tout juste de me défouler – mais je connais ton secret et on ne garde pas d'aussi dangereux secrets gratuitement à Serpentard, même si on se sent généreux. »
Rigel devint très, très immobile et fixa ses yeux solennels sur ceux vert foncé parsemés de bronze de Flint.
« Mon secret ? demanda-t-elle de façon neutre. Je t'en prie, dis-moi, de quel secret s'agit-il ?
– Quoi, t'en as tellement que tu ne peux pas te souvenir de tous ? rit-il – véritablement rit ! – d'elle. Je ne doute pas de ça mais je faisais référence au fait que tu utilises le nom de quelqu'un d'autre. »
Les yeux de Rigel s'effilèrent en des éclats glacés et elle se tourna brusquement vers la porte la plus proche, la tira d'un coup sec et fit signe à Flint de la suivre :
« Pourquoi ne discuterions-nous pas de cela loin des couloirs ? » suggéra-t-elle poliment, le regard d'acier dans ses yeux démentissant l'illusion de choix.
Flint entra dans la vieille salle de classe, souriant narquoisement avec assurance. Elle referma la porte fermement derrière eux et prit une posture détendue contre la porte. La pire chose qu'elle pouvait faire était de sortir sa baguette et d'être trop sur la défensive – autrement dit, coupable.
« Bien, de quoi s'agit-il vraiment, Flint ? demanda-t-elle avec légèreté. Après tout, tout le monde sait que Rigel n'est pas vraiment mon prénom mais tu dois admettre qu'Arcturus est un peu prétentieux. »
Elle sourit, cajoleuse, de la façon dont elle avait vu Oncle Sirius faire quand il voulait qu'Oncle Remus le rejoigne dans une de plus de ses idées ridicules et irresponsables.
Flint lui sourit simplement de façon énigmatique depuis la plus proche rangée de bureaux, où il avait posé une hanche contre. Il croisa les bras et dit :
« Bien essayé, petit serpent, et si je n'étais pas déjà à 100% sûr de mes informations, j'aurais pu croire ton cirque. »
Il l'épingla encore avec ses yeux insondables et elle sut qu'elle ne serait pas capable de se soustraire de cette conversation.
« Je connais Archie Black depuis qu'il est suffisamment âgé pour comprendre le Quidditch et bien que tu sois un bon acteur, tu n'es pas lui. »
Mentalement, Rigel maudit Archie pour son étourderie – le seul autre sang-pur qu'il avait probablement rencontré et Archie avait négligé de le mentionner. En apparence, elle était calme et prudente.
« Qu'est-ce que tu veux, Flint ?
– Oh, plusieurs choses, dit-il facilement, comme s'il ne venait pas tout juste de l'accuser d'une sérieuse offense criminelle – vol d'identité de sang.
Une telle tromperie était traitée très sérieusement dans le climat politique actuel. Si elle était découverte, les conséquences seraient beaucoup plus pénalisantes pour elle qu'elles ne le seraient pour Archie – mais elle avait su cela en se lançant là-dedans. Flint continua :
« Je demanderais pourquoi mais je crois que j'ai compris le principal ; tu peux juste le confirmer pour moi. Vois-tu, Archie est allé voir les Frelons de Wimbledon à chaque match à domicile depuis qu'il a environ quatre ans. Son père leur réserve deux sièges dans le box VIP pour chaque match, dans lequel il se trouve que mon père et moi nous asseyons à chaque match. »
Rigel était en train de devenir de plus en plus ennuyée par Arch au fur et à mesure que Flint parlait. Elle avait su qu'il se rendait à ces matchs chaque saison mais elle n'avait aucune idée qu'il avait entamé une amitié régulière là-bas. Ils étaient pratiquement amis d'enfance ! Son « cousin » avait beaucoup d'explications à faire s'ils s'en sortaient intacts.
« On parle souvent, continua-t-il. On a gravité l'un vers l'autre du fait qu'on était les seuls garçons d'à peu près le même âge dans le box, et après que sa mère est morte et qu'il a commencé à venir de lui-même parce que Black sénior refusait de quitter la maison, Archie m'a confié son ambition de devenir un Soigneur. »
Rigel essaya de ne pas montrer sa surprise qu'un autre sache le secret le plus cher d'Archie et pourtant, Flint parla :
« J'imagine que la seule raison pour que tu sois là, c'est parce qu'Archie est là où il veut être, en Amérique, mais a besoin de quelqu'un passant pour lui pour que son père ne découvre pas qu'Archie n'est pas à Poudlard. Et c'est là que tu entres en jeu, lui fit-il un signe de tête, une expression de satisfaction sur le visage. Tu as dû être originellement placé pour aller aux États-Unis pour qu'Arch puisse prendre ta place mais ton accent est britannique, ce qui veut dire que tu ne dois pas vraiment être un sang-pur du tout ou tu aurais été à Poudlard. Tes traits sont suffisamment fins pour passer comme Archie pourtant, donc je doute que tu sois un né-moldu – et tu es à Serpentard en plus. Donc tu es un sang-mêlé, passant pour Archie pour qu'il puisse avoir son apprentissage de Soigneur et tu bénéficies de cela en obtenant le droit d'aller à Poudlard, la meilleure école pour une éducation générale. La seule chose que j'ignore, c'est qui tu es. »
Rigel prit une profonde inspiration mais elle souriait un peu intérieurement. Il ne savait pas qu'elle était une fille, il ne savait pas qu'elle était une Potter, et il croyait que tout ça était le plan d'Archie et qu'elle n'était qu'un remplaçant commode ; il était ami avec Archie et donc était peu probable de ruiner son rêve en la dénonçant et il n'avait pas ricané assez quand il avait dit sang-mêlé pour vouloir la dénoncer juste par méchanceté. Ce qui voulait dire qu'il voulait la faire chanter, et le chantage, elle pouvait supporter.
« Je suis juste un ami d'Archie, dit-elle.
– Archie ne m'a jamais mentionné d'ami garçon, contra Flint.
– Il ne t'a jamais mentionné à moi non plus, évidemment. »
Elle dit le dernier mot avec juste le bon niveau d'amertume et Flint rit à nouveau.
« Certes, j'imagine que ce n'est pas important. Je t'appellerai Rigel puisqu'Archie hait son deuxième prénom de toute façon, dit Flint, la fixant toujours avec une attente confiante.
– Tu ne m'as pas dit ce que tu voulais d'autre, dit-elle, le regardant dans les yeux comme si elle n'était pas du tout effrayée de ses demandes. Et elle ne l'était pas. Beaucoup.
– Je suis de bonne humeur, comme je l'ai dit, parla-t-il d'une voix traînante. Et il n'y a vraiment qu'une seule chose dont j'ai besoin présentement. Tu sais que j'ai dû redoubler cette année ? demanda-t-il, clairement plus amusé qu'énervé de refaire sa cinquième année. Eh bien, ce n'était pas comme tout le monde croit, que j'ai raté tous mes examens. C'était parce que je n'ai pas fait un seul devoir ou contrôle l'année dernière, donc ils ont utilisé ça comme excuse pour me retenir, même si je connaissais les matières. »
Rigel acquiesça, pour montrer à la fois qu'elle suivait et pour le pousser à en venir au but.
« McGonagall et quelques autres sont déjà sur mon cas cette année. (Il leva les yeux au ciel.) Donc ce dont j'ai besoin, c'est d'un serpenteau brillant, fervent, qui fasse mes devoirs pour moi. Je gagne parce que je ne perds pas mon temps à écrire à propos de choses que j'ai déjà apprises, les professeurs gagnent parce qu'ils peuvent prétendre que leurs méthodes marchent et tu gagnes parce qu'aussi longtemps que mes devoirs sont faits en temps et en heure, je ne pense pas que quiconque a besoin de savoir où est le vrai Arcturus Black. Oh, et Archie y gagne aussi, j'imagine. »
Il eut à nouveau un sourire narquois, apparemment ravi que tout allait bien dans le meilleur des mondes.
Rigel prit son temps pour y réfléchir. Aussi longtemps que son travail en Potions n'en souffrait pas, elle pouvait se permettre de prendre du travail supplémentaire. Elle devait juste être sûre que cela n'affectait pas son amitié avec Draco et Pansy si bien que n'importe qui la suspecterait.
« Est-ce qu'un première année peut vraiment faire le travail d'un cinquième année, demanda-t-il lentement. Est-ce que ça ne te ferait pas paraître mauvais ?
– Je me fiche de ce qui est remis aussi longtemps que cela remplit les conditions et qu'ils ne trouvent pas d'excuses pour me retenir encore, dit-il. Et ce n'est pas comme si tu devais faire les sorts, juste les rechercher. Il y a une bibliothèque entière pour ça, j'ai entendu dire. »
Elle considéra cela. Au moins, elle était vouée à apprendre plein de trucs avancés, certains qui pourraient être applicables en Potions, en-dehors des devoirs en Potions eux-mêmes. Et pour garder son secret et préserver à la fois les ambitions d'Archie et elle ? Elle ferait presque tout pour ça.
« D'accord, dit-elle, présentant sa main, que Flint serra solidement. Envoie-moi par courrier tes devoirs et je te les renverrais avant leur date limite. »
Elle se redressa depuis la porte, espérant que ses jambes la retiendraient de son soulagement.
« J'espère que tu considéreras notre affaire à partir de maintenant comme conclue.
– Qui sait ce qui peut arriver dans le monde des affaires, tergiversa Flint. Mais pour l'instant, je suis plutôt satisfait. »
Réalisant que c'était tout ce qu'elle obtiendrait, Rigel hocha la tête, ouvrit la porte et marcha à grands pas vers les escaliers, disant par-dessus son épaule :
« Je te laisse gérer le sort de changement d'écriture. »
Le bruit du rire discordant de Flint la suivit le long du corridor.
Lorsqu'elle atteignit le rez-de-chaussée, ses mains tremblaient et elle se dépêcha à travers les cachots jusqu'à une petite alcôve cachée derrière une tapisserie du familier de Salazar Serpentard, un bébé basilic long d'un pied qui ne bougeait pas comme les autres tableaux. Pendant un bref moment, Rigel espéra que c'était parce que la peinture n'avait pas été traité avec le correct vernis, non pas parce que le basilic était toujours vivant. Elle s'écroula dans la saillie peu profonde d'une vitre-presque-siège dans l'alcôve et enfouit ses mains dans ses cheveux courts.
C'était juste, se dit-elle. Dès le réveil, j'ai besoin d'hibouter Archie et m'assurer qu'il n'a rien oublié d'autre. Puis, je dois trouver un élève de cinquième année pour m'aider avec les devoirs de Flint. Je peux trouver la plupart des choses dans les livres mais il y en aura qui ne viennent que par une expérience d'apprentissage accumulée, pour laquelle j'aurai besoin de quelqu'un pour me renseigner. J'aurai besoin de quelqu'un qui ne posera pas trop de questions. Un cinquième année serait idéal puisqu'ils ont les connaissances les plus pertinentes et ils seront tellement stressés par leur premier gros examen qu'ils ne réfléchiront pas à deux fois d'un première année excessivement curieux.
Je vais également devoir trouver une excuse pour m'éclipser aussi souvent à la bibliothèque. Mes lacunes en sortilèges pourraient marcher. C'est un peu étrange quand on y pense un peu… Ah, eh bien… Elle haussa les épaules. Je devrai travailler là-dessus dans mon temps libre aussi. Je ne peux pas continuer les Potions à moins de passer au minimum mes autres cours, après tout. Elle se leva, déjà plus forte qu'elle ne l'avait été quelques moments plus tôt et vérifia la carte avant de revenir dans le couloir du cachot ; bien qu'elle l'aurait prévenue s'il y avait des professeurs dans les parages, elle ne reconnaissait pas les préfets. Elle traça son chemin vers la salle commune.
Selon la carte, le mot de passe avait été changé pour « Caduceus ». Elle donna le nouveau mot de passe au mur et s'arrêta à la chambre de Pansy sur son chemin pour la sienne. Elles discutèrent des Serpentard plus âgés que Pansy avait rencontré ce soir et Rigel exprima ses regrets à Pansy qu'elle ne pourrait pas aller se promener avec elle le matin suivant parce qu'elle devait écrire et envoyer une lettre à sa cousine.
À ce moment-là, il était plutôt tard et Nott était déjà endormi quand elle entra dans leur dortoir. Draco était dans la salle de bain, probablement en train de se brosser les dents, à en juger le bruit de l'eau qui coulait venant de la porte ouverte. Elle retira ses chaussures et attendit que Malfoy ait fini et éteigne les lumières. Il sortit avec une serviette sur son visage, séchant sa peau en tapotant gentiment et Rigel réprima un sourire. Un Malfoy serait du genre à se laver le visage chaque nuit avant d'aller se coucher au tendre âge de onze ans. Mais d'un autre côté, tous les enfants sang-purs étaient élevés pour être aussi mature et maître de soi que possible, en tout cas autour de leurs parents.
Draco baissa la serviette et sursauta un petit peu à la voir assise là sur son lit.
« Où est-ce que t'étais ? » demanda-t-il franchement.
Son visage était tacheté dû à l'eau chaude et à son teint pâle et quelques gouttes d'eau tombèrent de sa frange pour tomber sur son nez délicat.
« Bibliothèque, dit-elle, tissant la fondation pour sa couverture. Je suis sûr que je serai capable de faire ces sortilèges si je les comprends mieux.
– Oh, dit-il, cherchant dans son armoire pour sa chemise de nuit. Bonne idée. »
Rigel acquiesça et se préparait à fermer les rideaux quand la voix de Draco l'arrêta :
« Rigel ? dit-il, sa voix douce en égards à leur camarade endormi.
– Oui, Draco. »
Elle le regarda. Il était calé dans ses coussins, la fixant très sérieusement.
« J'ai écrit à mon père ce soir, dit-il, continuant à la fixer, de la façon qu'un enfant fixe un oiseau qu'il tente de ne pas faire fuir.
– Je sais.
– Lui et Mère sont très curieux à propos de toi, dit prudemment Draco. Puisque nous sommes cousins. J'ai écrit un peu à ton propos. J'espère que ça ne te dérange pas, ajouta-t-il rapidement. C'est juste que je lui ai dit qu'on était ami et… un Malfoy est toujours honnête avec ses véritables amis. »
Il la contemplait avec espoir donc elle lui offrit un léger sourire perplexe.
« Nous sommes de véritables amis, n'est-ce pas ? » insista Draco, avec une vulnérabilité raide.
Rigel hésita, une étrange sorte de triste culpabilité la traversant.
« Draco, je suis une personne très secrète. Je suis honoré que tu me considères comme un véritable ami et je voudrais te retourner cette estime, sourit-elle aussi gentiment qu'elle pouvait. Tu me rappelles un autre véritable ami que j'ai mais je ne te demande aucune honnêteté de ta part. Il y a des choses que je ne me sentirai peut-être pas assez confortable de te dire à mon propos, mais j'estimerai cette amitié autant que cela m'est possible. »
Draco la surprit en souriant.
« Parlé comme un vrai Serpentard, dit-il. Et j'accepte ton amitié pas-forcément-honnête aussi longtemps que tu es d'accord que j'écrive à la maison à propos de tes possibles-vérités les plus intéressantes. »
Rigel cligna des yeux, acquiesçant avec hébétement. L'héritier Malfoy était tout aussi imprévisible, semblait-il. Elle se questionna sur sa facile acceptation d'une amitié aussi étrange. Pouvaient-ils avoir une véritable camaraderie avec des secrets et mensonges entre eux ? Rigel l'ignorait mais, d'une certaine façon, pendant cette dernière semaine, le garçon honnête et contre toute attente, humain, était devenu quelque chose de plus tolérable qu'une bardane et moins dangereux qu'une vipère dans son esprit. C'était un ami, maintenant, pour le meilleur et pour le pire – Pansy également. Rigel avait été appelée bien des choses, d'obsédée des Potions à horriblement apathique, mais elle n'était pas sans cœur. Elle mentait à sa famille et ses amis par nécessité mais elle les estimait malgré tout.
« Super, dit Draco, bondissant pour éteindre les lumières, puisqu'ils n'avaient pas encore appris le sortilège Nox. Dans ce cas, tu dois savoir que Mère t'a invité à t'asseoir avec nous pour le premier match de Quidditch.
– Quoi ? »
Elle cligna des yeux dans le noir.
« Père est au conseil d'administration donc il vient parfois voir les matchs de Quidditch dans le box des employés avec Mère, dit Draco, remontant dans son lit. Je n'y étais pas accepté avant parce que j'étais trop jeune mais maintenant j'y ai un siège parce que ma famille s'y assoit, et Mère a étendu l'invitation à toi.
– Et que fais-tu de Pansy ? demanda doucement Rigel, sa voix semblant plus forte dans le noir.
– Je lui ai déjà demandé, ce qui était principalement pour la bienséance puisqu'elle correspond de fait avec Mère via leur cercle de thé, mais elle hait le Quidditch et ne veut même pas venir aux matchs, dit Draco.
– Alors d'accord, grimaça Rigel puisque personne ne pouvait voir son visage. J'enverrai un hibou à ta mère demain, acceptant sa courtoise invitation.
– O.K., 'nuit, Rigel.
– Bonne nuit Draco », dit-elle, tentant de ne pas penser à comment elle allait convaincre Mrs. Malfoy qu'elle était le fils du Sirius Black quand Mrs. Malfoy avait en fait connu Sirius et grandi avec lui en tant que cousins. Elle avait déjà trop à penser. Elle se tourna et tira les couvertures par-dessus sa tête. En cas d'incertitude, réciter les recettes de Potions, pensa-t-elle. Potion de Régénération sanguine : Étape une, traiter l'intérieur du chaudron avec une huile non acide captant l'humidité. Étape deux, chauffer le chaudron au-dessus d'une flamme petite et dense jusqu'à ce que l'huile commence à luire. Étape trois, ajouter un demi-litre de bile de dragon filtrée à la main, en prenant soin à ce qu'aucun bout errant du revêtement de l'estomac du dragon n'arrive dans le chaudron pendant qu'il est chaud. Étape quatre, écraser en poudre deux tige du fléau-de-St. Stewart…
(1) Harry Potter à l'École des Sorciers (ndt : traduction de Jean-François Ménard)
NDT : Fin du chapitre ! J'ai une question pour vous. À la fin, Rigel fait référence à une plante que j'ai traduite par "fléau-de-St. Stewart". L'anglais était "St. Stewart's Bane" mais je ne l'ai trouvée nulle part sur internet. C'est une plante que Violet réutilisera deux-trois fois dans la suite dans le cadre de potions (et j'ai demandé sur le Discord si quelqu'un connaissait mais rien) donc j'en ai conclu que c'était une plante inventée mais si, par hasard, quelqu'un sait qu'il s'agit d'une vraie plante, faites-le-moi savoir pour que je corrige.
