NDA : Ouah, donc je ne regarde jamais mes mails mais quand je l'ai fait ce week-end, je me suis rendue compte que l'on peut savoir quand des gens ajoutent ton histoire à leurs alertes ou en favoris – autrement dit, j'étais complètement sûre que seulement genre cinq personnes lisaient mon histoire mais maintenant je suis au courant et je suis si contente ^^ Donc un énorme merci à vous, à la fois aux lecteurs fidèles qui reviewent et à ceux qui prennent tout simplement le temps de lire mon histoire… Celui-là est pour vous.

NDA 2 : Aussi, maintenant que la première semaine a été détaillée, les choses vont commencer à bouger plus vite. Vous ne verrez pas la boule de neige complète avant à peu près mars dans l'histoire mais elle se dirige vers une direction excitante, je pense, et qui intègre les deux histoires dont je tire des informations et des parallèles.

NDT : Comme le dit si bien Violet, en plus des reviews, on peut voir quand quelqu'un met en favoris ou follow l'histoire. Donc un grand merci à vous, qui donnez une chance à ma traduction de cette histoire absolument extraordinaire. Pour tout vous avouer, je suis en manque et n'ai qu'une hâte : que le début du tome 5 sorte (je parie que ce sera en mai). Rien à voir mais je me suis rendue compte que FFnet ne laissait pas passer le point virgule, ce qui fait que certaines phrases devenaient un peu bizarre sans la coupure. Donc tant pis pour les règles de ponctuation française ! Je vais aller corriger tout ça dans les autres chapitres et coller le point virgule directement au mot précédent.


Chapitre 11

Durant toute la deuxième semaine de Rigel à Poudlard, elle se sentit comme un insecte coincé dans un bocal et exposé dans le bureau de Snape ; des yeux, partout où elle allait, elle sentait des yeux posés sur elle, lourds et irritants, et ses omoplates sursautaient aux aiguilles d'une surveillance qu'elle pouvait sentir mais pas identifier. Une personne, ou plusieurs personnes, l'observait, et cela commençait lentement à agacer ses nerfs. Le ressenti variait d'intensité ; il était pire pendant les repas, donc Rigel était plutôt certaine qu'au moins un de ses observateurs était d'une autre maison ou année. Ce n'était en rien comme le regard breveté Malfoy de Draco ou celui la jaugeant d'un air faussement timide de Pansy, donc Rigel se sentait en sécurité avec ses amis, mais partout ailleurs elle était sur ses gardes, prenant soin de ne jamais montrer de faiblesse, de garder sa blessure cachée, et d'agir de façon aussi inintéressante, et même stupide, que possible. Elle espérait que peu importe qui l'observait finirait par s'ennuyer et abandonner mais cela ne semblait pas aussi simple, d'autant plus qu'au moins une paire d'yeux appartenait probablement à son mystérieux attaquant.

Donc elle joua le première année empoté et ennuyeux, un rôle que ses performances dans la plupart des cours rendaient extrêmement crédible. Les notes de Rigel en Botanique, Histoire de la Magie, Astronomie et Potions ne posaient pas de problème mais Sortilège, Métamorphose et Défense contre les forces du mal se montraient presque impossible pour elle. Après son succès bégayant de la première semaine, elle n'avait été capable de faire marcher aucun des charmes ou sorts qu'ils avaient appris, au grand dam de ses professeurs et même l'enseignante de Vol avait semblé déçue d'elle alors qu'elle oscillait dans les airs mercredi, son unique bras utilisable tremblant sur son balai et compromettant son contrôle. Elle avait épuisé les muscles de son bras en empotant des plantes d'une main en Botanique ce matin et même Neville avait réussi à maintenir un meilleur équilibre qu'elle sur son balai.

Durant ce même temps, son amitié avec Pansy et Draco avançait à pas de géants. Elle passait presque tout son temps avec eux, puisqu'ils faisaient partie des uniques personnes dont elle était sûre qu'elles n'avaient aucun rapport avec la personne qui lui voulait du mal et, à la fin de la semaine, la formalité rigide de leur amitié avait laissé place à des fils malléables d'intérêts communs et à une affection mutuelle et complice. Ils respectaient son intimité dans la plupart des cas, bien qu'elle ne leur cachât pas d'informations générales sur son "père" Sirius et elle tenta d'être aussi ouverte qu'elle le pouvait sur sa vie avant Poudlard sans pour autant dévoiler ses véritables origines. En retour, ils lui parlèrent de leurs familles, préférences, buts et intérêts. Draco avait décidé que sa matière préférée était la Métamorphose, après le Vol, parce que DCFM était ennuyeux avec un professeur comme Quirrell et parce que la Métamorphose était si compliquée, et donc, qu'y être bon était impressionnant. Rigel avait l'impression que la plupart des objectifs de Draco tournaient autour du fait d'être remarquable et donc de valeur pour la carrière de son père et digne d'être important pour lui. Pansy était plutôt bonne en Sortilèges mais elle préférait l'Astronomie. Elle avait un grand intérêt pour le ciel nocturne et avait déjà beaucoup appris d'elle-même ce qui était enseigné pendant leur première année, mais cela ne la gênait pas d'assister aux leçons à nouveau car elle disait que la vue du ciel était bien plus claire depuis les tours de Poudlard que ce à quoi elle était habituée.

Leur lien à tous les trois devint plus costaud que le crâne de Goyle et, bien qu'ils s'associaient avec Zabini, Nott, Greengrass et d'autres de leur année, ceux qu'ils recherchaient en premier quand ils entraient dans une pièce étaient les membres de leur groupe.

Cependant, les yeux rendaient Rigel aussi irritable qu'une dragonne faisant son nid donc, quand elle remarqua que quelqu'un la suivait sur le chemin vers Métamorphose jeudi après-midi, elle se retourna, en colère, déterminée à attraper la main dans le sac la personne si intéressée par elle. Draco et Pansy marchaient devant elle donc ils ne remarquèrent pas quand elle s'arrêta soudainement et fixa un point dans l'espace derrière elle mais Zabini la remarqua et s'arrêta également.

« Qu'y a-t-il ? » demanda-t-il doucement.

Ses yeux sombres scannèrent calmement le couloir vide derrière eux et quand Rigel observa son expression vide, elle ne put s'empêcher de penser qu'il connaissait déjà la réponse à sa question.

« Je croyais avoir remarqué quelqu'un… nous suivre (Rigel s'était décidée à ne pas utiliser "me" au dernier moment.), comme un mouvement au coin de ma vision. »

Zabini sourit d'un sourire de loup.

« Donc tu t'en es enfin rendu compte. Le petit papillon blond t'a suivi toute la semaine.

– Papillon ? s'étonna Rigel, se tournant pour regarder derrière eux encore une fois. Le couloir était toujours vide… mais stop ! Le haut d'une tête apparut brièvement derrière le coin au bout du couloir, avant de disparaître aussitôt. Rigel fronça les sourcils et se dirigea vers le coin mais la main ferme de Zabini sur son épaule droite la retint.

« Il ne sera plus là d'ici à ce que tu arrives là-bas, dit-il, retirant sa main poliment maintenant qu'il avait son attention. N'entends-tu pas le battement effréné d'ailes en plein vol ? »

Elle inclina la tête sur le côté et réalisa qu'elle pouvait en effet entendre le bruit de pas qui couraient en train de disparaître rapidement. Elle serra ses lèvres en frustration et se retourna vers Zabini, qui la regardait avec amusement.

« Pourquoi tu ne m'as pas dit que quelqu'un me suivait ? Qui était-ce ?

– Si tu n'avais pas fini par t'en rendre compte, tu n'aurais pas mérité que je te le dise, déclara-t-il, s'éloignant d'elle et reprenant sa route vers la salle de classe. Quant à de qui il s'agit, j'imagine que tu le sauras bientôt. Suis-moi, Black, tu vas être en retard pour l'interro d'aujourd'hui. »

Rigel se dépêcha de le rejoindre, mettant de côté l'étrange incident pour s'inquiéter plutôt sur l'interro qu'elle allait rater. Zabini et elle atteignirent la salle de classe juste à temps et Rigel récupéra son siège habituel entre Pansy et Draco tandis que McGonagall leur distribuait la partie écrite du test.

« Vous avez trente minutes pour terminer la partie de réponses courtes. Vous n'aurez pas besoin des trente minutes mais je viendrais voir chacun d'entre vous pour vous demander de me montrer votre métamorphose d'allumette en aiguille pendant que vous travaillez. Retournez vos feuilles s'il vous plaît et commencez. »

Professeur McGonagall leva sa baguette et une projection du temps actuel apparut sur le tableau.

Rigel retourna son interro et y répondit sans s'arrêter. Les questions commencèrent de façon plutôt directe (« Nommer les cinq lois élémentaires de métamorphose ») et devinrent petit à petit plus théoriques (« Pourquoi est-il plus difficile de transformer un objet inanimé en objet animé plutôt que l'inverse ? ») jusqu'à ce qu'elle atteigne la dernière question : « Comment classifierez-vous une métamorphose dont le résultat correspond à : un scarabée se voyant pousser un museau de souris et une souris qui perd complètement son nez ? » Elle était certaine de toutes ses réponses, qui avaient été étudiées en cours et dans le manuel mais en jetant un coup d'œil autour d'elle, elle fut surprise de trouver que la plupart de ses pairs fronçaient les sourcils d'un air abattu ou alors fixaient leur feuille le regard vide. McGonagall faisait tranquillement son bout de chemin à travers la pièce et lorsqu'elle atteignit leur table, Rigel, Pansy et Draco avaient tous les trois fini leurs interrogations et les avaient retournées sur la table pour pouvoir bavarder à voix basse.

La professeure plaça d'abord une allumette devant Pansy.

« Transformez ceci en une aiguille, je vous prie, Miss Parkinson, et sachez que vous n'êtes pas uniquement évaluée sur le résultat final donc ne soyez pas nerveuse si vous n'arrivez pas à la métamorphoser en entier. »

Pansy prit sa baguette et l'agita avec assurance, énonçant l'incantation clairement et prudemment, sinon très fermement. Son allumette sembla hésiter un instant, vibrant légèrement alors qu'elle tremblât et puis, tout d'un coup, elle devint une brillante aiguille argentée et ne bougea plus. McGonagall la saisit et l'inspecta, vérifiant le trou et la pointe, et secoua la tête en approbation.

« Très bien. Vous êtes le suivant, Mr. Black. »

Rigel étudia son allumette avec appréhension pour un moment avant de prendre une grande inspiration et de dire l'incantation, agitant de façon automatique sa baguette avec le mouvement compliqué du poignet au-dessus de l'allumette. Elle resta une allumette. Professeur McGonagall s'assombrit légèrement mais l'invita à essayer à nouveau. Elle recommença et s'assura que son incantation était parfaite et ses mouvements de baguette précis mais aucune transformation n'eut lieu. Après une troisième fois, McGonagall fit un petit « Hmm » du fond de sa gorge et dit :

« Prenez un moment pour vous concentrer sur votre intention, Mr Black, pendant que je teste Mr. Malfoy. »

Draco lui lança un regard inquiet puis se concentra sur sa propre allumette. Il forma une ligne intransigeante avec sa bouche et la fixa, donnant un coup de baguette précis et énonçant le sort puissamment. Sa métamorphose fut moins abrupte que celle de Pansy. Son allumette se transforma en douceur en une aiguille, comme si elle avait toujours rêvé de n'être que cela, et Draco reposa sa baguette d'un air suffisant. McGonagall l'inspecta, leva les sourcils à la pointe d'apparence mortelle et approuva une nouvelle fois.

« Superbe, Mr. Malfoy. »

La professeure se retourna vers Rigel :

« Mr. Black, je vous prie. »

Rigel réalisa le mouvement de poignet à nouveau et dit l'incantation. Elle tenta mentalement d'amadouer sa magie pour qu'elle pense qu'elle avait vraiment envie que cette allumette soit une aiguille. McGonagall, Pansy, Draco et Rigel fixèrent avec attente l'allumette mais aucun changement n'eut lieu. C'était encore, et le serait probablement toujours, une allumette.

McGonagall soupira et fit une marque sur son porte-bloc.

« Je peux vous donner des points pour votre incantation et votre mouvement de baguette corrects, Mr. Black, mais j'espère pour vous que vous avez bien réussi la partie écrite de l'interrogation. Je m'attends à plus d'efforts de votre part à l'avenir. »

Elle passa à la table suivante et Draco et Pansy commencèrent immédiatement à la réconforter.

« Tu as tout bien fait, ce devait être une allumette défectueuse ou quelque chose dans le genre, la rassura Pansy. Je suis sûre que cela ne compte pas beaucoup pour la moyenne de toute façon.

– C'est vrai, ajouta Draco, bien que sa voix manquât de réelle conviction. Tu pourras te rattraper plus tard dans le trimestre. Ne t'inquiète pas pour ça.

– Ouais, merci les amis, dit Rigel, rangeant son inutile baguette dans son sac et essayant d'ignorer les regards venant de ses camarades qui avaient fini leurs interros à temps pour assister à son échec.

– Au moins, c'est fini, dit Draco avec entrain. Nous n'avons plus besoin d'y penser jusqu'à mardi.

– Et on a Double potions qui nous attend demain, dit Pansy gaiement. Cela te soulagera l'esprit. »

Rigel sourit à ses amis.

« Merci de mentir pour moi. Ça aide.

– Quand tu veux », dit Draco et ils rirent doucement tous les trois.

À la fin du cours, la plupart de la classe fonça vers la porte, plus que prêt à partir et oublier les cours pour le reste de la journée mais McGonagall l'appela :

« Mr. Black, veuillez rester, s'il vous plaît. »

Rigel invita donc ses amis à partir sans elle et mit lentement son sac sur le dos, faisant son chemin à travers les tables jusqu'au bureau de la professeure.

« Oui, Professeure ? demanda-t-elle poliment quand tout le monde fut parti.

– Mr. Black, je suis au regret de vous dire que vous êtes le seul première année de toutes mes classes à être incapable d'effectuer même une Métamorphose partielle pour ce contrôle. La métamorphose d'aiguille est la toute première chose que j'ai enseignée et je pensais qu'assurément, tout le monde serait capable de la réaliser d'ici la seconde semaine d'école. »

La vieille femme la regarda avec inquiétude à travers ses lunettes.

« Pouvez-vous m'expliquer pourquoi vous êtes aussi en retard ?

– Non, Professeure, dit Rigel, pensant avec abattement que si elle pouvait l'expliquer, elle serait à mi-chemin de régler le problème.

– Très bien. »

McGonagall fronça les sourcils, pensant peut-être qu'elle faisait juste la difficile.

« Dans ce cas, je n'ai pas d'autres choix que de vous mettre une retenue demain soir, à réaliser avec Mr. Rusard à dix-neuf heures. J'espère que ceci, avec la mauvaise note que vous recevrez sans aucun doute pour votre interrogation aujourd'hui, vous inspirera à prendre vos études un peu plus au sérieux.

– Oui, Professeure », dit Rigel d'une voix inexpressive.

Elle reçut le bon de retenue qui lui disait de trouver Rusard dans la salle des trophées à dix-neuf heures vendredi et quitta la salle de classe avec un léger froncement de sourcil, se demandant comment elle allait dire à Pansy qu'elle ne pourrait finalement pas rencontrer les gens que Pansy voulait lui présenter vendredi.

Ses amis l'attendaient devant la salle de classe et ils firent des « ouh » de sympathie quand ils virent le bout de papier rose dans ses mains.

« Ce n'est pas juste, dit Pansy après avoir lu le bon de retenue à voix haute pour Draco. Comment peut-elle te donner une retenue pour une mauvaise note ? La note est censée être la punition.

– Vendredi soir en plus, grimaça Draco. Et avec Rusard. C'est juste cruel.

– Vendredi ! »

Pansy revérifia le papier.

« Oh zut, je vais devoir te présenter mes nouvelles connaissances une autre fois, j'imagine.

– Désolé, offrit Rigel, récupérant le papier et le rangeant dans son sac.

– Ce n'est pas de ta faute. »

Son amie agita la main avec dédain.

« Enfin si, en quelque sorte, mais je ne t'en veux pas pour avoir une retenue vendredi spécifiquement.

– On doit vraiment régler ce truc en tout cas, dit Draco alors qu'ils se mettaient en route vers les cachots. Bientôt, nos camarades les plus ignorants vont vraiment croire que tu es un Cracmol.

– Est-ce que vous arrêteriez d'être mes amis si je l'étais ? » Rigel se sentit-elle obligée de demander.

Pansy et Draco échangèrent un regard qu'elle ne put pas déchiffrer, n'étant pas assez Sang-pure.

« Non… dit doucement Pansy. Nous serions toujours tes amis, même si cela deviendrait bien plus difficile si l'information remontait jusqu'à nos parents.

– Mais tu ne l'es pas, donc on s'en fiche, dit fermement Draco. Arrête d'être aussi morbide et allons nous entraîner un peu plus au Quidditch. Pansy peut regarder.

– Oh, joie, Pansy roula-t-elle des yeux. Vous avez intérêt à rendre ça divertissant si je dois vous regarder voleter sur une allumette démesurée. »

Rigel débarrassa facilement son cerveau de toute pensée inutile et se prépara pour une nouvelle session malaisante de frappe de balle pour le bien des capacités d'attrapeur de Draco. Son poignet gauche palpita de façon préemptive à l'idée mais au moins, ce serait probablement le dernier qu'elle devrait endurer puisque les sélections avaient lieu samedi et qu'elle était en retenue le soir suivant. Rigel ne savait pas comment elle allait tenir jusqu'à mi-octobre sans que quiconque ne remarque sa blessure mais tout ce qu'elle pouvait faire était de passer un jour après l'autre. Elle était douée pour ça.

La retenue de vendredi soir fut seulement éclipsée sur l'échelle du malheur par la fois où Archie et elle avaient accidentellement mis à jour la portrait de la mère de Sirius dans le grenier et l'avaient activé quand Archie avait trébuché sur le cadre et s'était coupé, le sang brisant l'enchantement de scellage qui était appliqué. L'ignoble vieille femme leur avait hurlé dessus depuis sa cage peinte et Sirius avait accouru et les avait trouvés en train de, sans succès, la faire taire en mettant des rideaux sur le portrait. Il avait été livide, les sermonnant sur la difficulté que cela avait demandé à James et Remus de trouver comment sceller le portrait avec de la magie de sang et à quel point ils auraient pu se retrouver dans de sérieux problèmes en jouant dans le grenier de la Famille Black et en répandant le sang de l'héritier Black partout. Rigel et Archie savaient qu'il était juste inquiet pour leur sécurité et énervé qu'il doive revoir sa mère pour re-sceller son portrait mais c'était la seule fois dont elle se souvenait où Sirius avait été sérieusement en colère après eux et, jusqu'à ce jour, elle n'avait jamais vraiment compris à quel point la plupart de la famille Black était affreuse et tordue. La méchanceté des mots que l'horrible femme leur avait crachés avait choqué et effrayé les deux enfants de sept ans, et le rire dément et les insultes acides de Walburga Black continuaient encore à hanter ses rêves certaines nuits. Après cela, ils furent beaucoup plus prudents autour des vieux artéfacts familiaux.

Le marmonnement dédaigneux de Rusard durant toute sa retenue avec lui ramena le souvenir de ce jour comme si c'était hier et Rigel pensa méchamment que Rusard et Walburga mériteraient d'avoir été des parents éloignés. L'idée de la honte que l'haineuse vieille femme aurait ressentie en sachant qu'elle avait des liens avec un Cracmol fit sourire Rigel de façon vindicative alors qu'elle polissait les trophées sous les yeux attentifs du concierge. La façon dont il souriait avec mépris dans sa direction, marmonnant des insultes et des plaintes dans sa barbe à son chat pendant qu'elle travaillait, aurait rendu fiers les vieux elfes de maison de la famille Black, s'ils avaient été vivants pour en être témoins.

Rigel avait été mise au travail tout de suite quand elle était arrivée pour sa retenue et on lui avait dit en des termes incertains qu'elle resterait ici jusqu'à ce que le boulot soit fini – le boulot étant de polir tous les trophées et récompenses de la pièce. Cela lui prit des heures pour tous les faire, en partie dû aux manœuvres prudentes qu'elle devait emprunter à cause de sa main invalide, et tout cela pendant que le concierge grommelait et marmonnait et agissait généralement comme une vieille folle aux chats amère. Quand elle eut enfin fini, elle avait à peine le temps de rejoindre les cachots avant le couvre-feu, mais elle ressentit quand même un soulagement et un bonheur purs en quittant la salle des trophées, maintenant étincelante.

Elle atteignait tout juste le hall d'entrée quand elle l'entendit : l'écho ténu d'une seule paire de pieds derrière elle.

Elle ne s'arrêta pas ni ne donna d'indications montrant qu'elle s'en était rendu compte mais elle ralentit sa respiration pour pouvoir mieux entendre et regretta d'avoir été trop effrayée que Rusard la fouille pour emporter la Carte ce soir. Les pas s'approchèrent, Rigel estima qu'ils étaient dix mètres derrière elle et elle tourna au premier angle des cachots calmement, malgré son battement de cœur qui s'accélérait. Juste quand elle avait décidé de se retourner et de surprendre la personne avant qu'elle n'arrive au tournant, elle entendit le son d'un murmure, comprit trop tard que c'était une incantation et un jet de lumière blanche toucha directement son bras non blessé, la rejetant sur le côté hors du chemin d'un autre sort de couleur orange, contre le mur de pierre. Elle cria quand son poignet cassé percuta la pierre et tourna la tête dans la direction des maléfices, mais tout ce qu'elle pouvait voir était le bout d'une baguette dépassant du tournant.

Rigel débattit en un quart de seconde si elle devait foncer sur son attaquant et le surprendre ou non mais, quand un sort jaune verdâtre toucha le sol près de sa position, elle s'enfuit en courant dans la direction opposée. Certains pourraient la traiter de poule-mouillée mais bien que Quirrell leur avait enfin appris un sort de bouclier ce mercredi, elle n'arrivait pas encore à le faire marcher et n'avait guère envie de l'essayer contre un ennemi au pouvoir et aux compétences inconnus (bien qu'il visait très mal) quand elle avait l'avantage d'être en terrain connu. Elle fit attention à ne pas guider son poursuiveur – car elle pouvait facilement entendre ses pas résonner derrière elle pendant qu'elle courait – vers la salle commune, mais le fit plutôt la pourchasser à travers le labyrinthe de tunnels au-delà des salles de classe de Potions, où pas même les Serpentard n'avaient de raisons d'aller.

Heureusement, les elfes de maison nettoyaient quand même cette partie du château ou son attaquant aurait facilement pu suivre ses traces de pas poussiéreuses à travers le dédale. De ce fait, dix minutes plus tard, elle était sûre de l'avoir perdu et elle fit un grand détour vers la salle commune aussi rapidement et silencieusement que possible. Lorsqu'elle traversa le faux mur, le couvre-feu était déjà bien dépassé. Cela ne voulait pas dire que personne n'était debout – c'était vendredi soir après tout, et la salle commune était bondée. Elle grimaça intérieurement quand toutes les têtes dans la pièce se tournèrent à son entrée, douloureusement consciente qu'elle devait paraître en sueur et débraillée après des heures d'astiquage et d'avoir couru dans le château. Certains des élèves la fixèrent, évidemment curieux de savoir qui venait juste de rentrer, si longtemps après le couvre-feu, et pourquoi elle semblait avoir couru depuis la tour Nord.

« Rigel, par ici ! »

Draco et Pansy levèrent les mains en l'air pour qu'elle puisse les voir ainsi que d'autres première année regroupés devant une des cheminées et Rigel tomba avec gratitude sur un des fauteuils à bas dossier et s'y enfonça. Maintenant qu'elle était drainée de sa peur et adrénaline, son corps commença à faire le point. Son poignet blessé palpitait mollement quand son pouls glissait dessus mais son attention fut attirée sur son autre bras, où une douleur plus vive, nouvelle, était localisée. Secouant sa manche avec précaution, elle réalisa que le sort blanc qui avait atteint le haut de son bras était un maléfice Cuisant. La peau du biceps de Rigel jusqu'au bout de son avant-bras était gonflée et rouge. Elle sentait que sa peau était tendue et la grattait, comme une piqûre de moustique étendue sur tout son bras. Elle n'avait jamais été attaquée par une douzaine d'abeilles à la fois mais elle imagina l'effet être à peu près le même.

« Merlin, Rigel. »

Nott se pencha depuis son siège pour avoir une meilleure vue.

« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? voulut savoir Pansy, bondissant de son fauteuil, saisissant sa manche et la remontant pour la coincer dans le col de Rigel et estimer les dégâts.

– Tu ne t'es pas jeté devant un autre maléfice j'espère ? demanda Draco.

– Eh bien puisque vous n'étiez pas là… non. »

Rigel tenta un rire mais il sortit tremblotant.

« Aïe, Pan, n'y touche pas, ça brûle quand tu fais ça. »

Pansy lâcha une respiration et secoua la tête avec regret.

« Bon, c'est sans conteste un maléfice Cuisant. Rien à faire d'autre que d'attendre qu'il s'arrête.

– C'était le papillon ? s'enquit doucement Zabini depuis son siège à côté d'elle.

– Je n'ai pas vu son visage. »

Rigel serra les dents quand Pansy palpa à nouveau son bras.

« Tu as été attaqué par derrière ? s'exclama Draco avec outrage, leur attirant des regards curieux des groupes d'élèves assis les plus près de leur cercle. Est-ce que tu t'es au moins retourné pour regarder le lâche ?

– Il m'attaquait par derrière et hors de vue en faisant dépasser sa baguette à un tournant. C'est pourquoi je n'ai été attaqué qu'une fois… terrible visée, dit Rigel. Ça et je ne suis pas resté jusqu'à que ce qu'il me touche avec quelque chose de pire.

– Tu t'es enfui, gloussa Nott. Bien joué, Black. »

Rigel sourit légèrement en un triste remerciement.

« Il ne pouvait pas me suivre dans les cachots donc ce n'était clairement pas un Serpentard.

– Probablement un Gryffondor, grommela Draco. Il n'y a qu'eux d'aussi stupides pour te pourchasser dans les cachots. »

Adrian Pucey marcha d'un pas tranquille vers leur cercle pour voir de quoi il en retournait.

« Qu'est-ce que j'entends, Black ? Tu as été attaqué par un Gryffondor à l'extérieur de la salle commune ? »

Sa question avait été dite fort et même dans la salle commune bruyante, elle attira l'attention des autres Serpentard.

« Attaqué ?

– Un de nos première année ?

– Ils n'oseraient pas.

– On ne sait pas si c'était un Gryffondor », dit Rigel mais on l'ignora.

Les marmonnements devinrent plus forts et plus d'élèves vinrent voir le bras de Rigel, qui, embarrassée, fut empêchée par Pansy de le recouvrir. Elle se sentit pressée et prise au piège mais alors que Draco racontait ce qu'elle avait dit à ses amis à la foule attentive, il semblait que personne ne voulait entendre que ce n'était pas grave et qu'elle pouvait prendre elle-même soin d'elle.

Pucey posa une main sur son épaule et dit :

« Ce n'est plus entre tes mains maintenant. Personne n'essaye d'étriper un serpenteau dans nos cachots – même si ta famille n'est qu'un tas de traîtres à leur sang. »

Rigel soupira et se mit debout ostensiblement quand la discussion tourna à la vengeance.

« À demain les amis. »

Elle salua Pansy et Draco d'un signe de tête avant de passer avec précaution à travers la foule, tentant d'ignorer les regards jaugeurs dans sa direction depuis tous les coins de la pièce.

Super, encore plus d'yeux.

Rigel alla au lit, mal à l'aise, ce qui commençait à devenir habituel pour elle, même si elle savait que le maléfice Cuisant prendrait fin dans une heure environ, bien avant qu'elle ne se lève le lendemain matin. Elle avait réduit l'identité de son attaquant aux autres maisons au moins, mais d'une certaine façon, avec un poignet palpitant et l'autre bras brûlant, cela ne ressemblait pas trop à une réussite.

Le temps était plaisamment frais le lendemain avec un ciel sans nuage et sans vent digne de ce nom. En d'autres mots, c'était…

« Un jour parfait pour le Quidditch ! » s'exclama Draco pendant le déjeuner de samedi.

Il empilait sur son assiette de la nourriture riche en énergie et tournait un coup la tête d'un côté puis un autre coup de l'autre alors qu'il adressait son monologue continu d'abord à Rigel puis à Pansy, vérifiant qu'elles étaient tout aussi excitées qu'elles l'avaient été trente secondes plus tôt.

« Bien sûr, il n'y aura aucun vent arrière mais puisque je ne me présente pas pour une position qui vole seulement dans une direction, cela n'aurait pas été d'un grand avantage de toute façon. »

Il s'arrêta avec une cuillère pleine de carottes en plein vol au-dessus de son assiette, réalisant avec un tic perplexe de ses sourcils qu'il ne restait plus de place sur la sienne et se tourna magnanimement pour les jeter dans celle de Rigel.

« Tu aimes les légumes », lui dit-il joyeusement.

Il mangea ensuite le festin qu'il avait empilé, plus gracieusement que quiconque avec autant de nourriture l'aurait pu.

« Tu n'as pas peur de tomber malade à manger tout ça ? » demanda Pansy, se disant clairement que le rejeton Malfoy avait été remplacé par une sorte de sosie bourgeois avec seulement les manières de table les plus basiques.

– Les attrapeurs passeront sûrement en dernier, dit Rigel, voyant que Draco avait la bouche pleine. Donc il aura le temps de digérer une partie avant et, s'ils jouent un vrai match, on ne peut pas savoir combien de temps il sera dans les airs.

– Et, ajouta Draco quand il ressurgit pour respirer (ou plutôt pour prendre du jus de citrouille), un Malfoy ne tombe jamais malade. »

Pansy et Rigel partagèrent un regard tendre. Dix minutes plus tard, Flint se leva paresseusement de son siège. C'était apparemment le signe pour que tous les joueurs aspirants le suivent dans le hall comme des courtisans flagorneurs, et la table des Serpentard commença à se vider alors que des spectateurs curieux suivaient la procession également.

« Bon, c'est l'heure. »

Draco posa ses couverts posément et les illumina d'un sourire confident de tête d'affiche.

« Inutile de me souhaiter bonne chance. »

Il se leva dramatiquement mais s'arrêta pour les regarder avec espoir avant de partir.

« Vous allez venir me voir, hein ?

– On sera là, lui assura Pansy. En fait, on t'encouragera si fort que tu seras embarrassé de nous connaître. »

Rigel leva un sourcil pour montrer qu'elle n'avait pas été informée de ce plan mais les yeux de Draco s'allumèrent comme des sortilèges Lumos jumeaux, et il était de toute évidence en train d'essayer d'empêcher son sourire chorégraphié de devenir un sourire éclatant d'affection Poufsouffle, donc elle acquiesça simplement en accord.

« D'accord, dit Draco. Je dois me préparer alors. Venez vite pour que vous ne manquiez rien d'important. »

Il quitta la Grande Salle à un pas qui aurait été appelé une course s'il n'avait pas été un Malfoy.

« Onze ans de bonne éducation jetés à la fenêtre aussitôt que du Quidditch est mentionné, sourit Pansy. Les garçons. »

Rigel se rappela juste à temps qu'il aurait été étrange qu'elle marque son accord donc elle répliqua plutôt (avec ce qu'elle espérait être le montant approprié de dégoût amusé) :

« Les filles. »

Pansy s'esclaffa mais son attitude gaie se retira et elle observa Rigel de côté tout en jouant avec sa soucoupe de tasse à thé.

« Rigel, où étais-tu ce matin ? Tu n'as pas à me le dire, ajouta Pansy avant que Rigel ne puisse ouvrir la bouche. Je sais que tu fais tes propres choses des fois mais tu n'as que très peu disparu cette semaine donc je me demandais… »

Elle se fit moins audible, embarrassée par sa voix faible et décousue.

Rigel avala lentement sa bouchée de carottes (oui bon, elle aimait les légumes), cherchant comment répondre. Cela aurait dû être facile – elle avait une excuse déjà toute prête –, mais elle voulait mentir aussi peu que possible. Elle n'avait pas imaginé que cela serait suspicieux qu'elle s'en aille incognito travailler sur les essais qu'elle avait récupérés de Flint au petit-déjeuner ce matin après avoir passé toute la semaine plutôt collée à Pansy et Draco pour éviter "les yeux".

« J'étais à la bibliothèque, dit Rigel. C'est là où je vais les week-ends. Ce n'est pas pour faire nos devoirs – je fais ceux-là avec toi et Draco – c'est juste des recherches supplémentaires que je fais en plus de nos études, qui, je croyais, ne vous intéresserait pas. »

Pansy hocha lentement la tête et Rigel supposa qu'elle essayait de prendre ses mots pour la vérité.

« Je croyais que tu avais été exclu de la bibliothèque, dit Pansy à voix basse, rougissant de sa question soudaine.

– Oui, mais j'ai trouvé un moyen détourné, dit Rigel. Je te jure, je n'ai pas une vie secrète et excitante que je vous cache à toi et Draco parce que je ne veux la garder que pour moi. Vraiment, c'est plutôt du travail ennuyeux. »

Rigel se dit que ce n'était pas vraiment un mensonge puisque les parties secrètes de sa vie étaient trop sérieuses et dangereuses pour être excitantes mais cela sembla faible même dans sa tête.

« Ce sont des recherches sur les Potions ? demanda Pansy.

– En partie, admit-elle, se disant, techniquement pas un mensonge. J'essaie également de comprendre ce qui se passe avec ma magie. »

Carrément un mensonge.

« Je n'ai pas très envie d'une autre retenue comme celle d'hier soir. »

Également vrai.

Rigel eut une grimace au souvenir et Pansy autorisa gracieusement que la conversation s'éloigne de certaines activités extrascolaires.

« C'est vrai, on ne t'a pas demandé comment ça s'était passé à cause de toute l'excitation d'hier. Était-ce affreux ?

– Je te dirais en chemin vers le terrain, dit Rigel, se levant et offrant son bras à Pansy pour marcher. Si nous ne sommes pas là lorsque les attrapeurs commencent, Draco va se faire du mouron. »

Ils se rendirent vers le stade et trouvèrent des sièges dans les gradins avec les autres spectateurs. Il semblait que Flint avait tout juste ordonné que tout le monde se présentant fasse un tour de terrain et il les séparait en peut-être et jamais-de-la-vie. Ceux qui avait volé si mal pour être rejetés aussi rapidement rejoignirent les élèves observant dans les gradins, et puisqu'aucun d'eux ne semblait particulièrement démoralisé, Rigel supposa qu'ils n'étaient pas très sérieux à l'idée de passer les sélections. Flint appela les poursuiveurs et gardiens à passer en premier en même temps et Pansy fit des signes de la main avec enthousiasme à Draco quand il se rendit sur le côté du terrain avec les autres Serpentard qui passaient les sélections pour batteur et attrapeur.

À la fin du tour des poursuiveurs-gardiens pour les sélections, il paraissait clair que Flint comptait garder la même équipe que l'an dernier et qu'il ne faisait que suivre la formalité. Il choisit les mêmes trois poursuiveurs (incluant Pucey qui les salua d'un air suffisant en partant se changer) et gardien de l'ancienne équipe, donc les batteurs et attrapeurs potentiels paraissaient moins enthousiastes quand le capitaine les appela. Draco, toutefois, marcha à grandes enjambées sur le terrain, un sourire confiant en place et la tête maintenue juste au bon angle pour que la lumière du soleil s'attache avec éclat à ses yeux gris. Pansy rit à la posture artistique de leur ami et l'encouragea bruyamment, donnant un coup de coude à Rigel pour qu'elle frappe dans ses mains et sourisse aussi. Draco rejeta sa tête comme l'étalon sang-pur avec lequel elle était sûre qu'il avait été fréquemment comparé en réponse dédaigneuse et leur fit un clin d'œil.

Le bruit des applaudissements sarcastiques de Pansy et Rigel fut immédiatement noyés par le bruit de Greengrass, Davis et plusieurs filles de seconde année soupirant et criant et, de façon générale, gloussant comme des idiotes sur deux rangées devant eux. Rigel et Pansy échangèrent un regard amusé à l'expression légèrement surprise de Draco. Il ne s'était clairement pas attendu à ce que des filles de leur classe prennent sérieusement son flirt joueur et autodérisoire. Mais il en haussa les épaules et se tourna pour écouter Flint expliquer l'exercice.

Il y aurait quatre cognards en jeu, pour conserver le ratio pour les huit batteurs passant les sélections et pour rendre le match d'entraînement plus rapide, il y aurait trois vifs d'or lâchés pour occuper les trois attrapeurs. N'importe quel attrapeur ayant attrapé le premier vif d'or gagnait et les batteurs étaient chargés de frapper les cognards en direction à la fois des attrapeurs et entre eux, donc c'était aussi un test d'aptitude de manœuvre pour tous les joueurs. Rigel se dit que cela semblait beaucoup plus dangereux qu'une partie normale sans poursuiveur pour distraire les batteurs et donc beaucoup plus éprouvant. Elle en regrettait presque de ne pas avoir pu passer les sélections maintenant.

Flint souffla dans son sifflet une fois que toutes les balles eurent été lancées et les quatorze joueurs s'envolèrent.

« Tu penses qu'il va l'avoir ? demanda Pansy, ses yeux bleu clair plissés à cause du soleil. Ce n'est qu'un première année après tout.

– On dirait une simple compétition pour les attrapeurs, dit Rigel. Donc s'il l'attrape en premier, ce sera dur de lui refuser une place.

– Ouais. »

Elles retombèrent dans le silence alors qu'elles suivaient la silhouette de Draco dans les cieux. Il était en bonne forme, pensa Rigel, essayant d'être objective. Leurs entraînements (et sa visée délibérément mauvaise) avait donné à Draco une bonne compétence pour changer de direction rapidement, donc il était capable d'éviter les cognards plutôt facilement et sa stratégie semblait inclure de se coller à proximité de Higgs, l'attrapeur vétéran. Pourtant, personne n'avait de chance pour trouver le vif d'or, car le chaos des quatre cognards et huit batteurs, sans mentionner qu'autant de gens cherchait le vif d'or en même temps, voulait dire que tout le monde était interrompu toutes les deux minutes dans sa recherche. Il y avait quelque chose de naturellement élégant chez Draco sur un balai, toutefois. Presque comme s'il avait été né pour voler et que sa grâce sur la terre était la véritable merveille.

Vingt minutes plus tard, Pansy soupira et se rassit sur les sièges derrière elles.

« Bon, j'ai essayé. J'ai été très encourageante et patiente et maintenant je m'ennuie. Rigel, amuse-moi. »

Rigel parla sans lâcher des yeux l'exercice :

« Qu'est-ce qui t'ennuie là-dedans ? On a déjà vu cinq accidents presque mortels jusqu'à présent…

– Je ne suis pas sûre que l'on peut appeler ça des "accidents" si quelqu'un vise volontairement une grosse balle d'acier vers toi et espère que tu vas tomber de quinze mètres au sol.

– … et en tant qu'être humain, sans mentionner une Serpentard, tu es censée être largement amusée par un bain de sang irréfléchi », finit Rigel comme si la blonde ne l'avait pas interrompue.

Elle détourna le regard du pseudo match seulement quand une troisième voix s'incrusta dans leur badinage amical :

« Alors, je conteste le "irréfléchi" de cela, dit Flint, poussant deux troisième année hors de son chemin pour qu'il puisse s'asseoir à côté d'elles sur le banc. Je vous ferai dire que la violence sert un but très important.

– Et lequel est-ce ? demanda poliment Rigel, ignorant le regard que Pansy lui lançait, sachant sans regarder que son amie voulait savoir pourquoi Flint, un cinquième année et capitaine de Quidditch en plus, leur adressait la parole.

– Ce petit spectacle, bien que dangereux au-delà de la raison et plutôt inutile pour aider à déterminer un potentiel au Quidditch, fait partie d'une brillante campagne de désinformation qui est vitale au succès de notre équipe », expliqua Flint après s'être installé dans le siège à côté de Rigel et dirigeant ses yeux vers le chaos ayant lieu au-dessus de leurs têtes.

Pansy toussota poliment et se pencha par-dessus Rigel pour dire :

« Que veux-tu dire par là, Mr. Flint ? »

Flint aboya de son rire dur au « Mr. » et poussa simplement Rigel à expliquer pour lui, toujours en train de regarder attentivement les joueurs tournoyant dans les airs.

Rigel envoya un petit sourire à Pansy et dit :

« Flint veut dire qu'il pense que les autres Maisons vont envoyer des espions à nos sélections. Quand ils verront ce non-sens, ils penseront que tous les joueurs Serpentard sont des démons fous sur des balais et leur moral en prendra un coup, ce qui fera la moitié du travail de l'équipe Serpentard quand viendra l'heure des matchs.

– Des tactiques pour effrayer, Mr. Flint ? rit Pansy avec appréciation. Quelle perfidie. »

Rigel vit Flint braquer les yeux vers la première année blonde du coin de l'œil.

« Juste Flint, dit-il tout bas. Et la perfidie n'a rien à voir avec ça. Les gens méritent qu'on réponde à leurs attentes, je pense, et un aperçu de ceci justifiera les hypothèses de tous les Gryffondor sur les Serpentard violents et sanguinaires.

– Alors tu peux m'appeler Pansy », dit-elle.

Elle hésita mais décida que cela serait trop étrange d'offrir sa main par-dessus le torse de Rigel. Flint grogna :

« Au moins tu ne glousses pas. »

Pansy sembla prendre cela comme un grand compliment et sourit d'autosatisfaction quand elle se rassit dans son siège.

« N'agis pas comme si tu n'espérais pas aussi que quelqu'un coure dire tout ça à Dubois », dit Rigel, regardant le profil dur du capitaine.

Flint eut un rictus.

« Mon argent est sur ce vieux Dubois qui entraînera son équipe avec quatre cognards dans la semaine. Avec un peu de chance, un de ces poursuiveurs sera trop blessé pour jouer et on les battra à plat de couture. »

Rigel fronça les sourcils et quelque chose la frappa :

« Donc toutes ces sélections ne sont qu'une farce ? Tu choisiras la vieille équipe quoi qu'il arrive ?

– Pourquoi pas ? »

Flint haussa les épaules, imperturbable, alors qu'il regardait les pauvres âmes sans espoir se batailler en vain pour promouvoir la conséquence de l'équipe.

« J'ai déjà une bonne équipe et les joueurs sont jeunes donc il n'y a pas de raisons d'ajouter du nouveau sang pour quelques années. »

Rigel tourna le regard vers Pansy pour voir qu'elle lui renvoyait le même regard misérable qu'elle. Draco sera si déçu, pensa-t-elle. Juste alors, un des joueurs plongea abruptement. Juste quand elle eut identifié le pilote comme étant Higgs… un autre joueur de l'autre côté du terrain plongea également ! Les deux joueurs slalomaient entre les batteurs, évitant les cognards, et les têtes dans la foule bougèrent rapidement d'un côté puis de l'autre quand il devint évident qu'aucun ne feintait.

« C'est Draco ! » s'écria Pansy avec excitation, pointant la seconde silhouette plongeante.

Rigel eut une meilleure vue quand le joueur se repositionna pour suivre la nouvelle trajectoire du vif d'or et sourit à la vision familière de cheveux blond argenté et à la fluide compétence de manœuvre du balai. Bien qu'elle sût que cela ne ferait pas de différence, Rigel encouragea intérieurement son ami. Pansy ne s'embarrassa pas avec l'intérieurement et cria à grands poumons que Draco aille plus vite car il était si près !

Le premier attrapeur, Higgs, attrapa le vif d'or juste un cheveu avant Draco et Flint souffla immédiatement dans son sifflet et quitta les gradins pour retrouver les joueurs sur le terrain, répondant brièvement à l'au revoir timoré de Pansy quand il s'en alla.

Rigel tapota le bras de Pansy alors qu'elles ravalaient leur déception pour Draco, et attendirent en silence que Flint congédie les joueurs. Quoi que le capitaine ait à dire ne prit de toute évidence pas longtemps et bientôt, ceux qui s'étaient présentés aux sélections grognaient et rassemblaient leurs équipements, certains avec colère, d'autres avec abattement, et retournèrent au château pour se laver. Rigel et Pansy traînèrent derrière le reste des spectateurs alors qu'ils formaient l'équipe et bientôt, elles aperçurent un Malfoy rouge de sueur grimper rapidement les escaliers vers elles. Draco laissa tomber son balai quand il fut suffisamment près et se lança sur elles. Il finit à moitié affalé sur les genoux de Rigel avec un bras autour de son cou et l'autre autour de l'épaule de Pansy. Pansy glapit et même Rigel se raidit de surprise mais aucune ne le repoussa quand il enfouit son visage entre leurs épaules et haleta :

« Vous. Vous. Rendez compte ? pantela-t-il, la voix déformée par la fatigue et un chamboulement émotionnel.

– Je sais, dit Pansy, tapotant sa tête avec apaisement. C'est tout à fait ridicule.

– Flint est un crétin, approuva Rigel.

– Quoi ? »

Draco s'éloigna avec un air confus sur son visage en sueur.

« Quoi ? » répétèrent Pansy et Rigel bêtement.

Draco ne paraissait pas aussi déchiré que ce à quoi elles s'étaient attendues.

« Bah peu importe… c'est pas génial ? s'exclama-t-il. Je suis dans l'équipe ! »

Elles le regardèrent d'un air ahuri, toutes les deux en train de recâbler leurs réponses en fonction de l'influx d'informations contradictoires.

« Quoi ? se désempara Draco, toujours en train de panteler légèrement mais paraissant plus à l'aise chaque seconde. Ce n'est qu'attrapeur remplaçant mais c'est toujours… »

Rigel fut la première à rattraper le train sur la situation et elle sourit soudainement devant le visage confus de Draco, le faisant involontairement perdre les rails de ses pensées. Elle utilisa son bras droit pour rendre sa demie étreinte maladroite avec une demie étreinte tout aussi maladroite et dit :

« Draco, c'est fantastique ! On pensait… eh bien il semblait que Flint ne rajouterait pas de nouveau joueur dans l'équipe. »

Elle haussa les épaules et s'éloigna pour que Pansy, qui souriait jusqu'aux oreilles maintenant, puisse enlacer Draco à son tour.

« Ce n'est pas le cas. »

Draco souriait à nouveau, un bras autour de chacune d'elle. Si l'autre bras de Rigel avait été utilisable, elle aurait pu le placer autour de Pansy et former une sorte de cercle triangulaire.

« Il a choisi les mêmes joueurs que l'année dernière mais il a dit que j'avais tant de potentiel qu'il me prenait en réserve pour m'entraîner comme remplaçant de Higgs.

– Ouah Draco, c'est un véritable éloge, si ça vient du capitaine », félicita Pansy, se reculant pour lisser ses robes et leur rappeler qu'ils étaient en public.

Draco et Rigel se reculèrent également et Draco dit :

« Bon, il ne l'a pas vraiment dit comme ça mais c'est ce qu'il voulait vraiment dire. »

Ils rirent et Draco récupéra son balai de là où il avait roulé sous le banc devant eux.

« Retournons au château, suggéra Pansy. Draco, tu peux aller te laver et Rigel peut disparaître mystérieusement jusqu'au dîner. »

Pansy lui fit un clin d'œil pour dire que cela ne la fâchait pas.

« Roh, ce n'est plus mystérieux maintenant, Pansy, soupira Rigel mélodramatiquement. Maintenant, je vais devoir passer tout l'après-midi avec vous les amis, simplement pour préserver mon air d'imprévisibilité. De plus… »

Elle donna un coup de coude à Draco quand ils quittèrent les gradins.

« On doit célébrer ensemble notre première victoire monumentale de groupe. Pas de disparition avant demain, je vous le promets. »

En route vers le château, Draco dit nonchalamment :

« Maintenant que je suis dans l'équipe, je regarderai les matchs depuis la tribune des joueurs.

– Oookay… »

Pansy attendait la punch-line mais Rigel pouvait déjà voir où cela allait les mener.

« Oh mais… commença-t-elle mais Draco la coupa avec une efficacité travaillée.

– Ne t'inquiète pas Rigel, l'invitation de ma mère reste ouverte, bien sûr. Je suis sûr que tu passeras un merveilleux moment à regarder le premier match avec mes parents même sans mon illustre présence pour te revigorer, dit-il, son sourire lumineux devenant beaucoup plus sinistre, tout du moins dans l'esprit de Rigel.

– Mais qui nous présentera proprement si tu n'es même pas là quand on se verra ? » argumenta-t-elle avec raison, secouant la tête comme si elle pouvait nier cette nouvelle tournure des événements.

Sans Draco présent pour distraire sa mère, il n'y avait rien pour arrêter Mrs. Malfoy de remarquer toutes les façons dont elle n'était pas comme Sirius Black.

« Cela ne serait pas correct.

– Ridicule, sourit Draco d'un air suffisant, bondissant un peu, lui apprenant à quel point il s'amusait à la rendre inconfortable. Pansy s'entend à merveille avec ma mère, d'après ce que j'ai pu comprendre. Elle peut te présenter.

– Mais je ne vais pas au…

– Oh si, Rigel coupa-t-elle Pansy désespérément. Tu dois t'asseoir dans cette tribune avec moi, Pansy. S'il te plaît, Pan.

– Eh bien je suppose que ça irait, puisque j'étais de toute façon invitée de base, et même s'il y a un nombre limité de sièges réservés, Draco vient juste d'abandonner le sien… »

Pansy fit une moue de dépit :

« Mais deux heures de Quidditch… tu m'en devras une.

– J'accepte, acquiesça tout de suite Rigel. Tout ce que tu veux.

– Tu agis comme si tu allais devoir affronter un dragon, dit Draco d'un air renfrogné. Je te ferais dire que ma mère est parfaitement gentille avec les gens qui ne se la mette pas à dos.

– Présentations, décida Pansy. Je viendrai avec toi si tu me donnes quelques heures de ton temps demain pour te présenter à des gens qui, je pense, tu as besoin de connaître. »

Rigel hésita. Elle avait espéré éviter cela aussi longtemps que possible, ne sachant pas encore exactement comment elle allait naviguer la myriade d'eaux politiques et sociales de la Maison Serpentard, mais il n'y avait aucun moyen qu'elle puisse faire face aux Malfoy seule dans juste quelques semaines. Son déguisement n'avait pas été perfectionné, marqué dans ses muscles et son esprit et en plus, il y avait également le problème de distraire de son poignet cassé. Appelez cela de la paranoïa se faisant ressentir, mais tout ce que cela demandait était une erreur… un instant à penser : "oh, machin et machin ne remarqueront probablement pas" ou "personne ne regarde d'aussi près" et alors, son entière forteresse (et celle d'Archie) s'effondrerait.

« Marché conclu », dit-elle, préférant l'inspection d'élèves à l'inspection de serpents plus âgés et expérimentés, étant le danger moindre des deux. Tous les trois maintenant satisfaits, le trio se rendit aux cachots pour célébrer la victoire de Draco avec classe.


NDA : Gosh, je suis vraiment désolée que cela ait pris une semaine entière pour sortir. La bonne nouvelle c'est que j'ai maintenant un outline pour l'entiéreté de l'histoire de la première année, yeah ! Ce qui veut dire qu'il n'y a aucun risque qu'elle soit abandonnée et aussi que les chapitres devraient sortir plus vite, car je sais ce qu'il doit y avoir dans chacun maintenant. Comme toujours, le disclaimer que je ne possède rien est, j'espère, sous-entendu et merci pour tous ceux qui lisent.

NDT : Dire qu'à l'époque Violet sortait un chapitre en moins d'une semaine… En même temps ils étaient trois fois moins longs que ce qu'on a maintenant. La tendance du tome 4 était un chapitre tous les trois-quatre mois. Et très long. Bref. On se retrouve pour le prochain chapitre :D