NDT : Bonjour bonjour ! Voilà un nouveau chapitre. Il est un peu plus court que les derniers mais ça sera le dernier dans ce cas, après, on ne fait qu'augmenter !
J'ai enfin acheté le quator d'Alanna (ils n'ont jamais été traduis en français je crois) donc je m'amuse à le lire en voyant tout ce qui a inspiré Violet pour écrire cette histoire. Mais c'est vraiment très enfantin (à l'époque où cette série a été sortie, la catégorie "jeune adulte" n'existait pas encore donc il paraît que l'auteure a volontairement "diminué" son ton pour correspondre à un lectorat très jeune) et les personnages n'ont pas vraiment de profondeur (Alanna est une tête à claque et ne ressemble en rien à Rigel). Vraiment, il n'y a pas besoin d'avoir lu cette série pour comprendre The Pureblood Pretense !
NDA : Comme toujours (même si des fois j'oublie de le dire, sachez s'il vous plaît que c'est toujours sous-entendu), aucun des personnages, mondes, histoires, etc ne sont miens. Et merci pour votre lecture :)
NDA2 : Aussi, juste pour anticiper toute question, non, il n'y aura pas de romance entre Rigel et le Professeur Snape. Non pas que je n'aime pas Snape, je l'adore, mais il joue le rôle de Myles pour quiconque ayant lu Alanna the Lioness. Si vous ne l'avez pas lu, il est une figure type de mentor, parfois une figure paternelle (bien que Snape ne sera pas trop ça car Rigel a déjà un père et Snape n'est vraiment pas ce genre de personnage).
Chapitre 8
Après le cours de Botanique, pendant lequel ils passèrent aux sols utilisés pour les plantes qui poussaient dans des endroits plus exotiques, telles que celles qui poussaient en haut des montagnes ou au fond des lacs et des océans, Rigel laissa Draco et Pansy marcher devant elle. Pendant qu'ils se dirigeaient vers le château, elle s'éclipsa vers le lac où elle était censée rencontrer Fred et George, dont elle ne savait pas encore quoi penser.
Il y avait un groupe de gros arbres robustes non loin du rivage du lac donc elle se rendit dans cette direction. Il n'y avait aucun rouquin qu'elle pouvait voir, bien que quelques élèves plus âgés qui devaient avoir des périodes libres les vendredis après-midi étaient en train de paresser sous les arbres, profitant évidemment de leur temps libre avant que le semestre ne commence vraiment. Elle s'était tenue debout sous une branche feuillue pendant seulement quelques minutes quand une voix inconnue l'appela par derrière.
« Hey, tu es Rigel Black, hein ? »
Celui qui avait parlé était un garçon enjoué à la peau sombre et avec des dents très blanches. Il avait des dreadlocks juste à la hauteur de ses épaules et de larges yeux marrons encadrés par d'épais cils hérissés.
« Oui, c'est moi, dit Rigel, se tournant pour faire pleinement face au nouveau garçon.
– Lee Jordan, ou juste Lee. »
Il lui présenta une main qu'elle serra.
« Fred et George m'ont parlé de toi. Ne t'inquiète pas, je les connais depuis assez longtemps pour ne pas en croire un mot.
– Ils t'ont mentionné ce matin, dit Rigel. Ravi de te rencontrer. »
Il rit.
« Je vois ce qu'ils veulent dire ; tu le dis comme si tu le pensais vraiment.
– Je le pense vraiment, dit Rigel, confuse.
– Un Serpentard n'est jamais sincère. »
Il eut un geste de la main.
« Mais un farceur non plus, donc tu es en réalité en excellente compagnie.
– J'ai entendu ça ce matin aussi », ironisa-t-elle.
Lee lui sourit d'un air complice.
« Fred et George t'ont dit à quel point ils étaient merveilleux ? »
Rigel sourit avec ses yeux.
« Quelque chose comme ça.
– Eh bien, ne soit pas trop impressionné par eux, haussa-t-il les épaules aisément. C'est amusant de passer du temps avec eux mais au bout du compte… »
Lee se coupa, penchant sa tête vers le bruit d'un remue-ménage s'approchant d'eux.
« … Non, non, vous deux ne me jetterez pas dans le lac ! » cria un garçon derrière eux.
Ils se tournèrent pour voir Fred et George littéralement en train de tirer leur frère aîné sur le chemin. Percy avait un air de panique sur le visage et se débattait vainement.
« Je le pense vraiment cette fois, j'hibouterai Maman si vous ne me relâchez pas maintenant ! »
Fred et George lâchèrent les bras de Percy comme s'ils avaient pris feu.
« Pas besoin d'amener notre pauvre vieille Maman là-dedans, commença Fred.
– … Et je lui dirais que tu l'as appelée vieille et pauvre…
– Voyons, Perce, il n'y a pas besoin de faire tout ça, George coupa-t-il son frère rapidement. Nous t'avons juste amené ici pour que tu rencontres quelqu'un, tu vois ?
– Qui ? demanda Percy en regardant autour de lui. J'ai déjà rencontré Lee et…
– Non, non, le petit derrière Lee. »
Fred s'approcha et tira Rigel pour une meilleure vue.
« Celui-là.
– Oh. »
Percy ajusta ses lunettes à écailles et s'avança pour la rencontrer.
« Je m'appelle Percy. Mes frères ne t'ont pas tiré ici non plus, j'espère ? demanda-t-il avec suspicion.
– Tiré ? Qui a tiré ? s'offensa Fred.
– Non, je leur ai demandé de nous présenter, dit Rigel. Je m'appelle Rigel Black et tu m'as aidé dans le train donc quand j'ai appris qui tu étais, je voulais te dire merci formellement.
– Eh bien. »
Percy semblait pris par surprise, comme si personne ne l'avait jamais remercié pour quoi que ce soit avant.
« Il n'y a pas besoin de faire tout ça, mais de rien. Ce Flint n'est pas vraiment un mauvais bougre mais il est toujours d'une humeur terrible la première semaine d'école environ et des fois il se lâche sur les autres.
– Je comprends, dit Rigel. Il est dans ma Maison donc nous avons réglé nos différents mais je voulais tout de même te remercier pour être intervenu quand tu l'as fait.
– Je fais juste mon devoir en tant que Préfet, rougit Percy alors que ses frères le frappèrent dans le dos avec admiration.
– De toute façon, je te rembourserai un jour, si tu en as le besoin », dit-elle.
Le rouquin le plus grand acquiesça, un poil inconfortable.
« Et si tu requerrais mon aide à nouveau, je serais ravi de faire ce que je peux. »
Rigel élargit ses yeux sans honte.
« Vraiment ? » demanda-t-elle avec curiosité.
C'était justement l'ouverture qu'elle attendait.
« Je ne voudrais pas t'embêter, et je demanderais bien à un Serdaigle mais je n'en connais aucun, et tu sembles si intelligent et, eh bien…
– Oui ? invita Percy, se rengorgeant un peu. Qu'est-ce qu'il y a ?
– Eh bien je suis curieux à propos de tellement de choses mais des fois, je ne comprends pas ce que les livres expliquent. Pourrais-je venir te voir quand je deviens perdu dans mes études ? demanda-t-elle, prenant soin à ce que sa voix soit remplie d'espoir innocent.
– Bien sûr ! lui assura Percy. Loin de moi l'idée de tenir un jeune esprit passionné éloigné de la connaissance. Chaque fois que tu veux discuter de quelque chose d'académique, viens et toque simplement à la porte de la salle commune de Gryffondor. Fred et George peuvent te montrer où si tu ne le sais pas et même si je ne suis pas là, quelqu'un sera capable de me trouver.
– Okay, sourit Rigel au Préfet de son plus beau sourire de s'il-te-plaît-apprécie-moi.
– Oui, bien… »
Percy ajusta ses lunettes et lui fit un salut sec de la tête
« Par contre, peut-être ne porte pas cette cravate et cela devrait aller. »
Sur ce, il dit au revoir à Lee et ses frères et s'en alla sur le chemin en direction du château.
« Eh bien, je suis impressionné, dit Lee quand Percy fut parti. Cela a pris trois mois à Fred et George pour obtenir une invitation dans la salle commune de Serpentard.
– Bien qu'ils ne nous aient jamais laissé y retourner après cette première fois, dit Fred avec mélancolie.
– Certaines personnes ne peuvent juste pas retenir leurs crèmes de Canari ensorcelées, ignora George. Mais on t'aurait fait entrer dans la salle commune – sous surveillance bien sûr – si tu avais juste demandé.
– Je voulais juste parler avec votre frère, dit Rigel honnêtement. Je pense qu'il sera une superbe source pour mes études.
– Oui, oui, quoi que tu dises, dit Fred.
– N'oublie juste pas de passer faire "coucou" quand tu viendras au Nid, ajouta George.
– On doit y aller, Oliver réunit l'équipe ce soir pour parler des tests de sélection de la semaine prochaine et McGonagall veut me parler concernant mon rôle de commentateur, dit Lee après avoir lancé un Tempus. On a juste assez de temps pour aller dîner d'abord.
– Ravi de t'avoir rencontré Lee, dit Rigel.
– Un jour je te croirai, gamin, rit Lee alors que tous les trois détalaient. Mais pas aujourd'hui ! »
Elle passa le dîner à faire tourner ses légumes sur son assiette et à éviter les questions exaspérantes toujours plus nombreuses de Draco sur où elle était allée après Botanique. Ce fut finalement Pansy qui le fit taire.
« Draco, le réprimanda-t-elle, des fois Rigel va disparaître sans raison apparente, car c'est le genre de personne qu'il est. Le plus tôt tu accepteras cela et apprendras à ne pas t'en faire d'où il va et quand il veut vagabonder tout seul, plus tôt toi et tout le monde autour de toi sera heureux. »
Draco donna l'air de s'entêter mais se calma pour, au moins, un moment. Il recommença à s'agacer quand Rigel leur dit qu'elle devait aller quelque part après dîner, mais un regard de Pansy le fit hausser les épaules aussi nonchalamment qu'un enfant de onze ans pouvait le faire et se rendit vers la salle commune de Serpentard sans un mot.
Rigel s'approcha du bureau de Snape dans les cachots d'un pas lent et délibéré. Elle avait attendu exactement cinq minutes après que le Professeur avait quitté la table du personnel pour se rendre à leur rendez-vous parce qu'elle voulait paraître respectueusement ponctuelle mais pas excessivement impatiente. La porte du bureau de Snape était faite de chêne robuste et donnait sur une des pièces qu'elle n'avait pas encore été capable d'explorer. Elle savait que le mot de passe quand elle était verrouillée était « Asclépios » grâce à la Carte du Maraudeur mais elle était aussi protégée par une signature magique quand le Professeur n'était pas à l'intérieur donc ce serait la première fois qu'elle pourrait satisfaire sa curiosité. Ou cela aurait été le cas si elle n'était pas aussi nerveuse. Et s'il avait détesté mon essai, ou que trop d'éléments que j'ai écrits étaient évidents ? pensa-t-elle tristement. J'ai trouvé que le devoir paraissait trop facile. Il y avait probablement un piège quelque part et je l'ai raté et maintenant il va croire que je suis l'étudiante la plus stupide ayant jamais eu l'affront de faire perdre son temps à son Professeur.
Elle toqua gentiment mais fermement à la large porte et abaissa immédiatement la poignée en fer (curieux métal à utiliser sur une poignée de porte) quand elle entendit Snape dire « Entrez ! » de l'intérieur. Disproportionnellement soulagée qu'il ne lui ait pas tout simplement dit de s'en aller, elle entra dans le petit espace carré, refermant silencieusement la porte derrière elle. Le bureau du Professeur Snape était une pièce parcimonieuse et étrange, décorée avec les ingrédients de Potions les plus repoussants, installés comme des trophées sur les étagères des murs. Il n'y avait pas de livres, pas d'œuvres d'art hormis un portrait de Salazar Serpentard et aucun meuble en-dehors d'un bureau en bois classique et le fauteuil sur lequel Snape était assis. Son bureau était vide à l'exception d'un tas de bons de commande et de supports à tube qui donnaient l'impression qu'ils contiendraient leurs tentatives plus tard dans l'année. Son fauteuil paraissait assez confortable, indiquant qu'il s'y asseyait au moins quelques heures par jour mais Rigel pensa qu'il passait probablement la plupart de son temps libre dans ses quartiers personnels et que son bureau était là juste pour l'image. Elle pouvait clairement voir comment il pouvait être intimidant, particulièrement puisque les élèves qui venaient demander de l'aide au Maître des Potions devraient rester debout.
Professeur Snape releva la tête de ses bons de commande alors qu'elle se plaçait devant son bureau, ses pieds éloignés de la largeur de ses épaules et ses mains croisées dans son dos. Elle lui lança un regard qui était déférent mais rebelle dans l'orgueil qu'il révélait. Il disait qu'elle le respectait mais que s'il l'avait appelée juste pour la ridiculiser, elle ne se laisserait pas faire et se défendrait. Il intégra sa position et son expression et les lignes de son visage se radoucirent de la façon dont les visages des gens étant pris par surprise par un souvenir qu'ils pensaient avoir oublié le faisaient. Cela passa rapidement toutefois et Professeur Snape pressa sa bouche en une ligne encore plus fine qu'elles ne présentaient d'habitude.
« Mr. Black, commença-t-il, son ton encore une fois d'une neutralité précautionneusement adéquate en s'adressant à elle. Je trouve… difficile d'imaginer que vous ayez terminé votre essai que j'ai donné pendant le temps restant de la fin du cours d'aujourd'hui. »
Elle ouvrit la bouche mais il leva une main et continua :
« Je ne suis pas en train de vous accuser de quoi que ce soit mais il est possible qu'un élève soit capable d'obtenir le sujet de l'essai d'un Serdaigle ou d'un Poufsouffle de même année qui ont eu leur cours pratique hier et terminer l'essai en avance avec l'aide d'un élève plus âgé dans un effort malavisé d'entrer "dans mes petits papiers" comme on dit. »
Rigel ouvrit de grands yeux en une incrédulité pour une fois non fabriquée. Bien sûr qu'il serait suspicieux. Il avait probablement dû avoir affaire à des lèches-culs malhonnêtes auparavant et bien qu'il se pourrait qu'elle fît juste un peu de lèche (d'accord, beaucoup), elle n'était certainement pas malhonnête dans son travail.
« Y a-t-il une façon que je puisse vous convaincre de ma sincérité ? demanda-t-elle avec un peu d'appréhension.
– Il y en a une, dit Snape. Puisque que vous ne semblez apparemment pas avoir besoin de références lors de l'écriture d'un tel devoir, je vous demanderais d'en écrire un autre maintenant, en ma présence. Sachez que je ne fais pas cela pour vous attaquer, Mr. Black. C'est juste une façon pour moi de jauger avec précision vos capacités, mais si vous le voulez, vous pouvez partir d'ici sans écrire ce devoir et d'aussi loin que je suis concerné, nos interactions resteront les mêmes que pour n'importe lequel de vos camarades de Serpentard.
– Je n'ai pas apporté de plume et de parchemin », dit-elle d'un air sombre.
Il fouilla dans un des tiroirs de son bureau et en sortit un rouleau vierge de parchemin ainsi qu'une plume et un pot d'encre et les plaça sur le bureau devant lui en silence.
« Sur quoi porte l'essai, Monsieur ? » demanda-t-elle, ne faisant aucun mouvement pour prendre le matériel d'écriture offert.
Il n'y avait pas d'intérêt à commencer un essai qu'elle ne pouvait pas terminer.
« Il n'y a pas de longueur requise, dit-il. Et ce n'est pas un essai, en soi. Listez simplement tous les ingrédients de potions que vous connaissez, suivis par tous les dangers et usages dont vous vous rappelez. Faites-le dans le même genre que ce que nous avons étudié en classe hier, mais si vous en connaissez d'autres non vus en cours, ajoutez ceux-là également, s'il vous plaît. Prenez votre temps. »
Rigel acquiesça et prit le matériel d'écriture, pressée à présent de commencer.
« Puis-je utiliser l'autre côté de votre bureau pour écrire, Monsieur ? » demanda-t-elle.
Il souleva un sourcil.
« Je n'ai pas souvent été appelé juste, dit-il sèchement, mais je n'ai encore jamais forcé un élève à écrire un devoir debout. »
Disant cela, il sortit sa baguette et fit apparaître un bureau simple et une chaise dans le coin de la pièce pour son usage. Elle le remercia puis s'assit et commença immédiatement à écrire.
Feuilles d'abberra : utilisées dans le Poussos (tranchées) et dans la Potion Nutritive. Doivent être récoltées avec les racines de la plante intactes ou les feuilles sècheront et deviendront toxiques en trois jours.
Aconit : utilisée dans la Tue-loup (les fleurs, écrasées), divers poisons (généralement les tiges, râpées) et récemment dans les Potions d'Ardeur Croissante (juste les étamines pollinisées, bien que cette méthode soit largement non prouvée). Très dangereuse à récupérer car elle pousse de façon très prolifique dans les territoires de loup-garous et doit être récoltée avec de l'argent lors de la pleine lune. Également toxique à ingérer et difficile à ajouter à des potions sans les faire exploser car elle est très réactive à la plupart des ingrédients.
Crochets de vipère : utilisés principalement dans des potions de farces et attrapes pour causer des rougeurs embarrassantes ou d'autres états de peau, avec l'exception de son usage en Remèdes de Nausée Matinale pour les sorcières enceintes durant leur premier trimestre. Dangereux car, en excès dans n'importe quelle potion, peut la rendre trop chaude à boire sans brûler gravement la gorge du buveur. Devrait porter des gants quand on les manipule.
Fleur d'Ésope : utilisée par ceux dans le domaine de la Divination pour les Potions de Rêve Éveillé. Puissant hallucinogène et parfois vendu sur le marché noir en de dangereuses quantités comme drogues récréatives. Dangereusement addictif en doses fréquentes et abondantes…
Et cela continua comme ça. Rigel écrivit tout du bout jusqu'à « Mélonite : utilisée pour les Potions de Soulagement des Crampes Musculaires (moulue et séchée) ainsi que pour les Potions de Régulation Intestinale et dans de nombreux baumes et pâtes pour les muscles endoloris ou courbaturés. Dangereuse seulement si une personne inhale les fumées de la Potion pendant que la mélonite est en train d'y mijoter, ce qui occasionne une perte de quelques contrôles musculaires, en particulier dans les mains et pieds, et pourrait possiblement causer un accident si le potionniste continue à tester et manipuler des ingrédients. » Puis il ne lui resta plus de parchemin.
Elle se leva et marcha les quelques pas vers le bureau de Snape. Il semblait écrire une lettre de quelque sorte donc elle garda poliment ses yeux loin de son parchemin et attendit qu'il s'arrête. Il posa sa plume et tendit une main vers elle, paume vers le haut.
« Fini ? demanda-t-il, semblant surpris quand il se rendit compte à quel point les torches avaient brûlé bas.
– Non, Monsieur, s'excusa Rigel. J'ai besoin de plus de parchemin.
– Plus de parchemin ? répéta-t-il, en fronçant intensément les sourcils.
– Oui, Monsieur, dit-elle, pensant qu'il était énervé qu'elle en ait utilisé autant. Je ne manquerai pas de vous rembourser le matériel que j'utilise.
– Remb… dit-t-il en se renfrognant. Donnez-moi ça ! »
Il lui prit le rouleau de parchemin des mains et le déroula, fixant l'écriture sur le recto puis le retournant lentement pour le verso, qui était également rempli d'une petite écriture uniformément espacée.
« J'en suis seulement à la moitié des M », dit-elle avec obligeance.
Ses yeux volèrent sur elle.
« Asseyez-vous. Maintenant. »
Il courba son doigt vers la chaise sur laquelle elle s'était assise qui s'approcha pour faire face à son bureau et lui signala impérieusement de l'utiliser. Elle s'assit en silence pendant qu'il s'enfonçait lentement dans son propre fauteuil, ses yeux bougeant rapidement à travers, puis en descendant, le rouleau. Elle composa mentalement le reste des ingrédients dont elle se rappelait au cas où il lui demanderait de les réciter oralement au lieu de finir son essai.
Les minutes passèrent en silence, la seule interruption étant quand Snape tourna impatiemment au verso et continua à lire. Enfin, il jeta sur le bureau le rouleau et l'épingla de son regard d'acier.
« Avez-vous une mémoire photographique, Mr. Black ? demanda-t-il.
– Non, monsieur, dit-elle.
– Une… extrême fascination pour la Botanique alors », suggéra-t-il.
Elle trouva qu'il sonnait malade.
« Pas particulièrement, Monsieur, dit-elle doucement.
– Dois-je comprendre, alors, que vous avez plus qu'un intérêt passager pour les Potions, Mr. Black ? »
Snape serra convulsivement les dents à son nom de famille.
« Énormément, Monsieur. »
Elle leva le regard vers son visage, ses yeux bougeant désespérément sur une peau trop pâle et des cheveux négligés gominés par un gel ignifuge.
« Vous comprenez, n'est-ce pas, Monsieur ? Personne d'autre ne comprend et on me dit surtout que j'en sais suffisamment sur les potions et de me concentrer sur autre chose mais vous m'apprendrez de nouvelles choses, n'est-ce pas ? Je ne veux pas m'imposer, et je suis sûr que vous avez beaucoup de demandes de tutorat étant donnée votre position dans la communauté des Potions. C'est juste que… je suis si fatigué d'apprendre des livres. »
Ses yeux se fermèrent comme des rideaux de fer pendant un long moment. Rigel essaya de se concentrer sur les bocaux affreux de trucs morts, sa situation avec Flint, sa nouvelle et étrange amitié avec Draco, tout plutôt que Snape et son expression illisible. Pour son âme jeune et inexpérimentée, qui n'avait pas encore ouvert les yeux sur l'immensité du monde, il semblait que son Destin se jouait en ce moment. Son Professeur soupira lourdement, et quand il parla, Rigel réalisa qu'il semblait fatigué, pas malade.
« Le niveau de connaissance que vous avez montré aujourd'hui n'est rien de moins qu'incroyable, donc peut-être me pardonnerez-vous pour être quelque peu réticent à le croire au début, dit Snape, frottant ses mains sur ses yeux, ses narines se dilatant alors qu'il essayait de penser. Je comprends. »
Rigel n'avait pas réalisé ce que ces mots voulaient dire, placés ensemble ainsi et venant du Maître des Potions Snape, jusqu'à ce qu'elle les entende. Elle avait su que l'on pouvait perdre un poids que l'on ignorait porter, mais pour Rigel cela semblait comme si une fenêtre s'était ouverte et qu'elle ne savait même pas qu'elle était à l'intérieur. Comme si elle avait regardé le monde à travers une vitre sans s'en rendre compte et que maintenant elle pouvait palper et sentir la brise. Elle ferma les yeux pour savourer ces mots puis les rouvrit et déversa tout ce qu'elle ressentait pour la confection des potions dans son regard. C'était beaucoup plus difficile que ce à quoi elle s'était attendue, peut-être parce qu'elle était inexpérimentée pour mettre de véritables émotions sur son visage, mais elle projeta toute la passion et l'envie et le triomphe et le désespoir – oh le désespoir quand elle avait compris que son rêve était ici, à Poudlard, où elle ne pourrait jamais être – en direction du Professeur Snape, voulant qu'il voie, qu'il comprenne comme elle comprenait, que les Potions étaient la seule chose qu'elle pourrait jamais faire.
Un moment, elle forçait Snape à comprendre et à se demander sinistrement ce que le Professeur Snape pensait de son travail, et le moment d'après, sa conscience était soudain remplie de pensées étrangères : incrédulité et consternation ambivalente… elle ne savait pas quoi faire. Elle était jubilante, d'avoir trouvé un Serpentard, enfin, qui avait le potentiel dont elle avait besoin, et suspicieuse que ce n'était qu'une cruelle blague, car elle savait que les bonnes choses n'étaient jamais vraies, et pleine de ressentiment amer que ce soit Black qui ait un tel fils. Un fils qui, de droit, l'univers aurait dû lui donner, un qui était perdu sur Black si le garçon devait passer sa vie et son talent à apprendre les Potions à partir d'un livre… et puis elle haleta, ressentant des choses familières, comme sa propre incrédulité et de la nausée. Elle ouvrit les yeux pour se retrouver avachie sur le bureau de Snape et se releva lentement en une position assise de nouveau. Snape était assis avec raideur dans son propre fauteuil, les yeux écarquillés et le visage gelé en une expression de colère surprise.
« Qu'est-ce qu'il vient de se passer ? demanda Rigel, posant une main sur sa tempe en un symbole universel de pure et totale confusion.
– Je vous demanderais ça si je ne savais pas déjà ce qu'il s'est passé. J'étais dans votre esprit, à moins que je ne me trompe grandement, plus particulièrement dans la partie qui concernait les Potions, et vous étiez dans mon esprit. »
Ses yeux brillèrent de façon menaçante.
« Plus particulièrement dans la partie qui contenait mon opinion de vous. »
Rigel sursauta, encore complètement confuse.
« Vous étiez dans mon esprit ? Qu'avez-vous vu ? dit-elle, sa voix montant automatiquement vers son octave naturelle. Je ne comprends pas comment cela a pu… »
Sa voix l'abandonna et elle plongea sa tête dans ses mains, tremblant violemment. Cela ne pouvait pas se terminer ici, cela ne pouvait juste pas.
« Exactement, dit Snape, respirant profondément pour se calmer. Comment avez-vous fait ceci ? J'ai de très puissants boucliers d'Occlumancie et dans tous les cas, ce n'était pas de la Legilimancie ce que j'ai ressenti. Tout d'abord, il n'y avait pas d'images, ni souvenirs, seulement des ressentis bruts mais c'était comme si j'en étais l'initiateur, au lieu d'être un simple observateur de vos expériences. J'ai besoin que vous vous calmiez et vous concentriez pour que vous m'expliquiez ce que vous essayiez de faire, Mr. Black. Mr. Black ? »
Elle ne pouvait pas l'entendre ou, si elle le pouvait, elle n'intégrait pas qu'il lui parlait. Il parla plus fort :
« Mr. Black. Arctur… Rigel. Rigel !
– Euh… quoi, moi ? »
Rigel inspira l'air désespérément.
« Oui, bien sûr, mon garçon, qui d'autre… »
Snape reprit ses esprits.
« Rigel, vous avez une crise de panique. Prenez des respirations lentes et parlez à travers.
– D'accord. D'accord, je suis désolé. »
Elle aspira l'air avec précaution et bredouilla de façon aussi cohérente qu'elle pouvait :
« Je ne peux juste pas rentrer à la maison à cause de ça, ce n'est pas juste. Je ne sais pas même pas ce qu'il s'est passé, je veux dire… comment cela est arrivé ? Je voulais juste vous montrer que j'étais sérieux avec les Potions, pas aller dans votre tête, ce qui est très compliqué au cas où vous ne sauriez pas et, oh merde, vous étiez dans ma tête… qu'est-ce que vous avez vu ?! grogna Rigel dans ses mains. Allez-vous m'expulser maintenant ? Pour ce que ça vaut, je suis vraiment désolé et je n'ai jamais voulu faire de mal à qui que ce soit.
– Je ne vais pas vous expulser, Rigel, dit Snape lentement et clairement. Je ne sais pas de quoi vous êtes autant effrayé, ni ne vous presserai-je de me le dire mais, de votre esprit, je n'ai récolté rien de plus que la passion globale que vous avez pour la concoction et la compréhension des Potions.
– Oh. »
Rigel arrêta d'hyperventiler presque immédiatement, réalisant avec le recul qu'il continuait à s'adresser à elle comme un « garçon » ainsi que comme « Mr. Black » et que si son expérience avait été aussi désorientée que la sienne, il était peu probable qu'il se soit rendu compte de quoi que ce soit de concret.
« Donc… Donc quoi maintenant, Monsieur ?
– Je ne comprends pas ce qu'il s'est passé ici mais du bon pourrait en ressentir. Tout d'abord, cela a effacé tout doute que j'aurais pu avoir quant à votre sincérité dans l'apprentissage de mon art, dit précautionneusement le Professeur Snape. Sous réserve que cela ne se reproduise pas, je ne vois pas de raisons pour que les dix dernières minutes aient un impact sur quoi que ce soit hors de cette pièce. »
Sa tête se leva si vite qu'elle craqua de façon inconfortable et elle fixa, avec des yeux écarquillés et des cheveux débraillés, le visage ridé de Snape.
« Vraiment, Monsieur ? Vous me donneriez une autre chance ? »
Le visage de Snape se fit déterminé.
« Oui. Je vais faire ça. Nous ferons ça. Votre père n'entre pas en compte ici et ce qu'il vient de se passer dans nos esprits n'a pas d'importance non plus. Vous avez du talent ou au moins, une volonté exceptionnelle, et j'encouragerais les Gryffondor avant de voir cette habileté s'atrophier. »
Rigel n'était pas sûre qui d'eux deux il était en train d'essayer de convaincre mais son cœur était prêt à exploser suite à tout ce qu'elle ressentait. Du soulagement et de la joie et une étrange sorte de vertige la laissèrent chancelante suite aux événements de la journée. Tout ce qu'elle voulait maintenant était de dormir. Snape devait s'être rendu compte de la perte de son élan, car il se leva et lui indiqua de se mettre debout également pour qu'il puisse faire disparaître les meubles supplémentaires.
« Cela a été un long jour pour nous deux, Mr. Black », dit-il et elle remarqua que sa voix n'était plus entièrement neutre à côté d'elle.
Elle se tournait très légèrement vers un ton tiède.
« Allez vous coucher maintenant et nous nous occuperons des détails et des conséquences de tout ça plus tard. Pour lundi, vous pouvez choisir un ingrédient de la liste que vous avez dressée et écrire vingt-cinq centimètres détaillés sur celui-ci.
– Oui, Monsieur, dit Rigel, se tournant vers la porte. Merci. »
Il hocha sèchement de la tête, semblant encore un peu déséquilibré. À la porte, elle se retourna, une main sur la poignée et dit :
« Vous ne le regretterez pas, Professeur Snape. Je vous le promets.
– Je ne doute pas de cela, Mr. Black. »
NDA : Désolée, celui-là était court (certainement pas les 7000+ du chapitre 6) mais je devais le couper ici ou le chapitre suivant serait beaucoup trop long. Donc les choses avancent pour notre, parfois difficile, héroïne. Je l'aime plutôt jusqu'à présent en tout cas ^^ Je sais qu'il semble étrange de dire que Rigel est Harry Potter tourné en Harriet Potter, cachant un OC et un Black dans un Poudlard qui est changé au-delà de toute reconnaissance… mais tel est le pouvoir des fanfictions. Si cela vous fait sentir mieux, nous pouvons considérer Rigel comme un OC et ne même pas tenter d'essayer d'en faire une version "et si" d'Harry Potter, tout simplement parce qu'il y a trop de variables et des facettes de sa personnalité qui diffèrent de l'original. Vraiment, elle a glissé dans la place théorique de Harry dans cette version déformée du monde de JK et a reçu un nouveau but mais une part de moi veut continuer à considérer ceci comme une fanfiction. Si cela offense qui que ce soit que tant de libertés aient été prises, je suis terriblement désolée, et je vous souhaite la meilleure des chances pour trouver une histoire plus attirante ailleurs.
NDT : Qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? Personnellement, je le considère comme étant celui qui lance véritablement l'histoire. C'est à partir de là que cela devient intéressant (et le chapitre 9 envoie du lourd). On arrive en tout cas à la fin de la semaine de Rigel, les choses vont donc commencer à prendre un peu plus de vitesse. Et de mots. Beaucoup de mots. Les chapitres suivants, ça va encore mais ensuite cela va être plus dur. Donc je ne pourrais sûrement pas en publier un par mois. Par ailleurs, le mois prochain c'est le Camp NaNoWriMo donc je serai occupée sur l'écriture de mon histoire originale, il n'y aura donc pas de chapitre. On se retrouve donc dans deux mois, le 15 août ! :)
