NDT : Bonjour ! Comment se passe votre déconfinement ? J'espère que vous mettez des masques quand vous sortez !

J'ai commencé la traduction de ce chapitre et le soir même, un nouveau chapitre du tome 4 est sorti ! J'étais si excitée ! Et Violet a annoncé qu'il ne restera plus que deux chapitres pour le tome 4 et qu'ensuite il y aura un tome 5 et c'est tout ! (Un tome 6 si tout ne rentre pas dans le 5.) La fin approche ! Et je n'étais pas prête du tout ! Je m'attendais à ce qu'il y ait 7 tomes, pour suivre le canon. Je suis en même temps déçue (de ne pas en avoir plus) et en même temps hyper excitée (la fin arrive !). Si ça se trouve, Violet aura terminé sa série avant que j'ai rattrapé tous ses chapitres pour la traduction. Bref, je ne vous retiens pas plus longtemps !

NDA : À partir de maintenant, je vais dévier du canon pour les recettes de potions et les procédures quand j'en ai besoin, donc ne prêtez pas attention à comment la potion de Soin de furoncles est censée être faite.

NDA2 : Je ne crois pas qu'il y ait des éléments qui mentionnent la couleur des yeux des jumeaux, mais Ron a les yeux bleus, donc je pars là-dessus.


Chapitre 7

Le matin suivant, Rigel prit le raccourci via la tapisserie des chevaliers en duel au troisième étage en direction de la Volière. Elle traça son chemin avec attention dans le noir complet, remarquant que l'espace couvert rendait difficile d'entendre quoi que ce soit, mais à peu près cinq marches plus haut de l'escalier étroit, elle fut jetée à terre par un corps robuste la percutant.

« Ouah ! cria une jeune voix masculine alors qu'ils dégringolaient en bas. Hey, Gred, il y a quelqu'un d'autre ici ! » ajouta-t-il quand il atterrit.

Rigel repoussa le garçon, qui l'avait renvoyée au pied du petit espace entre le derrière de la tapisserie et des escaliers, gentiment mais fermement de ses jambes pour qu'elles ne soient pas plus écrasées et contusionnées.

« Lumos », dit une seconde voix depuis environ la moitié des marches.

La lumière de la baguette, maintenue haute au-dessus de la tête de son propriétaire, révéla ses agresseurs qui n'étaient autres que les Jumeaux Weasley. Elle les aurait reconnus à leurs cheveux, de la même palette de couleurs que ceux de Ron, si ce n'était pas à leurs uniques manies.

Celui au sol à côté de Rigel se leva et lui offrit une main qu'elle prit. Il la releva joyeusement, en faisant tout un cirque en époussetant ses épaules et sa tête de poussière imaginaire.

« Tout va bien ? demanda-t-il. Je ne peux pas dire si c'est de la boue ou juste la couleur de tes cheveux sous cette lumière.

– Bien sûr qu'il ne va pas bien, dit l'autre, descendant les escaliers en bondissant pour avoir une meilleure vue sur elle dans la lumière de sa baguette. Terriblement désolé, mec. Forge ici a toujours été le plus empoté. »

Rigel ouvrit la bouche mais ils la coupèrent avec leurs réponses rapides comme l'éclair.

« Ne l'écoute pas, mon brave, dit "Forge". Je ne suis pas l'empoté, Gred est l'oublieux. Il a oublié que je suis le joli et qu'il est l'empoté, ce qui est pourquoi je descends généralement ces escaliers en premier et donc, je suis celui qui t'est rentré dedans. »

Rigel acquiesça d'une façon qui transmettait plus de l'acceptation que de la compréhension.

« Malheureusement, Forge est aussi le malpoli, dit l'autre. Je suis Fred, peut-être.

– George, de même.

– Et nous sommes les Jumeaux Weasley, terminèrent-il en chœur.

– Jamais entendu parler de vous », dit Rigel, absolument impassible.

Leurs visages se découpèrent en sourires identiques.

« Un camarade ! exulta George.

– Il blague ! Un héritier ! » rit Fred avec enchantement et ébouriffa violemment ses cheveux.

Il s'avéra qu'il y avait de la poussière et Rigel éternua, les faisant rire à nouveau.

« Nous devons connaître le nom de notre prodige, déclara George.

– En effet, qui est celui qui possède un sens raffiné d'humour corporel ? demanda Fred.

– Je suis Rigel, dit-elle, un petit peu troublée de se tenir dans un sombre passage secret, qu'elle s'était attendue à ce que personne ne connaisse, en compagnie des deux fauteurs de troubles notoires de l'école.

– Rigel, Rigel, marmonna Fred, regardant d'un air interrogateur son jumeau. Ça ne me dit rien du tout.

– Tu es sûr que c'est ton nom ? demanda George. Ne te sens pas mal, j'oublie que le mien est Forge tout le temps.

– Idiot, c'est moi Forge, dit Fred. Je t'ai dit que tu étais l'oublieux.

– En réalité, c'était ton frère qui m'a dit que "tu" étais l'oublieux, dit Rigel. Lorsqu'il était Forge à ta place.

– Ah oui, fit Fred, paraissant confus pour un moment. Eh bien, j'imagine qu'il avait raison, bien qu'évidemment si c'était Fred qui t'avait dit cela, cela aurait tout aussi bien pu être moi. Je suis Fred la plupart du temps. »

Rigel n'essaya même pas de faire sens à cela.

« Intelligent petit bonhomme ; tu es un Serdaigle, Rigel ? » demanda George.

Il regarda ses robes et Rigel réalisa qu'elle n'avait pas mis sa cravate vert et argent ce matin. Elle avait prévu de l'attraper avant le petit-déjeuner.

« Je suis un Serpentard », leur dit-elle honnêtement.

Elle s'était attendue à ce qu'ils reculent, comme s'il y avait des serpents, mais au contraire, leurs sourires s'élargirent, les faisant paraître frénétiques dans la faible lumière de la baguette. Rigel pensa qu'elle avait une bonne raison d'être inquiète.

« Maintenant je sais pourquoi tes cheveux couleur boue semblent familiers, dit George. Tu es le fils de Sirius Black, Arcturus.

– Et on croyait qu'on avait des problèmes avec les noms, Fred secoua-t-il la tête tristement. Tu t'en es carrément donné un nouveau. »

Si seulement vous saviez.

« Rigel est mon deuxième prénom, dit-elle. Mais oui, Sirius Black est mon père.

– Est-ce vrai qu'une fois il a réalisé une Métamorphose Conditionnelle sur l'escalier principal qui se transformait en toboggan chaque fois que quelqu'un disait le mot "devoir" en se tenant dessus ? demanda Fred, agrippant ses mains et les balançant comme s'il avait cinq ans.

– En fait, c'était James Potter », dit Rigel, impressionnée qu'ils aient même entendu parler de ce tour.

Les Maraudeurs avaient publié un livre de blagues et farces quelques années après que Rigel et Archie furent nés, qui avait été un énorme succès à la boutique de farces et attrapes Zonko, mais d'aussi loin qu'elle savait, celle-ci n'était pas dedans.

« Mon père était celui qui a enchanté les miroirs dans les toilettes des premiers, troisièmes et cinquièmes étages pour qu'ils crachent du jus de raisin à quiconque essayait de partir sans s'être lavé les mains. »

Les jumeaux la fixèrent, leurs yeux bleu cobalt aussi énormes et brillants que des gallions.

« C'était lui ? Il y a un miroir au cinquième étage qui fait encore ça ! s'exclama Fred.

– Les Maraudeurs sont nos héros, expliqua George.

– Ouais, dit Fred en se balançant sur ses pieds tout en parlant. La gamme Maraudeurs chez Zonko a toujours les meilleurs approvisionnements en farces et attrapes. En fait, nos parents les connaissaient quand ils étaient en septième année à Poudlard et que les Maraudeurs étaient juste de bruyants petits premières années.

– Qui aurait cru qu'ils deviendraient des légendes ? George secoua-t-il la tête avec un ébahissement apparent.

– Imagine être élevé par eux quatre, dit Fred. Était-ce aussi merveilleux que ça sonne ?

– Seulement trois, en fait », dit Rigel, habituée à devoir expliquer cela.

La gamme Maraudeurs avait été labellisée LQPC, et même si Peter n'était plus là, ils avaient laissé son surnom, Queudver, sur leur ligne de produits en rappel de l'époque de joie enfantine et insouciante qui les avait inspirés.

« Peter Pettigrew, le quatrième Maraudeur, ne s'associe plus avec les trois autres. Il a rejoint le Mouvement Cow et a décidé qu'il ne pouvait pas se permettre d'avoir des amis aussi puérils. »

Les jumeaux approuvèrent solennellement. Le Mouvement S.O.W – signifiant Save Our World, Sauver Notre Monde, mais surnommé oh si affectueusement Parti Cow, vache, par ses opposants – était un mouvement politique radical dirigé par Mr. Jedusor qui cherchait à « purifier » le monde des indésirables. C'était ce parti qui avait poussé Poudlard à fermer ses portes aux nés-moldus, prétextant des risques de sécurité.

« C'était vraiment merveilleux, toutefois, continua Rigel. Si vous aimez vous réveiller de temps à autre avec des écailles violettes là où vos cheveux se trouvaient avant.

– Dément, exhalèrent-ils comme une personne.

– J'imagine, dit-elle. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, j'ai besoin d'envoyer une lettre avant le petit-déjeuner.

– Ne t'inquiète pas, petit chiot, déclara Fred. Nous connaissons le chemin donc nous t'escorterons. C'est tout droit via… »

Il hésita et regarda le couloir.

« En fait, le chemin le plus rapide est en haut de ces escaliers donc j'imagine, au vu de ta présence, que tu le savais déjà… », s'éteignit-il tout penaud.

George lui donna un coup de coude dans les côtes.

« Comme si la nouvelle génération des Maraudeurs ne connaissait pas son chemin dans le château. Notre petit chiot est probablement né avec la connaissance sacrée.

– Même, tu ne pouvais pas demander une meilleure compagnie en ce beau matin », dit Fred, prenant un de ses bras et le plaçant autour du sien comme un dandy.

George fit de même de l'autre côté, en disant :

« Très vrai, mien frère. Et il serait oh combien irresponsable de notre part en tant que Gryffondor de permettre à un bébé serpent de vagabonder dans le nid sans surveillance.

– Tout à fait, dit George. Partons-nous ?

– Nous partons. »

Ainsi, les deux rouquins commencèrent à la tracter le long des escaliers, évitant automatiquement la fausse marche et la soulevant par-dessus comme un enfant entre eux. Ils papotèrent pendant tout le trajet vers la Volière, passant d'un sujet à un autre avec toute la grâce d'une paire de danseurs de feu qui avait sauté au-dessus des flammes toute sa vie.

« … Et ne nous lance même pas sur Percy, trembla dramatiquement Fred. Ron est un gars O.K., pour un gros plein de soupe impulsif…

– Bien qu'il ne serait pas aussi impulsif si nous ne lui avions pas donné à manger autant de Gnomes au poivre quand il était petit, ajouta George, pensif.

– … Mais notre frère Percy est un amoureux des règles, Fred chuchota-t-il le terme comme si c'était une source de sacrilèges.

– Est-ce un préfet rouquin ? demanda Rigel.

– Oh, celui-là même, soupira Fred. Il l'est, que les dieux des farceurs le sauvent.

– Il m'a aidé dans le train, je crois, dit Rigel, réfléchissant rapidement. Et puisqu'il est votre frère, j'ai l'impression qu'il mérite un vrai remerciement. Pourquoi vous ne me présenteriez pas plus tard ? »

Fred et George tournèrent leurs yeux perçants l'un vers l'autre en une discussion silencieuse que seules les vraies âmes sœurs pouvaient réaliser. Rigel savait qu'ils cherchaient la farce, le tour, le moment où la blague devenait apparente et effective ; la punchline. Elle savait également qu'ils ne la trouveraient pas parce qu'ils n'avaient pas toutes les pièces du puzzle.

« Bien sûr, on te présentera, dit lentement Fred.

– Bien que si tu prévoies de jouer un tour au pauvre sot, nous insistons qu'aucun dommage permanent ne lui soit fait. Il est notre frère, après tout », prévint George.

Il souriait mais il y avait du marbre dans la façon dont sa mâchoire se durcit et que son menton s'inclina. Rigel était tout à coup contente qu'elle ne prévît point de se fâcher avec aucun des autres Weasley. Ils avaient plus de protections qu'ils ne le réalisaient sûrement.

« Je veux juste lui parler, dit Rigel. C'est toujours agréable d'avoir un élève plus âgé vers qui aller pour des conseils, et il semble être du genre à aimer en donner.

– Très vrai, ça, dit Fred avec regret. Bien, c'est la Volière, donc nous allons te laisser à tes occupations.

– Viens nous chercher après le dernier cours et nous te présenterons à Percy, ajouta George par-dessus son épaule alors qu'ils descendaient les marches de nouveau. Nous serons au lac avec Lee. »

Rigel les regarda partir avant de chercher dans ses poches et d'en sortir les lettres qu'elle devait envoyer. La première, pour la mère de Draco, était assez simple.

Chère Mrs. Malfoy,

Je vous remercie de votre généreuse invitation pour regarder ce premier match de Quidditch de l'année avec votre famille. Je serais honoré de m'asseoir avec vous et votre fils, ainsi que votre mari, si, lui aussi, sera présent, aussi longtemps que cela ne cause pas d'inconvenance. J'attends avec impatience que nous soyons officiellement présentés l'un à l'autre.

Sincèrement vôtre,

Arcturus Rigel Black

Elle roula la lettre avec attention pour que le blason de la famille Black sur le papier soit visible et l'attacha avec un ruban vert à une jeune chouette avec de gentilles serres.

« Amène ceci à Narcissa Malfoy », dit-elle doucement.

La chouette vola avec grâce via la fenêtre et Rigel passa à la seconde lettre. Celle-là était moins formelle mais beaucoup plus compliquée. Elle ne pouvait pas prendre le risque que la lettre soit lue par quelqu'un d'autre donc elle devait l'écrire dans une sorte de code.

Chère Harry,

Comment vas-tu ? Tu me manques tellement et ne t'avise pas de lever les yeux au ciel… Je sais qu'au fond de toi, je te manque aussi. Comment vont les cours ? J'ai été surpris d'apprendre que tu commençais le programme de Soins mais je pense que tu te débrouilleras bien. Mais ne le laisse pas interférer avec tes études de Potions, haha, comme si c'était possible ! Donc devine qui j'ai croisé aujourd'hui ? Marcus Flint ! Tu sais, le gars qui s'assoit toujours avec Papa et moi aux matchs de Quidditch. Oh, attends, je ne t'ai jamais parlé de lui, non ? Oups, eh bien c'est un vieil ami à moi et je ne m'étais pas attendu à le voir ici à Poudlard. Nous avons passé tout hier à rattraper le temps perdu et il se rappelle d'à peu près tout ce que je lui ai dit, n'est-ce pas extraordinaire ? Je me suis senti mal de ne pas pouvoir faire de même mais tu sais à quel point ma mémoire est mauvaise. Tu dois toujours tout me rappeler.

Quoi qu'il en soit, les cours se passent bien. Je me suis fait quelques amis en les personnes de Draco Malfoy, (qui s'en serait douté ?) si tu peux le croire, et Pansy Parkinson, ainsi que quelques Weasley, et bien sûr, il y a Marcus. Tu sais, je pense que tu aimerais Marcus. Il est vraiment cool pour un cinquième année et absolument pas du genre à créer des scènes ou des problèmes juste parce qu'il le peut. Je crois qu'il préfère régler ses problèmes sous la table haha et je sais que tu me dis toujours que je devrais être moins dramatique et juste gérer les choses. Je crois que je m'améliore là-dessus. Peut-être que je te le présenterai cet été et vous deux pourrez vous écrire pendant qu'on est à l'école. Je m'inquiète pour toi, toute seule là-bas en Amérique.

Quoi qu'il en soit, j'espère que tu vas bien.

Ton cousin,

Rigel

P.-S. : Je n'utilise plus vraiment Archie. Je pense qu'il est temps que je prenne un nom plus mature donc j'ai choisi mon deuxième prénom. Qu'en penses-tu ? Peut-être que je retournerai un jour à Archie mais pour l'instant, c'est juste Rigel.

Voilà. Elle roula la deuxième lettre et l'envoya avec un petit-duc, une autre sorte de code entre eux deux. Envoyer une lettre avec un petit-duc voulait dire que c'était important mais néanmoins sûr à lire autour d'autres personnes. Une chouette effraie voulait dire rien d'important, juste des nouvelles générales et un grand-duc voulait dire une urgence.

Elle était contente de la lettre, bien que si ça avait été Archie qui l'avait envoyée, elle aurait pu être un petit peu plus subtile. Malgré tout, elle l'avait prévenu que Flint était ici, qu'il l'avait reconnue comme n'étant pas Archie mais qu'il avait proposé un marché au lieu de les dénoncer. Elle lui avait dit d'écrire à Flint lui-même et aussi de lui « rappeler » n'importe quoi d'autre dont elle était supposée se « souvenir » à propos de la vie d'Archie. Elle lui avait aussi rappelé de ne pas trop négliger les Potions, ce qui vendrait la mèche à leurs parents quand ils verraient son bulletin de notes, et l'avait prévenu de l'appeler Rigel.

Étant donné que le soleil était déjà levé et continuait sa montée, Rigel se dépêcha de descendre pour le petit-déjeuner. Draco et Pansy étaient en train de parler de leur devoir de Botanique, que Rigel prévoyait de faire durant le déjeuner. Elle doutait que Draco et Pansy apprécieraient qu'elle les coupe donc elle resta surtout en-dehors de la conversation, ne leur donnant que ses habituelles réponses d'un ou deux mots quand il y en avait besoin. Quand le courrier arriva, elle leva automatiquement les yeux mais fut en réalité plutôt surprise de voir deux chouettes plonger sur son petit-déjeuner et pousser leurs pattes vers elle.

Elle en reconnut une. C'était la chouette hulotte d'oncle Sirius. Elle avait tout le temps un air chiffonné qui, pensa Rigel, devait être la raison pour laquelle Sirius l'avait choisie, et avant qu'elle ne quitte la maison, Archie et elle avaient dû soudoyer les chouettes de famille pendant des semaines pour les convaincre d'apporter leurs lettres à l'un et l'autre. Les chouettes étaient beaucoup plus intelligentes que ce que la plupart des gens leur accordait. Elle prit cette lettre et invita la chouette, Chiffons, gracieusement vers le bacon alors qu'elle prenait avec curiosité la lettre de l'autre chouette. Elle ressemblait à une simple chouette de l'école et quand elle jeta un œil à la lettre, elle comprit pourquoi. C'était de Flint.

C'était rapide, pensa-t-elle, rangeant celle-là dans sa poche pour la lire plus tard. Elle déroula plutôt la première lettre, celle de Sirius.

Archie,

Comment vas-tu ? Tu semblais bien dans ta lettre, mais d'un autre côté, tu n'as jamais semblé ne pas aller bien, pas que tu puisses vraiment aller quelque part bien sûr, je voulais juste dire que tu écris avec une forte détermination…

Lunard dit que je divague mais qu'est-ce qu'il en sait ? Peu importe, je suis heureux que les choses se passent si bien fiston. Je sais que tu voulais aller dans une école avec un meilleur programme de Soin mais ton expérience à Poudlard surpassera de loin n'importe quelle avance sur ta carrière d'adulte. Ne sois pas si pressé de grandir !

Donc, as-tu joué un tour à quelqu'un déjà ? Ce professeur de Défense semble être la parfaite cible d'essai, ou peut-être un de tes petits camarades serpents… non, je ne suis pas en colère pour ta Maison, et je ne dis pas ça juste parce que Lunard est en train de me frapper pour m'être moqué de tes nouveaux amis. Aïe, ouais, il a une certaine force, notre Lunard. Presque autant que Lily. AÏE ! Okay, je méritais ça. Quoi qu'il en soit, Arch, j'aurais dû savoir que tu serais un Serpentard avec toute cette ambition que tu as pour être Soigneur – bien sûr, c'est une honnête ambition, pas vraiment une ambition Serpentard, mais le Choixpeau ne pouvait probablement pas faire la différence.

Mais si tu vas être un Serpentard, tu dois y aller jusqu'au bout, pas de demi-Serpentard dans notre famille ! J'ai redécoré la maison entière en vert et argent et j'attends de toi que tu passes les tests de sélection pour l'équipe de Quidditch de ta Maison, même si tu n'aimes pas le jeu autant que Harry. James dit qu'elle ne pense pas avoir le temps pour jouer avec l'équipe de son école puisqu'elle fera des choses ennuyeuses comme étudier à la place – je sais, quel gâchis de talent ! J'ai vérifié auprès du Conseil d'administration (es-tu sûr que Malfoy n'est pas malfaisant ?) et les règles ont récemment été changées dans l'intérêt de la sécurité, donc les parents ne peuvent plus venir regarder les matchs. C'est apparemment seulement les étudiants, les employés et les membres du Conseil d'administration maintenant, donc je ne pourrai pas te voir jouer mais tu peux toujours tout me dire en amples détails. Lunard veut écrire maintenant donc amuse-toi bien et ne travaille pas trop dur.

Avec amour, Papa.

Hey Archie, c'est Remus, comment va l'école ? J'espère que tu ne crois pas que ton père est sérieux – non, pas cette blague encore !(1) – quand il dit de ne pas trop te concentrer sur tes études. Amuse-toi et passer les sélections pour le Quidditch est une super idée mais apprends beaucoup aussi, pour que tu puisses accomplir l'ambition qui t'a amené dans la Maison Serpentard. On ne voudrait pas que toutes ces guirlandes vert et argent n'aient servi à rien. Non, j'ai bien peur de ne pas rigoler. Il y a des serpents dansants devant la maison aussi. Dépêche-toi de rentrer pour les vacances de Noël et contrôler ton père !

Avec amour, oncle Remus.

Rigel sourit et rangea la lettre dans son cartable. Elle espérait que Sirius et Remus ne changeraient jamais parce qu'il n'y avait pas assez de personnes allègres dans le monde tel qu'il était. Sirius semblait également remonter la pente sombre dans laquelle il avait sombré après la mort tragique de sa femme. Il inventait de nouveau des farces pour Zonko et Rigel essaierait (en tant qu'Archie) de le convaincre de recommencer à aller aux matchs des Frelons également.

Pansy, Draco et elle finirent de petit-déjeuner et se rendirent en Potions. Ils étaient en cours pratique aujourd'hui et Rigel vibrait d'impatience. Après le discours d'hier, elle espérait réellement que Professeur Snape voulait leur apprendre quelque chose de merveilleux. Toutefois, aussitôt que la cloche sonna et que le cours commença, Snape marcha juste à grande enjambée et pointa sa baguette vers le tableau, y faisant apparaître une recette avec le chiffre d'une page où la Potion pouvait être trouvée dans leur manuel. Rigel la reconnut facilement comme étant une Potion qui soignait les furoncles. Son cœur retomba à un rythme normal alors qu'elle réalisait qu'ils commenceraient avec des potions qui n'étaient pas plus que des remèdes à base de plantes. Elle espérait seulement qu'ils avanceraient rapidement vers des concoctions plus fascinantes. Elle avait attendu avec impatience d'essayer des choses comme le Polynectar, Amortentia et la potion Tue-loup, en partie parce que les ingrédients étaient si chers et dangereux et principalement parce que les potions étaient illégales à concocter en-dehors d'une salle de classe sans une licence.

Elle tourna les pages de son manuel jusqu'à la bonne pour vérifier que la potion était réécrite correctement juste pour avoir quelque chose à faire. Elle savait que la potion de Soin de furoncles ne prendrait pas beaucoup de temps à faire donc elle n'était pas très pressée de commencer comme certains de ses camarades les plus fervents (ou peut-être craintifs). Elle entreprit de remettre son manuel sous la table et d'installer sa paillasse avec souplesse, n'ayant même pas besoin d'aller au placard des élèves pour une potion comme celle-là. Tous les ingrédients étaient dans son kit de base.

Elle alluma un feu puis plaça la flamme sous le chaudron et attendit que le fond entier devienne chaud avant d'ajouter les premiers ingrédients – ceux humides qui formeraient la base. Il n'y avait pas de difficultés dans cette potion ; c'était du simple ajout et mélange, avec quelques étapes supplémentaires pour filtrer et re-chauffer, donc elle regarda autour les autres élèves pendant qu'ils mélangeaient lentement, comptant d'abord dans le sens des aiguilles d'une montre et ensuite à l'inverse. Crabbe louchait avec désespoir le tableau. Nott était en train de découper avec enthousiasme, mais de façon barbare, ses racines de pissenlit ; sa potion serait légèrement trop acide pour être utilisée sur de la peau humaine à en juger par la façon dont le violent mouvement de son couteau rendait les bords des racines irréguliers. Elles attraperaient probablement les spores de grenouille et les empêcheraient de se dissoudre comme elles le devraient, et quand les racines seraient filtrées, les spores, nécessaires pour lier la mixture, seraient également filtrées.

Rigel elle-même avait un magnifique set de couteaux en platine pour lequel Remus, Lily et Archie s'étaient cotisés pour lui offrir pour son dixième anniversaire. Elle les utilisait normalement pour tout, comme ils étaient moins réactifs que l'argent et supportaient mieux la chaleur que le mercure mais elle trouva que leur qualité serait gâchée sur une potion de Soin de furoncles et donc elle opta pour l'utilisation du basique acier au fil d'argent qui venait avec son kit de première année. Rigel prit un moment pour apprécier ses cheveux courts. Cela rendait la préparation beaucoup plus simple. Il y avait une fille avec une cravate Gryffondor dont les cheveux pendillaient dans son chaudron, ce qui ne ferait pas grand-chose à part faire sentir ses cheveux comme du gaz de marais, mais c'était une mauvaise pratique sanitaire tout du même.

Rigel supposa qu'elle comprenait pourquoi Snape commençait avec une potion aussi ennuyeuse si c'était ce avec quoi il devait travailler. Ce n'était pas comme si l'école acceptait les élèves né-moldus, qui auraient, avec raison, aucune idée de quoi faire. Ces enfants avaient tous des parents magiques donc pourquoi étaient-ils aussi nuls avec des techniques de préparation basiques ? C'était l'une des seules choses que l'on pouvait enseigner à un enfant avant qu'il ait une baguette après tout, et la plupart des sang-purs avaient des précepteurs en Histoire et autre. Elle retira sa potion du feu avant d'ajouter les piquants de porc-épic (elle avait appris à ses dépens ce qui se passait si on inversait ces deux étapes, et la marque noire où son chaudron avait été n'était toujours pas partie du tapis de sa mère. Depuis, elle avait été autorisée à « n'expérimenter » que dans le sous-sol.)

Avec au moins une demi-heure de cours restante, Rigel mit en bouteille son échantillon et nettoya son espace. Elle avait pris son temps avec sa potion, donc vraiment, la plupart des personnes devraient avoir fini maintenant, mais seuls Draco et Goyle avaient terminé. Bien que dans le cas de Goyle, c'était moins qu'il avait terminé sa potion et plus que sa potion était simplement finie. Il semblait que du goudron noir s'était solidifié au fond de son chaudron, mais il était vaillamment en train d'en racler un peu dans sa fiole, donc c'était déjà quelque chose.

Draco baillait dramatiquement devant son échantillon fini, qui marcherait sûrement comme soin de furoncle, si quiconque qui l'utiliserait ne deviendrait pas trop nauséeux à inhaler les fumées de pousses d'aneth pas assez cuites au point qu'il ne pourrait pas l'appliquer correctement. Elle supposa qu'il pouvait très bien jubiler, puisqu'il avait toutefois fait mieux que les autres. Pansy lançait des regards noirs à sa potion qui était une soupe d'un jaune gai quand elle devait être une pâte vert foncé. Rigel pensa qu'elle avait probablement sauté l'étape qui disait d'ajouter le polygonum en entier. Le polygonum était un agent épaississant et suffisamment vert pour être responsable de la couleur idéale finale. La potion de Neville n'était pas mauvaise, juste douteuse et émettant une faible fumée marron. Il était probablement devenu nerveux et avait perdu le compte de ses cercles en sens inverse des aiguilles d'une montre. La fumée lui fit se rappeler que les lentilles qu'elle portait étaient perméables aux gaz, ce qui voulait dire que n'importe quel composé chimique dans l'air s'y accrocherait et serait coincé dans ses yeux. Elle devrait les laver minutieusement dans l'évier après les cours et voir pour demander au Professeur Snape de réaliser un sort de protection sur ses yeux avant chaque cours de pratique, ou alors obtenir une paire de lunettes de protection.

Draco et elle rangèrent leur paillasse et apportèrent leurs échantillons au bureau du Professeur Snape. Il avait passé le cours à regarder les élèves de près comme un oiseau de proie, tournant autour des élèves qui semblaient faibles, mais en lieu de mort, c'était le salut qui était distribué quand il fondait sur eux. Oh, il n'était pas gentil en faisant cela mais il avait déjà empêché plusieurs explosions d'avoir lieu impliquant des piquants de porc-épic mal manipulés. Il hocha sèchement la tête quand ils laissèrent leurs échantillons sur son bureau, sans même leur lancer un regard. Il était assis, maintenant que les étapes dangereuses étaient passées, mais ses yeux continuaient à balayer fébrilement la pièce. Rigel trouva qu'il paraissait plutôt déçu avec ce qu'il avait vu et, de cette façon impulsive qu'elle avait parfois, décida à ce moment-là qu'elle essaierait de raviver l'optimisme du Professeur Snape pour ses élèves. Elle ferait de son mieux, même sur des toutes petites presque-potions comme celle-là et lui montrerait qu'il y avait au moins un élève qui voulait apprendre ce qu'il avait à enseigner.

« Quand vous avez fini, vous pouvez commencer un essai de vingt-et-un centimètres concernant les précautions de sécurité que l'on doit prendre quand on travaille avec, entre autres, des ingrédients volatils, des flammes nues et des outils tranchants, aboya Snape d'une voix forte. Pour lundi. »

Personne n'osa grogner. Rigel prit un rouleau neuf de parchemin et commença son essai. Elle pouvait voir Draco loucher sur son papier du coin de ses yeux mais elle ne lui prêta pas attention. S'il avait une question, il la poserait. Sans surprise, quand elle commença un nouveau paragraphe, il murmura :

« Est-ce que tu vas tout écrire de mémoire ? »

Elle acquiesça, organisant mentalement ses points alors qu'elle travaillait. Elle pensa qu'il serait mieux d'écrire l'essai en ordre chronologique de précautions de sécurité que l'on devait prendre au lieu de les regrouper par le danger qu'elles évitaient ou combattaient.

Draco fredonna avec incrédulité.

« Dans ce cas, qu'est-ce que tu mets pour gérer les flammes ? Ce n'est pas comme si tu pouvais les rendre plus froides si tu veux que la potion marche, dit-il.

– Tu devrais commencer par repousser tous les éléments amples des vêtements. Les manches devraient être remontées, les cheveux attachés, etc. Comme ça, tu ne prendras pas feu par accident. Ensuite tu devrais ranger tout le matériel inutile. Aucun des ingrédients de potions ne sont enveloppés dans du papier pour une raison. Les bocaux en verre sont résistants à la chaleur mais si ton manuel est sur la table près des flammes et que quelqu'un passe à côté et percute ta paillasse, il pourrait facilement prendre feu. C'est pour ça que Professeur Snape a mis la recette sur le tableau bien qu'elle soit aussi dans le livre. Quand ton chaudron est en feu, tu ne veux pas de ton livre dans les parages, dit-elle tout en écrivant sur les bénéfices d'utiliser des sorts d'enfumage intégrés quand on travaillait avec certains ingrédients. Est-ce assez pour commencer ?

– Euh, ouais, Draco secoua-t-il la tête avec regret. Tu sais vraiment tout ça. Je croyais que tu faisais ta potion sans le manuel pour mettre en avant tes talents de mémorisation, admit-il. Je n'aurais jamais cru qu'autant de réflexion entrait dans tout ça.

– Soixante-dix pourcents de tous les accidents magiques sérieux sont dus aux Potions, sans inclurent les accidents de Vol, dit Rigel distraitement. Il y a un domaine spécialisé entier en Potions qui s'occupe d'améliorer la sécurité dans le labo et éduquer les gens sur les dangers de certains ingrédients et outils.

– Tu es comme une encyclopédie de Potions, Rigel », dit doucement Pansy alors qu'elle tirait une chaise.

Elle s'était approchée de leur table pour travailler sur son essai après avoir laissé tomber l'idée de changer sa potion en vert d'une façon ou d'une autre. Rigel haussa juste les épaules. Quand tu aimais quelque chose, tu savais des trucs là-dessus.

« Ouais, c'est sûr que Snape te remarquera un jour, dit Draco d'un ton rassurant. Il est juste toujours très occupé et distrait au début du trimestre. J'avais l'habitude de ne jamais le voir d'août à octobre.

– S'il ne me remarque pas, je ferai plus d'efforts, dit Rigel.

– Ou tu pourrais juste… lui dire ce que sont tes ambitions, dit Draco. Il était sérieux avec son discours lundi. Snape prend vraiment bien soin de ses Serpentard. Tout ce que tu as à faire est de lui demander et il fera presque n'importe quoi pour un de ses serpents.

– Il n'y a rien d'amusant là-dedans, argumenta-t-elle alors qu'elle mesurait les centimètres qu'elle avait écrits.

– Je n'arrive pas à dire s'il est sérieux », dit Pansy à Draco.

Oncle Sirius serait heureux de savoir que tant de Serpentard la confondaient avec lui, pensa-t-elle ironiquement, mais elle n'était pas sérieuse, pas vraiment. Peut-être que Snape serait prêt à se casser une jambe pour n'importe quel autre élève mais pour le fils de son ennemi ? Non, elle devrait prouver qu'elle valait son temps et ses efforts.

Elle revérifia qu'elle avait vingt-deux virgule trois centimètres de petite-moyenne écriture. Pas exactement vingt-et-un, ce qui indiquerait qu'elle avait laissé tomber l'essai aussitôt qu'elle pouvait, mais pas assez long pour qu'elle semble ne pas avoir respecté les consignes.

La cloche sonna alors qu'elle brossait le sable séchant de son essai. Elle le roula et invita Draco et Pansy d'un signe de la main à partir devant. Elle regarda le reste de la classe s'en aller, les épaules effondrées d'abattement, et quand il fut clair que Snape n'avait pas d'affaires pressantes après le cours, mais était juste en train de nettoyer la pièce, elle s'approcha de lui. Il était de dos, effaçant le tableau avec sa baguette, quand elle toussa doucement (un véritable toussotement, pas un de ces ennuyeux "hm" que certaines personnes faisaient).

Il tourna vivement la tête, les narines dilatées, et Rigel fut frappée par l'idée que c'était un homme qui avait souvent vécu avec du danger au-dessus de l'épaule si sa réponse immédiate à de la surprise était d'en localiser la source et de fournir de l'oxygène au cerveau pour augmenter la réactivité. Son visage afficha une expression neutre qu'elle commençait à associer à elle-même et il baissa sa baguette précautionneusement, comme s'il devait bien réfléchir à l'idée d'être sans-défense autour d'elle. Elle espérait maintenant que ses cheveux courts et ses yeux gris ne la faisait pas trop ressembler à Sirius, bien que cela avait été son intention première.

« Mr. Black. »

Il la regarda du haut de son nez proéminent mais garda sa voix d'un ton neutre étudié.

« Avez-vous une question à propos de la leçon ou de l'essai ?

– Non, monsieur », dit-elle aussi poliment et avec déférence qu'elle le pouvait.

Elle garda ses mains immobiles et ses yeux à un niveau juste en-dessous des siens.

« J'ai fini mon essai et je me demandais si vous seriez capable de me donner un devoir supplémentaire pour le week-end. »

Elle croisa ses yeux pendant un moment mais n'y trouva que des sondes neutres.

« Je comprendrais bien sûr si vous n'avez pas le temps de noter un deuxième essai », ajouta-t-elle, espérant qu'elle n'était pas trop présomptueuse avec son temps.

Il cligna fort des yeux, une fois, et baissa son menton pour attraper directement ses yeux.

« Tout travail supplémentaire serait compté dans votre note comme s'il était requis, et ne faites pas l'erreur de croire qu'en faire deux fois plus veut dire que vous pouvez travailler avec moitié moins d'assiduité sur chacun.

– Bien sûr, monsieur. »

Elle garda son regard stable, y mettant toute sa volonté pour qu'il lui laisse une chance. Il tourna la tête vers son bureau jusqu'à ce que ses yeux tombent sur l'échantillon étiqueté « Black ». Snape serra les lèvres et fronça vivement les sourcils à l'inoffensive pâte verte répugnante.

« Donnez-moi cet essai que j'ai déjà demandé, et si je trouve qu'il n'est ni bâclé et négligent ni éperdument incorrect, je considérerai l'idée de vous donner un devoir supplémentaire. »

Il tendit la main pour son parchemin qu'elle lui remit.

« Venez dans mon bureau après dîner pour soit récupérer cet essai pour révision ou recevoir plus de travail.

– Oui, monsieur, acquiesça-t-elle brièvement. Merci beaucoup. »

Elle se dirigea rapidement vers sa table et récupéra ses affaires, consciente qu'il ne pourrait pas aller déjeuner jusqu'à ce que la salle de classe soit vide, et également consciente qu'elle avait un devoir de Botanique à faire dans l'heure suivante. Si elle s'était retournée, elle aurait vu Snape vérifier que son essai ne comportait pas de maléfices pour une farce, mais tel qu'il en était, elle se dirigea sans se rendre compte de rien vers la cabane de Hagrid, remplie d'espoir que le Professeur Snape trouverait du mérite à son travail.

Le garde-chasse, Hagrid, était très amical. Quand elle toqua à sa porte, elle fut renversée par un chien énorme (pour elle) appelé Crockdur qui pensait apparemment qu'elle avait besoin d'un second bain ce jour-là et bava sur tout son corps.

« Crockdur ! grogna le large homme. Éloigne-toi de lui.

– Il n'y a pas de mal, dit-elle, s'essuyant le visage sur sa manche. Je me demandais si vous seriez d'accord si je prenais un échantillon de terre de votre jardin, Mr. Hagrid, pour mon devoir de Botanique.

– Juste Hagrid, lui sourit-il gentiment. Et prends tout c'que tu veux, garde juste un œil à l'forêt.

– Okay, merci Hagrid », dit-elle, se dirigeant vers la parcelle de citrouilles.

Elle prit un échantillon du sol et, apercevant un carré de polygonum juste de l'autre côté de la ligne d'arbres bordant la Forêt Interdite, elle s'y précipita pour récupérer un échantillon de là également, pensant qu'il serait intéressant de les comparer. Puis, elle rentra au château avec ses échantillons pour les analyser. On leur avait monté un sortilège pour séparer les composants de la terre en cours mais elle ne pouvait pas encore le faire donc elle se rendit dans la Grande Salle pour demander à un élève plus vieux de le faire pour elle.

« Où étais-tu ? demanda Pansy quand Rigel s'assit à la table des Serpentard. Professeur Snape est arrivé il y a dix minutes.

– Je jouais avec de la terre », dit-elle.

Pansy grimaça en un dégoût confus jusqu'à ce que Rigel sorte ses échantillons de sol et les plaça sur le banc à côté d'elle, sécurisés loin de la nourriture de tout le monde.

« Oh, notre devoir de Botanique, fronça-t-elle les sourcils. Tu ne l'as pas encore fait ? Il est prévu pour le cours suivant.

– C'est pourquoi je le fais maintenant », dit Rigel, prenant un petit pois du plat en face d'elle et le lançant en une gracieuse arche vers Adrian Pucey.

Il rebondit contre sa joue et il pivota la tête vers eux, en indignation perplexe.

« Draco, dit Rigel d'un ton réprobateur, je t'ai demandé d'obtenir son attention, pas de lui jeter de la nourriture ! »

La bouche de Draco s'ouvrit en grand alors que le regard de Pucey passait de Rigel à Draco à l'assiette de Draco qui avait, en effet, des petits pois dedans. Pucey fronça les sourcils, trouvant évidemment étrange que Draco, un jeune héritier bien élevé, sans mentionner le fils de Narcissa Malfoy née Black, lui lancerait de la nourriture mais juste alors, Rigel lui jeta « le regard » et il oublia tout à propos des petits pois.

« Pucey, voudrais-tu m'aider avec ce sort ? Professeur Chourave nous l'a montré mais je ne pouvais pas le voir très bien du fond de la classe. »

Elle agrandit les yeux un peu plus et vit ses traits s'adoucir en un sourire en coin indulgent.

« Et je dois avoir cette terre séparée pour le prochain cours. »

Pucey se déplaça vers elle sur le banc et prit sa baguette.

« Pas de problème, Black, bien que tu ne devrais vraiment pas laisser les choses jusqu'à la dernière minute comme ça.

– Je voulais juste essayer moi-même d'abord, marmonna-t-elle d'une façon qui sonnait embarrassée.

– C'est bien, approuva le garçon plus vieux. Mais la prochaine fois, demande de l'aide plus tôt. N'importe quel Serpentard te donnera un coup de main.

– Pour un prix, pouffa Draco, les fixant d'une façon qui était à la fois dégoûtée et, à contrecœur, impressionnée.

– C'est vrai ! dit Rigel, sonnant consternée et désolée. Je te revaudrai ça, Pucey, je te le promets. À chaque fois que tu auras besoin d'aide avec les Potions, fais-le-moi savoir », hocha-t-elle la tête sincèrement.

Pucey lui lança un regard qui disait clairement qu'il n'accepterait jamais son offre, parce que combien de fois aurait-il une question à laquelle un première année pourrait répondre, mais dit :

« J'accepte, merci. »

Il pointa sa baguette sur ses échantillons et marmonna un sort. La terre se sépara en plusieurs couches dans les bocaux des échantillons de façon à ce qu'elle puisse clairement identifier les composants. Au fond, il y avait les petites pierres, puis une couche de sable et terre, suivie par une fine couche de minéraux, puis toute la matière organique enfermée dans l'échantillon et au-dessus se trouvait une couche d'eau, empêchée magiquement d'être réabsorbée dans le sable et la terre. Ce fut une question de minutes pour Rigel d'écrire tous les éléments dans chaque partie, aussi bien que quelles plantes dans le manuel y pousseraient bien, et elle eut fini avant que Pansy ait commencé sa seconde tasse de thé.

« Merci, Pucey, c'est parfait, dit-elle, lui souriant juste un tout petit peu.

– Je t'en prie, dit-il avec hébètement, rangeant sa baguette une fois de plus.

– Oh, pour l'amour de Salazar, grimaça Draco et cette fois, il lança vraiment un de ses petits pois à Pucey. Es-tu un Serpentard ou non, mec ? Tu ne vois pas qu'il se joue de toi ?

– Quoi ? dit Pucey d'un ton neutre, regardant de Rigel à Draco, incapable de faire la connexion.

– Tu… »

Draco lui jeta un regard noir et dit d'un air renfrogné :

« Rigel, enlève cet air de ton visage tout de suite. »

Rigel adopta son expression habituelle plus sérieuse et laissa ses yeux redevenir plats en faisant retomber ses cils légèrement. Pucey fronça les sourcils, secouant la tête avec perplexité.

« Ne t'inquiète pas, lui dit Pansy avec condescendance. Rigel a eu Draco avec ça l'autre fois et il lui a fallu plusieurs minutes pour s'en sortir.

– Seulement parce que personne ne m'a aidé. »

Draco plissa les yeux vers elle.

« En fait, je me rappelle vaguement de toi et Nott en train de rire. Et toi, se tourna-t-il vers Rigel. Tu ne peux pas juste te balader et regarder les gens comme ça quand tu veux quelque chose de leur part…

– J'éviterai de regarder les gens à l'avenir.

– … C'est complètement injuste, sans mentionner effrayant… râla Draco.

– Mais ça me permet d'obtenir ce que je veux.

– Rigel marque un point, dit Pansy. Vous deux êtes ceux qui n'étiez pas assez rusés pour voir à travers lui. Vous êtes en colère seulement parce que ça a marché.

– Merci Pansy, dit Rigel gentiment. Tu es la seule qui me comprend. »

Elle inclina la tête pour que la lumière brille sur ses lentilles et offrit à la blonde un sourire tremblant de reconnaissance.

« Euh, oui, la fixa Pansy, la bouche entr'ouverte. Tu… euh. »

Draco et Pucey ricanèrent alors que Rigel laissait tomber « le regard » et sourit plutôt diaboliquement.

« Plus aussi amusant quand c'est retourné contre toi, hein ? »

Draco enfonça son doigt dans le bras de Pansy.

« Tu comprends pourquoi cette arme doit être contrôlée.

– Tu ne devrais probablement pas utiliser ça sur une fille, Rigel, dit Pansy lentement. Je suis ton amie mais deux de ces regards pourraient donner une fausse idée à une fille, surtout venant du fils de Sirius Black, sans offense.

– Je ne le fais généralement pas parce que les filles me font totalement confiance sans "le regard" mais je voulais juste te retourner le cerveau pendant une minute, dit Rigel sincèrement.

– Le point est que, dit Draco, c'est de ta propre faute si tu as repoussé ton devoir aussi tard – et non, je ne crois pas un mot de cette connerie comme quoi tu voulais le faire de toi-même – et Pucey t'a rendu un vrai service, dont tu ne peux pas t'échapper juste en transformant ton visage en un bébé licorne ou je ne sais quoi, la sermonna-t-il, se tournant vers Pucey également. Et tu accepteras l'offre de Rigel de te rendre la pareille.

– Mais… commença Pucey.

– Pas de mais, dit fermement Draco. Rigel peut probablement t'aider avec n'importe quel problème de Potions que tu as et s'il ne le peut pas, il ira à la bibliothèque le résoudre pour toi, n'est-ce pas ? »

Draco la regarda ostensiblement.

« Eh bien, je ne ferais pas confiance aux livres de la bibliothèque sur les Potions, comme les livres de Potions généraux se contredisent souvent les uns les autres, dit Rigel, ajoutant rapidement alors que Draco lui faisait les gros yeux : Mais oui, sens-toi libre de me demander de l'aide et désolé pour t'avoir trompé.

– Si tu es sûr… dit Pucey. Merci, j'imagine.

– De même », dit Rigel, rangeant son devoir de Botanique et engouffrant quelques bouchées à manger avant que le déjeuner ne soit fini.

Pansy secoua la tête au comportement enflammé de Draco et à l'insincérité complète de Rigel mais sirota simplement son thé et laissa les sorciers être stupides s'ils le voulaient, comme toute bonne sorcière sang-pure le ferait.


(1) En anglais, Sirius et serious (sérieux) sont prononcés de la même façon. On n'en est pas à la fin des blagues là-dessus donc souvenez-vous-en ! ;) ndt


NDA : Juste pour clarifier, "le regard" n'est en aucun cas prévu pour faire paraître Rigel/Harriet comme une demoiselle en détresse ou autre, ce qui rendrait complètement inutile son déguisement. Je l'imagine plus comme un style boy-chan genre regard de chiot, comme Honey de Ouran High School Host Club pourrait le faire, qui est mignon et désarmant, mais pas forcément féminin. C'était juste prévu pour donner un air espiègle à Rigel. Je l'imagine comme le personnage principal de Nabari no Ou, qui est cool à l'extérieur mais peut agir facilement avec d'autres personnalités pour obtenir ce qu'il veut en prétendant être sans défense et stupide et induire les gens en erreur. Personne ne suspecte quelqu'un que l'on pense plus stupide ou plus faible que soi de nous tromper.

NDT : Concernant le parti S.O.W., j'ai préféré le garder en anglais même si je comptais le traduire à la base car, alors que je relisais le tome 3, il y a eu tout un passage sur la raison de ce nom et pour cela, l'anglais est nécessaire. J'ai préféré donc garder l'original. (À l'origine j'étais partie sur le parti Snob au lieu du parti Cow ^^)

J'espère que vous avez apprécié ce chapitre ! Si vous remarquez des fautes, des incohérences au niveau du français, n'hésitez pas à me le dire ! (J'avais traduit dungeon par donjon au lieu de cachot par exemple ! (Certes, donjon n'est pas faux, mais dans le contexte d'HP, si !) merci à schelma1984 pour me l'avoir fait remarquer ! On n'est jamais à l'abri d'une erreur !

Je fais un gros big-up à Ecarlates pour m'avoir écrit une review qui a fait fondre mon petit cœur ! Merci !

Le prochain chapitre sera assez court par rapport à celui-là mais riche en émotion !