NDA : Bonjour, mes merveilleux et magnifiques lecteurs. Ce chapitre est un record, 14,900 mots [16,500 en français !] (signal pour les confettis), mais au milieu du chapitre, il y a beaucoup de n'importe quoi académiquee théorique sur la magie, donc si ça ne vous intéresse pas, je suis terriblement désolée (parce que je trouve ça fascinant), et j'essaierai de mettre plus d'actions dans le prochain chapitre. Comme toujours, je ne possède rien, disclaimer, etc., et merci beaucoup beaucoup pour votre lecture. […]

NDT : Oui, ce chapitre-là est un gros morceau ! 30 pages word ! Je suis moi-même étonnée de l'avoir traduit aussi vite. Comme quoi, ne plus avoir de travail, ça aide, lol. Mais en même temps c'est un bon chapitre :) Personnellement, j'adore toute la théorie que Violet a développée pour tout ce qui est la magie et on en voit les premières traces ici. Je ne vous retiens pas plus, bonne lecture !


Chapitre 12

Le matin suivant, Rigel, Draco et Nott se levèrent au son de quelqu'un qui toquait vivement à leur porte. Ils étaient contents de l'ignorer pendant un moment, puisque tous les première année avaient été débout après minuit pour célébrer l'entrée de Draco dans l'équipe de Maison, mais le toc toc devint seulement plus fort et plus impatient, donc ils s'assirent et ouvrirent leurs rideaux, échangeant des regards fatigués et se demandant comment un tel toc toc audacieux pouvait exister en ce monde.

Nott vérifia l'heure puis jura et se renfouit dans son lit.

« Oh, merde, non », murmura-t-il avec irritation.

Draco et Rigel se regardèrent et les yeux de Draco s'étrécirent :

« Tu es habillé. Tu y vas. »

Apparemment le pyjama de Draco ne comptait pas comme "habillé". Rigel supposa que c'était sa punition pour dormir avec ses vêtements. Elle roula hors du lit et frissonna quand ses pieds nus rencontrèrent le sol froid du cachot. Elle avança à pas feutrés vers la porte et l'entrouvrit pour regarder dans le couloir, comptant dire à la personne qui toquait de dégager et ensuite retourner dormir direct.

Malheureusement pour ce plan, la personne à la porte était Pansy. Elle passa devant Rigel et lança rapidement le sortilège Lumos, tirant un grognement du lit de Nott et un son d'indignation surprise de Draco quand il l'aperçut.

« Pans ! »

Il se dépêcha de passer ses doigts dans ses cheveux et tenta de paraître digne dans ses vêtements de nuit.

« Tu ne peux pas débarquer comme ça dans la chambre d'un gentleman au saut du lit. Et toi ! dit-il en se renfrognant à l'intention de Rigel. La raison pour laquelle tu as répondu à la porte et pas nous c'est parce que tu es déjà décent. Si tu laisses la personne rentrer, cela annule l'objectif. »

Rigel roula des yeux.

« J'ai répondu à la porte parce que vous deux étiez trop paresseux, et en plus, un gentleman ne refuse jamais rien à une dame.

– Sans parler du fait qu'une dame n'en donne jamais l'occasion à un gentleman, dit Pansy.

– Pourquoi t'es là, Parkinson ? »

La voix de Nott était étouffée dans son coussin.

« Je suis là pour que Rigel soit prêt pour le petit-déjeuner, dit-elle comme si toutes ses motivations étaient aisément transparentes.

– Et Rigel ne peut pas s'habiller lui-même parce que… ? »

Draco jeta ostensiblement un œil à Rigel.

« Oh, attends, il est déjà habillé, donc s'il te plaît, reviens plus tard. »

Pansy jaugea d'un coup d'œil suspect les vêtements de Rigel.

« Je suis sûre qu'il en est capable, habituellement, mais aujourd'hui, nous faisons des présentations après le petit-déjeuner et j'ai besoin qu'il ait l'air d'un héritier sang-pur.

– C'est un héritier sang-pur, roula des yeux Draco. Donc peu importe à quoi qu'il ressemble, cela doit être l'apparence qu'il est censé avoir.

– Bien sûr, dit Pansy. Mais des éléments visuels renforceront son importance pour ceux qui sont trop stupides pour penser par eux-mêmes.

– Tu vas me présenter à des gens stupides ? demanda Rigel.

– Bah, non, mais… »

Pansy durcit la mâchoire et marcha à grand pas vers Rigel, menaçante.

« Puisque je suis celle faisant les présentations, ton image se répercute sur moi. Est-ce ainsi que tu me remercies pour m'exposer socialement pour toi ? »

Elle engloba avec exaspération les vêtements froissés de Rigel, ce qui aurait pu la blesser si Rigel n'avait pas prévu de se changer après s'être douchée de toute façon – même elle ne portait pas les mêmes vêtements deux jours de suite.

« Mais le petit-déjeuner ne commence même pas avant deux bonnes heures, dit Nott.

– La perfection prend du temps, dit Pansy.

– Je te laisse rester seulement si tu arrêtes de citer ma mère, grogna Draco. Et soyez silencieux pour que nous autres on puisse dormir encore deux heures. »

Nott acclama faiblement et referma ses rideaux immédiatement.

« Et moi ? Rigel fixa-t-elle, implorante, Draco.

– Hm, ouais, tant pis pour ton sommeil réparateur. »

Draco se réinstalla dans son lit et ferma ses rideaux également, laissant Rigel à la merci questionnable de son autre amie.

« Allons, Pansy, je suis sûr que je peux me rendre présentable moi-même si tu me donnes une chance, tenta Rigel, reculant lentement.

– Eh bien, après t'avoir montré ce que je veux, tu pourras essayer par toi-même la prochaine fois, sourit Pansy, de la façon qu'on souriait à un enfant précoce. N'aie pas l'air si effrayé… cela va être amusant ! »

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Rigel allait offrir un dictionnaire à Pansy pour Noël, car en aucun cas les deux heures suivantes ne semblèrent amusantes.

Tout d'abord, Pansy envoya Rigel à la douche, avec comme instructions de laver tout, sauf ses cheveux, et lui donna un lot de vêtements qu'elle devrait mettre après s'être séchée. Ceux-ci ne seraient pas les vêtements qu'elle porterait, bien sûr. Ceux-ci étaient ce que Pansy appelait "vêtements de contrôle", qui agiraient comme une toile de fond passive pour essayer diverses coiffures et éviter que les "vrais" vêtements ne deviennent froissés ou aient des taches d'eau avant qu'ils ne soient prêts à être portés.

Rigel se doucha. Elle frotta et lava et fut pour l'essentiel reconnaissante que Pansy n'ait pas insisté pour être impliquée dans cette partie particulière du processus. Elle tint précautionneusement son poignet gauche hors du jet et quand elle eut fini, elle l'enveloppa dans des bandages propres qu'elle avait cachés sous le lavabo. Les vêtements de contrôle n'étaient pas trop mauvais, amples et confortables, avec des manches suffisamment longues pour cacher ses nouveaux bandages, et quand elle ouvrit la porte de la salle de bain, Pansy l'attendait avec un panier de produits si nombreux qu'ils ne pouvaient pas être tous pour des choses différentes. Elle repoussa Rigel dans la salle de bain et sur le tabouret devant le lavabo pour qu'elle puisse laver ses cheveux. Rigel, en fait, aima qu'on lui lave les cheveux. C'était étrangement réconfortant. Elle était sûre que Pansy avait mis plus que du shampooing et des crèmes de rinçage, mais elle avait décidé de ne pas poser de questions et resta plutôt assise aussi passivement qu'elle pouvait pendant que Pansy rinçait, répétait, ou quoi que soit le truc qu'elle faisait à ses cheveux.

Une fois qu'ils furent lavés, Pansy arrangea les courtes boucles sur sa tête et appliqua un charme qui garderait les cheveux parfaitement en place pendant qu'ils séchaient naturellement.

« Ne laisse jamais personne utiliser un charme chauffant sur tes cheveux, dit-elle à Rigel fermement. Cela causerait des ravages à tes pointes et la texture est trop folle pour subir un brushing. »

Rigel acquiesça très sérieusement et Pansy s'intéressa à ses ongles. Elle prit la main droite de Rigel et commença à inspecter ses cuticules, mais Rigel s'arracha à sa prise avec panique. Pansy lui renvoya un regard sévère.

« Tu dois avoir le lit de l'ongle propre ou personne ne te fera confiance. »

Rigel leva un sourcil avec une incrédulité flagrante.

« C'est vrai, insista Pansy. Les gens associent la propreté avec la fiabilité parce que de l'argent propre est moins risqué que de l'argent sale et les gens associent l'immoralité avec la populace impropre.

– Certaines personnes associent l'immoralité avec les Serpentard, pointa Rigel. Cela ne les rend pas juste pour autant.

– On coupe tes cuticules et c'est tout, dit Pansy.

– Apprends-moi comment le faire alors, suggéra Rigel. C'est trop girly si je suis assis là à te laisser faire. »

Pansy roula des yeux.

« Les garçons. O.K., très bien, je ferai une main et tu peux faire l'autre. »

Rigel présenta immédiatement sa main droite à Pansy, souriant intérieurement à comment cela avait parfaitement tourné (Rigel n'aurait pas pu utiliser sa main gauche pour faire sa main droite de toute façon). Pansy finit le côté droit de Rigel puis la regarda s'attaquer précautionneusement à sa main gauche. Rigel prit soin à ce que sa manche couvre tout sauf le bout de ses doigts de sa main quand elle coupa, et à la fin, Pansy était satisfaite, même si un petit peu perplexe.

Ensuite, Pansy s'attaqua à ses sourcils.

« Pas beaucoup, promit-il, brandissant la pince à épiler pour faire passer le message. Les tiens ne sont pas mauvais, à vrai dire. Juste quelques poils en moins à chaque bout pour qu'ils paraissent naturels mais pas en bataille. »

Rigel grimaça pendant toute la manœuvre mais elle n'alla pas jusqu'à refuser. Pansy se recula pour inspecter son travail et soupira :

« Si seulement tes yeux n'étaient pas aussi plats. »

Elle rougit soudainement comme si elle n'avait pas voulu dire ça à haute voix.

« Non pas qu'ils ne sont pas jolis, Rigel. Juste… Je crois me rappeler avoir entendu que les yeux de ton père pétillaient un peu, ou un truc comme ça.

– Ce n'est pas grave, fit peu de cas Rigel. Si tu veux, je mettrai des gouttes pour les yeux juste avant que tu ne me présentes. »

Pansy sourit à l'idée.

« Je peux le voir, maintenant. Ton regard de chiot perdu serait à peu près dix fois plus efficace si tes yeux luisaient juste un peu. Je n'aurais même pas à dire un mot.

– Je croyais que je n'étais plus autorisé à faire ça, dit Rigel.

– Eh bien, pas à nous, mais avec les autres Serpentard… en particulier ces deux-là… cela ne fait pas de mal d'avoir un atout dans sa manche », concéda Pansy.

À partir de là, Rigel fut autorisée hors de la salle de bain pour qu'elle puisse s'asseoir sur son lit pendant que Pansy fouillait dans son placard. Archie avait toutes sortes de vêtements, la plupart d'entre eux que Rigel n'avait même pas regardés, sauf pour les accrocher quand Draco l'avait sermonnée de laisser de parfaitement bons tissus dans l'air rance de sa valise. Pansy poussa un cri de joie quand elle vit toutes les différentes robes avec lesquelles elle pouvait travailler, et elle commença immédiatement à sortir différentes couleurs pour les tenir contre le teint de Rigel. La plupart marchait bien, puisque Archie et elle était de la même complexion, mais certaines des robes les plus excentriques lui apportèrent des regards horrifiés de son amie blonde.

« Mon père a un sens de l'humour peu recommandable », expliqua-t-elle quand Pansy tomba sur une robe particulièrement criarde d'un vert citron avec des franges orange et jaunes. Elle avait un motif de fleurs le long de la bordure, mais où des pétales de fleurs auraient normalement été, il y avait des têtes de poissons à la place. « Lui et mes oncles ont des tenues assorties », admit-elle, souriant avec ironie en se rappelant de la raison pour laquelle elles avaient été commandées.

Son père, James, avait été forcé d'assister au mariage d'un collègue particulièrement rustre et Sirius avait sauté sur l'occasion pour rappeler à tout le monde de réfléchir à deux fois quand on invitait les Maraudeurs quelque part. Elle n'avait aucune idée de pourquoi Archie les avait embarquées.

« Bon, je suppose que cela serait un excellent moyen de briser la glace. »

Pansy rangea avec précaution la monstruosité au fond du placard.

« Mais pas exactement ce que j'avais en tête pour aujourd'hui. Par contre, ceci, devrait très bien le faire. »

Elle tenait un ensemble de robes décontractées qui paraissaient d'un noir habituel pour un œil amateur mais qui étaient en fait d'un gris très foncé. Elles étaient parfaites à porter pour un week-end mais la matière était un peu fine donc Rigel les avait évitées jusqu'à présent. Ce n'était pas qu'elle avait encore quoi que ce soit à cacher au niveau de sa poitrine, juste qu'elle était effrayée de porter quelque chose qui la ferait paraître encore plus délicate. Elle devait admettre, toutefois, que les robes atteindraient un ton parfait de sophistication naturelle. Pansy la chassa dans la salle de bain pour se changer une fois de plus, avec des instructions strictes de ne pas toucher à ses cheveux (plus facile à dire qu'à faire en essayant de mettre les robes à une main, mais elle réussit), pendant que Pansy se décidait pour les chaussures.

Quand elle ressortit, Draco s'était enfin réveillé et regardait avec amusement Pansy fusiller du regard une pile des chaussures de Rigel, qui étaient toutes, apparemment, rejetées. Les chaussures étaient le seul élément où Rigel et Archie avaient gardé les leurs, principalement parce que les pieds d'Archie étaient deux tailles plus grandes que la sienne et cela n'aurait juste pas marché. Elle ferma la porte de la salle de bain derrière elle et se trouva sous la nouvelle ligne de mire de la colère de Pansy.

« Qu'est-ce que ces choses sont censées être au juste ? demanda la fille.

– Des chaussures, dit Rigel, réprimant le mot "évidemment" avec difficulté.

– Elles ne vont avec rien du tout ! gémit-elle presque. Et elles sont épaisses.

– Elles sont protégées contre la plupart des types d'acide, l'informa Rigel. Sans mentionner ignifugées, imperméables et résistantes à la corrosion.

– Oui, oui, je suis certaine qu'elles sont très… pratiques, soupira Pansy. Mais elles ne vont pas avec les robes que j'ai choisies.

– Je pourrais porter des robes différentes, dit Rigel, bien qu'intérieurement elle redoutait devoir gérer une autre paire de robes avec sa blessure.

– Non, ne sois pas ridicule. »

Pansy se tourna vers Draco :

« On va devoir emprunter certaines des tiennes.

– Tu… quoi ? »

Draco fixa Pansy.

« Tu veux mes chaussures ?

– Pas moi, Rigel, dit Pansy d'un ton rassurant. Juste pour la matinée. Je m'engage à les laver moi-même avant de les rendre, et bien sûr, tu es le bienvenu pour faire une demande similaire en retour.

– Je doute sérieusement que je te demanderai un jour de pouvoir emprunter tes chaussures, Pansy, mais merci quand même. »

Draco leva les yeux au ciel.

« Et je peux gérer le nettoyage de mes propres chaussures.

– Donc tu acceptes ? Super ! »

Pansy plongea presque sur son placard dans sa joie.

« Parce que j'ai remarqué que tu portais une paire gris tourterelle la semaine dernière qui serait juste parfaite…

– Si elles me vont, dit Rigel doucement.

– Il a raison, grimaça Draco. Je n'ai pas encore grandi en taille, tu vois, et…

– Oh mais elles sont minuscules ! »

Pansy sortit les chaussures qu'elle voulait mais les examina avec tristesse.

« Elles sont presque aussi petites que les miennes. Je ne suis pas sûre qu'elles vont t'aller du tout. »

Rigel était en fait surprise, car elle s'était attendue au problème opposé. Un des bons côtés de ses chaussures était qu'elles rajoutaient l'impression de longueur et largeur supplémentaires à ses pieds, qui étaient plus petits que ce qu'elle croyait un garçon devait avoir. Par contre, si Draco avait des petits pieds aussi, il n'y aurait pas de problèmes. Elle tendit le bras distraitement pour prendre les chaussures à Pansy, ainsi que les chaussettes qui avaient été approuvées pour sa tenue, et se mit à les essayer.

Elles lui allaient presque parfaitement, à la surprise de Pansy et au plaisir de Draco (il semblait qu'il n'était pas le seul garçon avec des petits pieds dans leur année). Elles étaient un peu plus larges que son pied mais la longueur était bonne, et même Rigel pouvait voir qu'elles contrastaient joliment avec les robes sombres.

« Oh oui ! »

Pansy tourna joyeusement autour de Rigel.

« Maintenant il y a une parfaite note de symétrie entre tes yeux et tes chaussures. Ne paraît-il pas de sang-pur, Draco ?

– Il paraît riche et raffiné si c'est ce que tu voulais dire, dit Draco en haussant les épaules. Je le penserais certainement à sa place à un des repas occasionnels de Mère. »

Rigel remua inconfortablement pendant qu'ils discutaient combien elle paraissait sang-pure. Elle n'avait jamais ressenti la duperie aussi profondément qu'à ce moment. Le miroir dans lequel elle regardait aurait tout aussi bien pu être une peinture. Elle ne pouvait se retrouver nulle part dans les yeux gris, les boucles parfaitement arrangées, les élégantes robes que Harriet Potter avait toujours considérées trop incommodes et les chaussures – oh, Merlin, ces chaussures – qu'elle ne pourrait jamais emporter près d'un chaudron. Pendant un moment, elle fut terrifiée. Était-ce ce que cela voulait dire de courir après ses rêves ? Devait-on sacrifier son véritable soi pour trouver son soi voulu ? Et même si on le trouvait, et que tous les rêves devenaient la réalité, y avait-il un moyen de retourner vers ce rêveur inchangé ? Elle ne savait pas et cette pensée fut suffisante pour l'arrêter de penser tout court.

« Peux-tu enlever le charme de mes cheveux maintenant, Pan ? demanda Rigel. Cela me rend la tête plus lourde, je crois.

– Oui, ça devrait être sec maintenant. »

Pansy leva l'enchantement et utilisa ses doigts pour ajuster la position de quelques boucles sombres.

« Parfait. Je crains qu'il n'y ait rien d'autre que je puisse faire. »

Draco soupira en aidant Rigel à remettre toutes ses chaussures dans son placard avec soin.

« Je suis sûr que tu nous manqueras terriblement, mais ne laisse pas la porte te frapper quand tu sortiras. »

Pansy renifla.

« Bon, c'est une bonne chose que le petit-déjeuner commence dans quinze minutes alors, donc tu ne regretteras pas ma compagnie pour plus longtemps qu'il n'en faut pour réveiller Nott de son coma. »

Elle récupéra ses produits rapidement et le regard dangereux qu'elle lança à Rigel quand elle s'arrêta devant la porte la menaçait véritablement de changer quoi que ce soit à son apparence avant d'aller petit-déjeuner. Rigel sourit docilement.

« Merci, Pansy, dit-elle alors que la blonde s'en allait.

– Je ne peux pas me rappeler qui de nous s'est lié d'amitié avec elle en premier, dit Draco après que Pansy fut partie, mais nous allons avoir sept longues années.

– Nullement ennuyeuses par contre, sourit Rigel. Et quand les gens regarderont les photos de toutes les choses intéressantes qui se passeront ces sept prochaines années, tu peux être sûr que nous serons au moins les mieux habillés dans le cadre. »

Draco sourit tristement.

« Je suis sûr qu'un jour, j'apprécierai ça mais, là, j'aurais juste aimé pouvoir dormir plus longtemps.

– Toi ? Rigel souleva un sourcil. Et moi ?

– D'abord quoi, toi ? sourit Draco. Et au lieu de nous disputer sur qui de nous deux a eu le moins de sommeil ce matin…

– Comme si c'était à débattre.

– …on devrait réveiller Theo pour qu'il puisse lui aussi profiter de l'air frais du cachot. »

Rigel regarda le lit de Nott, qui était éclipsé par des rideaux qui obstruaient probablement la lumière et le bruit et duquel émergeaient des sons de respiration régulière et ignoblement confortable.

« Il est bientôt l'heure de petit-déjeuner, dit-elle.

– C'est l'esprit ! sourit Draco. On lui fait presque une faveur, non ? »

Quinze minutes plus tard, Draco et Rigel retrouvèrent Pansy dans la salle commune. Nott brillait par son absence. Après avoir pris en compte le regard choqué et les yeux écarquillés de Rigel et avoir entendu Draco marmonner : « Je croyais qu'il était du matin », tout en brossant futilement une partie de sa manche légèrement brûlée, Pansy décida de ne pas poser de questions et ils se rendirent tous les trois au petit-déjeuner.

Rigel reçut plusieurs regards intéressants de la part des filles de leur classe pendant le petit-déjeuner – celui de Bulstrode la rendant le moins inconfortable, car la fille solidement baraquée semblait considérer quelque chose de considérablement moins romantique que Davis et Greengrass. Pansy n'arrêtait pas de lui envoyer des petits sourires satisfaits de tu-as-vu-la-différence-que-ça-fait ? depuis l'autre côté de la table, et même Draco trouva la vision de leurs camarades zyeuter quelqu'un d'autre que lui comme un changement agréable.

Quand le courrier arriva, Rigel reçut la réponse longuement attendue d'Archie. Elle fut délivrée par une chouette effraie donc elle l'ouvrit tout de suite.

Cher Rigel (j'aime le changement d'ailleurs),

J'étais si contente de recevoir ta lettre ! Tu m'as manqué, peu importe combien je te trouve ennuyant, Rigel roula des yeux. Archie était aussi mauvais à prétendre être elle qu'elle l'était à prétendre être lui, et c'est bien que tout se passe bien à Poudlard jusqu'à présent – même si je ne comprends vraiment pas pourquoi quiconque voudrait aller dans cet endroit prétentieux. Rigel trouva qu'il en faisait un peu trop là. Je suis contente que tu te sois déjà fait des amis et c'était vraiment brave de ta part de te lier d'amitié avec un Malfoy après tout ce que papa et Oncle Sirius nous ont dit sur eux. Pour ce qui est de Marcus Flint, tu m'as déjà parlé de lui, tu te souviens ? Je me rappelle en particulier que tu me l'avais décrit comme "brut de décoffrage" mais "plus sympa qu'on ne dirait" quand tu m'as raconté ta rencontre avec lui et son père aux préjugés effroyables dans la loge VIP. Tu as mentionné quelque chose à propos d'une vie à la maison troublée et une mère avec une maladie chronique (ce qui était en partie la raison pour laquelle tu lui as dit pour ton ambition d'être un Guérisseur après que ta propre mère ait décédé, c'est ça ?) et tu as dit que si jamais je le rencontrais, je devrais essayer de regarder au-delà des apparences, qui selon toi, ne sont qu'une façade – est-ce que je me rappelle de tout cela correctement ? En tout cas, il semble sympa donc peut-être que je lui enverrai un hibou pour voir si on ne peut pas tous devenir bons amis.

Mes cours se passent bien et mon professeur de Potions était particulièrement impressionné par ma compréhension de l'art (je suis sûre que le tiens aussi, si on considère combien mes connaissances ont déteint sur toi au fil des années). Je ne pense pas que j'aurais de problèmes pour devenir une Guérisseuse ici et j'espère que tu n'es pas trop jaloux de moi – je te partagerai tout ce que j'ai appris pendant l'été et ce sera comme si nous sommes tous les deux dans le programme de Guérisseur. Je suis sûre que lorsque tu seras diplômé, tu seras capable de facilement passer les Tests de Certification de Guérisseur. Je me suis aussi fait quelques amis – la plus proche étant une sorcière née-moldue qui vient aussi de l'Angleterre, Hermione Granger. Elle est terriblement brillante mais aussi très aimable et amicale, même si un peu autoritaire parfois.

Bon, c'est à peu près tout ce que j'ai à te rapporter pour l'instant – désolée que ma réponse ait pris tant de temps, j'ai été très occupée à m'adapter. Imagine que j'ai dit quelque chose de mièvre et sincère comme quoi tu me manques, etc.

-Harry

Rigel sourit affectueusement en pliant la lettre et la rangeant dans sa poche. Archie allait écrire à Flint, semblait-il, et avec un peu de chance, il consoliderait un accord avec Flint pour qu'il garde leur secret indéfiniment.

« Une lettre de ma cousine », expliqua-t-elle quand Draco et Pansy lui lancèrent des regards interrogatifs polis.

Draco fronça les sourcils pensivement.

« Les Blacks sont reliés à presque toutes les vieilles familles sorcières mais je n'arrive pas à voir quel enfant est assez âgé pour t'écrire et qui n'est pas ici à Poudlard. Tu voulais parler d'une cousine plus âgée, qui a déjà fini l'école ? »

Pansy lança un regard éloquent à Draco, ce à quoi il fit un petit "oh" avec sa bouche et dit :

« Ils sont du continent alors ? Tu sais, les Malfoy sont arrivés de France avec la conquête normande et beaucoup de vieilles racines sorcières peuvent être trouvées dans d'anciennes civilisations européennes. »

Rigel sourit avec un peu de raideur.

« Non, ma cousine n'est pas du continent. Ma cousine va à l'American Institute of Magic. »

Rigel pouvait voir l'exact moment où Malfoy réalisa que les seuls enfants britanniques qui allaient aux États-Unis étaient ceux qui ne pouvaient pas aller à Poudlard à cause de leur statut sanguin. Le blond parut surpris, puis légèrement embarrassé, que Rigel ait ouvertement correspondu avec quelqu'un entaché par les moldus. Pansy soupira à l'expression inconfortable de Draco et à la posture raide de Rigel qui n'éprouvait pas de remords, mais, sagement, ne se permit pas d'intervenir.

« Ah, je vois. »

Draco chercha quelque chose à dire de non incendiaire. Il estimait le sang et la magie comme n'importe quel Malfoy le ferait, mais il estimait son amitié avec Rigel également, et tout le monde connaissait la tendance politique fâcheuse de son père.

« Donc, ce doit être l'héritière Potter, alors ? Vous deux avez dû passer pas mal de temps ensemble pendant l'enfance, vos pères ayant été si proches à l'école.

– Oui. »

Rigel se relaxa légèrement quand Draco ne lança pas immédiatement d'odieuses insultes. Elle s'en voulut pour ne pas avoir accordé plus de crédits à son ami. Jusqu'à présent, il n'avait rien dit contre elle ou Sirius, malgré la réputation qu'elle savait que les deux derniers Black avaient dans la Maison Serpentard. Elle se promit qu'elle donnerait une chance à Draco pour être équitable avant de trop présupposer de ses réactions aux choses.

« Harry et moi avons grandi tous les deux.

– Harriet Potter se fait appeler Harry ? demanda Pansy avec curiosité. À quoi ressemble-t-elle ? J'ai entendu parler d'elle dans notre cercle de thé, bien sûr, par ceux qui l'ont vue quand elle était un bébé, avant que les Potter et les Black ne se soient retirés de la société. »

Rigel trouva que c'était une façon très diplomatique de décrire comment les Potter et les Black (avec à peu près cinquante autres familles alignées sur Dumbledore à l'époque) avaient tout bonnement tourné le dos avec colère à la société sang-pure dans un affront politiquement motivé connu comme la Grande Séparation de 1981.

Dans la nuit d'Halloween de 1981, Mr. Jedusor avait lancé un coup secret au Magenmagot – c'est-à-dire, il avait rassemblé suffisamment de partisans des membres du conseil qu'il avait supposément soudoyé pour tenir une réunion secrète aux alentours de minuit, pendant que la plupart des membres du conseil soutenant la lumière était dehors à célébrer et ainsi avait "mystérieusement" et "malheureusement" manqué leur convocation au conseil. Utilisant l'absence de la plupart de son opposition, Mr. Jedusor avait impitoyablement fait passer une série de lois, qui incluaient dans leur nombre des restrictions contre quiconque éduqué en-dehors du Royaume-Uni de détenir des hautes fonctions au gouvernement ou dans des compagnies gérées par l'État en Grande Bretagne, des lois interdisant n'importe quelle sorcière ou sorcier avec du sang de créature de voter dans des élections publiques ou de s'inscrire dans n'importe quel agence du maintien de l'ordre, et des lois pour empêcher le Magenmagot de renverser n'importe quelle loi déjà sanctionnée avec moins d'une majorité de trois-quarts. Les familles dont les membres du conseil avaient été exclus du vote furent scandalisées et, en une protestation silencieuse et furieuse, elles s'étaient, comme un seul homme, coupées du reste de la société sang-pure (consistant principalement de sang-purs sombres) en tout et pour tout. Depuis, plus aucune des familles lumineuses offensées n'avait participé à un événement social organisé par la femme ou l'enfant de l'une des Têtes de Famille qui avaient été présentes cette nuit d'Halloween. C'était un point incroyablement sensible pour la plupart des hôtesses sang-pures sombres, qui n'avaient soudainement plus que la moitié de leurs participants à leurs bals et repas, mais Pansy avait réussi à y faire référence avec désinvolture, comme si la Grande Séparation ne l'avait pas touchée du tout.

« Est-ce qu'elle a vraiment les yeux aussi verts que les écailles finement polies d'un serpent ? » demanda Pansy.

Draco et Rigel tournèrent des regards incrédules vers elle. Les joues de Pansy devinrent très légèrement rosâtres.

« Quoi ? haussa-t-elle les épaules candidement. L'héritière Potter était un bébé la dernière fois que quiconque l'a vue donc tout ce qu'ils peuvent dire c'est la couleur de ses cheveux et de ses yeux.

– Mais… »

Draco s'arrêta pour réprimer un rire incontrôlé, puis leva les sourcils :

« Qui dit qu'ils sont "verts comme un truc de serpent" ? »

Pansy leva les yeux au ciel.

« Ne te moque pas, tu sais comment ma mère est. Elle croit qu'elle est une âme torturée mais ses tours de phrases déteignent sur moi de temps à autre. »

Draco acquiesça, comprenant, mais ses yeux brillaient quand même d'hilarité.

« Oh, réponds juste à la question, Rigel », dit Pansy.

Rigel inclina la tête, se demandant si elle serait capable de parler d'elle-même comme si elle était quelqu'un d'autre. Elle trouvait que c'était plus facile si elle utilisait "Harry" ou "Harriet" pour décrire son véritable être, et "Rigel" concernant son alter ego, quand elle essayait de garder tout comme il faut dans sa tête. Pas que Rigel n'était pas moins son véritable être… elle espéra que cela deviendrait plus simple avec le temps, mais s'inquiéta qu'elle aurait plusieurs identités lorsqu'elle aurait dix-sept ans.

« Eh bien, commença Rigel, les yeux de Harry sont définitivement verts. Elle est surtout le portrait craché de son père, mais tout le monde dit que ses yeux sont ceux de sa mère.

– Lily Potter née Evans, c'est ça ? dit Pansy, semblant contemplative. On dit qu'elle était plutôt charmante.

– Elle l'est toujours, dit Rigel d'une voix égale. Tante Lily est l'une de ces personnes qui ne semblent jamais vieillir.

– Ma mère est pareille », sourit Draco.

Puis il s'arrêta, un léger froncement de sourcil sur le visage quand il s'interrogea sur la facilité avec laquelle il avait comparé Narcissa Black et une femme de naissance moldue.

« La marque d'une réelle beauté, dit Pansy avec sagesse. Vous étiez proches, Harriet et toi, étant enfants ?

– Oui, dit Rigel, hésitant avant de dire : Mon oncle Remus n'a jamais eu d'enfants donc elle était ma seule amie avant que je ne vous rencontre. »

Rigel se dit que même du point de vue d'Archie, c'était vrai, si l'on ne comptait pas Marcus Flint. Ils avaient été les seuls enfants du même âge dans leur partie de Godric's Hollow, puisque la plupart des habitants étaient âgés, comme leur voisine Mrs. Tourdesac.

Pansy et Draco paraissaient déchirés entre le plaisir d'être considérés comme deux de ses trois plus proches amis, et la tristesse de la solitude de la vie de Rigel comparée à la leur. Les conséquences du départ des familles de la lumière de la société sang-pure étaient que, sans participer aux thés et aux rendez-vous structurés de jeux conçus pour sociabiliser les héritiers, les enfants fréquentaient surtout les voisins et leurs frères et sœurs et ne rencontraient pas beaucoup d'autres enfants sorciers avant qu'ils n'arrivent à Poudlard.

« Vous avez dû être plus comme des frères et sœurs que des amis alors, dit Pansy, pensive.

– Tout à fait, dit Rigel. Harry est comme ma petite sœur – ou peut-être ma grande sœur, vu comment elle me materne parfois. »

Rigel était capable d'admettre cela facilement. Archie avait besoin d'être materné, à son avis.

« Est-ce qu'elle veut devenir une Maîtresse de Potions elle aussi ? demanda Draco, curieux malgré lui de cette Potter inconnue.

– En quelque sorte, dit Rigel, cherchant comment mettre en place leur histoire d'une façon qui ne se contredirait pas plus tard. Elle a un fort intérêt en Potions mais je crois qu'elle prévoit d'appliquer son intérêt dans des études pour devenir Guérisseuse pour l'instant. AIM a un programme accéléré pour obtenir un Certificat de Soin. C'est très compétitif et ils refusent tout le temps des élèves qui ne peuvent pas tenir le rythme avec toute la charge de travail supplémentaire, mais Harry est très déterminée. »

Rigel trouva que c'était la meilleure explication. Ainsi, si quelqu'un apprenait que Harry avait été très intéressée en Potions avant de partir à l'école, c'était expliqué et quand Archie et Harry à un moment donné ré-échangeraient leurs vies, ils diraient que Harry avait simplement décidé que le Soin n'était pas pour elle à la dernière minute. Archie passerait l'Examen de Médicomage sous son propre nom une fois qu'ils seraient diplômés, disant qu'il avait été inspiré par les études de Harry au fil des ans, et avait décidé d'apprendre le Soin à côté (ce serait facilement accepté si l'on considérait tout le temps que Rigel passerait à la Bibliothèque pendant qu'elle serait à Poudlard). La partie la plus délicate du plan était de convaincre tout le monde qu'Archie était, en fait, Archie après qu'il revienne revendiquer son nom et qu'une génération de personnes dans la société sorcière anglaise penserait qu'Archie ressemblait à Rigel. Rigel n'aurait pas de problème à redevenir Harry, parce que personne aux États-Unis n'était près de connecter le garçon Harry Potter avec la fille Harriet Potter, simplement parce qu'aucune d'elles ne fréquentait les cercles sang-purs qui seraient plus avisés (étant une sang-mêlée). La réapparition d'Archie n'avait pas encore été complètement travaillée mais Rigel était confiante qu'elle trouverait quelque chose durant ces six prochaines années environ.

« Une Médicomage ? C'est plutôt noble, dit Pansy.

– Même si ce sera dur pour elle de trouver un travail ici en Angleterre si elle a été scolarisée en-dehors du Royaume-Uni », ajouta Draco.

Pansy lui jeta un regard réprobateur qu'il ignora.

« Quoi, c'est vrai, même si certains trouvent que c'est injuste.

– Il a raison, dit Rigel. Mais je pense que Harry trouvera un moyen. »

Comme devenir une Maîtresse de Potions et travailler pour des compagnies privées de développement.

« Est-ce qu'elle restera en Amérique alors ? demanda Pansy.

– Peut-être, Rigel haussa les épaules. Même moi je ne suis pas au courant de tous ses plans.

– Je croyais que vous deux étiez de si proches amis », dit Draco.

Rigel espéra qu'il n'était pas honnêtement jaloux et que la question était sortie méchamment par accident.

« Bah, vous deux et moi, on est tout autant amis et je ne connais pas tous vos plans, dit Rigel.

– C'est noté, rit Pansy. Et appuyé d'autant plus par le fait que nous ne connaissons définitivement rien de tes plans, Rigel.

– De quoi parles-tu ? »

Rigel finit son thé proprement.

« Je veux être un Maître de Potions. C'est vraiment tout ce qu'i savoir sur moi. »

Ses amis échangèrent des regards ironiques mais alors Pansy réalisa que les gens commençaient à quitter la Grande Salle et retira rapidement sa serviette de ses genoux pour pouvoir se mettre debout.

« Oh, retournons vite dans la salle commune, dit-elle, indiquant à Rigel et Draco de laisser leurs assiettes comme ça. J'ai dit aux personnes que je veux te faire rencontrer que l'on serait dans la salle commune après le petit-déjeuner, et on doit être là avant eux où on apparaîtra comme impertinents, à faire attendre un élève plus âgé. »

Ils retournèrent aux cachots avec bien assez de temps pour que Pansy arrange les courtes boucles sombres de Rigel une dernière fois et de les placer tous les trois dans des sièges devant une des cheminées avec des fauteuils en plus autour, essayant de créer une atmosphère de repos tranquille (ou c'est ce qu'elle disait).

« Bon, je connais ces deux-là depuis que je suis toute petite et leurs personnalités peuvent être un peu… eh bien, j'espère que tu les aimeras, mais ne le prends pas mal s'ils te lancent des piques… ils aiment bien provoquer les gens des fois. »

Rigel acquiesça, un peu appréhensive.

« Pourquoi je suis là déjà ? » demanda Draco pendant qu'ils attendaient.

Il était assis à la gauche de Rigel sur un canapé à dossier bas et Pansy était assise sur un fauteuil qui était placé en diagonale du bout du canapé sur lequel Draco était assis. Cela laissait un espace libre à côté de Rigel sur le canapé et la plaçait la proche des fauteuils vides qui seraient pris par les autres. C'était censé montrer que Draco et Pansy n'essayaient pas de cacher ou protéger Rigel et que Rigel ne craignait pas d'être la cible la plus proche d'un groupe plus puissant (et possiblement hostile) d'étrangers. Rigel était contente d'avoir Pansy pour faire tout cela pour elle.

« Tu es ici pour donner conséquence au statut de Rigel en société. Quel meilleur soutien pour les débuts du nouvel héritier de la famille Black que la présence de l'héritier de la famille Malfoy ? expliqua Pansy patiemment.

– Tu rends cela si intéressé, Pans, Draco retroussa-t-il le nez. Il y a quelque chose de dégoûtant aux manipulations sociales.

– Ceux en haut de la chaîne alimentaire sociale peuvent se permettre de penser comme ça, sourit Pansy avec ironie, mais les autres doivent se concilier au jeu de la noblesse, peu importe si on le trouve repoussant par moments.

– Mais Rigel et toi n'êtes pas exactement des ramasse-miettes, dit Draco. Pourquoi est-ce aussi important de le pousser en société maintenant ?

– Cela doit se faire pendant qu'il est à l'école, parce que quand il est sous la juridiction de son père, il ne peut participer en société à moins que Black père ne le permette. L'école est un endroit neutre socialement, telle qu'elle doit l'être si l'on veut que les élèves, dont les parents sont politiquement en désaccord, coexistent en paix, dit Pansy. Et plus Rigel se présente ouvertement aux autres Serpentard, moins ils formeront une opinion sur lui basée sur des conjectures et des on-dit. Si on veut que notre amitié avec Rigel soit acceptée, on doit montrer aux gens dans nos cercles qu'il n'a rien à cacher. »

Draco regarda Rigel d'un air désolé.

« Mais il a des choses à cacher. »

Rigel haussa les épaules. C'était vrai.

« Eh bien, quelle meilleure façon de cacher des choses qu'en ne donnant aucune raison aux gens de les chercher ? » dit Pansy, sa tête penchée raisonnablement sur le côté.

Draco soupira :

« Si tu le dis, Pansy. »

Ils attendirent seulement encore quelques minutes avant que Pansy ne se lève gracieusement et n'indique subrepticement à Draco et Rigel de faire de même. Ils se retournèrent pour voir deux garçons plus âgés se diriger vers eux depuis un couloir à l'autre bout de la salle commune. Ils faisaient à peu près la même taille, mais un était légèrement plus grand. Le plus grand avait des cheveux brun clair coupés près de sa tête et une mâchoire ferme et carrée qui lui donnait une aura austère la plupart du temps. Le plus petit (même si toujours plus grand comparé à Rigel), de l'autre côté, avait les cheveux si sombres qu'ils étaient presque bleus et des yeux couleur miel qui brillèrent avec humour quand ils parcoururent les première année. Il était mince et délicatement taillé, ressemblant à une ombre joueuse à côté de la statue en pierre qu'était son ami, mais il était presque beau, lui aussi.

« Mr. Rookwood, Mr. Rosier, quel plaisir que vous nous rejoigniez. »

Pansy s'avança avec un sourire qui semblait être, au moins en partie, d'une véritable tendresse.

« Vous avez rencontré Mr. Malfoy, je crois ? »

Les Serpentard hochèrent poliment la tête vers Draco, qui acquiesça en retour.

« Bien, puis-je vous présenter mon camarade de classe, Rigel Black ? »

Pansy tourna la tête pour indiquer Rigel, qui garda ses yeux tranquilles et calmes quand elle reçut leurs regards.

« Rigel, voici Aldon Rosier et Edmund Rookwood.

– Comment vas-tu, Mr. Black ? »

Rosier, le plus petit des deux, s'avança pour aisément serrer sa main, suivi dûment par Rookwood. Les deux poignées de main furent brèves, mais fermes, et transférèrent une chaleur plaisante malgré l'air des cachots.

« Très bien, merci. »

Rigel hocha la tête à chacun des garçons l'un après l'autre, son visage un masque d'intérêt poli.

Pansy s'assit la première, suivie par Malfoy, puis Rookwood et Rosier, et enfin, Rigel. Rookwood choisit le seul siège opposé à Pansy et Rosier, celui sur le canapé à côté de Rigel. Elle essaya d'à la fois s'asseoir droit et de se pencher en arrière pour que Draco ne se sente pas exclu de la conversation (bien qu'il avait rendu clair qu'il n'était pas particulièrement intéressé par toute cette affaire), et Rigel était reconnaissante que sa blessure soit sur son côté gauche et qu'il serait peu probable qu'elle attirerait l'attention des élèves plus vieux. Tout le reste concernant Rigel était, apparemment, une cible légitime.

Pansy lança la conversation tel une vraie hôtesse :

« Je suis si ravie que vous ayez trouvé du temps dans votre emploi du temps pour vous asseoir avec moi aujourd'hui. »

Ses mots étaient soutenus mais elle injectait tant d'émotions dans chaque syllabe qu'il était dur de douter d'eux.

« Cela fait une éternité depuis notre dernière rencontre et je suis certaine que vous êtes tous les deux plutôt occupés maintenant que le semestre a vraiment commencé.

– Pas du tout », dit Rookwood.

Si une montagne avait une voix, forte et sage, ç'aurait été celle de Rookwood. Il parlait avec ses paupières à demi-fermées et l'effet donnait l'impression qu'un enchantement de transparence avait été lancé sur tout ce que son regard touchait.

« À vrai dire, je n'arrive pas à imaginer quiconque de trop occupé pour passer quelques instants avec toi, Miss Parkinson.

– Même si, en tant qu'humbles quatrième année, nos emplois du temps ne sont pas encore en peine de tout satisfaire », ajouta Rosier, jetant ouvertement un clin d'œil à Pansy, qui, tout à son honneur, accepta leur flatterie et cajoleries avec aplomb, comme une reine acceptant une révérence.

Draco rit légèrement, sonnant beaucoup plus engagé qu'il n'avait agi avant que les deux autres ne soient arrivés.

« Oh, ne lui dites pas ça, elle va s'attendre à ce que Rigel et moi soyons tout aussi souples avec notre temps, maintenant.

– Et pourquoi vous ne le seriez pas ? demanda Pansy, les sourcils levés avec amusement.

– Parce que tu es impossible à vivre si tu obtiens ce que tu veux trop souvent », dit Rigel, se disant qu'elle pouvait tout aussi bien participer aux taquineries puisque Pansy s'était donnée tant de mal pour tout arranger.

Rookwood et Rosier gloussèrent et Draco approuva sérieusement :

« Il a raison, vous savez. Vous ne devriez vraiment pas gâter notre Pansy ou elle deviendra complètement incontrôlable.

– Une femme est toujours incontrôlable, dit Rosier malicieusement, se penchant en avant avec ses coudes sur ses genoux.

– Même si elle n'est jamais loin du cœur », ajouta Rookwood, se penchant en arrière dans son fauteuil comme pour contrebalancer Rosier.

Pansy parut divisée entre la colère d'être singularisée et le soulagement que la glace se brise posément. Elle se décida à sourire avec bonhomie et changea à nouveau le sujet :

« J'imagine que vos études progressent bien alors, si vous avez autant de temps pour tourmenter le genre féminin, dit-elle.

– En effet, dit Rosier. Ou au moins aussi bien qu'il en est attendu avant que l'on ne se décide sur un plan de carrière.

– Est-ce que tu considères quelque chose en particulier ? » demanda Rigel.

Ce n'était pas dur de projeter de l'intérêt dans sa question ; Rookwood et Rosier étaient des gens intéressants jusqu'à présent, au moins en surface.

« Je pense que j'aimerais poursuivre une Maîtrise en Théorie Expérimentale à un moment donné après avoir été diplômé, dit Rosier. Mais Edmund est beaucoup plus intéressé par le travail de terrain, n'est-ce pas ?

– Je trouve que s'occuper de plantes magiques et d'animaux est beaucoup plus satisfaisant que l'Arithmancie et autre, oui, dit Rookwood en haussant les épaules. Pour ce qui est de la carrière, un de mes oncles travaille dans une Réserve de créatures internationale donc je vais postuler pour un stage là-bas l'été prochain. Si ça me plaît, je verrai peut-être pour travailler avec des dragons et des hydres dans le futur.

– Ces deux branches d'études semblent fascinantes, remarqua Pansy. J'espère qu'au début de ma quatrième année, j'aurai une idée aussi claire pour mon futur.

– Ne t'inquiète pas si rien ne suscite ton intérêt pour ta première année, dit Rookwood. La base de chaque sujet est plutôt ennuyante. »

Draco eut un sourire suffisant.

« Dis ça à Rigel. Il avait sa future carrière déjà choisie avant de monter dans le Poudlard Express. »

Rigel combattit une grimace au phrasé direct de Draco. Peut-être était-ce trop assuré que de prévoir sa vie à onze ans mais si on voulait quelque chose, selon l'expérience de Rigel, il fallait la prendre. Certainement le monde n'allait pas l'offrir sur un plateau d'argent si on lui demandait gentiment.

« Oh ? »

Rosier parcourut ses traits de ses yeux, un coin amusé sur la bouche quand il parla :

« Qu'est-ce que tu feras quand tu termineras l'école alors ? »

Rigel trouva que c'était plutôt gracieux de sa part de demander ce qu'elle ferait plutôt que ce qu'elle voudrait, donc elle lui répondit honnêtement :

« J'espère poursuivre une Maîtrise en Potions. »

Les Serpentard plus âgés échangèrent un regard surpris. Rigel se demanda s'ils s'étaient attendus à ce qu'elle dise quelque chose comme "Auror" ou "Inventeur de farces". Quand ils se réintéressèrent à elle, leurs yeux étaient devenus plus vifs, plus intenses, comme s'ils étaient maintenant complètement engagés dans la conversation.

« Tu as choisi un sujet difficile à poursuivre, nota Rookwood. On dit que la Maîtrise en Potions est une des plus dures à obtenir.

– Rigel est capable de relever le défi », dit Draco.

La confiance pure qu'il irradiait quand il parlait rendit ses joues juste un petit peu chaudes.

« Un soutien éclatant », dit Rosier.

Rigel n'arrivait pas à dire si c'était son imagination ou si ses yeux s'étaient vraiment attardés avec amusement sur ses pommettes rosées quand il avait dit "éclatant". Elle ne pensait pas que c'était par moquerie toutefois – en tout cas, pas cruelle. Le garçon délicat semblait simplement avoir une disposition à taquiner, et Merlin savait qu'elle était assez familière avec ce genre-là.

« Et remarquablement capable, lança également Pansy en soutien à Rigel. Professeur Snape a déjà commencé à donner à Rigel une tutelle en plus. »

Cela causa un autre regard insondable à passer entre Rosier et Rookwood.

« Professeur Snape est un bon ami de mon père, dit Rosier lentement. Et il ne partage pas ses talents avec légèreté.

– Ce n'est pas aussi excitant que cela sonne, dit Rigel. Pour l'instant, Professeur Snape me donne juste un tas de travail supplémentaire.

– Ça ressemble au Professeur Snape, rit Rosier.

– Même, le fait que tu aies simplement gagné son attention est plutôt impressionnant, dit Rookwood, ne dévoilant aucune de ses pensées avec sa voix constante et son expression figée comme de la pierre. Et que tu aies fait cela aussi vite… eh bien tu as dû nourrir cette ambition depuis quelque temps avant de venir à Poudlard. »

Rosier sourit largement.

« Une ambition à long terme réussirait certainement à expliquer ta présence ici à Serpentard.

– Je ne savais pas que cela avait besoin d'être expliqué », dit Rigel, arquant un sourcil comme Draco le faisait parfois quand il prétendait être obtus.

Le sourire de Rosier ne vacilla pas.

« Tu ne le savais pas ? Beaucoup, beaucoup de gens sont curieux de toi, Mr. Black. Ils veulent savoir de quel côté de la baguette tu vas tomber.

– Si j'atterris d'un côté ou de l'autre, sois assuré que ce sera parce que j'aurais sauté, dit Rigel.

– J'aime celui-là, Pansy, sourit Rosier de toutes ses dents, bien qu'il n'éloignât pas ses yeux du visage inexpressif de Rigel.

– Oui, amène-le plus souvent », approuva Rookwood.

Les quatrième année se levèrent, chacun hochant la tête à Draco et s'inclinant devant la main de Pansy avec grâce.

« À notre prochaine rencontre, Mr. Black. »

Rosier favorisa Rigel d'un clin d'œil espiègle tandis que Rookwood le saluait de la tête poliment.

« Bonne journée, Mr. Rookwood, Mr. Rosier. »

Rigel hocha respectueusement la tête à chacun d'eux puis se rassit lentement sur le canapé une fois qu'ils s'éloignèrent, extrêmement soulagée que la rencontre soit terminée.

« Oh, ça s'est si bien passé ! sourit Pansy avec un grand sourire. Aldon et Edmund ont beaucoup d'influence parmi les autres élèves. Tu t'es fait de formidables alliés aujourd'hui, Rigel.

– Je comprends pourquoi tu voulais que je les rencontre mais pourquoi est-ce qu'ils paraissaient aussi contents de me rencontrer ? demanda Rigel.

– Tout le monde veut faire briller l'éclat de son propre nom de famille, et la meilleure façon de faire ça, sans se faire distinguer par ses propres mérites, est de créer de bonnes connexions. Toi, Rigel, tu as le talent et l'ambition, sans mentionner un nom de famille respecté, et donc il n'y aura jamais un manque de personnes cherchant à se connecter à toi.

– Mais tout le monde à Serpentard est ambitieux, non ? Sûrement qu'ils voudront tous qu'on leur coure après plutôt que de courir après quelqu'un ? dit Rigel, un peu confuse.

– Pas de raison de faire les deux, l'ignora Pansy. Ainsi, tu auras le double d'influence. Maintenant, on doit seulement espérer qu'Aldon et Rosier vont écrire à propos de toi à leurs parents. Si ça arrive, leurs mères écriront à ma mère et la mère de Draco et on nous obligera presque à être amis avec toi !

– Oh, euh… c'est bien ? sourit Rigel avec hésitation.

– Oui, merveilleux ! lui assura Pansy. Pas que l'on t'aurait abandonné même si la Maison toute entière te détestait – cela ne se fait juste pas de traiter des amis aussi froidement – mais cela rend notre vie tellement plus simple pour nous.

– Bon, maintenant que c'est réglé, faisons quelque chose de productif avec le reste de notre matinée, d'accord ? »

Draco s'étira comme s'il avait été sur le canapé pendant des heures plutôt que dix minutes environ.

« On va aller chercher nos livres et te retrouver à ces tables là-bas dans cinq minutes, Pansy. Je veux me débarrasser de ce devoir d'Histoire avant de manger. »

Rigel finit ses propres devoirs avec Draco et Pansy et, après manger, elle les quitta pour faire des recherches sur les Potions et la Théorie magique adolescente (alias travailler sur les devoirs de Flint) à la Bibliothèque.

Elle utilisait son déguisement de Serdaigle aujourd'hui, ce qui incluait la perruque brune et semblable à de la paille et la même paire de lunettes rondes banales. Dans ce déguisement, elle marchait avec une très mauvaise posture, la tête baissée de façon à ce que les mèches rêches de cheveux tombaient sur son visage, et traîna lentement le long des étagères. Elle se dit brièvement que si elle était un jour découverte et sommairement exclue de Poudlard, elle pourrait au moins fuir dans le monde moldu et jouer au théâtre pour vivre.

Elle avait complété la plupart des devoirs de Flint samedi matin (et avait été ravie de voir que Flint incluait les anciens devoirs notés dans ses lettres pour qu'elle soit sûre de ne pas faire la même faute deux fois), mais elle était coincée sur une rédaction sur la Théorie de la Disparition. C'était incroyablement compliqué, et tous les passages qu'elle avait lus dessus semblaient l'embrouiller encore plus. Juste quand elle commençait à saisir une idée, un concept contradictoire apparaissait et elle devait changer sa compréhension pour qu'elle la concilie. Rigel fixa avec morosité l'épais livre sur les Métamorphoses théoriques devant elle. Elle était sûre que la Métamorphose était un de ces sujets qui était extrêmement cumulatif, et que sauter cinq ans en avant était probablement impossible pour quiconque avec moins qu'un niveau d'intelligence de génie (qu'elle ne possédait certainement pas).

Rigel rangea la rédaction à moitié réalisée et replaça les livres, décidant que maintenant était le moment de saisir l'offre de Percy Weasley sur des éclaircissements intellectuels. Sans son aide, elle ne pensait pas être capable de finir la dissertation avant qu'elle ne soit due jeudi.

Elle quitta la Bibliothèque et se rendit rapidement à la tour de Gryffondor. Elle avait pris l'habitude de se déplacer vite dans les couloirs depuis l'incident de vendredi. Elle n'allait plus explorer (même si elle comptait toujours se promener avec Pansy, mais honnêtement, Pansy connaissait beaucoup plus de magie défensive qu'elle), et elle se dit qu'elle ne ferait plus de courses tard le soir ou tôt le matin à moins qu'elle y soit vraiment obligée.

Elle arriva au portrait de la Grosse Dame sans incident, et, décidant que cela serait quelque peu impoli si elle obtenait le mot de passe grâce à la Carte, Rigel frappa plusieurs fois sur le cadre de l'opulente Dame. Quelques moments plus tard, une fille avec des cheveux blonds bouclés et une expression curieuse ouvrit le portrait et sortit sa tête dehors.

Elle regarda la cravate bleu et blanc, que Rigel avait fait exprès de garder après avoir rangé la perruque et les lunettes dans son sac, et dit : « Qu'est-ce qu'il y a ? » sur un ton poli mais pas exactement amical.

« Est-ce que Percy Weasley est là ? demanda-t-elle. Il m'a dit de le chercher ici si j'avais besoin d'aide avec certains livres que je lis. »

Au mot "livres" l'expression curieuse quitta son visage et elle hocha la tête avec ennui.

« Ouais, entre, petit. »

Elle poussa le tableau et Rigel grimpa avec précaution à travers l'ouverture.

« Préfet Weasley est là-bas à ces tables. »

Elle fit un geste de la main vers un groupe de tables d'études qui étaient coincées dans une niche entre deux escaliers. Percy était assis seul sur l'une d'elles, enseveli par divers livres jusqu'aux épaules, et passait des doigts pleins de taches d'encre dans ses cheveux de feu.

« Il est dans un bon état depuis midi, l'informa la fille aux cheveux bouclés. Donc bonne chance. »

Rigel la remercia et se rendit là où Percy s'était barricadé dans un coin. Il semblait écrire une dissertation – ça ou il grattait juste des notes sur une feuille de parchemin.

« Percy ? »

Elle parla doucement mais il sursauta quand même, comme si elle avait crié et il la regarda bouche bée.

« Quoi ? Qui… oh, Rigel, salut, soupira-t-il lourdement et frotta ses mains sur son visage, cognant ses lunettes à écailles de travers. Comment vas-tu ?

– Très bien, merci. »

Elle examina les livres que Percy avait empilés autour de lui, reconnaissant quelques-uns de vue.

« Tu travailles sur une dissertation de Potions ?

– Oui. »

Il regarda d'un œil mauvais le bazar d'encre et de parchemins devant lui.

« Ou c'était le cas avant que les Potions ne décident de devenir de la Mésopotamie ancienne. Ces satanés bouquins ne veulent rien dire. »

Il secoua la tête brièvement puis se reconcentra sur elle.

« Je suis désolé, est-ce que tu venais pour que je t'aide avec quelque chose ? J'ai besoin de faire une pause loin de tout ça, de toute façon. »

Rigel déplaça une pile de parchemins froissés d'une chaise et s'assit, disant :

« J'espérais que tu pourrais m'expliquer la théorie derrière la disparition des choses. C'était mentionné dans un livre que je lisais sur les sorts d'invisibilité, donc j'ai cherché mais je ne comprends pas certaines parties.

– Oh ? sembla s'intéresser Percy. C'est de la théorie très avancée. On entre tout juste dedans, en fait. »

Rigel essaya de ne pas gigoter de culpabilité.

« Avec quoi tu as du mal ?

– Je ne comprends pas où les choses vont quand on les fait disparaître. Le livre dit qu'ils vont "dans le non-être" mais qu'est-ce que c'est ? comme une autre dimension ? demanda Rigel.

– Le non-être est une sorte de place théorique à partir de laquelle tous les êtres en sortent. Ce n'est pas vraiment une autre dimension, puisque que les autres dimensions sont juste une différente façon d'être, mais plutôt c'est l'opposé des choses qui sont. Les objets volatilisés ne "vont" pas exactement là, mais ils deviennent l'opposé d'être – c'est-à-dire qu'ils non-deviennent. Et une fois qu'ils ne sont plus un être, ils sont une partie du non-être, est-ce que tu vois ? »

Percy leva les sourcils avec espoir.

« Pas vraiment, fit Rigel avec une moue. S'ils n'existent plus, alors comment est-ce possible de récupérer les objets en les dévolatilisant ?

– Eh bien, ce n'est que de la théorie, commença lentement Percy. Et je n'ai pas vraiment besoin de comprendre les propriétés physiques pour saisir la théorie. En gros, réalise juste que tu ne détruits pas ce que tu fais disparaître – ce n'est pas ce genre de non-devenir. C'est plus comme si tu lui donnais les propriétés de manquer de présence dans ce monde. C'est toujours le même qu'il était avant que tu ne l'aies fait disparaître, seulement il n'existe plus ici, donc il est considéré comme non-être en ce sens. La clef est la distinction entre le non-être et la non-existence. Un objet en non-être existe, c'est juste qu'il n'existe pas en être pour le moment. C'est pourquoi tu peux récupérer un objet volatilisé et même une personne volatilisée, si tu sais comment.

– Donc, en soi, une disparition est conditionnellement temporaire ? demanda Rigel.

– Oui, c'est généralement le cas, approuva Percy.

– Une autre chose m'embête, dit Rigel et quand Percy lui indiqua de se lancer, elle continua : J'ai lu qu'en transplanage, par exemple, où un sorcier se volatilise et se dévolatilise lui-même en deux endroits spatiaux différents, il est possible que le sorcier se désartibule, sans se tuer, ce qui suggère que la connexion entre les parties volatilisées d'un objet doivent survivre la disparition… penses-tu qu'il est possible que cela puisse marcher de même pour les enchantements de connexion ?

– Comment ça ? demanda Percy, apparemment intrigué.

– Je veux dire, si tu fais disparaître un objet relié à quelque chose dans ce monde, comme, disons que tu as fait disparaître un des orbes de monitorage que les Guérisseurs utilisent, alors qu'il était toujours relié à la personne qu'il surveillait et ensuite tu le dévolatilises deux heures plus tard. Est-ce que tu aurais les données de ces deux heures ? Est-ce l'orbe continuera à travailler comme un objet relié en non-être, s'il reste inchangé dans le non-être ?

– Eh bien, je ne vois pas pourquoi il ne continuerait pas mais tu devrais demander au Professeur McGonagall en cours si tu veux vraiment être sûr, dit-il.

– Est-ce que ça te dérangerait de lui demander pour moi ? Je ne veux pas paraître comme un frimeur en lisant du matériel avancé. »

Rigel baissa la tête, embarrassée, et Percy gloussa.

« Bah certainement. Je suis plutôt curieux moi aussi.

– Et autre chose… sourit Rigel d'un air désolé, mais elle voulait vraiment tout assimiler avant d'essayer de finir la dissertation de Flint. Aussi en rapport avec le transplanage. Il me semble que le transplanage est juste la volatilisation et la dévolatilisation d'une personne, mais avec des dimensions spatiales différentes utilisées pour la réapparition de celles qui étaient utilisées dans la disparition originale.

– C'est une façon de le voir, je suppose, reconnut Percy. Continue.

– Donc si on considère que la location d'un objet est le résultat de son point d'intersection sur la grille spatio-temporelle, alors si c'est possible de faire disparaître quelque chose à travers le plan spatial, ne devrait-ce pas être possible de faire également disparaître des choses à travers l'autre ? dit Rigel.

– Tu veux dire le voyage dans le temps ? »

Percy pencha la tête, amusé.

« Oui. Est-ce que tu peux faire disparaître un objet dans le passé, par exemple ?

– Je ne sais pas, Rigel. Si c'était de banissement dont on parlait, la réponse serait un "non" définitif, mais tu es correct en disant que les disparitions ne sont pas limitées dans le déplacement à travers des points consécutifs. C'est probable que le transplanage ne marche que parce que le sorcier est l'objet volatilisé et donc capable de se dévolatiliser lui-même dans une location spatiale différente. Je ne suis pas sûr que tu pourrais envoyer un objet à travers une barrière temporelle parce que tu n'aurais pas de contrôle une fois qu'il serait volatilisé. C'est possible généralement de dévolatiliser des choses seulement à l'endroit d'où elles ont disparu, même si je suppose que sans aucun paramètre de contrôle, un objet volatilisé pourrait réapparaître n'importe où… se perdit-il, réfléchissant fort.

– Et un sorcier devrait être incroyablement puissant pour se volatiliser lui-même à travers cette barrière, non ? demanda Rigel.

– Je pense, dit Percy. Mais je demanderai à McGonagall pour ça aussi, si tu veux.

– Oui, merci, dit Rigel. Je suis très intéressé de saisir tout ça.

– Eh bien ta compréhension n'est pas si mauvaise pour l'instant, dit Percy gentiment.

– Merci. Je crois que je comprends beaucoup mieux maintenant, dit-elle.

– Pas de problème, sourit-il. En fait, je crois que je comprends mieux après t'avoir expliqué. Et, dit-il avec regret, tout est mieux que de patauger dans ce pétrin », engloba-t-il d'un geste les notes éparpillées devant lui.

Les yeux de Rigel retracèrent la table, intégrant les montagnes de livres et les éclaboussures d'encre. Elle aurait pu partir. Elle aurait pu s'en aller tout de suite et Percy ne lui en aurait pas voulu un instant. Il n'aurait jamais attendu une récompense pour l'avoir aidée, Gryffondor comme il était, mais quand elle se trouvait là, assimilant son expression peinée et désespérée, elle savait qu'elle devait au moins essayer de l'aider en retour.

« Sur quoi est la dissertation ? demanda-t-elle, son ton tranquille au cas où il s'avérait que c'était un sujet où elle ne pouvait en fait pas l'aider.

– Fusion de potions, soupira Percy. Professeur Snape a attribué deux potions à tout le monde, et on est censé imaginer avoir un ami qui a besoin de prendre les deux en même temps et trouver ce qui doit être changé dans les dosages et ingrédients, de sorte de les rendre toutes les deux compatibles et efficaces. C'est un cauchemar, et Professeur Snape me donne toujours les devoirs les plus épineux parce qu'il pense que je suis un "prétentieux et pointilleux monsieur je-sais-tout". »

Rigel leva les sourcils à l'insulte et Percy rougit honteusement.

« C'est ce qu'il a écrit sur ma dernière rédaction.

– Ah. »

Rigel jeta un autre regard aux livres sur la table.

« Bon, le premier problème c'est que tu lis Bonagage, dit-elle. Ce fou n'obtient presque jamais quelque chose de correct. »

Percy la regarda comme si des cornes lui avaient poussé sur la tête.

« Je lis des journaux de Potions, dit Rigel. Et le consensus général parmi la communauté académique, c'est que Bonagage est un idiot qui raconte n'importe quoi et qui ne ferait pas la différence entre la renouée des oiseaux et le sisymbre s'il devait s'essuyer les fesses avec. Si tu le cites dans ta dissertation, Snape ne va probablement même pas la lire. »

Percy cligna plusieurs fois des yeux avant de résolument pousser le livre en question loin de lui.

« Pourrais-je, euh… emprunter ces journaux parfois ? demanda-t-il poliment.

– Bien sûr, mais là, quelles potions tu as eues ? »

Rigel approcha la chaise plus près pour regarder les notes du préfet.

« Poussos et la potion de Régénération sanguine, dit Percy. Tu, euh, t'y connais beaucoup en Potions, Rigel ?

– Ouais, j'aime les Potions, dit-elle facilement. Qu'est-ce que tu as conclu jusqu'à présent ?

– Eh bien, le plus grand problème vient de la sang-dragon de la potion de Régénération sanguine, qui réagit mal avec les fleurs de scutellaires dans le Poussos, et la quantité énorme de feuilles d'ortie demandées pour le Poussos, qui ont tendance à exploser quand ajoutées à la bile de dragon. Malheureusement, la potion de Régénération sanguine est concoctée sur une base de bile de dragon. »

Percy pinça les lèvres.

« De plus, le gingembre et le Cayenne utilisés dans le Poussos pour brûler les infections sont des fluidifiants sanguins et circulatoires, ce qui serait très mauvais à donner à quelqu'un qui est possiblement en train de saigner, ayant subi une plaie dont ils auraient eu besoin d'utiliser la potion de Régénération sanguine pour.

– Hmm… c'est un cas épineux. »

Rigel tapota un doigt contre la table inconsciemment.

« Qu'est-ce que tu as essayé de modifier ?

– Eh bien, au début, je me disais que je pouvais utiliser de l'écorce de saule au lieu de la sang-dragon pour la Régénération sanguine, mais l'écorce de saule a besoin de mijoter plus d'une heure, ce qui est trop long pour laisser la verveine dedans sans rendre le tout imbuvable. Je ne peux pas non plus juste laisser la verveine pour la fin, parce qu'elle doit être ajoutée en même temps que les fleurs de millepertuis, qui doivent aller juste après le fléau-de-St. Stewart pour qu'elle fusionne correctement aux tiges dissoutes, dit Percy, tout cela à la façon d'une sorte de défaite lasse.

– Pourquoi ne pas utiliser un antidouleur différent, autre que l'écorce de saule ? demanda Rigel.

– Tous les autres que j'ai trouvés pour l'instant ont réagi violemment avec les trilles, que je ne peux pas enlever du Poussos sans provoquer les muscles du buveur à se contracter autour des os qui poussent et les faire repousser de travers, dit Percy.

– Et la grande camomille ? »

Rigel feuilleta un des index de traité de plantes sur la table, mais elle ne pouvait pas trouver la grande camomille listée dedans.

« C'est un anesthésique ? se renfrogna Percy. Ce n'est dans aucun de ceux-là.

– Non, c'est une fleur plutôt velue qui pousse en Europe du sud-est, dit Rigel. Elle marchera comme un antidouleur si tu en utilises assez – tu as besoin d'à peu près trois fois plus de grande camomille que de sang-dragon, mais je pense que cela passerait facilement avec les fleurs de scutellaire, je pense.

– Tu es sûr de ça ? »

Percy la regarda avec un air désolé.

« Tu sembles très brillant mais Professeur Snape me déteste déjà…

– Qu'est-ce que tu as à perdre ? sourit Rigel légèrement. Accessoirement, la grande camomille prévient aussi les plaquettes de s'agglomérer, donc elle est vraiment plutôt parfaite pour une potion de Régénération sanguine. »

Percy rit mais en prit note néanmoins.

« Très bien, Rigel, qu'as-tu d'autre pour moi ?

– Eh bien, je pense que tu devrais considérer à remplacer le gingembre et le Cayenne avec de l'avoine, dit Rigel.

– De l'avoine ? »

Les lèvres de Percy tressautèrent avec ironie.

« Encore quelque chose qui n'est définitivement pas dans aucun de ces index. Qu'est-ce que celui-là fait ?

– Eh bien, c'est un anti-inflammatoire, ce qui ne fait pas de mal, et il regorge de calcium et d'autres vitamines. Il agira comme un agent épaississant mais tu peux combattre ça en ajoutant deux fois plus de lait de chimère. Sérieusement, ajouta-t-elle quand Percy hésita à nouveau, les vaches mangent de l'avoine tout le temps, donc tu sais que c'est bon pour les os.

– Je prendrai soin de dire ça au Professeur Snape, secoua-t-il la tête, griffonnant aussitôt. Mais qu'est-ce qui brûlera les infections si on enlève le gingembre et le Cayenne ?

– On a déjà ajouté la grande camomille à la potion de Régénération sanguine, dit Rigel. Même si le Poussos lui-même n'aura rien pour repousser les infections, si tu les donnes à la personne au même moment, ça n'aura pas d'importance. »

Percy sourit lentement.

« C'est… brillant. À part pour…

– Les feuilles d'ortie, grimaça Rigel. Je sais. Elles sont aussi importantes à la potion Poussos que la bile de dragon l'est à la Régénération sanguine. Tu peux peut-être imiter les effets en ajoutant à peu près deux tonnes de romarin.

– Mais le romarin se mélangerait avec le fléau-de-St. Stewart et ferait vomir les deux potions à la personne, donc c'est inutile, dit Percy.

– Ouais, se renfrogna Rigel. Professeur Snape te hait vraiment. »

Percy eut un petit rire.

« Ça pourrait être pire. J'ai entendu dire qu'il a donné à Olivier Dubois l'Amortentia et la Tue-loup.

– … Dans quelle situation tu devrais administrer à la fois l'Amortentia et la Tue-loup en même temps ? Rigel plissa-t-elle le nez. Ce devrait être un loup-garou qui la boirait ou la Tue-loup l'empoisonnerait juste et il faudrait être fou pour vouloir un bientôt-un-loup de tomber en soif sexuelle obsessive avec toi durant la nuit de la pleine lune. »

Percy éclata de rire, faisant se retourner plusieurs personnes dans la salle commune principale pour fixer la vision inhabituelle.

« Je dirai à Olivier d'écrire sa dissertation là-dessus. Ce n'est pas comme si Snape ne lui fait pas déjà la fête parce qu'il est le Capitaine de Quidditch de Gryffondor. »

Ils feuilletèrent mollement les index d'ingrédients, rejetant suggestion après suggestion, jusqu'à ce que Percy ne ferme son livre et pose ses lunettes dessus, se massant le crâne.

« Je ne vois juste pas comment tu peux enlever les feuilles d'ortie du Poussos. C'est impossible. »

Rigel se rassit plus droit, repensant à ce que Percy venait juste de dire.

« Peut-être que tu n'es pas censé faire ça, dit-elle lentement. Peut-être que tu dois altérer les orties pour qu'elles ne réagissent pas avec la bile de dragon.

– Mais en faisant ça, tu retirerais aussi aux orties toutes les propriétés régénératives qu'elles ont, ce qui est le but précis de garder les feuilles d'ortie, dit Percy.

– Et si c'était comme le sort de Disparition, mais à l'envers ? dit Rigel avec excitation.

– Quoi ? »

Percy remit ses lunettes pour la fixer avec confusion.

« Conditionnellement temporaire ! » sourit Rigel de toutes ses dents.

C'était la solution parfaite.

« Explique, ordonna Percy, la plume en équilibre au-dessus de ses notes.

– Quand une personne boit des potions de Régénération sanguine, qu'arrive-t-il à la bile de dragon ? Elle est éjectée et drainée de l'estomac presque immédiatement, donc au mieux, tu as à peu près deux minutes où les orties sont dangereuses si réactives. On enduit les feuilles d'orties avec de l'huile d'éphédra, juste avant de les mettre dans la base. L'huile d'éphédra est non-réactive, extrêmement douce mais elle se disperse naturellement…

– Quand elle fusionne avec les racines de molènes dissoutes ! »

Percy souriait lui aussi de toutes ses dents maintenant.

« Donc on ajoute des tiges entières de racines de molènes à une potion ou l'autre, et quand la potion de Régénération sanguine est ingérée, la bile de dragon sera drainée avant que la racine de molène ne se dissolve entièrement, et lorsque l'huile d'éphédra sera partie et les orties seront actives de nouveau, il n'y aura plus de bile de dragon restante pour réagir avec ! C'est du génie. »

Rigel sourit alors qu'elle regardait Percy devenir complètement impliqué dans ses notes, et attendit patiemment qu'il se rappelle de sa présence.

« Parfait, ça fonctionne parfaitement, marmonna-t-il joyeusement pour lui-même. Rigel… oh ! Rigel, se retourna-t-il vers elle. Je ne sais pas comment te remercier mais c'est…

– C'était pas un soucis, dit Rigel. J'aime les potions et tu m'as énormément aidé avec cette théorie de Métamorphose.

– Tout de même, dit-il, rayonnant d'excitation. Je vais lui montrer au Professeur Snape cette fois, et je n'en aurais pas été capable sans toi. Dès que tu auras besoin d'aide avec quoi que ce soit, jour ou nuit, tu as juste à venir me chercher.

– Merci, Percy », acquiesça Rigel sérieusement.

– Hey ! Percy ! appela frénétiquement quelqu'un depuis le trou du portrait. Tu ferais mieux de venir voir au quatrième étage ! Tes frères…

– Oh, Merlin, qu'est-ce qu'ils ont fait encore ? »

Percy se leva immédiatement, regardant distraitement la table en désordre.

« Je vais surveiller tes affaires jusqu'à ce que tu reviennes, offrit Rigel.

– C'est vrai ? Merci, Rigel. »

Il lissa ses robes vivement et partit vers le trou du portrait.

« Un de ces jours, je vais hibouter maman sur ces deux-là… »

Rigel sortit la dissertation de Métamorphose qu'elle était en train d'écrire pour Flint et décida de la finir ici, de sorte à ce qu'elle puisse envoyer les devoirs finis de Flint, comme elle était déjà proche de la Volière. Elle utilisa la barricade de livres pour cacher son usage étrange de sa main gauche pour immobiliser le parchemin pendant qu'elle écrivait, et trente minutes plus tard, elle avait complété la dissertation sur la théorie de la Disparition, l'avait rangée dans son sac, et s'était mise à lire avec soin les livres de Potions sur la table, dont deux qu'elle n'avait pas encore lus plus d'une fois.

Elle commençait à se demander si Percy s'était retrouvé dans une horrible farce qui avait mal tourné quand elle fut tirée de sa lecture par une voix familière :

« Étrange endroit pour faire ses devoirs, non ? »

Rigel leva les yeux à temps pour voir Lee Jordan réclamer le siège en face d'elle avec désinvolture.

« Ce sont des tables d'études, pointa Rigel.

– Euh ouais… dans la salle commune de Gryffondor, rit Lee. Tu es vraiment quelque chose, petit. »

Rigel leva les sourcils.

« Si tu le dis.

– Je ne suis pas le seul. »

Lee se pencha en arrière jusqu'à ce que sa chaise se balance sur ses deux pieds arrière.

« Les jumeaux parlent tout le temps de toi.

– Vraiment ? dit Rigel sur un ton de voix lisse.

– Ouais, mais ça c'est les Jumeaux Weasley, dit Lee en haussant les épaules. Toujours à parler sans arrêt de leur nouvelle découverte. Ils s'ennuient des choses assez vite par contre… bon, tout sauf l'un l'autre j'imagine.

– Et toi aussi, dit Rigel. Tu es leur ami depuis des années, non ?

– Ouais, c'est ce qu'on penserait, dit Lee, fixant mollement la salle commune. Parfois, je ne sais pas. Ils gardent des secrets l'un et l'autre ; me cachent des choses.

– Tout le monde cache des choses, dit Rigel. Pas toi ? »

Lee parut surpris, comme s'il n'avait jamais considéré qu'il avait des choses qu'il gardait enterrées également.

« Hmm. »

Son regard se laissa porter sur le feu.

« Même, au bout du compte, les jumeaux ne font toujours qu'attention l'un à l'autre. »

Rigel ne répondit rien, ne voulant pas ajouter plus d'opinions au milieu de ce qui était de toute évidence une amitié complexe et délicate. Il se trouva qu'elle n'avait rien à dire car Lee se leva tout aussi inexplicablement qu'il s'était assis et dit : « Ne les laisse pas t'user » quand il s'en alla. Rigel fut laissée étrangement mal à l'aise… pendant environ cinq secondes.

Après ça, elle fut attaquée par les farceurs eux-mêmes. Ils ouvraient la marche à travers le trou du portrait comme pour épater la galerie, des sourires triomphants attirant des sourires en coin aux autres Gryffondor. Percy arriva en trébuchant derrière eux, paraissant fatigué et exaspéré. Le Weasley le plus vieux se rendit directement aux tables d'études, ignorant les tentatives de ses frères de le persuader d'accepter leurs excuses les plus sincères. Ce fut là que Rigel remarqua que le badge de préfet de Percy crachait des confettis tous les trois pas qu'il faisait.

« Honnêtement, Perce, disait Fred quand ils arrivèrent à portée de voix, ce sort était censé toucher Cynthia Bradford, la préfète de Serpentard, pas toi.

– Et ça rend ça mieux ? dit Percy en se renfrognant. Tu ne peux pas faire des farces comme ça à des préfets sans raison. Qu'est-ce que ça renvoie ? Mes propres frères, la plus grande source de machinations insubordonnées…

– Ouah, ouah, Percy, qui a dit qu'on l'avait fait sans raison ? dit George depuis l'autre côté de Percy. Ce n'est pas de notre faute si on a été pris dans le… Rigel ? »

George paraissait plaisamment surpris de la voir assise à une table d'étude dans leur salle commune.

« Chiot ! » cria Fred avec joie, bondissant pour attraper un siège à côté d'elle à la table.

George ne perdit pas de temps à réclamer le siège à sa droite, laissant Percy s'asseoir en face d'eux.

Au lieu de ça, Percy soupira simplement et commença à ranger ses notes et livres.

« Je peux tout aussi bien finir ça dans mon dortoir vu tout le travail que j'accomplirai avec ces deux-là autour. À plus Rigel, et encore merci.

– C'est moi qui te remercie, Percy, dit Rigel. À la prochaine fois. »

Avec un court hochement de tête, Percy s'éloigna d'un pas lourd vers l'escalier des garçons de cinquième année.

« Donc, en quoi est-ce qu'un première année de Serpentard pourrait possiblement bien aider notre frère le parfait préfet ? demanda George avec curiosité.

– Et n'essaie pas de nous mentir, car Fred et moi le saurons, dit Fred.

– Percy et moi avons une compréhension mutuelle, dit Rigel noblement. Et puisque que nous sommes de nouveaux alliés, je crois qu'il est de mon devoir de demander si vous avez vraiment fait vomir des confettis à son badge de préfet intentionnellement, parce que c'était un sort plutôt ingénieux. »

Fred et George rirent, secouant tous les deux leurs têtes en synchro.

« Un heureux accident, dit Fred avec fierté.

– La cible, pas le sort, clarifia George.

– Pourquoi vous jouiez des tours aux Serpentard ? » fit Rigel avec une expression triste. Ne suis-je pas suffisamment divertissant pour vous ?

– Merlin nous en garde ! »

Fred mit une main sur sa bouche en horreur abjecte.

« Nous performions un devoir détestable et rien de plus.

– Tu n'as pas entendu ? lui sourit George, énigmatique. Serpentard et Gryffondor sont impliqués dans une guerre de farces donc nos services ont été engagés. Cela a commencé vendredi soir. Une idée de pourquoi ? »

Rigel fronça les sourcils.

« Certainement pas…

– Tu es un martyr régulier, n'est-ce pas ? se moqua Fred. Nous avons entendu que tu as été sauvagement attaqué par un Gryffondor lâche pendant que tu passais par les cachots après le couvre-feu vendredi soir. Les Serpentard sont apparemment si scandalisés (ou l'équivalent serpenteux de scandalisé) de ça qu'ils ont juré de se venger contre tout Gryffondor qui croiserait leur chemin.

– D'où, la guerre des farces, dit George, secouant la tête avec amusement. Comme s'ils avaient besoin de créer une excuse aussi éla…

– On n'est pas sûr que c'était un Gryffondor.

– …borée.

– Es-tu en train de dire que tu as vraiment été attaqué ? »

Fred fronça les sourcils et lança un regard troublé à George, dont le visage était soudain très blanc.

« On pensait qu'ils voulaient juste une raison pour s'en prendre à nous, et qu'ils avaient inventé une histoire sympathisante sur un première année attaqué par derrière sans raison pour garder les serres et les poufs de se liguer contre eux.

– Oh, eh bien…, laissa passer Rigel. Ce n'était peut-être pas vraiment un Gryffondor.

– Mais tu as été attaqué… encore. »

Les yeux de George étaient glacés et plats.

« J'imagine, dit Rigel lentement. Ouais, c'était presque clairement une attaque cette fois. Je crois que j'aimerais savoir qui fait ça.

– Tu "crois" que tu aimerais savoir ? répéta George. Rigel, tu dois prendre ça plus sérieusement. Combien de fois as-tu été ciblé ? Sois honnête.

– Hm. »

Rigel les compta dans sa tête. Il y avait le premier incident, où elle avait cassé son poignet, celui où elle avait été coincée dans une marche piège et avait reçu une bombe puante, et puis le maléfice cuisant.

« Trois, je pense.

– Tu penses ? la poussa Fred.

– Eh bien, j'ai en quelque sorte cru que quelqu'un me suivait entre les cours un jour, mais il ne m'a pas jeté de sorts, dit-elle, se demandant si le "papillon blond" dont Zabini avait parlé pouvait être son attaquant.

– Merlin, Rigel. »

George prit une grande inspiration puis la laissa sortir doucement.

« Okay. Tout d'abord, tu as un stalker.

– Et deuxièmement, dit Fred, tout aussi sérieux, nous te raccompagnons à ta salle commune ce soir.

– Ce soir ? »

Rigel tendit le cou pour essayer de voir en-dehors de l'alcôve, qui n'avait pas de fenêtres.

« Quelle heure est-il ? »

Fred et George se fendirent tous les deux en sourires amusés, et Rigel sentit que tout allait bien dans le monde aussi longtemps que les jumeaux Weasley pouvaient encore sourire. C'était beaucoup plus rassurant qu'une centaine de regards inquiets.

« Il est presque dix-neuf heures et demi, lui dit George. Combien de temps Percy t'a-t-il enchaîné à ces bureaux ?

– Laissant le truc de la chaîne de côté pour l'instant, c'était assez long pour rendre mes amis fous d'inquiétude, soupira-t-elle. Je n'arrive pas à croire que j'ai encore loupé le dîner.

– Pas de problème, sourit Fred. On s'arrêtera aux cuisines en descendant.

– Est-ce qu'on peut s'arrêter à la Volière aussi ? demanda-t-elle. J'ai quelques lettres que je préférerais poster maintenant que je suis déjà dans cette partie du château.

– Mieux vaut que tu y ailles avec nous de toute façon, considérant comment les escaliers de la Volière sont étroits, dit George. Mais d'abord, on veut vérifier ton poignet. »

Rigel leur offrit son bras gauche pour inspection. C'était étrange de laisser des gens le manipuler après une longue semaine à s'entraîner à le garder hors de vue. Fred le déroula avec précaution pendant que George vérifiait le champ de ses mouvements et de ses ressentis dans ses doigts.

« On dirait qu'il n'a pas beaucoup guéri, Fred secoua-t-il la tête avec regret. Donc soit quelqu'un empêche ton corps de se réparer ou la blessure a été traitée si brutalement cette dernière semaine que ton corps peut tout juste l'arrêter de s'aggraver. »

Ils la fixèrent avec attente. Elle remua.

« Oh, Chiot, qu'as-tu fait ? » fit Fred avec un "tch" désapprobateur.

Rigel roula des yeux.

« Ce n'était pas de ma faute. »

Elle expliqua comment elle s'était retrouvée coincée dans la marche piège (les jumeaux n'avaient jamais entendu parler d'une marche piège sur cet escalier en particulier non plus), puis les forces-g des leçons de Vol et aider Draco à s'entraîner, puis recevoir un maléfice qui l'avait envoyée contre le mur après des heures à le bousculer en retenue.

« Et sans mentionner cette Poufsouffle folle me faisant un body check dans la rambarde de l'escalier de la Volière, grimaça-t-elle.

– Quelle Poufsouffle ? demanda George.

– Abbott, quelque chose Abbott, dit Rigel. Elle m'est rentrée dedans quand j'allais poster une lettre. Mon poignet me faisait horriblement mal après ça comme quand il s'est cassé pour la première fois.

– Elle ne t'a pas vu dans les escaliers ? demanda Fred précautionneusement, ses yeux se concentrant sur son poignet mais ses lèvres se pinçant avec suspicion.

– Elle disait qu'elle ne regardait pas. Moi non plus, à cause du vent. Elle est juste sortie en fonçant du perchoir, frissonna Rigel. Les filles sont plus lourdes qu'elles n'y paraissent.

– C'est plutôt étrange, non ? dit George en regardant Fred. Que tu lui sois rentré dedans juste avant que tu sois attaqué en revenant de la Volière ?

– Je… suppose que c'est une coïncidence bizarre, cligna soudain des yeux Rigel. Vous savez, elle est blonde.

– Blonde ? rit Fred. Je sais que ce n'est pas aussi attirant que les cheveux roux mais être blond n'est pas un vrai crime.

– Zabini a dit que la personne – bon, il a dit papillon mais je suis presque sûr que c'était une personne – qui me suivait jeudi était blonde.

– Eh bien, blonde ou brune, tu dois être plus attentif avec ce poignet. »

George lança un sort engourdissant et Rigel soupira involontairement quand la douleur qu'elle n'avait même pas enregistrée disparut brusquement. Cela lui tira un sourire avec surprise et Fred et George échangèrent un de leurs regards.

Maintenant que j'y pense, plein de personnes s'envoient des messages silencieux avec leurs yeux quand je suis autour. Draco et Pansy, Fred et George (même s'ils font probablement ça tout le temps), Rookwood et Rosier (pareil, peut-être pas à cause de moi), et même Neville et Ron l'ont fait quelques fois.

« Quand c'est aussi douloureux que ça, viens trouver l'un de nous pour le relancer pour toi.

– Oui, Dr. George. »

Rigel tourna ses lèvres de travers avec ironie.

« Tu veux dire Dr. Fred, corrigea Fred en lui conjurant un nouveau bandage. Je suis le Dr. George.

– Comme tu veux, Fred. »

Rigel récupéra son cartable et se leva.

« Celui-là est intelligent, Forge, soupira Fred.

– Tu n'as pas vu la cravate, Gred ? » dit, George, joueur, tirant sur la cravate bleu et blanc de Rigel.

– Oh, très jolie. »

Fred la zyeuta avec appréciation.

« On ne peut même pas dire que c'est un enchantement. Je me demandais comment tu avais réussi à rester en une pièce, tout seul pendant si longtemps dans le Nid. Je dois dire, ce n'est pas aussi impressionnant une fois que l'on connaît le truc.

– Tu as entendu, George ? dit Rigel. Tu as brisé l'illusion.

– Je lui en achèterai une nouvelle quand je serai riche et célèbre », sourit George facilement.

Ils se rendirent vers la Volière, Fred et George prenant leur rôle de garde du corps un peu trop sérieusement et donnant une trouille bleue à Lee Jordan quand il approcha du tableau de la Grosse Dame. Il déclina leur invitation de les rejoindre avec entrain, disant qu'il avait un jeu de bataille explosive avec Angelina Johnson, et après ça, les jumeaux s'abstinrent de jeter des pétards à tous ceux qu'ils croisaient à l'improviste.

Quand ils atteignirent le pied de la Tour Ouest, Rigel s'arrêta.

« Est-ce que ça vous déranger d'attendre pour moi en bas ? demanda-t-elle, espérant ne pas les offenser.

– Comment peut-on arrêter les mécréants sans cœur de te faire tomber dans les escaliers glacés…

– Ils ne sont probablement pas glacés à la mi-septembre.

– … et traîtres, si nous ne sommes pas sur les escaliers avec toi ? Fred souleva-t-il les sourcils comme pour dire évidemment.

– Et si on attendait en haut des escaliers et qu'on couvrait juste nos oreilles pendant que tu révèles les secrets de l'univers à ton hibou ? offrit George. Tu peux même nous bander les yeux, si tu veux.

– Ce n'est pas que je ne vous crois pas les gars, commença-t-elle mais Fred la coupa avec bonhomie.

– C'est rien. Tout le monde a des secrets, Rigel. »

Elle sourit, se rappelant de ses mots à Lee pas une heure plus tôt. J'imagine que tout le monde ici a vraiment des secrets. Et moi qui croyais que la confidentialité était un tel crime. Elle pensa à Flint et sa mère soi-disant malade, puis elle pensa à Binny l'elfe de maison, et les sortes de secrets qu'elle gardait si volontairement. Probablement même les professeurs avaient des secrets. Même les fantômes. Et il semblerait que la plupart des gens sont d'accord avec ça, ici. Si intéressant, que les moldus se sentent souvent en droit de connaître la vérité sur tout, tandis que les sorciers acceptent qu'il puisse y avoir un vrai bon fond exprimé malgré les secrets gardés. Peut-être que les sorciers sont habitués à chercher les vrais mystères du monde et à ne pas poser de questions. Ou peut-être, pensa Rigel avec ironie, nous somme naturellement sélectionnés pour notre sournoiserie, à nous cacher des moldus depuis toutes ces années.

« Personnellement, je ne ferais pas confiance à Gred non plus, chuchota George en aparté. Mais je surveillerai ce gredin de près.

– Moi ? »

Fred empoigna le coude droit de Rigel et battit des cils couleur fauve vers elle (il s'était penché presque en deux pour atteindre cet effet).

« Ne crois pas tous ces mensonges calomnieux, Rigel, c'est à lui que tu devrais faire attention… demande à n'importe qui ! Ils te diront que Fred est le jumeau maléfique. »

George lança un regard à Rigel qui débordait d'une tendresse exaspérée, comme pour dire : n'est-il pas merveilleux, d'une façon plutôt étrange ? Rigel lui sourit en retour et Fred fronça les sourcils quand il percuta :

« Oh, tu as déjà deviné que j'étais Fred aujourd'hui, non ?

– J'en ai bien peur », dit Rigel.

Ils atteignirent le haut des escaliers et Rigel se dépêcha à l'intérieur pendant que George et Fred prenaient position de chaque côté de la porte comme des sentinelles. Elle attira le regard de quelques hiboux pendant qu'elle sortait ses missives de son sac et les regroupaient. Elle enroula à grande vitesse les nouvelles dissertations pour Flint (elle gardait les anciennes en référence) et également les lettres pour Remus, Sirius, et Archie (qui contenait un rapport extrêmement édité des deux dernières semaines). Alors qu'elle tendait les lettres de ses Oncles au premier hibou (elle envoyait celle de Remus avec celle de Sirius parce que des fois Remus voyageait sans prévenir pour son travail), Fred commença une interprétation particulièrement entraînante de Un chaudron plein de passion. George rejoignit son homologue de façon tout aussi exubérante, et Rigel réalisa qu'ils essayaient d'annoncer à quel point au juste ils n'écoutaient pas.

Elle envoya les lettres (chuchotant au hibou qui irait à Flint, juste au cas où) et courut à moitié vers les escaliers.

« … Je te ferai bouillir une grande… oumpf ! »

Fred avait reçu un coup de coude de George dans l'estomac quand il l'avait aperçue.

« Oh c'était rapide.

– Je voulais pas vous laisser debout à attendre ici trop longtemps, dit-elle puis s'arrêta et se recula légèrement d'eux quand les rouquins éclatèrent en deux sourires auto-satisfaits identiques (et honnêtement, plutôt alarmants). Quoi ? J'ai entendu dire que l'air froid n'est pas bon pour les gens avec un humour délicat ou désagréable.

– A-ah, c'est trop tard pour nous insulter maintenant. »

George relia son bras via son coude avec précaution, évitant son poignet. Fred la prit par l'autre côté.

« On a déjà compris que tu nous aimes. »

Rigel se résigna à une vie d'amis et de connaissances. Au rythme où elle en obtenait de nouveaux, elle ne serait jamais capable de se débarrasser d'eux tous.

Fred et George restèrent en retrait quand ils atteignirent le hall d'entrée et Rigel eut le sentiment distinct qu'elle était sur le point d'être testée. Elle ignora les sourire de ses escortes s'élargissant de jubilation alors qu'elle tournait au couloir du sous-sol sans prévenir, mais quand elle tourna abruptement avec insouciance vers une volée de marches qui menaient aux cachots (et loin des cuisines), Fred grogna d'un ton abattu et Rigel ne put plus retenir son sourire espiègle.

« Qu'est-ce que c'est que ça ? »

George prit un doigt et tapa le nez de Rigel avec.

« Gred, notre chiot nous mène en bateau.

– Donc tu sais où sont les cuisines ? se requinqua Fred. Bien joué ! »

Ils rirent et revinrent en arrière jusqu'à ce qu'ils atteignent la peinture morte de fruits, où Fred insista qu'elle "fasse les honneurs" et chatouille la poire.

Ils passèrent à peine la porte qu'ils furent attaqués par des elfes des maison – bon, Fred et Georges en tout cas. Ils étaient apparemment extrêmement populaires parmi les aides de Poudlard, et ils se mêlèrent joyeusement aux petits elfes, en saluant beaucoup par leurs noms, en faisant rebondir certains sur leurs épaules, et en balançant d'autres sur les tables pour qu'ils puissent mieux les voir. Les elfes riaient avec ravissement de leurs petites voix aiguës et présentaient en continu à Fred et George des offrandes en nourritures, que les frères acceptèrent poliment et fourrèrent dans leurs sacs sans fond qu'ils semblaient avoir amenés avec eux dans ce but précis.

Rigel trouva un siège à l'une des longues tables et ne fit que regarder les Gryffondors pleins de vie jouer comme des enfants de primaires avec des elfes au moins trois fois plus vieux. Après quelques minutes, une elfe qu'elle reconnut fit tomber un énorme bol de fraises devant elle.

« Tu aimer ça ? lui sourit largement Binny alors qu'elle laissait tomber sa forme minuscule sur le banc à côté de Rigel.

– Binny ! »

Rigel passa ses bras autour de l'elfe rougissante pour l'enlacer.

« Merci, j'adore les fraises. Et merci pour ton aide avec le tu-sais-quoi l'autre jour.

– Est-ce qu'on est au courant ?

– Je ne crois pas. »

Rigel grimaça alors que Fred et George apparaissait au-dessus de ses épaules sans prévenir.

« On fait des marchés avec les elfes de maison, petit serpent ? soupira George désespérément. J'espère que tu l'as couché sur papier parce que j'ai appris par une bonne source que Binny, ici présente, est notoirement difficile à coincer quand le sang commence à voler.

– Mr. Weasley ne devrait pas dire de telles choses, le menaça Binny du doigt avec colère, mais même Rigel pouvait dire que c'était une ancienne blague entre eux.

– C'est vrai, Forge, nous avons été jurés au silence, tu te souviens ? Tu ne veux pas finir comme l'autre gars, non ? dit Fred d'un ton lugubre en secouant la tête.

– Quel autre gars ? demanda George.

– Celui qui a disparu la même semaine que les elfes ont commencé à servir la sauce pleine de grumeaux.

– Beurk, dit Rigel, gloussant au regard de l'innocence exagérée que Binny incarnait maintenant.

– Binny ne sait pas de quoi vous parler, dit l'elfe solennellement. Binny ne servir jamais de sauce avec des grumeaux suspicieux dedans. Une telle chose être une calomnie cruelle. »

Fred et George s'effondrèrent de rire sur la table et Binny offrit une révérence délicate en sautant du banc pour descendre.

« Est-ce que vous vouloir quelque chose d'autre ?

– En fait, on est là parce que Rigel a loupé le dîner », dit George, s'essuyant les yeux pendant qu'il se reprenait.

Plusieurs elfes de maison dans les environs immédiats s'exclamèrent avec désarroi et coururent lui chercher de la nourriture aussi rapidement que leurs jambes pouvaient les porter. Rigel regarda avec de grands yeux alors que des plats et des plats de légumes, poissons, fruits, noix, pains, fromages et un pichet de jus de pomme s'empilèrent devant elle. Elle les remercia et mangea voracement.

« Tu es végétarien, Chiot ? »

Fred jeta un œil sur la sélection avec surprise.

« Ouais, même si je ne sais pas comment ils savaient.

– Les elfes de maisons savent tout… ils sont sacrément intelligents, dit George. Au moins ça explique pourquoi tu es aussi petit.

– Mais tu dois manger plus de protéines, dit Fred en attrapant quelques œufs durs et les mettant dans son assiette. Ou tu guériras encore plus lentement. »

Rigel haussa les épaules agréablement, toujours en train de manger. Quand elle eut fini, elle dit au revoir aux elfes amicaux, et Rigel promit de visiter Binny à nouveau bientôt.

Fred et George la ramenèrent aussi loin que la salle de classe de Potions mais ils durent s'arrêter. Ils savaient déjà où la salle commune des Serpentard était bien sûr, mais ils ne pensaient pas que ses camarades de Maison apprécieraient qu'ils s'en approchent dans un rayon de six mètres, particulièrement au milieu d'une guerre de farces. Toutefois, ils furent réticents à la laisser rentrer seule, même à travers les cachots, et cela se vit sur leurs visages quand ils lui souhaitèrent bonne nuit.

« Je suis en territoire serpent maintenant, leur rappela-t-elle. Parfaitement en sécurité.

– Tu as été attaqué dans les cachots il y a avant-hier, George leva-t-il les yeux au ciel.

– Et je m'en suis sorti parce que j'avais l'avantage du domicile, dit-elle. Sérieusement, je suis méga rapide.

– Tu ne devrais pas avoir à fuir quoi que ce soit, dit Fred doucement. Pas à Poudlard. »

Tu serais surpris de tout ce qu'i fuir à Poudlard. Le passé. La vérité.

« Hey ! »

Ils se retournèrent tous les trois pour voir Adrian Pucey et un garçon qu'elle ne connaissait que de vue comme étant Lucian Bole, batteur de l'équipe de la Maison Serpentard, avançant agressivement à grands pas vers eux. Pucey était celui qui les avait interpellés.

« Qu'est-ce qu'une paire de griffons font aussi loin de leur tour ? » dit avec mépris Bole, qui avait de longs cheveux noirs et une expression supérieure.

George roula des yeux et Fred bâilla dramatiquement.

« Ces gars t'embêtent, Black ? »

Pucey la regarda rapidement et se relâcha légèrement quand elle apparut en bonne santé. Sa main gauche était complètement cachée de vue par George.

« Non, non, ils m'aidaient en fait, dit vivement Rigel. Ils ont appris pour l'attaque vendredi et voulaient être sûrs que je retournais à la salle commune en sécurité.

– Tu allais les mener directement à notre salle commune ? Espèce de stupide…

– Luc, ils savent déjà où elle est, dit Pucey raisonnablement.

– Et ils étaient justement en train de me laisser ici, en tout cas », sourit Rigel oh-si-innocemment à Bole.

Bole fit un "hmm" désagréable :

« Vous avez du culot pour montrer votre face ici si vous avez appris pour l'attaque.

– Allons, voyons. »

George leva les mains en une gestuelle impuissante que personne ne crut pour un instant.

« Ce n'est pas encore sûr que c'était un Gryffondor qui voulait blesser notre petit serpent.

– Mais s'il se trouve que c'était le cas, sourit Fred en un fac-similé de Snape plutôt effrayant, nous serons les premiers à passer dans le camp des Serpentard.

– Et peut-être que nous commencerons une petite campagne à nous de notre côté.

– La personnalisation est la clef d'un bon enfer, comme je dis toujours.

– Bonne nuit, Rigel », dirent-ils en chœur, lui donnant un clin d'œil ironique et secouant sarcastiquement la main aux deux autres Serpentard alors qu'ils se rendaient infailliblement vers les escaliers les plus proches.

Pucey leva les sourcils à leur départ :

« Eh bien c'est bon à savoir, au moins. Tu as un goût intéressant en alliés, Black.

– Je ne fais pas confiance à ces farceurs », dit Bole.

Rigel remarqua qu'il paraissait beaucoup moins effrayant que quelques minutes plus tôt et se demanda à quel point les opinions de Serpentard des autres Maisons pouvaient être attribuées au jeu d'acteur des Serpentard.

« Mais s'ils n'ont qu'une parole, ils pourraient être utiles. »

Rigel les regarda tous les deux d'un air interrogateur, se demandant si elle devait partir devant ou…

« On prend le relais à partir d'ici », dit Pucey et Bole approuva.

C'est seulement quand ils rentrèrent dans la salle commune et que Rigel réalisa qu'elle avait encore été dehors après le couvre-feu – et cette fois, elle était rentrée avec deux élèves plus âgés, agissant presque comme des gardes du corps – que Rigel se dit qu'elle devait vraiment arrêter d'attirer autant l'attention. Elle recevait vraiment plus de regards insistants qu'elle n'avait prévus. Ceci dit, c'était peut-être toujours comme ça les premières semaines, avec tout le monde voulant découvrir les nouveaux gamins et encore fébriles de l'été. Peut-être que les choses allaient se calmer bientôt.


NDA : Donc, dans les livres, évidemment, Rosier est mort et Rookwood en prison, mais dans ce UA, il n'y a pas eu de guerre ouverte donc plein de sang-purs qui auraient dû mourir de chaque côté sont toujours vivants et ont eu des enfants qui vont à Poudlard (pas Durmstrang ou où que ce soit où les enfants de mangemorts condamnés seraient normalement allés). Cela aide à expliquer pourquoi il y a toujours autant d'enfants dans l'école même sans sang-mêlés et né-moldus. Oui, [Aldon] est le fils de Evan Rosier et [Edmund ; Violet a confondu les deux ndt] est le fils d'Augustus Rookwood. Non, je ne suis pas en train d'essayer de supplanter l'univers HP entier avec des OC, mais il n'y a pas assez de Serpentard des années supérieures mentionnés dans les livres, donc j'en ai inventés quelques uns.

NDA2 : De plus : excusez-moi pour avoir masacré les connaissances des plantes et/ou la physique pour quiconque qui s'y connait vraiment, et ne fait pas genre comme moi. J'ai eu beaucoup de plaisir à écrire celui-là, même si je retournerai probablement aux alentours de 8000 mots après ça. Merci, vraiment, sérieusement, merci de votre lecture. C'est un honneur.

NDT : Alors, je sais que le passage avec Rookwood et Rosier ne fait pas DU TOUT naturel pour des enfants/ados. En anglais c'est pareil, et ça m'avait beaucoup perturbée à ma première lecture. J'ai fait de mon mieux pour adoucir un peu (l'usage du "tu" aide peut-être un peu ?) mais je n'allais pas non plus trahir le texte original. Honnêtement, après la xième relecture, en comprenant mieux que la société sorcière sang-pure, c'est juste de l'aristocratie pure et dure et que les enfants sont élevés pour parler ainsi, ça passe mieux je pense. Franchement, j'adore ce chapitre, déjà parce qu'on découvre Rosier qui est °chef kiss° (tous les OC de Violet sont géniallissimes, au point que les ships les plus importants sur Discord ne concernent presque que des OC, yep) et parce qu'on a tout ce passage avec Percy. (J'ai découvert tant de noms de plantes !) Sur ce, je repars me lamenter dans mon choix cornélien de "est-ce que je relis la série avant le début du tome 5 ou est-ce que je me retiens parce que j'ai tout relu il y a un mois et demi ?".