NDT : Et voilà le chapitre 10 ! On est presque au milieu de l'histoire. Mais en terme de nombre de mots, je pense qu'on en est à un tiers !

En d'autres nouvelles, Violet a terminé le tome 4 (c'était phénoménal !) et le tome 5, qui sera normalement le dernier, devrait commencer au printemps il me semble.

NDA : Aucun point de l'histoire reconnaissable, les personnages, etc., ne m'appartient, non-profit, etc.

NDA 2 : Le consensus en ligne est qu'un rouleau de parchemin est d'environ 38 centimètres et c'est généralement comme ça que les gens les vendent de nos jours également donc c'est le principe sur lequel je me base pour cette fic.


Chapitre 10

Dimanche débuta de façon moins optimiste que samedi mais beaucoup plus créative. Rigel était levée avant l'aube, récupérant silencieusement son sac d'école et laissant ses deux camarades sommeiller tranquillement derrière les rideaux de velours. Elle avait un vague plan en tête qui avait l'avantage d'apaiser sa curiosité tout en l'aidant à finir les devoirs de Flint. Carte en main, Rigel traça son chemin précautionneusement dans les couloirs du sous-sol qui étaient au-dessus des cachots mais sous le rez-de-chaussée. Elle avait déjà un peu exploré le sous-sol avec Pansy lors de leur première promenade mais elles ne s'étaient pas rendues plus loin que la salle commune de Poufsouffle avant d'aller petit-déjeuner. Une part d'elle – la part qui aimait savourer des connaissances secrètes de Potions en pleine nuit et la part qui préfèrerait plutôt faire les choses importantes seules au cas où cela tournerait mal plutôt que d'accepter l'aide d'un ami – était heureuse qu'elle puisse explorer le couloir suivant du sous-sol toute seule.

Le tableau de la nature morte était difficile à rater, étant plusieurs fois plus grand qu'elle mais même si la Carte était claire sur ce qu'il fallait faire, Rigel se sentit extrêmement stupide en tendant la main droite vers la coupe de fruits. Elle copia le minuscule dessin sur la Carte et, hésitante, chatouilla la poire verte géante. Elle rit, ce qui était peut-être plus surprenant que cela devrait être et Rigel crut la voir pousser un œil et lui faire un clin d'œil avant que le tableau ne s'ouvre vers l'intérieur. Rigel eut un sourire de triomphe non dissimulé – il n'y avait personne à part elle autour après tout – elle venait de trouver les cuisines.

Contre toute attente, et en mépris total des probabilités d'architecture, les cuisines étaient au moins aussi grandes que la Grande Salle. Intégrant les cinq longues tables placées exactement de la même façon que celles des Maisons et des membres du staff, Rigel réalisa que les cuisines devaient être exactement sous la Grande Salle et que la nourriture était d'une manière ou d'une autre transférée directement à travers le plafond une fois qu'elle était placée sur les tables de la cuisine. De même, contre toute attente, les cuisines étaient bien plus bruyantes que la Grande Salle en période de repas, ce que Rigel n'avait pas cru magicalement possible. Des marmites et casseroles étaient transportées de surface à surface par des elfes de maison, sous forts bruits métallique et parfois se rentrant l'une dans l'autre. Il y avait une immense cheminée qui ronflait de façon impressionnante chaque fois que la grille était ouverte pour rajouter quelque chose aux marmites de ragoût lévitant au-dessus des flammes. Des bruits de découpe rythmée et de tranchement venaient des elfes coupant les légumes et des minuteurs semblaient sonner toutes les quelques secondes, se mélangeant d'une façon que Rigel aurait trouvé impossible à maintenir. Pourtant, tissés à travers le chaos, il y avait de l'ordre ou, tout du moins, il semblait y avoir une sorte de plan. Les elfes dansaient l'un autour de l'autre, ne s'inquiétant apparemment en rien des couteaux aiguisés qui les manquaient de peu et des sauces bouillantes, en une sorte de magnifique cérémonie en grande pompe qui aurait demandé à des humains des années pour seulement la chorégraphier, encore moins tenter de la mettre à exécution.

Rigel se tint inconfortablement sur le côté, intimidée par le sentiment de détermination que tous les elfes de maison démontraient et ne voulant définitivement pas causer de problème à tout ce processus en interrompant l'un d'eux. En moins de deux minutes, toutefois, et sans aucun signal que Rigel ait remarqué, une elfe de maison avec un couvre-théière rose autour de la taille et un collier de bouchons de champagne brisa les rangs et s'approcha joyeusement d'elle.

« Bonjour, couina l'elfe de maison, faisant une gracieuse courbette. Nous être désolés pour l'attente. Que peux faire Binny pour vous ?

– Salut Binny. »

Rigel s'accroupit pour être au même niveau que Binny.

« Je ne veux pas t'embêter si tu es en train de préparer le petit-déjeuner mais j'espérais que quelqu'un ici pourrait m'aider avec quelque chose.

– Binny n'est pas occupée, Binny est en… »

L'elfe de maison approcha son visage plus près, murmurant « pause » comme si c'était un gros mot.

« Oh, eh bien, je ne voudrais pas interrompre ta pause non plus, dit Rigel, incertaine, incapable d'arracher ses yeux du regard lumineux de Binny.

– Oh s'il vous plaît jeune Sir. »

Binny regarda autour nerveusement.

« Dumblydoor nous faire prendre des pauses après chaque heure de cuisine mais vous ne pas avoir besoin d'aide pour cuisiner, pas vrai ?

– Eh bien, non…

– Alors Binny aider vous ! » cria l'elfe de joie.

Rigel sourit avec regret à la joyeuse petite créature.

« Très bien, je ne dirais rien à Dumbledore si tu ne dis rien. »

Binny fit un mouvement exagéré de fermeture sur ses lèvres, se balançant sur ses pieds avec excitation. Elle donnait à Rigel l'impression d'une mignonne petite fille de cinq ans et Rigel dut se rappeler sévèrement de ne pas s'adresser à l'elfe d'un ton condescendant, qui était probablement beaucoup plus vieille qu'elle de toute façon.

« Je dois me déguiser, expliqua Rigel. Pas pour quelque chose de mal ! ajouta-t-elle, voyant le regard de consternation de Binny. Je ne vais pas l'utiliser pour enfreindre les règles de l'école, je te le promets, mais j'ai juste besoin d'un uniforme qui n'a pas le blason de Serpentard dessus. »

Binny fronça les sourcils d'un air abattu devant le visage de Rigel.

« Nous ne pas être censés aider les élèves avec des bêtises.

– Ce n'est même pas pour des bêtises, dit Rigel. Je vais l'utiliser pour étudier en vérité. »

Binny cligna lentement des yeux.

« Vous dire la vérité. Binny peut le sentir.

– Donc tu peux m'aider ? sourit Rigel de façon implorante à l'elfe de maison. Vous faites la lessive, pas vrai ? Vous pouvez sûrement me laisser emprunter une robe sale d'un autre élève, si je la ramène ce soir pour qu'elle soit rendue ? »

Binny secoua la tête violemment, ses oreilles oscillant frénétiquement.

« Non non non. Nous ne pas pouvoir vous donner les vêtements sales d'un autre élève.

– Oh, soupira Rigel. Je comprends. Je ne voudrais pas t'attirer des ennuis. »

Binny se balança nerveusement sur ses pieds de nouveau puis se figea, un air d'illumination effrayée commençant à poindre sur son visage expressif. Elle jeta des regards suspicieux vers les autres elfes de maison, dont pas un ne prêtait même un peu attention à eux, puis se pencha encore plus près et dit :

« Est-ce que vous avoir perdu une de vos robes ?

– Quoi ? chuchota Rigel en retour, fronçant les yeux de perplexité.

– Vous avoir ! couina fortement Binny et Rigel sursauta de surprise. Si vous avoir perdu une robe, vous venir avec moi ! La pile des objets trouvés est juste par-là ! »

Binny éleva sa voix par-dessus le fracas de la vaisselle et fit un large clin d'œil à Rigel avant de foncer à travers la mêlée. Rigel crapahuta pour la suivre, baissant la tête et même sautant au-dessus de divers bols de nourriture en suivant Binny jusqu'à une porte de l'autre côté de la cuisine.

Elle émergea dans une pièce bien plus calme mais pas plus petite qui était remplie avec de larges bacs d'eau, des corbeilles de lessive étiquetées alignées de chaque côté. Il devait y en avoir au moins une pour chaque dortoir dans toute l'école à en juger seulement par le nombre. Binny lui fit des mouvements de bras impatients vers le côté droit de la pièce, où il y avait une large corbeille débordant presque de vêtement qui était étiquetée « objets trouvés ».

« Et voilà. »

Binny lui offrit un sourire triomphant.

« Puisque que vous vouloir trouver des robes, vous devoir les perdre d'abord. Il y a toutes sortes de choses perdues là-dedans et peut-être que vous aller trouver quelque chose que vous avoir perdu, non, jeune Sir ?

Ooh. »

Rigel rendit son sourire à Binny.

« Oui, que suis-je bête, je suis sûr que j'ai perdu quelque chose dont j'ai besoin là-dedans. Merci, Binny. »

Elle inspecta la corbeille d'un œil critique. Il semblait qu'il y avait de tout dedans, depuis les uniformes de Quidditch jusqu'aux chaussures à talon haut. C'était parfait.

« Vous faire mieux de prendre tout ce que vous trouver, dit Binny sérieusement. Si vous revenir plus tard, ce n'être peut-être plus ici.

– Est-ce que les gens reviennent généralement pour récupérer leurs affaires alors ? »

Rigel se pinça les lèvres, elle n'aimait pas l'idée de voler quelque chose que quelqu'un voulait véritablement.

« Oh non, jeune Sir, Binny secoua-t-elle la tête pour insister. Personne ne venir jamais pour ces vêtements, mais parfois ils partir.

– Partir où ? demanda Rigel avec curiosité.

– À la Salle des Objets Perdus, dit Binny de façon détachée. S'ils être perdus pendant trop longtemps, ou s'ils être perdus délibérément, ils partir parfois dans la Salle.

– Comment peut-on perdre quelque chose exprès ? se demanda Rigel à voix haute.

– Peut-être vous ne pas vouloir le retrouver. »

Binny haussa ses petites épaules osseuses.

« Ou tout simplement ne pas vouloir que quelqu'un d'autre le trouve, dit Rigel pensivement. On dirait que c'est une pièce pour cacher des choses. Intéressant.

– Perdre ou trouver, si vous vouloir trouver quelque chose dans la corbeille, vous ne pas vouloir aller là-bas, non ? dit logiquement Binny.

– J'imagine que non, sourit Rigel. Merci Binny, tu m'as beaucoup aidé.

– Je vous en prier. »

Binny inclina la tête sur le côté à un son que Rigel n'entendit pas.

« Binny aller retourner travailler maintenant. Bonne chance avec vos trouvailles, jeune Sir. »

Binny partit vers les cuisines au pas de course, joyeuse, et Rigel se tourna vers la corbeille des objets trouvés et la regarda, déterminée. Il était temps de trouver un costume qui duperait le troll de la bibliothèque. Elle commença le travail fastidieux (car elle n'avait qu'une seule bonne main) de sortir des éléments et de les trier en deux piles ; une pile pour ceux qui semblaient pouvoir lui aller (et qui n'étaient pas complètement incongrus comme la crinoline ou les queues-de-pie) et une pile pour ceux qui ne marcheraient clairement pas. Lorsqu'elle atteignit le fond de la corbeille, elle avait assez pour plusieurs costumes différents, ce qui était positif au cas où Madame Pince découvrait à l'improviste un de ses costumes.

Rigel avait à présent une robe d'école pour chacune des trois autres maisons, complètes avec les blasons de la maison sur la poche de poitrine et des cravates colorées qui correspondaient. Les manches des trois robes étaient assez longues pour couvrir son bandage mais pas si longues qu'il était évident qu'elles n'étaient pas à elles. Elle trouva une paire de lunettes qui était juste un petit peu pliées qu'elle garda et une fausse moustache en guidon de vélo qu'elle rejeta immédiatement car ridicule. Elle choisit également trois perruques parmi une collection de huit qu'elle avait trouvées dans la corbeille. Elle se demanda combien de personnes devaient simplement oublier leurs costumes d'Halloween une fois que l'occasion de les porter était passée. Les perruques étaient une aubaine inattendue. Rigel avait prévu d'utiliser un des ateliers de Potion abandonnés dans les cachots pour mélanger des teintures basiques pour cheveux mais avait été inquiète que la teinture ne prenne pas bien sur ses cheveux noirs. Cela aurait également compliqué à expliquer si elle oubliait de les rincer. Elle avait une perruque rousse qui était en broussailles et un peu bouclée sur les pointes ainsi qu'une perruque de couleur châtain clair, très raide et longue jusqu'aux oreilles. Sa troisième perruque serait en dernier recourt, décida-t-elle. C'était une perruque de fille avec de longs cheveux blonds qui étaient soigneusement tressés et une frange coupée droit. Elle devait absolument être en dernier recourt.

Elle rassembla son butin sous un bras et essaya de trouver un moyen de les ramener dans les dortoirs sans que personne ne s'en rende compte. Quand elle aurait tout remis dans les corbeilles, il y aurait forcément d'autres Serpentard réveillés dans la salle commune, sans mentionner ses camarades de chambre. Rigel fut transpercée par l'inspiration quand son regard passa sur les corbeilles de linge alignées dans la pièce. Il n'y avait pas raisons que ça ne marche pas…

Rigel s'approcha de la corbeille la plus proche. Elle était étiquetée : Serdaigle 4-F-1. Elle regarda à l'intérieur, se sentant étrangement inconfortable, et vit que, contrairement à la corbeille des objets trouvés, celle-ci était séparée en compartiments. Il y avait cinq segments dans la corbeille et après inspection rapide, tous semblaient avoir un attirail féminin mélangé aux robes d'école génériques. Partant de la supposition que c'était l'une des premières corbeilles pour les filles de quatrième année de Serdaigle, Rigel chercha son chemin dans la pièce jusqu'à ce qu'elle trouve une corbeille qui indiquait : Serpentard 1-G-2. Sans surprise, il y avait à l'intérieur trois segments et dans l'un d'eux elle reconnut les boxers d'un doré vif d'Archie. (Pourquoi, Archie, pourquoi ?) Elle choisit un set de robe à utiliser tout de suite et fourra le reste dans sa section de la corbeille de linge, avec les deux perruques supplémentaires. Elle garda la perruque rousse et mit précautionneusement de côté les lunettes et la cravate rouge et or dans son sac de cours.

Elle quitta la buanderie en portant les robes de Gryffondor (avec les basons cachés) et remercia poliment Binny pour l'avoir aidé à « trouver » ses robes perdues en passant à travers les cuisines, qui étaient sensiblement moins animées qu'avant. Binny lui fit un joyeux clin d'œil derrière une coupe énorme de framboises et lui dit de revenir la voir bientôt.

Rigel roula les robes en trop utilisant son genou en une étrange sorte de table et les fourra dans son sac aussi, reconnaissante pour le sortilège indétectable d'extension que Sirius avait ajouté, au cas où son fils avait besoin de transporter nonchalamment des objets de taille suspicieuse. Elle se rendit vers la Grande Salle, supposant que si les cuisines ralentissaient, le petit-déjeuner devait commencer.

Elle ne reçut aucune question pendant le petit-déjeuner sur où est-ce qu'elle avait été toute la matinée et personne ne sembla trouver étrange que sa main gauche reste sur ses genoux tout le temps. Rigel profita de l'opportunité pour engouffrer son porridge aussi vite qu'elle le pouvait tout en restant dans les limites d'un bon décorum Serpentard. Elle sourit avec gratitude à ses amis, essayant de leur dire sans mots qu'elle appréciait qu'ils la laissent tranquille sur son étrange emploi du temps et aussitôt qu'elle engloutit son verre de jus de citrouille, elle décolla à nouveau, déterminée à terminer ces essais avant le déjeuner.

Rigel choisit la salle de bain la plus proche de la bibliothèque pour s'y changer, puisqu'ainsi moins de gens la verrait se balader dans l'école déguisée comme un élève qui n'existait pas. Elle changea de robes, rangeant ses robes de Serpentard sur son sac, et écouta attentivement pour s'assurer qu'elle était seule. Elle émergea de la cabine et se dirigea vers un des lavabos, mouillant ses cheveux avec de l'eau jusqu'à ce qu'elle puisse les pousser suffisamment en arrière pour que la perruque les cache. La perruque était presque impossible à contraindre d'une main mais Rigel réussit finalement, son cœur battant vite à l'idée que quelqu'un puisse entrer n'importe quand. Elle fit une grimace à la sensation de grattement de la partie intérieure de la perruque glissant sur ses cheveux mouillés alors qu'elle l'ajustait et décida qu'elle devrait trouver à un moment une meilleure façon pour repousser ses cheveux. Quand tout tint en place, elle se tourna vers le miroir. Un garçon avec des yeux gris fades et des cheveux roux en bataille lui rendit son regard. Elle trouva qu'elle ressemblait un peu à un Weasley, ce qui était la raison pour laquelle elle avait choisi les robes de Gryffondor pour cette perruque. Avec de la chance, Madame Pince s'inquiétait trop pour ses livres pour se tenir à jour sur les élèves et un Gryffondor roux était une vue suffisamment commune pour ne pas rendre la vieille femme suspicieuse.

Rigel mit les larges lunettes rondes sur son nez et recula pour admirer le résultat. Avec les lunettes, ses lentilles grises, qui semblaient étranges avec les cheveux roux, étaient plutôt dissimulées et heureusement, les lunettes étaient pour la lecture, sans prescription, donc elles ne génèrent pas beaucoup sa vision déjà corrigée. Dans un élan d'inspiration, Rigel fouilla dans son sac pour son pot d'encre. Elle le dilua précautionneusement avec un peu d'eau jusqu'à ce qu'il soit d'un gris trouble puis tamponna l'encre sur son nez et ses joues avec le bout de sa plume. Elle ne put s'empêcher de rire un peu de son reflet qui paraissait plutôt idiot de près mais quand elle s'éloigna, l'encre se brouillait en taches de rousseurs et elle trouva qu'elle ressemblait passablement à une autre personne.

Satisfaite, elle rangea l'encre et lissa ses robes, essayant de passer pour un Gryffondor. Après quelques minutes à observer son reflet avec le regard vide, elle se rendit compte qu'elle n'avait aucune idée de comment ressembler à un Gryffondor, ou même ce que cela impliquait, donc elle haussa mentalement les épaules et espéra qu'elle pouvait compter sur les gens pour voir ce qu'ils attendaient.

La bibliothèque était tranquille aussi tôt le dimanche, bien qu'elle ne doutât pas qu'elle serait débordante d'activité en soirée quand les élèves tenteraient de finir leurs devoirs tout d'un coup. Rigel regarda de façon décontractée loin du bureau des emprunts quand elle entra, marchant en ligne droite vers la section d'histoire. Elle trouva facilement les livres dont elle avait besoin pour l'essai sur la révolution gobeline mais décida de les prendre un par un, au cas où Madame Pince se souviendrait les lui avoir recommandés et elle ne pensait pas pouvoir transporter les trois avec une main de toute façon. Donc, avec le livre sur l'économie du seizième siècle en main, elle prit une table et se mit au travail.

Les lunettes étaient gênantes mais elle apprit rapidement à les baisser sur son visage et lire par-dessus les verres si elle ne voulait pas trop loucher. La perruque la démangeait mais elle n'osait pas se gratter et des mèches rousses n'arrêtaient pas de tomber dans son champ de vision et la prendre par surprise. Toutefois, elle finit l'essai d'Histoire une heure plus tard et les livres sur la Tentacula vénéneuse étaient heureusement faciles à trouver dans la section de botanique.

Elle en trouva un avec des illustrations en couleurs et s'essaya aux schémas légendés. Elle croqua (pas facile avec une plume) et légenda et tenta artistiquement de varier l'épaisseur de ses lignes comme le livre le faisait et quand elle se cala au fond de sa chaise pour admirer le résultat final, elle faillit pleurer. C'était affreux. On aurait dit qu'un enfant de cinq ans avait gribouillé sur la page et que quelqu'un d'autre était revenu dessus et écrit une tonne de mots insensés sur les bords. Sa reproduction ressemblait vraiment plus à un calmar géant qu'à la plante qu'elle essayait de dessiner ce qui, pour sa défense, devait être dû à tous ces tentacules. Rigel froissa sa tentative ridicule en une boule et tapa ses doigts contre la table avec agitation. Elle ne pouvait pas renvoyer l'essai sans le schéma mais elle ne pouvait demander de l'aide à personne pour le dessiner car cela serait complètement évident qu'elle faisait les devoirs d'un élève plus âgé.

Elle supposa qu'elle pouvait… elle jeta furtivement un œil à Madame Pince et grimaça quand elle vit que la vieille femme était en train de hurler silencieusement sur un Serdaigle recroquevillé qui paraissait avoir corné deux pages dans un livre qu'il avait emprunté. Non, elle ne voulait définitivement pas risquer être prise sur le fait en train d'abîmer un livre. Mais même, elle n'arrivait pas à trouver d'autres façons d'obtenir un schéma décent sans prendre de cours de dessin et de toute façon, Rigel se convainquit-t-elle, ce n'est pas comme si elle allait rendre le livre illisible. Pas un ne serait capable de dire ce qu'elle avait fait. Elle bougea son sac précisément en face d'elle sur la table pour qu'il bloque la vue de Madame Pince de son espace de travail immédiat. Avec son coude gauche forçant le livre ouvert, elle commença doucement et traça attentivement les lignes de l'illustration du livre à l'encre. L'encre se concentra et resta humide sur la page, s'en s'imprégner une seconde, comme elle s'y était attendue, et Rigel poussa un soupir de soulagement ; le livre avait été magiquement rendu résistant à l'eau donc il ne prendrait véritablement aucun dégât suite à cela. Mais quand même, jura-t-elle mentalement, quand elle aurait son argent de poche, elle achèterait une autre copie de ce livre et le donnerait anonymement à la bibliothèque en repentance pour vouloir volontairement l'abîmer.

Une fois qu'elle eût tracé toutes les lignes principales à l'encre, elle utilisa ses dents pour tenir un bout et sa main droite pour l'autre et abaissa lentement son parchemin sur la page humide. L'encre s'imprégna dans le parchemin parfaitement et quand elle le retira, sans réfléchir à combien elle devait paraître stupide avec un parchemin retenu délicatement entre ses dents de devant, elle avait un tracé brut du schéma de la plante qui était dans le livre. Elle posa son illustration volée de côté et nettoya précautionneusement le livre de la bibliothèque, le laissant sécher complètement avant de le refermer. Rigel soupira de soulagement que Pince ne se soit rendue compte de rien et remplit son tracé avec des détails et légendes jusqu'à ce qu'il soit fini.

Le reste des devoirs de Flint furent beaucoup plus simples à finir. Bien que les essais de Botanique et de Potions soient les plus longs, elle s'y connaissait beaucoup plus sur le sujet donc ce fut le travail d'une heure et demi pour finir les deux. Elle retourna les livres pendant que le sable était en train de sécher et après avoir rangé péniblement ses affaires d'une main, elle détourna les yeux de nouveau sur son chemin vers la sortie. Rigel était plus qu'heureuse de pouvoir enlever la perruque et les lunettes et d'effacer les « taches de rousseur » de son visage dans les toilettes les plus proches. Ce déguisement particulier allait devoir demander un temps d'adaptation.

Une fois de nouveau elle-même, elle décida qu'il serait mieux de se débarrasser du trajet jusqu'à la Volière d'abord et puis de passer le reste de la journée avec Draco et Pansy, s'ils n'étaient pas occupés.

Rigel grimpa avec attention les marches escarpées menant à la Volière. Les vents de fin de matinée étaient vivifiants et elle garda son menton coincé dans son col pour garder son nez au chaud. Malheureusement, elle avait sacrifié trop de son champ de vision dans le but de protéger son visage des éléments et la force des vents aussi hauts avait asséché ses lentilles et la forcèrent à cligner rapidement des yeux et à les plisser. C'était à cause de tout cela, pensa-t-elle, qu'elle ne vit pas la petite fille blonde à tresses descendant les escaliers jusqu'à ce qu'elle lui rentre dedans. Plus tard, lorsque son poignet gauche palpiterait en rythme avec les battements de son cœur, elle se demanderait de façon plutôt peu charitable au juste quelle était l'excuse de la blonde, mais la douleur de la collision quand elle eut lieu transcenda même ses pensées amères.

Les deux filles eurent le souffle coupé alors qu'elles tombaient de côté sur la rambarde, Rigel avec une agonie muette et l'autre fille avec surprise et peur. La rambarde était plutôt résistante, ne tremblant même pas en encaissant complètement le poids (bien que maigre à vrai dire) des filles, mais la petite blonde cria de peur et s'accrocha désespérément au bras droit de Rigel (son bras gauche ayant été écarté vivement et sans cérémonie de la portée de l'autre fille).

Trois respirations calmes plus tard, Rigel se sentit capable de desserrer les dents :

« Tout va bien ? demanda Rigel automatiquement, bien qu'elle savait que c'était elle qui avait été la plus touchée par la chute.

– Je crois », renifla tristement la fille vers Rigel, clairement une première année de Poufsouffle si l'on croyait sa cravate jaune et noir et son expression soumise.

Elle s'était laissée tomber sur les marches dures aussitôt après avoir réalisé qu'elles étaient toutes les deux vivantes et, toujours en tenant le bras de Rigel, l'avait tirée en une sorte de pseudo-accroupissement. Rigel sourit aussi poliment qu'elle le pouvait et se mit debout, ramenant fermement son bras, dans le but que la fille le lâche. À la place, elle s'accrocha plus fort au bras de Rigel et l'utilisa pour se relever elle aussi en position debout.

« Je suis désolée, se lamenta-t-elle, lissant ses cheveux en place nerveusement. Je ne regardais pas où j'allais mais je ne voulais rentrer dans personne, je le jure. »

Elle semblait réellement gênée donc Rigel ignora vaillamment la douleur aiguë dans son poignet et lui offrit sa bonne main en signe de pardon.

« Pas de problème. Je m'appelle Rigel Black. »

Le sourire de la fille se raidit sur son visage alors que ses yeux volèrent sur la cravate vert et argent de Rigel puis sur le blason sur ses robes, comme s'il y avait une erreur puis de retour sur le visage de Rigel. Ses joues virèrent en une nuance de rose misérable et elle prit la main de Rigel dans la sienne, pâle et tremblante.

« H-Hannah Abbott. Désolée, tellement désolée, Black, je ne voulais pas… je veux dire, tu n'es pas… en colère ? »

Rigel adoucit exprès son regard, serrant la main de la fille aussi gentiment et chaleureusement qu'elle le pouvait.

« Bien sûr que non, c'était juste un accident, sourit-elle avec un sang-froid qu'elle n'avait pas. Ravi de te rencontrer, Miss Abbott. Je te reconnais maintenant, lorsque l'on a été placé.

– Oh, fit Abbott, perdue, comme si elle s'était attendue à ce que Rigel la maudisse après l'avoir aidée à se relever des marches froides et s'être présentée. En effet. »

Elle regarda Rigel avec hébétement assez longtemps pour que le faux sourire de Rigel commence à se ressentir de plus en plus raide puis elle cligna des yeux, vira d'une autre nuance de rose et partit précipitamment en bas des escaliers, ses tresses volant derrière elle dans le vent.

« Okay », marmonna Rigel, ajustant son sac sur son épaule et se disant qu'il faudrait un miracle pour qu'elle envoie ces essais à Flint en une seule pièce.

Elle choisit une chouette quelconque de l'école pour transporter ses essais, qu'elle avait empilés et roulés ensemble comme s'ils n'étaient qu'une grosse lettre. Elle trouva que cela serait moins suspicieux ainsi. Avec un sentiment de soulagement, Rigel descendit les escaliers pour le septième étage, cette fois avec ses yeux grands ouverts en dépit du vent. Elle était de bonne humeur, si l'on ignorait la douleur dans son poignet. Elle se sentait libre pour la première fois depuis des jours. C'était la première fois qu'elle prenait vraiment le temps d'apprécier la nouveauté de sa situation présente. La voilà – une sang-mêlée – à Poudlard, l'école des rêves (si l'on en croyait son père) et elle étudiait sous le cerveau le plus brillant dans son futur domaine. Qu'importait un poignet blessé ou un peu de chantage entre simples connaissances à la lumière de tout ce qui s'était glorieusement bien passé cette dernière semaine ?

Rigel contourna le passage secret vers le troisième étage en faveur d'une nouvelle route vers les cachots. Il ne fallait jamais laisser passer une occasion d'explorer. Elle lut attentivement la Carte et décida finalement de prendre les escaliers nord-ouest jusqu'au cinquième étage puis de couper à travers ceux-là pour l'escalier principal. Elle rangea la Carte dans son sac et se dirigea vers le Nord (étant juste sortie de la tour ouest), s'arrêtant dès que quelque chose semblait intéressant à examiner.

Elle commençait tout juste à descendre les escaliers nord-ouest, plutôt isolés, quand ils disparurent sous elle. Elle tomba tout droit, son souffle sur bloquant sur un cri, son pied incapable de trouver appui, sa main manquant la rambarde de peu et, pendant le même moment désorientant, un jet d'air chaud siffla au-dessus de sa tête dans une confusion de lumière rouge. Dès l'instant d'après, elle comprit plusieurs choses : elle n'était pas tombée à travers une trappe mais s'était fait avoir par une mâchoire en pierre d'une marche piège particulièrement mauvaise, qui avait avalé sa jambe droite en une pince jusqu'à mi-cuisse. Sa seule bonne main avait trouvé appui sur la marche au-dessus et aidait présentement sa jambe gauche à ne pas tomber dans l'escalier jusqu'à l'entrejambe, ce qui ferait définitivement mal même si elle n'était pas un vrai garçon et sa main gauche était recroquevillée contre sa poitrine. Son sac de cours avait atterri quelques marches plus bas et était hors d'atteinte, de même pour sa baguette (même si elle ne l'aurait de toute façon pas aidée). Aussi, quelqu'un lui avait lancé un maléfice et l'avait ratée quand la cible était, de manière inattendue, descendue de soixante centimètres.

Rigel essaya de tourner son corps mais jura quand sa prise sur la marche de pierre lisse l'abandonna et qu'elle s'enfonça de quelques centimètres supplémentaires dans le piège. Elle serra les dents et appuya le coude de son bras non blessé contre la marche du dessus, tendant le cou par-dessus son épaule pour essayer de voir une seconde attaque. Aucune ne vint. À la place, elle entendit des bruits de pas s'approcher du palier. Si seulement elle pouvait voir

Les pas s'approchèrent. Ils s'arrêtèrent à ce que Rigel estima être le haut de l'escalier, juste quelques mètres derrière elle mais elle n'arrivait pas à bouger son torse dans cette direction avec deux membres qui la retenaient et deux inutiles. Il y avait une fenêtre du côté gauche du pallier et son attaquant devait être passé devant elle car soudain il y eut une silhouette dont l'ombre se dessinait devant elle du côté droit de la cage d'escalier. Rigel crut pouvoir distinguer de longs cheveux et une taille moyenne puis le bras de l'ombre s'éleva en arche et elle entendit quelque chose faire un bruit sourd sur les marches derrière elle. Peu importe ce que c'était, cela explosa avant qu'elle ne puisse éloigner sa tête et une odeur qu'elle reconnut avec effroi attaqua son nez et sa bouche. Ses yeux larmoyèrent et elle éternua violemment plusieurs fois. Elle regarda à travers le flou l'ombre se retirer et entendit les pas courir vite loin de la scène, puis elle toussa en continu, incapable de s'éloigner de la source de l'horrible odeur ou même de couvrir ses voies respiratoires correctement tout en se retenait à moitié hors de la marche piège.

La bombe puante roula dans son champ de vision, la moquant depuis sa position, juste assez loin de son oreille gauche pour qu'elle soit impossible à faire tomber en bas des escaliers. Elle se tortilla à nouveau, maintenant se débattant par pure obstination mais abandonna de nouveau après quelques minutes et se lamenta mentalement sur sa situation présente. Maudite soit mon affreuse malchance avec les escaliers ! Cette stupide marche piège n'était même pas sur la Carte, souffla-t-elle boudeusement avant de se rendre compte qu'elle devrait probablement être reconnaissante qu'elle se soit retrouvée coincée dans une marche au lieu d'être touchée par un sort inconnu. Pour ce qu'elle en savait, la marche piège l'avait sauvée d'un terrible sort. Tout de même, c'était dur à apprécier tout en se trouvant dans des sables mouvants en pierre.

Juste quand elle pensait que la situation ne pouvait pas devenir pire, elle entendit le rire discordant et grognant venant du palier supérieur. Elle était trop occupée à lancer des regards noirs à la bombe puante et à fulminer sur une nouvelle catastrophe liée à des escaliers qu'elle ne s'était pas rendue compte de la nouvelle silhouette parant le mur de la cage d'escalier. Celle-ci était plus grande, plus forte et avant qu'elle ne puisse être soulagée qu'au moins, ce n'était pas son attaquant, elle reconnut le rire et réalisa qui c'était.

« Eh bien, voilà quelque chose que l'on ne voit pas tous les jours. »

Des pas lourds marquèrent l'avancement du nouveau venu vers son enchevêtrement.

« Et dire que j'avais commencé à me sentir coupable pour avoir pris de ton temps libre quand il semblerait que même avec tout le travail supplémentaire, tu as encore le loisir de te balader avec insouciance dans le château – et dans le territoire des Griffons en plus. »

Urgh. Flint. Rigel combattit une grimace alors que le Serpentard plus âgé apparut dans sa vision périphérique. Il avait sa main sur son menton en contemplation exagérée et dramatisant grandement le fait d'examiner sa position sous tous les angles avant de s'arrêter sur les marches juste devant celles où elle était coincée. Bien qu'il se tenait sur une marche plus basse, elle devait tendre le cou pour croiser ses yeux et il ne fit aucun mouvement pour se pencher ou s'accroupir pour elle.

« Tu sais, dit-il pensivement, je ne crois pas que tu sois censé le faire comme ça. »

Rigel soupira, le son moins exaspéré et plus désespéré qu'elle ne l'avait prévu.

« Peux-tu, s'il te plaît, m'aider à sortir de là, Flint ?

– Pourquoi ne peux-tu pas sortir par toi-même ? demanda-t-il, mettant ses mains dans ses poches pour montrer sa réticence à la secourir.

– Je ne suis pas assez fort pour forcer le piège à me lâcher. »

Avec une main.

« Ma baguette est hors de portée et je ne peux pas sortir ma jambe tout de go sans l'écorcher jusqu'à ce que le piège soit démantelé », dit-elle, tentant sans succès de garder sa voix uniforme.

Elle était presque haletante à cause de l'effort qu'elle mettait à se retenir hors de la marche pendant si longtemps ; même avec son autre jambe en levier, elle était lentement en train de s'enfoncer, centimètre par centimètre.

Flint sembla considérer ceci avec beaucoup d'attention. Il fit des hums et des euhs et changea sa position ingénieusement d'un pied à un autre, tout en regardant Rigel attendre et suer, comme un dieu jugeur aux ailes noires infligeant punition et récompense depuis son trône doré. À un moment, il claqua des doigts comme s'il venait d'avoir une brillante idée et lui sourit.

« Peut-être tu devrais essayer d'utiliser tes deux mains. »

Rigel faillit grogner.

« Je ne peux pas.

– Hmm… »

Flint tapa de son pied lentement.

« Eh bien si tu ne peux pas, tu ne peux pas. J'imagine que je peux t'aider. Là, prends ma main. »

Il s'approcha, tendant le membre cité avec paresse dans sa direction. Il ne se pencha pas assez pour qu'elle la prenne avec sa droite sans tomber dans le reste du piège et au vu de son sourire tranchant sur son visage, il le savait. Il avait également probablement compris que même si elle lui donnait sa main il écorcherait juste sa jambe à vif s'il essayait de la tirer directement. Elle le fixa férocement d'un air mutiné.

« Peut-être que tu pourrais juste forcer le piège à s'ouvrir ? Ou encore mieux, démanteler le piège, dit-elle.

– Quoi, tu ne me fais pas confiance ? »

Il tendit la main juste un peu plus, effleurant de façon irritante ses doigts sur sa tête. Rigel éloigna sa tête ostensiblement.

« Bon, d'accord, pas besoin d'être malpoli, rit-il de nouveau. Et comment proposes-tu que je désactive ce petit mécanisme ?

– Généralement, il y a un bouton au-dessous des rambardes près de la marche piège », dit Rigel.

Flint soupira mais examina scrupuleusement les rambardes de chaque côté de la cage d'escalier.

« Ouais, je ne vois rien du tout. T'es sûr qu'il y a pas un mot-de-passe ou je sais pas ? »

Ce n'est pas une mauvaise supposition, pensa Rigel, énervée qu'elle n'y ait pas pensé. Mais c'est trop tard pour ça maintenant. La Carte est hors de portée et, de toute façon, je ne vais pas l'utiliser avec Flint ici.

« Aucune idée. Est-ce que tu ne peux pas simplement forcer ce truc ? S'il te plaît, Flint. »

Elle ne le regarda pas dans les yeux quand elle le dit mais il grogna de surprise tout autant.

« Hn. »

Flint se baissa enfin et roula ses manches.

« Pfouah, la puanteur est encore pire ici. Tu me dois un devoir facultatif pour ça.

– Marché conclu », soupira-t-elle.

Flint attrapa fermement les deux côtés de la marche piège et tira. La pseudo-pierre trembla en protestation mais les deux côtés du piège qui était comme un étau commença doucement à bouger de côté vers les bords de l'escalier. Quand elle eut assez d'espace pour libérer sa jambe, Rigel fit appel à toute son énergie et tordit son corps vers le haut en se soulevant avec force jusqu'à ce qu'elle s'écrase sur le côté sur la marche du dessous, son poignet blessé toujours maintenu de façon à le protéger devant elle comme si de rien n'était. Dès qu'elle fut éloignée des bords, Flint laissa le piège se refermer sur place avec un bruit sourd écœurant.

« Merci », dit Rigel, fatiguée.

Elle étira les muscles douloureux de ses membres du mieux qu'elle pouvait et récupéra son sac quelques marches plus bas.

– Je dirais "à ton service" mais… je ne referai probablement jamais quelque chose comme ça, dit Flint, son sourire disgracieux de retour. Donc, tu veux m'expliquer ce qu'était cette bombe puante ?

– Pas particulièrement. »

Rigel évita les yeux du cinquième année.

« Et tu ne vas pas non plus m'expliquer ce qui ne va pas avec ton bras gauche ? supposa Flint.

– Ce n'était pas prévu. »

Elle hissa son sac sur son épaule droite et donna un salut particulièrement sarcastique à son sauveur/maître-chanteur en descendant les escaliers.

« Encore merci, Flint. Ah et cette chose que je te dois est dans le courrier. »

Elle se dit avec ironie, alors que son rire la suivit jusqu'à ce qu'elle soit hors de vue, qu'elle pourrait en fait s'habituer à ce son discordant et grinçant, à ce rythme.

Retourner enfin à la salle commune fut comme ce que Rigel imaginait les soldats devaient ressentir quand ils rentraient chez eux après une guerre tout à fait interminable. Elle était mentalement et physiquement épuisée pour ce qui semblait être le énième jour d'affilé et elle ne pouvait pas se rappeler ce que c'était que d'avoir des jours ordinaires depuis sa venue à Poudlard. Pansy l'accueillit avant qu'elle n'ait atteint le seuil mais Rigel trouva qu'elle ne pouvait pas se forcer à en être dérangée. Il n'y avait rien de tel que le confort de l'amitié après une dure longue journée de…

« Eurk, Rigel, tu sens comme de la bouse de dragon », s'exclama Pansy en l'approchant.

La blonde secoua ses mains frénétiquement dans les airs autour de la tête de Rigel.

« J'avais prévu de te présenter à quelques personnes que j'ai rencontrées aujourd'hui mais ça va définitivement devoir attendre pour un autre moment. Je ne voudrais vraiment pas être vue avec toi dans cet état. »

Il n'y avait rien de tel que la violence de l'opinion d'un véritable ami pour vous gifler d'une contemplation mélancolique, pensa Rigel.

« Désolé Pansy, sourit-elle tristement. Je viens de me faire avoir par une bombe puante de Peeves.

– Oh. »

Pansy claqua sa langue d'un air désapprobateur. Rigel décida de ne pas lui dire combien cette action la fit ressembler à la mère de Rigel.

« Bon, tu ne pourras jamais te débarrasser de cette puanteur tout seul. Allez, viens, je vais t'aider à la laver. »

Ceci dit, Pansy l'emmena à marche forcée à travers la salle commune jusqu'au couloir des premières années. Rigel était sur le point de lui dire qu'elle n'était pas autorisée à entrer dans la chambre de Pansy quand elle réalisa qu'elles la dépassaient et se rendaient vers le dortoir de Rigel. Pansy toqua deux fois pour la convenance puis ouvrit en grand la porte et entra.

« Pansy ? Par Salazar, qu'est-ce que tu… Rigel ! »

Draco paraissait perdu. Il était assis sur son lit dans ses vêtements décontractés du week-end et il y avait un livre sur ses genoux qu'il était de toute évidence en train de lire avant que Pansy n'ait déboulé.

« Quelque chose ne va… oh, Merlin, qu'est-ce que c'est que cette odeur ? »

Il claqua une main sur son nez et sa bouche et les regarda avec un affront horrifié.

« Je sais. C'est affreux, n'est-ce pas ? »

Pansy passa devant le garçon qui s'étouffait et tracta Rigel vers la salle de bain.

« Rigel s'est fait toucher par une bombe puante de Peeves et il a besoin d'aide pour la faire partir. Viens Draco, ajouta-t-elle quand Draco sembla ne pas vouloir prendre part. Certainement un Malfoy ne recule pas devant quelque chose comme une mauvaise odeur. »

Draco lança un regard à Rigel qui disait clairement qu'il débattait si elle valait vraiment la peine de s'approcher mais à la fin, il roula des yeux et les dépassa pour faire couler l'eau dans le lavabo. Rigel pensa à protester, disant qu'elle était parfaitement capable de laver ses propres cheveux mais ses deux amis paraissaient si adorablement déterminés à braver la puanteur insoutenable de la bombe puante pour l'aider qu'elle attrapa simplement une serviette de rechange pour la mettre autour de son cou et s'agenouilla devant le lavabo posément.

Quand Draco approuva la température de l'eau, Pansy poussa gentiment sa tête jusqu'à ce qu'elle soit penchée dans le bassin, ses cheveux directement sous le robinet. Rigel ferma fortement les yeux pour que ses lentilles ne se fassent pas rincer et attendit patiemment pendant que Draco et Pansy se chamaillaient avec bonhomie sur quel shampooing serait le plus efficace. Pansy voulait utiliser celui avec le parfum le plus fort pour contrecarrer l'odeur de bouse, alors que Draco voulait utiliser celui qui avait l'agent le plus récurant. À la fin, ils utilisèrent les deux. C'était une sensation étrange, avoir deux paires de main tirant et frottant alternativement sa tête, mais vingt minutes plus tard, elle fut déclarée « digne pour la compagnie humaine » et fut libérée.

Son cuir chevelu la picotait beaucoup et semblait rose mais elle ne pouvait plus sentir la bouse chaque fois qu'elle inspirait donc elle remercia gracieusement le duo blond.

« Ne nous remercie pas, fit Draco d'un geste dédaigneux de la main.

– Ouais, inspira dramatiquement Pansy. Ce sont nos nez que nous avons sauvé, puisque ça ne semblait pas du tout te gêner.

– Si vous aviez grandi dans ma maison, vous auriez appris à la tolérer également, dit Rigel tout en essuyant ses cheveux avec la serviette et nettoyant ses oreilles de toute eau.

– Bon, quoi qu'il en soit, vous restez une minute ici le temps que j'aille cherche quelque chose, les garçons. Votre compagnon de chambre ne m'en voudra pas si je reste ici, non ? »

Pansy dirigea très clairement sa question à Draco.

« Nott s'en fichera, Draco haussa-t-il les épaules. Il invite Zabini tout le temps. »

Rigel ne savait pas que c'était déjà devenu une occurrence aussi fréquente, ce qui était sûrement pourquoi Pansy avait demandé à Draco, pas elle. Elle loupait définitivement des choses, enfermée dans son propre monde. Généralement, ça ne la gênait pas mais d'une certaine façon… ah, tant pis. Rigel haussa mentalement les épaules. Un jour elle s'assiérait et penserait à toutes les choses sur lesquelles elle devait réfléchir, comme de mystérieux assaillants lâches qui lui lançaient des sorts par derrière mais ce jour n'était pas encore arrivé.

Pansy revint rapidement avec un paquet de jeu de carte sorcier et une large boîte rose qui se trouva être remplie de cookies. Elle posa les deux au milieu du lit de Draco et se laissa tomber au bout de son matelas, faisant des gestes impatients pour qu'ils la rejoignent. Rigel s'assit bizarrement au début, perchée sur un côté du lit pendant que Draco s'asseyait avec précaution de l'autre. Pansy rit d'eux et leur offrit à chacun un cookie.

« Ma grand-mère me les a envoyés ce matin, expliqua-t-elle. Elle est incroyable avec la nourriture et puisque Rigel a raté le déjeuner aujourd'hui, je me suis dit qu'il devait manger quelque chose, même si ce n'est pas très sain. »

Rigel lui sourit un merci et avala pratiquement un cookie entier, elle avait si faim. Draco criailla avec indignation qu'elle mettait des miettes sur son lit à manger comme une barbare et en retour Rigel fit tout un spectacle en enlevant des miettes invisibles (à comprendre : non existantes) du dessus-de-lit vert et argent et de les manger, prenant soin de lécher ses doigts pour rajouter de l'effet. Tous les trois rirent à la légère de ça et Draco et Rigel se relaxèrent assez pour s'asseoir correctement sur le large matelas. Tous les trois mangèrent des cookies et jouèrent aux cartes tout l'après-midi, discutant des cours, des gens qu'ils connaissaient et parfois de rien en particulier jusqu'à ce que ce soit l'heure d'aller dîner. Aucun d'eux ne mangea beaucoup, trop pleins de cookies, mais ils papotèrent confortablement au-dessus de la table et pendant tout le trajet retour vers les dortoirs également.

Alors qu'elle grimpa sur son lit cette nuit, Rigel remercia les dieux de l'amitié. Dimanche aurait été bien pire sans eux. Elle les remercia également pour avoir tiré sur Flint la fléchette de l'amitié, même si les effets ne se trouvent n'être qu'un amusement temporaire pour lui, comme elle s'en doutait. Quoi qu'il en soit, pensa-t-elle, sa première semaine à Poudlard aurait pu être bien pire. Elle l'avait surmontée et c'était tout ce qui importait.


NDA : Peut-être que cela semble improbable que Rigel ait autant de problèmes avec les escaliers pour certains lecteurs mais avec 142 escaliers dans le château, il me semble que quelques événements majeurs doivent y avoir lieu, par souci de probabilité ^^ . De plus, il m'est venu à l'esprit que Rigel soupire beaucoup. Si c'était La Lettre écarlate, ça serait un motif lol, mais comme ce n'est pas le cas, dites-moi si cela devient ennuyant. Comme toujours, merci de votre lecture (pour quiconque qui est vraiment en train de lire), cela signifie beaucoup pour moi.

NDT : Merci beaucoup pour avoir lu ma traduction jusque-là ! Je le répète mais si vous voyez des incohérences de français ou juste des phrases mal formulées, n'hésitez pas à me le dire. :) Je vais essayer de traduire le prochain chapitre pour dans avril.